Cycas multifrondis

Cycas multifrondis est un taxon fascinant et controversé du genre Cycas, décrit par D.Yue Wang en 1996 dans l’ouvrage Cycads in China (Wang & Liang eds.). Originaire du sud-est de la province du Yunnan en Chine et du nord du Viêt Nam, cette cycadale à feuilles bipennées suscite un intérêt considérable chez les collectionneurs du monde entier en raison de son feuillage spectaculaire évoquant une fougère arborescente géante. Encore très rare en culture, elle fait partie de ces espèces chinoises découvertes récemment qui ont bouleversé le marché des cycadales à la fin du XXe siècle.

Étymologie et historique taxonomique

Le nom d’espèce multifrondis provient du latin multi- (« nombreux ») et fronsfrondis (« fronde, feuille »), en référence au nombre de feuilles relativement élevé que produit cette plante par rapport aux espèces apparentées (Haynes, 2022).

Cycas multifrondis a été décrit formellement par D.Yue Wang dans Cycads in China (Wang & Liang eds., 1996, p. 80), à partir d’un holotype conservé au Shenzhen Fairy Lake Botanic Garden (SYS). La distribution indiquée est le Yunnan (Chine).

Le statut taxonomique de ce taxon est cependant vivement débattu. K.D. Hill, dans sa révision majeure du genre Cycas en Chine (2008), ne reconnaît pas Cycas multifrondis comme espèce distincte et ne l’inclut pas dans sa clé d’identification des 22 espèces chinoises. Selon Kew (Plants of the World Online — POWO), Cycas × multifrondis D.Y.Wang est traité comme un hybride naturel issu du croisement entre Cycas bifida (Dyer) K.D.Hill et Cycas dolichophylla K.D.Hill. Le GBIF référence également le taxon sous la notation Cycas × multifrondis.

À l’inverse, la World List of Cycads (Osborne et al., 2012) et la base Cycadlist.org le maintiennent comme taxon valide au rang d’espèce. Cette ambiguïté est fréquente au sein du complexe des Cycas bipennés chinois, où les barrières reproductives entre espèces sont faibles et les essaims hybrides nombreux (Hill, 2008).

Pour le cultivateur, cette discussion importe peu au quotidien : les plantes commercialisées sous le nom Cycas multifrondis présentent des caractères morphologiques relativement constants et une valeur ornementale incontestable.

Aire de répartition et habitat

Cycas multifrondis est endémique du sud-est de la province du Yunnan (Chine) et de l’extrême nord du Viêt Nam, une région de très forte biodiversité. L’espèce pousse dans des formations de forêts mixtes sempervirentes et décidues, sur des substrats karstiques calcaires, à des altitudes comprises entre 100 et 500 m environ.

Le climat de son aire de répartition est de type subtropical de mousson, caractérisé par des étés chauds et humides et des hivers relativement frais et secs. Les températures minimales hivernales oscillent autour de 0 à 5 °C, avec des gelées légères occasionnelles dans les zones les plus élevées. Les précipitations annuelles sont élevées, concentrées entre mai et octobre.

L’habitat typique correspond à des pentes calcaires escarpées, au sous-étage de forêts claires ou de broussailles arbustives, dans des sols squelettiques mais bien drainés sur des affleurements karstiques. Cycas multifrondis est souvent accompagné d’autres espèces du même genre, ce qui favorise les phénomènes d’hybridation naturelle documentés par Hill (2008).

Conservation et statut UICN

Selon la base Cycadlist.org, Cycas multifrondis est classé « Not Evaluated » (NE) par l’UICN, c’est-à-dire que l’espèce n’a pas fait l’objet d’une évaluation formelle selon les critères de la Liste rouge. Cette absence d’évaluation s’explique probablement par les incertitudes taxonomiques autour de ce taxon.

La situation in situ est néanmoins préoccupante. Selon Zheng et al. (2017), aucune population sauvage de Cycas multifrondis n’a pu être localisée lors des investigations de terrain récentes. Si ces résultats se confirment, le taxon pourrait être considéré comme éteint ou quasi-éteint à l’état sauvage, un sort partagé avec d’autres espèces de Cycas du Yunnan.

Les menaces qui pèsent sur l’ensemble des cycadales chinoises sont bien identifiées : la récolte de spécimens adultes à des fins ornementales, la destruction de l’habitat par l’agriculture et la foresterie, et l’industrie minière. Près de 70 % des espèces de Cycas présentes en Chine sont classées menacées par l’UICN. La plupart des espèces du Yunnan figurent sur la liste nationale des « Plant Species with Extremely Small Populations » (PSESP).

