Zamia obliqua est une cycadale arborescente des forêts pluviales de basse altitude du Panama et de l’ouest de la Colombie, où elle pousse en sous-bois, du niveau de la mer à 500 m environ. Cette espèce du genre Zamia se reconnaît à son tronc droit, mince et grisâtre, qui peut dépasser 5 m chez les plus grands sujets de Colombie, et à ses folioles papyracées vert brillant, à base oblique, finement dentées vers la pointe. Décrite en 1875 par le botaniste allemand Alexander Braun d’après des plantes rapportées de Colombie par Gustav Wallis, elle a longtemps été mêlée à Zamia manicata. L’UICN la classe en préoccupation mineure (LC), mais ses populations panaméennes sont dispersées et souvent réduites à des reliques.
L’essentiel sur Zamia obliqua
- Nom accepté : Zamia obliqua A.Braun (1875), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : Zamia obliqua Regel ex Ducos (1877), homonyme postérieur illégitime rattaché à cette espèce ; le nom a aussi été appliqué à tort à Zamia manicata (voir Taxonomie)
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom français ; « maizito » dans le Chocó colombien (Flora de Colombia), « chigua macho » et « maicito » en espagnol (Species+)
- Répartition naturelle : Colombie (Antioquia, Chocó, Valle del Cauca), Panama (Colón, Darién, Panamá Oeste) et, selon The World List of Cycads, Costa Rica (Puntarenas), une présence contestée (voir Dans la nature)
- Statut UICN : préoccupation mineure (LC, 2022)
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (inscription de la famille des Zamiaceae, graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; quota d’exportation nul fixé par le Panama pour les spécimens prélevés dans la nature
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, sous-bois de forêts pluviales primaires et secondaires de plaine et de forêts semi-décidues de basse altitude ; en culture, substrat drainant neutre à acide (conseil de groupe d’une pépinière spécialisée)
- Port et dimensions adultes : tronc aérien de 0,5 à 5 m de haut et de 5 à 12 cm de diamètre, 5 à 20 feuilles de 1 à 2,5 m
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Zamia obliqua
Un tronc mince et droit, des feuilles nombreuses et des folioles à base oblique la distinguent des autres Zamia de sa région. Les mesures qui suivent viennent du traitement de l’espèce dans la Flora de Colombia (Stevenson, 2001), établi sur des plantes colombiennes ; la description originale de Braun, plus succincte, en diffère sur plusieurs points (voir plus bas).
Tronc
La plante est arborescente : son tronc mesure de 0,5 à 5 m de haut pour 5 à 12 cm de diamètre seulement. La Flora de Colombia le décrit comme droit, mince, lisse et grisâtre, et en fait l’une des espèces les plus spectaculaires des néotropiques. L’étude phylogénétique de Lindstrom et collaborateurs (2024) cite Zamia obliqua comme exemple actuel de cycadale à tige mince et souvent ramifiée. Les cataphylles, petites feuilles écailleuses qui protègent le bourgeon, ont une base triangulaire et une pointe longuement acuminée ; elles mesurent 3 à 5 cm sur 2 à 3 cm.
Feuilles et folioles
Chaque plante porte de 5 à 20 feuilles, longues de 1 à 2,5 m. Le pétiole, de 30 à 70 cm, est armé de nombreux aiguillons courts, et le rachis porte des aiguillons dans son tiers inférieur ainsi que 10 à 20 paires de folioles. Les folioles médianes, elliptiques à obovales, mesurent 5 à 10 cm de long sur 3 à 6 cm de large ; papyracées, sans sillons, sessiles, elles ont une base oblique en coin, une pointe acuminée et une marge finement dentée dans le tiers supérieur. Leur vert est brillant. La base oblique des folioles est le caractère le plus constant de l’espèce : elle permet de séparer les jeunes plantes, encore sans tronc, de Zamia ulei, dont les folioles ont une base symétrique.
