Le genre Lepidozamia

Le genre Lepidozamia réunit deux cycadales de l’est de l’Australie, qui vivent dans les forêts humides du Queensland et de la Nouvelle-Galles du Sud. Ces grandes plantes à port de palmier portent un tronc couvert d’écailles et une couronne de feuilles pennées de deux à trois mètres. L’une d’elles, Lepidozamia hopei, est réputée être la plus haute cycadale actuelle, avec des troncs de plus de 17 m. L’autre, Lepidozamia peroffskyana, se rencontre plus souvent en culture. Les deux espèces ont longtemps été rangées dans le genre voisin Macrozamia : on trouve encore les noms Macrozamia peroffskyana, Macrozamia denisonii ou Macrozamia hopei dans les livres anciens et les catalogues.

L’essentiel sur Lepidozamia

  • Nom accepté (POWO) : Lepidozamia Regel (1857), publié dans le Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou
  • Nombre d’espèces : 2, Lepidozamia hopei et Lepidozamia peroffskyana (POWO ; The World List of Cycads)
  • Anciens noms : Macrozamia peroffskyana, Macrozamia denisonii, Encephalartos denisonii, Lepidozamia denisonii (pour Lepidozamia peroffskyana) ; Catakidozamia hopei W.Hill, Macrozamia hopei W.Hill (pour Lepidozamia hopei)
  • Famille : Zamiaceae, tribu des Encephalarteae, sous-tribu des Macrozamiinae (avec Macrozamia)
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais, Hope’s cycad (Lepidozamia hopei), shining burrawang, pineapple zamia ou scaly zamia (Lepidozamia peroffskyana)
  • Répartition naturelle : endémique de l’est de l’Australie, du nord-est du Queensland au nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud
  • Statut UICN : préoccupation mineure (LC) pour les deux espèces, évaluations de 2022 citées par The World List of Cycads (voir Réglementation et conservation)
  • CITES : annexe II pour les deux espèces depuis le 4 février 1977, avec l’annotation #4 (graines, pollen et cultures in vitro exemptés) ; annexe B dans l’Union européenne (règlement (CE) n° 338/97, annexes en vigueur fixées par le règlement (UE) 2026/1383)
  • Rusticité documentée : environ −5 °C annoncés par une pépinière pour Lepidozamia peroffskyana. Sur le forum des Fous de palmiers, un sujet en pleine terre sans protection a été défolié par −8 / −9 °C à Montpellier pendant l’hiver 2011-2012, puis est reparti ; à Concarneau, le feuillage a grillé à −5 °C en février 2012, caudex intact. Au Texas, un semis est reparti après −9 °C en 2021. Aucune valeur mesurée trouvée pour Lepidozamia hopei. Observations d’amateurs, indicatives (voir Culture)
  • Exposition et substrat : mi-ombre ou lumière tamisée, sol drainant mais frais, riche en humus
  • Port et dimensions : tronc de 4 à 7 m chez Lepidozamia peroffskyana, de plus de 17 m chez les plus grands Lepidozamia hopei ; feuilles jusqu’à 3 m
  • Toxicité : toutes les parties sont toxiques, surtout les graines (voir Toxicité et précautions)

Caractères du genre Lepidozamia

Un Lepidozamia se reconnaît à son tronc dressé, cuirassé par les bases des anciennes feuilles, à ses grandes feuilles pennées sans épines et à ses folioles fixées sur le dessus de l’axe de la feuille. C’est une cycadale de grande taille, au port de palmier.

