Dioon angustifolium est une cycadale du nord-est du Mexique, endémique de quelques canyons rocheux de la Sierra Madre orientale, dans le Nuevo León et le Tamaulipas. Espèce du genre Dioon, décrite par Miquel en 1847, elle a longtemps été rangée comme variété dans Dioon edule, sous le nom de Dioon edule var. angustifolium, avant d’être de nouveau reconnue comme espèce en 2003. C’est une plante basse, au tronc court, aux feuilles garnies de folioles très étroites, plates et espacées, dont le rachis tend à vriller. Classée vulnérable par l’UICN, elle est rare en culture, et beaucoup de plantes vendues sous ce nom en Europe sont en réalité des Dioon edule.
L’essentiel sur Dioon angustifolium
- Nom accepté : Dioon angustifolium Miq. (1847), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+ ; également accepté par la World Checklist of Vascular Plants de Kew, base de POWO (version de juin 2026 publiée sur GBIF)
- Anciens noms et synonymes : Dioon edule f. angustifolium (Miq.) Miq. (1861), Dioon edule var. angustifolium (Miq.) Miq. (1868), Dioon edule subsp. angustifolium (Miq.) A.E.Murray (1983) ; Dioon aculeatum Lem. (1846)
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom français attesté ; chamal au Nuevo León et au Tamaulipas (NOM-059-SEMARNAT-2010)
- Répartition naturelle : Mexique, Nuevo León et Tamaulipas ; populations connues entre environ 500 et 1 300 m
- Statut UICN : vulnérable (VU A2cd+4cd), évaluation de J. Chemnick et T. Gregory datée de juillet 2020, publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES ; annexe B dans l’Union européenne ; « en danger d’extinction » (catégorie P) au Mexique selon la norme NOM-059-SEMARNAT-2010
- Rusticité documentée : en France, un jeune plant en pleine terre perdu à −12 °C sous protection passive (banlieue parisienne, hiver 2008-2009) ; plantes en pleine terre sans protection sur la Côte Bleue lors d’un hiver doux (2014-2015) ; des pépinières l’estiment entre −5 et −8 °C environ (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : plein soleil chaud (Jungle Music) ; dans la nature, sols minces et rocailleux de canyons
- Port et dimensions adultes : plante basse ; dans la nature, tronc de 17 cm de diamètre en moyenne (jusqu’à 34 cm) et feuilles de 60 cm en moyenne (jusqu’à environ 1 m) d’après des mesures publiées en 2020
- Toxicité : aucune analyse propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Dioon angustifolium ?
On reconnaît Dioon angustifolium à ses folioles très étroites, larges de moins de 6 mm, plates, à bord entier chez l’adulte, nettement espacées le long du rachis, et à ses feuilles dont l’extrémité tend à vriller. La clé de Gregory, Haynes et Chemnick (2008) le sépare de Dioon edule par ce seul critère de largeur : moins de 6 mm chez Dioon angustifolium, plus de 7 mm chez Dioon edule, dont les folioles peuvent aussi avoir les bords fortement enroulés.
Miquel décrivit l’espèce en 1847 d’après une plante du jardin botanique d’Amsterdam, qu’il comparait directement à des Dioon edule :
- Tronc : oblong, haut de 37 cm et large de 14 à 15 cm sur la plante décrite, plus allongé que celui de Dioon edule, avec des cicatrices foliaires plus petites ; sommet couvert d’écailles et d’un duvet brun grisâtre ;
- Feuilles : plus courtes que chez Dioon edule, à pétiole très court (5 à 6 cm) ; rachis de 80 à 85 cm, velu à la base puis glabre ;
- Folioles : opposées ou alternes, linéaires-lancéolées, piquantes au sommet, parfois un peu ondulées ou légèrement arquées, vert foncé dessus et plus pâles dessous, environ 8 nervures ; les médianes longues de 8 cm pour 5 à 6 mm de large ;
- Jeunes plantes : folioles plus étroites, portant quelques épines vers le sommet, qui disparaissent avec l’âge.
