Le genre Bowenia réunit deux cycadales endémiques de l’est du Queensland, en Australie, qui vivent dans les forêts humides et les forêts claires proches de la côte. Ce sont les seules cycadales actuelles à feuilles bipennées, c’est-à-dire divisées deux fois : leurs grandes frondes vert foncé, portées par un long pétiole au-dessus d’une tige entièrement enterrée, les font souvent prendre pour des fougères, d’où leurs noms anglais de « zamia fern » et de « Byfield fern ». Le genre ne compte que deux espèces, Bowenia spectabilis, au nord-est, et Bowenia serrulata, autour de Byfield, au centre-est ; une forme appelée « Tinaroo », venue du plateau d’Atherton, circule aussi chez les collectionneurs. Son rang de famille est discuté : rangé autrefois dans les Stangeriaceae, parfois dans une famille à part, les Boweniaceae, il est aujourd’hui placé par POWO dans les Zamiaceae, mais la CITES le classe encore dans les Stangeriaceae.
L’essentiel sur Bowenia
- Nom accepté (POWO) : Bowenia Hook. ex Hook.f. (1863), publié dans Curtis’s Botanical Magazine 89 : t. 5398
- Nombre d’espèces : 2, selon POWO et The World List of Cycads ; une troisième espèce, non décrite, est envisagée pour la chaîne McIlwraith (voir Taxonomie)
- Famille : Zamiaceae selon POWO et The World List of Cycads ; autrefois Stangeriaceae (sous-famille des Bowenioideae) ou famille propre, Boweniaceae, selon les auteurs ; Stangeriaceae dans la nomenclature de la CITES (Species+)
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais, zamia fern (Bowenia spectabilis), Byfield fern et butcher’s fern (Bowenia serrulata)
- Répartition naturelle : endémique de l’est du Queensland (Australie), en deux aires séparées : le nord-est, de la chaîne McIlwraith (péninsule du cap York) à Cardwell, et la région de Byfield, près de Rockhampton
- Statut IUCN : les deux espèces sont classées en préoccupation mineure (LC) ; évaluation de 2022 pour Bowenia serrulata, année non affichée pour Bowenia spectabilis (The World List of Cycads ; Liste rouge non consultée directement)
- CITES : annexe II depuis le 4 février 1977, comme toutes les cycadales qui ne figurent pas à l’annexe I, avec l’annotation #4 (graines, pollen et cultures in vitro exemptés) ; annexe B dans l’Union européenne (règlement (CE) n° 338/97, annexes en vigueur fixées par le règlement (UE) 2026/1383)
- Rusticité documentée : aucune valeur mesurée publiée ; un seul retour d’amateur sur un forum, connu par un extrait de recherche (Bowenia spectabilis sans dégât signalé à −5 °C en Floride en février 2026) ; aucun retour sur les forums français et italiens ; tolérance au gel qualifiée de « légère » par une pépinière pour Bowenia serrulata ; cultivés en pot en France, comme la forme « Tinaroo » au Jardin zoologique tropical (voir Culture)
- Exposition et substrat : ombre légère à ombre dense, sol constamment frais
- Port et dimensions adultes : plante sans tronc visible ; tige souterraine tubéreuse ; feuilles de 1 à 2 m de long
- Toxicité : feuillage de Bowenia serrulata toxique pour les moutons et les bovins ; risque connu pour toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Caractères du genre Bowenia
Une Bowenia se reconnaît d’abord à ses feuilles : une longue tige nue, le pétiole, porte à son sommet plusieurs branches (les pennes), elles-mêmes garnies de folioles. Aucune autre cycadale vivante n’a des feuilles divisées deux fois. La plante n’a pas de tronc aérien : tout ce qu’on voit sort directement du sol.
