Cycas cupida

Cycas cupida est un cycas à tronc épais et au feuillage bleu-gris pruineux, qui ne pousse que dans la Terrace Range, une chaîne de grès basse et isolée au sud de Charters Towers, dans le centre du Queensland, en Australie. Espèce du genre Cycas, il a été décrit en 2001 par Paul Forster, de l’herbier du Queensland, quelques mois seulement après sa découverte. Son nom, du latin cupidus, « désireux », rappelle que les cycas bleus sont convoités par les collectionneurs. C’est le dernier venu de la série des « cycas bleus » du Queensland, et l’UICN le classe quasi menacé.

L’essentiel sur Cycas cupida

  • Nom accepté : Cycas cupida P.I.Forst. (2001), selon The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : aucun
  • Famille : Cycadaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté
  • Répartition naturelle : Australie, centre du Queensland, Terrace Range, au sud de Charters Towers (district de South Kennedy)
  • Statut UICN : quasi menacé (NT, critère D2) selon The World List of Cycads, qui cite l’évaluation de P. Forster (2010) ; une réévaluation de J.D. Bösenberg a été publiée en 2023
  • CITES : annexe II (inscription de toute la famille) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée ; à cultiver hors gel en France (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : plein soleil ; dans la nature, sols de grès et éboulis gréseux, parfois fissures de petites falaises
  • Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 6 m, de 20 à 30 cm de diamètre, rarement ramifié ; feuilles de 72 à 130 cm
  • Toxicité : non étudiée pour l’espèce ; toutes les parties des Cycas sont toxiques (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas cupida ?

Cycas cupida se reconnaît à son tronc épais, à ses feuilles fortement carénées couvertes d’une pruine bleu-gris, à ses folioles qui ne se rétrécissent pas à la base de la feuille, et au duvet roux qui couvre ses jeunes pousses, ses cataphylles et ses cônes. D’après la description originale de Paul Forster (2001) :

  • Tronc : jusqu’à 6 m de haut, de 20 à 30 cm de diamètre, rarement à plusieurs têtes.
  • Feuilles : de 72 à 130 cm, droites ou un peu ondulées vers la pointe, fortement carénées (folioles opposées formant un angle de 30 à 50°), terminées en général par une paire de folioles ; pétiole de 12 à 26 cm, à duvet bleu-gris, portant de 12 à 26 petites dents d’environ 2 mm, rarement inerme.
  • Folioles : de 174 à 240 par feuille, de 150 à 240 mm sur 5 à 7 mm, couvertes d’une pruine bleue (gris-vert dessous la cire), presque plates, non rétrécies à la base de la feuille (90 à 100 % de la largeur maximale) ; nervure médiane un peu saillante dessus, nettement dessous.
  • Jeunes pousses et cataphylles : duvet dense brun roux ; cataphylles piquants, linéaires, de 70 à 95 mm, duveteux sur toute leur longueur.
  • Cônes mâles : ovoïdes allongés, de 25 à 33 cm sur 10 à 16 cm, à duvet brun roux ; épine terminale des microsporophylles de 5 à 12 mm, recourbée vers l’avant.
  • Mégasporophylles : de 22 à 30 cm, d’abord couverts d’un duvet roux puis bleu-gris pruineux ; de 4 à 6 ovules (généralement 4) ; limbe largement triangulaire, de 45 à 60 mm sur 25 à 35 mm, nettement denté, épine terminale de 15 à 18 mm.
  • Graines : ovoïdes, de 35 à 40 mm sur 32 à 35 mm, très pruineuses (gris-bleu), vertes sous la cire puis jaune violacé à maturité.

Forster (2001) note que tous les cycas de ce groupe sont plus ou moins bleus : certains perdent vite cette couleur, d’autres la gardent. Cycas cupida la conserve, sans atteindre l’intensité de Cycas cairnsiana.

Hybrides

Aucun hybride naturel n’est connu ; la population est isolée à plus de 200 km des espèces voisines. Un cultivateur du forum des Fous de palmiers cite en 2013 des croisements horticoles avec Cycas thouarsii, sans autre détail.

