Cycas balansae

Cycas balansae est un cycas sans tronc aérien des forêts sempervirentes du sud-est du Guangxi, en Chine, et du nord du Vietnam, où il pousse à l’ombre dense du sous-bois. Décrite en 1900 par Otto Warburg d’après une plante récoltée dans la cour d’une pagode près d’Hanoï, cette espèce du genre Cycas porte le nom du naturaliste français Benedict Balansa. On la rencontre aussi sous les noms de Cycas shiwandashanica et Cycas palmatifida, aujourd’hui synonymes. L’UICN la classe en danger.

L’essentiel sur Cycas balansae

  • Nom accepté : Cycas balansae Warb. (1900), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : Cycas siamensis subsp. balansae (Warb.) J.Schust. (1932) ; Cycas shiwandashanica Hung T.Chang & Y.C.Zhong (1995) ; Cycas palmatifida Hung T.Chang, Y.Y.Huang & Y.C.Zhong (1998)
  • Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; « Balansa’s Sago » (nom commercial anglais d’une pépinière britannique) ; « Tue da voi » (vietnamien, selon Species+ seulement)
  • Répartition naturelle : Chine (monts Shiwandashan, sud-est du Guangxi) et nord du Vietnam (provinces de Lang Son, Quang Ninh, Thai Nguyen et Vinh Phuc)
  • Statut UICN : en danger (EN) ; première évaluation de Nguyễn Tiến Hiệp (2010), réévaluation de Nguyễn Tiến Hiệp et A. Lindstrom publiée dans la version 2023-1 de la Liste rouge
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune valeur mesurée ; une pépinière britannique la classe en zone USDA 9b sans données de culture à l’appui (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : ombre dense du sous-bois de hautes forêts sempervirentes fermées ; sols limoneux sur schistes ou granites
  • Port et dimensions adultes : tige souterraine de 12 à 20 cm de diamètre ; 4 à 9 feuilles de 1,2 à 2,6 m
  • Toxicité : aucune analyse propre ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas balansae

On le reconnaît à ses feuilles peu nombreuses et très longues, portées par de longs pétioles armés d’épines fines et couverts d’un tomentum brun pourpre foncé, souvent persistant. Ken Hill, dans sa révision des cycas de Chine (2008), ajoute des cônes mâles de taille moyenne à microsporophylles arrondis sans pointe, des mégasporophylles réduits à quelques longues divisions grêles et de petites graines. Sa description est la suivante.

  • Tige : souterraine (acaule), de 12 à 20 cm de diamètre au point le plus étroit ; 4 à 9 feuilles par couronne.
  • Feuilles : vert foncé, très brillantes à semi-brillantes, de 120 à 260 cm, un peu carénées ou planes (les folioles opposées forment un angle de 160 à 180°), avec 90 à 160 folioles ; le rachis se termine toujours par une paire de folioles.
  • Pétiole : de 40 à 160 cm, soit 30 à 40 % de la feuille ; pubescent, à tomentum brun pourpre foncé, épineux sur toute sa longueur, à épines de 4 à 10 mm.
  • Folioles médianes : simples, nettement bicolores, de 22 à 30 cm sur 10 à 15 mm, insérées à 75-85° sur le rachis, rétrécies à 3-4 mm à la base, espacées de 11 à 21 mm ; texture rigide, bords plats ou à peine recourbés, pointe doucement acuminée, non piquante.
  • Cataphylles : étroitement triangulaires, souples, poilues, de 6 à 7 cm.
  • Cônes mâles : fusiformes, jaunes, de 20 à 25 cm sur 4 à 7 cm ; microsporophylles souples, sans épine terminale.
  • Mégasporophylles : de 8 à 12 cm, à tomentum brun, portant 2 à 4 ovules glabres ; limbe ovale de 4 à 6 cm, profondément pectiné, à 14-24 épines souples de 25 à 40 mm ; épine terminale non distincte des latérales.
  • Graines : ovoïdes, de 25 à 27 mm sur 20 mm ; sarcotesta jaune, non pruineuse, sans couche fibreuse ; sclérotesta légèrement verruqueux.

