Dioon mejiae

Dioon mejiae est la seule espèce du genre Dioon qui vit hors du Mexique : c’est une cycadale du nord-est du Honduras, où elle forme dans les départements d’Olancho, de Yoro et de Colón des populations de dizaines de milliers de plantes. On l’y appelle tiusinte, et ses graines, préparées selon des recettes traditionnelles, nourrissent encore des milliers de personnes. Longtemps décrite comme une petite plante rare d’un seul canyon, elle s’est révélée être un Dioon arborescent dont les troncs dépassent 10 m. Classée en danger par l’UICN depuis 2022, elle reste rare en culture et craint le gel : en France, elle se cultive en pot rentré l’hiver, faute de retour documenté en pleine terre.

L’essentiel sur Dioon mejiae

  • Nom accepté : Dioon mejiae Standl. & L.O.Williams (1950), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) et par la révision du genre de 2020 ; la World Checklist of Vascular Plants de Kew, base de POWO, retient au contraire Dioon pectinatum (voir Taxonomie)
  • Anciens noms et synonymes : Dioon edule var. latipinnium Dyer (1884) ; Dioon pectinatum Mast. (1893), nom douteux selon The World List of Cycads, synonyme selon la révision de 2020, nom accepté par la World Checklist of Vascular Plants de Kew
  • Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; tiusinte, teocinte ou palma teosinte en espagnol du Honduras, tiñik en tol
  • Répartition naturelle : Honduras (Colón, Olancho, Yoro), de 100 à 500 m d’altitude selon la révision de 2020, de 120 à 1 000 m selon Haynes (2007) ; présence spontanée au Nicaragua non démontrée
  • Statut UICN : en danger (EN A2acd+3cd+4acd ; B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v)), évaluation de J. Haynes et M. Bonta publiée en 2022
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune mesure publiée en Europe ; plante à tenir hors gel (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : soleil du matin ou lumière filtrée forte selon une pépinière californienne, soleil selon PACSOA ; sol bien drainé
  • Port et dimensions adultes : troncs souvent multiples, de plus de 10 m chez les vieux sujets ; feuilles de 1 à 2 m ; croissance très lente
  • Toxicité : à considérer comme toxique, surtout les graines crues (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Dioon mejiae ?

On reconnaît Dioon mejiae à ses longues feuilles plates, à ses folioles larges et nombreuses dont le bord est lisse chez l’adulte, et à ses jeunes feuilles couvertes d’un duvet laineux. La révision du genre publiée en 2020 par Hernández-Tapia, Jiménez-Ramírez et Vovides en donne la description suivante :

  • Port : plantes de 1 à 2 m ou plus ; tronc d’environ 30 cm de diamètre ;
  • Feuilles : 11 à 14 par couronne, de 1 à 2 m de long ; les folioles de la base sont réduites à des épines le long du pétiole (pinnacanthes) ;
  • Folioles : 100 à 140 paires, falciformes, larges de 1,3 à 1,6 cm, les médianes longues de 12,7 à 19,3 cm ; bord entier, rarement avec 1 à 3 épines ;
  • Cônes mâles : cylindriques, de 30 à 80 cm de long ;
  • Cônes femelles : ovoïdes, de 30 à 50 cm sur 20 à 30 cm, pédonculés ;
  • Graines : globuleuses, de 4 à 5 cm, à sarcotesta crème à blanc jaunâtre.

Les dimensions de la révision sous-estiment la taille des vieux sujets. Jody Haynes, du Montgomery Botanical Center, a visité avec Mark Bonta plus de vingt populations en 2003 : il décrit un Dioon arborescent à troncs multiples dépassant 10 m, et de nombreux sujets d’au moins 36 pieds (environ 11 m). La pépinière Jungle Music décrit des troncs plutôt minces, de moins de 30 cm, et des feuilles d’environ 1,8 m aux jeunes pousses très douces et laineuses.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole de Dioon mejiae n’est documenté.

Confusions possibles

Avec Dioon spinulosum

C’est l’espèce la plus proche en apparence, avec les mêmes grandes feuilles plates à folioles larges. Selon la révision de 2020, Dioon spinulosum garde toute sa vie 8 à 12 épines au bord de chaque foliole, alors que les folioles adultes de Dioon mejiae ont le bord lisse ; ses graines sont ovoïdes à ellipsoïdes, à sarcotesta jaune, contre globuleuses et crème chez Dioon mejiae. Les deux espèces portent des épines basales sur le pétiole : ce caractère ne permet pas de les séparer. Sur le forum des Fous de palmiers, des cultivateurs retiennent aussi l’aspect des jeunes feuilles, glabres chez Dioon spinulosum, laineuses chez Dioon mejiae (2009). Les plantules de Dioon mejiae ont des folioles épineuses, ce qui complique l’identification des jeunes plants.

