Zamia roezlii est le plus grand Zamia d’Amérique du Sud : une cycadale arborescente dont le tronc peut dépasser 5 m et dont les feuilles atteignent 3 m, originaire des plaines côtières du Pacifique en Colombie et dans le nord-ouest de l’Équateur. Cette espèce du genre Zamia, décrite en 1873 dans le catalogue de la maison horticole de Jean Linden, à Bruxelles, vit dans des forêts très arrosées et jusque dans des marécages en bordure de mangrove, où certaines plantes peuvent être inondées à marée haute. Elle est classée en préoccupation mineure par l’UICN. Hors des tropiques, elle ne se cultive qu’au chaud toute l’année.
L’essentiel sur Zamia roezlii
- Nom accepté : Zamia roezlii Linden (1873), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : Aulacophyllum roezlii (Linden) Regel (1876) ; le nom a d’abord été publié sous la graphie « Zamia roezlei »
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom français attesté ; « chigua » en espagnol (Species+ ; Jones, 1993), nom qui est aussi l’épithète d’une autre espèce
- Répartition naturelle : côte pacifique de la Colombie (Chocó, Valle del Cauca, Nariño) et nord-ouest de l’Équateur (Esmeraldas, Imbabura), du niveau de la mer à environ 300 m
- Statut UICN : préoccupation mineure (LC), évaluation de 2022
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucune mesure ; décrite comme très sensible au gel et à la sécheresse (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, forêts équatoriales et marécages côtiers, sur des vases saumâtres selon une monographie ; en culture, substrat drainant neutre à acide, toujours un peu humide
- Port et dimensions adultes : tronc dressé de 5 à 7 m ; feuilles de 1 à 3 m ; cônes femelles parmi les plus grands du genre
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Zamia roezlii
Un tronc dressé de plusieurs mètres, des feuilles très longues et des folioles étroites, en faux, profondément sillonnées suffisent à la distinguer des autres Zamia de sa région. La Flora de Colombia la présente comme le plus grand Zamia d’Amérique du Sud, facile à reconnaître aux dimensions de son tronc, de ses feuilles et de ses cônes, et à ses folioles en faux, linéaires et entières. Les mesures varient toutefois beaucoup d’une source à l’autre :
- Tronc : non ramifié, dressé ou couché, jusqu’à 7 m de long et 15 cm de diamètre (Jones, 1993, cité par The Gymnosperm Database) ; jusqu’à 7 m de haut (Flora de Colombia) ; raide et dressé jusqu’à 5 m et 30 cm de diamètre, parfois couché après une chute (Dodson, 1998).
- Feuilles : 5 à 10, longues de 1 à 3 m (Flora de Colombia) ; 6 à 20, longues de 2 à 3 m, arquées, vert vif (Jones) ; 15 à 45 sur les plantes adultes (Dodson). Les jeunes feuilles sortent vert pâle et glabres (Jones).
- Pétiole : long de 30 à 50 cm, renflé à la base, brièvement velu et densément couvert d’aiguillons (Jones) ; 0,5 à 1 m, à aiguillons épars à denses (Flora de Colombia) ; le rachis porte aussi quelques aiguillons.
- Folioles : 10 à 20 paires (Flora de Colombia) ou 20 à 54 au total (Jones), sessiles, linéaires à lancéolées, un peu en faux, longues de 30 à 40 cm (Jones) ou de 30 à 50 cm (Flora de Colombia), larges de 3 à 4 cm (Jones), à bord entier et pointe aiguë ; la face supérieure, vert sombre et luisante, est profondément sillonnée entre les nervures, ce qui lui donne un aspect plissé ; la face inférieure, plus pâle, a des nervures saillantes portant des poils brun rouge épars, longs de 0,5 mm au plus (Dodson).
- Cônes mâles : cylindriques et dressés ; 30 à 50 cm sur 4 à 6 cm, bruns et brièvement velus (Jones) ; 20 à 30 cm sur 4 à 6 cm, jaunâtres à brun clair (Flora de Colombia) ; partie fertile jusqu’à 40 cm sur 6 cm, gris rosé, sur un pédoncule droit long de 30 cm au plus (Dodson).
- Cônes femelles : cylindriques à tonneau, bruns à brun rouge ; 35 à 55 cm sur 10 à 14 cm (Jones), 30 à 60 cm sur 10 à 20 cm (Flora de Colombia), jusqu’à 90 cm à maturité (Dodson). Selon Jones, ce sont les plus grands du genre.