Comment reconnaître Cycas multifrondis ?

Position systématique et liens de parenté

Cycas multifrondis appartient à la famille des Cycadaceae, ordre des Cycadales. Selon la classification infragenérique proposée par K.D. Hill (1995, 2008), il se rattache à la section Stangerioides, caractérisée par des cônes microsporangiés mous, une sarcotesta sans couche fibreuse et une sclérotesta à ornementation verruqueuse.

Au sein de cette section, Cycas multifrondis appartient au complexe des Cycas bipennés chinois, un groupe informel qui comprend notamment :

  • Cycas bifida (Dyer) K.D.Hill — folioles dichotomiquement divisées (bifurquées), considéré comme l’un des parents putatifs de Cycas multifrondis ;
  • Cycas multipinnata D.Yue Wang — feuilles très grandes (jusqu’à 6 m), segments obovales-linéaires, à apex courtement acuminé ;
  • Cycas debaoensis D.Yue Wang — feuilles plus compactes (jusqu’à 3 m), segments linéaires, à apex longuement atténué ;
  • Cycas dolichophylla K.D.Hill — espèce à feuilles simples (non bipennées) considérée comme le second parent putatif de Cycas multifrondis ;
  • Cycas micholitzii Dyer — espèce principalement vietnamienne et laotienne, la première cycadale bipennée introduite en Europe au début du XXe siècle.

Les relations entre ces taxons sont complexifiées par l’hybridation naturelle fréquente au sein du genre Cycas. Les barrières reproductives étant essentiellement géographiques (Hill, 2008), toute mise en contact entre espèces différentes — que ce soit par des modifications de l’habitat ou en culture — peut engendrer des essaims hybrides morphologiquement intermédiaires.

Description botanique

Stipe

C’est le terme qui désigne le « tronc ». Le stipe est majoritairement souterrain ou affleurant, de 10 à 20 cm de diamètre, rarement visible au-dessus du niveau du sol chez les sujets jeunes. Les spécimens adultes en culture peuvent développer un petit tronc aérien de 20 à 40 cm de hauteur, couronné de cataphylles écailleuses. La croissance est lente.

Feuilles

C’est le caractère le plus spectaculaire de Cycas multifrondis. La plante produit 4 à 10 feuilles érigées, atteignant 2 à 5 m de longueur chez les individus adultes. Les feuilles sont bipennées (doublement composées), avec des folioles vert vif, finement divisées dichotomiquement, donnant un aspect plumeux très élégant rappelant une grande fougère.

Les folioles mesurent jusqu’à 60 cm de long, avec des marges ondulées caractéristiques qui distinguent cette plante des espèces voisines (Canarius, obs.). Le pétiole est armé d’épines, comme chez la plupart des Cycas. Le rachis se termine typiquement par une paire de folioles. Les jeunes feuilles en émergence sont couvertes d’un tomentum orangé fugace.

Cônes mâles

Cette espèce est dioïque. C’est à dire qu’il existe des plantes mâles et des plantes femelles.

Les cônes mâles sont généralement solitaires. Ils sont érigés, fusiformes à cylindriques, atteignant 15 à 25 cm de longueur environ. Les microsporophylles sont molles (caractère de la section Stangerioides), sans épine apicale rigide ou avec un apicule très fin et apprimé. Les cônes sont produits au centre de la couronne foliaire.

Mégasporophylles et cônes femelles

Comme chez toutes les espèces du genre Cycas, les structures reproductrices femelles ne forment pas un cône compact mais une rosette ouverte de mégasporophylles disposées en spirale. Chaque mégasporophylle porte 2 à 6 ovules marginaux. L’épine apicale de la lamina du mégasporophylle n’est pas fortement différenciée des épines latérales (caractère de la section Stangerioides).

Graines

Les graines sont ovoïdes, de taille moyenne pour le genre. La sarcotesta (enveloppe charnue externe) est jaune à jaune-brun à maturité, dépourvue de couche fibreuse. La sclérotesta (coque dure interne) est aplatie et présente une ornementation verruqueuse. Les graines sont toxiques, comme chez toutes les cycadales.

Confusions dans le commerce et identification

L’identification des Cycas bipennés chinois est notoirement difficile, même pour les spécialistes. Les plantes vendues sous le nom de Cycas multifrondis dans le commerce horticole peuvent en réalité correspondre à d’autres taxons. Voici les principales confusions et les critères de distinction.

