Cycas lingshuigensis

Cycas lingshuigensis est le nom sous lequel le botaniste chinois G.A. Fu a décrit en 2004 des cycas des collines de Lingshui, dans le sud-est de l’île de Hainan, en Chine. L’orthographe correcte du nom est Cycas lingshuiensis, et il ne désigne plus aujourd’hui une espèce à part : pour The World List of Cycads, la liste mondiale de référence, ces plantes du genre Cycas appartiennent à Cycas taiwaniana, le nom à employer d’un point de vue botanique. Le nom, sous sa graphie d’origine, reste pourtant utilisé dans des études récentes : cette page explique d’où il vient, ce que l’on en sait réellement et comment il a été classé.

L’essentiel sur Cycas lingshuigensis

  • Nom : Cycas lingshuiensis G.A.Fu (2004), publié sous la graphie « lingshuigensis » ; synonyme de Cycas taiwaniana Carruth. pour The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Classements antérieurs : synonyme de Cycas hainanensis pour Hill (2008) et, aujourd’hui encore, pour la base de données de la CITES
  • Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom français ni autre nom commun propre attesté
  • Répartition naturelle : Chine, île de Hainan, district de Lingshui (localité type)
  • Statut UICN : pas d’évaluation propre ; la Liste rouge range ce nom en synonyme de Cycas taiwaniana, classé en danger (EN) dans la réévaluation publiée dans la version 2023-1
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; en Chine, protection d’État de premier rang pour tous les Cycas
  • Rusticité documentée : aucune donnée sous ce nom (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : forêt mixte de colline, entre 500 et 600 m, sur la localité type
  • Port et dimensions adultes : non documentés sous ce nom ; voir les mesures de Cycas hainanensis
  • Toxicité : aucune donnée propre ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître les plantes nommées Cycas lingshuigensis

Il n’existe pas de caractère sûr pour les reconnaître : la description originale de Fu n’a pas pu être consultée, et aucune source accessible n’indique un trait qui séparerait ces plantes des autres cycas de Hainan. C’est précisément pour cette raison que le nom a été rattaché d’abord à Cycas hainanensis, puis à Cycas taiwaniana.

Il s’agit en pratique de cycas du « complexe Cycas taiwaniana », un groupe d’espèces très semblables du sud de la Chine. Les plantes de Hainan que Ken Hill (2008) réunissait sous Cycas hainanensis ont un tronc aérien haut en général de 0,3 à 1,5 m (exceptionnellement 3,5 m), une couronne de 50 à 80 feuilles brillantes de 70 à 230 cm, des folioles étroites de 6 à 10 mm, des cônes mâles fusiformes d’environ 40 cm et des mégasporophylles à lame profondément pectinée. Ces mesures portent sur l’ensemble des plantes examinées par Hill, non sur celles de Lingshui en particulier.

Hybrides

Aucun hybride, naturel ou de culture, n’est documenté sous ce nom. L’histoire de Cycas lingshuigensis relève de la délimitation des espèces, non de l’hybridation.

Confusions possibles

La confusion est à l’origine même du nom, puisque les plantes de Lingshui ne se distinguent pas de façon stable des autres cycas de Hainan. Les plus proches sont :

  • Cycas hainanensis, décrit en 1975 de l’est de Hainan, auquel Hill (2008) avait rattaché le nom ; Hill cite d’ailleurs un spécimen de Cycas hainanensis récolté en 1959 sur le mont Diaolou, dans le district de Lingshui ;
  • Cycas taiwaniana, sous lequel le nom est aujourd’hui rangé ;
  • Cycas shanyaensis, décrit en 2006 par le même Fu à partir de plantes de Sanya, dans le sud de l’île, lui aussi synonyme de Cycas taiwaniana pour The World List of Cycads ;
  • Cycas changjiangensis, de l’ouest de Hainan, plante naine au tronc surtout souterrain, que la liste mondiale maintient comme espèce.

