Encephalartos ferox est une cycadale à tronc le plus souvent souterrain qui pousse sur la côte de l’océan Indien, du nord-est du KwaZulu-Natal (Afrique du Sud) au sud du Mozambique, dans les forêts dunaires, les fourrés littoraux et les bois sur sable. Espèce du genre Encephalartos, décrite en 1851 par le botaniste italien Giuseppe Bertoloni sous le nom d’Encephalartus ferox, elle se reconnaît à ses feuilles vert foncé brillant, aux larges folioles terminées par des lobes piquants comme celles du houx, et à ses cônes orange à rouge écarlate, uniques en Afrique australe. Les populations du KwaZulu-Natal ont d’abord été décrites sous le nom d’Encephalartos kosiensis, aujourd’hui en synonymie, et une sous-espèce du Mozambique, Encephalartos ferox subsp. emersus, a été décrite en 2015. Classée quasi menacée par l’UICN, c’est une espèce de climat sans gel, dont la culture en pleine terre en France reste limitée aux sites les plus doux.
L’essentiel sur Encephalartos ferox
- Nom accepté : Encephalartos ferox G.Bertol. (1851), nom accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+ ; deux sous-espèces acceptées, subsp. ferox et subsp. emersus P.Rousseau, Vorster & A.E.van Wyk (2015)
- Anciens noms et synonymes : Encephalartos kosiensis Hutch. (1932) ; orthographe originale « Encephalartus ferox »
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais « Maputaland cycad », « Zululand cycad » et « Tongaland cycad », en zoulou « umthobane » et « uthobani », en tsonga « chihanga » (PlantZAfrica)
- Répartition naturelle : nord-est du KwaZulu-Natal (de Sodwana Bay à Kosi Bay) et côte du Mozambique (provinces de Maputo, Gaza et Inhambane), jusqu’au sud de la rivière Save
- Statut UICN : quasi menacé (NT, critère A4cd), évaluation de J.S. Donaldson et de ses collègues datée de septembre 2020, publiée en 2022 ; subsp. emersus en danger critique (CR)
- CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucun gel dans l’aire naturelle ; jeunes plants en pleine terre ayant survécu en France à la vague de froid de février 2012 ; une plante de pépinière californienne intacte à −4 °C (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : mi-ombre, sol sableux bien drainé, arrosage abondant en été (PlantZAfrica)
- Port et dimensions adultes : tronc souterrain, rarement émergent jusqu’à 1 m (jusqu’à 1,5 m chez subsp. emersus), de 20 à 40 cm de diamètre ; feuilles de 1 à 2,6 m
- Toxicité : graines toxiques, comme chez les autres Encephalartos (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Encephalartos ferox ?
On le reconnaît à ses folioles larges, vert foncé et brillantes, plus larges vers le haut que vers la base et terminées par trois à cinq lobes piquants, et à ses cônes rouges ou orangés. Dyer (1965) le jugeait sans parent proche parmi les espèces sud-africaines. Sa description, complétée par la révision de Rousseau et ses collègues (2015) et par PlantZAfrica, donne :
- Tronc : souterrain, rarement émergent (jusqu’à environ 1 m), de 20 à 40 cm de diamètre, simple ou portant un à quatre rejets à la base ; les plantes en plein soleil drageonnent davantage, selon Donaldson (1998, cité par Rousseau et ses collègues) ;
- Feuilles : de 1 à 2,6 m, arquées, velues et souvent cuivrées dans leur jeunesse (PlantZAfrica), puis glabres ; pétiole portant de deux à six épines chez la sous-espèce type ;
- Folioles : 30 à 37 paires en moyenne, larges (3 à 5 cm, parfois plus), de 14 à 19 cm de long, ondulées, avec deux à six dents sur la marge supérieure et zéro à quatre sur la marge inférieure, et une pointe à deux ou trois dents rapprochées ;
- Cônes mâles : fusiformes, orange à rouges, rarement jaunes, de 32 à 44 cm (jusqu’à 96 cm pour un cône mesuré), jusqu’à cinq produits successivement ;
- Cônes femelles : ovoïdes à cylindriques, en général rouges, plus rarement orange ou jaunes, de 30 à 57 cm, un seul ou deux (très rarement trois) à la fois ;
- Graines : à enveloppe charnue blanche puis rouge à maturité, de 4 à 5 cm, de 81 à 577 par cône (Phelan et ses collègues, cités par Rousseau et ses collègues).