- Graines : ovoïdes, à chair (sarcotesta) rouge, écarlate ou rouge orangé ; 3,5 à 4 cm sur 1,7 à 2,5 cm selon Jones, 3,3 cm sur 1,5 cm au plus selon Dodson.
Aucune révision récente n’a réconcilié ces mesures, qui viennent sans doute de plantes d’âges et de régions différents (Colombie pour la Flora de Colombia, Équateur pour Dodson). La largeur de 12 à 15 cm donnée aux folioles par la Flora de Colombia, incompatible avec les autres sources, n’est pas reprise ici. La même flore cite des nombres chromosomiques 2n = 22, 24, 25 et 26 (Norstog, 1981).
Hybrides
Aucun hybride de Zamia roezlii n’est documenté. Calaway Dodson, qui a décrit Zamia gentryi, n’a trouvé aucun signe d’hybridation là où les deux espèces poussent ensemble, entre 300 et 400 m, sur la route de Lita à San Lorenzo (Esmeraldas, Équateur) (Dodson, 1998).
Confusions possibles
La confusion la plus probable est avec Zamia gentryi, l’espèce la plus proche selon Dodson (1998), qui vit dans le nord-ouest de l’Équateur entre 300 et 1 800 m et rencontre Zamia roezlii en bordure de ses populations. Dodson relève les différences suivantes :
- port : tronc raide et dressé jusqu’à 5 m chez Zamia roezlii ; tige courte, couchée au sol, ou en U quand la plante est épiphyte, chez Zamia gentryi ;
- feuilles : 15 à 45 sur les adultes de Zamia roezlii, 5 à 13 chez Zamia gentryi ;
- folioles : vert sombre dessus, à nervures saillantes et velues dessous, chez Zamia roezlii ; vert jaune pâle sur les deux faces, à nervures noyées dans le limbe et glabres, chez Zamia gentryi ;
- cônes mâles : gris rosé et dressés chez Zamia roezlii ; lie-de-vin, sur un pédoncule couché, chez Zamia gentryi ;
- cônes femelles : jusqu’à 90 cm chez Zamia roezlii, 30 cm au plus chez Zamia gentryi.
Un membre du forum des Fous de palmiers qui a vu les deux espèces dans leur milieu, en Équateur, rapportait en septembre 2012 que, chez les jeunes plantes, la différence tient surtout à la profondeur des sillons des folioles, et que chez les plantes fertiles les cônes mâles, blancs chez Zamia roezlii et rouges chez Zamia gentryi, permettent de les séparer.
Selon Jones (1993), cité par The Gymnosperm Database, Zamia roezlii ressemble aussi à Zamia chigua, colombien, mais a des folioles sillonnées, moins nombreuses et bien moins serrées. Le nom « chigua », que Species+ attribue à Zamia roezlii, est aussi l’épithète de Zamia chigua : un nom vernaculaire ne suffit donc pas à identifier une plante.
En Colombie, au Panama et en Équateur vivent d’autres Zamia à folioles plissées, comme Zamia amplifolia, Zamia wallisii, Zamia dressleri et Zamia neurophyllidia (voir Taxonomie). Devant une plante d’origine inconnue, l’identification repose sur l’ensemble des caractères du tronc, des folioles et des cônes.
Taxonomie
Zamia roezlii est un nom accepté par The World List of Cycads, qui l’attribue à Jean Linden ; POWO n’a pas pu être consulté directement. L’espèce a été publiée en 1873 dans le catalogue commercial n° 90 de l’établissement Linden, à Bruxelles, page 10, sous le nom de « Zamia roezlei » : « grande et magnifique espèce à frondes très longues, mesurant jusqu’à 3 mètres, pinnules étroites, très longues, falciformes, profondément canaliculées. Originaire des côtes de l’Océan Pacifique où elle a été découverte par M. Roezl ». La même année, l’Illustration horticole (volume 20) lui consacra les planches 133 et 134, que The World List of Cycads attribue à Édouard André et The Gymnosperm Database à Eduard Regel.
La typification a été discutée. La Flora de Colombia donne comme néotype les planches de l’Illustration horticole, désignées par Stevenson et Sabato en 1986. The World List of Cycads, qui cite pour la typification un travail de Lindström (2009), considère au contraire comme holotype un échantillon stérile de feuille récolté par Roezl en Nouvelle-Grenade (l’actuelle Colombie) en avril 1872 et conservé à Kew (K), et précise que les planches ne sont pas le type actuel.