- Tige : souterraine, charnue, ramifiée, nue (sans bases de feuilles persistantes) et tubéreuse, prolongée par une racine pivotante elle aussi tubérisée. Chez Bowenia spectabilis, elle atteint 10 cm de diamètre et se divise en une à cinq couronnes ; chez Bowenia serrulata, elle atteint 25 cm de diamètre et porte de cinq à vingt couronnes.
- Feuilles : bipennées, de 1 à 2 m de long. Bowenia spectabilis en porte de une à sept par couronne, avec quatre à dix pennes ; Bowenia serrulata en porte jusqu’à 35 par couronne, avec six à seize pennes.
- Folioles : de 7 à 30 par penne, sans nervure médiane, parcourues de nombreuses nervures presque parallèles. Leur bord est entier chez Bowenia spectabilis (folioles de 7 à 15 cm sur 1,5 à 4 cm) et régulièrement denté chez Bowenia serrulata.
- Cônes : les plantes sont dioïques (mâles ou femelles). Les cônes naissent au ras du sol. Les cônes mâles sont ovoïdes et pédonculés, de 3 à 6 cm de long chez Bowenia spectabilis ; les cônes femelles, ovoïdes à globuleux, mesurent 10 à 12 cm de long et 7 à 10 cm de diamètre chez cette même espèce.
- Graines : subglobuleuses à ovoïdes, à enveloppe charnue (sarcotesta) blanche qui vire au pourpre en mûrissant.
- Pollinisation : elle dépend entièrement d’insectes, de petits charançons du genre Miltotranes, propres à chaque espèce de Bowenia (Wilson, 2002).
Taxonomie et classification
Bowenia est un genre accepté par POWO, qui le range dans les Zamiaceae et y reconnaît deux espèces. Les noms d’espèces n’ont pas changé : seule sa place dans les familles a varié selon les époques et les auteurs.
Stangeriaceae, Boweniaceae ou Zamiaceae ?
Comme Stangeria, la cycadale sud-africaine aux feuilles de fougère, Bowenia est une petite plante sans tronc à l’allure de fougère. Cette ressemblance a conduit L. A. S. Johnson (1959) à réunir les deux genres dans une même famille, les Stangeriaceae, en plaçant Bowenia dans une sous-famille propre, les Bowenioideae. La classification de D. W. Stevenson (1992) a conservé ce rattachement, que l’on retrouve encore dans les travaux sur le genre des années 2000. D’autres auteurs ont fait de Bowenia une famille à part entière, les Boweniaceae.
Les études moléculaires ont remis en cause cette parenté. Les relations entre Bowenia, Stangeria et Dioon ont longtemps été les plus difficiles à établir dans l’ordre (Chaw et al., 2005). L’analyse de cinq gènes nucléaires publiée par Salas-Leiva et ses collaborateurs en 2013 donne une phylogénie bien soutenue : après Cycas, Dioon puis Bowenia forment les deux premières branches de l’ordre, avant un groupe réunissant Encephalartos, Macrozamia et Lepidozamia et un groupe réunissant Zamia et ses proches. Dans ce schéma, Bowenia n’est pas le plus proche parent de Stangeria : leur ressemblance ne traduit donc pas une parenté directe. La classification des gymnospermes de Christenhusz et al. (2011), suivie par POWO et par The World List of Cycads, range tous les genres autres que Cycas dans les Zamiaceae. La CITES, en revanche, suit encore sa liste de référence de 2013 : sa base Species+ classe toujours Bowenia dans les Stangeriaceae, avec Stangeria. Pour le lecteur, cela ne change aucun nom : seules les étiquettes de famille diffèrent d’un ouvrage à l’autre.
La forme « Tinaroo »
Sur le plateau d’Atherton, près du lac Tinaroo, poussent des plantes du groupe de Bowenia spectabilis dont les folioles sont régulièrement dentées, comme celles de Bowenia serrulata. On les trouve en forêt tropicale, en forêt de transition dominée par les Acacia et en forêt sclérophylle dominée par les Casuarina, un milieu parcouru de temps à autre par des feux de brousse. Elles sont diffusées en horticulture sous le nom de Bowenia sp. ‘Tinaroo’ ou Bowenia ‘Tinaroo’.
