Stangeria eriopus est une cycadale à tige souterraine qui pousse sur la côte est de l’Afrique du Sud, du Cap-Oriental au KwaZulu-Natal, dans les forêts côtières comme dans les prairies rases. Seule espèce du genre Stangeria, elle ressemble tant à une fougère qu’elle a d’abord été décrite comme telle, sous le nom de Lomaria eriopus, puis connue sous le nom de Stangeria paradoxa avant de prendre son nom actuel en 1892. Ses feuilles, parfois longues de 30 cm seulement en prairie, atteignent 2 m en forêt. Classée vulnérable par l’UICN et inscrite à l’annexe I de la CITES, elle est menacée surtout par la récolte de sa tige pour la médecine traditionnelle.
L’essentiel sur Stangeria eriopus
- Nom accepté (POWO) : Stangeria eriopus (Kunze) Baill. (1892), Histoire des plantes 12 : 68, en note
- Anciens noms et synonymes : Lomaria eriopus Kunze (1839), basionyme ; Stangeria paradoxa T.Moore (1853) ; Stangeria schizodon W.Bull (1872) ; Stangeria katzeri Regel (1874)
- Famille : Zamiaceae selon POWO et The World List of Cycads ; Stangeriaceae dans la nomenclature de la CITES (Species+)
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais Natal grass cycad et Stanger’s cycad, en afrikaans bobbejaankos
- Répartition naturelle : Afrique du Sud, Cap-Oriental et KwaZulu-Natal, sur une bande côtière entre 27° et 33° S ; présence au sud du Mozambique et en Eswatini donnée par certaines sources seulement (voir Dans la nature)
- Statut UICN : vulnérable (VU A2acd+4acd), évaluation de J. D. Bösenberg datée de 2020 et publiée dans la Liste rouge 2022-1
- CITES : annexe I depuis le 1er juillet 1975 ; annexe A dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : feuilles détruites vers −4 °C ; une plante en pleine terre, à mi-ombre, a survécu à la vague de froid de février 2012 (−7 °C) au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var), feuillage détruit ; plantes perdues en Loire-Atlantique pendant la vague de froid de février 2012 (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : ombre légère à mi-ombre de préférence, soleil toléré ; sol humifère et drainant, frais en été
- Port et dimensions adultes : tige entièrement souterraine, en forme de carotte, jusqu’à 20 cm de diamètre ; feuilles de 0,3 à 2 m selon le milieu
- Toxicité : cycasine et macrozamine dosées dans la tige ; plante toxique (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Stangeria eriopus ?
On reconnaît Stangeria eriopus à ses folioles : larges et plates, elles ont une nervure médiane bien marquée d’où partent de nombreuses nervures secondaires, fines et presque parallèles, qui se divisent en deux. Aucune autre cycadale n’a cette nervation, qui évoque une fronde de fougère.
Les descriptions reprises par la Gymnosperm Database, d’après Jones (1993), donnent les repères suivants :
- Tige : souterraine, charnue, en forme de carotte, jusqu’à 20 cm de diamètre ; elle peut se ramifier et former plusieurs têtes. Les racines sont renflées, presque tubéreuses.
- Feuilles : pennées, dressées ou arquées, vert foncé et glabres, de 0,3 à 2 m de long ; le pétiole, de 10 à 80 cm, est renflé et velu à la base, sans aiguillons.
- Folioles : 10 à 40 par feuille, de 7 à 50 cm de long sur 1,4 à 6 cm de large ; les inférieures ont un court pétiolule, les supérieures sont soudées au rachis. La marge peut être entière, ondulée, lobée ou dentée.
- Cônes : la plante est dioïque. Le cône mâle, étroitement cylindrique, mesure 10 à 25 cm sur 3 à 4 cm ; le cône femelle, ovoïde, 8 à 35 cm sur 6 à 10 cm. Tous deux sont couverts de poils argentés dans leur jeunesse et portés par un pédoncule de 5 à 25 cm.
- Graines : ovoïdes, de 3 à 3,5 cm sur 2 à 2,5 cm, à enveloppe charnue (sarcotesta) rouge pourpré à maturité.
