Cycas taiwaniana est un cycas à tronc du sud de la Chine, cultivé depuis des siècles dans les jardins du Guangdong et du Fujian et devenu très rare à l’état sauvage. Ce membre du genre Cycas porte un nom trompeur : le botaniste anglais William Carruthers l’a décrit en 1893 en le croyant originaire de Taïwan, où il ne pousse pas ; le cycas de Taïwan est Cycas taitungensis, longtemps appelé à tort Cycas taiwaniana. Depuis 2021, la liste mondiale de référence, The World List of Cycads, y rattache aussi les cycas de l’île de Hainan décrits sous les noms de Cycas hainanensis, Cycas lingshuiensis (publié sous l’orthographe « lingshuigensis ») et Cycas shanyaensis. L’UICN le classe en danger.
L’essentiel sur Cycas taiwaniana
- Nom accepté : Cycas taiwaniana Carruth. (1893), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : Cycas revoluta var. taiwaniana (Carruth.) J.Schust. (1932) ; Cycas hainanensis C.J.Chen (1975), Cycas lingshuiensis G.A.Fu (2004, publié « lingshuigensis ») et Cycas shanyaensis G.A.Fu (2006), synonymes selon The World List of Cycads à la suite de Feng et ses collègues (2021)
- Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales ; section Stangerioides (Hill, 2008)
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en chinois 台湾苏铁 dans la Flore de Chine, et plusieurs noms locaux (voir Noms communs)
- Répartition naturelle : sud de la Chine ; Fujian et Guangdong selon The World List of Cycads, île de Hainan selon les études génétiques récentes (voir Dans la nature)
- Statut UICN : en danger (EN) ; évaluation de K.D. Hill (2010, critères A2cd+4cd), puis réévaluation de J.D. Bösenberg publiée dans la version 2023-1
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES ; annexe B dans l’Union européenne ; en Chine, protection d’État de premier rang pour tous les Cycas
- Rusticité documentée : aucune donnée vérifiable ; les retours publiés en France sous ce nom concernent des plantes d’identité contestée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, mi-ombre le long des ruisseaux sur sols non calcaires (plantes du continent, Hill 2008) ; forêt humide sur sols calcaires ou volcaniques à Hainan
- Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 3,5 m, de 15 à 30 cm de diamètre ; feuilles de 1,5 à 3 m
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Cycas taiwaniana
On le reconnaît à son port robuste, avec un vrai tronc aérien et une grande couronne de feuilles, et à ses graines plutôt petites. Ce sont, selon Hill (2008), les caractères qui le distinguent parmi les cycas chinois à cônes mâles mous ; ses mégasporophylles portent en général une épine terminale bien distincte et large, et ses folioles, assez étroites mais très variables, sont nettement tordues à leur insertion sur le rachis. Voici la description de Hill (2008) :
- Tronc : aérien ou souterrain, jusqu’à 3,5 m de haut et de 15 à 30 cm de diamètre ; 12 à 30 feuilles dans la couronne.
- Feuilles : vert foncé, très brillantes, de 1,5 à 3 m, planes ou à peine carénées, portant 140 à 300 folioles ; feutrage orange ou brun qui tombe à mesure que la feuille s’étale ; rachis terminé par une paire de folioles ; pétiole glabre de 40 à 150 cm (30 à 60 % de la feuille), épineux sur toute sa longueur.
- Folioles médianes : de 18 à 44 cm sur 9 à 16 mm, nettement bicolores, espacées de 10 à 24 mm, planes, à bords légèrement recourbés, à pointe fine et piquante ; nervure médiane en relief dessus.
- Cataphylles (écailles qui protègent l’apex) : étroitement triangulaires, piquantes, velues à densément laineuses, de 8,5 à 13 cm.
- Cônes mâles : étroitement ovoïdes à fusiformes, jaunes, de 30 à 45 cm sur 8 à 10 cm ; microsporophylles mous, de 2 à 3 cm, sans épine terminale.