Leur statut reste à préciser, et ce nom n’a aucune valeur botanique officielle. Plusieurs indices les rapprochent de Bowenia spectabilis. Selon le profil de l’espèce publié par le gouvernement du Queensland, des folioles dentées apparaissent çà et là dans la plupart des populations de Bowenia spectabilis. L’étude des chromosomes de Kokubugata et ses collaborateurs (2000) montre que les trois plantes ont le même nombre de chromosomes (2n = 18), mais que Bowenia serrulata présente dix chromosomes à centromère médian contre huit chez Bowenia spectabilis et chez la forme « Tinaroo » : sur ce critère, la forme « Tinaroo » est plus proche de Bowenia spectabilis. Aucune publication consultée ne lui donne un rang d’espèce ou de variété.
Une troisième espèce dans la chaîne McIlwraith ?
Les charançons pollinisateurs apportent un autre éclairage. En 2022, Hsiao et Oberprieler ont révisé le genre Miltotranes : Miltotranes prosternalis pollinise Bowenia spectabilis, Miltotranes subopacus pollinise Bowenia serrulata, et une nouvelle espèce, Miltotranes wilsoni, vit sur la population isolée de la chaîne McIlwraith, sur la péninsule du cap York. Comme les aires des charançons coïncident avec celles de leurs plantes hôtes, les auteurs estiment que cette population pourrait être une troisième espèce de Bowenia. À notre connaissance, aucune description botanique n’a encore été publiée.
Des Bowenia fossiles
Le genre est connu à l’état fossile bien au-delà du Queensland. R. S. Hill a décrit en 1978 deux espèces de l’Éocène à partir de fragments de folioles : Bowenia eocenica, du Victoria, et Bowenia papillosa, de Nouvelle-Galles du Sud. Leur ressemblance avec les espèces actuelles suggère une évolution lente. Une troisième espèce fossile, Bowenia johnsonii, a été décrite en 2019 d’un gisement du début de l’Éocène du sud-ouest de la Tasmanie (Hill et al., 2019). L’aire actuelle, limitée à la côte du Queensland, n’est donc qu’un reste d’une distribution autrefois plus vaste.
Étymologie et histoire du genre
Le nom Bowenia honore Sir George Ferguson Bowen (1821-1899), premier gouverneur du Queensland, de 1859 à 1868. L’épithète spectabilis vient du latin et signifie « remarquable » ; serrulata signifie « finement denté », en référence au bord des folioles.
L’histoire de la découverte est rapportée ainsi par les bases de référence : le botaniste Allan Cunningham avait récolté un fragment de fronde dès 1819 sur l’Endeavour River, à l’emplacement de l’actuelle Cooktown, mais la plante est restée inconnue jusqu’à ce que Walter Hill la retrouve à Rockingham Bay et envoie un jeune plant vivant aux jardins royaux de Kew. Joseph Dalton Hooker décrivit Bowenia spectabilis, espèce type du genre, en 1863 dans le Curtis’s Botanical Magazine, à partir de ce plant cultivé ; la planche 5398 sert de type. La seconde espèce entra elle aussi par l’horticulture : le pépiniériste londonien William Bull la publia en 1878, dans un catalogue de vente, comme variété serrulata de Bowenia spectabilis, avant que Charles J. Chamberlain ne l’élève au rang d’espèce en 1912, dans la Botanical Gazette.
Noms communs
Aucun nom français attesté n’a été trouvé : les jardiniers francophones emploient le nom de genre. Les noms usuels sont australiens et anglais. Bowenia spectabilis est appelé « zamia fern ». Bowenia serrulata est appelé « Byfield fern », d’après la localité où il abonde, et la base officielle WildNet du Queensland donne aussi le nom de « butcher’s fern ». Ce dernier rappelle un usage décoratif mentionné dans la thèse de G. W. Wilson : les frondes, très semblables à celles d’une fougère, garnissaient le fond des étals de bouchers et servaient de feuillage pour les fleurs coupées. Tous ces noms contiennent le mot « fern » (fougère), alors qu’il s’agit de cycadales.
