L’Italie abrite quelques-unes des plus anciennes et des plus riches collections de cycadales d’Europe. Deux raisons à cela. D’abord le climat méditerranéen des côtes et des îles, qui permet de cultiver en plein air des espèces gardées sous verre presque partout ailleurs sur le continent. Ensuite la tradition des orti botanici, les jardins botaniques universitaires, qui ont accumulé des plantes, des catalogues et des publications depuis plus d’un siècle. Pour un amateur français, ces jardins sont à la fois une destination de voyage et un laboratoire à ciel ouvert.
Cet article rassemble ce qui est réellement documenté, jardin par jardin : pages officielles, revue Delpinoa de l’Orto Botanico de Naples, Index Seminum, catalogues anciens de La Mortola, base BGCI PlantSearch et quelques messages datés du forum italien Tropicamente. Chaque chiffre est donné avec la date de sa source, car une liste de 1912 ou de 1997 ne décrit pas la collection d’aujourd’hui.
Orto Botanico di Napoli : la collection de référence
Naples possède la collection de cycadales la mieux documentée d’Italie, longtemps comptée parmi les premières au monde. Elle est née du legs des plantes de Luigi Califano (1901-1976). S’y sont ajoutées des récoltes de terrain au Mexique, en Amérique centrale et du Sud et en Afrique, lors d’expéditions menées de 1969 à 1974 puis de 1974 à 1994. Les récits des expéditions au Mexique de 1979 et 1980, publiés par Moretti dans Delpinoa en 2022 et 2023, retracent l’origine de nombreux Dioon du jardin.
Des effectifs qui varient selon les années
- 1992 : d’après le recensement mondial d’Osborne, cité par Menale et De Luca, Naples était la première collection au monde par le nombre de taxons.
- Vers 2007 : environ 800 spécimens et plus de 100 taxons (Delpinoa 49, volume 2007 paru en 2011).
- Page « Serre Califano » du jardin, non datée : environ 600 spécimens et près de 100 espèces.
- 2014-2015 : 550 spécimens et 110 espèces (Sibilio, Delpinoa 56-57, publié en ligne en 2019). C’est le chiffre publié le plus récent.
Le site actuel juge la collection « particulièrement riche » en Ceratozamia, Dioon, Encephalartos et Zamia. Un discours publié dans Delpinoa en 1996 rappelle que des Encephalartos récoltés en Afrique ont été donnés à Naples, et que les plus beaux spécimens du jardin ont été exposés au premier congrès sur les cycadales, à Beaulieu-sur-Mer, en 1987 : un lien inattendu avec la Côte d’Azur.
Sous serre pour l’essentiel, quelques sujets en plein air
La grande majorité des plantes vit aux Serre Califano, environ 5000 m² dont trois salles réservées aux cycadales. Selon Sibilio (2019), ce sont les particularités écologiques des espèces qui imposent la culture sous serre. Ces serres sont conçues pour la conservation : le jardin prévient qu’elles ne sont « pas toujours visitables ».
En plein air, l’Area delle gimnosperme réunit Cycas revoluta « en plusieurs exemplaires » et des espèces de Ceratozamia, Macrozamia, Encephalartos et Dioon. En 2007, Menale et De Luca y nommaient Dioon edule et ses cônes volumineux, Encephalartos villosus et Ceratozamia mexicana, dont les racines coralloïdes affleurent à la surface du sol. Dès 1981, sept Encephalartos longifolius étaient cultivés « en plein air ou en serre ». Le Cycas revoluta offert par la reine Marie-Caroline figure sur une planche de Delpinoa 42 (2001).
Les espèces citées par les publications du jardin
- 1984, en serre : Bowenia serrulata, Bowenia spectabilis, Lepidozamia hopei, Lepidozamia peroffskyana et neuf Macrozamia, dont Macrozamia communis, Macrozamia diplomera, Macrozamia moorei et Macrozamia spiralis.
- Données 1993-1994, parues en 1997 : 34 espèces d’Encephalartos et 121 spécimens, dont un seul Encephalartos woodii et Encephalartos sclavoi.
- 2007 : Encephalartos woodii et Microcycas calocoma ; Cycas, Lepidozamia, Macrozamia et Stangeria sont dits « largement représentés ».