- Mégasporophylles (feuilles fertiles des pieds femelles) : de 15 à 22 cm, feutrés de brun, portant 2 à 6 ovules glabres ; lame arrondie de 7 à 12 cm sur 5,5 à 7 cm, profondément pectinée, avec 24 à 52 épines latérales molles de 2 à 4,2 cm ; épine terminale distincte ou non, de 2 à 4,5 cm, large de 7 à 30 mm à la base.
- Graines : presque rondes à ovoïdes, de 28 à 36 mm sur 20 à 30 mm ; enveloppe charnue (sarcotesta) jaune, sans pruine ni couche fibreuse ; coque (sclérotesta) verruqueuse.
La Flore de Chine (Chen et Stevenson, 1999) donne des mesures un peu différentes, car elle applique le nom à un ensemble plus large de plantes (voir Taxonomie) : tronc jusqu’à 3,5 m sur 35 cm, 60 à 90 feuilles de 1,5 à 3 m, 70 à 150 paires de folioles souvent arquées, larges de 11 à 14 mm, plus de 30 mégasporophylles par cône à lame en losange, dont le lobe terminal a un bord en général finement denté, et graines de 2,8 à 3,3 cm. Elle situe la pollinisation en avril-mai et la maturité des graines de septembre à novembre.
Hybrides
Aucun hybride naturel ou horticole n’est décrit. Une étude génomique de six cycas du sud de la Chine (Tao et ses collègues, 2021) a toutefois détecté des signaux d’hybridation ancienne relativement forts impliquant Cycas dolichophylla, Cycas szechuanensis et l’ancêtre commun de Cycas taiwaniana et de Cycas changjiangensis. Il s’agit d’histoire évolutive, pas d’hybrides que l’on pourrait trouver en culture.
Confusions possibles
La confusion la plus fréquente, et la plus lourde de conséquences, concerne le cycas de Taïwan :
- Cycas taitungensis, des montagnes du sud de Taïwan, a été connu pendant des décennies sous le nom mal appliqué de Cycas taiwaniana, jusqu’à sa description en 1994 (Hill, 2008). Il appartient à une autre section du genre, proche de Cycas revoluta : ovules velus, graines rouges à coque striée en long, pétiole court (15 à 20 cm) et folioles de 6 à 8 mm de large seulement ;
- Cycas szechuanensis, du Guangdong et du Fujian, est l’espèce la plus proche, avec laquelle Cycas taiwaniana forme le « complexe Cycas taiwaniana » ; selon Hill (2008), sa lame de mégasporophylle n’a pas d’épine terminale élargie (au plus 8 mm de large à la base) et ses graines sont plus grosses ;
- les cycas de Hainan, Cycas hainanensis et Cycas lingshuiensis, aujourd’hui rattachés à Cycas taiwaniana, s’en distinguaient selon Hill (2008) par des feuilles plus carénées, aux folioles plus étroites et plus serrées, par une lame de mégasporophylle plus petite, aux épines latérales moins nombreuses mais plus longues, et par des graines nettement plus grosses ; Cycas changjiangensis, plante naine de l’ouest de Hainan, reste une espèce à part pour The World List of Cycads ;
- Cycas revoluta, de loin le plus répandu en culture, a des folioles bien plus étroites et raides, aux bords enroulés.
En pratique, une plante vendue sous le nom « Cycas taiwaniana » n’est pas forcément un vrai Cycas taiwaniana : seules les graines (jaunes chez lui, rouges chez Cycas taitungensis et Cycas revoluta) et les mégasporophylles permettent de trancher.
Taxonomie
Cycas taiwaniana est accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté. William Carruthers l’a décrit en 1893 dans le Journal of Botany (31 : 1-3, planche 331), d’après des spécimens récoltés par Robert Swinhoe et conservés dans l’herbier de Henry F. Hance, alors acquis par le British Museum ; l’holotype est à Londres (BM), un isotype à Kew (K). L’espèce appartient à la section Stangerioides, le groupe des cycas chinois et indochinois à cônes mâles mous, à sarcotesta sans couche fibreuse et à coque verruqueuse (Hill, 2008 ; Zheng et ses collègues, 2017).