Biogéographie et écologie
Les deux espèces vivent sur la façade orientale du Queensland, dans des milieux forestiers humides ou abrités, à des centaines de kilomètres l’une de l’autre. Selon la thèse de Wilson (2004), elles sont limitées à de petites zones de forêts hautes, humides ou fermées.
- Bowenia spectabilis : nord-est du Queensland, de Cardwell à Cooktown, avec des stations isolées dans la chaîne McIlwraith et près de Starcke, sur la péninsule du cap York. L’espèce pousse du niveau de la mer jusque vers 700 à 750 m sur le plateau d’Atherton, en forêt tropicale, en forêt à lianes et en forêt côtière, au bord des ruisseaux, sur les pentes abritées et parmi les rochers. L’essentiel de son aire se trouve dans la biorégion des Wet Tropics. Sa population est estimée entre 10 000 et 20 000 plantes, stable selon les sources secondaires consultées.
- Bowenia serrulata : région de Byfield, au nord-est de Rockhampton, près du tropique du Capricorne. Elle forme un sous-bois dans les forêts ouvertes et les forêts sclérophylles humides, plus rarement en forêt tropicale, du niveau de la mer à environ 700 m, sur sols sableux ou argileux, au bord des ruisseaux et sur les reliefs côtiers escarpés.
La pollinisation repose sur des relations très étroites avec les charançons Miltotranes. Selon Hsiao et Oberprieler (2022), Miltotranes prosternalis se reproduit dans les cônes mâles de Bowenia spectabilis, mais visite aussi les cônes femelles et les pollinise. Ces insectes sont les seuls pollinisateurs connus du genre.
Réglementation et conservation
Les deux Bowenia ne sont pas considérés comme menacés à l’échelle mondiale, mais leur commerce est encadré. Selon The World List of Cycads, Bowenia spectabilis et Bowenia serrulata sont classés en préoccupation mineure (LC) par l’UICN. Pour Bowenia serrulata, elle cite l’évaluation de J. D. Bösenberg publiée en 2022, qui remplace celle de 2010 ; pour Bowenia spectabilis, aucune année n’est affichée. La Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée directement. La population de la chaîne McIlwraith, si elle était reconnue comme une espèce distincte, aurait une aire très réduite et isolée, ce qui en ferait un enjeu de conservation propre.
Comme la plupart des cycadales, les Bowenia sont inscrits à l’annexe II de la CITES, depuis le 4 février 1977 : le commerce international des plantes exige des permis. L’inscription porte l’annotation #4, dans sa version issue de la CoP20, en vigueur au 5 mars 2026 : les graines, les spores et le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement ne sont pas soumis à la CITES. Les graines de Bowenia circulent donc sans permis CITES. Dans l’Union européenne, la CITES est appliquée par le règlement (CE) n° 338/97 : les Bowenia figurent à son annexe B, dont la liste en vigueur est fixée par le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission, applicable depuis le 29 juin 2026. En Australie, la base officielle WildNet du Queensland attribue à Bowenia serrulata un statut au titre de la loi sur la conservation de la nature de 1992 (Nature Conservation Act). Avant d’acheter ou d’importer une plante, demandez au vendeur la preuve de son origine (plante issue de semis en pépinière) et vérifiez la réglementation en vigueur sur EUR-Lex et sur les pages CITES du ministère chargé de l’écologie. Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels (Species+ consulté le 1er octobre 2026).
