Cycas pectinata

Cycas pectinata est un grand cycas arborescent des collines du pied de l’Himalaya oriental et du nord-est de l’Inde, au tronc lisse et aux énormes cônes mâles. C’est la quatrième espèce du genre Cycas à avoir été nommée, en 1826. On l’a longtemps crue répandue de l’Inde au Vietnam et au sud de la Chine, mais une révision publiée en 2020 a séparé les populations orientales sous le nom de Cycas divyadarshanii : selon The World List of Cycads, Cycas pectinata n’occupe plus que le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh et le nord-est de l’Inde (Assam, Bihar, Meghalaya, Sikkim, Bengale-Occidental). Cette séparation n’est pas suivie partout, et beaucoup de plantes vendues sous ce nom viennent d’Asie du Sud-Est. Le nom Cycas jenkinsiana, publié en 1854, désigne la même espèce. Elle est classée vulnérable par l’UICN.

L’essentiel sur Cycas pectinata

  • Nom accepté : Cycas pectinata Buch.-Ham. (1826), selon The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : Cycas jenkinsiana Griff. (1854) ; Cycas circinalis var. pectinata (Buch.-Ham.) J.Schust. (1932) ; les populations d’Asie du Sud-Est et du Manipur sont rangées depuis 2020 sous Cycas divyadarshanii par The World List of Cycads
  • Famille : Cycadaceae ; section Indosinenses
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; noms locaux en assamais, khasi, népalais, chinois et thaï (voir Noms communs)
  • Répartition naturelle : Bangladesh, Bhoutan, Inde (Assam, Bihar, Meghalaya, Sikkim, Bengale-Occidental), Népal (The World List of Cycads) ; aire plus large dans les sources antérieures à 2020
  • Statut UICN : vulnérable (VU, critères A2cd+4cd), évaluation de 2010 (Nguyen, 2010), portant sur l’espèce au sens large
  • CITES : annexe II (inscription de toute la famille) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée fiable pour l’espèce au sens strict (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, forêts de collines, souvent en sous-bois ombragé, sur sols profonds argileux ; exigences en culture non documentées
  • Port et dimensions adultes : tronc de 1 à 12 m (jusqu’à 16 m selon Khuraijam et Singh, 2020), lisse, parfois ramifié ; feuilles de 0,9 à 2,6 m
  • Toxicité : graines toxiques chez la souris à forte dose ; toutes les parties des Cycas sont toxiques (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas pectinata ?

On reconnaît Cycas pectinata à son tronc élevé, gris et lisse, débarrassé des bases de feuilles, à ses feuilles plates aux folioles étroites et à ses très grands cônes mâles ovoïdes, dont les écailles se terminent par une longue pointe relevée. Deux descriptions coexistent, car elles ne portent pas sur le même ensemble de plantes.

Lindström et Hill (2007), qui traitaient encore l’espèce au sens large (de l’Inde au Vietnam), décrivent :

  • Tronc : 1 à 12 m, 14 à 20 cm de diamètre, à écorce fine et lisse ; les écailles (cataphylles) et les bases de feuilles ne persistent pas ;
  • Feuilles : 30 à 40 par couronne, vert foncé à vert-gris, semi-brillantes, 150 à 240 cm, plates, avec 180 à 312 folioles ; pétiole de 30 à 80 cm ;
  • Folioles médianes : 20 à 31,5 cm de long sur 7,5 à 10,5 mm de large, à bords légèrement recourbés ;
  • Cônes mâles : ovoïdes, jaunes ou verts, 30 à 55 cm de long sur 16 à 22 cm de diamètre ; écailles fermes, terminées par une pointe de 17 à 32 mm ;
  • Mégasporophylles : 22 à 30 cm, couvertes d’un duvet gris, portant 2 à 4 ovules ; limbe arrondi profondément découpé en 40 à 50 épines molles, avec une épine terminale distincte de 3,5 à 7,5 cm ;
  • Graines : ovoïdes aplaties, 42 à 45 mm ; sarcotesta jaune contenant une couche fibreuse ; pas de couche spongieuse.