Le contenu de l’espèce a beaucoup varié :
- Schuster (1932) en faisait une variété de Cycas revoluta, et les flores chinoises des années 1970 y incluaient les plantes de Taïwan, séparées seulement en 1994 sous le nom de Cycas taitungensis (Hill, 2008) ;
- la Flore de Chine (1999) en faisait une espèce large du Guangdong, de l’est du Guangxi, du sud-ouest du Hunan et du sud-est du Yunnan, avec en synonymes Cycas diannanensis, Cycas fairylakea et une sous-espèce de Cycas pectinata ;
- Hill (2008) l’a restreinte aux plantes du continent, et rangeait celles de Hainan sous Cycas hainanensis ;
- Feng et ses collègues (2021, Taxon) ont appliqué trois méthodes de délimitation fondées sur des données moléculaires aux six taxons du complexe : ils n’y reconnaissent que deux espèces, Cycas szechuanensis (avec Cycas fairylakea) et Cycas taiwaniana, qui absorbe Cycas changjiangensis, Cycas hainanensis et Cycas lingshuiensis. The World List of Cycads a suivi ce traitement, sauf pour Cycas changjiangensis, qu’elle accepte toujours.
Le résultat est paradoxal : le concept actuel de l’espèce, centré sur les populations sauvages de Hainan, est presque l’inverse de celui de Hill (2008), qui excluait justement les plantes de Hainan. Les bases de données ne sont pas alignées : The World List of Cycads donne pour répartition le Fujian et le Guangdong tout en incluant les synonymes de Hainan, et Species+, la base de la CITES, cite encore Taïwan parmi les pays de l’aire (consultation du 13 octobre 2026).
Étymologie et histoire
L’épithète renvoie à Taïwan, d’où l’on croyait l’espèce originaire (Haynes, 2022, cité par The World List of Cycads). Hill (2008) a reconstitué l’origine de l’erreur. Robert Swinhoe, consul britannique à Amoy (aujourd’hui Xiamen, au Fujian), envoya le 21 août 1867 à Joseph Dalton Hooker, à Kew, un mégasporophylle accompagné d’une lettre : il le décrivait comme « une caricature botanique de pélican », que les Chinois appelaient « hai-te-koe », « oiseau de fer de mer », et utilisaient pour parfumer le thé ; la plante était si rare sur place qu’il n’avait pas pu savoir comment elle poussait. Plus tard la même année, il envoya du matériel plus complet à Hance et à Hooker. Sur la planche d’herbier étudiée par Carruthers, une annotation qui n’est pas de la main de Swinhoe, peut-être de Hance, porte « Ex insula Formosa », c’est-à-dire « de l’île de Formose » : d’où le nom. Swinhoe n’a jamais précisé où les spécimens avaient été récoltés.
En 1902, William Thiselton-Dyer rapporta que le consul G. Phillips avait retrouvé la plante de Swinhoe en 1883 « sur les collines à 60 milles de Swatow » (aujourd’hui Shantou, au Guangdong), qu’il ne l’avait jamais vue à Taïwan et qu’elle était très recherchée comme plante de jardin sur le continent. Les mentions de Cycas taiwaniana à Taïwan viennent de l’application erronée de ce nom au cycas de l’île (Hill, 2008).
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. La Flore de Chine donne le nom chinois 台湾苏铁, littéralement « cycas de Taïwan », qui reflète la même méprise ; curieusement, elle le transcrit « guang dong su tie », « cycas du Guangdong ». Hill (2008), d’après Walters et Yang (1994) et Bonta et Osborne (2007), cite aussi feng wei cao et feng wei jiao (« herbe » et « palmier queue de phénix »), hai-tie-ou, Guangdong su-tie et Taiwan su-tie ; Swinhoe, en 1867, transcrivait le nom local « hai-te-koe ».