Culture des Bowenia
Les Bowenia sont des cycadales de sous-bois, à cultiver à l’ombre et dans un sol qui ne sèche jamais complètement, à l’opposé du Cycas revoluta de plein soleil. Les sources disponibles sont surtout australiennes et horticoles :
- Climat : selon l’Australian Native Plants Society, Bowenia spectabilis s’est montré robuste en culture dans les régions tropicales et subtropicales, en situation fraîche, mi-ombragée ou ombragée. La flore des forêts tropicales australiennes signale que Bowenia serrulata se cultive facilement et l’est depuis longtemps.
- Lumière : la pépinière Rare Palm Seeds conseille une ombre légère sous tous les climats et une ombre dense pour les jeunes plants et sous climat chaud et sec. Selon l’Australian Native Plants Society (2004), des Bowenia poussent bien à Brisbane, surtout sous un soleil tamisé.
- Eau et vent : la même pépinière indique des besoins en eau élevés et une faible tolérance au vent, ce qui concorde avec l’habitat forestier des deux espèces.
- Sol : comme pour toutes les cycadales, un excès d’eau stagnante fait pourrir les racines ; dans la nature, les deux espèces poussent sur des sols variés, sableux à argileux, mais toujours dans des stations humides ou abritées. La même société conseille un bon limon sableux enrichi d’humus. Les Bowenia font aussi de bonnes plantes en pot.
- Semis : c’est le mode de multiplication courant. Selon notre guide du semis des cycadales, les graines de Bowenia germent en un à trois mois, de façon régulière, sur substrat chaud.
Contexte français
Aucun résultat documenté de culture des Bowenia en pleine terre en France n’a été trouvé, ni sur le littoral méditerranéen, ni sur la façade atlantique, ni ailleurs, et aucun épisode de froid daté n’a été relevé pour ce genre. Au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, dans le Var, la forme Bowenia « Tinaroo » est cultivée en pot. En l’absence d’autres données, on cultive les Bowenia en pot, en serre chauffée, en véranda ou en intérieur lumineux sans soleil direct, avec un hivernage à l’abri du gel. Aucune valeur de résistance au froid mesurée n’a été publiée par un jardin ou une institution : Rare Palm Seeds qualifie de « légère » la tolérance au gel de Bowenia serrulata, et présente la forme « Tinaroo » comme la plus résistante du genre, capable de supporter des gelées modérées. Il s’agit d’affirmations commerciales, sans relevé de température publié.
Retours de culture publiés sur les forums. Ce sont des observations d’amateurs, à valeur indicative. Sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente, relus en octobre 2026, le genre n’apparaît que dans des listes de vente ou de collection : aucun essai en pleine terre, aucun hiver chiffré. Un seul retour chiffré a été trouvé, à l’étranger. Un cultivateur d’Altamonte Springs (Floride centrale, États-Unis) indique sur le forum PalmTalk que son Bowenia spectabilis n’a subi aucun dégât en février 2026 à −5 °C (23 °F). La culture et la protection ne sont pas précisées (relevé par extrait de recherche). Ce résultat est à prendre avec prudence : c’est un retour unique, et il surprend pour un genre de forêt tropicale. Aucun échec n’a été trouvé sur les forums, mais aucun autre essai chiffré non plus.
Toxicité et précautions
Les Bowenia sont toxiques. La flore des forêts tropicales australiennes, reprenant la Flora of Australia, indique que le feuillage de Bowenia serrulata est toxique pour les moutons et les bovins et peut provoquer la mort ou des troubles de la marche (« staggers »). Aucune analyse des toxines propres au genre n’a été trouvée, mais toutes les cycadales étudiées contiennent des toxines, en particulier dans les graines, dangereuses pour l’être humain et les animaux domestiques. Gardez les plantes et leurs graines hors de portée des enfants, des chiens et des chats, et portez des gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Espèces du genre Bowenia
Deux espèces sont acceptées par POWO ; les deux entrées suivantes ne sont pas des espèces décrites.