Reste une confusion de nom à garder en tête : pendant plus d’un siècle, le nom Cycas taiwaniana a été appliqué par erreur au cycas de Taïwan, aujourd’hui Cycas taitungensis (Hill, 2008). Une plante vendue comme « taiwaniana » n’est donc pas forcément une plante de Hainan.

Taxonomie

Le nom a été publié par G.A. Fu en 2004 dans le Bulletin of Botanical Research de Harbin (24(4) : 387-388, avec une figure), sous la graphie « lingshuigensis ». Ken Hill (2008) a expliqué que l’épithète était mal formée, avec un « g » superflu, et l’a corrigée en lingshuiensis, forme reprise par l’IPNI et par The World List of Cycads ; Fu a employé la même graphie irrégulière deux ans plus tard pour Cycas shanyaensis (« shanyagensis »). Le site garde « lingshuigensis » comme nom d’usage, parce que c’est la graphie publiée à l’origine et encore employée dans certaines études, dont celle de Feng et ses collègues (2021).

Dans sa révision des Cycas de Chine, Hill (2008) a placé Cycas lingshuiensis en synonymie de Cycas hainanensis, en précisant qu’il le faisait à la suite de discussions avec des botanistes chinois, sans avoir vu le type. En 2021, Feng et ses collègues (Taxon) ont étudié les six taxons du complexe Cycas taiwaniana (changjiangensis, fairylakea, hainanensis, lingshuigensis, szechuanensis et taiwaniana) en combinant caractères morphologiques, ADN des plastes, gènes nucléaires et microsatellites. Toutes les méthodes n’ont reconnu que deux espèces : Cycas szechuanensis, qui inclut Cycas fairylakea, et Cycas taiwaniana, qui inclut Cycas changjiangensis, Cycas hainanensis et Cycas lingshuigensis.

The World List of Cycads a suivi cette étude pour Cycas lingshuiensis, en le faisant passer de la synonymie de Cycas hainanensis à celle de Cycas taiwaniana (avec renvoi à la page 488 de l’article), mais a maintenu Cycas changjiangensis comme espèce. Les données de la Liste rouge de l’UICN, relayées par GBIF, font de même. Species+, la base de la CITES, enregistre toujours Cycas lingshuiensis comme synonyme de Cycas hainanensis (consultation du 12 octobre 2026). Pour le lecteur, la conséquence est simple : une étiquette « Cycas lingshuigensis » ou « lingshuiensis » désigne une plante de Hainan du complexe Cycas taiwaniana.

Étymologie et histoire

L’épithète vient de Lingshui, ville et district du sud-est de Hainan, avec le suffixe latin -ensis, « originaire de » (Hill, 2008). Le type (G.A. Fu 10809) a été récolté le 26 décembre 2002 à Lingshui, dans une forêt mixte de colline, entre 500 et 600 m d’altitude ; l’holotype est conservé à l’herbier HFB (The World List of Cycads). Aucune histoire de son introduction en culture n’est documentée sous ce nom.

Noms communs

Aucun nom commun propre n’est attesté, ni en français ni dans une autre langue. Les noms chinois relevés par Hill (2008) pour les plantes de Hainan, comme 海南苏铁 (hai nan su tie, « cycas de Hainan »), concernent Cycas hainanensis et non ce nom en particulier.

Dans la nature

Sous ce nom, seule la localité type est documentée : le district de Lingshui, dans le sud-est de Hainan, en forêt mixte de colline, entre 500 et 600 m. Pour l’ensemble des plantes de Hainan qu’il réunissait sous Cycas hainanensis, Hill (2008) décrit une forêt tropicale humide, du niveau de la mer jusque vers 1 200 m, sur sols calcaires ou volcaniques, sous un climat subtropical très arrosé (environ 2 000 mm par an), et notait déjà que les populations sauvages étaient très réduites.