L’aspect dépend beaucoup du milieu. En prairie, souvent brûlée, les feuilles sont courtes, aux folioles dures et arrondies au bout ; en forêt, elles atteignent 1 à 2 m et portent de nombreuses folioles souples (PlantZAfrica, SANBI). La Gymnosperm Database ajoute que les plantes de prairie n’ont souvent qu’une feuille dressée par tête, sur une souche très ramifiée, alors que celles de forêt en portent jusqu’à six et forment moins souvent des cônes.
Hybrides
Aucun hybride n’est documenté. Le genre ne comptant qu’une espèce, sans parent proche dans son aire, aucun croisement naturel n’est attendu. Les plantes vendues sous les noms de « forme forestière » (forest form) et de « forme de prairie » (grassland form) appartiennent à la même espèce et ne sont pas des hybrides.
Confusions possibles
La confusion la plus classique est celle avec une fougère : les botanistes du XIXe siècle eux-mêmes l’ont commise, et une plante sans cône, aux feuilles sortant directement du sol, y fait vraiment penser. La nervation des folioles, la tige charnue enterrée et, bien sûr, les cônes permettent de trancher.
Parmi les cycadales, seul le genre australien Bowenia a aussi un feuillage de fougère. Ses feuilles sont toutefois divisées deux fois (bipennées), alors que celles de Stangeria eriopus ne le sont qu’une fois, et ses folioles n’ont pas de nervure médiane. Les Cycas ont bien une nervure médiane, mais sans nervures secondaires visibles, et leurs feuilles sont beaucoup plus étroites.
Taxonomie
Stangeria eriopus est le nom accepté par POWO et par The World List of Cycads. L’espèce porte l’épithète la plus ancienne, publiée par Gustav Kunze en 1839 pour une fougère, Lomaria eriopus. Thomas Moore créa en 1853 le genre Stangeria avec une espèce qu’il nomma Stangeria paradoxa. Henri Baillon transféra en 1892 l’épithète de Kunze dans le genre de Moore, selon la règle de priorité : Stangeria paradoxa devint un synonyme. The World List of Cycads rattache aussi à l’espèce deux noms horticoles, Stangeria schizodon W.Bull (1872) et Stangeria katzeri Regel (1874).
La famille a changé, pas le nom. Les classifications fondées sur la morphologie plaçaient Stangeria dans une famille à part, les Stangeriaceae, souvent avec Bowenia. L’étude de Salas-Leiva et de ses collaborateurs (2013, Annals of Botany), fondée sur plusieurs gènes nucléaires, place au contraire Stangeria comme groupe frère des genres américains Microcycas et Zamia, Bowenia appartenant à une autre lignée. La classification des gymnospermes de Christenhusz et de ses collaborateurs (2011), que suit POWO, range donc Stangeria dans les Zamiaceae. La CITES, qui suit sa liste de référence de 2013, l’inscrit encore dans les Stangeriaceae.
Les formes de forêt et de prairie ont longtemps fait débattre de l’existence de plusieurs espèces (PlantZAfrica). Elles passent de l’une à l’autre sans limite nette et ne sont pas reconnues comme taxons distincts par POWO ni par The World List of Cycads.
Étymologie et histoire
L’épithète eriopus vient du grec erion, « laine », et pous, « pied » : le « pied laineux » désigne les bases des feuilles couvertes de poils laineux (Haynes, 2022, cité par The World List of Cycads). Le genre honore William Stanger (1811-1854), arpenteur général (surveyor-general) de la colonie du Natal à partir de 1845. La Gymnosperm Database le prénomme « Max » et date de 1859 la description de Kunze : ce sont deux erreurs, les bases biographiques (JSTOR Global Plants) donnant William Stanger, et IPNI datant la publication de 1839.
Kunze avait d’abord rapporté des récoltes sud-africaines à une fougère connue, Lomaria coriacea, en 1836, avant d’en faire Lomaria eriopus en 1839. C’est un plant envoyé en Angleterre par Stanger qui forma un cône et révéla qu’il s’agissait d’une cycadale ; Moore en tira le genre en 1853. Les sources ne s’accordent pas sur la date exacte de la récolte, que la Gymnosperm Database situe en 1851.