L’ancienne version de cette page décrivait des folioles « papyracées, et non coriaces » : la révision de Hill les dit au contraire de texture rigide. Elle parlait aussi d’un « cône femelle de type fermé » de 8 à 12 cm : ce sont en fait les mégasporophylles qui mesurent 8 à 12 cm, et chez les Cycas ils ne forment pas de cône fermé.

Hybrides

Aucun hybride naturel n’a été décrit, mais la génétique montre des échanges avec des espèces voisines. Une étude RADseq portant sur six cycas du sud de la Chine (Tao et coll., Frontiers in Genetics, 2021) trouve dans l’ensemble peu de mélange entre espèces, sauf chez les individus de Cycas dolichophylla, qui présentent un mélange génétique important avec Cycas bifida, Cycas changjiangensis et Cycas balansae. L’ancienne version de cette page attribuait cette étude à « Liu et al. » dans Frontiers in Plant Science et y voyait des introgressions de Cycas balansae vers plusieurs espèces : la référence et l’interprétation sont corrigées ici.

Elle présentait également un hybride horticole, Cycas ‘Cycad Waverider’ (Cycas revoluta × Cycas balansae), diffusé par une pépinière néo-zélandaise : aucune trace de ce cultivar n’a été trouvée, et il est retiré. Aucun hybride de culture n’est documenté.

Confusions possibles

Les confusions concernent surtout les autres cycas acaules de la section Stangerioides, répartie du nord de la Thaïlande et du Myanmar au Laos, au Vietnam et au sud de la Chine. Dans la clé de Hill (2008), Cycas balansae s’en sépare ainsi.

  • Cycas dolichophylla : folioles plus larges (14 à 25 mm), brusquement arrondies à la base, et pétiole plus court (20 à 35 % de la feuille) ; Cycas balansae a des folioles de 10 à 15 mm, rétrécies et effilées à la base, et un long pétiole (30 à 40 %).
  • Cycas tanqingii : microsporophylles terminés par une épine distincte, absente chez Cycas balansae.
  • Cycas collina : feuilles plus grandes et souvent plus nombreuses, à folioles plus nombreuses, et cônes mâles plus grands. C’est l’espèce du sud du Yunnan (région de Xishuangbanna) et du nord-ouest du Vietnam à laquelle les auteurs chinois ont longtemps appliqué le nom Cycas balansae.
  • Cycas ferruginea : partage en partie l’aire (Lang Son et Thai Nguyen au Vietnam, ouest du Guangxi en Chine), mais pousse sur les parois nues des falaises calcaires, alors que Cycas balansae vit sur sols limoneux à l’ombre de la forêt.

De Laubenfels et Adema (1998) incluaient d’ailleurs une partie de ces plantes dans un Cycas tonkinensis au sens large : les données de répartition publiées sous le nom Cycas balansae, surtout en Chine, sont à lire avec prudence (voir Taxonomie). L’ancienne version de cette page évoquait des confusions en pépinière avec Cycas bifida, Cycas changjiangensis et Cycas simplicipinna, et situait Cycas ferruginea entre 200 et 500 m : ces précisions sans source ont été retirées.

Taxonomie

Cycas balansae est une espèce acceptée, mais son contenu a plusieurs fois changé. Warburg l’a décrite en 1900 dans Monsunia (1 : 179) ; Julius Schuster l’a réduite en 1932 au rang de sous-espèce de Cycas siamensis (Cycas siamensis subsp. balansae), combinaison aujourd’hui synonyme. Les révisions de Ken Hill pour le Vietnam (avec Nguyễn Tiến Hiệp et Phan Kế Lộc, 2004) et pour la Chine (2008) l’ont rétablie comme espèce et placée dans la section Stangerioides, définie par des cônes mâles souples, des mégasporophylles pectinés, des ovules glabres et des graines jaunes à sarcotesta se détachant facilement.