  • Tronc : cylindrique, robuste, généralement simple. Chez Lepidozamia peroffskyana, il mesure le plus souvent 0,6 à 1,8 m mais peut atteindre 5 à 7 m, pour 35 à 80 cm de diamètre selon les sources. Chez Lepidozamia hopei, il peut dépasser 17 m (Encyclopædia Britannica), voire atteindre 20 m pour 50 cm de diamètre (Gymnosperm Database), ce qui en fait probablement la plus haute et la plus massive des cycadales.
  • Écailles du tronc et des pétioles : après la chute des feuilles, la base de chaque pétiole reste fixée au tronc. Ces bases persistantes forment une cuirasse d’écailles serrées, d’où l’aspect « écailleux » qui a valu au genre son nom et à Lepidozamia peroffskyana ses noms anglais de « scaly zamia » et de « pineapple zamia ». Entre deux vagues de feuilles, la couronne produit aussi des cataphylles, petites feuilles réduites à des écailles.
  • Feuilles : pennées, jusqu’à 3 m de long, avec environ 150 à 250 folioles. Le pétiole et l’axe de la feuille ne portent ni épines ni aiguillons, contrairement à beaucoup d’autres cycadales. Les jeunes feuilles sortent brunes, souples et velues, puis deviennent vertes, brillantes et coriaces.
  • Folioles : sans pétiolule, insérées sur la ligne médiane du dessus de l’axe, à nervures parallèles et sans nervure centrale. Leur base n’est ni renflée ni colorée. Elles mesurent de 17 à 30 mm de large chez Lepidozamia hopei, contre 7 à 14 mm chez Lepidozamia peroffskyana : c’est le critère le plus simple pour séparer les deux espèces.
  • Cônes : la plante est dioïque, chaque pied étant mâle ou femelle. Les cônes sont presque sans pédoncule ; les cônes mâles sont cylindriques, les cônes femelles largement ovoïdes. Ceux de Lepidozamia peroffskyana comptent parmi les plus grands de toutes les cycadales : jusqu’à 90 cm de long et 45 kg selon l’Encyclopædia Britannica, 50 à 75 cm selon les flores australiennes.
  • Graines : grandes et charnues, à enveloppe externe (sarcotesta) rouge vif, d’environ 5 cm sur 2,5 cm chez Lepidozamia peroffskyana.

Lepidozamia ou Macrozamia ?

Les deux genres sont proches et se ressemblent en culture. Chez Macrozamia, genre bien plus diversifié (41 espèces, toutes australiennes), les folioles sont fixées sur les côtés de l’axe et portent à leur base un cal (callosité) souvent coloré, blanc, jaune ou rouge. Chez Lepidozamia, elles partent du dessus de l’axe et n’ont pas de cal. Beaucoup de Macrozamia ont en outre un tronc court ou souterrain, alors que les Lepidozamia adultes forment un tronc aérien bien visible.

Taxonomie et classification

Lepidozamia est un genre accepté par POWO, qui le place dans la famille des Zamiaceae. Il ne compte que deux espèces, toutes deux acceptées. Avec Macrozamia, il forme la sous-tribu des Macrozamiinae, au sein de la tribu des Encephalarteae, qui comprend aussi les Encephalartos d’Afrique.

L’histoire du genre est marquée par des allers-retours avec Encephalartos et Macrozamia. Regel le décrit en 1857. Le botaniste néerlandais Miquel le réduit ensuite au rang de section, d’abord dans Encephalartos (1863), puis dans Macrozamia (1868), et crée la combinaison Macrozamia peroffskyana. En 1959, la révision des Zamiaceae d’Australie par L.A.S. Johnson reconnaît Lepidozamia comme l’un des trois genres de la famille endémiques d’Australie, avec Macrozamia et Bowenia ; c’est le traitement retenu aujourd’hui. Concrètement, les noms en Macrozamia que l’on rencontre encore pour ces deux plantes sont des synonymes.

D’autres noms ont circulé : Macrozamia denisonii C.Moore & F.Muell., aussi combiné dans Encephalartos et dans Lepidozamia, est un synonyme de Lepidozamia peroffskyana. Catakidozamia hopei W.Hill (1865) et Macrozamia hopei W.Hill (1886) sont des synonymes de Lepidozamia hopei ; Macrozamia hopei C.Moore (1884), parfois cité, est un nom invalide selon The World List of Cycads.