En 1876, Regel transféra l’espèce dans le genre Aulacophyllum, sous le nom d’Aulacophyllum roezlii (Gartenflora 25 : 141), aujourd’hui synonyme. Regel réunissait dans ce genre les Zamia à folioles plissées, qui produisent leurs feuilles une à une plutôt que par vagues ; selon la Flora de Colombia, aucun caractère dérivé commun ne confirme qu’Aulacophyllum soit un genre distinct de Zamia (Sabato, 1990).
La Flora de Colombia place Zamia roezlii dans un complexe d’espèces centré sur la province biogéographique du Chocó, avec Zamia dressleri, Zamia neurophyllidia et le « Zamia skinneri » du Panama (au sens large employé avant la révision de 2008), Zamia wallisii du nord d’Antioquia et Zamia amplifolia. D’après l’arbre moléculaire de Caputo et al. (2004), cité par Taylor et al. (2008), Zamia roezlii et Zamia wallisii seraient des espèces sœurs, et les folioles plissées seraient apparues au moins deux fois dans le genre. L’étude de Lindstrom et al. (2024), qui a analysé une plante du Nariño, range l’espèce dans le clade des Andes occidentales et la cite comme exemple d’espèce vivant dans les marécages côtiers.
Étymologie et histoire
L’épithète honore Benedikt Roezl (1824-1885), collecteur de plantes tchèque qui parcourut le Mexique, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle et récolta le premier cette espèce (Haynes, 2022, repris par The World List of Cycads ; Flora de Colombia). La graphie d’origine « roezlei » a été corrigée en « roezlii », comme l’indique la note de nomenclature de The World List of Cycads.
La plante arriva en Europe comme nouveauté commerciale : le catalogue Linden de 1873 la proposait en plantules de semis de 30 cm de haut, à 25 francs, ou en troncs, vendus de 100 à 500 francs.
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. Species+ et Jones (1993) donnent le nom espagnol « chigua », qui est aussi, comme on l’a vu, l’épithète d’une autre espèce colombienne.
Dans la nature
Selon The World List of Cycads, Zamia roezlii vit en Colombie, dans les départements du Chocó, du Valle del Cauca et de Nariño, et en Équateur, dans les provinces d’Esmeraldas et d’Imbabura. Dodson (1998) l’indique de la côte colombienne au nord-ouest de l’Équateur, du niveau de la mer à 300 m en Équateur ; les spécimens d’herbier cités par la Flora de Colombia ont été récoltés au niveau de la mer ou entre 50 et 100 m. La Flora de Colombia cite aussi un spécimen d’Amazonie colombienne (département d’Amazonas, 200 m), présence que The World List of Cycads ne reprend pas ; Species+ mentionne en outre le Panama.
Jones (1993), cité par The Gymnosperm Database, décrit son milieu : forêts équatoriales et forêts marécageuses à mangrove des plaines côtières du Pacifique, en général peu au-dessus du niveau de la mer ; certaines plantes sont même inondées à marée haute, et le sol a été décrit comme une vase saumâtre. Gutiérrez-Ortega et Villarreal (2024) citent sa capacité à vivre dans les marécages et les mangroves de Colombie parmi les traits remarquables de certaines espèces du genre.
Là où elle côtoie Zamia gentryi, les cônes des deux espèces apparaissent en décembre, avec le début des fortes pluies ; les cônes mâles mûrissent en 90 jours environ, les cônes femelles deviennent réceptifs environ 90 jours après leur apparition, et les graines mûrissent en un an environ (Dodson, 1998). Jones indique au contraire que, sous ce climat équatorial, les plantes produisent des cônes toute l’année, sans cycle saisonnier. Dodson n’a perçu aucun parfum aux cônes et n’a vu aucun coléoptère visiter les cônes mâles des plantes cultivées au centre scientifique de Río Palenque. Jones ajoute que les spermatozoïdes de cette espèce sont les plus grands connus chez les cycadales.
