Cycas chamaoensis est un cycadophyte du genre Cycas, famille des Cycadaceae. Endémique d’une seule montagne du sud-est de la Thaïlande — le Khao Chamao, dans la province de Rayong — l’espèce ne se rencontre nulle part ailleurs à l’état sauvage. Cette extrême restriction géographique, conjuguée à une collecte horticole soutenue par les populations locales, lui vaut le statut Critically Endangered (CR) sur la Liste rouge de l’UICN. Décrit pour la première fois en 1999 par le botaniste australien Ken Hill dans la revue Brittonia, Cycas chamaoensis est l’un des Cycas arborescents les plus impressionnants d’Indochine, avec un tronc atteignant 10 m de hauteur et des cônes mâles parmi les plus grands du genre. Son épithète spécifique fait directement référence à sa montagne d’origine, sa seule localité connue.
Comment reconnaître Cycas chamaoensis ?
Cycas chamaoensis est un cycadophyte arborescent imposant. Le tronc, généralement non ramifié, peut être érigé ou décombant et atteint 10 m de hauteur pour 12 à 25 cm de diamètre à son point le plus étroit. L’écorce est presque lisse, gris pâle, ce qui le distingue de plusieurs Cycas à écorce plus rugueuse comme Cycas pectinata (ce dernier souvent ramifié à maturité).
La couronne porte un grand nombre de feuilles — fréquemment plus de 60 simultanément chez les sujets adultes — d’un vert profond à vert-gris semi-brillant. Chaque feuille mesure de 1,25 à 2,55 m de long, est plane (non carénée en coupe transversale) et porte de 170 à 310 folioles (selon la description originale de Hill, 1999). Les pinnules opposées sont insérées sur le rachis à un angle de 160 à 180°, et le rachis se termine généralement par une épine de 7 à 33 mm. Le pétiole, glabre, mesure 30 à 60 cm et représente 20 à 35 % de la longueur totale de la feuille ; il est partiellement épineux (sur 0 à 30 % de sa longueur). Les pinnules médianes sont simples, glabres, fortement discolores, mesurant 16 à 30 cm de long sur 7 à 11 mm de large, à marges légèrement révolutées et orientées vers l’avant à 60-70° par rapport au rachis.
Les cônes mâles, exceptionnellement grands pour le genre, sont solitaires, érigés, fusiformes à ovoïdes étroits, mesurant 50 à 60 cm de longueur pour 12 à 13 cm de diamètre, de couleur orange à maturité, avec une épine apicale très marquée sur chaque sporophylle. Les cônes femelles sont de type fermé ; les sporophylles, longues de 13 à 18 cm, sont tomenteuses jaune à gris pâle et portent 2 à 4 ovules chacune. Le limbe du sporophylle est long et presque circulaire, à marges fortement dentées. La sarcoteste, épaisse d’environ 3 mm, est jaune à maturité ; la sclérotesta est lisse.
Hybrides connues
Aucun hybride naturel impliquant Cycas chamaoensis n’a été documenté à ce jour dans la littérature scientifique. La distribution extrêmement restreinte de l’espèce (une seule montagne) et l’absence de Cycas sympatriques étroitement apparentés sur le site limitent considérablement les opportunités d’hybridation en milieu naturel. Aucun hybride horticole avec d’autres Cycas n’est non plus commercialisé à notre connaissance, contrairement à Cycas revoluta qui est régulièrement croisé pour produire des cultivars.
Confusion
Plusieurs Cycas d’Asie du Sud-Est peuvent occasionnellement être confondus avec Cycas chamaoensis, en particulier sur les jeunes individus en culture où les caractères reproducteurs ne sont pas encore exprimés :
- Cycas pectinata : espèce la plus apparentée morphologiquement, à large distribution (nord-est de l’Inde, Birmanie, Bhoutan, Bangladesh, sud de la Chine, Thaïlande, Laos, Vietnam). S’en distingue par un tronc fréquemment ramifié à maturité, une écorce plus rugueuse, un port souvent plus massif (jusqu’à 12 m, exceptionnellement 16 m d’après les sujets remarquables du Kamrup en Assam) et un habitat de prédilection sur calcaire ou en forêt mousson sèche plutôt que sur granite à découvert.