Avec Dioon rzedowskii

Dioon rzedowskii, du nord de l’Oaxaca, perd lui aussi les épines de ses folioles en vieillissant. D’après la révision de 2020, il n’a pas d’épines basales sur le pétiole, alors que Dioon mejiae en porte, et ses graines sont ovoïdes à cylindriques. Sa provenance mexicaine suffit à l’écarter dans la nature.

Avec Dioon edule

Dioon edule a des folioles bien plus étroites (0,4 à 1,5 cm) et un tronc qui dépasse rarement 1,5 m dans la nature. Le plus ancien nom rattaché à Dioon mejiae est pourtant Dioon edule var. latipinnium, « à larges folioles » (voir Taxonomie).

Taxonomie

Paul C. Standley et Louis O. Williams ont décrit Dioon mejiae en 1950 dans la revue Ceiba (1 : 36-38), d’après une plante cultivée dans le jardin du docteur Isidoro Mejía, à Danlí (El Paraíso), à 750 m d’altitude, récoltée le 17 février 1949 (Standley 16756). La description d’origine place le type à l’herbier du Chicago Natural History Museum (F), avec un double à l’École agricole panaméricaine (EAP) au Honduras, comme la révision de 2020 ; The World List of Cycads indique un holotype à Washington (US). Selon Haynes (2007), cette description était incomplète et en partie fausse : elle ne connaissait qu’une population sauvage, se trompait de nom de village et sous-estimait la taille de la plante (un tronc « jusqu’à 1 m ou plus »). Haynes ajoute qu’elle ne décrivait pas les organes reproducteurs ; le texte de 1950 décrit pourtant un cône femelle d’environ 30 cm sur 20, mais ni le cône mâle ni les graines. Haynes et Bonta en ont publié une description corrigée en 2007.

Deux noms plus anciens sont rattachés à l’espèce. Dioon edule var. latipinnium, publié par Thiselton-Dyer en 1884 dans la Biologia Centrali-Americana, repose sur une plante cultivée à Kew, d’origine mexicaine vague ; The World List of Cycads et la révision de 2020 en font un synonyme. Dioon pectinatum, publié par Maxwell Masters en 1893 dans le Gardeners’ Chronicle, n’est connu que par une illustration, choisie comme lectotype par Stevenson et Sabato en 1986. The World List of Cycads le tient pour un nom douteux (nomen dubium), impossible à rattacher avec certitude à une espèce, ce qui laisse Dioon mejiae comme nom correct. La révision de 2020 le range en synonyme de Dioon mejiae ; or, publié en 1893, il serait alors prioritaire. La World Checklist of Vascular Plants de Kew, base de Plants of the World Online (version de juin 2026 publiée sur GBIF), en tire la conséquence : elle accepte Dioon pectinatum, originaire du Honduras, avec pour synonymes Dioon mejiae et Dioon edule var. latipinnium. Cette fiche suit The World List of Cycads, liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN.

Selon la révision de 2020, qui reprend la phylogénie de Dorsey et ses collègues (2018), Dioon mejiae appartient au clade Spinulosum, avec Dioon spinulosum et Dioon rzedowskii : celui des grands Dioon à tronc élevé et à folioles larges.

Étymologie et histoire

L’épithète honore le docteur Isidoro Mejía H., médecin de Danlí mort en 1950, dans le jardin duquel le type a été récolté (Haynes, 2022, d’après The World List of Cycads). D’après la description de 1950, ce médecin et chirurgien avait rapporté une quarantaine d’années plus tôt des graines d’un canyon sec et rocheux de l’Olancho, sur la route de Pueblo Nuevo à Olanchito ; les plantes issues de ces graines, multipliées par leurs rejets (« hijos »), s’étaient répandues dans les jardins d’El Paraíso et d’Olancho.

L’espèce était connue des Honduriens bien avant sa description. D’après Bonta et ses collègues (2019), elle apparaît sous le nom de teocinte et ses variantes dans les premiers titres fonciers conservés de la région, au XVIIIe siècle, puis dans des inventaires, recensements agricoles et récits de voyage des XIXe et XXe siècles ; une sculpture de la façade de l’église de Gualaco, du XVIIIe siècle, la représenterait. Les auteurs avancent l’hypothèse que des colonies marchandes nahuas, signalées dans la région par Hernán Cortés au début du XVIe siècle, auraient apporté le nom et une partie des usages venus du Mexique.