- 2014-2015, paru en 2019 : Dioon est le genre le mieux représenté, avec Dioon edule, Dioon purpusii, Dioon mejiae, Dioon califanoi, Dioon caputoi, Dioon merolae, Dioon tomasellii, Dioon rzedowskii, Dioon holmgrenii et Dioon spinulosum. La même source cite Zamia pygmaea, Zamia vazquezii, Zamia polymorpha (aujourd’hui Zamia prasina), Ceratozamia hildae, Ceratozamia latifolia, Ceratozamia kuesteriana, Encephalartos arenarius, Stangeria eriopus, Cycas panzhihuaensis et Macrozamia moorei.
Lire un Index Seminum sans se tromper
L’Index Seminum est la liste, annuelle ou bisannuelle, de ce que le jardin propose à l’échange : graines, pollen, échantillons de feuilles. Ce n’est pas un inventaire, et l’absence d’une espèce dans une édition récente ne prouve pas sa disparition. Ces listes restent précieuses : elles disent où pousse la plante (serre ou plein air) et si elle a porté des cônes.
- 2007 : Cycas revoluta et Cycas thouarsii ; de 2008 à 2010, Cycas revoluta seul.
- 2012-2013, l’édition la plus riche, avec notamment Ceratozamia mexicana, Cycas circinalis, Cycas rumphii, Dioon edule, Dioon spinulosum, Encephalartos ferox, Encephalartos horridus, Encephalartos lehmannii, Encephalartos longifolius, Zamia furfuracea et Zamia portoricensis. Du pollen y est proposé pour Cycas circinalis, Cycas rumphii, Cycas thouarsii, les Ceratozamia, Encephalartos ferox, Encephalartos horridus et Zamia furfuracea : ce sont donc des pieds mâles qui ont formé des cônes.
- 2020-2021 et 2022-2023 : graines fraîches de Cycas revoluta récoltées en plein air, et pollen de Cycas rumphii, Dioon edule, Dioon merolae et Encephalartos ferox aux Serre Califano.
Le jardin produit aussi des graines. En 1988, une étude portait sur des graines de Cycas revoluta du jardin et notait que des oiseaux dispersaient les graines de Dioon edule posées sur les tablettes de semis. En 1994, des graines de Ceratozamia mexicana var. latifolia récoltées sur une plante de l’Orto ont été analysées. Le site montre enfin des cônes femelles d’Encephalartos ferox et des ovules de Cycas circinalis aux Serre Califano.
Orto Botanico di Palermo : le Cycadetum et le cycas de la reine
Palerme est le jardin italien où l’on voit le mieux les cycadales en pleine terre. La page officielle du Cycadetum (UNIPA Heritage) annonce « environ la moitié des espèces de cycadales connues » : c’est un chiffre donné par le jardin lui-même, sans liste publiée. Une autre fiche décrit ce Cycadetum comme récent et comme le plus représentatif d’Europe.
Tout commence par un cadeau de Marie-Caroline de Bourbon : le premier Cycas revoluta du jardin, présenté comme le premier pied de l’espèce cultivé en plein air en Europe. La page de l’université donne 1799 pour sa plantation, la fiche de l’APGI (association italienne des parcs et jardins) donne 1793. Les deux dates se contredisent et aucune source consultée ne permet de trancher.

En plein air, la page du Cycadetum signale « plusieurs spécimens remarquables » d’Encephalartos longifolius, d’Encephalartos woodii et de Macrozamia moorei. Les cycadales occupent des espaces proches du Palmetum et du grand Ficus, ainsi que des massifs consacrés aux Encephalartos et aux Cycas près de la Serra Carolina. Le jardin publie des fiches pour Cycas revoluta, Encephalartos ferox, Dioon edule et Macrozamia moorei.
Encephalartos woodii ou hybride ?
Un article de presse du 3 août 2025 (Balarm) et l’exposition de l’université « Celibi. Storia di una migrazione botanica » (du 8 mai au 20 octobre 2026) décrivent la plante de Palerme comme l’hybride Encephalartos woodii × natalensis, « le plus proche de l’espèce d’origine ». La page du Cycadetum écrit seulement « Encephalartos woodii ». Nous suivons les deux sources les plus récentes et parlons d’hybride.