Khuraijam et Singh (2020) donnent, pour les seules plantes de l’ouest de la chaîne indo-birmane, des valeurs un peu différentes : tronc jusqu’à 16 m, ramifié ou non ; feuilles de 90 à 264 cm, à 100 à 230 paires de folioles de 13 à 22 cm sur 6 à 12 mm ; cônes mâles de 24 à 62 cm ; mégasporophylles de 11 à 25 cm portant 1 à 5 ovules ; graines de 3,4 à 5,2 cm, jaunes puis orange à rouge-orangé. Le caractère qu’ils retiennent pour séparer les deux espèces se trouve sur les écailles des cônes mâles : chez Cycas pectinata, leur face supérieure porte une protubérance épaissie, absente chez Cycas divyadarshanii, dont les écailles sont aussi plus longues et plus étroites.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole de Cycas pectinata n’est connu. En Chine, Zheng et al. (2025) n’ont trouvé aucun mélange génétique entre des plantes qu’ils nomment Cycas pectinata et Cycas simplicipinna, qui poussent ensemble dans le Xishuangbanna et la région de Pu’er (Yunnan), ni chez les adultes ni chez les plantules. Les deux espèces restent séparées par leurs dates de production des cônes, leurs pollinisateurs, leur position sur les pentes et le pH du sol. Selon The World List of Cycads, ces populations du Yunnan relèvent toutefois de Cycas divyadarshanii.

Confusions possibles

La principale confusion, aujourd’hui, se fait avec Cycas divyadarshanii, l’espèce séparée en 2020. Les deux se ressemblent beaucoup ; seuls les cônes mâles permettent de les distinguer sûrement, et la provenance aide : à l’ouest des vallées du Brahmaputra et de la Barak, il s’agit de Cycas pectinata ; au Manipur, en Birmanie, en Thaïlande, au Laos, au Vietnam et au Yunnan, de Cycas divyadarshanii selon The World List of Cycads. Sur le forum des Fous de palmiers, un amateur qui avait distribué en 2013 des graines « de Cycas pectinata » récoltées en Birmanie a indiqué en 2019 puis en 2020 qu’il s’agissait en fait de Cycas divyadarshanii. Les plantes et graines vendues en Europe sous le nom de Cycas pectinata proviennent souvent d’Asie du Sud-Est : leur identité est donc à vérifier.

D’autres espèces peuvent prêter à confusion :

  • Cycas siamensis, d’Indochine, à base de tronc renflée et plus petit ;
  • Cycas clivicola et Cycas elongata, qui partagent l’écorce fine et lisse, attribuée par Lindström et Hill (2007) à la décomposition rapide des bases de feuilles en climat humide ;
  • Cycas hongheensis, du Yunnan, au tronc haut et lisse comparable, mais aux feuilles en carène couvertes d’un duvet blanc assez persistant, caractère qui le distingue de tout le groupe selon Hill (2008) ;
  • Cycas circinalis, du sud de l’Inde, dont Cycas pectinata a été considéré comme une variété par Schuster en 1932 ; ses mégasporophylles ne sont pas découpées en peigne.

Taxonomie

Cycas pectinata est accepté par The World List of Cycads. D’après un extrait de recherche, POWO accepte aussi Cycas divyadarshanii, mais n’attribue à cette dernière que le Manipur : l’aire que POWO donne à Cycas pectinata n’a pas pu être vérifiée, le site étant bloqué. La version espagnole de cette fiche indique que POWO y inclut l’Indochine et le sud de la Chine.

