Dioon edule est une cycadale de l’est du Mexique, où elle pousse sur les pentes de la Sierra Madre orientale et près de la côte du golfe du Mexique, de l’Hidalgo et du Querétaro au Tamaulipas et au Veracruz. Espèce type du genre Dioon, elle forme un tronc trapu, souvent court, couronné de feuilles raides aux folioles serrées. Ses graines, appelées chamal, nourrissent depuis des siècles des communautés du nord-est du Mexique, après une longue détoxification. En culture, c’est le Dioon le plus répandu et l’un des plus résistants au froid : en France, des plantes ont passé en pleine terre des hivers à −7 ou −9 °C, mais l’excès d’eau en hiver leur est souvent fatal. Les plantes du nord de son aire, longtemps classées comme Dioon edule var. angustifolium, forment une espèce à part entière, Dioon angustifolium, de nouveau reconnue en 2003.
L’essentiel sur Dioon edule
- Nom accepté : Dioon edule Lindl. (1843), publié sous l’orthographe Dion edule ; accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; également accepté par la World Checklist of Vascular Plants de Kew, base de POWO (version de juin 2026 publiée sur GBIF)
- Anciens noms et synonymes : Zamia maelenii Miq. (1844), Platyzamia rigida Zucc. (1846), Dioon imbricatum Miq. (1847), Dioon strobilaceum Lem. ex A.DC. (1868), Dioon edule var. lanuginosum Wittm. (1899) ; Dioon edule var. angustifolium désigne aujourd’hui Dioon angustifolium (voir Taxonomie)
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom français attesté ; au Mexique chamal, chamalito, quiotamal, tiotamal, palma de dolores, palma de Santa Teresita, palma de la virgen ; dameu en langue xi’iuy ; chestnut dioon en anglais
- Répartition naturelle : Mexique (Hidalgo, Querétaro, San Luis Potosí, Tamaulipas, Veracruz), du niveau de la mer à environ 1 550 m
- Statut UICN : quasi menacé (NT A2cd), évaluation de J. Chemnick et T. Gregory publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES ; annexe B dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : en France, survies en pleine terre à −7 °C sous protection passive (banlieue parisienne, 2009-2010), à −8 / −10 °C sous voile (Nîmes, février 2012) et à −9 °C (Gard, 2011-2012 ; Tarn, 2025-2026) ; feuillage grillé à −6 / −7 °C sans protection (Agen) ; pertes par excès d’eau dès −4 °C (Nantes) ; zones USDA 8 à 11 selon l’université de Floride (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : plein soleil à mi-ombre, sol bien drainé ; tolère la sécheresse et le sel (université de Floride)
- Port et dimensions adultes : plantes de 1 à 3 m, parfois 5 m ; tronc de 22 à 30 cm de diamètre ; feuilles de 55 à 150 cm (révision de 2020)
- Toxicité : graines toxiques crues, comme chez toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Dioon edule ?
On reconnaît Dioon edule à ses feuilles raides, plates et dressées, garnies de nombreuses folioles étroites, piquantes au sommet mais à bord lisse chez l’adulte, et à ses gros cônes femelles laineux. La révision du genre publiée en 2020 par Hernández-Tapia, Jiménez-Ramírez et Vovides le distingue des autres Dioon par ses folioles à bord entier, peu ou pas imbriquées, et par la forme de ses écailles femelles.
Cette révision en donne la description suivante :
- Port : plantes de 1 à 3 m, parfois jusqu’à 5 m ; tronc dressé à couché, de 22 à 30 cm de diamètre, ramifié chez les vieux sujets ;
- Feuilles : 5 à 40 par couronne, longues de 55 à 150 cm, à poils blanc brunâtre qui tombent avec l’âge ; pétiole de 10 à 32 cm, laineux à la base ;
- Folioles : 60 à 140 paires, linéaires-lancéolées, larges de 0,4 à 1,5 cm, les médianes longues de 4 à 14 cm ; bord entier, 9 à 12 nervures ;
- Cônes mâles : cylindriques, environ 35 cm sur 4 à 8,5 cm ;
- Cônes femelles : ovoïdes à cylindriques, de 14 à 35 cm sur 10 à 20 cm, sur un court pédoncule, très laineux ;
- Graines : ovoïdes, de 1 à 3 cm, à enveloppe charnue (sarcotesta) jaune vif à jaune orangé.