L’étude génétique de Wu et ses collègues (2022), qui traite les plantes de Hainan sous le nom de Cycas taiwaniana et le présente comme « endémique de l’île de Hainan », a échantillonné douze populations sauvages, surtout autour des monts Wuzhi et Yingge, et trouvé une diversité génétique relativement faible et une forte différenciation entre populations. Les sources publiées ne disent pas si des populations de Lingshui en font partie. La localité type est une forêt de colline, à 500-600 m d’altitude.

Statut de conservation et réglementation

Le nom n’a pas d’évaluation propre dans la Liste rouge de l’UICN. Les données actuelles de la Liste rouge, relayées par GBIF (consultation du 13 octobre 2026), le rangent en synonyme de Cycas taiwaniana, classé en danger (EN) : la réévaluation de John Donald Bösenberg, publiée dans la version 2023-1 (référence vérifiée sur Crossref), a pris la suite de l’évaluation de Ken Hill de 2010 (critères A2cd+4cd, cités par The World List of Cycads). Hill (2008) donnait aussi Cycas hainanensis en danger, d’après l’évaluation de 2003. La Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée.

En Chine, toutes les espèces de Cycas figurent sur la liste des plantes protégées de premier rang (Wu et collègues, 2022). Comme toutes les espèces du genre sauf Cycas beddomei, ces plantes relèvent de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : graines, pollen, plantules et cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles sont exemptés, tandis que le commerce international des plantes exige un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, donc en France, elles figurent à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026 ; Species+ confirme ce statut pour Cycas hainanensis, dont il fait de Cycas lingshuiensis un synonyme (consultation du 12 octobre 2026). Aucune protection nationale française propre n’est documentée.

Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur la preuve de la provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Aucune recommandation de culture n’a été publiée pour les plantes nommées Cycas lingshuigensis, et aucun retour n’est documenté sur les forums français et italiens. Il s’agit de cycas de forêt de colline d’une île tropicale très arrosée : faute de données, mieux vaut les traiter comme les autres cycas de Hainan, c’est-à-dire comme des plantes qui demandent une chaleur régulière et un substrat drainant, en serre ou en pot rentré l’hiver.

Le seul retour de culture trouvé en France pour une plante de Hainan de ce groupe concerne une plante étiquetée Cycas hainanensis, défoliée par −5 °C à Concarneau pendant l’hiver 2011-2012 (voir la fiche Cycas hainanensis) ; rien ne permet de le transposer aux plantes de Lingshui.

Multiplication

Comme tous les cycas, ces plantes sont dioïques : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines fertiles. Aucune donnée de germination propre n’a été publiée. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 ; demandez qu’elles proviennent de plantes cultivées.

Maladies et ravageurs

Aucun ravageur ni aucune maladie propre n’est documenté. Comme tous les cycas, ces plantes peuvent être attaquées par la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, et un substrat qui reste longtemps mouillé favorise la pourriture des racines.

Rusticité

Il n’existe aucune donnée de résistance au froid pour les plantes nommées Cycas lingshuigensis. Elles viennent d’une île au climat tropical et subtropical très arrosé, et aucune source n’indique jusqu’à quelle température elles supportent le froid.

Un avertissement vaut pour tout le groupe : les indications de rusticité publiées sous le nom « Cycas taiwaniana » peuvent concerner en réalité Cycas taitungensis, le cycas de Taïwan, auquel ce nom a longtemps été appliqué par erreur (Hill, 2008). Elles ne doivent pas être transposées aux plantes de Hainan.

En France

Aucun résultat de culture n’a été publié en France sous ce nom, ni en pleine terre ni en pot, ni sur le littoral méditerranéen, ni sur la façade atlantique, ni ailleurs, et aucun épisode de gel daté ne le concerne. Les forums français ne rapportent aucune expérience, et le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a publié aucune observation.

Repères internationaux

Aucune donnée de froid ni aucun retour de culture daté n’est documenté hors de France, ni sur les forums ni auprès des jardins botaniques.