Confusions possibles

Ses deux plus proches parents, Cycas couttsiana et Cycas desolata, vivent plus de 200 km au nord. Selon Forster (2001), Cycas cupida se distingue de Cycas desolata par ses feuilles plus fournies (174 à 240 folioles contre 90 à 136), ses folioles non rétrécies à la base, ses cataphylles bien plus longs (70 à 95 mm contre 30 à 45 mm) et duveteux sur toute leur longueur, et ses cônes mâles plus épais. Il diffère de Cycas couttsiana par son tronc plus épais (20 à 30 cm contre 14 à 20 cm), le duvet roux et non gris-blanc de ses jeunes pousses, ses cônes mâles plus grands et ses mégasporophylles roux à limbe largement, et non étroitement, triangulaire. Cycas cairnsiana a des folioles beaucoup plus étroites (2 à 3 mm) aux bords enroulés.

Taxonomie

Cycas cupida est accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté (site protégé). Paul I. Forster l’a décrit en 2001 dans « Cycas cupida (Cycadaceae), a new species from central Queensland », Austrobaileya 6(1) : 153-160. Le type, une plante mâle, a été récolté le 11 décembre 2000 dans la Terrace Range par Forster et Booth (numéro PIF26540B) ; l’holotype est à l’herbier du Queensland (BRI), à Brisbane.

Forster le place dans la série Cairnsianosae définie par K.D. Hill (1996, 1998), qui compte avec lui six espèces : Cycas cairnsiana, Cycas couttsiana, Cycas cupida, Cycas desolata, Cycas ophiolitica et Cycas platyphylla. Ce groupe se caractérise par des folioles basses non réduites en épines, des folioles plus ou moins enroulées et fortement bleutées, une couche protectrice continue sous l’épiderme et des cônes mâles moyens, ovoïdes, orange ou bruns. Aucun changement de nom n’a affecté l’espèce depuis sa description.

Étymologie et histoire

L’épithète vient du latin cupidus, « désireux », et fait allusion à l’attrait de cette plante pour les collectionneurs de cycas (Forster, 2001 ; Haynes, 2022). Forster avait déjà consacré en 1999 un texte aux « six cycas bleus du désir » du Queensland, et il prévoyait que l’intérêt des collectionneurs pour la nouvelle espèce serait intense.

L’histoire de sa découverte est brève : début novembre 2000, Tim Perry, alors à l’Agence de protection de l’environnement du Queensland à Townsville, envoie à Forster des échantillons et des photos d’un cycas bleu des grès situés bien au sud de Charters Towers. Forster visite la population en décembre 2000, récolte du matériel fertile et décrit l’espèce l’année suivante.

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé, et aucun nom vernaculaire anglais ou aborigène n’a pu être vérifié.

Dans la nature

Cycas cupida est limité à la Terrace Range, une chaîne de grès basse et isolée au sud de Charters Towers, avec des affleurements et de petites falaises de grès. Selon Forster (2001), la végétation est un bois clair dominé par Corymbia clarksoniana, Corymbia dallachiana et Eucalyptus crebra, avec une strate moyenne d’Acacia, d’Eremophila et de Terminalia. Les cycas sont dispersés dans tout cet habitat, plus nombreux sur les collines basses, parfois groupés dans les ravins et le long des cours d’eau sur des éboulis de grès, et poussent à l’occasion dans les fissures des falaises. Le milieu est sec une partie de l’année et très chaud en été, la chaleur étant renvoyée par les rochers à nu.

Statut de conservation et réglementation

The World List of Cycads affiche pour Cycas cupida la catégorie quasi menacé (NT, critère D2), en citant l’évaluation de P. Forster pour la Liste rouge de 2010. Une réévaluation de J.D. Bösenberg a été publiée dans la version 2023-1 de la Liste rouge ; sa catégorie n’a pas pu être vérifiée directement. Dans la description originale, Forster estimait l’habitat favorable à moins de 60 km², avec des milliers de plantes et une seule grande population, sans menace immédiate de défrichement ou d’agriculture, et proposait alors la catégorie vulnérable (D2) ; il soulignait surtout le risque de prélèvement par les collectionneurs.

Comme toutes les espèces de la famille des Cycadaceae, Cycas cupida est inscrit à l’annexe II de la CITES. Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, présente cette inscription au niveau de la famille, avec l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen et les plantules ou cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles sont exemptés, mais les plantes vivantes restent soumises aux permis. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission du 22 juin 2026. Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’a été trouvée. Species+ a été consulté le 3 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat, import ou vente, et demandez la preuve que la plante est issue de culture. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels.