- Cycas siamensis : largement présent en Thaïlande, mais à caudex partiellement souterrain ou peu émergent, à pinnules glauques, et inféodé aux savanes et milieux saisonnièrement secs plutôt qu’aux affleurements granitiques.
- Cycas clivicola (subsp. clivicola et subsp. lutea) : présent sur les falaises calcaires du sud-est de la Thaïlande et du sud du Vietnam ; tronc à écorce jaunâtre, port grêle et habitat lithophyte sur calcaire le distinguent nettement.
- Cycas elephantipes : décrit du nord central de la Thaïlande (province de Loei), à tronc trapu, gros et court ; sa silhouette caudiciforme est très différente du port élancé de Cycas chamaoensis.
Taxonomie
- Nom accepté : Cycas chamaoensis K.D.Hill.
- Publication originale : Hill, K.D. & Yang, S.-L., « The Genus Cycas (Cycadaceae) in Thailand », Brittonia 51(1): 58, fig. 6 (1999). (L’épithète est attribuée à Hill seul, le second auteur du papier ne participant pas à cette description spécifique.)
- Holotype : conservé à l’herbier NSW (Royal Botanic Gardens, Sydney).
- Famille : Cycadaceae.
- Position dans le genre : la diagnose latine de Hill (1999) place Cycas chamaoensis au sein de la section Indosinenses (Schuster), section caractérisée par des ovules glabres, un sporophylle pectiné et la présence de tissu fibreux dans la sarcoteste. Les analyses moléculaires récentes (Liu et al., Molecular Phylogenetics and Evolution, 2018) montrent que la section Indosinenses n’est pas strictement monophylétique, mais le rattachement morphologique de Cycas chamaoensis à ce groupe reste cohérent.
- Étymologie : l’épithète chamaoensis fait référence au mont Khao Chamao, province de Rayong, Thaïlande — type locality et seule localité naturelle connue de l’espèce (Haynes, Phytotaxa, 2022).
Synonymes : aucun synonyme accepté. L’espèce est reconnue comme entité distincte par toutes les autorités nomenclaturales contemporaines (POWO, IPNI, World Flora Online, World List of Cycads).
Dans la nature
Habitat
Cycas chamaoensis est strictement inféodé aux affleurements granitiques du mont Khao Chamao, où il pousse en plein soleil sur la roche nue ou sur de minces couches de sol résiduel accumulées dans les fissures. Cette écologie héliophile et lithophyte sur granite est exceptionnelle et le distingue nettement des Cycas de sous-bois forestier comme Cycas balansae ou des espèces calcicoles comme Cycas clivicola. L’altitude rapportée de la population principale se situe autour de 500 m, mais le mont Khao Chamao culmine à 1 024 m et la limite altitudinale supérieure de l’espèce n’est pas précisément documentée dans la littérature accessible.
Plusieurs sources horticoles (Guildford Cycads notamment) évoquent un substrat calcaire ; cette information est incorrecte et résulte vraisemblablement d’une confusion avec d’autres Cycas thaïlandais. La diagnose originale de Hill (1999), la description horticole de RarePalmSeeds et la notice Wikipédia s’accordent sur des affleurements granitiques.
Distribution
La distribution naturelle de Cycas chamaoensis se limite à une seule montagne : le mont Khao Chamao, dans le district de Klaeng, province de Rayong, au sud-est de la Thaïlande. Cette localité unique est aujourd’hui protégée au sein du parc national de Khao Chamao – Khao Wong, qui couvre également une partie de la province voisine de Chanthaburi. POWO résume cette aire par la mention « SE. Thailand » dans le biome tropical humide. La superficie d’occupation (AOO) effective est inférieure à 10 km², ce qui place mécaniquement l’espèce sous le critère B1 de l’UICN.
Climat et phénologie
Le climat du sud-est de la Thaïlande à l’altitude considérée est tropical de mousson, avec une saison humide chaude (mai à octobre) apportant l’essentiel de la pluviosité, et une saison sèche fraîche (novembre à avril). Les températures moyennes annuelles oscillent autour de 25 à 28 °C, et le gel y est inconnu. La pluviosité annuelle est élevée, généralement comprise entre 1 500 et 2 500 mm, mais les affleurements granitiques exposés s’assèchent rapidement après les pluies, ce qui impose à l’espèce une tolérance marquée aux périodes sèches alternant avec des phases d’hygrométrie élevée.
