Zamia chigua est une cycadale endémique des forêts tropicales humides du Chocó colombien, l’une des régions les plus pluvieuses du monde. Décrite en 1854 par le naturaliste allemand Berthold Carl Seemann dans le compte rendu botanique du voyage du HMS Herald, elle se distingue dans le genre Zamia par un tronc subarborescent strié, des frondes pouvant atteindre trois mètres et un nombre exceptionnel de folioles par feuille — jusqu’à quatre-vingts paires —, fines, imbriquées et longues, qui lui confèrent un port aérien et fougérien très reconnaissable. Le pétiole et le rachis, densément couverts d’aiguillons rigides et fréquemment ramifiés, constituent un autre caractère distinctif majeur de l’espèce. Le nom même de chigua, transcription espagnole d’un terme indigène désignant les cycadales en Colombie, a longtemps prêté à confusion avec d’autres Zamia du Pacifique sud-américain, notamment Zamia roezlii. Zamia chigua reste rare en culture en dehors des collections cycadologiques spécialisées, en raison de ses exigences strictement tropicales et de la pression conservationniste qui pèse sur les populations sauvages du Chocó.
Comment reconnaître Zamia chigua ?
L’identification de Zamia chigua repose sur un faisceau de caractères que peu d’autres espèces du genre combinent simultanément.
Le tronc, généralement non ramifié, dressé ou décombant, atteint jusqu’à deux mètres de hauteur pour environ quinze centimètres de diamètre. Son aspect strié caractéristique, particulièrement marqué chez les sujets âgés, résulte de l’abondance de tissus parenchymateux aquifères qui rendent la tige relativement lourde et turgescente. Cette structure constitue une réserve hydrique adaptée à l’écologie d’understorey humide de l’espèce.
La couronne foliaire compte trois à quinze frondes étalées à arquées, longues de cinquante centimètres à trois mètres selon l’âge et la vigueur du sujet. Le pétiole atteint un mètre, glabre, mais densément armé d’aiguillons rigides et — caractère identifiant essentiel — fréquemment ramifiés, propriété rare au sein du genre. Le rachis prolonge cette pétiolation aiguillonnée sur sa moitié proximale.
Les folioles constituent le caractère le plus immédiatement reconnaissable : on en compte quarante à quatre-vingts paires par fronde — un nombre exceptionnellement élevé pour le genre —, imbriquées dans les feuilles adultes, sessiles, lancéolées et légèrement falciformes. Les folioles médianes mesurent dix à trente centimètres de long sur un à un centimètre et demi de large, à marges entières, à texture cartacée à membraneuse, sans nervation plicée marquée. Les très jeunes plantes portent un nombre nettement plus réduit de folioles, ce qui peut compliquer l’identification des juvéniles.
Le caractère dioïque impose la séparation des sexes sur des pieds distincts. Les cônes mâles, cylindriques, mesurent dix à vingt centimètres de long sur deux à trois centimètres de diamètre ; ils sont jaunâtres à crème. Les cônes femelles, plus massifs, étroitement ovoïdes à cylindriques, atteignent vingt à trente centimètres de long sur huit à douze centimètres de diamètre, de teinte marron clair à fauve. Les graines sont ovoïdes, à sarcotesta charnue rouge à maturité.
Hybrides connues
Aucun hybride naturel impliquant Zamia chigua n’est documenté dans la littérature taxonomique et cycadologique de référence. L’aire restreinte de l’espèce et son habitat de forêt humide d’understorey limitent les contacts avec d’autres Zamia sympatriques, hormis localement Zamia amplifolia et Zamia roezlii qui coexistent dans la province biogéographique du Chocó sans hybridation rapportée.
En culture, aucun hybride horticole stabilisé n’est connu. La rareté de l’espèce en collection et la difficulté de maintenir simultanément des sujets adultes des deux sexes hors zones strictement tropicales rendent l’hybridation contrôlée exceptionnelle.
Confusion avec d’autres espèces
La principale confusion historique a opposé Zamia chigua à Zamia roezlii. Les deux espèces partagent le même nom vernaculaire chigua dans les langues indigènes du Chocó, ce qui a entraîné des erreurs d’identification persistantes dans la littérature horticole et taxonomique du XXᵉ siècle. Zamia roezlii s’en distingue toutefois par sa stature beaucoup plus imposante (tronc pouvant dépasser six mètres), ses folioles à nervation plicée marquée et son habitat plus strictement côtier, parfois soumis à l’inondation par eaux saumâtres. Zamia chigua présente au contraire des folioles non plicées, un tronc plus modeste et un habitat d’understorey forestier intérieur.