Dans la nature, les plantes restent petites. Rubio-Méndez et ses collègues (2020), qui ont mesuré trois populations, donnent en moyenne un tronc de 17 cm de diamètre (jusqu’à 34 cm) et de 21 cm de haut (jusqu’à 55 cm), une vingtaine de feuilles, dont environ 8 par pousse, longues de 63 cm en moyenne (jusqu’à 103 cm) : ce sont les troncs les plus minces et les feuilles les plus courtes de toutes les formes du complexe qu’ils ont étudiées. La pépinière californienne Jungle Music décrit une plante à un seul tronc ou en touffe, d’environ 1,2 m d’envergure, un tronc de 30 à 45 cm signalant déjà une plante très âgée.

Hybrides
Aucun hybride naturel ou horticole de Dioon angustifolium n’est décrit. Rubio-Méndez et ses collègues (2020) ont trouvé dans le San Luis Potosí, entre l’aire de Dioon angustifolium et celle de Dioon edule, des populations aux caractères intermédiaires, qu’ils rattachent à Dioon edule (formes « rioverde » et « tamasopo ») ; près de 40 % des plantes des populations d’angustifolium qu’ils ont mesurées partageaient des caractères avec la forme « tamasopo ».
Confusions possibles
Avec Dioon edule
C’est la confusion la plus fréquente, et elle est souvent impossible à trancher sur une jeune plante sans origine connue. Selon Jones (1993), cité par The Gymnosperm Database, les folioles de Dioon angustifolium mesurent 6 à 11 cm sur 4 à 6 mm, contre 6 à 10 mm de large chez Dioon edule ; elles sont glauques chez les jeunes feuilles et insérées sur le rachis en angle aigu, et les graines sont plus petites. La pépinière spécialisée Cycadales.eu, qui compare des plantes de provenance connue cultivées au jardin Nong Nooch, en Thaïlande, ajoute que le rachis de Dioon angustifolium tend à vriller, ce qui donne à la plante adulte un aspect plus « ébouriffé » que Dioon edule, aux feuilles droites. Elle signale que beaucoup de plantes vendues en Europe sous le nom d’angustifolium, notamment celles d’un producteur espagnol, sont en réalité des Dioon edule, et que seule l’origine géographique précise permet d’être sûr de l’identité d’une plante. Les deux espèces ne se rencontrent pas dans la nature (González-Astorga et al., 2005).
Avec Dioon sonorense
Dioon sonorense, du nord-ouest du Mexique, a lui aussi des folioles étroites et glauques. Ses folioles sont un peu arquées et portent souvent une à trois petites épines, alors que celles de Dioon angustifolium sont plates et entières chez l’adulte. Les deux espèces vivent de part et d’autre du pays et appartiennent à des lignées différentes du genre.
Taxonomie
Dioon angustifolium a été décrit en 1847 par le botaniste néerlandais Friedrich Anton Wilhelm Miquel, dans le premier volume du Tijdschrift voor de Wis- en Natuurkundige Wetenschappen de l’Institut royal des Pays-Bas, d’après une plante cultivée au jardin botanique d’Amsterdam, d’origine mexicaine ; le lectotype, désigné par De Luca et ses collègues en 1982, est conservé à Kew (The World List of Cycads). Miquel reconnaissait que la plante était si proche de Dioon edule qu’il n’aurait pas osé la séparer s’il n’avait pu comparer les deux en même temps. Dans le même article, il rangeait le Dioon aculeatum des horticulteurs belges parmi les jeunes plantes de l’espèce ; The World List of Cycads cite Dioon aculeatum Lem. (1846) comme synonyme.
L’histoire de son classement compte plusieurs étapes :
- 1847 : description comme espèce, Dioon angustifolium, par Miquel ;
- 1855 : Lemaire range la plante dans la synonymie de Dioon edule (d’après González-Astorga et al., 2005) ;
- 1861 et 1868 : Miquel lui-même en fait une forme, puis une variété de Dioon edule ;
- 1982 : De Luca, Sabato et Vázquez Torres, qui étudient la répartition et la variation de Dioon edule, la traitent comme variété ;
- 1983 : Murray en fait une sous-espèce, Dioon edule subsp. angustifolium ;
- 2003 : González-Astorga, Vovides, Ferrer et Iglesias, après une étude génétique de huit populations couvrant toute l’aire de Dioon edule (Biological Journal of the Linnean Society) et une étude morphologique publiée la même année, reconnaissent Dioon angustifolium comme espèce pour les populations isolées les plus septentrionales ;
- 2005 : une étude génétique des trois populations alors connues confirme ce choix (González-Astorga et al., Annals of Botany).