Deux espèces chinoises du Guangxi ont été mises en synonymie.

  • Cycas shiwandashanica Hung T.Chang & Y.C.Zhong (1995), décrit de la forêt de feuillus de Nasuo, près de Fangchenggang ; inclus dans Cycas balansae par Chen et Stevenson dans la Flora of China (1999), puis par Hill (2008).
  • Cycas palmatifida Hung T.Chang, Y.Y.Huang & Y.C.Zhong (1998), décrit sur une plante cultivée à l’arboretum de Nanning, originaire du comté de Fangcheng ; Hill a étudié la plante vivante et l’a placé en synonymie.

The World List of Cycads suit ce traitement. Le point délicat est l’usage du nom en Chine. Selon Hill (2008), les plantes du sud du Yunnan que certains auteurs chinois appelaient Cycas balansae (Wang 1996 ; Chen et Stevenson 1999) relèvent de Cycas collina ; l’ancienne version de cette page les rapportait à tort à Cycas dolichophylla. En 2006, une étude génétique par marqueurs ISSR (Xiao et Gong, Annals of Botany) portant sur les populations chinoises du « complexe Cycas balansae » a distingué cinq groupes correspondant à Cycas balansae au sens strict, Cycas parvula, Cycas shiwandashanica, Cycas tanqingii et Cycas simplicipinna. Elle traite donc à part les plantes du Shiwandashan, qui sont précisément Cycas balansae pour Hill et pour la liste mondiale ; le « Cycas balansae au sens strict » des auteurs correspond vraisemblablement à l’usage chinois du nom, mais aucune source ne le dit explicitement.

L’ancienne version de cette page citait aussi une phylogénie de Liu et coll. (2018) sur la non-monophylie des sections : son contenu n’a pas pu être vérifié et elle n’est pas reprise.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Benedict Balansa (1825-1892), naturaliste et explorateur botanique français qui récolta beaucoup pour le Muséum d’histoire naturelle de Paris et passa les années 1885 à 1892 au Tonkin, dans le nord du Vietnam, où il mourut (Hill 2008 ; Haynes 2022).

L’histoire du type est singulière. Warburg ne citait qu’une récolte de Balansa, le n° 4084 : des cônes provenant de la cour d’un temple près d’Hanoï, conservés dans l’herbier Barbey. Le spécimen du musée de Berlin, qui devait être le type, a selon toute évidence été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Il reste à Paris deux planches, l’une avec une portion de cône mâle, l’autre avec une portion de feuille ; l’étiquette indique « Dioique. Frondes de deux mètres de hauteur », « Village du papier près de Hanoi, dans la cour d’une pagode », avril 1889. Hill les a désignées comme lectotype dans sa révision chinoise de 2008, avec des isolectotypes à Genève et à Kew. L’ancienne version de cette page datait cette désignation de 2004 ; The World List of Cycads cite en effet aussi la typification de la révision vietnamienne de 2004, mais Hill écrit en 2008 « lectotype, here designated ».

Le type provient donc d’une plante cultivée. Hill (2008) cite d’autres plantes en culture : dans les jardins de Hai Phong dès 1885 (Balansa 563), à Nanning, dans un village du comté de Fangcheng, et jusque dans le jardin d’un restaurant de la province de Tuyen Quang.

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté. La pépinière britannique Trebrown la propose sous le nom commercial anglais « Balansa’s Sago ». Species+, la base de la CITES, enregistre un nom vietnamien, « Tue da voi », transcrit sans diacritiques ; aucune autre source consultée ne le confirme. Le nom chinois n’a pas pu être vérifié dans une flore.

Dans la nature

Cycas balansae pousse à l’ombre dense de hautes forêts sempervirentes fermées, dans les endroits les plus abrités, où il est localement fréquent sans jamais former de peuplements denses (Hill 2008). Il préfère les sols limoneux sur schistes ou granites.