Zamia lindleyi, qui poussait dans les hautes terres du Panama occidental (province de Chiriquí, 1 000-2 000 m d’altitude), a longtemps été considérée comme une population disjointe de Zamia chigua. Calonje et collaborateurs ont rétabli en 2012 Zamia lindleyi comme espèce distincte, ce que les analyses phylogénétiques moléculaires ont confirmé en plaçant Zamia lindleyi dans le clade isthmique mésoaméricain et Zamia chigua dans le clade sud-américain. Cette séparation taxonomique implique que Zamia chigua est aujourd’hui strictement colombienne, contrairement à ce que continuent de mentionner certaines sources moins récentes.
Zamia amplifolia Mast., également colombienne, s’en distingue par des folioles bien plus larges et un nombre nettement réduit de folioles par fronde, ainsi qu’un port plus trapu.
Zamia wallisii et d’autres espèces du complexe biogéographique du Chocó présentent des combinaisons morphologiques différentes (port, nombre et proportion des folioles, caractères des cônes) qui permettent leur distinction à partir de matériel adulte bien observé.
Taxonomie
Zamia chigua a été publiée par Berthold Carl Seemann (1825-1871) dans son ouvrage Botany of the Voyage of H.M.S. Herald, volume 6, pages 201-203 et planche 43, en 1854 (publication potentiellement effective fin 1854 ou tout début 1855 selon certains traitements bibliographiques). L’identifiant IPNI de l’espèce est 297256-1. Le lectotype est la planche 43 de cet ouvrage. La description originale a été établie à partir de matériel collecté par Seemann lors du voyage du HMS Herald sur la côte pacifique sud-américaine.
L’épithète spécifique chigua dérive du terme vernaculaire éponyme, transcription espagnole d’un nom indigène désignant globalement les cycadales chez plusieurs peuples du Chocó colombien (Haynes, 2022). Ce nom commun a contribué à la confusion historique entre plusieurs Zamia sud-américains.
L’espèce a fait l’objet de quelques renommages ultérieurs, désormais en synonymie. Le seul synonyme homotypique est Palmifolium chigua (Seem.) Kuntze, publié dans la Revisio Generum Plantarum en 1891, conséquence d’une tentative générique aujourd’hui caduque. Les principaux synonymes hétérotypiques acceptés par POWO sont Aulacophyllum ortgiesii Regel (Gartenflora 25 : 141, 1876), Zamia lindleyana H.L. Wendl. (Index Palmarum : 53, 1854) et Zamia princeps W. Bull ou Rob. (The Garden 9 : 559, 1876). Cette diversité nomenclaturale, modeste comparée à celle de Zamia loddigesii, témoigne néanmoins de la circulation de l’espèce dans les serres et collections horticoles européennes de la seconde moitié du XIXᵉ siècle.
Sur le plan phylogénétique, Zamia chigua appartient au clade sud-américain du genre, distinct du clade isthmique mésoaméricain où se rangent les espèces d’Amérique centrale et la voisine Zamia lindleyi. Cette position phylogénétique cohérente avec sa distribution géographique a été confirmée par les analyses moléculaires successives portant sur le genre.
Dans la nature
Zamia chigua est strictement endémique de Colombie, plus précisément des départements du Chocó et du Valle del Cauca, sur le versant pacifique. La séparation taxonomique de Zamia lindleyi (population panaméenne historiquement attribuée à Zamia chigua) a restreint l’aire de répartition acceptée à ce noyau colombien, situé entre le niveau de la mer et environ deux cents mètres d’altitude dans les basses terres pluviales pacifiques.
L’habitat typique correspond au sous-bois (understorey) des forêts pluviales équatoriales du Chocó biogéographique, l’un des hotspots de biodiversité les mieux conservés et les plus pluvieux de la planète. Les conditions stationnelles combinent une ombre dense filtrée par la canopée, une humidité atmosphérique constamment élevée (souvent supérieure à 90 %), des sols organiques bien drainés sur substrats latéritiques ou alluviaux, et des températures stables tout au long de l’année. Les précipitations annuelles dans cette région dépassent fréquemment 8 000 mm, sans véritable saison sèche.
Cette écologie de plante d’understorey forestier humide explique la sensibilité de l’espèce à la lumière directe, à la sécheresse atmosphérique et à toute fluctuation thermique marquée.