Différences entre Cycas multifrondis et Cycas bifida

La confusion entre ces deux taxons est la plus fréquente et la plus documentée (Hill, 2008 ; Llifle ; Junglemusic). Phil Bergman (Jungle Music, San Diego) signale que les plantes historiquement vendues sous le nom Cycas micholitzii, puis Cycas multifrondis, correspondent en réalité souvent à Cycas bifida.

CritèreCycas multifrondisCycas bifida
Division des foliolesFinement divisées, aspect plumeux dense, divisions multiplesChaque foliole bifurquée une seule fois près de la base (d’où le nom « bifida »)
Nombre de feuilles4 à 10 (relativement nombreuses)3 à 8 (souvent peu de feuilles)
Port des feuillesÉrigées, aspect plumeux et denseLongues feuilles arquées avec de longs pétioles
Marges des foliolesOndulées (caractère distinctif)Planes à légèrement récurvées
Texture des foliolesAssez fines, vert vifPapyracées à coriaces, vert foncé, brillantes
Taille du caudexSouterrain, petitSouterrain, 20-60 cm de diamètre

Différences entre Cycas multifrondis et Cycas multipinnata

Sur les forums anglophones (PalmTalk), de nombreux collecteurs confondent Cycas multifrondis et Cycas multipinnata. Les plantes vendues sous un nom sont parfois de l’autre espèce.

CritèreCycas multifrondisCycas multipinnata
Nombre de feuilles4 à 101 à 2 (rarement 3)
Longueur des feuillesJusqu’à 5 mJusqu’à 6 m (les plus grandes du genre)
Type de divisionFolioles dichotomiquement divisées (divisions fines)Folioles pennatilobées (véritablement bipennées au sens strict)
Forme des segmentsLinéaires, finsObovales-linéaires, apex courtement acuminé
Aspect généralPlumeux, gracieuxSpectaculaire, monumental, aspect de « fougère géante »

Différences entre Cycas multifrondis et Cycas debaoensis

Cycas debaoensis est l’espèce bipennée chinoise la plus courante en culture. Elle est souvent vendue comme étant Cycas multifrondis.

CritèreCycas multifrondisCycas debaoensis
Nombre de feuilles4 à 103 à 15
Longueur des feuillesJusqu’à 5 mJusqu’à 3 m (plus compacte)
Apex des segmentsModérément atténuéLonguement atténué à longuement acuminé
CroissanceRapideRapide (la plus vigoureuse des bipennées)
Rusticité estiméeZone USDA 9b (à confirmer)Jusqu’à –8 °C environ (zone USDA 8b)

Différences entre Cycas multifrondis et Cycas micholitzii

Cycas micholitzii Dyer, au sens strict défini par K.D. Hill, est restreint au centre du Viêt Nam et au Laos. C’est une espèce acaule ou presque, aux folioles bipennées avec des divisions dichotomiques multiples donnant un aspect très découpé et « fougériforme ». Beaucoup de plantes anciennement vendues sous ce nom correspondent en fait à Cycas bifida ou Cycas multifrondis.

Conseil pratique : en cas de doute sur l’identité d’un spécimen acquis dans le commerce, il est recommandé d’observer la morphologie des feuilles à maturité (les feuilles juvéniles ne sont pas diagnostiques), de comparer avec des photos fiables et de consulter des spécialistes sur les forums dédiés (PalmTalk, Fous de Palmiers, Cycad Forum).

Comment cultiver Cycas multifrondis ?

Culture en pot

Cycas multifrondis se prête bien à la culture en conteneur, ce qui est d’ailleurs le mode de culture le plus adapté en dehors des zones subtropicales à tropicales. Les retours de cultivateurs indiquent une plante relativement facile et vigoureuse, surtout pour un Cycas bipinné.

Substrat

Un mélange très drainant est indispensable. Utiliser un substrat composé de pierre ponce ou pouzzolane (40 %), de terreau de feuilles ou écorce compostée (30 %) et de perlite ou gravier (30 %). Le substrat doit rester aéré et ne jamais rester gorgé d’eau. Les sols calcaires ne sont pas un problème, puisque l’espèce pousse naturellement sur des substrats karstiques.

Conteneur

Choisir un pot profond pour accueillir le caudex souterrain et le pivot racinaire. Les pots de 30 à 50 litres conviennent bien pour les sujets établis. Le drainage au fond doit être irréprochable (couche de billes d’argile ou tessons).

