Cycas clivicola

Cycas clivicola est un cycas des falaises calcaires d’Asie du Sud-Est, qui s’accroche aux parois presque verticales des pitons karstiques du sud de la Thaïlande, du nord de la Malaisie péninsulaire, du Cambodge et du sud du Vietnam. Espèce du genre Cycas, il a été décrit en 1999 par K.D. Hill d’après des plantes de la plage de Pak Meng, dans la province thaïlandaise de Trang. Son nom latin signifie « habitant des falaises ». Répandu et souvent inaccessible, il est classé de préoccupation mineure par l’UICN, même si la sous-espèce type est jugée en danger sur la liste rouge de Malaisie, à cause des prélèvements.

L’essentiel sur Cycas clivicola

  • Nom accepté : Cycas clivicola K.D.Hill (1999), selon The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : Cycas clivicola subsp. lutea K.D.Hill (1999), aujourd’hui inclus dans l’espèce ; plantes autrefois rapportées à Cycas siamensis, Cycas pectinata ou Cycas rumphii
  • Famille : Cycadaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; en thaï, ปรงเขาใต้ (prong khao tai) ; en malais, paku aji
  • Répartition naturelle : sud de la Thaïlande, nord de la Malaisie péninsulaire (Kedah, Perak, Selangor), Cambodge, sud du Vietnam (An Giang, Kien Giang)
  • Statut UICN : préoccupation mineure (LC) selon The World List of Cycads, qui cite l’évaluation de K.D. Hill (2010) ; une réévaluation de 2023 n’a pas pu être lue ; en danger (EN) sur la liste rouge de Malaisie péninsulaire (2021) pour la sous-espèce type
  • CITES : annexe II (inscription de toute la famille) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée ; espèce tropicale, à cultiver hors gel en France (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : plein soleil, fissures de falaises calcaires, souvent sans terre ; en culture, substrat drainant et alcalin conseillé par la Palm and Cycad Society of Australia
  • Port et dimensions adultes : tronc dressé, couché ou pendant, jusqu’à 7 ou 8 m, à base renflée ; feuilles de 70 à 165 cm de limbe (description thaïlandaise)
  • Toxicité : non étudiée pour l’espèce ; toutes les parties des Cycas sont toxiques (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas clivicola ?

Cycas clivicola se reconnaît d’abord à son habitat, des falaises calcaires en plein soleil, puis à son tronc lisse, gris à jaunâtre, renflé à la base, et à ses plantes femelles qui forment une tête fermée, serrée comme un chou. La description originale de Hill et Yang (1999) n’a pas pu être consultée ; les caractères suivants viennent de la fiche du Département de l’agriculture de Thaïlande (2019), de la description originale de Cycas cantafolia (Jutta et al., 2010), qui le compare en détail, et du portail malaisien MyBIS :

  • Tronc : jusqu’à 7 ou 8 m, dressé, couché ou pendant le long des parois, de 30 cm de diamètre ou plus, à base nettement renflée (jusqu’à 60 cm) ; écorce gris clair à jaunâtre, presque lisse, se fissurant avec l’âge.
  • Feuilles : 50 ou plus par couronne, vert brillant à vert glauque, plates (non carénées) ; pétiole de 15 à 25 cm portant de courtes épines ; limbe de 70 à 165 cm, avec 45 à 110 folioles de chaque côté ; jeunes feuilles couvertes d’un duvet laineux jaune pâle.
  • Folioles : de 9 à 20 cm sur 5 à 9 mm, raides, serrées et régulières, à bords plats ; folioles basses non réduites en épines.
  • Cataphylles : triangulaires, mous, de 4 à 8 cm, à poils brun clair ou gris.
  • Cônes mâles : ovoïdes étroits, jaune brunâtre ; la description thaïlandaise leur donne 8 à 15 cm, MyBIS cite un cône de 68 cm sur 17,5 cm pour la Malaisie, un écart qui reste à éclaircir.
  • Mégasporophylles : de 12 à 22 cm, à duvet jaune à gris, serrés en tête fermée ; limbe arrondi, profondément découpé en peigne, avec 26 à 54 épines latérales pouvant atteindre 40 mm ; de 1 à 4 ovules.
  • Graines : ovoïdes aplaties, de 33 à 39 mm sur 26 à 35 mm ; enveloppe charnue jaune, brun clair sur le sec, avec une couche fibreuse.

K.D. Hill (2008) note que l’écorce fine et lisse, partagée avec Cycas elongata, est sans doute liée aux milieux humides : les bases des anciennes feuilles et les cataphylles, qui forment ailleurs une armure sur le tronc, s’y décomposent vite.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole n’est documenté dans les sources consultées.

Confusions possibles

Avant 1999, les plantes de Cycas clivicola étaient prises pour des formes de Cycas pectinata ou de Cycas siamensis, et les anciennes flores de Malaisie et de Thaïlande les rangeaient sous Cycas siamensis ou Cycas rumphii (Jutta et al., 2010). Cycas cantafolia, du Johor, partage le cône femelle fermé mais pousse sur le granite et a des mégasporophylles bien moins découpés, à 25-30 épines de 18 mm au plus. Cycas tansachana, des calcaires de la province de Saraburi, et Cycas chamaoensis, du Khao Chamao, ont aussi un cône fermé et un limbe arrondi ; ce sont des espèces très localisées, chacune connue d’un seul secteur. Les Cycas du bord de mer et des forêts de plaine de la péninsule, Cycas edentata, Cycas litoralis et Cycas macrocarpa, ont des cônes femelles ouverts.