L’évaluation IUCN du World List of Cycads classe Zamia chigua en quasi-menacée (Near Threatened, NT) selon les critères B1b(iii)+2b(iii), en raison d’une aire géographique restreinte et d’un déclin observé de la qualité de l’habitat. Les pressions principales tiennent à la déforestation des basses terres du Chocó (expansion agricole, exploitation forestière, activités minières), à la fragmentation des populations restantes et, dans une moindre mesure, à la collecte illégale pour le commerce horticole spécialisé. Comme l’ensemble des Cycadales, l’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES, ce qui réglemente strictement son commerce international.
Culture de Zamia chigua
Zamia chigua compte parmi les Zamia sud-américains les plus exigeants à cultiver, en raison de ses besoins en chaleur, humidité atmosphérique élevée et lumière filtrée constante. Sa culture extérieure n’est envisageable qu’en climat équatorial à tropical humide sans saison fraîche marquée. Partout ailleurs, elle se conduit en serre chaude tempérée ou en intérieur lumineux à hygrométrie soutenue.
Culture en pot
La culture en conteneur est la formule dominante en dehors des régions strictement tropicales. On choisira un pot relativement profond, drainé par plusieurs orifices, en plastique ou en terre cuite émaillée, dimensionné pour accueillir le système racinaire pivotant typique du genre. Le substrat doit conjuguer richesse organique et drainage parfait : un mélange équilibré associant terreau forestier, écorces de pin compostées, pouzzolane fine et sable grossier reconstitue les conditions de sol d’understorey tropical humide. Un apport modéré de matière organique stabilisée (compost de feuilles ou fumier composté ancien) bénéficie aux jeunes sujets.
L’exposition doit être lumineuse mais toujours filtrée : la lumière directe brûle les folioles, particulièrement celles des frondes en croissance. Une position sous canopée légère, derrière un voile d’ombrage, ou en lumière indirecte vive convient. En serre, la mi-ombre lumineuse est l’objectif.
Les arrosages doivent être réguliers et soutenus toute l’année, l’espèce ne tolérant pas le dessèchement complet. Le substrat doit rester constamment humide sans engorgement chronique. L’hygrométrie ambiante doit rester élevée ; en serre, on bassine régulièrement le feuillage à l’eau peu calcaire, et on peut compléter par un brumisateur lors des périodes les plus sèches. La fertilisation s’effectue avec un engrais équilibré faiblement dosé en période de croissance, complété par un apport ponctuel de magnésium et d’oligo-éléments, les Cycadales étant sensibles aux carences en manganèse et magnésium qui se manifestent par des chloroses internervaires sur les folioles matures.
L’hivernage doit garantir un minimum thermique élevé (voir section Rusticité). Une serre chaude maintenue au-dessus de 15 °C constitue l’environnement idéal.
Culture en pleine terre
La mise en pleine terre n’est envisageable qu’en climat tropical humide sans saison fraîche marquée, sur des sites à ombre filtrée constante et à sol profond, riche, parfaitement drainé tout en restant durablement frais. L’emplacement doit reproduire au mieux les conditions d’understorey forestier : exposition à la mi-ombre dense, brise-vent latéral, paillage organique épais, voisinage d’arbres fournissant une canopée légère. Un drainage soigné est indispensable malgré l’exigence d’humidité élevée, car l’engorgement chronique du substrat favorise les pourritures racinaires et caulinaires.
Une fois installée, Zamia chigua demande des arrosages réguliers, le renouvellement périodique du paillage, et une surveillance sanitaire attentive. La croissance reste lente : plusieurs années sont nécessaires pour obtenir un sujet présentant son port adulte caractéristique.
Multiplication
La multiplication de Zamia chigua s’effectue essentiellement par semis, l’espèce produisant rarement des rejets latéraux exploitables.
Le caractère dioïque impose la coexistence de sujets adultes des deux sexes, ce qui suppose plusieurs plantes parvenues à maturité sexuelle — laquelle est atteinte tardivement, après plusieurs années à plusieurs décennies de culture selon les conditions. La pollinisation naturelle dans les populations sauvages est assurée par des charançons spécialisés (Curculionidae) inféodés aux cycadales, attirés par un mécanisme combinant thermogenèse cônique, émissions olfactives et signaux visuels. En culture, la pollinisation manuelle s’effectue par récolte du pollen sur un cône mâle en pleine déhiscence et application au pinceau ou par insufflation sur les sporophylles d’un cône femelle réceptif.