Ce qu’ont vu les visiteurs
Sur le forum Tropicamente, quelques visites datées complètent le tableau. Les noms viennent des légendes de photos, ce sont des identifications de participants et non des étiquettes vérifiées. En octobre 2009 apparaissent Ceratozamia mexicana, Cycas circinalis, Dioon edule, Dioon spinulosum, Encephalartos longifolius, un couple de Macrozamia moorei, Zamia furfuracea, Zamia loddigesii et Zamia pumila. En novembre 2009, un participant écrit que Zamia furfuracea vit bien en pleine terre, sans aucun dégât. En décembre 2010, un autre relève Dioon rzedowskii, Cycas diannanensis, Lepidozamia peroffskyana et Macrozamia communis, et un troisième remarque que beaucoup de plantes poussent sous une lumière très filtrée, qui allonge et couche les feuilles.
Florence, Giardino dei Semplici : la serre froide
Le Museo di Storia Naturale de l’université de Florence annonce, au dernier recensement, environ 110 spécimens, 8 genres et une soixantaine d’espèces, certaines en plusieurs exemplaires et parfois de grande taille. Les genres présents sont Bowenia, Ceratozamia, Cycas, Dioon, Encephalartos, Macrozamia, Stangeria et Zamia ; Microcycas et Lepidozamia manquent.
Le noyau date du début du XXᵉ siècle : le don de la collection privée Garbari, de Trente, soit environ 300 plantes dont beaucoup ont été perdues pendant la dernière guerre. Se sont ajoutées des récoltes en Amérique centrale et du Sud dans les années 1970 et les dons de collections privées : Verga (Côme, années 1960-1970), puis Bruno (Lecce) et Munzone (Florence). La fiche APGI parle de « peut-être la plus grande collection italienne », alors qu’un visiteur du forum la plaçait en 2009 « probablement deuxième après Naples ». Aucune liste d’espèces n’est publiée en ligne, et le Delectus seminum 2017 de Florence ne propose aucune cycadale.
La plupart des plantes sont en pots, dans la serre froide, visible toute l’année. Un groupe de Cycas revoluta pousse en revanche en pleine terre devant l’entrée de cette serre et s’est, selon le musée, « parfaitement adapté au climat florentin ». Un message du forum de 2011 décrit un Encephalartos cycadifolius en pot au tronc d’environ un mètre.
Florence n’a pas le climat de Palerme. En janvier 1985, la station de Firenze/Peretola (aéroport, 40 m) a relevé −21,4 °C le 11 janvier et −21 °C le 12, au cours d’une période (5-12 janvier) où les maximales sont restées entre −1,6 et 0,2 °C, d’après les relevés quotidiens publiés par Météociel. C’est une station d’aéroport, en plaine, et non l’Orto Botanico : aucune source consultée ne décrit l’effet de cette vague de froid sur les cycadales du jardin, ni ne dit si le groupe de Cycas revoluta était déjà en pleine terre.
Giardini Botanici Hanbury, La Mortola : des cycadales du XIXᵉ siècle
À La Mortola, près de Vintimille, les cycadales sont attestées depuis plus d’un siècle. Le catalogue de 1897 des plantes cultivées « en plein air » cite Cycas normanbyana (aujourd’hui Cycas media), Cycas revoluta, Dioon edule, Encephalartos altensteinii, Encephalartos cycadifolius, Encephalartos lehmannii, Encephalartos villosus, Zamia horrida (aujourd’hui Encephalartos horridus) et probablement Ceratozamia mexicana, dont la référence est lisible mais pas le nom. L’Hortus Mortolensis de 1912 y ajoute Ceratozamia kuesteriana, Cycas neo-caledonica et Macrozamia spiralis.
Les notes de culture de 1912 sont parmi les plus parlantes de toute la documentation :
- Cycas normanbyana et Cycas neo-caledonica « ont été perdus », sans cause précisée.
- Pour Cycas revoluta, on ne connaissait longtemps dans les jardins que des pieds femelles ; puis des pieds mâles ont fleuri à Bordighera. Le jardin avait désormais les deux sexes et espérait obtenir des graines bien formées.
- Un grand Dioon edule mâle, acheté en juillet 1888 au jardin du prince Troubetzkoy, avait été planté « en position très ensoleillée, en sol sableux sec » et se portait « extrêmement bien ».
- Un Macrozamia spiralis mâle venait de la même source, acheté le même mois.
Aujourd’hui, la fiche APGI mentionne une « allée des cycas » (viale delle cycas) avec une collection de cycadales transplantées et développées par Dorothy Hanbury. Sur BGCI PlantSearch, le jardin déclare Cycas revoluta, Dioon edule, Encephalartos altensteinii, Encephalartos horridus, Encephalartos lehmannii et Macrozamia spiralis : exactement la liste de 1912. Soit les plantes historiques survivent, soit le fichier a été repris du catalogue ; sans vérification sur place, impossible de trancher.