Taxonomie

Cycas clivicola est accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté (site protégé). K.D. Hill l’a décrit dans « The genus Cycas (Cycadaceae) in Thailand », signé avec S.L. Yang, Brittonia 51(1) : 62-63 (1999). Le type a été récolté le 22 avril 1994 par Hill et Vatcharakorn (numéro 4633) à la plage de Pak Meng, à l’ouest de Trang ; l’holotype est à Sydney (NSW), des isotypes à Bangkok (BKF), Kew, Leyde et Pékin. Hill a décrit en même temps une sous-espèce lutea, au tronc jaunâtre ; The World List of Cycads la traite aujourd’hui comme un synonyme, sans que l’étude à l’origine de ce choix ait pu être identifiée.

L’espèce relève de la section Indosinenses, que Hill (2008) définit par des cônes mâles fermes, des ovules glabres, un grand limbe de mégasporophylle découpé en peigne et une couche fibreuse dans l’enveloppe charnue des graines. Elle a aussi joué un rôle dans une confusion nomenclaturale : en 1998, de Laubenfels et Adema ont choisi comme type du nom Cycas miquelii un spécimen qui appartient en fait à Cycas clivicola ; Hill (2008) a rejeté ce choix et rattaché Cycas miquelii à Cycas revoluta.

Étymologie et histoire

L’épithète est formée, selon Haynes (2022, repris par The World List of Cycads) et MyBIS, sur le latin clivis, « falaise », et -cola, « qui habite », en référence à l’habitat de falaise de l’espèce. Selon la fiche reprise par l’encyclopédie Llifle d’après les Cycad Pages de K.D. Hill, l’espèce, abondante, est restée sans nom jusqu’à la fin des années 1990 ; elle était cultivée hors de Thaïlande sous le nom de « species Araipathet ». Un article de William Tang lui a été consacré en 2001 dans la revue Encephalartos ; il n’a pas été consulté.

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé. En Thaïlande, le Département de l’agriculture l’appelle ปรงเขาใต้ (prong khao tai) ; prong est le nom thaï des Cycas. En Malaisie, MyBIS donne pour la sous-espèce type le nom malais paku aji. Les noms anglais « cliff cycad » et « mountain cycad » figurent sur l’encyclopédie Llifle sans source primaire ; ils ne sont pas retenus ici.

Dans la nature

Cycas clivicola est largement répandu, sur plus de 300 000 km² selon la fiche reprise par Llifle : The World List of Cycads le signale dans neuf provinces du sud et de l’est de la Thaïlande (Chumphon, Krabi, Narathiwat, Phangnga, Phuket, Prachin Buri, Rayong, Ranong, Trang), dans les États de Kedah, Perak et Selangor en Malaisie, au Cambodge, et dans les provinces vietnamiennes d’An Giang et de Kien Giang. MyBIS cite aussi l’État de Perlis, et Llifle l’île de Langkawi.

Il vit sur les reliefs calcaires de l’intérieur comme sur les îlots calcaires du littoral, le plus souvent enraciné dans les fentes et les fissures de parois presque verticales, en plein soleil, souvent sans terre autour des racines. Selon la fiche reprise par Llifle, les plantes dominent la forêt de mousson qui entoure les pitons et ne s’installent pas à l’ombre ; sur la côte, elles descendent jusqu’au pied des falaises, limitées par la mangrove ou les marées. Des charançons trouvés dans les cônes mâles sont soupçonnés d’en assurer la pollinisation.

Statut de conservation et réglementation

The World List of Cycads classe Cycas clivicola de préoccupation mineure (LC) et cite l’évaluation de K.D. Hill pour la Liste rouge de 2010 ; une réévaluation de J.D. Bösenberg et T.H. Nguyen a été publiée dans la version 2023-1 de la Liste rouge et n’a pas pu être lue. Au niveau national, le tableau est plus nuancé : la liste rouge des plantes de Malaisie péninsulaire (Yong et al., 2021) classe la sous-espèce type en danger, à cause des prélèvements pour le commerce ornemental (MyBIS) ; la liste rouge thaïlandaise de 2006 (ONEP) la classait quasi menacée, tandis que l’étude du Département de l’agriculture de Thaïlande (2019) la place en préoccupation mineure, en relevant des prélèvements illégaux dans la nature pour l’ensemble des Cycas du pays.

Comme toutes les espèces de la famille des Cycadaceae, Cycas clivicola est inscrit à l’annexe II de la CITES. Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, présente cette inscription au niveau de la famille, avec l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen et les plantules ou cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles sont exemptés, mais les plantes vivantes restent soumises aux permis. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission du 22 juin 2026. Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’a été trouvée. Species+ a été consulté le 3 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat, import ou vente, et demandez la preuve que la plante est issue de culture. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels.