L’espèce a été décrite en 1826 par le chirurgien et botaniste écossais Francis Buchanan-Hamilton dans les Memoirs of the Wernerian Natural History Society (5(2) : 322-323), à partir de plantes des « collines qui bordent le Bengale à l’est » et des forêts du Kamrup, en Assam. Aucun spécimen n’était cité. De Laubenfels et Adema (1998) ont désigné comme lectotype un spécimen récolté par Hooker et Thomson à Chittagong en 1855 ; Lindström et Hill (2007) font remarquer qu’il s’agit en réalité d’un néotype, puisqu’il a été récolté après la publication. En 2018, Khuraijam et ses collègues ont proposé de conserver le nom avec un nouveau type récolté au Kamrup en 2008 ; l’issue de cette proposition n’a pas été vérifiée, et The World List of Cycads affiche toujours le type de Chittagong.

Le nom a souvent été attribué à tort à William Griffith (1854), qui a seulement redécrit l’espèce ; Griffith a en revanche publié Cycas jenkinsiana, d’après une plante de l’Assam, aujourd’hui synonyme. Schuster (1932) en avait fait une variété de Cycas circinalis. Lindström et Hill (2007) et Hill (2008) traitaient Cycas pectinata comme une espèce très répandue, de l’Himalaya au Vietnam, tout en notant qu’elle était à la tête d’un groupe d’espèces voisines.

En 2020, Jibankumar Singh Khuraijam et Rita Singh ont publié une étude morphométrique des populations indiennes (Cycads 5(1) : 59-76). Selon eux, Cycas pectinata est confiné à l’ouest de la chaîne indo-birmane, séparé par les vallées de la Barak et du Brahmaputra des populations situées plus à l’est, qu’ils décrivent comme une espèce nouvelle, Cycas divyadarshanii, avec un type du Manipur. Ils appuient cette séparation sur les écailles des cônes mâles, l’anatomie des folioles, le pollen et des coléoptères pollinisateurs différents : Cycadophila assamensis, propre au Cycas pectinata de l’Assam, et Cycadophila yunnanensis, trouvé dans les Cycas divyadarshanii du Manipur comme chez les cycas d’Asie du Sud-Est. The World List of Cycads a adopté cette séparation. Elle n’est pas universellement suivie : en 2025, une équipe de l’Institut de botanique de Kunming nomme encore Cycas pectinata les plantes du Yunnan. Pour le lecteur, cela signifie qu’une plante originaire de Thaïlande, de Birmanie ou du Vietnam vendue comme Cycas pectinata est, selon la liste de référence, un Cycas divyadarshanii.

Étymologie et histoire

L’épithète vient du latin pectinatus, « en forme de peigne », en référence aux longues dents des mégasporophylles (Haynes, 2022, repris par The World List of Cycads ; Lindström et Hill, 2007).

Francis Buchanan-Hamilton (1762-1829) était chirurgien au service médical du Bengale de 1795 à 1815, puis surintendant du jardin botanique de Calcutta en 1814-1815 (Lindström et Hill, 2007). Selon ces auteurs, Cycas pectinata est la quatrième espèce de Cycas à avoir été nommée. Selon Hossain et al. (2021), William Griffith avait observé l’espèce dès 1838 dans la forêt de Baroiyadhala, près de Chattogram (Bangladesh). Aucune information fiable n’a été trouvée sur son introduction en culture en Europe.

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé. Les noms locaux suivants sont publiés :

  • assamais : thaljimura (Lindström et Hill, 2007 ; Species+), nagphal, nagchampa, ak phal (Khuraijam et Singh, 2020) ;
  • khasi (Meghalaya) : dieng-sia-goda (Lindström et Hill, 2007 ; Khuraijam et Singh, 2020) ;
  • népalais : thakal, thaljimura (Lindström et Hill, 2007) ; jaggar au Népal et thakal au Sikkim selon Khuraijam et Singh (2020) ;
  • tharu (Bihar) : khu-tha ; Bhoutan : bango-shing (Khuraijam et Singh, 2020) ;
  • chinois : bi-chi su-tie (« cycas aux mégasporophylles en peigne »), feng-wei-jiao, feng-huang-dan (Lindström et Hill, 2007 ; Hill, 2008 ; Species+).