Les autres jardins : ce qui est documenté, et à quelle date
Pour beaucoup de jardins, la seule source est BGCI PlantSearch, la base où les jardins botaniques déclarent les taxons qu’ils cultivent. Les listes ci-dessous ont été consultées le 10 octobre 2026, mais la base n’affiche aucune date de mise à jour par jardin et reste très incomplète pour l’Italie : Naples n’y a déclaré qu’Encephalartos woodii. Une espèce déclarée n’est donc pas une espèce vérifiée, et une espèce absente peut très bien être là.
- Rome (Sapienza) : la fiche APGI, non datée mais à bibliographie arrêtée en 2013, cite Cycas revoluta et Cycas circinalis parmi les essences remarquables de la zone de colline, donc en plein air. BGCI indique Cycas revoluta. En 2013, un message du forum montre un Encephalartos lehmannii en pot, en plein air près de l’entrée, avec trois rejets.
- Pise : le Viale Cisalpino est « bordé de buis et de Cycas » (page non datée de la Région Toscane). En 2018, la nouvelle serre tropicale abritait Cycas circinalis et Cycas taiwaniana. BGCI ajoute Ceratozamia mexicana, Cycas revoluta, Dioon edule, Encephalartos horridus et Zamia furfuracea. Les Index Seminum 2022 et 2023 ne proposent aucune cycadale.
- Padoue : BGCI indique Ceratozamia mexicana, Cycas circinalis et Cycas revoluta. En 2010, des visiteurs du forum décrivaient une Ceratozamia nommée « mexicana », au tronc ancien, plantée en pleine terre dans une serre ouverte adossée à un mur.
- Catane : BGCI indique Ceratozamia mexicana, Cycas revoluta, Dioon edule, Encephalartos hildebrandtii et Encephalartos horridus ; la fiche APGI ne cite aucune cycadale.
- Pavie : Ceratozamia mexicana, Cycas revoluta, Dioon edule, Dioon spinulosum, Encephalartos horridus et Macrozamia diplomera selon BGCI. Sienne : Ceratozamia mexicana et Cycas revoluta. Camerino et Cosenza (université de Calabre) : Cycas revoluta.
- Portici : un article de 2020, repris de la revue TerrAmica (janvier 2018), décrit des bacs thématiques accueillant une collection de Cycadaceae, sans nommer d’espèce.
- Messine : deux messages du forum, en 2007 (un Cycas revoluta tout juste planté) et en 2008 (« de bonnes collections de palmiers, Cycas et succulentes »). Aucune source institutionnelle.
- La Mortella (Ischia) : une source de 2011 cite des « cycads » parmi les plantations ; en 2008, le forum montre un Lepidozamia photographié au jardin, espèce non précisée.
Hors des universités, la page de la RHS consacrée à Radicepura (Giarre, près de Catane) évoque des spécimens rares « comme les Encephalartos », et les Giardini Ravino (Forio d’Ischia) comptent environ 200 spécimens parmi lesquels des cycadales, des palmiers et des Musaceae. Sur le forum, en 2012, le jardin de La Cutura (Salento) avait étendu ses cultures aux palmiers et aux cycadales, et à la Villa Comunale de Nardò un participant identifiait un Cycas thouarsii sur des photos de 2011 ; à la réouverture, en octobre 2012, plusieurs cycadales avaient disparu, attribuées à des vols. Pour Cagliari, Lucques, Bari et la Villa Taranto, aucune source citant des cycadales n’a été trouvée.
Ce que ces collections apprennent sur la culture en climat méditerranéen
Première leçon : Cycas revoluta est la seule cycadale présente en plein air dans presque tous ces jardins, de Palerme à Florence en passant par Naples, Rome, Pise et La Mortola, souvent depuis très longtemps. Les autres espèces documentées en plein air sont peu nombreuses et se trouvent presque toutes dans le Sud ou sur la côte ligure : Dioon edule à Naples (avec cônes) et à La Mortola, Encephalartos villosus et Ceratozamia mexicana à Naples, Encephalartos longifolius à Naples et à Palerme, Macrozamia moorei et l’hybride d’Encephalartos woodii à Palerme, Zamia furfuracea en pleine terre à Palerme d’après le forum.