D’après Hill et The World List of Cycads, son aire comprend les monts Shiwandashan, dans le Guangxi côtier du sud-est, et s’étend au Vietnam dans les régions au nord-ouest et au nord-est d’Hanoï : provinces de Lang Son, Quang Ninh, Thai Nguyen et Vinh Phuc. Hill cite aussi une plante cultivée dans la province de Tuyen Quang, récoltée sur le versant nord-ouest du massif du Tam Dao.

Les sources chinoises donnent une autre image. Une étude de modélisation de 2025 (Zhang et coll., Plants) décrit une plante des forêts tropicales humides ou des forêts de mousson sur calcaire des vallées du Yunnan et du Guangxi, entre 100 et 800 m d’altitude, et place le cœur de la répartition à Xishuangbanna, dans le sud du Yunnan, d’après 87 points tirés de bases chinoises et de GBIF. Ces points du Yunnan correspondent probablement aux plantes que Hill rapporte à Cycas collina ; l’étude n’aborde pas la question. Elle retient comme principaux facteurs de répartition la saisonnalité des températures, la température moyenne du trimestre le plus froid, l’isothermalité et les pluies du trimestre le plus chaud, et prévoit avec le changement climatique une légère réduction de l’aire favorable et un glissement vers le nord.

Les données de l’ancienne version de cette page sur le climat (minima, pluviosité, saisons), la phénologie et la pollinisation par des charançons n’avaient pas de source et ont été retirées.

Statut de conservation et réglementation

Cycas balansae est classé en danger (EN) sur la Liste rouge de l’UICN. La première évaluation, de Nguyễn Tiến Hiệp (2010), retenait les critères A2acd+4acd, que reprend The World List of Cycads : un déclin de la population lié à la dégradation de l’habitat et aux prélèvements. Une réévaluation signée Nguyễn Tiến Hiệp et A. Lindstrom a été publiée dans la version 2023-1 de la Liste rouge (référence relevée sur Crossref) ; la catégorie EN est celle que diffuse aujourd’hui l’UICN (relevée via GBIF). Auparavant, l’évaluation de Donaldson (2003), reprise par Hill en 2008, la jugeait quasi menacée (NT). En Chine, l’espèce figure comme en danger sur la Liste rouge de la biodiversité chinoise des plantes supérieures, selon Zhang et coll. (2025), qui signalent un fort déclin des populations, un habitat de plus en plus fragmenté et un faible taux de production de graines, et proposent une aire protégée prioritaire dans la ville de Simao, au Yunnan. Les fiches de l’UICN n’ont pas pu être lues directement.

Comme toutes les espèces du genre sauf Cycas beddomei, Cycas balansae relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae est inscrite depuis le 4 février 1977. L’annotation #4 exempte notamment les graines ; le commerce international des plantes exige un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, donc en France, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026 ; Species+ confirme ce statut (consultation du 12 octobre 2026). Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Aucune institution n’a publié de recommandations de culture propres à Cycas balansae. L’espèce est pourtant cultivée de longue date dans son pays d’origine : le type lui-même vient de la cour d’une pagode près d’Hanoï, et Hill (2008) cite des plantes cultivées à Hai Phong, à Nanning et dans plusieurs villages. Selon Zhang et coll. (2025), elle est aussi cultivée en Chine au Sichuan, au Guangdong et à Taïwan, pour son port.

Son habitat fournit les indications les plus sûres. Contrairement à Cycas revoluta et à bien des cycas de plein soleil, c’est une plante du sous-bois ombragé de forêts sempervirentes humides, sur sols limoneux : une lumière filtrée ou une ombre claire et un substrat riche mais bien drainé lui conviennent donc a priori. Ces indications sont tirées du milieu naturel, pas d’essais de culture publiés.

En France, aucune culture n’est documentée : sur le forum Fous de palmiers, le nom n’apparaît que pour des plantes d’autres genres (Nouvelle-Calédonie), et le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a rien publié sur l’espèce. Sur le forum italien Tropicamente, la seule trace est un collectionneur lombard qui, en octobre 2009, la rangeait parmi une trentaine de petites cycadales rentrées dans la maison en hiver. L’ancienne version de cette page donnait un substrat, un ombrage de 50 %, un calendrier d’arrosage et d’engrais, des dimensions de fosse et des zones USDA 10a-11, et la présentait comme facile en intérieur : rien de cela ne repose sur une source propre à l’espèce, et ces éléments ont été retirés.