Le traitement de la Flora de Colombia contient une contradiction : sa description parle de folioles à base oblique, mais son commentaire final cite des « folioles symétriques » parmi les caractères distinctifs ; la clé des espèces de la même flore retient, elle, des folioles « falquées et à base oblique ».
Cônes et graines
L’espèce est dioïque, avec des pieds mâles et des pieds femelles. Les cônes mâles, jaunâtres à brun clair, cylindriques à ovoïdes-cylindriques, mesurent 4 à 6 cm sur 1 à 1,5 cm et sont portés par un pédoncule court, de 2 à 4 cm. Leurs écailles fertiles (microsporophylles) portent des sacs polliniques sur les deux faces, un caractère qui les sépare de celles de Zamia manicata, fertiles sur la seule face inférieure. Les cônes femelles, de même couleur, mesurent 15 à 25 cm sur 5 à 8 cm. Les graines, ovoïdes et rouges, mesurent 1 à 1,5 cm sur 0,5 à 0,8 cm. Le nombre chromosomique est 2n = 18 (Norstog, 1980, cité par la Flora de Colombia).
Ce que disait la description originale
La diagnose allemande de Braun (1875) décrit une espèce « plus petite » que Zamia wallisii, à tige assez mince portant plusieurs feuilles à la fois, à pétiole « inerme », avec 2 paires de folioles chez les jeunes plantes et 4 à 6 paires chez les plus âgées. Les folioles, minces, peu dures et vert brillant, sont oblongues-ovales, « un peu inégales », rétrécies en un court pédicelle et terminées par une longue pointe en forme de queue ; elles sont dentées dans leur moitié supérieure, avec des dents très aiguës et rapprochées, et comptent 25 à 30 nervures, ni creusées en dessus ni saillantes en dessous. Braun ajoute seulement « dans la région chaude ». Le pétiole sans aiguillons et le petit nombre de folioles s’écartent nettement de la description de 2001 (pétiole armé, 10 à 20 paires) ; aucune publication n’explique cette différence.
Hybrides
Aucun hybride naturel ou horticole impliquant Zamia obliqua n’est documenté. Au Panama, l’espèce pousse pourtant en sympatrie étendue avec Zamia imperialis et Zamia pseudoparasitica dans le centre-nord du pays (Taylor et collaborateurs, 2012), et ces auteurs ont observé que des cônes d’une espèce peuvent attirer les pollinisateurs d’autres espèces ; ils n’en ont tiré aucune conclusion sur une hybridation.
Confusions possibles
Les confusions documentées concernent surtout des espèces de Colombie et du Panama :
- Zamia manicata (Chocó, Antioquia, Darién) : tige souterraine, folioles portées par un petit pédicelle muni d’un bourrelet semi-circulaire à la base du limbe, folioles oblongues jusqu’à 35 cm, cônes mâles sur un long pédoncule (15 à 30 cm), cônes femelles lie-de-vin à pourpres ; selon la Flora de Colombia, les deux espèces n’ont pas d’affinité proche malgré leur longue confusion (voir Taxonomie) ;
- Zamia ulei (Amazonie) : les jeunes plantes sans tronc de Zamia obliqua lui ressemblent, mais ses folioles, 3 à 6 paires seulement, ont une base symétrique et sa tige reste souterraine ;
- Zamia fairchildiana (Costa Rica, ouest du Panama) : Lindström et collaborateurs (2013) pensent que la seule récolte costaricienne attribuée à Zamia obliqua, une plante sans tronc du golfe Dulce, est plutôt un jeune Zamia fairchildiana, espèce très abondante dans cette région, dont les jeunes plantes ont parfois des folioles dentées ;
- Zamia stevensonii et Zamia elegantissima (Panama) : ces deux Zamia à tronc sont ses plus proches parents selon Lindstrom et collaborateurs (2024) ; les jeunes feuilles de Zamia stevensonii sortent blanches, celles de Zamia elegantissima crème (Taylor et collaborateurs, 2012).