Culture

Les données publiées sur la culture de Cycas cupida sont presque inexistantes. Son habitat, des grès drainants et très chauds en été, suggère les mêmes besoins que les autres cycas bleus du Queensland : plein soleil, forte chaleur, substrat très minéral et hiver au sec ; ces besoins ne sont pas documentés pour l’espèce elle-même. En France, la culture se fait en pot, hors gel.

Multiplication

La multiplication se fait par semis. Un cultivateur de Ravenne (Italie) rapporte en 2014 sur le forum Tropicamente que, sur un lot de dix graines, un semis venait de sortir sa première feuille, que trois autres graines avaient émis leur racine et que deux étaient perdues ; il jugeait l’espèce « pas si lente ». Aucune donnée publiée sur la germination propre à l’espèce n’a été trouvée.

Maladies et ravageurs

Aucune donnée propre à l’espèce n’a été trouvée. Comme tous les Cycas, elle est exposée à la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, et, comme les autres cycas bleus d’Australie, à la pourriture des racines en substrat froid et humide.

Rusticité

En France

Aucun retour de culture en France n’a été trouvé : l’espèce n’est citée qu’une fois sur le forum des Fous de palmiers, dans une liste de croisements, et aucune température supportée n’y est rapportée. Aucune zone française ne peut être conseillée pour la pleine terre.

Repères internationaux

Aucune valeur de résistance au froid n’a été publiée, et aucun retour daté de culture en extérieur n’a été trouvé, en Italie comme ailleurs. Le seul témoignage consulté, celui de Ravenne, concerne des semis.

Toxicité et précautions

Aucune donnée de toxicité propre à Cycas cupida n’a été trouvée, mais le risque est documenté pour le genre : chez les Cycas, toutes les parties de la plante sont toxiques, et les graines le sont le plus. Le principal composé en cause est la cycasine (Université d’État de Caroline du Nord ; ASPCA). Chez le chien, le chat et le cheval, l’ASPCA signale des vomissements, des diarrhées parfois sanglantes, une jaunisse et des lésions du foie pouvant être mortelles.

Portez des gants pour manipuler les graines et leur enveloppe charnue, ramassez celles qui tombent et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre à Cycas cupida n’a été trouvé dans les sources consultées.

Questions fréquentes

Que signifie « cupida » ?

Le nom vient du latin cupidus, « désireux » : son auteur a voulu rappeler combien les cycas bleus sont convoités par les collectionneurs.

Où pousse Cycas cupida ?

Uniquement dans la Terrace Range, au sud de Charters Towers, dans le centre du Queensland, sur des sols de grès.

Est-il bleu toute l’année ?

Oui, d’après sa description : il garde sa pruine bleu-gris, sans atteindre le bleu intense de Cycas cairnsiana.

Comment le distinguer de Cycas couttsiana ?

Par le duvet. Les jeunes pousses sont rousses chez Cycas cupida et gris-blanc chez Cycas couttsiana ; le tronc est aussi plus épais et les folioles ne rétrécissent pas à la base de la feuille.

Est-il rustique ?

On ne sait pas. Aucune donnée n’a été publiée ; en France, il se cultive en pot, hors gel.

Est-il menacé ?

Peu, pour l’instant : il est classé quasi menacé, car il n’existe qu’une seule grande population, sur une petite surface.

Est-il toxique ?

Oui, très probablement. Il n’a pas été étudié, mais toutes les parties des Cycas sont toxiques, surtout les graines.

À lire aussi sur Succulentes

Sites de référence

Bibliographie

  • Forster, P.I. (2001). Cycas cupida (Cycadaceae), a new species from central Queensland. Austrobaileya 6(1) : 153-160. doi:10.5962/p.299661 [Protologue : description, comparaisons, clé de la série Cairnsianosae, habitat, statut ; texte intégral lu.]
  • Hill, K.D. (1996). A taxonomic revision of the genus Cycas (Cycadaceae) in Australia. Telopea 7(1) : 1-64. doi:10.7751/telopea19963040 [Définition de la série Cairnsianosae ; révision des espèces australiennes, séries, anatomie foliaire, répartition ; texte intégral lu.]
  • Forster, P.I. (1999). Six blue cycads of desire. In K.A.W. Williams, Native Plants of Queensland 4 : 388-389. North Ipswich. [Cité par Forster (2001) ; non consulté.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie de l’épithète ; citée par The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence : nom accepté, protologue, type, répartition, synonymes, statut UICN ; consultée directement.]