Selon Haynes (2007), la description de 1950 a entretenu pendant plus d’un demi-siècle l’image d’une espèce rare. Les explorations de Mark Bonta à partir de 2003, puis l’expédition du Montgomery Botanical Center la même année, ont recensé au moins 30 populations sur environ 10 000 ha, et plus de 650 000 plantes adultes : c’est, selon Haynes, la cycadale la plus abondante du Nouveau Monde.

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté. Au Honduras, l’espèce s’appelle tiusinte (Haynes, 2007 ; Bonta et al., 2019), teocinte dans les documents anciens et lors de la fête du teocinte de Gualaco, et palma teosinte selon Species+ et la révision de 2020. Haynes (2007) donne tiñik en tol, langue des Tolupanes. Le mot teosinte désigne aussi, ailleurs, une graminée sauvage proche du maïs (alors classée dans le genre Euchlaena) ; Standley et Williams jugeaient déjà en 1950 vain de chercher pourquoi il avait été donné au Dioon.

Dans la nature

Dioon mejiae est le seul Dioon d’Amérique centrale, à plus de 700 km de l’espèce la plus proche selon Haynes (2007). Il vit dans les départements d’Olancho, de Yoro et de Colón. Au Nicaragua, Standley avait vu dès 1949 de grands sujets cultivés à Managua et de jeunes plantes venues de Managua dans un jardin de Condega ; Haynes (2007) ne cite lui aussi que des plantes de jardin, et la révision de 2020 juge probable mais non confirmée la présence de populations sauvages près de la frontière : sa présence spontanée y reste à démontrer.

Les deux sources principales ne décrivent pas le même éventail de milieux. La révision de 2020 le place en forêt tropicale décidue, de climat chaud et humide à semi-sec, entre 100 et 500 m. Haynes (2007), qui a visité les populations, décrit des milieux allant de la forêt dense humide de plaine à la forêt mixte décidue et au fourré épineux sec, entre 120 et 1 000 m, sous 800 à 2 000 mm de pluie par an, sur des sols de pH 6,3 à 8. Les populations comptent de 6 à 150 000 plantes, avec 10 à 240 plantes par hectare ; deux d’entre elles dépassent 100 000 plantes.

L’espèce semble être la seule plante hôte du papillon Eumaeus childrenae, et un charançon du genre Rhopalotria, alors non décrit, en serait le pollinisateur (Haynes, 2007). Les plantes adultes survivent aux feux, souvent allumés pour l’agriculture et l’élevage.

Statut de conservation et réglementation

Dioon mejiae est classé en danger (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, selon l’évaluation de J. Haynes et M. Bonta publiée en 2022, au titre des critères A2acd+3cd+4acd et B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v) : un déclin des effectifs constaté et attendu, et une aire restreinte où l’habitat et le nombre de plantes diminuent (The World List of Cycads ; la Liste rouge n’a pas pu être consultée directement). Ce classement succède à d’autres catégories : « rare » ou « vulnérable » en 1995, « rare » en 1997, données insuffisantes en 2003 ; en 2007, Haynes recommandait même la catégorie préoccupation mineure, au vu des effectifs découverts. La révision de 2020 cite encore cette dernière catégorie, dépassée depuis. Bonta et ses collègues (2019) décrivent la menace principale : les éleveurs détruisent le tiusinte dans les pâturages par le feu, la coupe et l’empoisonnement, ce qui les oppose aux cueilleurs de graines.

L’espèce relève de l’annexe II de la CITES, comme tout le genre depuis le 4 février 1977, avec l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026), qui exempte notamment les graines et le pollen. Dans l’Union européenne, elle relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026.

Bases consultées le 19 octobre 2026 (Species+, The World List of Cycads). Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Dioon mejiae est peu cultivé et les conseils publiés sont rares, parfois contradictoires :

  • Lumière : la pépinière californienne Jungle Music le conseille au soleil du matin ou sous une lumière filtrée forte, tout en le recommandant à la place de Dioon spinulosum pour les emplacements en plein soleil ; le wiki de PACSOA (Australie) indique une situation ensoleillée ;
  • Sol : bien drainé ; PACSOA le dit tolérant à la sécheresse et adapté à un jardin chaud et assez humide ;
  • Croissance : très lente. Au Montgomery Botanical Center, en Floride, une plante issue de graines récoltées en 1976 avait environ 60 cm de tronc quand Haynes a écrit son article, soit environ 2 m par siècle ; dans les jardins de Juticalpa, au Honduras, la croissance tombe à environ 70 cm par siècle (Haynes).