Les graines mûres se reconnaissent à la coloration rouge vif de leur sarcotesta. On les débarrasse de cette pulpe charnue par macération dans l’eau tiède pendant 24 à 48 heures puis frottement (gants impératifs : la sarcotesta contient des cycasines et macrozamines toxiques irritantes pour la peau et les muqueuses). Les semences nues, rincées, doivent être semées rapidement car leur viabilité décroît dans les semaines suivant la récolte.
Le semis se fait à plat sur un substrat très drainant à base de perlite ou de sable grossier additionné d’un peu de matière organique, maintenu humide mais jamais détrempé, à une température constante de 25 à 30 °C sous hygrométrie élevée. La germination, hypogée, peut intervenir en quelques semaines à plusieurs mois selon les lots. La sensibilité aux pourritures fongiques pendant les premiers mois est importante : ventilation, modération de l’humidité de surface et éventuel traitement fongicide préventif réduisent ces pertes. Le repiquage s’effectue après émission de la première fronde, dans des godets profonds adaptés au système racinaire pivotant.
La multiplication végétative par division reste exceptionnelle et délicate, l’espèce produisant rarement des rejets basaux exploitables.
Maladies et ravageurs
Zamia chigua partage avec l’ensemble des cycadales cultivées une sensibilité à un nombre limité mais bien identifié d’organismes nuisibles.
La cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, demeure à l’échelle mondiale le ravageur le plus préoccupant des collections de cycadales depuis sa dispersion accidentelle hors d’Asie du Sud-Est à partir des années 1990. Cette cochenille à bouclier blanc colonise massivement la face inférieure des folioles puis l’ensemble de la plante, provoquant en quelques mois la chlorose, le dessèchement et la mort en l’absence de traitement. La lutte combine traitements systémiques à base d’imidaclopride ou de dinotéfurane, applications topiques d’huiles minérales et, dans les régions où ces auxiliaires sont établis, mobilisation du prédateur Cybocephalus nipponicus et du parasitoïde Coccobius fulvus dans des programmes intégrés.
Les pourritures racinaires et caulinaires d’origine fongique (Pythium, Phytophthora, Fusarium) constituent un risque important pour cette espèce exigeante en humidité atmosphérique mais sensible à l’engorgement du substrat. Une aération correcte du substrat, un drainage rigoureux et un suivi attentif des plantules réduisent ces incidents.
Les cochenilles farineuses et les acariens apparaissent occasionnellement en serre chaude ou en intérieur lors d’épisodes secs ; le maintien d’une hygrométrie élevée et un bassinage régulier du feuillage les tiennent généralement à distance.
Sur le plan sanitaire humain, toutes les parties de la plante — feuilles, tige, graines — contiennent des composés neurotoxiques (cycasines, macrozamines, BMAA) responsables d’intoxications graves en cas d’ingestion non préparée. La sarcotesta charnue rouge des graines, particulièrement attractive, doit être tenue hors de portée des enfants et des animaux domestiques.
Rusticité
Zamia chigua est une espèce strictement tropicale équatoriale, dont la rusticité au froid est très limitée. Son origine en sous-bois pluvial équatorial — où les températures restent stables entre 22 et 28 °C toute l’année et ne descendent jamais sous une vingtaine de degrés — implique l’absence de toute adaptation au froid ou aux variations thermiques marquées.
L’espèce se place en zone USDA 11, avec une tolérance hivernale opérationnelle prudente au-dessus de 10 °C. Les sources spécialisées s’accordent sur l’absence de tolérance au gel : les premiers dommages foliaires apparaissent dès le voisinage de 5 à 8 °C, et toute exposition au point de congélation est susceptible de provoquer la nécrose du feuillage, voire de compromettre la survie du sujet. À la différence de certaines Zamia à caudex subterranéen capables de repercer après une défoliation hivernale grâce à l’inertie thermique du sol, Zamia chigua, à tige principalement aérienne, ne dispose pas d’une telle protection.
Sous toute latitude tempérée, la culture extérieure n’est donc pas envisageable et l’espèce relève strictement de la serre chaude tempérée, de la véranda chauffée ou de l’intérieur lumineux à hygrométrie soutenue, avec un minimum thermique opérationnel maintenu entre 15 et 18 °C en période fraîche.
Usages traditionnels éventuels
L’ethnobotanique de Zamia chigua reste moins richement documentée que celle des cycadales mésoaméricaines, mais l’espèce occupe une place culturelle dans les communautés indigènes et afro-descendantes du Chocó.