L’auteur de Lepidozamia hopei n’est pas écrit de la même façon partout. POWO et IPNI, que suit ce site, écrivent Lepidozamia hopei (W.Hill) Regel et considèrent Catakidozamia hopei comme le basionyme, c’est-à-dire le nom sur lequel Regel aurait fondé le sien. The World List of Cycads écrit simplement Lepidozamia hopei Regel : selon L. A. S. Johnson (1959), Regel ignorait la publication de Walter Hill et n’a cité qu’un nom de jardin, si bien que son nom n’est pas fondé sur celui de Hill. Le nom de l’espèce ne change pas ; seule la citation de l’auteur diffère.

Étymologie et histoire du genre

Le nom Lepidozamia associe le grec lepis, lepidos, « écaille », au nom du genre Zamia, selon les Cycad Pages du Jardin botanique royal de Sydney. Les sources ne s’accordent pas sur les écailles visées : le tronc couvert de bases foliaires pour les unes, l’aspect écailleux des cônes pour les autres. La Gymnosperm Database propose une autre lecture (latin lepidus, « gracieux »). Le protologue de Regel n’a pas pu être consulté pour trancher.

Le genre a une histoire européenne inattendue : Eduard Regel l’a décrit en 1857 à partir d’une plante vivante cultivée au jardin botanique de Saint-Pétersbourg, Lepidozamia peroffskyana, qui en est l’espèce type. L’épithète honore le comte Perovski (Peroffsky), bienfaiteur de ce jardin.

La seconde espèce a été décrite en Australie par Walter Hill en 1865, sous le nom de Catakidozamia hopei. Regel l’a publiée dans Lepidozamia en 1876, dans la revue Gartenflora, en partant d’un nom horticole d’origine commerciale. L’épithète hopei honore Louis Hope (1817–1894), de Cleveland (Queensland), considéré en Australie comme le père de l’industrie sucrière de l’État et mécène de l’horticulture et de la botanique.

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé pour le genre ni pour ses espèces : on emploie les noms scientifiques. En anglais, Lepidozamia hopei est appelé « Hope’s cycad » et parfois « zamia palm ». Lepidozamia peroffskyana est le « shining burrawang » dans la base officielle du Queensland, et porte aussi les noms de « pineapple zamia », « pineapple cycad » et « scaly zamia ». Attention : « burrawang » désigne avant tout Macrozamia communis, cycadale de Nouvelle-Galles du Sud ; le nom seul est donc ambigu.

Biogéographie et écologie

Les deux Lepidozamia vivent sur la façade orientale de l’Australie, dans des forêts humides, mais très loin l’une de l’autre : l’une dans les tropiques, l’autre dans la zone subtropicale.

  • Lepidozamia hopei, Queensland tropical : nord-est du Queensland, en forêt tropicale humide de plaine et de moyenne altitude, du niveau de la mer à 600 m environ, sur des sols limoneux bien structurés. Elle pousse en sous-bois, comme un petit arbre sous la canopée ; on la trouve par exemple près de Cairns (Mount Whitfield Conservation Park).
  • Lepidozamia peroffskyana, sud-est du Queensland et Nouvelle-Galles du Sud : une bande côtière d’environ 700 km, des environs de Gympie, au nord de Brisbane, jusqu’aux environs de Taree, sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Elle pousse le plus souvent sous un couvert d’eucalyptus : forêt sclérophylle humide en lisière de forêt pluviale sur les pentes des chaînes côtières, forêt littorale appauvrie ou fourrés sur les dunes fixées près de la mer.