Les noms chinois, birmans (môndaing) et thaïs (boka, plong, prong khao, prong pa) cités pour Cycas pectinata au sens large s’appliquent, selon la classification actuelle de The World List of Cycads, à des plantes rangées sous Cycas divyadarshanii ; Khuraijam et Singh (2020) attribuent d’ailleurs les noms yendang (manipuri) et mondang (birman) à Cycas divyadarshanii. Le nom anglais « Himalayan cycad » et le nom espagnol « cica del Himalaya » employés par les autres versions de cette fiche n’ont pas été trouvés dans une source de référence.

Dans la nature

Au sens de The World List of Cycads, Cycas pectinata vit au Bangladesh, au Bhoutan, au Népal et dans le nord-est de l’Inde (Assam, Bihar, Meghalaya, Sikkim, Bengale-Occidental). Les sources décrivent ses habitats de façon différente :

  • Lindström et Hill (2007) : espèce commune dans les forêts des collines du sud-est de l’Himalaya, surtout au-dessus de 500 m environ, en sous-bois de forêts moyennes à hautes, sur sols profonds souvent argileux et fertiles, à l’ombre moyenne à profonde ; souvent sur calcaire, mais aussi sur granite et roches métamorphiques ;
  • Khuraijam et Singh (2020) : forêts décidues chaudes entre 52 et 250 m d’altitude ; au Bhoutan, pentes de collines avec des pins jusqu’à 1 300 m ; au Népal, forêts de sal (Shorea robusta) entre 300 et 730 m ;
  • Tobgay et al. (2023) : au Bhoutan, seule espèce de Cycas du pays, trouvée en deux endroits, sur des terrains escarpés de forêt claire de pin chir ;
  • Hossain et al. (2021) : au Bangladesh, cantonnée à quelques collines du parc national de Baroiyadhala (Sitakunda, district de Chattogram).

La différence entre ces descriptions tient sans doute en partie à la délimitation de l’espèce : la description de Lindström et Hill englobait aussi les populations de l’Indochine.

Statut de conservation et réglementation

Cycas pectinata est classé vulnérable (VU, critères A2cd+4cd) sur la Liste rouge de l’UICN, d’après l’évaluation de Nguyen (2010) citée par The World List of Cycads ; cette évaluation porte sur l’espèce au sens large, avant la séparation de 2020, et la Liste rouge n’a pas pu être consultée directement. Cycas divyadarshanii n’a pas été évalué (The World List of Cycads) ; Khuraijam et Singh (2020) proposent la catégorie « vulnérable » pour les deux espèces.

Les études récentes décrivent des populations en recul. Au Bhoutan, Tobgay et al. (2023) citent la destruction de l’habitat et la récolte comme plante ornementale, ainsi qu’une faible production de graines et la prédation. Au Bangladesh, Hossain et al. (2021) ont compté en 2018 environ 12 individus et 5 plantules par hectare à Baroiyadhala, avec de nombreuses plantes mortes ou brûlées ; ils attribuent le déclin à la destruction de l’habitat, aux incendies et à la récolte non durable des feuilles et des cônes mâles et femelles.

Comme toutes les espèces de la famille des Cycadaceae, Cycas pectinata est inscrit à l’annexe II de la CITES ; Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, l’indique comme une inscription au niveau de la famille, avec l’annotation #4 (version CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026). Cette annotation exempte notamment les graines, le pollen, et les plantules ou cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles ; les plantes vivantes restent soumises aux permis. Dans l’Union européenne, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission du 22 juin 2026. Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’a été trouvée. Species+ retient encore une aire large, du Népal au Vietnam, pour cette espèce. Species+ a été consulté le 2 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat, import ou vente, et demandez la preuve que la plante est issue de culture. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels.