Les folioles de Zamia obliqua ne sont pas plissées, ce qui la sépare d’emblée des grands Zamia panaméens à folioles plissées comme Zamia imperialis ou Zamia skinneri.
Taxonomie
Zamia obliqua A.Braun est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. Le nom a été publié en 1875 dans les Monatsberichte der Königlich Preussischen Akademie der Wissenschaften zu Berlin (page 376), dans l’annexe d’un mémoire de Braun sur les cycadales. L’holotype, conservé à Berlin (B), a été perdu pendant la Seconde Guerre mondiale (Acuña-Castillo, 2010) ; Stevenson et Sabato (1986) ont donc désigné un néotype, c’est-à-dire un spécimen choisi pour le remplacer : la récolte de Berthold Seemann n° 1569, faite à Cabo Corrientes, en Colombie, en décembre 1847, conservée au Natural History Museum de Londres (BM), avec un isonéotype à Kew (K).
Un homonyme et une longue confusion
Deux ans après Braun, un autre Zamia obliqua, attribué à Regel et publié par Ducos dans L’Illustration horticole (1877, volume 24, page 140, planche 289), a été décrit d’après une planche. Ce nom postérieur est illégitime ; The World List of Cycads le range parmi les synonymes de l’espèce de Braun.
La Flora de Colombia retrace ensuite une confusion durable avec Zamia manicata. En 1932, Schuster a placé Zamia manicata en synonymie de Zamia obliqua et publié une description mêlant les troncs et les cônes de la seconde aux feuilles de la première ; à cause de cette erreur, Schultes a redécrit Zamia manicata sous le nom de Zamia madida en 1958. Plus tard, la description de Zamia obliqua donnée par Gómez (1982) correspondait encore à Zamia manicata, et Stevenson juge incorrecte la synonymie qu’il en tirait. Pour le lecteur, la conséquence est que des ouvrages anciens appellent Zamia obliqua des plantes qui sont en réalité des Zamia manicata, et inversement.
La Flora résume aussi la description de Braun comme mentionnant des folioles sessiles et des tiges jusqu’à 2,5 m ; le texte de la page 376 ne donne pourtant aucune hauteur de tige pour Zamia obliqua et parle de folioles « rétrécies en un court pédicelle ». Aucune publication n’explique cette différence.
Place dans le genre
Les études moléculaires placent Zamia obliqua parmi les Zamia de l’isthme de Panama. En 2012, Taylor et collaborateurs la situaient dans le « clade du Panama », au milieu d’un groupe d’espèces à folioles plissées (Zamia dressleri, Zamia neurophyllidia, Zamia skinneri), alors qu’elle-même n’a pas de folioles plissées. L’analyse de transcriptomes de Lindstrom et collaborateurs (2024), la plus récente, réunit Zamia obliqua, Zamia elegantissima et Zamia stevensonii dans un sous-clade, groupe frère de celui de Zamia dressleri et Zamia pseudoparasitica, en accord avec Calonje et collaborateurs (2019) ; le spécimen séquencé venait du Darién.
Taylor et ses collaborateurs (2012) posaient aussi une question restée ouverte : Zamia obliqua, dont l’aire est fragmentée du centre du Panama jusqu’au Chocó et à Cabo Corrientes, est-elle une seule espèce, ou plusieurs espèces proches, apparues dans des clades différents et devenues semblables sous des pressions de milieu comparables ? Ils estimaient que davantage de populations devaient être échantillonnées pour trancher. Un article de vulgarisation de Jay Vannini (2019) reprend cette hypothèse et note que les plantes de la zone du canal de Panama sont en général plus petites.
Étymologie et histoire
L’épithète vient du latin obliquus, « oblique ». Les sources n’en donnent pas exactement la même lecture : pour Haynes (2022), repris par The World List of Cycads, elle fait « apparemment » allusion à l’angle oblique d’insertion des folioles sur le rachis ; pour la Flora de Colombia, elle désigne la base oblique des folioles. Braun lui-même n’explique pas le nom ; sa diagnose décrit des folioles « un peu inégales ».