La phénologie est typique du genre : émission d’une nouvelle couronne foliaire en début de saison humide, formation des cônes irrégulière (les individus ne fructifient pas annuellement), dioécie stricte, pollinisation entomophile par des charançons spécialistes des cycadales.
Menaces et statut de conservation
Cycas chamaoensis a été évalué Critically Endangered (CR) par Hill sur la Liste rouge de l’UICN en 2010 (e.T42037A10634719), au titre des critères A2ad ; B1ab(i,ii,iv,v) ; C2a(i) ; D. Cette accumulation de critères traduit une situation préoccupante :
- Critère A : déclin observé et suspecté de la population, lié à la collecte de plantes pour l’horticulture et à la dégradation de l’habitat.
- Critère B : aire d’occupation extrêmement restreinte (AOO < 10 km²), population fragmentée et en déclin continu.
- Critère C : population totale très réduite et continuant à décliner.
- Critère D : nombre d’individus matures probablement inférieur à 50 au moment de l’évaluation.
Les menaces principales sont :
- La collecte illégale par les habitants locaux pour les jardins ornementaux, principal moteur de déclin selon Hill.
- La fragmentation et la dégradation de l’habitat, malgré la protection officielle du parc national.
- La vulnérabilité démographique intrinsèque liée à la dioécie, au faible taux de fructification et à la longue phase juvénile (caractéristiques générales des cycadales rendant les petites populations particulièrement fragiles).
- L’introduction potentielle de la cochenille du sagou (Aulacaspis yasumatsui), originaire de Thaïlande mais désormais disséminée mondialement, qui menace en retour les populations naturelles.
Mise à jour 2023 — projet ACREE : en février 2023, le Nong Nooch Tropical Garden (Pattaya), en collaboration avec le département des parcs nationaux thaïlandais, le groupe de spécialistes Cycadales de l’UICN, le Kunming Institute of Botany (Dr. Liu Jian) et des experts chinois et américains, a lancé le projet ACREE (Assisted Reproduction of the Critically Endangered and Endemic Cycas chamaoensis), financé par le Mohamed bin Zayed Species Conservation Fund. Anders Lindstrom, taxonomiste de référence du Nong Nooch et co-auteur de plusieurs descriptions de Cycas, dirige le volet botanique. La première campagne de terrain dans le parc national de Khao Chamao – Khao Wong a employé un drone pour cartographier les populations situées sur les escarpements granitiques inaccessibles à pied, et a révélé une population sensiblement plus nombreuse que les évaluations antérieures ne le laissaient penser. Une espèce d’insecte non identifiée, vraisemblablement le pollinisateur naturel de Cycas chamaoensis, a également été observée lors de cette mission. Des échantillons ont été collectés pour une analyse génétique par méthode RADseq au Kunming Botanical Garden. Cette enquête en cours pourrait conduire à une réévaluation du statut UICN dans les années à venir, sans pour autant lever la menace que continue de représenter la pression de collecte.
L’espèce est inscrite à l’Annexe II de la CITES, comme l’ensemble des cycadophytes hormis Cycas beddomei (Annexe I). À noter que les graines de Cycas chamaoensis ne sont pas autorisées à l’importation en Australie ni en Nouvelle-Zélande en raison des restrictions phytosanitaires (RarePalmSeeds, 2025).
Comment bien cultiver Cycas chamaoensis ?
En pot
Cycas chamaoensis peut se cultiver en conteneur sous toutes les latitudes, mais sa croissance est lente et son volume adulte (tronc de 10 m potentiel) en limite l’usage à des sujets jeunes ou intermédiaires en culture amateur.
- Substrat : très drainant, à dominante minérale. Un mélange composé pour moitié de pouzzolane ou de ponce et pour moitié d’un terreau horticole sableux donne de bons résultats. L’origine sur granite à découvert impose une excellente porosité.
- Exposition : plein soleil dès la deuxième feuille véritable, ce qui distingue nettement Cycas chamaoensis des espèces de sous-bois. Une période d’acclimatation progressive est néanmoins nécessaire après transfert depuis une serre ombragée. En culture d’intérieur, privilégier l’emplacement le plus lumineux disponible (proximité immédiate d’une baie sud).
- Arrosage : copieux mais espacé durant la saison de croissance (printemps–été), en laissant le substrat se ressuyer complètement entre deux apports. Très réduire en hiver, sans pour autant assécher totalement.