Les plantes sauvages restent souvent basses. Charles J. Chamberlain, qui l’observa au début du XXe siècle à Chavarrillo, près de Xalapa, écrit que son tronc trapu dépasse rarement 1,2 à 1,5 m. L’espèce varie beaucoup d’une population à l’autre, par la taille, la longueur des feuilles ou la couleur des jeunes pousses, que l’université de Floride décrit vert bleuté, parfois bleu pâle ou rougeâtre à la sortie. Les feuilles des plantules portent souvent de petites épines qui disparaissent chez l’adulte.


Hybrides
Aucun hybride naturel de Dioon edule n’est formellement décrit. La question se pose toutefois avec Dioon angustifolium : dans le San Luis Potosí, Rubio-Méndez et ses collègues (2020) ont trouvé des populations aux caractères intermédiaires entre les deux espèces et estiment que seules des études génétiques diront s’il y a eu hybridation. Aucune publication fiable ne porte sur des hybrides obtenus en culture.
Confusions possibles
Avec Dioon angustifolium
C’est la confusion la plus fréquente, et elle est souvent impossible à trancher sans connaître l’origine de la plante. Dioon angustifolium, du Nuevo León et du Tamaulipas, a des folioles plus étroites (4 à 6 mm contre 6 à 10 mm selon Jones, 1993, cité par The Gymnosperm Database), plus espacées et insérées en angle plus aigu. La pépinière spécialisée Cycadales.eu, qui compare des plantes cultivées au jardin Nong Nooch, en Thaïlande, ajoute que son rachis a tendance à vriller, ce qui donne à la plante un aspect plus ébouriffé que Dioon edule, dont les feuilles sont droites. Elle signale aussi que beaucoup de plantes vendues en Europe sous le nom d’angustifolium sont en réalité des Dioon edule, et conclut que seule l’origine géographique précise permet d’être sûr de l’identité.
Avec Dioon spinulosum
Dioon spinulosum, du Veracruz et de l’Oaxaca, se distingue sans peine à l’âge adulte : ses folioles, plus larges, gardent des épines sur le bord toute leur vie, et la plante devient bien plus grande, jusqu’à 10 m et plus. C’est aussi une espèce de forêt humide, beaucoup moins résistante au froid : l’université de Floride ne la recommande qu’à partir de la zone USDA 9b.
Avec Dioon merolae et Dioon holmgrenii
The Gymnosperm Database, d’après Norstog et Nichols (1997), rapproche Dioon edule de Dioon merolae et de Dioon holmgrenii, deux espèces du sud du Mexique aux feuilles également raides et aux folioles serrées. Selon la révision de 2020, Dioon holmgrenii porte 3 ou 4 épines sur le bord de ses folioles convexes, et Dioon merolae des folioles nettement imbriquées. Sans étiquette d’origine, les jeunes plants restent difficiles à séparer.
Avec Cycas revoluta
En jardinerie, Dioon edule est parfois rapproché du Cycas revoluta, auquel l’université de Floride le compare. Les folioles du Cycas ont une nervure médiane unique et un bord enroulé en dessous, alors que celles du Dioon ont plusieurs nervures parallèles et un bord plat ; le cône femelle du Dioon est compact, alors que le Cycas porte une couronne lâche de feuilles fertiles.
Taxonomie
Dioon edule est l’espèce type du genre. John Lindley l’a décrite en 1843 dans l’Edwards’s Botanical Register (29, misc. 59-60) sous le nom de Dion edule, d’après une plante vivante et un cône rapportés du Mexique et donnés à la Société d’horticulture de Londres ; le type est conservé à Cambridge (CGE) selon The World List of Cycads. L’orthographe Dioon, plus conforme au grec, a été adoptée ensuite et est aujourd’hui conservée.
Plusieurs noms décrits au XIXe siècle d’après des plantes cultivées en Europe sont rangés dans sa synonymie : Zamia maelenii Miq. (1844), Platyzamia rigida Zucc. (1846), Dioon imbricatum Miq. (1847), Dioon strobilaceum Lem. ex A.DC. (1868) et Dioon edule var. lanuginosum Wittm. (1899), d’après The World List of Cycads et la révision de 2020. Species+ y ajoute Macrozamia littoralis et Macrozamia pectinata, deux noms de Liebmann publiés par Hemsley en 1883, que la révision de 2020 rattache aussi à l’espèce. Le nom Dioon edule var. latipinnium Dyer se rapporte en revanche à l’espèce hondurienne Dioon mejiae.