La pollinisation est assurée par des insectes, et non par le vent. Chez Lepidozamia peroffskyana, une étude de terrain (Hall et al., 2004) a montré que des charançons du genre Tranes, propres à cette plante, accomplissent leur cycle dans les cônes mâles et visitent en grand nombre les cônes femelles. Les cônes femelles dont on écartait les insectes n’étaient presque pas pollinisés, alors que ceux protégés du vent seul l’étaient normalement. Chez Lepidozamia hopei, le charançon Tranes insignipes se développe dans les cônes mâles et transporte le pollen ; il est considéré comme son pollinisateur, sans démonstration aussi complète.

Comme les autres cycadales, les Lepidozamia possèdent des racines coralloïdes, racines spécialisées remontant vers la surface qui abritent des cyanobactéries capables de fixer l’azote de l’air (Chang et al., 2019). Ce trait est commun à tout l’ordre ; aucune étude propre au genre n’a été trouvée.

Réglementation et conservation

Les deux espèces ne sont pas considérées comme menacées à l’échelle mondiale, mais leur commerce international est encadré. Elles figurent en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l’UICN, selon des évaluations de 2022 citées par The World List of Cycads ; la Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée directement.

Comme toutes les cycadales qui ne sont pas inscrites à l’annexe I, les Lepidozamia relèvent de l’annexe II de la CITES depuis le 4 février 1977 : le commerce international des plantes exige des permis. L’inscription porte l’annotation #4, dans sa version issue de la CoP20, en vigueur au 5 mars 2026 : les graines, les spores et le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement ne sont pas soumis à la CITES. Les graines de Lepidozamia circulent donc sans permis CITES. Dans l’Union européenne, la CITES est appliquée par le règlement (CE) n° 338/97 : les Lepidozamia figurent à son annexe B, dont la liste en vigueur est fixée par le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission, applicable depuis le 29 juin 2026. Avant d’importer ou de vendre une plante, vérifiez les documents exigés sur EUR-Lex et sur les pages CITES du ministère chargé de l’écologie ; ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels.

En Australie, la base officielle du Queensland classe les deux espèces « special least concern » (code SL) au titre du Nature Conservation Act 1992, catégorie qui encadre notamment la récolte et le commerce des plantes sauvages. Le statut CITES a été relu sur Species+ le 1er octobre 2026 ; vérifiez ces statuts sur l’UICN et sur Species+ avant tout usage réglementaire. Pour un amateur, la règle est simple : n’acheter que des plantes issues de semis en pépinière, à la provenance traçable.

Culture des Lepidozamia

Les Lepidozamia sont des cycadales de forêt : elles demandent une lumière tamisée, un sol drainant mais jamais desséché et des hivers doux. Lepidozamia peroffskyana est la plus facile et la plus cultivée des deux ; Lepidozamia hopei, tropicale, est plus frileuse et plus rare.

  • Lumière : mi-ombre ou lumière filtrée, comme en sous-bois clair. Un sujet élevé à l’ombre brûle si on le passe brutalement en plein soleil. Selon l’Australian National Botanic Gardens, Lepidozamia peroffskyana peut vivre en plein soleil, mais il faut l’abriter du soleil de l’après-midi pour éviter les brûlures des feuilles.
  • Substrat : drainant mais capable de rester frais, riche en matière organique stable. Le drainage est indispensable : la pourriture des racines est la principale cause de perte en sol détrempé. L’Australian National Botanic Gardens conseille un limon sableux, légèrement acide à neutre. En pot, l’Australian Native Plants Society conseille 2,5 cm de gravier au fond et 2,5 cm de sable grossier en surface, pour que le terreau ne sèche pas trop vite.
  • Arrosage : régulier pendant la saison chaude, plus prudent en hiver ou quand la plante est au repos. L’Australian National Botanic Gardens et l’Australian Native Plants Society indiquent que Lepidozamia peroffskyana supporte de longues périodes sèches, sans engrais.
  • Bord de mer : aucune donnée fiable sur les embruns. Une pépinière de Floride juge sa tolérance au sel moyenne. Mieux vaut éviter le premier rang face à la mer.
  • Croissance : lente, par vagues de feuilles successives. Les nouvelles feuilles, tendres et brunes, sont fragiles jusqu’à leur durcissement.
  • Multiplication : par graines, les deux espèces ne produisant guère de rejets. Un pied isolé ne donne pas de graines fertiles, faute de pied de l’autre sexe et de ses pollinisateurs spécialisés.