Toxicité et précautions

Aucune analyse de toxicité propre à ces plantes n’est documentée, mais le risque est bien documenté dans le genre : les tissus des cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA range Cycas revoluta parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux, avec vomissements, diarrhée et lésions du foie pouvant être mortelles. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel lié à ce nom n’est documenté.

FAQ

Cycas lingshuigensis est-il une espèce valide ?

Non, selon les listes actuelles. The World List of Cycads et la Liste rouge de l’UICN en font un synonyme de Cycas taiwaniana, à la suite de Feng et ses collègues (2021) ; Hill (2008) l’avait déjà rattaché à Cycas hainanensis.

Faut-il écrire lingshuigensis ou lingshuiensis ?

La forme correcte est lingshuiensis. Le nom a été publié sous la graphie « lingshuigensis », avec un « g » superflu, corrigée par Hill en 2008 ; les deux graphies se rencontrent dans la littérature.

D’où vient le nom ?

De Lingshui, ville et district du sud-est de l’île de Hainan, où le type a été récolté en 2002.

Quelle différence avec Cycas hainanensis ?

Aucune différence stable n’est documentée. Les deux noms désignent des cycas de Hainan très semblables, que The World List of Cycads range aujourd’hui l’un et l’autre sous Cycas taiwaniana.

En trouve-t-on dans le commerce ?

Aucune source publiée ne signale de plantes vendues sous ce nom. Une plante vendue comme « lingshuigensis » ou « lingshuiensis » relève de la CITES (annexe II) et doit être achetée avec la preuve de son origine de culture.

Peut-on le cultiver en pleine terre en France ?

On ne le sait pas. Il n’existe aucune donnée sur le froid sous ce nom ; en attendant, il faut le traiter comme une plante de serre ou de pot rentré l’hiver.

Est-il toxique ?

Il faut le supposer. Aucune analyse propre n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines dangereuses, surtout dans les graines.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Fu, G.A. (2004). [Cycas lingshuigensis.] Bulletin of Botanical Research (Harbin) 24(4) : 387-388, fig. [Description originale ; non consultée, référence reprise de The World List of Cycads, de l’IPNI et de Hill (2008).]
  • Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea 12(1) : 71-118. doi:10.7751/telopea20085804 [Correction de la graphie, type, synonymie avec Cycas hainanensis (p. 99), description des plantes de Hainan, habitat ; texte intégral consulté.]
  • Feng, X.-Y., Wang, X.-H., Chiang, Y.-C., Jian, S.-G. & Gong, X. (2021). Species delimitation with distinct methods based on molecular data to elucidate species boundaries in the Cycas taiwaniana complex (Cycadaceae). Taxon 70(3) : 477-491. doi:10.1002/tax.12457 [Six taxons étudiés, Cycas lingshuigensis inclus dans Cycas taiwaniana ; résumé consulté sur Crossref.]
  • Wu, L.X., Xu, H.Y., Jian, S.G., Gong, X. & Feng, X.Y. (2022). Geographic factors and climatic fluctuation drive the genetic structure and demographic history of Cycas taiwaniana (Cycadaceae), an endemic endangered species to Hainan Island in China. Ecology and Evolution 12 : e9508. doi:10.1002/ece3.9508 [Diversité et structure génétique des populations de Hainan, protection nationale ; texte intégral consulté sur Europe PMC.]
  • Hill, K.D. (2010). Cycas taiwaniana. The IUCN Red List of Threatened Species 2010 : e.T42049A10638039. [Évaluation du nom accepté (EN) ; citée par The World List of Cycads, page non consultée (accès bloqué).]
  • Bösenberg, J.D. (2023). Cycas taiwaniana. The IUCN Red List of Threatened Species 2023 : e.T238708222A69827031. doi:10.2305/IUCN.UK.2023-1.RLTS.T238708222A69827031.en [Réévaluation du nom accepté, avec Cycas lingshuigensis en synonyme ; référence vérifiée sur Crossref, catégorie EN relevée via GBIF, texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]