- Fertilisation : engrais équilibré à libération lente au printemps, complété par un apport mensuel d’engrais liquide pour plantes vertes durant la croissance active.
- Hygrométrie : peu exigeant, l’espèce tolérant les périodes sèches dans son habitat.
- Rempotage : tous les 3 à 5 ans, au printemps, en respectant l’intégrité du système racinaire.
En pleine terre
La plantation en pleine terre n’est envisageable que dans les zones tropicales et subtropicales chaudes (USDA 10b à 13), où les températures hivernales ne descendent pas durablement sous 1 °C. Sous climat méditerranéen ou tempéré chaud, la culture en pot avec hivernage en serre froide ou véranda reste la voie sûre.
- Exposition : plein soleil, sans ombrage. Cycas chamaoensis est l’une des espèces du genre qui supporte le mieux les expositions très ensoleillées et chaudes, à condition d’un drainage parfait.
- Sol : impérativement bien drainé, idéalement sur substrat granitique ou rocailleux. Sur sol argileux compact, la plantation est déconseillée sans aménagement d’un drainage profond ou d’une butte minérale.
- Plantation : au printemps, en saison sèche dans les climats tropicaux à saisons marquées. Travailler une fosse large et drainante, sans amendement organique excessif.
- Arrosage : copieux la première saison pour favoriser l’enracinement ; ensuite irrigation d’appoint en cas de sécheresse prolongée.
- Paillage : minéral (gravier, pouzzolane), jamais d’organique en contact avec le tronc.
- Protection : aucune protection hivernale dans son aire de rusticité optimale. En zone marginale, mieux vaut renoncer à la pleine terre que de protéger en urgence.
Multiplication
Cycas chamaoensis se reproduit principalement par graines en milieu naturel. La propagation végétative par rejets basaux est possible mais rare et lente : les pépinières thaïlandaises spécialisées (Suanbanya à Rayong, Suntaworn dans le district de Khao Chamao, Napisa Garden, Chalita Plant Nursery à Chanthaburi) mentionnent les deux modes de multiplication (« ขยายพันธ์โดยแยกหน่อ และเพาะเมล็ด » — « propagation par séparation des rejets et par semis »), avec une dominance nette du semis pour les sujets commercialisés.
Semis : la disponibilité commerciale de graines reste rare, et la grande majorité des plants en culture proviennent de récoltes ex situ effectuées en Thaïlande. Le protocole standard pour les Cycas à grosses graines (Dehgan, Acta Horticulturae, 1999) s’applique :
- Récolter les graines à pleine maturité (sarcoteste jaune mûr), puis les laisser après-mûrir 6 à 12 mois en milieu sec et tempéré (l’embryon n’est pas mûr à la chute du cône).
- Retirer mécaniquement la sarcoteste charnue en se protégeant les mains, les composés de la pulpe (cycasines) étant irritants et toxiques.
- Scarifier légèrement la sclérotesta lisse, ou la tremper 24 h dans l’eau tiède pour ramollir l’enveloppe.
- Tremper les graines 24 à 48 h dans une solution d’acide gibbérellique (GA₃) à 500–1 000 ppm pour lever la dormance physiologique.
- Semer à plat sur substrat sableux drainant, à 28–32 °C, en maintenant une humidité constante mais non détrempée. La germination intervient en 3 à 9 mois selon la fraîcheur des graines et la qualité du protocole.
- Repiquer en godet profond dès l’apparition de la première feuille véritable, en préservant la radicule charnue qui se forme avant l’émergence aérienne.
Division des rejets : les rejets basaux, lorsqu’ils émergent, peuvent être séparés délicatement de la plante mère au printemps, après la formation d’un système racinaire propre. La reprise est lente et la méthode reste peu productive ; le semis demeure la voie préférentielle.