Culture

Aucune donnée de culture fiable n’a été trouvée pour Cycas pectinata au sens strict. La plupart des plantes cultivées sous ce nom en Europe et aux États-Unis proviennent de graines récoltées en Asie du Sud-Est et relèvent donc probablement de Cycas divyadarshanii. Les quelques conseils publiés sur le forum des Fous de palmiers portent sur ces plantes : en 2014, un cultivateur expérimenté recommandait de ne pas laisser sécher la motte en été et signalait que les feuilles peuvent brûler dans une serre trop chaude.

D’après son habitat, Cycas pectinata demande sans doute un sol profond et bien drainé, une lumière tamisée quand la plante est jeune et un climat sans gel ; sa grande taille adulte limite la culture en pot aux jeunes sujets. Ces repères se déduisent de l’habitat et ne sont pas confirmés par des essais publiés.

Multiplication

La multiplication se fait par semis. Sur le forum des Fous de palmiers, les amateurs qui ont semé en 2013-2014 les graines birmanes déjà citées signalent une germination lente et irrégulière, certaines graines mettant plus d’un an à germer, et beaucoup de graines vides. Ces observations portent probablement sur Cycas divyadarshanii. Aucune donnée publiée propre à Cycas pectinata au sens strict n’a été trouvée.

Maladies et ravageurs

Aucune donnée propre à Cycas pectinata n’a été trouvée. Les menaces connues pour le genre s’appliquent : la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, absente de France selon l’OEPP (seulement interceptée, mise à jour du 27 septembre 2026), et la pourriture des racines en substrat détrempé. La résistance à la cochenille parfois attribuée à l’espèce sur les forums américains repose sur une observation isolée, relevée par extrait, et porte sur des plantes d’origine inconnue.

Rusticité

En France

Aucun retour de culture en pleine terre fiable n’a été trouvé en France pour Cycas pectinata. Le seul témoignage relevé sur le forum des Fous de palmiers concerne une plante de Corse-du-Sud, déterrée par des sangliers en 2013 puis remise en pot, sans valeur de température ; l’identité de cette plante n’étant pas vérifiable, il n’a pas été retenu. Aucun retour n’a été trouvé sur le forum italien Tropicamente, où l’espèce figure seulement dans une liste de collection.

Repères internationaux

Aucune donnée mesurée n’a été trouvée. Sur le forum américain PalmTalk (relevé par extrait de recherche, site non consultable), un cultivateur rapporte que ses plantes, hivernées sous un porche non chauffé descendant parfois à −7 °C (20 °F), perdent leurs feuilles et repartent au printemps, et un autre classe l’espèce en zone USDA 9a ; ni le lieu, ni l’origine des plantes ne sont précisés, et il s’agit probablement de Cycas divyadarshanii. Ces témoignages ne sont donc pas retenus comme repères. Les classes de rusticité de la version anglaise de cette fiche, qui présente l’espèce comme « le plus rustique des Cycas tropicaux d’Asie », ne sont étayées par aucune source.

Toxicité et précautions

La toxicité de Cycas pectinata est documentée chez l’animal : Marak et al. (2023), dans le nord-est de l’Inde, ont testé chez la souris un extrait des graines, employées localement comme remède. À forte dose, l’extrait s’est montré toxique, avec des atteintes rénales ; les auteurs jugent les doses plus faibles sans effet décelé, mais l’étude ne concerne ni la cycasine ni la consommation humaine et ne permet aucune conclusion sur un usage sans danger.

Plus largement, chez les Cycas, toutes les parties de la plante sont toxiques et les graines le sont le plus. Le principal poison est la cycasine (Université d’État de Caroline du Nord ; ASPCA). Chez le chien, le chat et le cheval, l’ASPCA signale des vomissements, des diarrhées parfois sanglantes, une jaunisse, des lésions du foie et des cas mortels ; le Pet Poison Helpline ajoute des troubles nerveux.