- Bowenia spectabilis Hook. ex Hook.f. : nord-est du Queensland (Wet Tropics) ; espèce type, folioles à bord entier, grandes feuilles de 1 à 2 m.
- Bowenia serrulata (W.Bull) Chamb. : région de Byfield, centre-est du Queensland ; folioles régulièrement dentées, jusqu’à 35 feuilles par couronne.
- Bowenia sp. ‘Tinaroo’ : plateau d’Atherton ; forme à folioles dentées du groupe de Bowenia spectabilis, sans statut botanique.
- Population de la chaîne McIlwraith : péninsule du cap York ; peut-être une troisième espèce, non décrite.
FAQ sur les Bowenia
Les Bowenia sont-ils des fougères ?
Non. Ce sont des cycadales, des plantes à graines qui se reproduisent par des cônes, et non par des spores. Leurs feuilles bipennées et l’absence de tronc visible leur donnent l’allure d’une fougère, d’où leurs noms anglais de « zamia fern » et de « Byfield fern ».
Combien existe-t-il d’espèces de Bowenia ?
Deux : Bowenia spectabilis et Bowenia serrulata. La forme « Tinaroo » n’a pas de rang botanique, et la population de la chaîne McIlwraith n’est, pour l’instant, qu’une espèce possible, signalée grâce à son charançon pollinisateur.
Comment distinguer Bowenia spectabilis de Bowenia serrulata ?
Par le bord des folioles, le plus souvent. Il est entier chez Bowenia spectabilis et régulièrement denté chez Bowenia serrulata. Comme quelques Bowenia spectabilis ont des folioles dentées, en particulier la forme « Tinaroo », la provenance de la plante (nord-est ou région de Byfield) reste un indice utile.
Bowenia ‘Tinaroo’ est-il une espèce à part ?
Non, pas en l’état des publications. C’est une forme du plateau d’Atherton à folioles dentées, que l’étude de ses chromosomes rapproche de Bowenia spectabilis. Son nom est horticole et n’a aucune valeur botanique officielle.
Peut-on cultiver un Bowenia dehors en France ?
Ce n’est pas documenté. Aucun essai de pleine terre n’a été trouvé en France, ni sur les forums français, ni dans les jardins, et la tolérance au gel annoncée par les pépinières est faible. Le seul retour chiffré vient de Floride, où un Bowenia spectabilis n’aurait pas souffert de −5 °C en février 2026, d’après un extrait du forum PalmTalk. Le plus sûr est la culture en pot, à l’ombre, avec un hivernage hors gel en serre, en véranda ou en intérieur, comme la forme « Tinaroo » au Jardin zoologique tropical.
Les Bowenia sont-ils toxiques ?
Oui. Le feuillage de Bowenia serrulata a causé des intoxications chez les moutons et les bovins en Australie, et toutes les cycadales sont considérées comme toxiques, surtout leurs graines. Tenez ces plantes hors de portée des enfants et des animaux.
Bowenia appartient-il aux Zamiaceae ou aux Stangeriaceae ?
Aux Zamiaceae, selon POWO, référence de ce site. Les ouvrages plus anciens le placent dans les Stangeriaceae, à côté de Stangeria, ou dans une famille propre ; les études moléculaires ne confirment pas une parenté directe avec Stangeria. La CITES et sa base Species+ utilisent encore les Stangeriaceae : c’est sous ce nom de famille que le genre apparaît dans les documents réglementaires.
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Sites de référence
- Plants of the World Online (POWO), Bowenia spectabilis et Bowenia serrulata : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:296945-1 et https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:296944-1 — genre accepté dans les Zamiaceae, deux espèces, aire au Queensland. Base de référence (Kew), autorité nomenclaturale du site ; lue par extraits de recherche.
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), genre Bowenia : https://cycadlist.org/genus/Bowenia — nombre d’espèces, publications d’origine, étymologie des épithètes, statut UICN et année de l’évaluation de Bowenia serrulata (2022). Liste du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN, fiable ; consultée directement le 1er octobre 2026.