Dans la nature
La répartition de l’espèce dépend du concept retenu. Pour Hill (2008), Cycas taiwaniana était répandu mais dispersé dans les provinces du Fujian, du Guangdong, du Guangxi, du Guizhou et du Hunan ; cultivé depuis longtemps au Guangdong et au Fujian, il était surtout connu par des plantes cultivées et devenu extrêmement rare à l’état sauvage. Les plantes sauvages d’origine de plusieurs de ses spécimens poussaient à mi-ombre le long de ruisseaux, sur des sols non calcaires. La Flore de Chine l’indique dans des endroits ensoleillés et herbeux ou des forêts mixtes claires, souvent perturbées, entre 400 et 1 100 m.
Pour les études génétiques récentes, l’espèce est au contraire originaire de l’île de Hainan (Feng et ses collègues, 2021). Wu et ses collègues (2022) ont échantillonné douze populations sauvages de Hainan, réparties surtout autour des monts Yingge et Wuzhi, ainsi qu’une population cultivée du Fujian, qui descend de l’un des groupes génétiques de l’île. Ils ont trouvé une diversité génétique assez faible, une forte différenciation entre populations et trois groupes distincts, à protéger comme des unités de conservation séparées ; la population cultivée est moins diverse que les populations sauvages, ce qui montre selon eux les limites de la conservation en culture. L’histoire des populations est marquée par deux phases de contraction au Pléistocène et à l’Holocène, suivies d’une expansion récente, liées aux oscillations du climat et du niveau de la mer. Hill (2008) décrivait les plantes de Hainan, alors Cycas hainanensis, dans les parties les plus humides de l’est de l’île, du niveau de la mer à 1 200 m environ, sur sols calcaires ou volcaniques, en forêt humide, sous environ 2 000 mm de pluie par an.
Statut de conservation et réglementation
L’UICN classe Cycas taiwaniana en danger (EN). L’évaluation de K.D. Hill (2010) reposait sur les critères A2cd+4cd, c’est-à-dire un déclin de la population, passé et prévu, lié à la perte d’habitat et aux prélèvements (The World List of Cycads). Une réévaluation de J.D. Bösenberg a été publiée dans la version 2023-1 (référence vérifiée sur Crossref) ; les données de la Liste rouge relayées par GBIF indiquent toujours EN (consultation du 17 octobre 2026), et y rangent Cycas hainanensis, Cycas lingshuigensis et Cycas shanyaensis en synonymes. La Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée. Hill (2008) rappelait que l’espèce avait été fortement réduite au fil des siècles par la collecte et la destruction de son milieu, et que la Liste rouge de 1997 lui attribuait à tort Hainan et Taïwan. À Hainan, selon les travaux cités par Wu et ses collègues (2022), les menaces sont la destruction de l’habitat, les perturbations humaines et le commerce illégal ; en Chine, tous les Cycas figurent sur la liste des plantes protégées de premier rang.
Comme toutes les espèces du genre sauf Cycas beddomei, Cycas taiwaniana relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : graines, pollen, plantules et cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles sont exemptés, tandis que le commerce international des plantes exige un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, donc en France, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026 ; Species+ confirme ce statut (consultation du 13 octobre 2026). Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’est documentée.
Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur la preuve de la provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Cycas taiwaniana est cultivé depuis très longtemps en Chine : dès le XIXe siècle, il était très recherché dans les jardins du continent (Phillips, cité par Hill, 2008), et la plupart des spécimens connus viennent de plantes cultivées au Guangdong et au Fujian, dans des temples, des écoles ou des instituts forestiers. Aucune institution n’a pourtant publié de recommandations de culture propres à l’espèce.
En Europe, la seule présence documentée dans un jardin botanique est en serre : en 2018, la nouvelle serre tropicale du jardin botanique de l’université de Pise abritait Cycas circinalis et Cycas taiwaniana (gonews.it, 23 mars 2018), sans précision sur l’origine des plantes.