Les Lepidozamia en Europe et en France

Les Lepidozamia sont cultivés en Europe depuis le XIXe siècle : c’est sur une plante du jardin botanique de Saint-Pétersbourg que le genre a été décrit en 1857. Aujourd’hui, on les voit surtout en serre dans les jardins botaniques. Le Tropical Ravine du jardin botanique de Belfast, en Irlande du Nord, abrite par exemple deux grands Lepidozamia peroffskyana ; la plante femelle y a produit un énorme cône en 2017, resté stérile faute de pied mâle.

En pleine terre, les données sont rares et proviennent du commerce ou de cultivateurs. Une pépinière des Canaries annonce pour Lepidozamia peroffskyana une température minimale de −5 °C et estime qu’il pousse très bien dans les régions méditerranéennes les plus chaudes. Aux États-Unis, une pépinière californienne rapporte que des sujets ont survécu à −10 °C lors de la vague de froid de l’hiver 2021 au Texas, en perdant leurs feuilles avant de repartir ; l’âge des plantes et leur protection ne sont pas précisés. Pour Lepidozamia hopei, aucune valeur mesurée n’a été trouvée.

En France, aucun résultat de culture en pleine terre n’a été publié par un jardin ou une institution. Les seules données viennent d’amateurs, sur le forum des Fous de palmiers (voir ci-dessous). Lepidozamia peroffskyana y survit en pleine terre à Montpellier et dans le Finistère, mais perd son feuillage à −5 °C à Concarneau et à −8 / −9 °C à Montpellier, avant de repartir. En région parisienne, une petite plante abritée a survécu mais n’a pas poussé, faute de chaleur. Ces retours laissent penser que l’espèce peut être tentée sur le littoral méditerranéen et sur la façade atlantique la plus douce, à mi-ombre et en sol très drainant, en acceptant une défoliation lors des hivers rigoureux. Ailleurs, la culture se fait en grand bac, hiverné hors gel en véranda ou en serre tempérée. Lepidozamia hopei relève de la serre chaude : aucun retour d’hiver n’a été trouvé pour lui sur les forums français.

Retours de culture publiés sur les forums. Ce sont des observations d’amateurs : elles ont une valeur indicative et ne valent pas règle générale. Les messages des forums des Fous de palmiers et Tropicamente ont été relus dans les fils en octobre 2026 ; le retour PalmTalk n’est connu que par un extrait de recherche.