Statut de conservation et réglementation
Zamia roezlii est classé en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l’UICN, dans une évaluation de C. López-Gallego et M. Calonje publiée en 2022 (The World List of Cycads ; la Liste rouge n’a pas pu être consultée directement). La Flora de Colombia le décrit comme localement abondant, avec de grands cônes femelles et une bonne production de graines et de plantules, mais avertit que la destruction de l’habitat rend les populations très vulnérables, les plantes arborescentes s’installant difficilement dans les zones perturbées.
Comme tous les Zamia à l’exception de Zamia restrepoi, Zamia roezlii relève de l’annexe II de la CITES, où le genre figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur au 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+ nomme l’espèce et confirme ce statut (consultation du 13 octobre 2026).
Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Jones (1993) indique que l’espèce se cultive à partir de graines et qu’elle est très sensible au gel et à la sécheresse. Simon Lavaud, de la pépinière spécialisée Cycadales.eu, à Montpellier, la range parmi les Zamia des forêts de basse altitude d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, qu’il juge difficiles à cultiver hors des tropiques : les climats européens sont trop frais et trop secs pour elles, même en été, et il conseille la serre, la véranda, un intérieur lumineux et chauffé, voire une chambre de culture (Lavaud, 2023). Pour ce groupe, il indique :
- un substrat drainant, neutre à acide, et une eau neutre à acide ;
- la nuit, 22 °C, avec de brefs passages tolérés vers 15 °C ;
- le jour, 28 à 30 °C, jusqu’à 34-35 °C pour la plupart des espèces, avec des dégâts possibles sur les jeunes feuilles lors des pics de chaleur si l’air est sec ;
- une humidité de l’air de 70 à 90 % pour un développement optimal.
Le retour de culture le plus détaillé trouvé vient du forum des Fous de palmiers : un cultivateur installé en Pologne y a suivi de 2012 à 2015 une plante reçue en 2009 sous forme de graine germée. Gardée deux ans devant une fenêtre exposée à l’ouest, dans une pièce chauffée, et arrosée presque tous les jours, elle avait au bout de deux ans et demi un système racinaire abondant et mesurait 1,40 m pot compris. Selon lui, la plante ne souffre pas de l’air sec d’un appartement, mais le substrat doit toujours rester au moins un peu humide ; il utilisait de l’eau douce, parfois celle de son aquarium, et peu d’engrais. L’été, la plante passait dans une véranda, presque toujours à l’ombre, puis dehors sous un pommier, et rentrait dès le début de l’automne pour ne pas interrompre sa croissance ; en septembre 2014, sa tige, encore en forme de bulbe, mesurait 11 cm de diamètre. Il la jugeait à croissance rapide et « pas trop capricieuse ».
Multiplication
Comme tous les Zamia, l’espèce a des plantes mâles et des plantes femelles et se multiplie par semis (Jones, 1993) ; il faut un pied de chaque sexe pour obtenir des graines en culture. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été publiée. Les graines sont exemptées de permis CITES ; assurez-vous qu’elles viennent de plantes cultivées.
Maladies et ravageurs
Aucun ravageur ni aucune maladie propres à l’espèce ne sont documentés. Pour son groupe, la pépinière Cycadales.eu note qu’en conditions non optimales, trop fraîches et trop sèches, les plantes poussent peu, sont peu robustes et risquent la pourriture des racines, et que réduire l’arrosage en hiver, remède utile pour les espèces des climats à saison sèche, marche mal pour celles des tropiques humides (Lavaud, 2023). Les Zamia cultivés peuvent aussi héberger des cochenilles.
Rusticité
Aucune mesure de résistance au froid n’existe pour Zamia roezlii. Jones (1993) la décrit comme très sensible au gel, et la pépinière Cycadales.eu indique pour son groupe une température nocturne de 22 °C, avec de brefs passages tolérés vers 15 °C (Lavaud, 2023).
En France
Aucun résultat de culture en pleine terre n’a été publié en France, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur, montagne), et aucun épisode de gel daté ne concerne l’espèce. Simon Lavaud note qu’à Montpellier, même en juillet et en août, les minimales nocturnes tournent autour de 19 °C, à la limite pour les espèces de ce groupe, et que l’air y est bien plus sec que dans leur milieu (Lavaud, 2023). Zamia roezlii est donc en France une plante de serre chaude ou d’intérieur chauffé toute l’année, avec tout au plus un séjour estival dehors, à l’ombre, pendant les mois les plus chauds, comme le pratiquait le cultivateur cité plus haut.
