Cycas couttsiana

Cycas couttsiana est un cycas arborescent au feuillage bleu-vert, endémique de la partie sud de la Gregory Range, dans l’intérieur du nord du Queensland, en Australie. Espèce du genre Cycas, il n’a été décrit qu’en 1992, d’après des plantes de la station d’élevage de Chudleigh Park dont les exploitants, Pat et David Coutts, l’avaient signalé aux botanistes. Il se distingue des autres « cycas bleus » australiens par le duvet blanc qui persiste sur ses jeunes feuilles et par ses graines couvertes d’une pruine bleutée. Très recherché en collection mais lent et sujet à la pourriture sur ses propres racines, c’est l’espèce sur laquelle la greffe sur Cycas revoluta a été le plus essayée en France. L’UICN le classe quasi menacé.

L’essentiel sur Cycas couttsiana

  • Nom accepté : Cycas couttsiana K.D.Hill (1992), selon The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : aucun synonyme accepté ; traité comme synonyme de Cycas angulata par de Laubenfels et Adema (1998), opinion non suivie ; nom horticole ancien Cycas sp. ‘Glen Idle Blue’
  • Famille : Cycadaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté
  • Répartition naturelle : Australie, Queensland, sud de la Gregory Range (haut bassin de la Stawell River)
  • Statut UICN : quasi menacé (NT, critère B1a) selon The World List of Cycads, qui cite l’évaluation de J.D. Bösenberg (2010) ; une réévaluation du même auteur a été publiée en 2023
  • CITES : annexe II (inscription de toute la famille) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée ; à cultiver hors gel en France (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : plein soleil ; dans la nature, bois clairs herbeux sur limons sableux rouges issus de basalte ou de dolérite
  • Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 3 m, rarement 7 m, de 14 à 20 cm de diamètre ; feuilles de 100 à 130 cm
  • Toxicité : non étudiée pour l’espèce ; toutes les parties des Cycas sont toxiques (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas couttsiana ?

Cycas couttsiana se reconnaît à trois caractères réunis : des folioles assez larges pour un cycas bleu, d’un bleu-vert mat, tournées vers le haut de part et d’autre d’une feuille fortement carénée ; un duvet gris-blanc qui reste longtemps sur les jeunes pousses et sur le dessous des folioles ; et des graines fortement pruineuses. D’après la description originale de K.D. Hill (1992) :

  • Tronc : jusqu’à 3 m de haut, rarement 7 m, de 14 à 20 cm de diamètre.
  • Feuilles : de 100 à 130 cm, fortement carénées (folioles opposées formant un angle de 30 à 90°, parfois jusqu’à 150°), avec 180 à 270 folioles ; axe terminé en général par une épine ; pétiole souvent couvert d’un duvet gris, long de 17 à 21 cm.
  • Folioles : de 170 à 210 mm sur 4,5 à 6 mm, glabres dessus, souvent finement duveteuses de blanc dessous, bleu-vert mat, à bords recourbés.
  • Jeunes pousses : duvet dense gris-blanc mêlé de quelques poils brun orangé pâle, qui persiste ; cataphylles fins, à duvet gris-brun pâle.
  • Cônes mâles : ovoïdes, de 15 à 20 cm sur 7 à 9 cm, brun orangé.
  • Mégasporophylles : de 16 à 26 cm, à duvet gris, portant de 4 à 6 ovules ; limbe étroitement triangulaire, de 40 à 60 mm sur 20 à 30 mm, régulièrement denté.
  • Graines : ovoïdes, vertes puis brun jaunâtre, fortement pruineuses, de 35 à 46 mm de long.

Paul Forster (2001) donne dans sa clé des folioles médianes de 6 à 7,5 mm de large, un peu plus que la description de 1992 ; il note aussi que la couleur bleue de l’espèce est intermédiaire : moins intense et moins durable que chez Cycas cairnsiana. La Palm and Cycad Society of Australia (PACSOA) rapporte, d’après des observations antérieures à la description, que des plantes replantées dans d’autres sols peuvent perdre leur reflet bleu, les nouvelles feuilles le retrouvant ensuite.