Dioon angustifolium, ancienne variété de Dioon edule
Les populations du nord de l’aire ont changé plusieurs fois de rang. Miquel avait décrit Dioon angustifolium en 1847, avant d’en faire une forme puis une variété de Dioon edule (1861, 1868). De Luca, Sabato et Vázquez Torres (1982), qui ont étudié la répartition et la variation de l’espèce, l’ont conservé au rang de variété, Murray (1983) au rang de sous-espèce, et Jones (1993) encore comme variété. En 2003, González-Astorga et ses collègues (Biological Journal of the Linnean Society), après une étude génétique de huit populations couvrant toute l’aire de l’espèce, ont reconnu Dioon angustifolium comme espèce distincte pour les populations isolées les plus septentrionales, au Nuevo León et au Tamaulipas. The World List of Cycads, la révision de 2020 et la Liste rouge de l’UICN suivent ce choix.
En 2005, une étude génétique des trois populations alors connues a confirmé ce rang (González-Astorga et al., Annals of Botany), et la norme mexicaine NOM-059-SEMARNAT-2010 distingue elle aussi les deux espèces. Les études de González-Astorga et ses collègues (2003, 2005) situent l’origine de Dioon angustifolium dans l’isolement des populations du nord pendant les cycles climatiques du Pléistocène, période à laquelle Dorsey et ses collègues (2018) rattachent aussi la diversification du genre. Le nom de variété ne désigne donc plus aujourd’hui qu’un état ancien de la classification : une plante étiquetée « Dioon edule var. angustifolium » correspond à Dioon angustifolium, sous réserve que son identité soit exacte.
Les « formes » de culture
Dans The Botanical Review (2004), Loran Whitelock a proposé de répartir les populations de Dioon edule en sept « formes » d’après leur provenance : « angustifolium » (Nuevo León, Tamaulipas), « rioverde » et « valles » (San Luis Potosí), « querétaro », « hidalgo », « palma sola » et « edule » (Veracruz). Selon le tableau repris par Rubio-Méndez et al. (2020), la forme « valles », vers 150 m d’altitude, ne dépasse guère 30 cm de haut, alors que les formes « hidalgo » et « edule » atteignent 3 m, voire 5 m pour la seconde. Ces noms circulent dans le commerce sous la forme Dioon edule « Palma Sola », « Rio Verde », « Valles » ou « Jacala ».
Leur valeur botanique est contestée. Rubio-Méndez et ses collègues, en mesurant 318 plantes de 15 populations, ont retrouvé les formes « edule » et « rioverde » et en ont proposé une nouvelle, « tamasopo », mais beaucoup d’individus étaient intermédiaires. La révision de 2020 conclut au contraire que ces formes ne sont pas valides, plusieurs morphologies coexistant dans une même localité, et traite l’espèce comme polymorphe. Aucune de ces formes n’a de rang botanique officiel, et aucune source fiable ne permet d’attribuer à l’une d’elles une meilleure résistance au froid : les chiffres avancés par certains vendeurs relèvent de la publicité.
Étymologie et histoire
L’épithète edule vient du latin edulis, « comestible », en référence à la consommation des graines au Mexique (Haynes, 2022, d’après The World List of Cycads). Le nom de genre, du grec dis, « deux », et ôon, « œuf », rappelle que chaque écaille du cône femelle porte deux graines.
Le texte de Lindley raconte l’arrivée de l’espèce en Angleterre. Une certaine Mrs Lavater, qui avait longtemps vécu au Mexique, rapporta un cône et une plante vivante, offerts à la Société d’horticulture. Le cône était plein de graines « de la taille d’une châtaigne d’Espagne », mais toutes étaient dépourvues d’embryon. La plante portait une tige simple « enfouie dans la laine » et des feuilles d’environ 60 cm à une soixantaine de paires de folioles. Lindley ajoute que les graines servaient au Mexique à faire de la fécule, et qu’un collecteur en avait déjà importé un lot vendu à la pépinière Loddiges.