L’espèce fait partie des trois cycadales découvertes en 1873 par le collecteur Gustav Wallis en Nouvelle-Grenade, l’actuelle Colombie, et décrites par Braun en annexe de son mémoire de 1875, avec Zamia wallisii et Zamia montana. Braun précise que les trois espèces étaient alors cultivées chez l’horticulteur James Veitch : l’espèce était donc en culture dès sa description, mais la suite de cette introduction n’est pas documentée.
Noms communs
Aucun nom français n’existe. En espagnol, la Flora de Colombia cite « maizito » dans le Chocó, et Species+ donne « chigua macho » et « maicito ». Selon la Flora de Colombia, plusieurs Zamia de Colombie sont connus localement sous le nom de « chigua », ce qui a entretenu la confusion autour de Zamia chigua ; « chigua macho » n’est donc pas un nom propre à l’espèce.
Dans la nature
Zamia obliqua vit dans les forêts pluviales de plaine, du niveau de la mer à environ 500 m, du Panama au département colombien du Valle del Cauca. The World List of Cycads la cite en Colombie (Antioquia, Chocó, Valle del Cauca), au Panama (Colón, Darién, Panamá Oeste) et au Costa Rica (Puntarenas).
En Colombie, la Flora de Colombia la décrit dans le sous-bois des forêts pluviales primaires et secondaires ; elle note que les espèces de Zamia qui supportent les milieux très humides, comme celle-ci, ont en général un tronc bien développé. Les plus grands sujets, jusqu’à 5 m de haut avec une couronne large, viennent des forêts pluviales de plaine de l’ouest de la Colombie (Vannini, 2019, d’après Benavides et collaborateurs, 2010).
Au Panama, Taylor et collaborateurs (2012), qui ont étudié plus de 40 populations de cycadales de l’isthme entre 1998 et 2010, la décrivent comme un arbuste ou un grand arbre, présent en plusieurs sites isolés du Darién, avec des populations reliques disjointes près de la côte atlantique, dans la zone du canal et dans le nord-ouest de l’ancienne province de Panamá ; Acuña-Castillo (2010) cite aussi des populations disjointes dans la comarque Ngäbe-Buglé. Elle y pousse en forêt sempervirente de plaine et en forêt semi-décidue de basse altitude, sous 700 m. C’est selon eux le seul Zamia du Panama à aire largement disjointe, et le plus répandu après Zamia pseudoparasitica. Ils expliquent cette large répartition par des pollinisateurs abondants et peu spécialisés : des coléoptères Pharaxonotha et des charançons proches de Rhopalotria visitent les cônes de Zamia obliqua.
Tang et collaborateurs (2024) ont depuis nommé ces coléoptères. Dans le centre et l’est du Panama, Zamia obliqua partage Pharaxonotha panamensis avec quatre autres Zamia d’aspect très différent (Zamia dressleri, Zamia elegantissima, Zamia nana et Zamia stevensonii), et le même charançon, Notorhopalotria panamensis, vit dans ses cônes mâles. Les populations colombiennes du Chocó abritent un autre Pharaxonotha, encore non décrit, ce qui va dans le sens de l’hypothèse de plusieurs espèces ; les coléoptères de l’ouest du Panama et du Costa Rica, s’il y en a, n’ont pas été étudiés. Les auteurs rappellent aussi des expériences de choix de cônes où le coléoptère de l’habitat de Zamia dressleri se rassemblait aussi volontiers sur les cônes de Zamia obliqua que sur ceux d’autres espèces (Terry et collaborateurs, 2012).
Selon la Flora de Colombia, seuls les plus grands individus forment des cônes femelles : les plantes doivent dépasser 1 m de haut avant de se reproduire, mais l’espèce produit ensuite beaucoup de graines. Une population colombienne a aussi servi à une étude de génétique quantitative sur l’héritabilité de caractères morphologiques et physiologiques (Gómez-Lopera et López-Gallego, 2017).