La couleur des cônes varie : Rousseau et ses collègues observent surtout des cônes mâles orange et des cônes femelles rouges, avec un gradient vers le jaune ; la forme à folioles très larges, terminées par cinq dents, semble propre aux populations les plus méridionales, celles du KwaZulu-Natal autrefois nommées Encephalartos kosiensis.

Hybrides
Aucun hybride naturel d’Encephalartos ferox n’est connu : aucune autre espèce du genre ne pousse dans son aire (Rousseau et ses collègues, 2015). En culture, les croisements avec les autres Encephalartos, qui s’hybrident d’ordinaire facilement entre eux, ont le plus souvent échoué ; les rares hybrides obtenus, avec de très faibles rendements, sont Encephalartos ferox × Encephalartos woodii, × Encephalartos trispinosus et × Encephalartos caffer (Vorster, données non publiées, cité par Rousseau et ses collègues).
PlantZAfrica rapporte par ailleurs que certains auteurs considèrent Encephalartos woodii, connu par une seule plante mâle trouvée en 1895, comme un hybride naturel entre Encephalartos natalensis et Encephalartos ferox. Ce n’est qu’une hypothèse parmi d’autres : la même source cite aussi une relique d’une espèce disparue, une mutation ou une forme robuste d’Encephalartos natalensis.
Confusions possibles
Adulte et en cône, Encephalartos ferox se confond peu : ses folioles élargies vers le haut, à trois à cinq lobes piquants, et ses cônes saumon à écarlates sont uniques en Afrique australe (Dyer, 1965). Le seul autre Encephalartos à cônes rouges est Encephalartos gratus, du Malawi et du Mozambique, dont le feuillage est très différent ; une analyse morphologique (Treutlein et ses collègues, 2005) avait d’ailleurs rapproché les deux espèces, avec un faible soutien.
La sous-espèce emersus ressemble par son feuillage à Encephalartos hildebrandtii, de Tanzanie et du Kenya, qui s’en distingue par un tronc aérien de 2,5 à 6 m, des feuilles plus longues et des folioles plus étroites et plus dentées ; Rousseau et ses collègues signalent ce point pour aider à identifier les plantes cultivées d’origine inconnue. Les jeunes plants sans origine connue sont plus délicats : sur le forum italien Tropicamente, un cultivateur reconnaît en 2012 qu’il confondrait facilement, à ce stade, des semis d’Encephalartos ferox, d’Encephalartos horridus, d’Encephalartos trispinosus et d’Encephalartos arenarius.
Taxonomie
Encephalartos ferox est un nom accepté par The World List of Cycads, GBIF et Species+. Giuseppe Bertoloni (« Bertol. f. », Bertoloni fils, chez Dyer, 1965) l’a publié en 1851 dans les Memorie della Reale Accademia delle Scienze dell’Istituto di Bologna (volume 3, p. 264-265), sous la graphie Encephalartus ferox, dans un article consacré aux plantes du Mozambique. Il ne disposait que de deux feuilles envoyées du Mozambique par Fornasini, qu’il jugeait proches d’Encephalartos horridus et d’« Encephalartos lanuginosus » mais distinctes. Selon Rousseau et ses collègues (2015), le type est une peinture de la plante holotype conservée à Kew, réalisée par Fornasini, collecteur et artiste, et provenant probablement des environs d’Inhambane.
Les plantes du KwaZulu-Natal, découvertes à Kosi Bay par Aitken et Gale, ont été décrites en 1932 par John Hutchinson sous le nom d’Encephalartos kosiensis, d’après une plante cultivée à Durban depuis 1930 ; on a reconnu quelques années plus tard qu’il s’agissait de l’espèce de Bertoloni (Dyer, 1965). Rousseau et ses collègues (2015) ont étudié les populations le long de toute la côte mozambicaine : les plantes les plus méridionales ont quelques caractères propres (folioles très larges, terminées par cinq dents), mais partagent la plupart des autres, sans séparation écologique, si bien que le rétablissement d’Encephalartos kosiensis n’est pas justifié.