En France, le nom apparaît sur le forum Fous de palmiers surtout entre 2011 et 2015, à propos de plantes vendues comme « Cycas taiwaniana » par un vendeur espagnol sur un site d’enchères. Leur identité y a été contestée dès le départ : un membre spécialiste des cycas y voyait en 2014 des Cycas taitungensis, puis en 2015, après avoir consulté des professionnels, plus probablement des hybrides de Cycas revoluta (avec Cycas panzhihuaensis ou Cycas taitungensis), en rappelant que le vrai Cycas taiwaniana a des folioles bien plus larges et des graines jaunes. Les retours de culture publiés sous ce nom ne peuvent donc pas être attribués à l’espèce (voir Rusticité). Le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a publié aucune observation sur l’espèce.
Multiplication
La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines fertiles. Wu et ses collègues (2022) recommandent même la pollinisation manuelle dans certaines populations sauvages de Hainan, pour limiter la consanguinité. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été publiée. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 ; demandez qu’elles proviennent de plantes cultivées, et vérifiez leur couleur à maturité : jaunes chez Cycas taiwaniana, rouges chez Cycas taitungensis.
Maladies et ravageurs
Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté. Comme tous les cycas, elle peut être attaquée par la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, et un substrat qui reste longtemps mouillé favorise la pourriture des racines. Notre article sur Chilades pandava, l’azuré des sagous, cite une enquête taïwanaise (Chang, 1989) sur des semis nommés Cycas taiwaniana dans une pépinière de Taipei en 1981 : vu l’usage du nom à Taïwan à cette époque, il s’agissait très probablement du cycas de Taïwan, Cycas taitungensis (déduction).
Rusticité
Aucune donnée vérifiable n’existe sur la résistance de Cycas taiwaniana au froid. Il faut en outre se méfier des chiffres qui circulent sous ce nom : pendant des décennies, le cycas de Taïwan, aujourd’hui Cycas taitungensis, a été appelé Cycas taiwaniana (Hill, 2008), et une partie des indications de rusticité publiées avec ce nom peut le concerner. C’est une déduction, qu’aucune source ne vérifie au cas par cas.
En France
Aucun résultat fiable n’est documenté. Les deux retours de culture en pleine terre publiés sur le forum Fous de palmiers concernent des plantes dont l’identité a été mise en doute sur le forum lui-même ; ils sont mentionnés ici pour cette raison, et non comme des données sur l’espèce. Sur la Côte Bleue (Bouches-du-Rhône), un cultivateur indique en mai 2011 que sa plante, plantée en pleine terre l’année précédente et laissée sans protection, a eu le feuillage un peu abîmé, comme ses Cycas revoluta, après un minimum de −5 °C pendant l’hiver 2010-2011, et qu’elle a refait des feuilles plus tôt qu’eux au printemps ; il la disait issue d’un fournisseur réputé qui en garantissait l’identité, mais un autre membre y voyait plutôt un hybride de Cycas revoluta. À Viols-le-Fort (Hérault), un autre indique en avril 2014 que sa plante achetée chez le vendeur espagnol, en pleine terre et emballée d’un voile d’hivernage, a jauni pendant l’hiver 2013-2014, au cours duquel le minimum avait été de −5 °C début décembre, puis a refait des feuilles dès la fin mars. Aucun résultat n’est documenté pour la façade atlantique, l’intérieur ou la montagne, et le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a publié aucune observation.
Repères internationaux
Aucune valeur de froid vérifiable n’est documentée hors de France non plus. La seule plante documentée dans un jardin botanique européen, à Pise, est cultivée en serre tropicale. Faute de données, mieux vaut cultiver la plante en pot et la mettre à l’abri du gel.