- Species+ (UNEP-WCMC), Bowenia : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/13650/legal — annexe II depuis 1977 avec l’annotation #4, annexe B dans l’Union européenne, classement dans les Stangeriaceae. Base officielle de la CITES et de l’UE ; consultée le 1er octobre 2026.
- Gouvernement du Queensland, profils d’espèces WildNet : https://apps.des.qld.gov.au/species-search/details/?id=17846 et https://apps.des.qld.gov.au/species-search/details/?id=17845 — description des deux espèces, habitat, nom « butcher’s fern », statut au titre du Nature Conservation Act 1992. Source institutionnelle, fiable.
- Australian Tropical Rainforest Plants (Lucid), Bowenia serrulata : https://apps.lucidcentral.org/rainforest/text/entities/bowenia_serrulata.htm — habitat, altitudes, toxicité pour le bétail, facilité de culture, d’après la Flora of Australia. Clé institutionnelle (CSIRO), fiable.
- James Cook University, thèse de G. W. Wilson : https://researchonline.jcu.edu.au/1270/ — biologie, systématique et habitats du genre. Mémoire universitaire, fiable ; lu par son résumé.
- CSIRO Publishing, Kokubugata et al. (2000) : https://www.publish.csiro.au/sb/SB98028 — nombres et formes des chromosomes de Bowenia serrulata, Bowenia spectabilis et de la forme Tinaroo. Article à comité de lecture ; lu par son résumé.
- Hsiao et Oberprieler (2022), revue Insects : https://www.mdpi.com/2075-4450/13/5/456 — charançons pollinisateurs Miltotranes et hypothèse d’une troisième espèce dans la chaîne McIlwraith. Article à comité de lecture ; lu par son résumé.
- Wikipédia (en anglais), Bowenia, Bowenia spectabilis et Bowenia serrulata : https://en.wikipedia.org/wiki/Bowenia — classifications successives, fossiles, histoire de la découverte. Source secondaire, utilisée par extraits.
- LLIFLE, Bowenia spectabilis : https://llifle.com/Encyclopedia/PALMS_AND_CYCADS/Family/Zamiaceae/31902/Bowenia_spectabilis — aire détaillée et estimation de la population. Encyclopédie d’amateurs, donnée rapportée.
- Australian Native Plants Society (ANPSA), Bowenia spectabilis : https://anpsa.org.au/plant_profiles/bowenia-spectabilis/ — conditions de culture en Australie. Société spécialisée, fiable pour la culture.
- Australian Native Plants Society (ANPSA), Australian Plants Online n° 35, « The Byfield Fern: Bowenia » (septembre 2004) : https://anpsa.org.au/APOL35/sep04-6.html — culture à Brisbane sous soleil tamisé, limon sableux enrichi d’humus, culture en pot. Société spécialisée, fiable ; consultée par extraits.
- Rare Palm Seeds, fiches Bowenia serrulata et Bowenia sp. Tinaroo : https://www.rarepalmseeds.com/bowenia-serrulata et https://www.rarepalmseeds.com/bowenia-sp-tinaroo — exposition, besoins en eau, tolérance au gel annoncée. Site commercial, donnée rapportée, jamais seule pour établir un fait.
- PalmTalk, fil « 2026_02 preliminary cold damage to my palms after 23F, central Florida » : https://www.palmtalk.org/forum/topic/92884-2026_02-preliminary-cold-damage-to-my-palms-after-23f-central-florida/ — Bowenia spectabilis sans dégât signalé à 23 °F (−5 °C) en février 2026. Forum de cultivateurs, retour unique d’amateur, à valeur indicative et à confirmer ; relevé par extrait de recherche, fil non lu (site bloqué).
