Cycas macrocarpa

Cycas macrocarpa est un grand cycas des forêts humides de la péninsule malaise et de Thaïlande, présent aussi au Laos, qui peut dépasser 10 m de haut et pousse en sous-bois, souvent sur des pentes et des crêtes. Décrit en 1854 par le botaniste britannique William Griffith d’après une plante de Malacca, ce membre du genre Cycas doit son nom à ses grosses graines, comparables à des œufs de cane. Longtemps confondu avec Cycas rumphii en Malaisie et avec Cycas circinalis en Thaïlande, il est classé vulnérable par l’UICN. Deux populations jusque-là inconnues ont été découvertes en 2025 sur l’île de Penang.

L’essentiel sur Cycas macrocarpa

  • Nom accepté : Cycas macrocarpa Griff. (1854), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; nommé à tort Cycas rumphii (Ridley 1911, 1925) et Cycas circinalis (Smitinand 1971, 1972)
  • Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom français ; « bogak » en malais, « prong pa » (ปรงป่า) en thaï
  • Répartition naturelle : Malaisie péninsulaire (Kelantan, Pahang, Penang, Perak, Malacca, Terengganu), Thaïlande (est, ouest et sud), Laos (Vientiane)
  • Statut UICN : vulnérable (VU, critères A2cd+4cd), évaluation publiée en 2023
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : sous-bois de forêt dense humide de basse et moyenne altitude (100 à 500 m en Thaïlande), sur pentes et crêtes, sur granite, argile limoneuse ou calcaire
  • Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 12 m, de 13 à 34 cm de diamètre ; feuilles arquées jusqu’à 2,9 m
  • Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas macrocarpa

Cycas macrocarpa se reconnaît à sa grande taille, à ses longues feuilles arquées aux folioles larges et souples, vert foncé brillant, dont les jeunes pousses ont un reflet vert bleuté, à son pétiole épineux jusqu’à la base, et à ses très grosses graines, sans couche spongieuse. Ses mégasporophylles portent un limbe pectiné de 8 à 10 épines de chaque côté. Description mise à jour par Liew et Chacko (2026), d’après les plantes de Penang et les spécimens de l’herbier de Kepong :

  • Tronc : dressé, parfois couché ou retombant, jusqu’à 12 m, jusqu’à 34 cm de diamètre, parfois ramifié, non renflé à la base ; écorce brun gris.
  • Feuilles : arquées, jusqu’à 290 cm ; bourgeons couverts de poils laineux bruns qui tombent quand la feuille se déroule ; nouvelle pousse à reflet vert bleuté ; pétiole de 25 à 100 cm, épaissi à la base, épineux jusqu’à la base (épines de 3 mm au plus).
  • Folioles : 25 à 118 paires, linéaires, jusqu’à 50 cm sur 2,2 cm, insérées à 60-80°, minces et souples, vert foncé brillant dessus, plus pâles et mates dessous ; base rétrécie et tordue ; bords souvent ondulés, non enroulés ; pointe aiguë et molle ; nervure médiane saillante, vert clair.
  • Cataphylles : jusqu’à 14 cm sur 1 cm, à duvet brun.
  • Cônes mâles : en général solitaires, ovoïdes, jusqu’à 32 cm ; microsporophylles jusqu’à 45 mm sur 17 mm, orange, à épine apicale linéaire, fortement relevée, jusqu’à 28 mm.
  • Mégasporophylles : jusqu’à 20 cm, densément couverts de poils brun rouge, portant 2 à 6 ovules ; limbe lancéolé, pectiné, avec 8 à 10 épines acérées de chaque côté ; épine terminale jusqu’à 6,5 cm.
  • Graines : obovoïdes, aplaties, de 50 à 60 mm sur 40 mm, brun rouge à maturité ; sarcotesta de 4 mm, sans couche fibreuse ; pas de couche spongieuse.

De Laubenfels et Adema (1998) donnaient des dimensions un peu différentes : tronc jusqu’à 9 m, feuilles de 100 à 250 cm, folioles de 19 à 39 cm sur 1,2 à 1,7 cm, graines jaunes de 50 à 75 mm. Les plantes de Penang dépassent les longueurs de feuilles et les nombres de folioles publiés jusque-là. Le rapport thaïlandais du département de l’Agriculture (2019) compare la graine, par sa forme et sa taille, à un œuf de cane.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou de culture n’est documenté pour cette espèce.

Confusions possibles

  • Cycas edentata, cycas des plages et des mangroves, présent sur les mêmes côtes : mégasporophylles presque sans dents, graines à couche spongieuse qui les fait flotter ;
  • Cycas clivicola, des falaises calcaires de Thaïlande et de Malaisie : plante rupestre aux folioles plus étroites (5 à 9 mm) ;
  • Cycas cantafolia, des falaises de granite du Johor : autre grand cycas de la péninsule malaise, de répartition très limitée ;
  • Cycas inermis, du Vietnam et du Laos, son plus proche parent selon Hill et Stanberg (2009).