Maladies et ravageurs
Cycas chamaoensis est sujet aux mêmes problèmes phytosanitaires que les autres Cycas cultivés, avec une vigilance particulière pour les ravageurs originaires d’Asie du Sud-Est :
- Cochenille du sagou (Aulacaspis yasumatsui) : originaire précisément de Thaïlande, cette cochenille à bouclier blanche est devenue le ravageur le plus dangereux des Cycas à l’échelle mondiale depuis sa dissémination par le commerce horticole dans les années 1990. Elle colonise le revers des folioles, le tronc et même les racines superficielles, et peut tuer un sujet adulte en quelques mois. Inspection systématique à l’achat, traitement à l’huile horticole, aux insecticides systémiques sur autorisation, ou — à l’échelle paysagère — par lutte biologique avec le coléoptère prédateur Cybocephalus nipponicus et le parasitoïde Coccobius fulvus, deux auxiliaires introduits en Floride à partir de 1998 et désormais établis dans plusieurs régions de culture (Howard et al., 1999).
- Cochenilles farineuses (Pseudococcus longispinus, Planococcus citri) : plus discrètes mais à surveiller à la base des feuilles et dans les cataphylles.
- Papillon bleu des cycas (Chilades pandava) : lépidoptère phyllophage spécialiste des Cycas, présent dans l’aire d’origine de l’espèce. Les chenilles consomment les jeunes feuilles en émergence et peuvent défolier un sujet entier en quelques jours.
- Pourriture du caudex et du collet (Phytophthora spp., Fusarium spp.) : risque majeur en culture, lié à l’excès d’arrosage ou à un substrat insuffisamment drainant. Très peu de chances de survie une fois la pourriture installée ; la prévention par un substrat minéral et un arrosage maîtrisé est la seule approche fiable.
- Acariens (Tetranychus spp.) : en culture d’intérieur sèche, à surveiller sur le revers des folioles.
Rusticité
La rusticité de Cycas chamaoensis est mal documentée en culture extérieure, l’espèce étant peu diffusée hors de son aire d’origine et essentiellement maintenue en collections spécialisées sous climats tropicaux ou en serre chaude sous nos latitudes.
La pépinière néerlandaise Tropics@Home indique une plage de rusticité USDA 9b à 13, soit une tolérance théorique aux minima d’environ −3,9 °C en exposition très brève. Cette estimation est typique des cycadales tropicales humides et reste cohérente avec l’écologie de l’espèce : population unique soumise à un climat tropical sans gel, à environ 500 m d’altitude au sud-est de la Thaïlande. Aucune source primaire ne documente cependant de mesure de température létale, ni de seuil documenté de défoliation.
Retours documentés
Sur les forums et blogs spécialisés, les rapports concernant directement Cycas chamaoensis en pleine terre restent rares et anecdotiques :
- Sur Palmtalk (International Palm Society), Cycas chamaoensis est cité dans les articles généralistes sur le genre (notamment une introduction au genre Cycas publiée sur Dave’s Garden, 2008), mais sans fil de discussion documentant un essai en pleine terre dans un climat marginal. Les discussions de rusticité du forum portent sur Cycas revoluta, Cycas taitungensis, Cycas panzhihuaensis, Cycas debaoensis et Cycas diannanensis, espèces réputées beaucoup plus tolérantes au froid.
- Sur Dave’s Garden, Cycas chamaoensis est mentionné dans une introduction générale au genre publiée en 2008, parmi les Cycas asiatiques tropicaux du genre, sans recommandation pour la culture en climat à hiver frais.
- Sur le blog japonais Kotablo (ameblo.jp/kotablo2012, 2017 et 2019), un amateur japonais ayant visité des marchés horticoles thaïlandais décrit Cycas chamaoensis comme « le Cycas thaïlandais dont le tronc grossit le plus magnifiquement », et rapporte l’observation directe en pépinière de sujets atteignant un diamètre de tronc d’environ 60 cm — valeur sensiblement supérieure aux dimensions de la description originale de Hill (1999), vraisemblablement mesurée à la base élargie d’individus âgés ou à la couronne renflée des spécimens commerciaux les plus matures. Cet auteur souligne également l’aspect argenté des jeunes feuilles, caractéristique partagée avec d’autres Cycas thaïlandais.
- Les sources horticoles thaïlandaises (Nanagarden, Napisa Garden, page Facebook Suanbanya, Suntaworn Plant Nursery) insistent unanimement sur la croissance très lente en culture, la difficulté de multiplication et la nécessité d’un sol bien drainant.
- Les sites de référence horticoles australiens et néo-zélandais (Guildford Cycads, Concept Botanica) le placent dans les espèces tropicales humides nécessitant une protection en cas de gelée, sans données chiffrées précises.