Une présence au Costa Rica contestée
Les sources divergent sur le Costa Rica. Merello (2003) y avait signalé l’espèce d’après une seule plante sans tronc du golfe Dulce (R. Aguilar et collaborateurs n° 2970). Lindström et collaborateurs (2013) jugent cette récolte plus probablement un jeune Zamia fairchildiana : la localité est à plus de 300 km à l’ouest de la station panaméenne la plus proche, et la texture des folioles est inhabituelle ; Taylor et collaborateurs (2012) ne la comptaient pas non plus parmi les espèces du Costa Rica. La révision des Zamia du Costa Rica d’Acuña-Castillo (2010), un mémoire universitaire non publié en revue, retient au contraire l’espèce pour le pays d’après cette même récolte, faite dans la bahía Chal, à Mogos de Osa : ses deux feuilles incomplètes montrent selon lui des caractères diagnostiques (folioles elliptiques, finement dentées, à court pédicelle sans glande), et il juge l’espèce prioritaire pour la conservation au Costa Rica. The World List of Cycads maintient pourtant le Costa Rica (Puntarenas) dans l’aire de l’espèce et montre une récolte photographiée dans cette province en novembre 2013 (R. Aguilar n° 14685). Species+ ne cite que la Colombie et le Panama. La question reste ouverte.
Statut de conservation et réglementation
Zamia obliqua est classée en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l’UICN, selon l’évaluation de C. López-Gallego datée du 19 juin 2020 et publiée en 2022 (catégorie confirmée par GBIF le 18 octobre 2026 ; page de la Liste rouge non consultée, accès bloqué). Une évaluation antérieure, de D.W. Stevenson, avait été publiée en 2010 ; sa catégorie n’a pas pu être vérifiée.
Ce statut favorable à l’échelle de l’aire entière ne doit pas masquer la situation locale. En 2001, la Flora de Colombia indiquait que l’espèce était jugée en danger extrême au Panama à cause de la destruction de son habitat, que l’on savait peu de choses sur la taille de ses populations en Colombie, et qu’elle restait vulnérable parce que seules les plantes de plus de 1 m se reproduisent. Elle rappelait aussi qu’elle figurait sur la Liste rouge des plantes menacées de l’UICN de 1997. En 2012, Taylor et collaborateurs décrivaient encore des populations panaméennes réduites à des reliques. Selon eux, la déforestation menace la survie des cycadales de l’isthme, presque toutes des plantes de sous-bois, et ils ont constaté des destructions et des prélèvements illégaux dans presque toutes les populations visitées.
Sur le plan réglementaire, Zamia obliqua relève de l’annexe II de la CITES au titre de l’inscription de la famille des Zamiaceae (sauf les espèces de l’annexe I), en vigueur depuis le 4 février 1977 selon Species+. L’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) exempte notamment les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement ; le commerce international des plantes elles-mêmes exige un permis. Dans l’Union européenne, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026 ; elle était à l’annexe A jusqu’en février 2017. Species+ signale enfin une mesure nationale plus stricte du Panama : depuis le 19 juin 2025, un quota d’exportation nul s’applique aux spécimens sauvages prélevés dans la nature (notification CITES n° 2025/079), sauf pour des usages scientifiques, personnels, médicaux, éducatifs ou judiciaires ; il a remplacé une suspension des permis d’exportation commerciale de spécimens sauvages décidée en mai 2023.
Ces informations générales, relevées le 18 octobre 2026, ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Zamia obliqua se cultive sous serre chaude, en véranda chauffée ou en intérieur lumineux, jamais dehors en France. Aucun jardin botanique n’a publié de guide de culture propre à l’espèce ; les indications disponibles viennent de deux sources de praticiens.