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté : Species+ donne « Stangeria » comme nom français, c’est-à-dire le nom scientifique. Les noms en usage viennent surtout d’Afrique du Sud (PlantZAfrica, SANBI) : Natal grass cycad et Stanger’s cycad en anglais, bobbejaankos (« nourriture de babouin ») en afrikaans, imfingo en zoulou et umfingwani en xhosa. Species+ cite aussi Hottentot’s head en anglais et Hottentottenhoofd en néerlandais, noms péjoratifs appliqués à d’autres plantes. Ailleurs, on relève 蕨苏铁 (« cycas fougère ») en chinois dans Species+ et オオバシダソテツ (« cycas fougère à grandes feuilles ») en japonais sur le site d’amateur botanic.jp.
Dans la nature
Stangeria eriopus vit sur la côte sud-est de l’Afrique du Sud, entre 27° et 33° S, jamais à plus de 50 km de la mer mais à l’abri des embruns (Jones, 1993, cité par la Gymnosperm Database). POWO et The World List of Cycads limitent l’aire au Cap-Oriental et au KwaZulu-Natal. La Gymnosperm Database l’étend au sud du Mozambique, et Species+ cite le Mozambique et l’Eswatini : la présence hors d’Afrique du Sud reste donc à confirmer.
L’espèce occupe des forêts sempervirentes claires ou denses et des prairies rases, sur des sables comme sur des argiles noires lourdes. Les pluies, de 750 à 1 000 mm par an, tombent surtout en été ; les gelées sont rares (Jones, 1993). En prairie, la tige enterrée lui permet de survivre aux feux et de repartir. Selon la Gymnosperm Database, c’est la seule cycadale connue dont les cônes mûrs ne produisent pas de chaleur ; ils dégagent une odeur fruitée.
Statut de conservation et réglementation
Stangeria eriopus est classée vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN (VU, critères A2acd+4acd), d’après l’évaluation de J. D. Bösenberg, datée du 5 novembre 2020 et publiée dans la version 2022-1 de la Liste rouge (doi:10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T41939A50797225.en). Elle remplace une évaluation de 2010. La catégorie vient de The World List of Cycads et la date de l’enregistrement du DOI : la Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée. Les critères retenus traduisent un déclin passé et futur de la population, lié à la récolte (voir Usages traditionnels) et à la disparition de l’habitat sur une côte très urbanisée.
L’espèce est inscrite à l’annexe I de la CITES depuis le 1er juillet 1975. Le commerce international à des fins commerciales n’est autorisé que pour des plantes issues de reproduction artificielle, avec les permis requis, et les graines ne sont pas exemptées. Dans l’Union européenne, elle figure à l’annexe A du règlement (CE) n° 338/97, dans la liste fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+ a été consulté le 3 octobre 2026. Avant d’acheter ou de vendre une plante, vérifiez les textes en vigueur et demandez la preuve de son origine.
Culture
Stangeria eriopus est une cycadale de culture plutôt facile, à condition de lui éviter le gel et l’eau stagnante. PlantZAfrica la décrit comme luxuriante en serre ombragée et humide, idéale pour les jardins d’ombre, mais capable de pousser au soleil sans brûlure, et plus tolérante à l’humidité que la plupart des cycadales d’Afrique du Sud.
- Exposition : ombre légère à mi-ombre. Un cultivateur de Corse-du-Sud indique sur le forum des Fous de palmiers (avril 2017) que la plante est plus belle à l’ombre, avec des feuilles d’au moins 1,5 m.
- Sol : humifère et drainant. Le même cultivateur conseille une terre humifère et de l’eau en été.
- Arrosage : régulier pendant la saison chaude, réduit en hiver ; comme chez les autres cycadales, la tige enterrée peut pourrir dans un sol froid et détrempé.
- Bord de mer : à éviter en situation exposée, l’espèce ne supportant pas les embruns dans la nature.