- Le commerce japonais (Yubisakino-jyunin, planchu.jp, parmi d’autres) propose Cycas chamaoensis dans le catalogue des cycadales rares importées, signalant qu’il s’agit d’une espèce de collection à hiverner sous serre chaude au Japon.
À l’inverse, l’importation de graines vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande est interdite (RarePalmSeeds), ce qui limite mécaniquement la diffusion de l’espèce dans ces régions où l’écologie tropicale du Queensland septentrional aurait pourtant pu permettre une acclimatation.
Synthèse pratique
En l’absence de données de terrain solides, une plantation pérenne en pleine terre ne peut être envisagée que dans les zones USDA 10b et plus chaudes, sous climat tropical ou subtropical sans gel. En France et même sous climat méditerranéen (zone 9b/10a), la culture en grand pot avec hivernage hors gel est la seule voie raisonnable.
Les très rares cas anecdotiques de jeunes plants ayant survécu à un coup de froid bref dans des conditions de drainage parfait ne sauraient être généralisés : un sujet adulte au tronc aérien marqué, comme l’est cette espèce à terme, ne bénéficie pas de l’inertie thermique du sol et reste très exposé.
Usages traditionnels
À la différence de Cycas pectinata (en Assam et au Yunnan) ou de Cycas revoluta (au Japon), Cycas chamaoensis ne fait l’objet d’aucun usage traditionnel largement documenté dans la littérature scientifique accessible. L’extrême localisation géographique de l’espèce — une seule montagne — explique vraisemblablement cette absence d’usage culturel régional établi.
Le seul usage humain documenté est l’horticulture ornementale : les habitants des villages riverains du parc national de Khao Chamao – Khao Wong prélèvent des plants pour leurs jardins, attirés par la silhouette spectaculaire et la rareté de l’espèce. Cet usage est paradoxalement la principale cause du déclin observé et de la classification CR par l’UICN (Hill, 2010). La diffusion en culture par voie de semis contrôlé (graines récoltées dans les rares populations cultivées ex situ ou auprès de pépinières spécialisées internationales comme RarePalmSeeds) reste la seule alternative éthique au prélèvement sauvage.
Toutes les parties de la plante contiennent par ailleurs des cycasines hépatotoxiques et neurotoxiques, ce qui exclut tout usage alimentaire sans détoxification poussée.
FAQ de Cycas chamaoensis
Cycas chamaoensis perd-il ses feuilles l’hiver ? Non. C’est un cycadophyte sempervirent qui conserve toute sa couronne foliaire en permanence, à l’image des autres Cycas arborescents. Une exposition à un froid prolongé peut toutefois entraîner un brunissement et une chute des feuilles, sans que le tronc ne soit nécessairement compromis.
Quelle est la croissance attendue ? Très lente, comme pour la quasi-totalité des cycadales. Un jeune sujet émet 1 à 3 feuilles par an, et le développement d’un tronc aérien marqué peut demander plusieurs décennies. Atteindre une taille adulte de 10 m représente un travail de plus d’un demi-siècle en culture.
Cycas chamaoensis fleurit-il ? Comme tous les gymnospermes, il ne produit pas de fleurs mais des cônes, mâles et femelles, portés par des individus distincts (espèce dioïque). Les cônes mâles de Cycas chamaoensis sont particulièrement spectaculaires : fusiformes, orange vif, mesurant 50 à 60 cm de longueur — parmi les plus grands cônes mâles du genre. La maturité reproductive est tardive et incertaine en culture.
Cycas chamaoensis est-il toxique pour les animaux ? Oui. Toutes les parties de la plante — feuilles, tronc et surtout graines — contiennent des cycasines (méthylazoxyméthanol glycosylé) hépatotoxiques et neurotoxiques pour les mammifères. L’ingestion peut être létale chez le chien et le chat. À tenir hors de portée des animaux domestiques et des jeunes enfants.
Quelle est la différence entre Cycas chamaoensis et Cycas pectinata ? Les deux espèces sont étroitement apparentées et partagent une silhouette générale arborescente. Cycas pectinata a toutefois une aire de répartition immense (du nord-est de l’Inde au Vietnam en passant par la Birmanie, le Bhoutan, le Bangladesh, le sud de la Chine, la Thaïlande et le Laos), un tronc fréquemment ramifié à maturité, une écorce plus rugueuse et des sujets parmi les plus hauts du genre. Cycas chamaoensis est strictement endémique d’une montagne thaïlandaise, possède un tronc presque toujours non ramifié, une écorce lisse gris pâle, et se distingue surtout par ses cônes mâles très allongés.