La même étude a décrit Encephalartos ferox subsp. emersus (Phytotaxa 204(2) : 99-115, 2015 ; holotype Rousseau 1175, à Pretoria), pour l’unique population située au nord de Vilanculos, au sud de la rivière Save. Elle se distingue par un tronc toujours émergent de 1 à 1,5 m, un pétiole plus court et plus épineux (8 à 12 épines), des feuilles plus courtes, des folioles plus nombreuses et plus étroites (2,5 à 3,4 cm), dès le stade de plantule, et des cônes plus petits, le plus souvent jaunes, dont les écailles femelles sont vertes à l’intérieur. Les populations typiques forment l’autonyme Encephalartos ferox subsp. ferox. The World List of Cycads accepte les deux sous-espèces. Sur le plan phylogénétique, l’espèce reste isolée : les analyses moléculaires la placent dans un groupe bien soutenu, mais son plus proche parent n’est pas établi, peut-être une espèce sud-africaine à tronc souterrain de la côte est.
Étymologie et histoire
L’épithète latine ferox signifie « féroce » et fait allusion aux folioles raides, terminées par de grandes dents piquantes (Haynes, 2022, via The World List of Cycads ; Rousseau et ses collègues, 2015).
La lettre de Fornasini publiée par Bertoloni (1851) décrit déjà la plante vivante : un « bulbe » gros comme un corps humain, d’où sortent un ou plusieurs « fruits » semblables à des ananas, mais rouges ; une plante peu commune, mais très utile aux habitants, qui en mangent le tronc et en tirent une farine. Fornasini en avait fait transplanter une dans son jardin, qui portait trois cônes. En Afrique du Sud, Dyer (1965) rapporte que des graines semées à Durban en 1937 ont donné une plante dont le tronc était encore presque entièrement souterrain lorsqu’elle a produit son premier cône, douze ans plus tard.
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté pour Encephalartos ferox. PlantZAfrica (SANBI) donne les noms anglais « Maputaland cycad », « Zululand cycad » et « Tongaland cycad », les noms afrikaans « Maputalandbroodboom » et « Tongalandbroodboom », les noms zoulous « umthobane » et « uthobani », et le nom tsonga « chihanga ». Species+ retient « Tongaland cycad », « Zululand cycad » et « Kozi cycad », ce dernier rappelant l’ancien nom Encephalartos kosiensis.
Dans la nature
Encephalartos ferox vit sur la plaine côtière du Maputaland et du sud du Mozambique. PlantZAfrica le situe dans le KwaZulu-Natal de Sodwana Bay à Kosi Bay, puis le long de la côte mozambicaine jusqu’à Vilanculos ; Rousseau et ses collègues (2015) ne l’ont trouvé dans aucune localité au nord de la rivière Save. La sous-espèce type pousse dans les forêts et fourrés des dunes littorales et dans les bois de miombo sur sable, le plus souvent à l’ombre partielle ou totale, entre 20 et 100 m d’altitude, avec 1 000 à 1 250 mm de pluie par an ; elle peut pousser à moins de 50 m de la plage et former localement de grandes populations (PlantZAfrica). Il n’y gèle pas. Le feu fait partie de son milieu : il endommage tiges et feuilles, mais la plante repart de son tronc souterrain.
La sous-espèce emersus occupe un milieu tout différent : une plaine inondable à palmiers (Phoenix reclinata, Hyphaene), où les plantes poussent en plein soleil sur d’anciennes termitières formant des buttes au-dessus des zones inondées, jusqu’à vingt individus par butte, avec environ 800 mm de pluie par an (Rousseau et ses collègues, 2015).
Les cônes s’ouvrent de fin mars à début mai au Mozambique, et les graines tombent vers septembre. Des charançons du genre Porthetes sont les pollinisateurs probables. PlantZAfrica décrit des graines recherchées par les babouins, les singes vervets, les damans, les chauves-souris frugivores et les calaos, qui mangent l’enveloppe charnue et recrachent l’amande ; Rousseau et ses collègues notent au contraire, dans les populations du Mozambique, une dispersion très faible, de nombreuses graines restant au pied de la plante.

Statut de conservation et réglementation
Encephalartos ferox est classé quasi menacé (NT) sur la Liste rouge de l’UICN, selon le critère A4cd, qui porte sur une réduction de population en cours. L’évaluation de J.S. Donaldson, H.A. Matimele, D. Raimondo et leurs collègues est datée du 16 septembre 2020 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads, GBIF, Crossref). Les sous-espèces ont été évaluées séparément : subsp. ferox quasi menacée et subsp. emersus en danger critique (CR), selon la liste de l’UICN reprise par GBIF ; Rousseau et ses collègues avaient proposé en 2015 cette catégorie pour emersus en raison des prélèvements illégaux. La Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée directement.