En pot. Les avis divergent. Jones (1993), cité par la Gymnosperm Database, la présente comme facile en pot, même en intérieur. Le cultivateur de Corse-du-Sud estime au contraire qu’elle pousse mal en pot. Un cultivateur de Belley (Ain) et Montpellier (Hérault) indique sur le même forum (novembre 2015) que ses plantes, en pot et non rempotées faute de place, ont peu grandi en deux ans, et pense qu’elles ont besoin d’espace. Un contenant profond, adapté à la tige charnue, et des rempotages sans blesser les racines semblent donc préférables. Au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, une plante est cultivée en pot : dehors de Pâques aux premières gelées, en serre non chauffée l’hiver.
En pleine terre. En France, la seule culture durable documentée est celle de Corse-du-Sud citée plus haut : de grosses plantes mâle et femelle, en pleine terre depuis longtemps, portent des cônes chaque année. Ailleurs, voir la section Rusticité.
Multiplication
La multiplication se fait par semis, par boutures de feuilles ou par fragments de racines.
- Semis : la plante étant dioïque, il faut un pied mâle et un pied femelle en cônes au même moment, et en général une pollinisation manuelle. Les graines sont rarement disponibles. Jones (1993) signale que des plantes cultivées peuvent former des cônes dès quatre ans, et que des changements de sexe ont été observés en culture.
- Boutures de feuilles : PlantZAfrica rapporte un essai sur des feuilles entières, folioles raccourcies, trempées dans une hormone et placées dans du sable stérilisé : environ 80 % ont formé de nouvelles racines.
- Fragments de racines : le cultivateur de Corse-du-Sud indique sur le forum des Fous de palmiers (avril 2017) qu’en déterrant une plante, il a remis en terre le haut et gardé les morceaux de racines profondes, qui ont donné deux petites plantes en deux ans.
Maladies et ravageurs
Aucune source publiée ne décrit de maladie ou de ravageur propre à Stangeria eriopus. Le risque principal, commun aux cycadales, est la pourriture de la tige et des racines dans un substrat froid et gorgé d’eau. Comme pour les autres cycadales cultivées, surveillez les cochenilles, surtout sous serre.
Rusticité
Stangeria eriopus supporte un peu de gel, mais pas un froid fort ou durable. Les feuilles sont détruites vers −4 °C ; la tige, protégée dans le sol, peut repartir si elle ne gèle pas. Dans la nature, les gelées sont rares.
En France
Littoral méditerranéen. Au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var), une plante en pleine terre, à mi-ombre sous des arbres et des arbustes, a survécu à la vague de froid de février 2012, avec un minimum de −7 °C sur le site ; tout son feuillage a été détruit par le gel, mais elle est repartie à la belle saison. Ses feuilles sont détruites à partir d’environ −4 °C. Peu vigoureuse en pleine terre, elle a été mise en pot après une dizaine d’années ; elle pousse depuis bien mieux.
Corse. Un cultivateur de Corse-du-Sud (zone 10a/b selon lui) indique sur le forum des Fous de palmiers (avril 2017) qu’il cultive en pleine terre, depuis longtemps, de grosses plantes qui portent des cônes chaque année. Il ne donne pas de température minimale.
Façade atlantique. Un cultivateur de Saint-Sulpice-des-Landes (Loire-Atlantique, France) indique sur le forum des Fous de palmiers qu’il a perdu ses plantes pendant la vague de froid de février 2012 (message de novembre 2015). Il ne précise ni la température dans son jardin, ni la culture en pleine terre ou en pot, ni la protection. Le 12 février 2012, les stations Météo-France les plus proches ont relevé −11,5 °C à Soudan (19 km) et −10 °C à Ancenis (22 km).
Intérieur et montagne. Aucun résultat n’est documenté. En dehors du littoral méditerranéen le plus doux et de la Corse, la culture en pot rentré hors gel l’hiver reste la solution la plus sûre.
Repères internationaux
Un cultivateur de Floride centrale (États-Unis) indique sur le forum PalmTalk que son Stangeria eriopus, probablement en pleine terre, n’a subi qu’une légère brûlure du feuillage en février 2026 à −5 °C (23 °F), alors que d’autres cycadales du même jardin ont été brûlées entièrement. La protection n’est pas précisée, et ce retour n’est connu que par un extrait de recherche. Aucune institution ne publie de seuil de rusticité mesuré pour l’espèce.