Multiplication

Comme tous les cycas, Cycas balansae est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines fertiles. Zhang et coll. (2025) rappellent que son faible taux de production de graines limite son expansion naturelle. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été publiée, ni aucune expérience de multiplication par rejets. Le protocole de semis détaillé de l’ancienne version de cette page (acide sulfurique, acide gibbérellique, durées de germination), attribué à une publication de Dehgan non vérifiée, a été retiré. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 ; demandez qu’elles proviennent de plantes cultivées.

Maladies et ravageurs

Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté. Les cochenilles, dont Aulacaspis yasumatsui, menacent tous les cycas cultivés, et les pourritures du collet frappent les cycadales maintenues dans un substrat trop humide, mais aucune attaque n’a été signalée sur cette espèce en particulier.

Rusticité

Il n’existe aucune donnée mesurée de résistance au froid pour Cycas balansae. La pépinière britannique Trebrown le classe en zone USDA 9b, ce qui correspond à des minima annuels moyens compris entre −3,9 °C et −1,1 °C ; c’est une classification commerciale, sans observation de culture à l’appui. Aucun message de forum consulté ne rapporte une température supportée par l’espèce.

En France

Aucun résultat de culture en pleine terre n’a été publié en France, ni sur le littoral méditerranéen, ni sur la façade atlantique, ni ailleurs, et aucun épisode de gel daté ne concerne l’espèce. Les comparaisons avec d’autres cycas et les retours de Palmtalk évoqués par l’ancienne version de cette page n’ont pas pu être vérifiés (Palmtalk est protégé contre les accès automatisés). Faute de données, la culture se fait en pot, à l’abri du gel.

Repères internationaux

Aucune mesure de froid ni aucun retour de culture daté n’a été trouvé ailleurs. Dans son milieu naturel, sous les hautes forêts du nord du Vietnam et du Guangxi, la plante vit à l’abri du couvert ; l’étude de Zhang et coll. (2025) confirme que la température du trimestre le plus froid limite sa répartition, sans donner de seuil de gel.

Toxicité et précautions

Aucune analyse de toxicité propre à Cycas balansae n’a été trouvée, mais le risque est bien documenté dans le genre : les tissus des cycas, et surtout les graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA range Cycas revoluta parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Considérez donc la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Zhang et coll. (2025) indiquent que la médecine traditionnelle chinoise prête aux racines, aux tiges et aux feuilles de Cycas balansae des vertus anti-inflammatoires, analgésiques et antihypertensives, que la moelle riche en amidon a une valeur alimentaire et que la plante est appréciée comme ornementale. Ces usages concernent les plantes ainsi nommées en Chine, sans doute en partie Cycas collina (voir Taxonomie), et aucun n’est validé par la pharmacologie moderne : compte tenu des toxines du genre, ils ne doivent en aucun cas être reproduits. L’« aliment de disette après lavage » de l’ancienne version de cette page n’est pas documenté.

FAQ

Cycas balansae résiste-t-il au gel ?

On ne le sait pas. Aucune mesure n’a été publiée ; une pépinière britannique le classe en zone USDA 9b (minima moyens entre −3,9 °C et −1,1 °C), sans données de culture à l’appui.

Peut-on le cultiver en pleine terre en France ?

Ce n’est pas documenté. Aucune culture en place n’est connue en France ; faute de données, mieux vaut le pot et l’abri hors gel.

A-t-il besoin d’ombre ?

Oui, à en juger par son milieu. Dans la nature, il pousse à l’ombre dense de hautes forêts sempervirentes fermées, à l’inverse de Cycas revoluta ; aucun essai de culture au soleil n’a été publié.

Quelle différence avec Cycas revoluta ?