Deuxième leçon : le climat méditerranéen ne suffit pas à tout. Même à Naples, la grande majorité de la collection reste sous serre, et Sibilio (2019) l’explique par les particularités écologiques des espèces. À Florence, la collection vit en pots, en serre froide.
Troisième leçon : le sol, la lumière et l’eau comptent autant que le froid. Le Dioon edule de La Mortola prospérait en 1912 en plein soleil et en sol sableux sec ; à Palerme, d’après un visiteur, la lumière très filtrée allonge et couche les feuilles. Enfin, pour obtenir des graines il faut les deux sexes : La Mortola a longtemps attendu des Cycas revoluta mâles, alors que Naples échange aujourd’hui pollen et graines par son Index Seminum.
Ce que l’on sait du côté français
Ces observations rejoignent celles des jardins du sud-est de la France, dont le climat est proche de celui de nombreuses régions italiennes (côtes ligure et tyrrhénienne, Sicile, Sardaigne, Pouilles). Au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, dans le Var, à 3 km du littoral, l’expérience publiée sur ce site donne quelques repères :
- plusieurs Cycas panzhihuaensis cultivés en plein soleil, dans un remblai de schiste concassé très drainant, ont « parfaitement encaissé » −7 °C et la neige en janvier et février 2012 ; ils sont arrosés une à deux fois par semaine en été ;
- pour les Macrozamia, un arrosage par semaine en été est un minimum et deux sont l’optimum ; la mi-ombre convient aussi, notamment à Macrozamia communis, et protège mieux du gel ; un gel sec est moins dangereux que le même gel après une période de pluie ;
- un Ceratozamia « Palma Sola », population rattachée à Ceratozamia brevifrons, cultivé en pleine terre sous un couvert d’eucalyptus, a supporté −6 °C sans protection pendant l’hiver 2011-2012, sans dégât.
Ces expériences sont transposables avec prudence à une grande partie de l’Italie, mais il s’agit de résultats français : il serait hasardeux d’en tirer une correspondance chiffrée avec telle ou telle ville italienne. Le point commun, des deux côtés de la frontière, tient en quelques mots : drainage parfait, eau en été, soleil pour les espèces de milieux ouverts, méfiance envers l’humidité hivernale.
Conseils de visite
- Naples : l’Area delle gimnosperme, en plein air, montre Cycas revoluta, des Dioon, Encephalartos, Ceratozamia et Macrozamia. Les Serre Califano, qui abritent l’essentiel de la collection, sont des serres de conservation « pas toujours visitables » : renseignez-vous auprès du jardin avant de vous déplacer.
- Palerme : cherchez le Cycadetum près du Palmetum, du grand Ficus et de la Serra Carolina. L’exposition « Celibi » consacrée à l’hybride d’Encephalartos woodii est annoncée jusqu’au 20 octobre 2026.
- Florence : selon le musée, la serre froide du Giardino dei Semplici se visite toute l’année ; le groupe de Cycas revoluta en pleine terre est devant son entrée.
- La Mortola : l’allée des cycas mentionnée par l’APGI est le point de départ naturel, à combiner avec une visite des jardins de la Côte d’Azur.
- Partout : horaires, tarifs et ouverture des serres changent ; vérifiez-les sur le site officiel de chaque jardin. Les étiquettes et les identifications des visiteurs peuvent être erronées, en particulier pour Cycas circinalis. Et les vols signalés à Naples et à Nardò rappellent qu’on ne prélève ni graine ni rejet dans ces jardins.
Points à vérifier
- Encephalartos woodii à Naples : présent en 1997 (un pied) et en 2007. En 2010, le forum signalait un rejet volé « il y a 2 ou 3 ans » et un autre pied au tronc intact mais sans feuilles. BGCI le liste toujours, sans date. Son statut actuel n’est pas établi.
- Cycas circinalis : le nom apparaît à Rome (en plein air), Pise, Padoue, Palerme et Naples, mais il est souvent appliqué à tort en culture à d’autres espèces, comme Cycas rumphii ou Cycas thouarsii. À vérifier sur place.
- Palerme, 1799 ou 1793 pour le Cycas revoluta de Marie-Caroline : les deux sources officielles divergent. Naples conserve aussi un Cycas revoluta donné par la même reine.
- La Mortola : la liste BGCI recoupe exactement le catalogue de 1912 ; on ignore si elle décrit des plantes encore vivantes.