Dioon edule est aussi célèbre pour sa longévité. Chamberlain rapporte dans The Living Cycads (1919) que le professeur Luis Murillo, à Xalapa, avait noté pendant onze ans chaque feuille produite par une plante de son jardin : elle formait une couronne tous les deux ans, et en comptant les bases de feuilles sur le tronc, cette plante de moins de 1,5 m fut estimée à 970 ans. Vovides (1990) a confirmé l’ordre de grandeur de cette estimation, et un article de l’Université de Veracruz (2017) indique que la plante, retrouvée dans le jardin de la Quinta de las Rosas, aurait aujourd’hui dépassé mille ans.
En Europe, l’espèce est cultivée en plein air depuis la fin du XIXe siècle sur la Riviera : le catalogue Hortus Mortolensis (1912) des jardins Hanbury, à La Mortola, près de Vintimille, mentionne un grand pied mâle acheté en juillet 1888, planté en plein soleil dans un sol sableux sec et qui « se porte extrêmement bien ».
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté : on emploie le nom scientifique ou le nom mexicain chamal. La révision de 2020, d’après Bonta et ses collègues (2019) et Bonta et Osborne (2007), cite au Mexique chamal, chamalito, quiotamal, sotol, palma de Dolores, palma de macetas, palma de Santa Teresita, palma de serrucho, palma de la virgen, palmita et tullidora. Species+ retient palma de Santa Teresita et palma de dolores, et l’Université de Veracruz (2017) tiotamal, quiotamal et chamal pour la région de Xalapa. Dans les langues indigènes, Bonta et al. (2019) citent dameu chez les Xi’iuy (Pames du sud) et tzamaal chez les Teenek. En anglais, l’université de Floride l’appelle chestnut dioon. Certains de ces noms sont ambigus : sotol désigne surtout d’autres plantes (Dasylirion), et palma de la virgen s’applique aussi à d’autres Dioon.
Dans la nature
Dioon edule pousse le long du golfe du Mexique et dans la Sierra Madre orientale, dans les États d’Hidalgo, de Querétaro, de San Luis Potosí, du Tamaulipas et du Veracruz, entre le niveau de la mer et environ 1 550 m (révision de 2020). On le trouve dans les chênaies, la forêt tropicale décidue, les fourrés xérophiles et même sur des dunes côtières, sous des climats semi-arides à chauds et humides. González-Astorga et al. (2003) le décrivent dans la zone de contact entre forêt tropicale décidue et chênaies sempervirentes, sur des pentes raides, des falaises et des ravins. Chamberlain l’a vu en plein soleil, plus haut que les chênes nains qui l’entourent.
La reproduction est très lente. Vovides (1990), qui a suivi une population du centre du Veracruz, indique un cône tous les 2,8 à 8,8 ans chez les plantes mâles et tous les 10 à 52 ans chez les femelles ; la sécheresse prolongée et le feu y tuent la plupart des plantules. Les adultes, eux, survivent aux brûlis agricoles et refont des feuilles, selon Bonta et al. (2019). Selon González-Astorga et al. (2003), les cônes mûrissent d’août à décembre. Leur étude génétique suggère que l’espèce s’est étendue vers le nord depuis le sud de son aire après le Pléistocène.
Statut de conservation et réglementation
Dioon edule est classé quasi menacé (NT) sur la Liste rouge de l’UICN, au titre du critère A2cd (réduction passée des effectifs liée à la perte d’habitat et à l’exploitation), selon l’évaluation de J. Chemnick et T. Gregory datée de juillet 2020 et publiée en 2022 (The World List of Cycads ; Crossref). Parmi les espèces du genre évaluées par l’UICN, c’est la seule qui ne soit ni vulnérable ni en danger. Bonta et al. (2019) signalent que des propriétaires arrachent les cycadales de leurs terres et que la récolte des troncs pour leur amidon a, ailleurs au Mexique, détruit des populations entières.
L’espèce relève de l’annexe II de la CITES, comme tout le genre depuis le 4 février 1977, avec l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026), qui exempte notamment les graines et le pollen ; le commerce international des plantes vivantes exige un permis. Dans l’Union européenne, elle relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Au Mexique, la norme NOM-059-SEMARNAT-2010 classe Dioon edule « en danger d’extinction » (catégorie P) et traite Dioon angustifolium comme une espèce distincte, de même catégorie (Diario Oficial de la Federación, texte consulté le 19 octobre 2026).