Exposition

Mi-ombre à lumière filtrée. L’espèce préfère le soleil du matin avec une protection contre le soleil brûlant de l’après-midi. En intérieur, une situation très lumineuse (véranda, serre froide) est nécessaire. Un excès de soleil direct provoque un blanchiment ou des brûlures du feuillage, surtout sur les nouvelles feuilles en cours de développement.

Arrosage

Arrosages réguliers et copieux pendant la saison de croissance (printemps-été), en laissant le substrat sécher entre deux arrosages. Réduire fortement les arrosages en hiver. L’expérience des cultivateurs aux îles Canaries (Canarius) montre que Cycas multifrondis préfère les hivers frais et humides aux étés chauds et secs.

Fertilisation

Apport d’engrais équilibré à libération lente au début de la saison de croissance, lorsque le bourgeon terminal commence à gonfler. Éviter l’excès d’azote. Un apport de magnésium (sel d’Epsom) peut prévenir les chloroses.

Hivernage

En climat méditerranéen ou tempéré, la plante doit être rentrée dans un local hors gel (serre froide, véranda non chauffée) dès que les températures nocturnes descendent régulièrement en dessous de 5 °C. Une température hivernale de 5 à 12 °C avec une bonne luminosité est idéale pour le repos végétatif.

Culture en pleine terre

La culture en pleine terre de Cycas multifrondis est réservée aux climats subtropicaux, tropicaux ou méditerranéens très doux. Les données sur la rusticité de ce taxon sont encore limitées.

Rusticité

Les informations disponibles sont fragmentaires et parfois contradictoires :

  • Canarius (îles Canaries) la classe parmi les Cycas bipennés dont la tolérance au froid est encore mal connue, mais signale une bonne croissance en conditions fraîches et humides.
  • Le site spécialisé Cycadales.eu indique une rusticité en zone USDA 9b (gels brefs jusqu’à –3 °C environ).
  • Rarepalmseeds.com la décrit comme une plante « mieux adaptée aux climats tropicaux ».
  • Les hybrides Cycas revoluta × Cycas multifrondis, cultivés dans le sud de la France (Gard, Hérault), ont résisté à –6 à –7 °C sans dégâts foliaires majeurs, mais la rusticité des hybrides n’est pas transposable directement au parent pur.

Estimation prudente : tolérance aux gels brefs et légers de –2 à –4 °C, avec des dégâts foliaires probables dès –3 °C. La plante peut potentiellement rejeter du caudex après une défoliation par le gel si le caudex lui-même n’a pas gelé.

Choix de l’emplacement

Privilégier un emplacement abrité des vents froids et du plein soleil de l’après-midi. Un sous-étage de grands arbres caducs procurant un ombrage estival léger et laissant passer la lumière en hiver peut convenir. Le sol doit être parfaitement drainé ; les sols argileux lourds sont à proscrire absolument.

Protection hivernale

Dans les zones limites (littoral méditerranéen français, côte atlantique douce), une protection hivernale est indispensable. Les retours des membres du forum Fous de Palmiers, qui cultivent Cycas multifrondis en pleine terre en Vendée (zone USDA 9a), montrent l’intérêt d’enterrer un câble chauffant (50 W, 5,5 m de longueur) à 30 cm de profondeur autour du caudex, complété par un paillage épais et éventuellement un voile d’hivernage. Le principe est de protéger le caudex souterrain du gel, quitte à perdre les feuilles.

Croissance en pleine terre

Les cultivateurs rapportent une croissance relativement rapide pour un Cycas bipinné, comparable à celle de Cycas debaoensis, à condition que les conditions d’humidité estivale soient réunies. Les nouvelles feuilles sont produites en une à deux poussées annuelles (« flushes »), généralement au printemps et éventuellement en fin d’été.