- Règlement (CE) n° 338/97 du Conseil, version consolidée : https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/1997/338/oj?locale=fr — application de la CITES dans l’Union européenne. Texte officiel.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission du 22 juin 2026 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
Bibliographie
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- Chamberlain, C.J. (1912). Two species of Bowenia. Botanical Gazette 54 : 419-423. [Élévation de Bowenia serrulata au rang d’espèce ; texte non consulté.]
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- Hill, R.S. (1978). Two new species of Bowenia Hook. ex Hook. f. from the Eocene of eastern Australia. Australian Journal of Botany 26(6) : 837-846. doi:10.1071/BT9780837 [Description de Bowenia eocenica et Bowenia papillosa ; article à comité de lecture, lu par son résumé.]
- Stevenson, D.W. (1992). A formal classification of the extant cycads. Brittonia 44 : 220-223. [Maintien de Bowenia dans les Stangeriaceae ; non consulté.]
- Kokubugata, G., Kondo, K., Wilson, G.W., Randall, L.M., van der Schans, A. & Morris, D.K. (2000). Comparison of karyotype and rDNA-distribution in somatic chromosomes of Bowenia species (Stangeriaceae, Cycadales). Australian Systematic Botany 13(1) : 15-20. [Caryotypes des deux espèces et de la forme « Tinaroo » ; article à comité de lecture, lu par son résumé.]
- Wilson, G.W. (2002). Insect pollination in the cycad genus Bowenia Hook. ex Hook. f. (Stangeriaceae). Biotropica 34(3) : 438-441. [Pollinisation obligatoire par les charançons Miltotranes ; pagination à confirmer.]
- Wilson, G.W. (2004). The biology and systematics of Bowenia Hook ex. Hook f. (Stangeriaceae: Bowenioideae). Mémoire de master (recherche), James Cook University, Townsville. [Synthèse sur le genre ; lu par son résumé.]
- Chaw, S.-M., Walters, T.W., Chang, C.-C., Hu, S.-H. & Chen, S.-H. (2005). A phylogeny of cycads (Cycadales) inferred from chloroplast matK gene, trnK intron, and nuclear rDNA ITS region. Molecular Phylogenetics and Evolution 37 : 214-234. [Phylogénie moléculaire de l’ordre ; article à comité de lecture.]
- Christenhusz, M.J.M., Reveal, J.L., Farjon, A., Gardner, M.F., Mill, R.R. & Chase, M.W. (2011). A new classification and linear sequence of extant gymnosperms. Phytotaxa 19 : 55-70. [Classification suivie par POWO.]
- Salas-Leiva, D.E. et al. (2013). Phylogeny of the cycads based on multiple single-copy nuclear genes: congruence of concatenated parsimony, likelihood and species tree inference methods. Annals of Botany 112(7) : 1263-1278. [Position de Bowenia dans l’ordre ; article à comité de lecture.]
- Hill, R.S., Hill, K.E., Carpenter, R.J. & Jordan, G.J. (2019). New macrofossils of the Australian cycad Bowenia and their significance in reconstructing the past morphological range of the genus. International Journal of Plant Sciences 180(2) : 128-140. [Description de Bowenia johnsonii ; volume et pages relevés sur la fiche anglaise du site, à confirmer.]
- Bösenberg, J.D. (2022). Bowenia serrulata. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41979A2959179. [Catégorie LC ; référence relevée sur The World List of Cycads, page de la Liste rouge non consultée.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. doi:10.5281/zenodo.21958524. [Liste de référence : deux espèces acceptées, statuts UICN ; consultée directement.]
- Hsiao, Y. & Oberprieler, R.G. (2022). Taxonomic revision of the genus Miltotranes Zimmerman, 1994 (Coleoptera: Curculionidae: Molytinae), the Bowenia-pollinating cycad weevils in Australia, with description of a new species and implications for the systematics of Bowenia. Insects 13(5) : 456. [Charançons pollinisateurs et hypothèse d’une troisième espèce ; article à comité de lecture, lu par son résumé.]