En Europe, l’espèce est surtout visible dans des jardins botaniques : au jardin botanique-historique La Concepción, à Málaga (photographie de mars 2024 sur Wikimedia Commons), au jardin botanique de Valence (photographie de mai 2023 publiée sur le forum des Fous de palmiers), à Palerme dans les jardins du Palais royal (2018) et dans les serres du jardin botanique de Naples. Ces sources ne précisent pas les conditions d’hivernage. Aucune observation du Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’est publiée pour cette espèce.

Multiplication

Dioon mejiae se multiplie par semis ; il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines fertiles. Les graines, exemptées de la CITES, sont la voie la plus simple pour obtenir des plantes de provenance connue. La plante produit aussi des rejets : selon la description de 1950, les sujets issus des graines de Mejía se multipliaient facilement par leurs « hijos », ce qui a répandu l’espèce dans les jardins de la région. Haynes (2007) signale des troncs multiples chez les vieux sujets.

Maladies et ravageurs

Aucune maladie propre à l’espèce n’est documentée. Dans la nature, les chenilles du papillon Eumaeus childrenae se nourrissent de ses feuilles (Haynes, 2007). En culture, le principal risque est la pourriture du tronc et des racines en substrat froid et humide.

Rusticité

Aucune mesure de résistance au froid n’a été publiée pour Dioon mejiae en Europe. Son aire naturelle, dans les basses terres du Honduras, ne connaît pas le gel, et les avis disponibles le placent parmi les Dioon les plus frileux.

En France

Aucun retour de culture en pleine terre n’est documenté. Sur le forum des Fous de palmiers, un cultivateur estime que Dioon spinulosum et Dioon mejiae sont les moins rustiques du genre, capables à son avis de supporter −2 °C si le froid ne dure pas (2015) : c’est une opinion, pas une observation datée. Sur la Côte d’Azur comme ailleurs, cultivez-le en pot et rentrez-le hors gel, dans un local lumineux. Aucune observation du Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’est publiée.

Repères internationaux

  • États-Unis, Californie du Sud : la pépinière Jungle Music annonce une résistance « jusqu’au bas des 20 °F », soit environ −5 / −6 °C ; c’est une affirmation commerciale, sans conditions ni date précisées.
  • Italie : sur le forum Tropicamente, un cultivateur montre une plante issue d’un semis de 1992 qu’il protège chaque hiver en raison de son origine tropicale (2009) ; dans la même discussion, d’autres jugent peu crédibles les résistances de −4 à −5 °C annoncées par certains sites.
  • Espagne et Sicile : des sujets sont visibles dans les jardins de Málaga et de Palerme, sans que les sources précisent leur mode de culture ni les minimales subies.

Faute de données, considérez Dioon mejiae comme sensible au gel, au moins autant que Dioon spinulosum.

Toxicité et précautions

Dioon mejiae doit être considéré comme toxique, surtout par ses graines crues. Les cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux. Au Honduras, les graines ne sont consommées qu’après une préparation traditionnelle longue ; Bonta et ses collègues (2019) n’ont recueilli aucun témoignage d’effet neurologique durable chez les consommateurs, mais soulignent que les effets des cycadales sur la santé restent mal connus. Ces préparations ne doivent pas être imitées.

Portez des gants pour manipuler les graines, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Le tiusinte est l’une des cycadales les plus consommées des Amériques. Selon Haynes (2007), ses graines sont une ressource alimentaire importante pour 30 000 à 40 000 personnes. Bonta et ses collègues (2019), qui ont mené des entretiens à Gualaco (Olancho), décrivent ces usages :