Bases consultées le 19 octobre 2026 (Species+, GBIF, The World List of Cycads, Crossref). Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Dioon edule est un Dioon facile, à condition de lui donner beaucoup de chaleur en été et un sol qui ne reste jamais détrempé. L’université de Floride (UF/IFAS) résume ses besoins :
- Exposition : plein soleil à mi-ombre.
- Sol : bien drainé ; la plante pousse aussi en sol pauvre, mais un engrais équilibré avec oligo-éléments, apporté de temps en temps, améliore la croissance.
- Eau : la plante tolère bien la sécheresse, mais pousse mieux avec un arrosage en été.
- Sel : très bonne tolérance, ce qui en fait une plante possible en jardin côtier.
- Croissance : très lente ; la plante peut former plusieurs troncs et atteindre environ 2,4 m en culture.
La pépinière spécialisée Cycadales.eu dit la culture facile « du moment qu’on lui apporte de la chaleur et de l’eau en été », avec un engrais de préférence à libération lente. Les retours de cultivateurs français confirment l’importance du drainage : la seule perte rapportée en pleine terre à un froid modéré, à Nantes, est attribuée par son auteur à l’excès d’eau malgré un bon drainage (voir Rusticité). En sol lourd, une butte ou une rocaille minérale limite ce risque. La croissance est lente : sur le forum des Fous de palmiers, un cultivateur de l’Ardèche parle d’une seule feuille par an sur un jeune plant.
Au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, dans le Var, Dioon edule est cultivé en rocaille, et un pied mâle y a porté un cône mâle libérant son pollen (photos publiées sur le site en septembre 2026). Aucune donnée de froid n’est publiée pour ces plantes.

Multiplication
Dioon edule se multiplie par semis. Il faut un pied mâle et un pied femelle : les graines d’un cône non pollinisé n’ont pas d’embryon, comme l’avait constaté Lindley en 1843 sur le premier cône arrivé en Angleterre. Un cultivateur de Naples indique sur le forum Tropicamente avoir toujours obtenu environ 50 % de germination, en faisant germer les graines à couvert sur une couche de perlite humide, vers 25 à 30 °C, avant de les empoter. Les plantules poussent très lentement. Les graines étant exemptées de la CITES, c’est la façon la plus simple d’obtenir des plantes de provenance connue.
Maladies et ravageurs
Aucune maladie propre à l’espèce n’est documentée. En culture, le principal danger est la pourriture des racines et du tronc en sol froid et humide. L’université de Floride présente les Dioon comme une alternative au Cycas revoluta, très attaqué en Floride par la cochenille asiatique des cycas (Aulacaspis yasumatsui), sans préciser la sensibilité des Dioon à ce ravageur. Comme chez les autres cycadales, surveillez les cochenilles sur les plantes rentrées l’hiver.
Rusticité
Dioon edule est l’une des cycadales les plus résistantes au froid, à condition que le sol reste sec en hiver. L’université de Floride le classe en zones USDA 8 à 11, soit des minimales moyennes d’environ −12 °C et plus, et Cycadales.eu en zone 8b (−8 / −9 °C), avec des dégâts possibles sur les feuilles à des températures plus douces. Le tronc résiste mieux que le feuillage, qui peut griller puis repousser.
En France
Les retours ci-dessous viennent du forum des Fous de palmiers ; ce sont des observations d’amateurs, à valeur indicative.
- Littoral méditerranéen et Provence : au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var), l’espèce est cultivée en rocaille et fait des cônes, sans donnée de froid publiée. Un cultivateur de Carqueiranne (Var) indique que sa plante, sans protection, a été nettement abîmée pendant l’hiver 2009-2010, avec −4,7 °C au minimum en terrain découvert et une dizaine de nuits de gel ; il pense qu’elle n’était pas encore en repos aux premières gelées (messages d’avril 2010).