Hybrides

Aucun hybride naturel n’est documenté. Un cultivateur du forum des Fous de palmiers mentionne en 2013 des croisements horticoles de Cycas thouarsii avec Cycas couttsiana, Cycas cupida et Cycas cairnsiana, destinés à obtenir un cycas bleu à croissance rapide ; aucune autre source ne les décrit.

Confusions possibles

K.D. Hill (1992, 1996) rapproche l’espèce de Cycas brunnea et de Cycas angulata, deux espèces du sud du golfe de Carpentarie au port comparable : elles sont plus robustes, portent des poils brun foncé, et Cycas angulata est moins bleuté ; leurs cônes mâles sont aussi plus grands et presque globuleux. Parmi les cycas bleus du Queensland, Cycas cupida, sa plus proche voisine à plus de 200 km au sud, a un tronc plus épais (20 à 30 cm), des jeunes pousses à duvet roux, des folioles non rétrécies à la base, de plus grands cônes mâles et des mégasporophylles roux à limbe largement triangulaire (Forster, 2001). Cycas cairnsiana a des folioles bien plus étroites (2 à 3 mm) et enroulées, et Cycas ophiolitica perd son duvet et a des feuilles moins carénées.

Taxonomie

Cycas couttsiana est accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté (site protégé). Il a été décrit par K.D. Hill en 1992 dans « A preliminary account of Cycas (Cycadaceae) in Queensland », Telopea 5(1) : 197-198. Le type a été récolté le 29 juillet 1990 par Hill et Stanberg (numéro 3738) sur la station de Chudleigh Park, dans la Gregory Range, sur le cours supérieur de la Stawell River ; l’holotype est à Sydney (NSW), des isotypes à Brisbane, Canberra, Darwin, Kew et Melbourne.

Dans sa révision de 1996, Hill le place dans la série Cairnsianosae (section Cycas, sous-section Endemicae), avec Cycas cairnsiana, Cycas desolata, Cycas ophiolitica et Cycas platyphylla ; Cycas cupida y a été ajouté en 2001. De Laubenfels et Adema (1998), qui adoptent des espèces beaucoup plus larges, l’ont rangé en synonymie de Cycas angulata. The World List of Cycads ne suit pas cette opinion et maintient l’espèce ; les arguments de Hill (absence de poils brun foncé, port plus grêle, cônes mâles plus petits) n’ont pas été réfutés dans les sources consultées.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Pat et David Coutts, exploitants de la station de Chudleigh Park et amateurs de cycas, qui ont signalé la plante à K.D. Hill et ont pris des mesures pour la protéger sur leurs terres (Hill, 1992 ; Haynes, 2022). Avant sa description, la plante circulait sous le nom provisoire de Cycas sp. ‘Glen Idle Blue’, d’après la propriété « Glen Idle » de Mme Coutts, au nord de Hughenden (PACSOA, d’après un article de L.P. Butt paru en 1990 dans Palms & Cycads).

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé, et aucun nom vernaculaire anglais ou aborigène n’a pu être vérifié. Le seul autre nom rencontré est le nom horticole provisoire ‘Glen Idle Blue’.

Dans la nature

Cycas couttsiana est endémique du Queensland. Hill (1992, 1996) le connaît de plusieurs populations dans le sud de la Gregory Range, dans des bois clairs herbeux sur des limons sableux rouges issus de basalte ou de dolérite. Une récolte ancienne attribuée aux environs de Pentland n’a pas pu être confirmée. Le texte de la PACSOA rapporte, d’après « une source fiable », un très grand sujet de 11,60 m et plusieurs plantes d’environ 6 m sur les sols profonds, pour une hauteur moyenne d’environ 3 m ; ces mesures dépassent la description botanique et n’ont pas été vérifiées.

