Le genre Cycas

cycas revoluta
Cycas revoluta

Le genre Cycas compte aujourd’hui 117 espèces acceptées (Plants of the World Online, 2026), auxquelles s’ajoutent deux hybrides nothospécifiques. C’est de loin le genre de cycadales le plus riche et le plus largement réparti, depuis l’Afrique de l’Est jusqu’au Pacifique occidental.

Sur le plan taxinomique, K. D. Hill a divisé le genre en six sections, fondées sur les organes reproducteurs : Asiorientales, Panzhihuaenses, Stangerioides, Indosinenses, Cycas (subdivisée en sous-sections Cycas, Rumphiae et Endemicae) et Wadeae. Ces sections recoupent étroitement la géographie, ce qui permet de présenter les espèces par grandes régions tout en indiquant leur affinité taxinomique. Le classement géographique ci-dessous suit les répartitions de POWO ; le rattachement sectionnel suit le cadre de Hill, en sachant que la limite entre les sections Stangerioides et Indosinenses reste floue et que la section Stangerioides est aujourd’hui considérée comme un grade plutôt que comme un groupe monophylétique.

Cultiver les cycas : principes généraux

La plupart des cycas sont des plantes simples à réussir, dont les besoins tiennent en trois points : un sol parfaitement drainant, une exposition ensoleillée et des arrosages réguliers durant la belle saison. Réputés pour bien supporter les fortes chaleurs comme les variations d’hygrométrie, ils prospèrent surtout en climat méditerranéen et dans les régions subtropicales — d’où l’adage selon lequel, là où les fougères ne poussent plus, les cycas prennent le relais. Le gel demeure le principal facteur limitant à leur acclimatation en pleine terre : seules les espèces les plus rustiques, des sections Asiorientales et Panzhihuaenses, le tolèrent durablement, tandis que la grande majorité des espèces tropicales se cultivent en bac, hivernées hors gel.

Les cycas cultivés sous serre atteignent des dimensions conséquentes (Danemark)

D’une manière générale, les espèces asiatiques sont les plus faciles à cultiver. À l’inverse, la plupart des cycas australiens — et tout particulièrement ceux au feuillage bleuté des régions sèches — sont exigeants en chaleur et sensibles à l’humidité hivernale ; des essais de greffage, notamment sur Cycas revoluta, ouvrent une voie prometteuse pour maintenir ces espèces délicates et accélérer leur croissance. Les notes culturales qui suivent, groupe par groupe, précisent ces tendances : elles restent générales, les exigences exactes pouvant varier d’une espèce à l’autre.

Sections du genre Cycas

Asie orientale tempérée — sections Asiorientales et Panzhihuaenses

C’est le noyau des espèces les plus résistantes au froid, à l’origine des cycas les plus cultivés sous climat tempéré.

Section Asiorientales (ovules tomenteux, graines rouges) : Cycas revoluta (sud du Japon, Ryūkyū, côtes du Fujian) et Cycas taitungensis (Taïwan).

Section Panzhihuaenses : Cycas panzhihuaensis (vallées sèches du Jinsha, Sichuan et Yunnan), le cycadale le plus rustique au froid. Les analyses moléculaires associent cette section à Asiorientales comme branche la plus précocement divergente du genre.

Cycas panzhihuaensis
Cycas panzhihuaensis cultivé au Jardin zoologique tropical (La londe-les-Maures)

Culture : ce sont les cycas les plus faciles et les plus rustiques du genre. Cycas revoluta supporte, tronc intact, des gelées de l’ordre de −8 à −10 °C en sol bien drainé, et Cycas taitungensis, d’origine montagnarde, est un peu plus rustique encore. Cycas panzhihuaensis est le plus résistant de tous aux températures basses, mais à condition d’un froid sec : issu de vallées arides, il exige un drainage parfait et un hivernage sec, et redoute l’humidité hivernale stagnante.

Ces trois espèces (plein soleil, sol drainant, arrosage estival) sont les seules réellement envisageables en pleine terre et sur le long terme pour une large part du pourtour méditerranéen, de la façade atlantique douce et de certaines régions intérieures (zones USDA 8b-9, voire un peu plus froid pour Cycas panzhihuaensis en climat sec). La mise en place de protections hivernales permet d’e tenter ces cycadales en zone USDA d’étendre la culture de ces plantes.

Chine du Sud, Hainan et Indochine septentrionale — section Stangerioides

La grande radiation sino-vietnamienne (ovules glabres, sporophylles mâles molles, graines jaunes). C’est le groupe le plus représenté dans la flore chinoise et vietnamienne.

Complexe de Cycas taiwaniana (sud de la Chine et Hainan) : Cycas taiwaniana, Cycas szechuanensis et Cycas changjiangensis. Les noms Cycas fairylakea (= Cycas szechuanensis), Cycas hainanensis et Cycas lingshuigensis (= Cycas taiwaniana) en sont des synonymes.