Toxicité et précautions
Oui, Stangeria eriopus est toxique. Osborne et ses collaborateurs (1994) ont dosé la cycasine à 0,17 % dans la tige fraîche et 0,21 % dans la tige sèche, avec une toxine apparentée, la macrozamine. Dans l’organisme, la cycasine libère du méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux. Aucune donnée propre à l’espèce n’est documentée sur les animaux domestiques, mais le risque est bien documenté chez d’autres cycadales, en particulier pour les chiens qui mâchent les graines. Portez des gants pour manipuler les graines et tenez la plante hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
La tige souterraine est très utilisée dans la médecine traditionnelle d’Afrique du Sud. Selon Osborne et ses collaborateurs (1994), elle entre surtout dans des préparations magiques, mais sert aussi de vomitif, effet que pourrait expliquer sa teneur inhabituelle en sulfate de sodium. Ils estiment que 3 410 tiges, soit environ 2 380 kg, ont été vendues sur les seuls marchés de plantes médicinales de Victoria et d’Isipingo, à Durban, en juillet 1992. PlantZAfrica cite aussi un usage de la racine par les Xhosas et les Zoulous comme purgatif et contre les maux de tête. Ces informations sont données à titre documentaire : la plante est toxique et ne doit pas être consommée.
Questions fréquentes
Stangeria eriopus est-il une fougère ?
Non. C’est une cycadale, une plante à graines nues qui forme des cônes. Ses folioles nervurées ont trompé les botanistes : Kunze l’a décrite en 1839 comme une fougère, Lomaria eriopus, avant qu’un cône n’apparaisse sur une plante cultivée en Angleterre.
Stangeria paradoxa et Stangeria eriopus, est-ce la même plante ?
Oui. Stangeria paradoxa est le nom donné par Moore en 1853. Baillon a repris en 1892 l’épithète plus ancienne de Kunze, qui a la priorité. Le nom Stangeria paradoxa se rencontre encore dans les livres anciens.
La forme forestière et la forme de prairie sont-elles deux espèces ?
Non. POWO et The World List of Cycads ne reconnaissent qu’une espèce. Les deux formes, très différentes d’aspect, passent de l’une à l’autre et sont interprétées comme des adaptations au milieu : grandes feuilles souples à l’ombre de la forêt, feuilles courtes et dures dans les prairies ensoleillées et brûlées.
Stangeria eriopus supporte-t-il le gel ?
Un peu seulement. Les feuilles sont détruites vers −4 °C, mais la tige enterrée peut repartir. Au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, une plante a survécu en pleine terre, à mi-ombre, à la vague de froid de février 2012 (−7 °C), mais avec tout son feuillage détruit ; peu vigoureuse en terre, elle pousse bien mieux depuis sa mise en pot. Des plantes ont en revanche été perdues en Loire-Atlantique pendant la vague de froid de février 2012. En dehors des régions les plus douces, cultivez-la en pot, à l’abri du gel en hiver.
Faut-il la mettre au soleil ou à l’ombre ?
À l’ombre légère de préférence. Elle supporte le soleil, d’après PlantZAfrica, mais ses feuilles sont plus grandes et plus belles à l’ombre, avec un sol humifère arrosé en été.
Peut-on acheter un Stangeria eriopus légalement ?
Oui, s’il est issu de culture et accompagné des documents requis. L’espèce est à l’annexe I de la CITES depuis 1975 et à l’annexe A du règlement européen : les plantes prélevées dans la nature ne peuvent pas faire l’objet d’un commerce international. Demandez au vendeur la preuve de l’origine.
Stangeria eriopus est-il toxique ?
Oui. Sa tige contient de la cycasine et de la macrozamine, comme les autres cycadales. Tenez la plante et ses graines hors de portée des enfants et des animaux, et appelez un centre antipoison en cas d’ingestion.
À lire aussi sur Succulentes
- Semis de cycadales : germination, élevage des plantules et équipement
- Les racines et le système racinaire des Cycadales
- Le cycas est-il toxique ? Dangers réels pour les chiens, les chats et les enfants
Sites de référence
The World List of Cycads (version 2026.08.15), Stangeria eriopus : https://cycadlist.org/scientific_name/430 — nom accepté, protologue, synonymes, aire (Cap-Oriental, KwaZulu-Natal), statut UICN, étymologie. Liste du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN, fiable ; consultée directement le 3 octobre 2026.