Le statut a changé avec le temps : « rare » en 1997, « préoccupation mineure » dans le plan d’action de l’UICN (Donaldson, 2003), qui estimait alors la population à 100 000 plantes, puis quasi menacé. PlantZAfrica, d’après la Liste rouge des plantes d’Afrique du Sud (consultée en 2016), précise que l’espèce, encore répandue et commune, décline sous l’effet des prélèvements et de la destruction de l’habitat, avec une réduction projetée proche de 30 % en trois générations. Rousseau et ses collègues citent le prélèvement pour l’horticulture locale et étrangère, les feux trop fréquents qui tuent les plantules, l’aménagement du littoral et l’agriculture ; environ 10 % des Encephalartos vendus sur le marché de plantes médicinales de Warwick, à Durban, étaient rapportés à cette espèce (Cousins et ses collègues, 2011).
Comme toutes les espèces du genre, il est inscrit à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages (liste en vigueur : règlement (UE) 2026/1383), selon Species+. Pour les plantes reproduites artificiellement provenant d’Afrique du Sud, l’Union européenne a émis un avis favorable en vigueur depuis le 20 juin 2011, limité aux plantes dont le caudex ne dépasse pas 15 cm de diamètre ; une nouvelle consultation sur l’ensemble du genre est ouverte depuis le 16 septembre 2026. Species+ enregistre aussi des suspensions passées du commerce avec le Mozambique, qui ne sont plus en vigueur : la CITES a suspendu toutes les exportations de 2012 à 2019 (suspension levée par la notification 2019/027), et l’Union européenne a suspendu les importations de plantes sauvages par des décisions prises de 2008 à 2017. En France, une plante proposée à la vente doit être issue de culture et accompagnée des documents CITES et européens exigés. Bases consultées le 20 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat.
Culture
Encephalartos ferox est une espèce courante dans le commerce horticole, qui pousse le mieux à mi-ombre et demande beaucoup d’eau ; elle ne supporte pas les fortes gelées (PlantZAfrica). La pépinière californienne Jungle Music la conseille en lumière filtrée, comme plante de sous-bois, dans un sol riche mais drainant, jamais détrempé. Sa croissance reste lente : la plante semée à Durban en 1937 a mis douze ans pour former son premier cône (Dyer, 1965).
En France, des Encephalartos ferox sont plantés en pleine terre sur le port du Lavandou (Var), où un membre du forum Fous de palmiers les a photographiés en janvier 2011 ; la photo ci-dessus montre une plante cultivée au Lavandou. En Gironde, un cultivateur le cultive depuis 2010 contre un mur de pierres orienté plein sud (voir Rusticité).
Multiplication
Encephalartos ferox se multiplie par graines ou par séparation des rejets (PlantZAfrica). Il faut des plantes des deux sexes en cône en même temps ; en jardin, la pollinisation est manuelle. PlantZAfrica décrit la méthode : le pollen, récolté sur le cône mâle, se conserve plusieurs mois au congélateur ; lorsque les écailles du cône femelle s’entrouvrent légèrement, on y verse le pollen mêlé d’eau distillée. Pour trier les graines, on retire l’enveloppe charnue après deux à trois jours de trempage, puis on les plonge dans un seau d’eau : les graines fertiles, plus lourdes, coulent. L’embryon met six à sept mois à se développer avant la germination ; une racine pivot tubérisée apparaît d’abord, puis la première feuille environ six semaines plus tard. Graines et plantes relèvent de l’annexe I de la CITES.
Maladies et ravageurs
Aucune maladie propre à Encephalartos ferox n’est décrite. Dans la nature, des chenilles de papillons de la famille des Geometridae (Zerenopsis, Diptychis, Paraptychodes) se nourrissent de ses feuilles (Rousseau et ses collègues, 2015). En culture, comme pour les autres Encephalartos, le principal risque est la pourriture des racines et du tronc dans un sol froid et détrempé.