Multiplication

Semis

Le semis est la méthode de multiplication principale. Voici les étapes recommandées :

  1. Préparation des graines : retirer intégralement la sarcotesta charnue (enveloppe colorée). Rincer soigneusement les graines et les laisser sécher quelques jours à l’ombre. Les graines de cycadales ont souvent besoin d’un période de maturation post-récolte de 2 à 4 mois avant d’être prêtes à germer.
  2. Trempage : faire tremper les graines nettoyées dans de l’eau tiède pendant 24 à 48 heures. Changer l’eau quotidiennement.
  3. Substrat de germination : un mélange de perlite grossière et de vermiculite (50/50), ou de perlite et de tourbe, maintenu légèrement humide mais jamais détrempé. Certains cultivateurs obtiennent de bons résultats avec de la sphaigne hachée seule.
  4. Mise en place : enfoncer les graines à moitié dans le substrat, le micropyle (petite ouverture) orienté vers le bas ou sur le côté. Un conteneur fermé (type barquette avec couvercle) maintient l’humidité.
  5. Température : une chaleur de fond de 25 à 30 °C accélère considérablement la germination. Un tapis chauffant horticole est un atout.
  6. Durée : la germination des cycadales est lente. Compter 2 à 6 mois, parfois davantage. La patience est de mise.
  7. Repiquage : une fois que la première feuille véritable est bien développée, repiquer délicatement chaque plantule dans un pot individuel avec un substrat drainant.

Attention : les graines et toutes les parties de la plante sont toxiques. Manipuler les graines avec des gants et se laver les mains après toute manipulation.

Division des rejets

Comme la plupart des CycasCycas multifrondis peut produire des rejets (drageons) à la base du caudex, mais ce phénomène est peu fréquent chez les plantes cultivées à partir de graines et ne survient généralement que sur des sujets âgés. Les rejets peuvent être détachés avec précaution lorsqu’ils ont développé leur propre système racinaire, puis rempotés individuellement dans un substrat drainant. La reprise est lente.

Retours d’expérience de cultivateurs

Succès

  • Croissance vigoureuse : les cultivateurs francophones (forum Fous de Palmiers) et anglophones (PalmTalk, Dave’s Garden) s’accordent pour décrire Cycas multifrondis comme un Cycas bipinné à croissance rapide et relativement facile, comparable à Cycas debaoensis. Le pépiniériste Cycadales.eu confirme cette réputation.
  • Beauté du feuillage : les marges ondulées des folioles et l’aspect plumeux sont unanimement salués. C’est l’un des Cycas les plus élégants en culture.
  • Bonne adaptation au climat des îles Canaries : les plantes cultivées par Canarius aux Canaries prospèrent en hiver frais et humide.
  • Hybrides prometteurs : les hybrides Cycas revoluta × Cycas multifrondis associent la rusticité de Cycas revoluta (jusqu’à –6 à –7 °C) à l’esthétique des feuilles divisées, ouvrant des perspectives intéressantes pour la culture en zone méditerranéenne. Les feuilles des hybrides matures présentent un superbe aspect de « fougère géante ».

Difficultés signalées

  • Sensibilité à la chaleur sèche : contrairement à Cycas revolutaCycas multifrondis tolère mal les étés chauds et secs. Les cultivateurs des Canaries notent une préférence nette pour les hivers frais et humides.
  • Dessèchement des nouvelles feuilles : plusieurs cultivateurs (Fous de Palmiers) rapportent un problème récurrent de dessèchement du tissu foliaire sur les nouvelles pousses, alors que les anciennes feuilles restent intactes. Les causes suspectées sont les acariens (araignées rouges), un arrosage insuffisant, ou un excès de soleil direct pendant le développement des feuilles.
  • Encombrement : les feuilles atteignant plusieurs mètres de longueur, la plante prend rapidement une place considérable en serre ou en véranda.
  • Incertitude sur la rusticité : le manque de données fiables sur la résistance au froid est la principale frustration des cultivateurs en zone tempérée.
  • Confusion d’identité : de nombreux acheteurs découvrent après coup que leur plante ne correspond pas à l’espèce annoncée, le feuillage juvénile ne permettant pas toujours une identification certaine.

Bibliographie

Zheng, Y., Liu, J. & Gong, X. (2017). The distribution, diversity, and conservation status of Cycas in China. Ecology and Evolution, 7(9), 3212-3224.

Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa, 550(1), 1-31.

Hill, K.D. (1995). Infrageneric relationships, phylogeny and biogeography of the genus Cycas (Cycadaceae). Proceedings of the Third International Conference on Cycad Biology, Pretoria.

Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea, 12(1), 71-118.

Osborne, R., Calonje, M.A., Hill, K.D., Stanberg, L. & Stevenson, D.W. (2012). The world list of Cycads. Memoirs of The New York Botanical Garden, 106, 480-510.

Wang, D.Y. (1996). Cycas multifrondis. In: Wang, F.X. & Liang, H.B. (eds.), Cycads in China, p. 80.