Espèces riveraines du Yunnan, chacune confinée à un bassin versant : Cycas chenii, Cycas diannanensis, Cycas dolichophylla, Cycas guizhouensis, Cycas hongheensis, Cycas tanqingii.

Sud-ouest de la Chine et nord du Vietnam, sur calcaires, incluant les espèces à folioles divisées ou bipennées : Cycas aculeata, Cycas balansae, Cycas bifida, Cycas brachycantha, Cycas chevalieri, Cycas collina, Cycas debaoensis, Cycas ferruginea, Cycas fugax, Cycas hoabinhensis, Cycas laotica, Cycas micholitzii, Cycas multipinnata, Cycas pachypoda, Cycas segmentifida, Cycas sexseminifera, Cycas simplicipinna, Cycas tropophylla. Plusieurs de ces espèces vietnamiennes sont parfois rattachées à la section Indosinenses.

Culture : espèces subtropicales, dans l’ensemble plus frileuses que les précédentes (zones USDA 9 à 10 selon les espèces). Les cycas de forêts humides (complexe de Cycas taiwaniana, espèces riveraines du Yunnan) demandent chaleur, humidité estivale soutenue et sol drainant, sans dessèchement hivernal prolongé ; les espèces de reliefs calcaires tolèrent mieux une saison plus sèche. Plusieurs sont cultivables en pleine terre sous climat méditerranéen doux ou subtropical, dans les stations abritées ; ailleurs, la culture en grand bac hiverné à l’abri, lumineux et hors gel, reste préférable.

Asie du Sud-Est continentale et péninsulaire — section Indosinenses

Indochine, Thaïlande, Birmanie, péninsule malaise (cônes mâles fermes, port souvent à tige souterraine ou trapue) : Cycas chamaoensis, Cycas clivicola, Cycas condaoensis, Cycas elongata, Cycas inermis, Cycas lindstromii, Cycas macrocarpa, Cycas nongnoochiae, Cycas pectinata, Cycas pranburiensis, Cycas siamensis, Cycas tansachana.

Cycas pectinata est l’espèce de la section Indosinenses la plus largement répartie, du nord-est de l’Inde et de la Birmanie jusqu’au sud de la Chine.

Culture : espèces tropicales à subtropicales, frileuses (zones USDA 10 à 11), à réserver aux climats chauds ou à la culture en bac hiverné. Beaucoup connaissent dans la nature une saison sèche marquée et apprécient un repos hivernal plus sec et lumineux. Cycas pectinata compte parmi les plus tolérantes et les plus largement cultivées du groupe.

Asie du Sud (Inde, Sri Lanka, îles Andaman et Nicobar) — section Cycas, sous-section Cycas

Espèces littorales et continentales du sous-continent indien et du Sri Lanka : Cycas annaikalensis, Cycas beddomei (Ghâts orientaux), Cycas circinalis (Ghâts occidentaux), Cycas darshii, Cycas dharmrajii, Cycas divyadarshanii, Cycas indica, Cycas nathorstii (Sri Lanka), Cycas nayagarhensis, Cycas orixensis, Cycas pschannae (synonyme : Cycas andamanica), Cycas seshachalamensis, Cycas sphaerica, Cycas zeylanica (Sri Lanka, Archipels Andaman et Nicobar).

Culture : cycas tropicaux exigeants en chaleur et sensibles au gel (zones USDA 10b-11). Cycas circinalis, longtemps cultivé pour son élégance, est particulièrement vulnérable à la cochenille Aulacaspis yasumatsui. Sous nos climats, ces espèces se mènent en grand bac, à l’abri et au chaud en hiver.

Avertissement taxinomique : plusieurs noms indiens récents (notamment Cycas annaikalensis, Cycas darshii, Cycas dharmrajii, Cycas divyadarshanii, Cycas nayagarhensis, Cycas orixensis, Cycas seshachalamensis) appartiennent à un ensemble dont la délimitation est très discutée dans la littérature ; bien qu’acceptés par POWO, leur statut pourra évoluer. Le nom Cycas sainathii n’est pas accepté par POWO (traité comme synonyme dans le complexe de Cycas zeylanica).

Malésie et Philippines — section Cycas (sous-section Rumphiae) et section Wadeae

Indonésie, Malaisie, Bornéo (sous-section Rumphiae, grosses graines à endocarpe spongieux flottant) : Cycas cantafolia, Cycas edentata, Cycas glauca, Cycas javana, Cycas montana, Cycas rumphii, Cycas sundaica.

Philippines, section Wadeae (endémiques philippines, seule section non représentée ailleurs) : Cycas curranii, Cycas saxatilis, Cycas wadei.