Portez des gants pour manipuler les graines et leur enveloppe charnue, ramassez celles qui tombent et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Les usages publiés concernent surtout le nord-est de l’Inde. Marak et al. (2023) indiquent que les graines servent de remède dans certaines parties du nord-est de l’Inde. Laishram et al. (2015) ont étudié les fruits employés par les guérisseurs traditionnels maiba et maibi, au Manipur : dans cette région, selon la classification de 2020, les plantes relèvent de Cycas divyadarshanii. Au Bangladesh, Hossain et al. (2021) décrivent une récolte des feuilles et des cônes, sans en préciser l’usage. D’autres usages alimentaires (graines, jeunes feuilles) circulent sur des sites encyclopédiques sans source primaire vérifiée : ils ne sont pas repris. Ces préparations ne doivent pas être reproduites.

Questions fréquentes

Cycas pectinata pousse-t-il en Thaïlande et au Vietnam ?

Non, selon The World List of Cycads. Depuis 2020, les populations d’Asie du Sud-Est, du Yunnan et du Manipur sont rangées sous Cycas divyadarshanii ; Cycas pectinata est limité au Népal, au Bhoutan, au Bangladesh et au nord-est de l’Inde. Certaines bases, dont Species+, retiennent encore une aire large.

Quelle différence avec Cycas divyadarshanii ?

Elle tient surtout aux cônes mâles. Chez Cycas pectinata, les écailles portent une protubérance épaissie sur leur face supérieure ; chez Cycas divyadarshanii, elles sont plus longues et plus étroites, sans cette protubérance. La provenance est le meilleur indice pour une plante sans cône.

Cycas pectinata est-il rustique ?

On ne sait pas. Aucune mesure ni retour de culture fiable n’existe pour l’espèce au sens strict ; les témoignages trouvés portent sur des plantes d’origine inconnue. En France, la culture hors gel est la seule option prudente.

Quelle taille atteint-il ?

Une grande taille. Le tronc mesure de 1 à 12 m selon Lindström et Hill (2007), jusqu’à 16 m selon Khuraijam et Singh (2020), avec des feuilles de 0,9 à 2,6 m.

Cycas jenkinsiana est-il une autre espèce ?

Non. Ce nom, publié par Griffith en 1854 d’après une plante de l’Assam, est un synonyme de Cycas pectinata.

Est-il menacé ?

Oui. Il est classé vulnérable par l’UICN (2010), et les études récentes au Bhoutan et au Bangladesh montrent des populations réduites, menacées par la destruction de l’habitat, le feu et la récolte.

Est-il toxique ?

Oui. Ses graines se sont montrées toxiques chez la souris à forte dose, et toutes les parties des Cycas sont toxiques pour l’homme et les animaux.