Culture

Cycas clivicola est courant dans les jardins de sa région d’origine selon la fiche reprise par Llifle, mais aucune donnée de culture détaillée n’a été publiée. La Palm and Cycad Society of Australia (PACSOA) recommande le plein soleil et un sol ou un substrat bien drainé et alcalin, en accord avec son habitat calcaire. L’espèce n’apparaît dans aucun retour de culture sur les forums francophones ou italiens consultés. En France, elle se cultive en serre chaude ou en véranda, en pot.

Multiplication

La multiplication se fait par semis, comme pour les autres Cycas ; aucune donnée propre à l’espèce n’a été trouvée.

Maladies et ravageurs

Aucune donnée propre à l’espèce n’a été trouvée. Comme tous les Cycas, elle est exposée à la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, et à la pourriture des racines en substrat détrempé.

Rusticité

En France

Aucun retour de culture en France n’a été trouvé, et aucune température supportée n’est documentée. Aucune zone française ne peut être conseillée pour la pleine terre : la culture se fait en pot, hors gel.

Repères internationaux

Aucune valeur de résistance au froid n’a été publiée, et aucun retour de culture en extérieur hors des tropiques n’a été trouvé. Les sources asiatiques consultées (Thaïlande, Malaisie) ne traitent que de l’espèce dans la nature et en culture locale.

Toxicité et précautions

Aucune donnée de toxicité propre à Cycas clivicola n’a été trouvée, mais le risque est documenté pour le genre : chez les Cycas, toutes les parties de la plante sont toxiques, et les graines le sont le plus. Le principal composé en cause est la cycasine (Université d’État de Caroline du Nord ; ASPCA). Chez le chien, le chat et le cheval, l’ASPCA signale des vomissements, des diarrhées parfois sanglantes, une jaunisse et des lésions du foie pouvant être mortelles.

Portez des gants pour manipuler les graines et leur enveloppe charnue, ramassez celles qui tombent et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre à Cycas clivicola n’a été trouvé ; les sources malaisiennes et thaïlandaises ne mentionnent que son commerce comme plante ornementale.

Questions fréquentes

Que signifie « clivicola » ?

« Qui habite les falaises » : le nom latin rappelle que l’espèce pousse accrochée aux parois calcaires.

Où voir Cycas clivicola dans la nature ?

Sur les reliefs et îlots calcaires du sud de la Thaïlande, par exemple autour de Phang Nga ou de Pak Meng, et dans le nord de la Malaisie péninsulaire, notamment à Langkawi.

Est-il menacé ?

Pas à l’échelle mondiale : il est classé de préoccupation mineure. Mais la sous-espèce type est jugée en danger en Malaisie péninsulaire à cause des prélèvements pour l’ornement.

Comment le distinguer de Cycas siamensis ?

Par l’habitat et les plantes femelles. Cycas clivicola vit sur les falaises calcaires et ses mégasporophylles forment une tête fermée ; on l’a longtemps pris pour une forme de Cycas siamensis ou de Cycas pectinata.

Faut-il un sol calcaire ?

Cela dépend du substrat, mais un mélange drainant et alcalin est conseillé par la PACSOA, en accord avec son habitat naturel.

Est-il rustique ?

Non, selon toute vraisemblance, mais aucune donnée n’a été publiée ; en France, il se cultive hors gel.

Est-il toxique ?

Oui, très probablement. Il n’a pas été étudié, mais toutes les parties des Cycas sont toxiques, surtout les graines.

À lire aussi sur Succulentes

Sites de référence

Bibliographie

  • Hill, K.D. & Yang, S.L. (1999). The genus Cycas (Cycadaceae) in Thailand. Brittonia 51(1) : 48-73. doi:10.2307/2666557 [Protologue, pages 62-64 ; référence vérifiée via Crossref, texte non consulté.]
  • Hill, K.D., Nguyen, H.T. & Loc, P.K. (2004). The genus Cycas (Cycadaceae) in Vietnam. The Botanical Review 70(2) : 134-193. [Description, pages 173-174 ; référence relevée via The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea 12(1) : 71-118. doi:10.7751/telopea20085804 [Section Indosinenses, écorce lisse, néotype de Cycas miquelii ; texte intégral lu.]
  • Jutta, M., Chew, K.L. & Saw, L.G. (2010). A new species of Cycas (Cycadaceae) from Peninsular Malaysia. Blumea 55(3) : 249-252. doi:10.3767/000651910X544438 [Comparaison avec Cycas cantafolia, caractères des mégasporophylles et des graines ; texte intégral lu.]
  • Tang, W. (2001). Focus on Cycas clivicola subsp. clivicola. Encephalartos 67 : 8-13. [Revue de société spécialisée ; référence relevée via The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Yong, W.S.Y. et al. (2021). Malaysia Red List: Plants of Peninsular Malaysia, vol. 1, partie 2. Forest Research Institute Malaysia, Kepong. [Statut national EN ; cité par MyBIS, non consulté.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie de l’épithète ; citée par The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence : nom accepté, protologue, type, répartition, synonymes, statut UICN ; consultée directement.]