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Sources
- Orto Botanico di Napoli, page « Cycadales » (non datée, contenu actuel) : historique et composition de la collection. https://www.ortobotaniconapoli.it/it/ricerca-e-conservazione/collezioni/cycadales.html
- Orto Botanico di Napoli, « 10. Area delle gimnosperme » (non datée) : cycadales de plein air. https://www.ortobotaniconapoli.it/it/10-area-delle-gimnosperme.html
- Orto Botanico di Napoli, « 23. Serre Califano » (non datée) : surface, effectifs, accès. https://www.ortobotaniconapoli.it/it/23-serre-califano.html
- Menale B., De Luca P., « L’Orto Botanico di Napoli », Delpinoa 49 (vol. 2007, paru en 2011) : effectifs, recensement d’Osborne, espèces de plein air. https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_49_2007_%5B2011%5D/Delpinoa_n_s_49_2007_%5B2011%5D_111-135.pdf
- Sibilio G., « The greenhouses of the Botanical Garden of Naples, Italy », Delpinoa 56-57 (vol. 2014-2015, en ligne en 2019) : source la plus récente sur les espèces et les effectifs. https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_56-57_2014-15_%5B2019%5D/Delpinoa_n_s_56-57_2014-15_%5B2019%5D_069-103.pdf
- Gaudio L. et al., Delpinoa 35-36 (vol. 1993-94, paru en 1997), tableau 1 : les 34 espèces d’Encephalartos (source ancienne). https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_35-36_1993-94_%5B1997%5D/Delpinoa_35-36_1993-94_%5B1997%5D_055-064.pdf
- Moretti A., Delpinoa 23-24 (paru en 1984), tableau 1 : Bowenia, Lepidozamia et Macrozamia en serre (source ancienne). https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_23-24_1981-82_%5B1984%5D/Delpinoa_23-24_1981-82_%5B1984%5D_129-136.pdf
- Siniscalco Gigliano G., Delpinoa 21-22 (paru en 1981) : Encephalartos longifolius en plein air ou en serre. https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_21-22_1979-80_%5B1981%5D/Delpinoa_21-22_1979-80_%5B1981%5D_063-070.pdf
- Siniscalco Gigliano G., Nazzaro R., Delpinoa 31-32 (paru en 1994) : graines de Ceratozamia produites au jardin. https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_31-32_1989-90_%5B1994%5D/Delpinoa_31-32_1989-90_%5B1994%5D_141-148.pdf
- Caputo P., Nazzaro R., Sabato S., « Observations on seeds in the Cycadales », Delpinoa 27-28 (paru en 1988). https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_27-28_1985-86_%5B1988%5D/Delpinoa_27-28_1985-86_%5B1988%5D_029-036.pdf
- Planches de Delpinoa 42 (2000, paru en 2001) : le Cycas revoluta de la reine Marie-Caroline. https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_42_2000_%5B2001%5D/Delpinoa_42_2000_%5B2001%5D_063-093_Tables.pdf
- De Luca P., Moretti A., Delpinoa 33-34 (paru en 1996) : dons d’Encephalartos et congrès de Beaulieu-sur-Mer (1987). https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_33-34_1991-92_%5B1996%5D/Delpinoa_33-34_1991-92_%5B1996%5D_253-265.pdf
- Moretti A., « Spedizioni scientifiche dell’Orto Botanico di Napoli – Messico 1979 », Delpinoa 62 (2022), et « Messico 1980 », Delpinoa 63-64 (2023) : origine des Dioon. https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_62_2020_%5B2022%5D/Delpinoa_n_s_62_2020_%5B2022%5D_07-48.pdf ; https://www.ortobotaniconapoli.it/images/Delpinoa/Delpinoa_n_s_63-64_2021-22_%5B2023%5D/Delpinoa_n_s_63-64_2021-22_%5B2023%5D_05-38.pdf
- Index Seminum de l’Orto Botanico di Napoli, éditions 2007 à 2022-2023 (listes d’échange, pas des inventaires). https://www.ortobotaniconapoli.it/it/ricerca-e-conservazione/index-seminum.html
- UNIPA Heritage, « Cycadetum » (non datée, contenu actuel) : Cycadetum de Palerme, date de 1799, espèces de plein air. https://musei.unipa.it/en/node/287
- APGI, fiche « Orto Botanico di Palermo » (non datée) : date de 1793. https://www.apgi.it/wp-content/plugins/custom_garden/ajax/get_pdf_client.php?id=1340