Philippines, section Cycas : Cycas aenigma, Cycas elephantipes, Cycas flabellata, Cycas lacrimans, Cycas mindanaensis, Cycas nitida, Cycas petraea, Cycas riuminiana, Cycas sancti-lasallei, Cycas vespertilio, Cycas zambalensis.

Culture : cycas tropicaux, frileux (zones USDA 10b-11), à réserver aux serres chaudes ou aux climats tropicaux et subtropicaux humides. Les espèces littorales à grosses graines flottantes (groupe de Cycas rumphii) tolèrent souvent les embruns et les sols sableux ; elles sont vigoureuses sous les tropiques mais ne supportent aucun gel.

Afrique de l’Est et océan Indien occidental — section Cycas, sous-section Rumphiae

Cycas thouarsii, la seule espèce africaine du genre, répartie de l’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Mozambique) à Madagascar, aux Comores et aux Seychelles.

Culture : grand cycas littoral tropical, l’un des plus vigoureux et des plus rapides du genre, mais frileux (zone USDA 10b-11) et exigeant en chaleur et en eau pendant la croissance. Sous climat tempéré, culture en grand bac chauffé ; il ne tolère pas le gel.

Australie et Nouvelle-Guinée — section Cycas, sous-section Endemicae

L’Australie est le premier foyer mondial de diversité du genre (plus de trente espèces, en grande majorité endémiques).

Australie : Cycas angulata, Cycas arenicola, Cycas armstrongii, Cycas arnhemica, Cycas badensis, Cycas basaltica, Cycas brunnea, Cycas cairnsiana, Cycas calcicola, Cycas campestris, Cycas canalis, Cycas candida, Cycas conferta, Cycas couttsiana, Cycas cupida, Cycas desolata, Cycas distans, Cycas furfuracea, Cycas lane-poolei, Cycas maconochiei, Cycas media, Cycas megacarpa (l’espèce la plus méridionale du genre, vers 26° S dans le sud-est du Queensland), Cycas ophiolitica, Cycas orientis, Cycas platyphylla, Cycas pruinosa, Cycas semota, Cycas terryana, Cycas tuckeri, Cycas xipholepis, Cycas yorkiana.

Nouvelle-Guinée et régions voisines : Cycas apoa, Cycas falcata, Cycas papuana, Cycas schumanniana, Cycas scratchleyana, Cycas silvestris. Cycas media déborde également sur la Nouvelle-Guinée.

Culture : deux comportements très différents. Les espèces des tropiques humides du Queensland et de Nouvelle-Guinée, au feuillage vert (Cycas media, Cycas megacarpa…), sont relativement accommodantes sous climat chaud et humide. À l’inverse, les espèces des régions sèches du nord et de l’ouest, souvent au feuillage glauque ou bleuté (Cycas cairnsiana, Cycas pruinosa, Cycas basaltica, Cycas calcicola, Cycas platyphylla…), sont exigeantes en chaleur et très sensibles à l’humidité hivernale : difficiles à maintenir hors de leur climat d’origine, elles font l’objet d’essais de greffage (souvent sur Cycas revoluta) destinés à fiabiliser leur culture et à accélérer leur croissance. Toutes sont frileuses (zones USDA 10-11) et réclament un drainage irréprochable.

Pacifique insulaire (Mélanésie, Micronésie) — section Cycas

Cycas bougainvilleana (archipel des Salomon, Bougainville), Cycas micronesica (Micronésie, Guam, Palau) et Cycas seemannii (Fidji, Tonga, Vanuatu, Nouvelle-Calédonie).

Culture : cycas insulaires tropicaux et littoraux, frileux (zones USDA 10b-11) et souvent tolérants au sel et aux sols sableux. Sous climat tempéré, culture en bac rentré sous abri pour l’hiver, hors gel.

Hybrides

Deux noms du genre désignent des hybrides (nothospèces) et non des espèces : Cycas × longipetiolula (Yunnan ; Cycas bifida × Cycas multipinnata) et Cycas × multifrondis (décrit par D. Yue Wang). À ne pas présenter comme des espèces de plein droit.

Note sur les limites de ce classement

Le rattachement géographique suit les répartitions de POWO et la littérature de référence ; il est fiable pour les espèces bien connues. Pour quelques espèces insulaires récemment décrites (notamment certaines des Philippines, de Malésie et de Nouvelle-Guinée), l’attribution précise à une section ou à une sous-section reste provisoire et gagnerait à être confirmée espèce par espèce sur POWO et la World List of Cycads avant publication définitive. Les indications culturales sont des tendances de groupe et ne dispensent pas de vérifier les exigences propres à chaque espèce.

Autres genres de Cycadales

Les cycadales forment un groupe de plantes appréciées par les collectionneurs. Leur taille modérée à maturité et leur croissance lente permettent de constituer d’intéressantes collections. Pour en savoir davantage sur les cycadales, consultez les pages des genres :