Statut de conservation et réglementation

The World List of Cycads affiche pour Cycas couttsiana la catégorie quasi menacé (NT, critère B1a), en citant l’évaluation de J.D. Bösenberg pour la Liste rouge de 2010. Le même auteur a publié une réévaluation dans la version 2023-1 de la Liste rouge ; des sources secondaires lui attribuent la même catégorie, ce qui n’a pas pu être vérifié directement. En 1992, Hill jugeait l’espèce restreinte mais non menacée à court terme, plusieurs populations étant importantes.

Comme toutes les espèces de la famille des Cycadaceae, Cycas couttsiana est inscrit à l’annexe II de la CITES. Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, présente cette inscription au niveau de la famille, avec l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen et les plantules ou cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles sont exemptés, mais les plantes vivantes restent soumises aux permis. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission du 22 juin 2026. Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’a été trouvée. Species+ a été consulté le 3 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat, import ou vente, et demandez la preuve que la plante est issue de culture. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels.

Culture

Sur ses propres racines, Cycas couttsiana est réputé difficile en Europe : il pousse lentement et pourrit facilement en substrat froid et humide. Les données publiées sur sa culture sont rares ; les conseils généraux des cycas bleus du Queensland s’appliquent : plein soleil, forte chaleur en été, substrat très minéral et hiver au sec.

Un article de ce site consacré à la méthode du pépiniériste Simon Lavaud rapporte que c’est l’espèce sur laquelle la greffe sur Cycas revoluta a été le plus éprouvée. Sur des plantes cultivées en pot et sous abri, la croissance des sujets greffés serait environ cinq fois plus rapide que celle des plantes non greffées, et la pourriture des racines quasi absente. L’article précise les limites de la méthode : la greffe ne rend pas le feuillage plus résistant au froid, le porte-greffe produit des rejets à supprimer, les besoins en fer augmentent, et les résultats ne valent que pour la culture en pot sous abri.

Multiplication

La multiplication se fait par semis ; des graines sont proposées de temps à autre par des grainetiers spécialisés. La greffe sur Cycas revoluta décrite plus haut est une technique de culture, pas de multiplication. Aucune donnée publiée sur la germination propre à l’espèce n’a été trouvée.

Maladies et ravageurs

La pourriture des racines est le principal problème rapporté en culture. Comme tous les Cycas, l’espèce est exposée à la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui ; aucune donnée propre à l’espèce n’a été trouvée.

Rusticité

En France

Aucun retour de culture en pleine terre, et aucune température supportée, n’a été trouvé en France, ni sur le forum des Fous de palmiers ni dans les autres sources consultées. L’article du site sur la greffe recommande, même pour les plantes greffées, un hivernage sous abri hors gel sur le littoral méditerranéen et une serre chauffée dans la moitié nord du pays.

Repères internationaux

Aucune valeur de résistance au froid n’a été publiée pour l’espèce, et aucun retour daté n’a été trouvé sur les forums italiens. Un cultivateur de Ravenne (Italie) indique en 2012 sur le forum Tropicamente qu’il ne la tente pas, craignant l’humidité de sa région.

Toxicité et précautions

Aucune donnée de toxicité propre à Cycas couttsiana n’a été trouvée, mais le risque est documenté pour le genre : chez les Cycas, toutes les parties de la plante sont toxiques, et les graines le sont le plus. Le principal composé en cause est la cycasine (Université d’État de Caroline du Nord ; ASPCA). Chez le chien, le chat et le cheval, l’ASPCA signale des vomissements, des diarrhées parfois sanglantes, une jaunisse et des lésions du foie pouvant être mortelles.

Portez des gants pour manipuler les graines et leur enveloppe charnue, ramassez celles qui tombent et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre à Cycas couttsiana n’a été trouvé dans les sources consultées.

Questions fréquentes

D’où vient Cycas couttsiana ?

Du nord du Queensland, en Australie : il ne pousse que dans le sud de la Gregory Range, sur des sols rouges d’origine basaltique.

Pourquoi s’appelle-t-il ainsi ?

En l’honneur de Pat et David Coutts, exploitants de la station de Chudleigh Park, qui ont signalé la plante aux botanistes et ont veillé à sa protection.

Est-il vraiment bleu ?