- Gard : un cultivateur de Nîmes indique que sa plante, un semis d’un an et demi planté en pleine terre au printemps 2011, a survécu en février 2012 à −8 / −10 °C, avec plusieurs jours sans dégel, protégée seulement par un voile P17 et un plastique : feuillage intact, alors que son Cycas revoluta était défolié à 80 % (mars 2012). Un autre cultivateur du Gard indique que sa plante, plantée au printemps 2011, n’a pas bougé pendant l’hiver 2011-2012 malgré des pointes à −9 °C, sur sol sec (décembre 2012).
- Sud-Ouest : un cultivateur d’Agen (Lot-et-Garonne) indique que sa plante, en pleine terre depuis deux ans et sans protection, a eu les feuilles grillées pendant l’hiver 2009-2010, vers −6 / −7 °C, puis est repartie (juin et novembre 2010). Un cultivateur de la région toulousaine (Tarn) indique avoir gardé sa plante en pleine terre pendant l’hiver 2025-2026, avec des minimales de −9 °C, sans préciser de protection (août 2026).
- Île-de-France : un cultivateur de la banlieue parisienne indique que sa plante, en pleine terre depuis 2009, a passé l’hiver 2009-2010 à −7 °C sous protection passive, feuilles intactes (novembre 2010) ; pendant la vague de froid de février 2012, la couronne d’une petite plante, en pleine terre pour son troisième hiver sous protection passive, a brûlé, mais le tronc est resté sain (mars 2012). Le même cultivateur avait perdu un Dioon angustifolium à −12 °C pendant l’hiver 2008-2009.
- Façade atlantique : un cultivateur de Nantes (Loire-Atlantique) indique avoir perdu ses Dioon edule et Dioon califanoi plantés en pleine terre en 2007, pendant un hiver doux (−4 °C, peu de jours de gel), et l’attribue à l’excès d’eau malgré un bon drainage (janvier 2011).
Aucun retour daté n’est documenté pour la Bretagne, l’intérieur continental ou la montagne. D’après ces témoignages, l’espèce supporte en pleine terre des gelées de −7 à −9 °C quand le sol est sec, au prix parfois de son feuillage, mais l’humidité hivernale peut la tuer à des températures bien plus douces : c’est une synthèse de retours isolés, pas une mesure.
Repères internationaux
- Italie, Ravenne (Émilie-Romagne) : un cultivateur indique sur le forum Tropicamente que sa plante de 21 ans, en pot sous une terrasse, contre un mur et à l’abri de la pluie, n’a pas survécu à l’épisode de décembre 2009 : −7 °C sous la terrasse (−10 °C à découvert), avec givre et −3 °C au maximum dans la journée ; elle semblait intacte en janvier 2010 et avait perdu presque toutes ses feuilles en avril.
- Italie, La Mortola (Ligurie) : un grand pied mâle planté en 1888 en plein soleil, en sol sableux sec, « se portait extrêmement bien » en 1912 (Hortus Mortolensis).
- États-Unis, Floride : zones USDA 8 à 11 ; l’espèce y est un des deux Dioon les plus plantés, et la plus rustique des deux (UF/IFAS).
- Mexique : dans la nature, les adultes supportent la sécheresse prolongée et repartent après les brûlis (Vovides, 1990 ; Bonta et al., 2019).
Toxicité et précautions
Oui, Dioon edule est toxique, surtout par ses graines crues. Les cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux. Chez Dioon edule, une étude de Yagi (2004) n’a pas détecté ces glycosides dans les feuilles adultes des trois Dioon analysés, mais a montré que les extraits de feuilles de l’espèce dégradent activement la macrozamine. Les usages traditionnels confirment le danger : selon Bonta et al. (2019), les graines crues servaient de raticide, le bétail s’intoxique en broutant les jeunes feuilles, et une farine mal détoxifiée provoque des maux de ventre, des nausées et des vomissements, parfois la mort.
Portez des gants pour manipuler les graines, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Les graines de Dioon edule sont un aliment traditionnel du nord-est du Mexique. Selon l’étude ethnobotanique de Bonta et ses collègues (2019), le chamal était un aliment de base des Xi’iuy (Pames du sud) et des métis de la Sierra Gorda et de la Pamería, et une nourriture de disette pour d’autres groupes. Les graines, débarrassées de leur enveloppe charnue, sont coupées, lavées dans de la cendre et bouillies à plusieurs reprises, sur des cycles d’environ deux jours, avant d’être moulues en pâte pour des tamales, des tortillas ou des bouillies ; la cuisinière teste la pâte avant de la juger sans danger. L’enveloppe charnue, sucrée, se mange aussi crue ou en confiture. Chamberlain (1919) mentionnait déjà la farine à tortillas, et Lindley (1843) l’usage des graines pour la fécule. Une analyse de graines de la Huasteca potosina a mesuré environ 61 % de glucides et 21 % de protéines (Carranza Álvarez et Carrillo Inungaray, 2017).