- Orto Botanico Italia, fiche Palerme (non datée). https://www.ortobotanicoitalia.it/sicilia/palermo/
- Balarm, article du 3 août 2025 sur l’hybride Encephalartos woodii × natalensis. https://www.balarm.it/news/ne-esistono-solo-500-in-tutto-il-mondo-a-palermo-vive-la-pianta-piu-sola-del-pianeta-157501
- UNIPA Heritage, exposition « Celibi. Storia di una migrazione botanica » (2026). https://musei.unipa.it/en/events-and-news/celibi-storia-di-una-migrazione-botanica
- Museo di Storia Naturale, université de Florence, « Cycads » (non datée) : recensement, historique, serre froide. https://www.msn.unifi.it/vp-915-cycads.html
- APGI, fiche « Orto Botanico Giardino dei Semplici » (non datée). https://apgi.it/wp-content/plugins/custom_garden/ajax/get_pdf_client.php?id=1511
- Delectus seminum 2017 de Florence (aucune cycadale). https://www.sma.unifi.it/upload/sub/delectus_seminum_completo.pdf
- Météociel, relevés quotidiens de janvier 1985 pour Firenze/Peretola (station d’aéroport). https://www.meteociel.fr/climatologie/obs_villes.php?code2=16170&mois=1&annee=1985
- Alphabetical catalogue of plants growing in the open air in the garden of Thomas Hanbury, La Mortola, 1897 (source ancienne, texte OCR imparfait). https://archive.org/details/alphabeticalcat00dint
- Hortus Mortolensis, 1912 (source ancienne ; notes de culture). https://archive.org/details/hortusmortolensi00giar
- La Mortola: a short description of the garden of Thomas Hanbury, 1885 (source ancienne). https://archive.org/details/lamortolashortde00flrich
- APGI, fiche « Giardini Botanici Hanbury » (non datée) : allée des cycas. https://apgi.it/wp-content/plugins/custom_garden/ajax/get_pdf_client.php?id=3804
- APGI, fiche « Orto Botanico di Roma » (non datée, bibliographie jusqu’en 2013). https://www.apgi.it/wp-content/plugins/custom_garden/ajax/get_pdf_client.php?id=1433
- Région Toscane, « Orto botanico di Pisa » (non datée). https://www.regione.toscana.it/-/orto-botanico-di-pisa
- gonews.it, nouvelle serre tropicale de l’Orto e Museo botanico de Pise (23 mars 2018). https://www.gonews.it/?p=847439
- Rivista di Agraria, « Alla scoperta dell’Orto botanico di Portici » (14 décembre 2020). https://www.rivistadiagraria.org/articoli/anno-2020/alla-scoperta-dellorto-botanico-portici/
- Pith + Vigor, « Garden destination: La Mortella » (février 2011). https://pithandvigor.com/2011/02/garden-destination-la-mortella-ischia-italy/
- RHS, page du jardin partenaire Radicepura (non datée). https://www.rhs.org.uk/gardens/gardendetails/radicepura
- Italian Botanical Heritage, « Giardini Ravino » (non datée). https://luoghi.italianbotanicalheritage.com/en/?p=28235
- BGCI PlantSearch, consulté le 10 octobre 2026 (déclarations des jardins, sans date de mise à jour ; très incomplet pour l’Italie). https://plantsearch.bgci.org/
- Forum Tropicamente, messages datés de 2007 à 2013 (identifications des participants, non vérifiées). Naples : https://www.tropicamente.it/forums/topic/cycadacee-a-napoli-ob-lista/ ; Palerme : https://www.tropicamente.it/forums/topic/foto-orto-botanico-palermo/ ; https://www.tropicamente.it/forums/topic/zamia-furfuracea-e-dion-spinulosum/ ; Palerme et Florence : https://www.tropicamente.it/forums/topic/cycadee-in-vaso/ ; Florence : https://www.tropicamente.it/forums/topic/lieti-eventi/ ; Rome : https://www.tropicamente.it/forums/topic/princeps-vs-lehmannii/ ; Padoue : https://www.tropicamente.it/forums/topic/giardino-botanico-di-padova/ ; Nardò : https://www.tropicamente.it/forums/topic/giardino-botanico-di-nardo-lecce/
- The World List of Cycads, pour les noms acceptés et les synonymes (consulté le 10 octobre 2026). https://cycadlist.org/scientific_names