Le terme chigua lui-même, transcription espagnole d’un nom indigène, désigne génériquement les cycadales chez plusieurs peuples du Pacifique colombien (Embera, Wounaan, communautés afro-colombiennes du Chocó), ce qui souligne l’ancrage culturel du genre dans les écosystèmes forestiers locaux.
L’usage alimentaire historique de Zamia chigua repose, comme pour d’autres cycadales sud-américaines et mésoaméricaines, sur l’extraction d’amidon à partir du tronc. La préparation impose une détoxification rigoureuse (lessivages prolongés, fermentations, cuissons successives) pour neutraliser les cycasines et macrozamines neurotoxiques, selon des protocoles transmis localement. Cet usage reste marginal aujourd’hui, supplanté par les ressources alimentaires modernes, et la collecte sauvage exerce d’ailleurs une pression notable sur les populations naturelles.
Sur le plan horticole et ornemental, Zamia chigua est appréciée par les collectionneurs spécialisés pour son port aérien et fougérien, ses frondes à très nombreuses folioles imbriquées et l’élégance générale de son feuillage. Elle reste néanmoins peu diffusée dans le commerce courant en raison de ses exigences culturales strictes et du statut de conservation des populations sauvages.
FAQ pour Zamia chigua
Comment distinguer Zamia chigua de Zamia roezlii ? Les deux espèces partagent le nom vernaculaire chigua, source de confusion historique. Zamia roezlii atteint un tronc beaucoup plus haut (jusqu’à six mètres), présente des folioles à nervation plicée marquée et occupe des habitats côtiers parfois inondés par eaux saumâtres. Zamia chigua a un tronc plus modeste (jusqu’à deux mètres), des folioles non plicées, en nombre élevé (jusqu’à 80 paires) et imbriquées, ainsi que des aiguillons souvent ramifiés sur le pétiole — caractère absent chez Zamia roezlii.
Pourquoi cette espèce n’est-elle plus signalée au Panama ? La population panaméenne du Chiriquí, longtemps attribuée à Zamia chigua, a été rétablie en 2012 par Calonje et collaborateurs comme une espèce distincte : Zamia lindleyi. Les analyses moléculaires ultérieures ont confirmé cette séparation. Zamia chigua est aujourd’hui considérée comme strictement endémique de Colombie.
Quel substrat utiliser pour le rempotage ? Un mélange drainant à base de terreau forestier, d’écorces de pin compostées, de pouzzolane et de sable grossier, légèrement enrichi en matière organique, reproduit correctement les sols d’understorey tropical humide. Le drainage doit être parfait sans pour autant laisser le substrat sécher.
Peut-on cultiver Zamia chigua à l’extérieur dans les régions tempérées ? Non, sauf à disposer d’une serre chaude ou d’une véranda chauffée hors gel maintenue au-dessus de 15 °C. L’espèce est strictement tropicale équatoriale, sans tolérance au froid, et son tronc aérien ne bénéficie pas de la protection thermique dont profitent les Zamia à caudex subterranéen.
Pourquoi mes folioles présentent-elles des taches jaunâtres et un aspect crayeux sur la face inférieure ? Ces symptômes évoquent une infestation par la cochenille asiatique des cycas (Aulacaspis yasumatsui), parasite majeur des cycadales en collection. Inspecter attentivement la face inférieure des frondes ; en cas de confirmation, un traitement systémique combiné à des huiles minérales s’impose sans délai.
Les graines sont-elles toxiques ? Oui. Toutes les parties de la plante, y compris la sarcotesta charnue rouge des graines, contiennent des cycasines, macrozamines et BMAA neurotoxiques. La manipulation des graines lors du dépulpage s’effectue avec des gants, et l’accès aux cônes mûrs doit être interdit aux enfants et aux animaux domestiques.
Sites de référence
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International Plant Names Index (IPNI) — protologue et identifiant nomenclatural 297256-1 : https://www.ipni.org/n/297256-1
World List of Cycads (Calonje, Stevenson et collaborateurs) — fiche détaillée sur Cycadlist : https://cycadlist.org/scientific_name/449
Universidad Nacional de Colombia — Flora de Colombia, traitement par Stevenson : http://www.biovirtual.unal.edu.co/floradecolombia/en/description/616/
CITES Species+ — statut commercial international (annexe II) : https://www.speciesplus.net/
Wikipedia (langue anglaise) — synthèse référencée : https://en.wikipedia.org/wiki/Zamia_chigua
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