Oui, mais moins que Cycas cairnsiana. Son feuillage est bleu-vert mat, et des plantes replantées dans d’autres sols peuvent perdre temporairement leur reflet bleu.

Peut-on le cultiver en pleine terre en France ?

Non, d’après les données disponibles. Aucun essai en pleine terre n’est documenté ; il se cultive en pot, hors gel et au sec en hiver.

La greffe le rend-elle plus rustique ?

Non. Selon l’article du site sur la méthode Simon Lavaud, la greffe sur Cycas revoluta accélère la croissance et limite la pourriture, mais le feuillage du greffon reste aussi sensible au gel.

Est-ce un synonyme de Cycas angulata ?

Non, pour The World List of Cycads. De Laubenfels et Adema l’ont rangé sous Cycas angulata en 1998, mais cette synonymie n’est pas retenue.

Est-il toxique ?

Oui, très probablement. Il n’a pas été étudié, mais toutes les parties des Cycas sont toxiques, surtout les graines.

À lire aussi sur Succulentes

Sites de référence

  • The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas couttsiana : https://cycadlist.org/scientific_name/112 — auteur, protologue (Telopea 5(1) : 197-198), type (Hill & Stanberg 3738, Chudleigh Park, 1990), répartition, statut UICN NT, étymologie, synonymie de de Laubenfels et Adema. Liste de référence des cycadales, éditée pour le Montgomery Botanical Center, fiable ; consultée directement le 3 octobre 2026.
  • Species+ (UNEP-WCMC), Cycas couttsiana : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/21538/legal — annexe II de la CITES (inscription de la famille Cycadaceae, annotation #4) et annexe B de l’Union européenne (règlement (UE) 2026/1383). Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée directement le 3 octobre 2026.
  • Palm and Cycad Society of Australia (PACSOA), Cycas couttsiana : https://pacsoa.org.au/wiki/index.php?title=Cycas_couttsiana — nom provisoire ‘Glen Idle Blue’, hauteurs rapportées, perte du reflet bleu après transplantation (texte de L.P. Butt, 1990). Société spécialisée ; observations antérieures à la description, en partie de seconde main.
  • Forum des Fous de palmiers, fil « Cycas panzhihuaensis x debaoensis » : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=245698#p245698 — mention de croisements horticoles avec Cycas thouarsii (2013). Forum de cultivateurs ; information non recoupée.
  • ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité des cycadales pour les chiens, les chats et les chevaux. Centre antipoison vétérinaire, fiable ; donnée de niveau genre.
  • NC State Extension Plant Toolbox, Cycas revoluta : https://plants.ces.ncsu.edu/plants/cycas-revoluta/ — cycasine présente dans toutes les parties de la plante. Service de vulgarisation universitaire, fiable ; donnée de niveau genre.

Bibliographie

  • Hill, K.D. (1992). A preliminary account of Cycas (Cycadaceae) in Queensland. Telopea 5(1) : 177-206. doi:10.7751/telopea19924964 [Protologue, pages 197-198, fig. 13 ; clé, descriptions et répartition des espèces du Queensland ; texte intégral lu.]
  • Hill, K.D. (1996). A taxonomic revision of the genus Cycas (Cycadaceae) in Australia. Telopea 7(1) : 1-64. doi:10.7751/telopea19963040 [Révision des espèces australiennes, séries, anatomie foliaire, répartition ; texte intégral lu.]
  • de Laubenfels, D.J. & Adema, F. (1998). A taxonomic revision of the genera Cycas and Epicycas gen. nov. (Cycadaceae). Blumea 43(2) : 351-400. [Mise en synonymie avec Cycas angulata, page 363 ; révision à concept large des espèces ; texte intégral lu (archive.org).]
  • Forster, P.I. (2001). Cycas cupida (Cycadaceae), a new species from central Queensland. Austrobaileya 6(1) : 153-160. doi:10.5962/p.299661 [Comparaison avec Cycas cupida et clé de la série Cairnsianosae ; texte intégral lu.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie de l’épithète ; citée par The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence : nom accepté, protologue, type, répartition, synonymes, statut UICN ; consultée directement.]