Rusticité
Encephalartos ferox n’est pas une plante de climat froid : il ne gèle pas dans son aire, et PlantZAfrica précise qu’il ne supporte pas les fortes gelées. Quelques retours montrent toutefois que de jeunes plants, au caudex encore enterré, ont survécu à des froids sévères. Comme pour tous les Encephalartos, ces survies concernent souvent de jeunes plants protégés par l’inertie thermique du sol, voire par la neige ; une plante adulte au tronc dégagé n’a pas cette protection.
En France
En Gironde, un cultivateur de Saint-Médard-de-Guizières indique sur le forum Fous de palmiers, en juillet 2015, qu’il cultive depuis cinq ans en pleine terre un jeune Encephalartos ferox, au caudex à peine plus gros qu’une noix, installé en hauteur dans une jardinière adossée à des pierres de taille exposées plein sud, le caudex entouré de pierres. La plante a passé la vague de froid de février 2012 ; elle est défoliée environ un hiver sur trois quand il oublie de la protéger d’un voile d’hivernage et d’un petit toit, et repart chaque été.
En avril 2012, un autre membre du forum, dont la localité n’est pas indiquée, rapporte que trois plantules d’Encephalartos ferox installées en pleine terre l’automne précédent ont bien passé la vague de froid de février 2012, malgré treize jours sans dégel et des pointes à −12 °C. Faute de lieu précis, ce retour est donné à titre indicatif ; il illustre la meilleure résistance des très jeunes plants au ras du sol.
Sur le littoral varois, les plantes du port du Lavandou montrent que l’espèce tient en pleine terre dans les sites les plus doux, mais aucune température n’a été publiée à leur sujet. Aucun retour daté n’est documenté pour la Bretagne, l’intérieur ou la montagne. La culture en bac, à l’abri du gel en hiver, reste la solution la plus sûre dans la plupart des régions.
Repères internationaux
En Californie, la pépinière Jungle Music indique qu’une gelée à −4 °C (25 °F) dans ses cultures n’a causé aucun dégât à l’espèce, sans préciser l’année ni l’âge des plantes. En Italie, un cultivateur de Rome rapporte sur le forum Tropicamente qu’un jeune plant en pot, laissé sous une véranda fermée sur trois côtés, n’a eu que de minuscules taches sur les feuilles après le froid du 17 décembre 2010, qu’il estime à −8 °C ; un autre membre doute que la plante, abritée près du mur, ait réellement subi cette température. À l’inverse, un autre cultivateur italien, sans indiquer sa localité, signale en décembre 2009 des dégâts sur des Encephalartos ferox en pleine pousse après une seule nuit à −1 °C survenue entre deux journées proches de 20 °C.
Toxicité et précautions
Les graines d’Encephalartos ferox sont toxiques : PlantZAfrica parle de leurs amandes « vénéneuses », recrachées par les animaux qui n’en mangent que l’enveloppe charnue, et Fornasini signalait déjà en 1851 des graines « non bonnes à manger ». Le risque est documenté dans le genre : la toxicité d’Encephalartos horridus a été démontrée dès 1944 (Van der Walt), et les cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Portez des gants pour manipuler les graines, d’autant que les folioles sont très piquantes, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Selon la lettre de Fornasini publiée par Bertoloni (1851), les habitants du Mozambique mangeaient le tronc de la plante, dont ils tiraient une farine. PlantZAfrica décrit, pour les cycadales sud-africaines en général, l’extraction de la moelle amylacée, enveloppée dans des peaux, fermentée puis moulue. Plus récemment, l’espèce a été trouvée en vente sur un marché de plantes médicinales de Durban (Cousins et ses collègues, 2011), où les plantes entières sont prélevées.
Questions fréquentes
Encephalartos ferox est-il rustique en France ?
Non, sauf exception. L’espèce ne connaît pas le gel dans la nature. De jeunes plants au ras du sol ont survécu à la vague de froid de février 2012 en France, mais une plante adulte ne bénéficie pas de cette protection ; la culture en bac, à l’abri du gel, reste la règle hors des sites les plus doux du littoral.
Pourquoi ses cônes sont-ils rouges ?
C’est un caractère propre à l’espèce en Afrique australe. Les cônes vont du saumon à l’écarlate, plus rarement au jaune ; chez la sous-espèce emersus, du Mozambique, ils sont surtout jaunes.
Quelle est la différence entre subsp. ferox et subsp. emersus ?