Toxicité et précautions
Aucune analyse de toxicité propre à Cycas taiwaniana n’est documentée, mais le risque est bien documenté dans le genre : les tissus des cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA range Cycas revoluta parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux, avec vomissements, diarrhée et lésions du foie pouvant être mortelles. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Le seul usage documenté est celui que rapportait Swinhoe en 1867 : à Amoy, les feuilles fertiles appelées « hai-te-koe » servaient à parfumer le thé (Hill, 2008). On ignore d’où venaient ces plantes, et cet usage ne prouve pas que la plante soit sans danger. L’usage principal de l’espèce, en Chine, reste ornemental.
FAQ
Pourquoi s’appelle-t-il taiwaniana s’il ne pousse pas à Taïwan ?
À cause d’une erreur d’étiquette. Les spécimens étudiés par Carruthers en 1893 portaient la mention « Ex insula Formosa » (de l’île de Formose, c’est-à-dire Taïwan), écrite par une autre main que celle du récolteur ; l’espèce vit en réalité dans le sud de la Chine.
Quel est alors le cycas de Taïwan ?
C’est Cycas taitungensis, décrit en 1994 pour la plante des montagnes du sud de l’île, que l’on appelait jusque-là à tort Cycas taiwaniana. Il se reconnaît notamment à ses graines rouges.
Cycas hainanensis et Cycas taiwaniana sont-ils la même espèce ?
Oui, selon la taxonomie actuelle de The World List of Cycads, qui suit Feng et ses collègues (2021). Hill (2008) y voyait au contraire deux espèces, l’une de Hainan, l’autre du continent.
Qu’est-ce que le « complexe Cycas taiwaniana » ?
Un groupe de six noms de cycas du sud de la Chine très semblables entre eux. L’étude moléculaire de 2021 n’y reconnaît que deux espèces : Cycas taiwaniana et Cycas szechuanensis.
Quelle taille atteint-il ?
C’est un cycas à tronc. Le tronc peut atteindre 3,5 m de haut et porte une couronne de feuilles longues de 1,5 à 3 m.
Est-il menacé ?
Oui. L’UICN le classe en danger ; il est devenu très rare à l’état sauvage et il est protégé en Chine.
Est-il rustique en France ?
On ne sait pas. Aucune donnée vérifiable n’existe, et les retours publiés sous ce nom concernent des plantes d’identité douteuse ou, peut-être, Cycas taitungensis.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse n’existe pour l’espèce, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines dangereuses, surtout dans les graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas taiwaniana : https://cycadlist.org/scientific_name/224 — protologue, type (Swinhoe s.n., 1867 ; holotype BM, isotype K), répartition (Fujian, Guangdong), statut UICN (EN A2cd+4cd), synonymes, étymologie. Liste de référence des cycadales ; relue le 17 octobre 2026.
- Flora of China (eFloras), Cycas taiwaniana : http://www.efloras.org/florataxon.aspx?flora_id=2&taxon_id=200005234 — description, nom chinois, habitat, altitude, phénologie, selon un concept large de l’espèce aujourd’hui abandonné. Flore nationale de référence ; relue le 17 octobre 2026.
- GBIF (API), Cycas taiwaniana : https://api.gbif.org/v1/species/2683235/iucnRedListCategory — catégorie actuelle de la Liste rouge (EN). Infrastructure de données de référence qui reprend la Liste rouge ; consultée le 17 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Cycas taiwaniana : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/21422/legal — annexe II de la CITES (famille inscrite depuis le 4 février 1977, annotation #4), annexe B de l’Union européenne ; pays de l’aire : Chine et Taïwan (erreur pour Taïwan). Base officielle de la CITES et de l’UE ; consultée le 13 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- gonews.it, nouvelle serre tropicale de l’Orto e Museo botanico de Pise (23 mars 2018) : https://www.gonews.it/2018/03/23/nuova-serra-tropicale-allorto-museo-botanico-delluniversita-pisa/ — présence de Cycas taiwaniana dans la serre tropicale de Pise. Journal local qui rapporte les propos du directeur du jardin ; origine des plantes non précisée.