Elle est nette. Cycas balansae n’a pas de tronc aérien, ne porte que 4 à 9 feuilles longues de 2,6 m au plus, à folioles planes de 10 à 15 mm et à longs pétioles épineux, et vit à l’ombre ; Cycas revoluta forme un tronc et porte des feuilles plus courtes à folioles enroulées sur les bords.

Cycas shiwandashanica est-il la même espèce ?

Oui, selon la taxonomie actuelle. La Flora of China (1999), Hill (2008) et The World List of Cycads le placent en synonymie de Cycas balansae ; une étude génétique de 2006 le traitait pourtant comme une unité distincte.

Est-il menacé ?

Oui. L’UICN le classe en danger depuis 2010, catégorie maintenue par la réévaluation de 2023, en raison du déclin de l’habitat et des prélèvements ; il relève aussi de l’annexe II de la CITES et, dans l’Union européenne, de l’annexe B.

Est-il toxique ?

Oui, il faut le considérer comme tel. Aucune analyse n’existe pour l’espèce, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines dangereuses pour l’homme et les animaux, surtout dans les graines.

À lire aussi sur Succulentes

Sites de référence

Bibliographie

  • Warburg, O. (1900). Monsunia : Beiträge zur Kenntniss der Vegetation des Süd- und Ostasiatischen Monsungebietes 1 : 179. [Description originale ; non consultée directement, référence reprise de Hill (2008) et de The World List of Cycads.]
  • Hill, K.D., Nguyễn, T.H. & Lôc, P.K. (2004). The genus Cycas (Cycadaceae) in Vietnam. The Botanical Review 70(2) : 134-193. doi:10.1663/0006-8101(2004)070[0134:TGCCIV]2.0.CO;2 [Révision pour le Vietnam ; référence vérifiée sur Crossref, texte non consulté.]
  • Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea 12(1) : 71-118. doi:10.7751/telopea20085804 [Révision de référence pour la Chine : description, clé, lectotypification, synonymes, répartition, habitat, usage du nom par les auteurs chinois ; texte intégral consulté.]
  • Xiao, L.-Q. & Gong, X. (2006). Genetic differentiation and relationships of populations in the Cycas balansae complex (Cycadaceae) and its conservation implications. Annals of Botany 97(5) : 807-812. doi:10.1093/aob/mcl039 [Étude ISSR sur 158 plantes chinoises ; résumé consulté.]
  • Tao, Y., Chen, B., Kang, M., Liu, Y. & Wang, J. (2021). Genome-wide evidence for complex hybridization and demographic history in a group of Cycas from China. Frontiers in Genetics 12 : 717200. doi:10.3389/fgene.2021.717200 [Étude RADseq sur six espèces du sud de la Chine ; résumé consulté.]
  • Nguyễn, H.T. (2010). Cycas balansae. The IUCN Red List of Threatened Species 2010 : e.T42069A10642849. doi:10.2305/IUCN.UK.2010-3.RLTS.T42069A10642849.en [Première évaluation (EN) ; référence vérifiée sur Crossref, catégorie reprise de The World List of Cycads, page non consultée (accès bloqué).]
  • Nguyễn, T.H. & Lindstrom, A. (2023). Cycas balansae. The IUCN Red List of Threatened Species 2023 : e.T42069A67336462. doi:10.2305/IUCN.UK.2023-1.RLTS.T42069A67336462.en [Évaluation en vigueur ; référence vérifiée sur Crossref, catégorie EN relevée via GBIF, texte non consulté (accès bloqué).]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie des noms de cycadales ; reprise via The World List of Cycads.]
  • Zhang, H., Zhou, Y., Zhang, S., Wang, Z. & Liu, Z. (2025). Adaptive distribution and priority protection of endangered species Cycas balansae. Plants 14(5) : 815. doi:10.3390/plants14050815 [Modélisation MaxEnt de la répartition en Chine, usages traditionnels, statut chinois ; texte intégral consulté. Repose sur l’usage chinois du nom.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]