Species+ (UNEP-WCMC), Stangeria eriopus : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/14479/legal — annexe I de la CITES depuis 1975, annexe A dans l’Union européenne, famille Stangeriaceae, pays cités, noms communs. Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée le 3 octobre 2026.
The Gymnosperm Database, Stangeria : https://www.conifers.org/za/Stangeria.php — description d’après Jones (1993), habitat, pluviométrie, cônes non thermogènes, culture. Base spécialisée, fiable sauf deux erreurs relevées (prénom de Stanger, date de Kunze) ; consultée directement le 3 octobre 2026.
PlantZAfrica (SANBI), Stangeria eriopus : https://pza.sanbi.org/stangeria-eriopus — formes de forêt et de prairie, noms communs, usages, culture, bouturage de feuilles. Institution sud-africaine de référence ; consultée par extraits de recherche, accès direct refusé.
Forum des Fous de palmiers, fil « Stangeria eriopus » : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=16218 — culture en pleine terre en Corse-du-Sud, multiplication par racines, perte en Loire-Atlantique en 2012, croissance en pot. Forum de cultivateurs, observations d’amateurs à valeur indicative ; fil lu en entier le 3 octobre 2026.
PalmTalk, fil « 2026_02 preliminary cold damage to my palms after 23F, central Florida » : https://www.palmtalk.org/forum/topic/92884-2026_02-preliminary-cold-damage-to-my-palms-after-23f-central-florida/ — légère brûlure à −5 °C en février 2026. Forum de cultivateurs ; relevé par extrait de recherche, site inaccessible.
botanic.jp, オオバシダソテツ (Stangeria eriopus) : https://botanic.jp/plants-aa/oosiso.htm — nom japonais. Site d’amateur, utilisé pour le seul nom commun.
Bibliographie
Kunze, G. (1839). Lomaria eriopus. Linnaea 13 : 152. [Description de l’espèce comme fougère ; référence relevée sur IPNI et The World List of Cycads, texte non consulté.]
Moore, T. (1853). [Description du genre Stangeria et de Stangeria paradoxa.] Hooker’s Journal of Botany and Kew Garden Miscellany 5 : 228. [Référence relevée sur The World List of Cycads, texte non consulté.]
Baillon, H. (1892). Histoire des plantes 12 : 68, en note. [Combinaison Stangeria eriopus ; référence relevée sur The World List of Cycads.]
Jones, D.L. (1993). Cycads of the World. Reed, Chatswood. [Description, habitat, culture ; cité par la Gymnosperm Database, ouvrage non consulté directement.]
Osborne, R., Grove, A., Oh, P., Mabry, T.J., Ng, J.C. & Seawright, A.A. (1994). The magical and medicinal usage of Stangeria eriopus in South Africa. Journal of Ethnopharmacology 43(2) : 67-72. doi:10.1016/0378-8741(94)90005-1 [Commerce sur les marchés de Durban, sulfate de sodium, cycasine et macrozamine ; article à comité de lecture, consulté par son résumé.]
Christenhusz, M.J.M., Reveal, J.L., Farjon, A., Gardner, M.F., Mill, R.R. & Chase, M.W. (2011). A new classification and linear sequence of extant gymnosperms. Phytotaxa 19 : 55-70. [Classification suivie par POWO, Stangeria dans les Zamiaceae.]
Salas-Leiva, D.E. et al. (2013). Phylogeny of the cycads based on multiple single-copy nuclear genes: congruence of concatenated parsimony, likelihood and species tree inference methods. Annals of Botany 112(7) : 1263-1278. doi:10.1093/aob/mct192 [Stangeria groupe frère de Microcycas et Zamia ; article à comité de lecture.]
Bösenberg, J.D. (2022). Stangeria eriopus. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41939A50797225. doi:10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T41939A50797225.en [Vulnérable, A2acd+4acd ; évaluation datée du 5 novembre 2020 selon l’enregistrement du DOI ; page de la Liste rouge non consultée.]
Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie de eriopus ; citée par The World List of Cycads.]
Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]