- Forum Fous de palmiers, sujet « Cycas taiwaniana » (2012-2015) : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=330765#p330765 — discussion sur l’identité des plantes vendues sous ce nom, retour de Viols-le-Fort (hiver 2013-2014). Forum de cultivateurs ; identification des plantes non vérifiable.
- Forum Fous de palmiers, sujet « Cycas Taiwaniana » (mai 2011) : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=130077#p130077 — plante en pleine terre sur la Côte Bleue (−5 °C pendant l’hiver 2010-2011, feuillage un peu abîmé), identité discutée, et rappel de la distinction avec Cycas taitungensis. Forum de cultivateurs ; identification contestée.
- ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité des cycas pour les chiens, les chats et les chevaux. Centre antipoison vétérinaire ; donnée de niveau genre.
Bibliographie
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- Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea 12(1) : 71-118. doi:10.7751/telopea20085804 [Description (p. 96-99), histoire du type, noms locaux, répartition, habitat, statut, distinctions avec Cycas hainanensis, Cycas szechuanensis et Cycas taitungensis ; texte intégral consulté.]
- Chen, C.J. & Stevenson, D.W. (1999). Cycadaceae. In : Wu, Z.Y. & Raven, P.H. (éds), Flora of China 4 : 1-7. Science Press, Pékin ; Missouri Botanical Garden Press, Saint-Louis. [Concept large de l’espèce, description, nom chinois, habitat et phénologie ; consultée sur eFloras.]
- Shen, C.F., Hill, K.D., Tsou, C.H. & Chen, C.J. (1994). Cycas taitungensis C.F.Shen, K.D.Hill, C.H.Tsou & C.J.Chen, a new name for the widely known cycad species endemic to Taiwan. Botanical Bulletin of Academia Sinica 35 : 133-140. [Séparation du cycas de Taïwan ; non consultée, date et contenu repris de Hill (2008).]
- Zheng, Y., Liu, J., Feng, X. & Gong, X. (2017). The distribution, diversity, and conservation status of Cycas in China. Ecology and Evolution 7(9) : 3212-3224. doi:10.1002/ece3.2910 [Section Stangerioides, protection nationale ; texte intégral consulté.]
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- Tao, Y., Chen, B., Kang, M., Liu, Y. & Wang, J. (2021). Genome-wide evidence for complex hybridization and demographic history in a group of Cycas from China. Frontiers in Genetics 12 : 717200. doi:10.3389/fgene.2021.717200 [Signaux d’hybridation ancienne impliquant Cycas dolichophylla, Cycas szechuanensis et l’ancêtre de Cycas taiwaniana et Cycas changjiangensis ; résumé consulté sur Europe PMC.]
- Wu, L.X., Xu, H.Y., Jian, S.G., Gong, X. & Feng, X.Y. (2022). Geographic factors and climatic fluctuation drive the genetic structure and demographic history of Cycas taiwaniana (Cycadaceae), an endemic endangered species to Hainan Island in China. Ecology and Evolution 12(11) : e9508. doi:10.1002/ece3.9508 [Douze populations sauvages de Hainan, population cultivée du Fujian, structure génétique, histoire démographique, menaces ; texte intégral consulté sur PubMed Central.]
- Hill, K.D. (2010). Cycas taiwaniana. The IUCN Red List of Threatened Species 2010 : e.T42049A10638039. doi:10.2305/IUCN.UK.2010-3.RLTS.T42049A10638039.en [Évaluation EN A2cd+4cd ; référence relevée dans The World List of Cycads et sur Crossref, page non consultée.]
- Bösenberg, J.D. (2023). Cycas taiwaniana. The IUCN Red List of Threatened Species 2023 : e.T238708222A69827031. doi:10.2305/IUCN.UK.2023-1.RLTS.T238708222A69827031.en [Réévaluation (2020) publiée dans la version 2023-1 ; référence vérifiée sur Crossref, catégorie EN relevée via GBIF, texte non consulté.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie reprise par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]