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Sites de référence

  • The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas pectinata : https://cycadlist.org/scientific_name/183 — nom accepté, auteur, protologue, lectotype de Chittagong, répartition limitée au Bangladesh, au Bhoutan, à l’Inde et au Népal, synonymes, statut UICN VU A2cd+4cd (Nguyen, 2010), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN, fiable ; consultée directement le 2 octobre 2026.
  • The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas divyadarshanii : https://cycadlist.org/scientific_name/892 — espèce séparée en 2020, type du Manipur, répartition (Chine, Inde, Laos, Birmanie, Thaïlande, Vietnam), non évaluée par l’UICN ; donne accès au texte de Khuraijam et Singh (2020). Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN, fiable ; consultée directement le 2 octobre 2026.
  • Species+ (UNEP-WCMC), Cycas pectinata : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/21005/legal — annexe II de la CITES (inscription de la famille Cycadaceae, annotation #4, version CoP20 du 5 mars 2026) et annexe B de l’Union européenne (règlement (UE) 2026/1383). Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée directement le 2 octobre 2026. Species+ donne aussi des noms locaux et une aire large (neuf pays).
  • Plants of the World Online (POWO), Cycas divyadarshanii : https://powo.science.kew.org/taxon/77306139-1 — espèce acceptée, aire limitée au Manipur. Base de référence de Kew, autorité nomenclaturale du site ; relevé par extrait de recherche, page non lue (site bloqué).
  • Journal of Threatened Taxa, Tobgay et al. (2023) : https://threatenedtaxa.org/index.php/JoTT/article/view/7809 — populations, habitat et menaces au Bhoutan. Revue scientifique en accès libre ; résumé consulté directement.
  • Journal of Threatened Taxa, Hossain et al. (2021) : https://threatenedtaxa.org/index.php/JoTT/article/view/5922 — densité, menaces et observation de Griffith en 1838 au Bangladesh. Revue scientifique en accès libre ; résumé consulté directement.
  • Forum des Fous de palmiers, fils « Qui veut des graines de Cycas pectinata? » (t=16231) et « Cycas rencontrés au Bhoutan… » (t=11959) : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/ — graines birmanes rapportées à Cycas divyadarshanii (2019-2020), conseils de culture en serre (2014), germination lente, observation de cycas au Bhoutan (2012). Forum de cultivateurs, observations d’amateurs à valeur indicative ; fils lus le 2 octobre 2026.
  • PalmTalk, « Cycas pectinata » : https://www.palmtalk.org/forum/topic/65978-cycas-pectinata/ — témoignages de culture en hiver (porche non chauffé, −7 °C, zone 9a), non retenus faute de lieu et d’origine des plantes. Forum de cultivateurs ; relevé par extrait de recherche, page non lue (site bloqué).
  • NC State Extension Plant Toolbox, Cycas revoluta : https://plants.ces.ncsu.edu/plants/cycas-revoluta/ — cycasine présente dans toutes les parties de la plante. Service de vulgarisation universitaire, fiable ; donnée de niveau genre, consultée directement.
  • ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité des cycadales pour les chiens, les chats et les chevaux, cycasine, symptômes. Centre antipoison vétérinaire, fiable ; donnée de niveau genre, consultée directement.
  • Pet Poison Helpline, Sago Palm : https://www.petpoisonhelpline.com/poison/sago-palm/ — symptômes digestifs, nerveux et hépatiques chez l’animal. Centre antipoison vétérinaire, fiable ; donnée de niveau genre, consultée directement.

Bibliographie

  • Buchanan-Hamilton, F. (1826). Commentary on the Herbarium Amboinense. Memoirs of the Wernerian Natural History Society 5(2) : 322-323. [Protologue ; référence relevée via The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Griffith, W. (1854). Notulae ad Plantas Asiaticas 4 : 9-10. Bishop’s College Press, Calcutta. [Publication de Cycas jenkinsiana ; référence relevée via The World List of Cycads et Lindström et Hill (2007), texte non consulté.]
  • de Laubenfels, D.J. & Adema, F. (1998). A taxonomic revision of the genera Cycas and Epicycas gen. nov. (Cycadaceae). Blumea 43(2) : 351-400. [Désignation du type de Chittagong ; référence relevée via The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Lindström, A.J. & Hill, K.D. (2007). The genus Cycas (Cycadaceae) in India. Telopea 11(4) : 463-488. doi:10.7751/telopea20075745 [Description, histoire, typification, noms vernaculaires, habitat et statut ; article à comité de lecture, texte intégral consulté.]
  • Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea 12(1) : 71-118. doi:10.7751/telopea20085804 [Même traitement pour la Chine, vernaculaires chinois, place dans le groupe de l’espèce ; texte intégral consulté.]
  • Khuraijam, J.S., Singh, R., Calonje, M. & Mazumdar, J. (2018). (2653) Proposal to conserve the name Cycas pectinata (Cycadaceae) with a conserved type. Taxon 67(6) : 1213. doi:10.12705/676.22 [Proposition de type conservé ; référence vérifiée via Crossref, texte non consulté, issue non vérifiée.]
  • Khuraijam, J.S. & Singh, R. (2020). Taxonomic status of the Cycas pectinata complex. Cycads 5(1) : 59-76. [Séparation de Cycas divyadarshanii, descriptions, habitats, noms vernaculaires, pollinisateurs ; actes de la 10e conférence internationale sur la biologie des cycadales, texte intégral consulté via The World List of Cycads.]
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