La seconde a un tronc toujours aérien de 1 à 1,5 m, des folioles plus étroites et des cônes surtout jaunes. Elle ne compte qu’une population, en plaine inondable, au nord de Vilanculos, et elle est en danger critique.
Encephalartos kosiensis est-il une autre espèce ?
Non. C’est le nom donné en 1932 aux plantes de Kosi Bay, reconnues ensuite comme Encephalartos ferox. Rousseau et ses collègues (2015) ont jugé que leurs particularités ne justifiaient pas de rétablir ce nom.
Faut-il beaucoup l’arroser ?
Oui, en saison chaude. PlantZAfrica le décrit comme une espèce qui demande beaucoup d’eau et préfère la mi-ombre, dans un sol drainant. En hiver, le sol doit rester sain pour éviter les pourritures.
Est-il menacé ?
Il est quasi menacé : encore commun, il recule à cause des prélèvements et de l’aménagement du littoral. Sa sous-espèce emersus est en danger critique.
Peut-on en acheter légalement ?
Oui, s’il s’agit de plantes issues de culture accompagnées des documents CITES et européens. L’espèce est à l’annexe I de la CITES et à l’annexe A dans l’Union européenne.
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Sites de référence
- The World List of Cycads, Encephalartos ferox : https://cycadlist.org/scientific_name/293 — nom accepté, publication, synonyme, répartition, étymologie (Haynes 2022), statut UICN et critères, références ; sous-espèces : https://cycadlist.org/scientific_name/658 et https://cycadlist.org/scientific_name/659. Liste de référence des cycadales (version 2026.08.15), fiable ; consultée directement le 20 octobre 2026.
- The World List of Cycads, description originale (PDF) : https://cycadlist.org/storage/references/open/271d8df5-677a-4623-acbc-fb3340a94577.pdf — Bertoloni (1851), Illustrazione di piante mozambicesi : description d’après deux feuilles, lettre de Fornasini. Source primaire (en italien) ; pages 264-265 lues par reconnaissance de caractères.
- Rousseau, Vorster, Afonso et Van Wyk (2015), Phytotaxa 204(2) : https://www.mapress.com/phytotaxa/content/2015/f/pt00204p115.pdf — révision de l’espèce, type, description, variation, habitat, phénologie, faune, hybrides, conservation, sous-espèce emersus. Article à comité de lecture en accès libre, source primaire ; lu en entier.
- PlantZAfrica (SANBI), Encephalartos ferox : https://pza.sanbi.org/encephalartos-ferox — noms communs, description, statut selon la Liste rouge sud-africaine, répartition, habitat, écologie, culture et pollinisation (S. Turner, février 2002). Institution nationale sud-africaine, fiable ; consultée le 20 octobre 2026.
- PlantZAfrica (SANBI), Encephalartos woodii : https://pza.sanbi.org/encephalartos-woodii — hypothèses sur l’origine d’Encephalartos woodii. Consultée le 20 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Encephalartos ferox : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/15654/legal — annexe I de la CITES, annexe A de l’UE, avis de l’UE, suspensions passées pour le Mozambique, noms anglais. Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée par son API publique le 20 octobre 2026.
- GBIF, Encephalartos ferox : https://www.gbif.org/species/2683828 — statut du nom, catégories UICN de l’espèce (NT) et des sous-espèces (NT, CR). Base de référence, fiable ; consultée par son API.
- Crossref, évaluations UICN : https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T41943A51054622.en (espèce), https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T126334549A128386060.en (subsp. ferox), https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T126334693A127333416.en (subsp. emersus) — auteurs et dates. Métadonnées officielles ; consultées par l’API.
- Jungle Music Palms and Cycads, Encephalartos ferox : https://www.junglemusic.net/Encephalartos_Species/Encephalartos_ferox.html — culture et absence de dégâts à 25 °F dans la pépinière. Pépinière spécialisée (Californie), retour non daté ; lu le 20 octobre 2026.
- Forum Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/ — retours de culture (Gironde 2015, plantules après la vague de froid de 2012), plantes du port du Lavandou (2011). Forum de cultivateurs ; messages lus le 20 octobre 2026.
- Forum Tropicamente : https://www.tropicamente.it/forums/topic/rusticita-encephalartos-ferox/ — jeune plant à Rome en décembre 2010, discussion. Forum de cultivateurs ; lu le 20 octobre 2026.
Bibliographie
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