Cycadales.eu, pépinière spécialisée de Montpellier, range l’espèce dans le groupe des Zamia d’Amérique centrale et des forêts de basse altitude d’Amérique du Sud, jugé « difficile » hors des tropiques, tout en présentant Zamia obliqua comme une espèce arborescente « régulièrement disponible en pépinière et de culture assez facile » (Lavaud, 2023). Pour ce groupe, elle conseille :
- un substrat drainant, neutre à acide, et une eau neutre à acide ;
- la nuit, environ 22 °C, avec de brefs passages tolérés vers 15 °C ;
- le jour, 28 à 30 °C, jusqu’à 34-35 °C pour la plupart des espèces, avec des dégâts possibles sur les jeunes feuilles lors des pics de chaleur ;
- une humidité de l’air élevée, de 70 à 90 %, pour une croissance optimale.
Selon la même source, les climats européens sont trop frais et trop secs pour ces espèces, même en été, et une culture en conditions insuffisantes donne une croissance faible, des plantes peu robustes et un risque de pourriture des racines. Ce sont des conseils d’expérience pour un groupe d’espèces, non des mesures faites sur Zamia obliqua.
Jay Vannini (2019), naturaliste et collectionneur de cycadales d’Amérique centrale, la recommande pour le jardin tropical, le jardin d’hiver ou la serre chaude ; il la cite parmi les Zamia qui font de très bonnes plantes en pot toute leur vie, tout en écrivant, dans sa notice de l’espèce, qu’elle supporterait bien la culture en pot « d’après ce qui est rapporté ». Il montre aussi une plante femelle en cônes dans le jardin d’hiver du Huntington Botanical Garden, à Pasadena, en Californie. Aucune source ne fixe d’exposition pour la culture ; l’espèce poussant en sous-bois dans la nature, on peut en déduire qu’une lumière filtrée lui convient mieux que le plein soleil. Le tronc pouvant dépasser plusieurs mètres, une grande plante demande à terme une serre haute.
Multiplication
L’espèce se multiplie par graines, après pollinisation d’une plante femelle par une plante mâle en cônes au même moment ; en culture, la pollinisation est en général manuelle. Aucun protocole de semis propre à Zamia obliqua n’a été publié. Chez les Zamia du Panama, Taylor et collaborateurs (2012) indiquent que les graines ont besoin d’une période de post-maturation de quelques semaines après la désagrégation du cône, et que, dans une expérience menée à l’université de Panama sur d’autres espèces, leur taux de germination baissait au fil de l’année, jusqu’à devenir négligeable au bout d’un an : mieux vaut donc semer des graines fraîches, débarrassées de leur enveloppe charnue avec des gants. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4, mais elles doivent provenir de plantes cultivées d’origine légale.
Maladies et ravageurs
Aucune maladie ni aucun ravageur propres à l’espèce ne sont documentés. Dans la nature, au Panama, le principal herbivore des cycadales est la chenille du papillon Eumaeus godarti, qui dévore feuilles et cônes ; selon Taylor et collaborateurs (2012), les plantes attaquées s’en remettent en général vite. En culture, les Zamia craignent surtout la pourriture des racines et de la tige dans un substrat froid et détrempé, ainsi que les cochenilles. Parmi elles, Aulacaspis yasumatsui (« Asian cycad scale » en anglais), capable de tuer un cycas adulte en quelques mois (voir l’article lié plus bas), compte le genre Zamia parmi ses plantes hôtes selon la base de données de l’OEPP, d’après Marler, Lindström et Watson (2021) ; aucune attaque n’a été signalée sur Zamia obliqua en particulier.
Rusticité
Zamia obliqua n’est pas rustique : c’est une espèce des forêts tropicales humides de plaine, et aucune donnée de résistance au froid n’existe, ni dans la nature ni en culture. Les températures de Cycadales.eu pour son groupe (nuits vers 22 °C, brefs passages vers 15 °C) décrivent les conditions d’une croissance saine, non une limite de survie. Dans les forêts sempervirentes de plaine du Panama où elle vit, Taylor et collaborateurs (2012) donnent des températures de 24 à 30 °C.