Les feuilles décorent les églises lors des fêtes religieuses (révision de 2020) ; chez les Xi’iuy, tamales de chamal et feuilles de la plante ornent les autels de la fête des Morts (Bonta et al., 2019). La coque dure des graines servait à fabriquer des jouets, appelés rezumbadores (révision de 2020 ; Chamberlain, 1919). Bonta et al. (2019) ont identifié des cônes et des feuilles de dameu sculptés sur la façade baroque de la mission de Tancoyol, au Querétaro. Ces usages reposent sur un savoir-faire traditionnel : ne tentez jamais de consommer les graines.
FAQ
Dioon edule est-il rustique en France ?
Oui, dans une bonne partie du pays, à condition que le sol reste sec en hiver. Des plantes ont survécu en pleine terre à −7 °C en banlieue parisienne sous protection passive, à −8 / −10 °C à Nîmes sous voile en février 2012 et à −9 °C dans le Gard et le Tarn. Le feuillage peut griller sans protection, comme à Agen vers −6 / −7 °C, mais la plante repart. En revanche, des plantes sont mortes à Nantes avec seulement −4 °C, à cause de l’excès d’eau.
Faut-il le cultiver en pot ou en pleine terre ?
Cela dépend du climat et du sol. Dans le Midi et le Sud-Ouest, la pleine terre réussit sur sol bien drainé ou sur butte. Dans les régions aux hivers longs et humides, le pot, rentré ou abrité de la pluie en hiver, est plus sûr ; à Ravenne, en Italie, une plante en pot a pourtant été perdue à −7 °C, ce qui montre qu’un pot ne protège pas du froid.
Quelle est la différence avec Dioon angustifolium ?
Surtout la largeur des folioles et l’origine. Dioon angustifolium, du Nuevo León et du Tamaulipas, a des folioles plus étroites, plus espacées, et un rachis qui tend à vriller. Les deux plantes se ressemblent tant que seule la provenance permet souvent de trancher.
Les graines sont-elles comestibles ?
Non, pas crues : elles sont toxiques. Au Mexique, elles sont consommées après une détoxification longue (lavages à la cendre, cuissons répétées, tests), et une préparation mal faite peut tuer. Ne tentez jamais de les préparer vous-même et appelez un centre antipoison en cas d’ingestion.
Est-il toxique pour les chiens et les chats ?
Oui, il faut le considérer comme toxique. Le risque des cycadales pour les animaux est bien documenté, surtout pour les chiens qui mâchent les graines, et au Mexique le bétail s’intoxique en broutant les jeunes feuilles. Retirez les cônes femelles mûrs si des animaux ont accès au jardin.
Pourquoi pousse-t-il si lentement ?
Parce que c’est sa nature : dans la nature comme en culture, il ne forme souvent qu’une couronne de feuilles par an ou tous les deux ans. Chamberlain rapporte une plante de moins de 1,5 m estimée à 970 ans. Plein soleil, chaleur et arrosage en été aident la plante à produire plus régulièrement.
Que valent les formes « Palma Sola », « Rio Verde » ou « Valles » ?
Ce sont des provenances, pas des variétés botaniques. Whitelock (2004) les a décrites comme des formes, mais la révision de 2020 juge qu’elles ne sont pas valides, plusieurs morphologies se rencontrant dans une même localité. Aucune source fiable ne permet de dire que l’une d’elles résiste mieux au froid.
Est-il menacé dans la nature ?
Peu, à l’échelle du genre : il est classé quasi menacé par l’UICN (évaluation publiée en 2022), alors que presque tous les autres Dioon sont vulnérables ou en danger. Il reste protégé par la CITES (annexe II), et ses populations ont reculé avec la perte d’habitat et l’exploitation.
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- Le cycas est-il toxique ? Dangers réels pour les chiens, les chats et les enfants
Sites de référence
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