Repères internationaux
Aucun relevé de froid n’a été trouvé pour l’espèce, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques. Dodson (1998) cite des plantes cultivées au centre scientifique de Río Palenque, en Équateur, et des plantes d’origine colombienne (environs de Buenaventura) cultivées au Fairchild Tropical Garden, en Floride, sans donnée de température.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Zamia roezlii n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté chez les cycadales : leurs tissus, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine et de la macrozamine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. Dans le genre Zamia, l’ASPCA classe Zamia furfuracea parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Selon Jones (1993), cité par The Gymnosperm Database, les grosses graines mûres sont une importante source de nourriture pour les populations locales, qui les pilent en farine et les lavent à plusieurs reprises dans l’eau pour en éliminer les composés toxiques. Ces préparations, qui reposent sur des savoirs locaux, ne doivent en aucun cas être reproduites.
FAQ
Zamia roezlii est-il le plus grand des Zamia ?
D’Amérique du Sud, oui, selon la Flora de Colombia : son tronc atteint 5 à 7 m et ses feuilles jusqu’à 3 m. Jones (1993) ajoute que ses cônes femelles sont les plus grands du genre.
Où pousse-t-il ?
Sur la côte pacifique de la Colombie et du nord-ouest de l’Équateur, du niveau de la mer à quelques centaines de mètres, dans des forêts très arrosées et dans des marécages en bordure de mangrove.
Comment le distinguer de Zamia gentryi ?
Par le tronc dressé, des feuilles plus nombreuses, des folioles vert sombre à nervures saillantes et velues dessous, et des cônes mâles clairs ; Zamia gentryi a une tige couchée et des cônes mâles lie-de-vin (Dodson, 1998).
Est-il menacé ?
Non, selon l’UICN (2022), qui le classe en préoccupation mineure. La destruction de l’habitat reste un risque pour les populations. Il relève de l’annexe II de la CITES.
Peut-on le cultiver en France ?
Seulement au chaud : serre chaude ou intérieur chauffé, avec un substrat toujours un peu humide. Aucune culture en pleine terre n’est documentée en France ; un cultivateur en Pologne le réussit en appartement.
Est-il rustique ?
Non. Il est décrit comme très sensible au gel et à la sécheresse ; une pépinière spécialisée conseille pour son groupe des nuits autour de 22 °C.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais les cycadales étudiées contiennent des toxines graves, surtout dans les graines ; les populations locales ne consomment les graines qu’après de longs lavages.
À lire aussi sur Succulentes
- Semis de cycadales : germination, élevage des plantules et équipement
- Arrosage des cycadales : erreurs courantes et comment les éviter
- Le cycas est-il toxique ? Dangers réels pour les chiens, les chats et les enfants
Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Zamia roezlii : https://cycadlist.org/scientific_name/548 — auteur, publication, graphie d’origine, type (Roezl, avril 1872, K), répartition, statut UICN, étymologie, synonyme. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 13 octobre 2026.
- The Cycad Society, protologue de Zamia roezlii (Linden, Catalogue général 90 : 10, 1873) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Zamia/Zamia-roezlii.pdf — description d’origine et offre commerciale. Source primaire ; copie numérisée lue par reconnaissance de caractères.
- Universidad Nacional de Colombia, Flora de Colombia, Zamia roezlii : https://www.biovirtual.unal.edu.co/floradecolombia/es/description/627/ — traitement taxonomique, description, répartition, spécimens d’herbier, conservation, complexe du Chocó. Flore nationale, source primaire ; consultée le 13 octobre 2026.
- Novon, Dodson (1998), A new species of Zamia (Zamiaceae) from Ecuador : https://archive.org/download/biostor-63944/biostor-63944.pdf — comparaison avec Zamia gentryi, répartition et altitude, phénologie, culture à Río Palenque. Revue à comité de lecture ; texte intégral relu le 13 octobre 2026.
- The Gymnosperm Database (C.J. Earle), Zamia roezlii : https://www.conifers.org/za/Zamia_roezlii.php — description, milieu, usage des graines, phénologie et sensibilité au gel d’après Jones (1993). Site scientifique de référence sur les gymnospermes ; lu le 11 octobre 2026.
- Annals of Botany, commentaire de Gutiérrez-Ortega et Villarreal (2024) : https://villarreal-lab.ibis.ulaval.ca/wp-content/uploads/sites/6/2024/11/Gutierrez-OrtegaVillarreal.2024.AnnBot.pdf — Zamia roezlii capable de vivre dans les marécages et les mangroves de Colombie. Commentaire dans une revue à comité de lecture ; lu directement.