Taxonomie

Cycas macrocarpa est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. William Griffith l’a décrit dans ses Notulae ad Plantas Asiaticas (volume 4, 1854, p. 11-14, planche 362), d’après un spécimen récolté près de Tabong, dans l’actuel État de Malacca (n° 6361 de l’herbier de la Compagnie des Indes orientales, holotype à Kew). Le nom fut ensuite oublié : Ridley appliqua aux plantes malaises le nom de Cycas rumphii (1911, 1925), et Smitinand celui de Cycas circinalis aux plantes de Thaïlande (1971 ; Flora of Thailand, 1972).

Ken Hill l’a traité dans la revue Palms & Cycads (1995), puis dans la révision des Cycas de Thaïlande qu’il a signée avec S.L. Yang (Brittonia, 1999). De Laubenfels et Adema (1998) l’acceptent également. Selon Hill et Stanberg (2009), son plus proche parent est Cycas inermis, du Vietnam. Par ses caractères (ovules glabres, graines sans couche spongieuse), il relève de la section Cycas ; la phylogénie moléculaire de Liu et ses collaborateurs (2018) le place pourtant dans le clade de la section Indosinenses, avec Cycas pranburiensis, comme le rappelle la page du genre.

Étymologie et histoire

L’épithète vient du grec makros, « grand », et karpos, « fruit », en référence aux grosses graines (Haynes 2022, cité par The World List of Cycads).

En 2025, deux membres de la Malaysian Nature Society ont découvert sur l’île de Penang deux petites populations, première mention du genre Cycas dans cet État pourtant très prospecté depuis l’époque coloniale ; leur identification a été confirmée par la spécialiste Jutta Poetz (Liew et Chacko 2026).

Noms communs

Aucun nom commun français n’est attesté. En malais, l’espèce est couramment appelée « bogak » (Liew et Chacko 2026). En Thaïlande, le département de l’Agriculture la nomme « prong pa » (ปรงป่า), littéralement « cycas de la forêt » ; « prong » désigne les cycas en général. La Liste rouge de l’UICN emploie le nom « pakoo galowe », dont la langue n’est pas précisée dans les sources consultées.

Dans la nature

Cycas macrocarpa est présent en Malaisie péninsulaire, où il était connu des États de Perak, Malacca, Kelantan, Terengganu et Pahang avant sa découverte à Penang, dans le sud et l’ouest de la Thaïlande et dans l’est de ce pays (province de Chanthaburi), et au Laos, dans la région de Vientiane selon The World List of Cycads. De Laubenfels et Adema le décrivent comme une plante de sous-bois des forêts denses humides de plaine, souvent sur des collines calcaires. En Thaïlande, il pousse dans la forêt dense humide entre 100 et 500 m d’altitude ; une enquête du département de l’Agriculture (2015-2019) y a recensé 110 plantes sur trois sites, dans le district de Makham (Chanthaburi) et à Khura et Kapong (Phang Nga), sans trace de prélèvement illégal.

À Penang, les deux populations découvertes poussent en forêt de diptérocarpacées de colline, entre 200 et 250 m, sur des pentes raides exposées à l’ouest, solidement ancrées sur des rochers de granite, parfois sur argile limoneuse. Elles forment des groupes isolés très denses et ne comptent que 15 plantes adultes. Un cône mâle sec y a été observé en février 2025 et un mégasporophylle en développement en octobre 2025 ; une femelle était entourée de semis, preuve d’une reproduction récente. Les auteurs rappellent que les cycas sont pollinisés par de petits charançons qui passent presque toute leur vie dans les cônes mâles ; leur absence dans le cône mâle examiné fait craindre pour la viabilité de cette population.

Statut de conservation et réglementation

Cycas macrocarpa est classé vulnérable (VU) par l’UICN, selon les critères A2cd+4cd, dans l’évaluation de John Donald Bösenberg publiée en 2023 : sa population aurait diminué de plus de 30 % en cinquante ans à cause du défrichement, et le déclin devrait atteindre 30 à 50 % sur les deux prochaines générations (Liew et Chacko 2026) ; une évaluation antérieure de Ken Hill datait de 2010. La Liste rouge n’a pas pu être consultée directement. Les menaces citées sont la destruction de l’habitat pour l’agriculture et la collecte pour l’ornement.

Il est aussi classé vulnérable dans les listes nationales : en Malaisie, selon le critère B1b(iii)+c(iv) (Jutta 2012, Flora of Peninsular Malaysia), et en Thaïlande, d’après le rapport du département de l’Agriculture (2019). Les populations de Penang ne bénéficient d’aucune protection ; en septembre 2025, une plante bordant un sentier de randonnée a été sévèrement taillée, sans doute par des promeneurs gênés par ses pétioles épineux.

Comme toutes les espèces du genre à l’exception de Cycas beddomei, Cycas macrocarpa relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+, la base officielle de la CITES, nomme l’espèce et confirme ce statut (consultation du 3 octobre 2026).

Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Aucune recommandation de culture propre à Cycas macrocarpa n’a été publiée. La plante circule dans le commerce : sur le forum des Fous de palmiers, un message de juin 2011 annonçait un arrivage de plantes vendues sous ce nom dans une jardinerie de la région bordelaise, sans retour ultérieur sur leur comportement. Son milieu de forêt humide équatoriale à tropicale indique une plante de serre chaude et humide en France, à mi-ombre et sur un substrat drainant. Sa grande taille adulte la réserve aux grandes serres.

Multiplication

La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. En Thaïlande, plus d’un an s’écoule entre la floraison et la maturité des graines (département de l’Agriculture 2019). À Penang, des graines ont germé dans les débris accumulés entre les feuilles d’une plante femelle. Aucune donnée de germination en culture n’a été publiée. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 ; demandez qu’elles proviennent de plantes cultivées.

Maladies et ravageurs

Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté. Les cochenilles des cycas, dont Aulacaspis yasumatsui, peuvent toucher toutes les espèces cultivées.

Rusticité

Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Cycas macrocarpa. Son aire, de la Thaïlande à la péninsule malaise, a un climat tropical humide sans gel ; rien ne permet d’affirmer que la plante le supporte.

En France

Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Cycas macrocarpa, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun retour de résistance au froid pour cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne. Le seul message trouvé sur ce cycas annonce une mise en vente en Gironde en 2011, sans retour de culture.

Repères internationaux

Aucun relevé de froid ni aucun retour de culture daté n’a été trouvé hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques.

Toxicité et précautions

Aucune analyse de toxicité propre à Cycas macrocarpa n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté dans le genre : les tissus des Cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA classe le sagou du Japon (Cycas revoluta) parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage n’est documenté pour cette espèce dans les sources consultées. Le rapport thaïlandais de 2019 signale de façon générale que les cycas sauvages du pays sont prélevés et vendus, mais n’a relevé aucune trace de prélèvement sur les sites de cette espèce.

FAQ

Que signifie macrocarpa ?

« À gros fruits » en grec : le nom décrit les graines, qui atteignent 5 à 7 cm, de la taille d’un œuf de cane.

Où pousse Cycas macrocarpa ?

En Malaisie péninsulaire, en Thaïlande et au Laos, en sous-bois de forêt dense humide, souvent sur des pentes et des crêtes.

Est-ce un Cycas circinalis ou un Cycas rumphii ?

Non. Ces noms lui ont été appliqués à tort en Thaïlande et en Malaisie ; c’est une espèce distincte, décrite dès 1854.

Comment le distinguer de Cycas edentata ?

Par ses mégasporophylles pectinés, ses graines sans couche spongieuse et son milieu de forêt intérieure ; Cycas edentata vit sur les plages.

Pousse-t-il à Penang ?

Oui. Deux petites populations y ont été découvertes en 2025, sur des pentes de granite en forêt de colline : c’est la première mention du genre dans cet État.

Est-il menacé ?

Oui. L’UICN le classe vulnérable, comme les listes rouges de Malaisie et de Thaïlande, en raison du défrichement et des collectes.

Est-il rustique ?

Non, selon toute vraisemblance. Aucune donnée de froid n’existe ; c’est une plante de forêt tropicale humide.

Est-il toxique ?

Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Griffith, W. (1854). Notulae ad Plantas Asiaticas 4 : 11-14, pl. 362, fig. 2. Bishop’s College Press, Calcutta. [Protologue ; non consulté, cité d’après Liew et Chacko (2026) et The World List of Cycads.]
  • Liew, H.-H. & Chacko, R.P. (2026). Discovery of Cycas macrocarpa Griff. in Penang : a new locality record for the genus and species. Malayan Nature Journal 78(2) : 129-136. doi:10.62613/mnj.26782.04 [Description mise à jour, écologie, statut, populations de Penang ; texte intégral consulté.]
  • Hill, K.D. & Yang, S.L. (1999). The genus Cycas (Cycadaceae) in Thailand. Brittonia 51(1) : 48-73. [Révision thaïlandaise, description p. 66-68 ; non consulté (JSTOR), cité d’après The World List of Cycads.]
  • Hill, K.D. & Stanberg, L.C. (2009). Notes on Cycas truncata de Laub. and related matters. Telopea 12(3) : 447-450. doi:10.7751/telopea20095832 [Parenté avec Cycas inermis ; texte intégral consulté.]
  • Jutta, M. (2012). Cycadaceae. In : Kiew, R., Chung, R.C.K., Saw, L.G. & Soepadmo, E. (éd.), Flora of Peninsular Malaysia, sér. II, vol. 3 : 149-160. FRIM, Kepong. [Répartition en Malaisie et statut national ; non consulté, cité d’après Liew et Chacko (2026).]
  • Laubenfels, D.J. de & Adema, F. (1998). A taxonomic revision of the genera Cycas and Epicycas gen. nov. (Cycadaceae). Blumea 43(2) : 351-400. [Description p. 381-382 ; conception très large des espèces ; texte intégral consulté.]
  • Bösenberg, J.D. (2023). Cycas macrocarpa. The IUCN Red List of Threatened Species : e.T42057A68904566. [Évaluation de la Liste rouge ; référence relevée sur Crossref, page de la Liste rouge non consultée (accès bloqué).]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]