Cycas chamaoensis est-il difficile à acquérir légalement ? L’espèce relève de l’Annexe II de la CITES, ce qui impose un certificat d’exportation CITES pour tout mouvement international. Quelques pépinières spécialisées (RarePalmSeeds, Tropics@Home) en proposent ponctuellement des graines de provenance documentée, ce qui constitue la seule voie d’acquisition éthique. L’achat de plants prélevés en milieu naturel doit être absolument évité, l’espèce étant en danger critique d’extinction.
Sites de référence
- Plants of the World Online (POWO), Kew — fiche taxonomique : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:1007288-1
- International Plant Names Index (IPNI) — identifiant 1007288-1 : https://www.ipni.org/n/1007288-1
- Global Biodiversity Information Facility (GBIF) — taxon 2683274 : https://www.gbif.org/species/2683274
- iNaturalist — taxon 136198 : https://www.inaturalist.org/taxa/136198-Cycas-chamaoensis
- IUCN Red List of Threatened Species — assessment Hill 2010 : https://www.iucnredlist.org/species/42037/10634719
- CITES Species+ — identifiant 18928 : https://speciesplus.net/species
- World Flora Online — fiche taxonomique : https://www.worldfloraonline.org/taxon/wfo-0000631517
- Cycad List (Haynes & Calonje) — fiche nomenclaturale : https://cycadlist.org/scientific_name/83
- Nong Nooch Tropical Garden — projet ACREE et collection ex situ : https://www.nongnoochpattaya.com/
- BGO Plant Database (Queen Sirikit Botanic Garden, Thaïlande) — fiche locale : http://www.qsbg.org/
- Khao Chamao – Khao Wong National Park — type locality protégée : https://www.thainationalparks.com/khao-chamao-khao-wong-national-park
- Palmtalk (International Palm Society) — discussions sur les cycadales en culture : https://www.palmtalk.org/
- Dave’s Garden — articles et observations de cultivateurs : https://davesgarden.com/
- Cactiguide — forum nord-américain plantes succulentes et cycadales : https://www.cactiguide.com/
- Agaveville — forum spécialisé agaves et plantes apparentées : https://agaveville.org/
- The Cycad Society — association internationale dédiée aux cycadales : https://www.cycad.org/
- Kotablo (コタブロ日記) — blog japonais d’amateur de cycadales et de palmiers, observations sur les marchés horticoles thaïlandais : https://ameblo.jp/kotablo2012/
- Yubisakino-jyunin (指先の住人) — boutique japonaise spécialisée en cycadales rares : https://www.yubisakino-jyunin.com/green/cycads-蘇鉄世界/
- Nanagarden (นานาการ์เด้น) — place de marché horticole thaïlandaise listant les pépinières spécialisées en Cycas chamaoensis : https://www.nanagarden.com/
- RarePalmSeeds — semences de provenance documentée : https://www.rarepalmseeds.com/cycas-chamaoensis
Bibliographie
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- Jones, D.L. (1993, rééd. 2002). Cycads of the World: Ancient Plants in Today’s Landscape. 2ᵉ éd. Smithsonian Institution Press, Washington. [Ouvrage de référence pour la taxonomie et la culture du genre.]
- Hill, K.D. & Yang, S.-L. (1999). The genus Cycas (Cycadaceae) in Thailand. Brittonia 51(1): 48–73. DOI : 10.2307/2666557. [Révision du genre en Thaïlande ; description originale de Cycas chamaoensis p. 58, fig. 6.]
- Dehgan, B. (1999). Propagation and culture of cycads: a practical approach. Acta Horticulturae 486: 123–132. DOI : 10.17660/ActaHortic.1999.486.16. [Référence sur le semis et la propagation des cycadales.]
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- Hill, K.D. (2010). Cycas chamaoensis. The IUCN Red List of Threatened Species 2010: e.T42037A10634719. DOI : 10.2305/IUCN.UK.2010-3.RLTS.T42037A10634719.en. [Évaluation officielle du statut de conservation : Critically Endangered.]
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