- PubMed Central, Lindstrom et al. (2024), Annals of Botany : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11560380/ — plante du Nariño échantillonnée, clade des Andes occidentales, exemple d’espèce des marécages côtiers. Article à comité de lecture ; texte intégral consulté.
- Species+ (PNUE-WCMC), Zamia roezlii : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/26383/legal — annexe II de la CITES (inscription du genre depuis le 4 février 1977, annotation #4), annexe B de l’Union européenne, nom espagnol « chigua », répartition (avec le Panama). Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée le 13 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- Cycadales.eu (Simon Lavaud), Comment cultiver les Zamia en climat tempéré (mis à jour le 27 mai 2023) : https://cycadales.eu/comment-cultiver-les-zamia-en-climat-tempere/ — groupe des Zamia de forêts de basse altitude : substrat, températures, humidité, comparaison avec le climat de Montpellier. Pépinière spécialisée : conseils d’expérience par groupe d’espèces ; lu directement.
- Forum des Fous de palmiers, fil « Zamia roezlii » : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=12463 — culture en appartement et en véranda en Pologne (2012-2015). Forum français d’amateurs ; témoignage daté, valeur indicative.
- Forum des Fous de palmiers, fil « Espèce rare dans son habitat : Zamia gentryi » : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=12942 — distinction de Zamia roezlii et Zamia gentryi dans la nature, en Équateur (septembre 2012). Forum français d’amateurs ; témoignage daté, valeur indicative.
- ASPCA Animal Poison Control, Cardboard Cycad : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/cardboard-cycad — toxicité de Zamia furfuracea pour les chiens, les chats et les chevaux. Centre antipoison vétérinaire, fiable ; donnée de niveau genre.
Bibliographie
- Linden, J. (1873). Zamia roezlei. Catalogue général 90 : 10. Bruxelles. [Protologue ; copie numérisée lue.]
- Stevenson, D.W. (2001). Orden Cycadales. Flora de Colombia 21 : 1-91. [Monographie ; traitement de Zamia roezlii consulté dans la version en ligne de l’université nationale de Colombie.]
- Dodson, C.H. (1998). A new species of Zamia (Zamiaceae) from Ecuador. Novon 8(1) : 12-14. [Comparaison avec Zamia gentryi ; texte intégral lu.]
- Jones, D.L. (1993). Cycads of the World. Reed Books, Chatswood. [Description, milieu et usages ; cité d’après The Gymnosperm Database.]
- Taylor B., A.S., Haynes, J.L. & Holzman, G. (2008). Taxonomical, nomenclatural and biogeographical revelations in the Zamia skinneri complex of Central America (Cycadales: Zamiaceae). Botanical Journal of the Linnean Society 158(3) : 399-429. [Synthèse des phylogénies antérieures ; texte intégral lu.]
- Lindstrom, A., Habib, S., Dong, S., Gong, Y., Liu, J., Calonje, M., Stevenson, D. & Zhang, S. (2024). Transcriptome sequencing data provide a solid base to understand the phylogenetic relationships, biogeography and reticulated evolution of the genus Zamia L. (Cycadales: Zamiaceae). Annals of Botany 134(5) : 747-768. doi:10.1093/aob/mcae065 [Article à comité de lecture ; texte intégral consulté sur PubMed Central.]
- Gutiérrez-Ortega, J.S. & Villarreal A., J.C. (2024). A possible case of adaptive radiation in cycads. Annals of Botany 134(5) : i-ii. doi:10.1093/aob/mcae110 [Lu directement.]
- López-Gallego, C. & Calonje, M. (2022). Zamia roezlii. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T42178A69844594. [Évaluation en vigueur (LC) ; référence relevée sur The World List of Cycads, page de la Liste rouge non consultée.]
- Lindström, A.J. (2009). Typification of some species names in Zamia L. (Zamiaceae), with an assessment of the status of Chigua D. Stev. Taxon 58(1) : 265-270. [Typification ; citée d’après The World List of Cycads, non consultée directement.]
- Lavaud, S. (2023). Comment cultiver les Zamia en climat tempéré. Cycadales.eu. [Conseils de culture par groupe d’espèces ; lu directement.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie reprise par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]