  • Un cultivateur de Montpellier (Hérault, France) indique sur le forum des Fous de palmiers que son Lepidozamia peroffskyana en pleine terre, sans protection depuis des années, a été complètement défolié pendant l’hiver 2011-2012 par des pointes à −8 / −9 °C, puis a refait des feuilles en août 2012, sans perte. Il note un léger jaunissement sur sol calcaire.
  • Un cultivateur de Concarneau (Finistère, France) indique sur le forum des Fous de palmiers que son Lepidozamia peroffskyana en pleine terre, sans protection hivernale, a eu les feuilles complètement grillées en février 2012 après −5 °C pendant 2 ou 3 heures, y compris les quatre feuilles de l’été 2011 ; le caudex est resté sain. En mars 2019, il signale que la plante, abritée sous un Leptospermum scoparium, a survécu à l’hiver 2017-2018.
  • Un cultivateur de la banlieue sud-est de Paris (bords de Marne, Île-de-France, France) indique sur le forum des Fous de palmiers que son jeune Lepidozamia peroffskyana, planté en pleine terre à l’été 2009, a supporté −7 °C sous protection pendant l’hiver 2009-2010, sans dégât.
  • Le même cultivateur indique qu’une petite plante en pleine terre, dans un coin abrité et sec où il ne fait jamais moins de −5 °C selon lui, est restée impeccable après la vague de froid de février 2012 (−8,5 °C dans le jardin), mais n’a produit aucune feuille en trois étés, faute de chaleur. Il l’a ensuite arrachée en vue d’un déménagement et juge sa résistance inférieure à celle de Macrozamia communis : « il faut passer en zone 9 ».
  • Un cultivateur du Roussillon rapporte sur le forum des Fous de palmiers que le Lepidozamia peroffskyana d’un ami, sans protection, a été complètement défolié à −4 °C pendant l’hiver 2009-2010 ; le lieu n’est pas précisé.
  • Un cultivateur d’Ensuès-la-Redonne (Côte Bleue, Bouches-du-Rhône, France), installé face à la mer, indique sur le forum des Fous de palmiers que Lepidozamia peroffskyana « ne passe pas » au soleil et « nécessite vraiment la mi-ombre » : c’est la seule de ses cycadales à avoir donné une alerte sérieuse (message d’avril 2014).
  • Sur le même forum, un participant, dont le lieu n’est pas indiqué, signale qu’un Lepidozamia hopei a pris un coup de soleil en avril 2012 avec le seul soleil du matin, alors qu’un Lepidozamia peroffskyana plus petit, placé à côté, n’a pas bougé.
  • Un cultivateur des Castelli Romani (Latium, Italie) indique sur le forum Tropicamente que son petit Lepidozamia peroffskyana a passé l’hiver 2011-2012 dehors à −5 °C, sous un porche fermé sur trois côtés, avec des arrosages contrôlés.
  • Un cultivateur de Houston (Texas, États-Unis) indique sur le forum PalmTalk que son jeune semis de Lepidozamia peroffskyana est reparti avec deux nouvelles feuilles après −9 °C (15 °F) en février 2021. La culture et la protection ne sont pas précisées (relevé par extrait de recherche).

Toxicité et précautions

Oui, les Lepidozamia sont toxiques, comme toutes les cycadales, et surtout leurs graines. Ces toxines ont causé des intoxications mortelles chez l’homme et le bétail en Australie, et des colons européens sont tombés malades après avoir mangé des graines non préparées. Les Aborigènes consommaient les graines des cycadales australiennes, dont Lepidozamia, après un long traitement de détoxification (broyage, lessivage prolongé dans l’eau courante, cuisson), décrit par Asmussen (2011). Les grosses graines rouges peuvent attirer les enfants et les chiens : ramassez-les dès leur chute. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Espèces du genre Lepidozamia

  • Lepidozamia hopei (W.Hill) Regel, selon POWO et IPNI (« Regel » seul selon The World List of Cycads, voir Taxonomie) : nord-est du Queensland, forêt tropicale humide ; la plus haute cycadale connue (plus de 17 m, jusqu’à 20 m selon les sources) ; folioles larges de 17 à 30 mm ; frileuse.
  • Lepidozamia peroffskyana Regel : du sud-est du Queensland au nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud ; tronc de 4 à 7 m ; folioles de 7 à 14 mm ; espèce type du genre, la plus cultivée et la moins frileuse.

FAQ sur les Lepidozamia

Quelle est la plus grande cycadale du monde ?

Lepidozamia hopei, selon la plupart des sources. L’Encyclopædia Britannica lui attribue plus de 17 m, la Gymnosperm Database jusqu’à 20 m pour 50 cm de diamètre. Ces records concernent de très vieux sujets ; la plupart des plantes en nature mesurent beaucoup moins.

Comment distinguer Lepidozamia hopei et Lepidozamia peroffskyana ?