  • Récolte : les plantes hautes sont escaladées grâce à des encoches taillées autrefois dans le tronc, et les cônes femelles sont détachés sur place ; les cueilleurs, les tiusinteros, vendent parfois les graines, que l’on trouve aussi sur le marché d’Olanchito ;
  • Aliments : après détoxification, les graines donnent une pâte pour des tamales longs et cylindriques et des tortillas ; à Río Grande (Gualaco), une farine blanchie au soleil sert à des rosquetes et des pains vendus à la fête du teocinte ; séchées, les graines se conservent et se préparent toute l’année ;
  • Valeur : les mestizos honduriens consommateurs jugent ces aliments supérieurs même à ceux du maïs, et le tiusinte est cultivé en association avec le maïs ;
  • Religion : pendant la Semaine sainte, des plats de tiusinte sont servis et ses feuilles ornent les stations du chemin de croix ; à Punuare (Olancho), des plantes du cimetière fournissent les feuilles des couronnes de la fête des morts ;
  • Autres usages : jouets taillés dans la coque des graines (sifflets, bilboquets) ; à Esquipulas del Norte, le tiusinte fait partie du patrimoine local.

La description de 1950 signalait déjà ces usages : les habitants faisaient bouillir et moudre les grosses graines brunes, « semblables à des châtaignes », pour en faire une sorte de tortilla, et les feuilles, recherchées pour orner les autels et les couronnes funéraires, se vendaient assez cher ; on leur avait dit que les plantes sauvages du seul canyon alors connu étaient protégées par le gouvernement. La révision de 2020 confirme un usage ornemental, les feuilles pour les fêtes religieuses et les couronnes funéraires, et les graines pour la farine des tortillas.

FAQ

Dioon mejiae peut-il rester dehors en France ?

Non, faute de retour concluant. Aucune culture en pleine terre n’est documentée en France et l’espèce vient de basses terres tropicales sans gel. Cultivez-le en pot et rentrez-le hors gel, dans un local lumineux.

Pousse-t-il au Nicaragua ?

Ce n’est pas démontré. Standley y avait vu des plantes cultivées dès 1949, Haynes (2007) ne cite que des plantes de jardin, et la révision de 2020 juge possibles, mais non confirmées, des populations sauvages près de la frontière hondurienne.

Quelle taille peut-il atteindre ?

Plus de 10 m dans la nature, sur des troncs souvent multiples, mais en plusieurs siècles. Au Montgomery Botanical Center, en Floride, sa croissance est d’environ 2 m de tronc par siècle.

Comment le distinguer de Dioon spinulosum ?

Par le bord des folioles adultes, lisse chez Dioon mejiae, garni de 8 à 12 épines chez Dioon spinulosum. Les jeunes feuilles laineuses et les graines globuleuses à sarcotesta crème aident aussi.

Ses graines se mangent-elles ?

Au Honduras, oui, mais seulement après une préparation traditionnelle longue destinée à éliminer les toxines. Crues, elles sont toxiques : ne les consommez pas.

Est-il menacé ?

Oui. Malgré des populations abondantes, il est classé en danger par l’UICN depuis 2022, à cause du déclin de ses populations et de la destruction des plantes dans les pâturages. Il est protégé par la CITES (annexe II).

Pourquoi ce nom ?

Il honore Isidoro Mejía, médecin de Danlí, au Honduras, dans le jardin duquel la plante type a été récoltée en 1949.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Standley, P.C. & Williams, L.O. (1950). Dioon mejiae, a new cycad from Honduras. Ceiba 1(1) : 36-38. [Description originale ; type, localité des graines de Mejía, rejets, plantes du Nicaragua, usages ; texte lu (copie de The Cycad Society).]
  • Thiselton-Dyer, W.T. (1884). Cycadaceae. Biologia Centrali-Americana, Botany 3 : 190-195. [Dioon edule var. latipinnium.]
  • Stevenson, D.W. & Sabato, S. (1986). Typification of names in Ceratozamia Brongn., Dion Lindl., and Microcycas A.DC. (Zamiaceae). Taxon 35(3) : 578-584. [Lectotype de Dioon pectinatum ; cité d’après The World List of Cycads.]
  • Haynes, J.L. (2007). Overview of the cycad flora of Honduras. In Vovides, A.P., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (éd.), Proceedings of Cycad 2005. Memoirs of the New York Botanical Garden 97 : 444-453. [Historique, populations, habitats, altitudes, statut, noms, usages, insectes ; texte lu.]
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  • Bonta, M., Pulido-Silva, M.T., Diego-Vargas, T., Vite-Reyes, A., Vovides, A.P. & Cibrián-Jaramillo, A. (2019). Ethnobotany of Mexican and northern Central American cycads (Zamiaceae). Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine 15 : 4. doi:10.1186/s13002-018-0282-z [Usages alimentaires et religieux, histoire, menaces ; texte intégral lu.]
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  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence.]