En France
Aucune culture en pleine terre n’a été signalée en France, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne), et aucun épisode de gel daté ne concerne l’espèce. En France, la seule culture raisonnable reste la serre chaude ou l’intérieur chauffé et humide.
Repères internationaux
Aucun retour de froid n’a été publié, dans aucun pays. Même en Californie du Sud, l’exemple cité par Vannini (2019) pousse sous verre, dans le jardin d’hiver du Huntington Botanical Garden. La pleine terre n’est envisageable que sous un climat tropical humide, sans aucun gel.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Zamia obliqua n’a été publiée. Le risque est en revanche documenté dans le genre et chez les autres cycadales : des études pharmacologiques citées par The Gymnosperm Database ont trouvé chez les Zamia des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol (voir aussi l’article du site sur la toxicité des cycadales, lié plus bas), et l’ASPCA cite pour Zamia furfuracea la cycasine et la BMAA, un acide aminé neurotoxique, avec chez le chien, le chat et le cheval des vomissements, des diarrhées sanglantes et une atteinte du foie ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel propre à Zamia obliqua n’est documenté. Le nom local « maizito » est cité par la Flora de Colombia sans explication de son origine ni mention d’un usage.
FAQ
D’où vient le nom obliqua ?
Du latin obliquus, « oblique ». Selon la Flora de Colombia, il désigne la base oblique des folioles ; selon Haynes (2022), repris par The World List of Cycads, il ferait plutôt allusion à l’angle oblique d’insertion des folioles sur le rachis. Braun, l’auteur du nom, ne l’a pas expliqué.
Quelle hauteur peut atteindre Zamia obliqua ?
Jusqu’à 5 m. La Flora de Colombia donne un tronc de 0,5 à 5 m pour 5 à 12 cm de diamètre seulement, avec une vingtaine de feuilles au plus. Les plantes de la zone du canal de Panama seraient en général plus petites.
Quelle différence avec Zamia pseudoparasitica ?
Le mode de vie. Zamia obliqua est une plante terrestre de sous-bois, à tronc aérien, selon la Flora de Colombia et Taylor et collaborateurs (2012) ; aucune publication ne la signale en épiphyte. Zamia pseudoparasitica, avec laquelle elle cohabite dans le centre-nord du Panama, est au contraire la seule cycadale épiphyte connue, qui vit sur les branches des arbres. Les deux espèces sont pourtant proches parentes selon Lindstrom et collaborateurs (2024).
Quelle différence avec Zamia manicata ?
Elle est nette sur des plantes adultes. Zamia manicata a une tige souterraine, des folioles longues jusqu’à 35 cm portées par un petit pédicelle muni d’un bourrelet, et des cônes femelles pourpres ; Zamia obliqua a un tronc aérien, des folioles de 5 à 10 cm, sessiles, et des cônes brun clair. Les deux noms ont pourtant été confondus pendant des décennies.
Pousse-t-elle au Costa Rica ?
C’est discuté. The World List of Cycads l’indique dans la province de Puntarenas, comme la révision d’Acuña-Castillo (2010), mais Lindström et collaborateurs (2013) pensent que l’ancienne récolte costaricienne était un jeune Zamia fairchildiana, et Species+ ne cite que la Colombie et le Panama.
Est-elle menacée ?
Pas à l’échelle mondiale : l’UICN la classe en préoccupation mineure (LC, 2022). Au Panama, ses populations sont pourtant dispersées et souvent reliques, et la destruction des forêts y a longtemps fait juger l’espèce très menacée.
Peut-on la cultiver en France ?
Oui, mais seulement en serre chaude et humide ou en intérieur chauffé. Aucune résistance au froid n’est connue, la pleine terre n’est possible dans aucune région française, et les plantes achetées doivent provenir de semis en culture.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Zamia obliqua : https://cycadlist.org/scientific_name/526 — auteur, publication, néotype (Seemann 1569, Cabo Corrientes, décembre 1847, BM, isonéotype K), répartition par pays et par province, statut UICN, étymologie (Haynes 2022), homonyme de Regel ex Ducos, récolte costaricienne de 2013. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 18 octobre 2026.