Par la largeur des folioles. Elles mesurent 17 à 30 mm de large chez Lepidozamia hopei et 7 à 14 mm chez Lepidozamia peroffskyana. L’origine aide aussi : la première vient du Queensland tropical, la seconde du sud-est du Queensland et de la Nouvelle-Galles du Sud.

Lepidozamia et Macrozamia, est-ce la même chose ?

Non, ce sont deux genres distincts, même si les Lepidozamia ont été rangés dans Macrozamia au XIXe siècle. Les folioles des Lepidozamia partent du dessus de l’axe de la feuille et n’ont pas de cal coloré à leur base, contrairement à celles des Macrozamia.

Un Lepidozamia peut-il passer l’hiver dehors en France ?

Cela dépend de l’espèce et du lieu. Pour Lepidozamia peroffskyana, des amateurs du forum des Fous de palmiers rapportent des plantes en pleine terre qui ont survécu à la vague de froid de 2012 : défoliée à −8 / −9 °C à Montpellier puis repartie, feuillage grillé à −5 °C à Concarneau, caudex intact. Un essai se conçoit donc dans les jardins doux du littoral méditerranéen ou atlantique, à mi-ombre, en acceptant de perdre les feuilles lors d’un hiver rigoureux ; en région parisienne, la plante survit sous abri mais ne pousse pas. Lepidozamia hopei, tropical, doit être hiverné à l’abri.

Les Lepidozamia sont-ils dangereux pour les chiens ?

Oui. Comme toutes les cycadales, ils sont toxiques, en particulier leurs graines, grosses et rouges. Ramassez les graines tombées et consultez un vétérinaire au moindre doute d’ingestion.

Pourquoi mon Lepidozamia ne produit-il pas de graines ?

Parce qu’il faut un pied mâle et un pied femelle, et un pollinisateur. Les Lepidozamia sont dioïques et pollinisés par des charançons australiens spécialisés, propres à chaque espèce. Un pied femelle isolé peut former un cône, mais ses graines restent stériles sans pollinisation à la main.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Regel, E. (1857). [Description du genre Lepidozamia.] Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou 30(1) : 182. [Protologue du genre, relevé via IPNI ; texte non consulté.]
  • Johnson, L.A.S. (1959). The families of cycads and the Zamiaceae of Australia. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 84 : 64–117. [Révision reconnaissant Lepidozamia parmi les genres australiens ; source de la note de nomenclature sur Lepidozamia hopei reprise par The World List of Cycads ; consultée par extraits.]
  • Hill, K.D. (1998). Cycadophyta. In : Flora of Australia 48. ABRS/CSIRO, Melbourne. [Traitement de référence des cycadales australiennes ; non consulté directement.]
  • Hall, J.A., Walter, G.H., Bergstrom, D.M. & Machin, P. (2004). Pollination ecology of the Australian cycad Lepidozamia peroffskyana (Zamiaceae). Australian Journal of Botany 52(3) : 333–343. https://doi.org/10.1071/BT03159 [Article à comité de lecture : pollinisation par les charançons Tranes.]
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  • Chang, A.C.G., Chen, T., Li, N. & Duan, J. (2019). Perspectives on endosymbiosis in coralloid roots: association of cycads and cyanobacteria. Frontiers in Microbiology 10 : 1888. https://doi.org/10.3389/fmicb.2019.01888 [Synthèse à comité de lecture sur les racines coralloïdes des cycadales.]
  • Asmussen, B. (2011). « There is likewise a nut… » a comparative ethnobotany of Aboriginal processing methods and consumption of Australian Bowenia, Cycas, Macrozamia and Lepidozamia species. Technical Reports of the Australian Museum, Online 23(10) : 147–163. [Article scientifique : préparation traditionnelle des graines.]
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  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. doi:10.5281/zenodo.21958524. [Liste de référence : deux espèces acceptées, synonymie, auteur de Lepidozamia hopei, statuts UICN ; consultée directement.]
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