- Monatsberichte der Königlich Preussischen Akademie der Wissenschaften zu Berlin, 1875, scan diffusé par The World List of Cycads : https://cycadlist.org/storage/proto/Zamia_obliqua.pdf — description originale de Braun (page 376) : diagnose allemande, découverte par Wallis en 1873, culture chez James Veitch. Source primaire ; page relue à l’image le 18 octobre 2026.
- Flora de Colombia (Universidad Nacional de Colombia), traitement de Zamia obliqua : https://www.biovirtual.unal.edu.co/floradecolombia/es/description/625/ — description de D.W. Stevenson (2001) : mesures, néotype, homonyme, chromosomes, habitat, altitude, conservation, nom local, comparaison avec Zamia manicata et Zamia ulei. Flore nationale ; relue le 18 octobre 2026, avec le traitement de Zamia manicata (description/621) et la clé du genre (description/613).
- IntechOpen, Taylor et al. 2012, « Biogeographic Insights in Central American Cycad Biology » : https://doi.org/10.5772/32253 — répartition au Panama, types de forêts, pollinisateurs, sympatrie, place dans le clade du Panama, question d’une ou plusieurs espèces, absence au Costa Rica, menaces. Chapitre d’ouvrage scientifique en accès libre ; texte intégral lu le 18 octobre 2026.
- Insecta Mundi, Tang, Skelley, Taylor B. et Salzman, « Review of Pharaxonotha Reitter inhabiting cones of the cycad Zamia L. in Panama » (2024) : https://journals.flvc.org/mundi/article/view/135731 — Pharaxonotha panamensis et Notorhopalotria panamensis dans les cônes de Zamia obliqua, coléoptère distinct dans le Chocó, expériences de choix de cônes. Revue d’entomologie à comité de lecture ; texte intégral lu le 25 octobre 2026.
- Repositorio Kérwá (Université du Costa Rica), Acuña-Castillo 2010, Revisión taxonómica y morfológica y distribución de Zamia (Zamiaceae) en Costa Rica : https://kerwa.ucr.ac.cr/handle/10669/84075 — récolte costaricienne (bahía Chal, Mogos de Osa) retenue comme Zamia obliqua, perte de l’holotype de Braun à Berlin, populations panaméennes. Mémoire de maîtrise en libre accès, non publié en revue ; texte intégral relu le 18 octobre 2026.
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- Exotica Esoterica, « Central American and Panamanian Cycads in Field and Greenhouse » (Jay Vannini, 17 février 2019) : https://www.exoticaesoterica.com/magazine/central-american-and-panamanian-cycads-in-field-and-greenhouse — taille en Colombie (d’après Benavides et al. 2010), plantes plus petites près du canal, culture en pot, plante en cônes au Huntington Botanical Garden, doute sur le Costa Rica. Article de naturaliste et collectionneur, sources citées ; valeur indicative pour la culture ; lu le 18 octobre 2026.
- Cycadales.eu, « Comment cultiver les Zamia en climat tempéré » (Simon Lavaud, 6 janvier 2023, mis à jour le 27 mai 2023) : https://cycadales.eu/comment-cultiver-les-zamia-en-climat-tempere/ — Zamia obliqua dans le groupe des forêts de basse altitude, disponibilité en pépinière et culture « assez facile », conditions conseillées pour le groupe. Pépinière spécialisée française : conseils d’expérience par groupe d’espèces ; relue le 18 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Zamia obliqua : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/23534/legal — annexe II de la CITES (inscription des Zamiaceae) depuis le 4 février 1977, annotation #4 ; annexe B de l’Union européenne depuis 2017 (annexe A auparavant) ; mesures nationales du Panama (2023, 2025) ; noms espagnols ; répartition (Colombie, Panama). Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée par son API publique le 18 octobre 2026.
- EUR-Lex, règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
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