Depuis, l’espèce est acceptée par The World List of Cycads, par la révision du genre publiée en 2020 par Hernández-Tapia, Jiménez-Ramírez et Vovides, par la Liste rouge de l’UICN et par la norme mexicaine NOM-059-SEMARNAT-2010, qui la distingue de Dioon edule tout en citant Dioon edule var. angustifolium comme synonyme. Le nom de variété ne désigne donc plus aujourd’hui qu’un état ancien de la classification. Les études de génétique situent l’origine de l’espèce dans l’isolement des populations du nord de l’aire de Dioon edule pendant les cycles climatiques du Pléistocène (González-Astorga et al., 2003, 2005). Pour le lecteur, une plante étiquetée « Dioon edule var. angustifolium » ou « Dioon edule angustifolium » correspond à Dioon angustifolium, sous réserve que son identité soit exacte.
Étymologie et histoire
L’épithète angustifolium vient du latin angustus, « étroit », et folium, « feuille », en référence aux folioles étroites des feuilles juvéniles (The World List of Cycads, d’après Haynes, 2022). Le nom de genre vient du grec dis, « deux », et ôon, « œuf », pour les deux graines de chaque écaille du cône femelle ; c’est d’ailleurs dans l’article de 1847 où il décrit Dioon angustifolium que Miquel annonce qu’il écrira désormais Dioon, et non Dion comme Lindley, une orthographe qu’il juge plus correcte.
L’espèce est donc entrée dans la science par la culture : la plante type poussait en 1847 au jardin botanique d’Amsterdam, avec des Dioon edule de différents âges. Ses graines ont aussi une très longue histoire humaine. Selon le tableau archéologique publié par Bonta et ses collègues (2019), d’après les fouilles de MacNeish dans les abris rocheux du Tamaulipas, les restes de Dioon, attribués à Dioon angustifolium, représentent environ 41 % des aliments retrouvés dans la grotte de la Perra pour la période de 3000 à 2200 av. J.-C. ; des restes de l’espèce (bases de feuilles, écailles, graines) ont aussi été trouvés dans la grotte d’Ojo de Agua (vers 260-960 apr. J.-C.) et dans la grotte Romero (vers 1100-1500 apr. J.-C.).
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. La norme mexicaine NOM-059-SEMARNAT-2010 donne chamal pour le Nuevo León et le Tamaulipas ; ce nom désigne aussi Dioon edule, et Bonta et ses collègues (2019) emploient « chamal » pour les deux espèces, très semblables, dans le nord-est du Mexique. Species+ ne cite aucun nom commun. Les noms commerciaux comme « Dioon edule angustifolium » ne sont pas des noms communs, mais d’anciens noms botaniques.
Dans la nature
Dioon angustifolium vit à l’extrémité nord de l’aire du genre dans l’est du Mexique, dans la Sierra Madre orientale du Nuevo León et dans le centre du Tamaulipas ; ses populations sont isolées de celles de Dioon edule, plus au sud (González-Astorga et al., 2005). En 2005, González-Astorga et ses collègues ne connaissaient que trois populations, chacune d’environ un hectare :
- San Carlos (Tamaulipas), vers 524 m : environ 150 plantes adultes, dans des broussailles épineuses avec des chênes ;
- Álamos (Nuevo León), vers 560 m : environ 50 adultes dispersés le long d’une vallée, dans des restes de forêt de pins et de chênes, avec une vingtaine de plantules ;
- Iturbide-Linares (Nuevo León), vers 815 m : environ 100 adultes en chênaie.
Rubio-Méndez et ses collègues (2020) ont mesuré trois populations à 570 et 800 m au Nuevo León et à 1 314 m au Tamaulipas. Ils décrivent des plantes confinées à des canyons rocheux, à la transition entre les broussailles de piémont et la forêt tropicale sèche ou la chênaie, sur des sols très minces (lithosols de moins de 15 cm), argileux, au pH voisin de 7,5. La forme « angustifolium » de Whitelock (2004), qu’ils citent, occupe 450 à 1 075 m, et Jones (1993) donnait 200 à 1 500 m pour ces populations, qu’il traitait comme une variété (The Gymnosperm Database).
On sait peu de chose de sa biologie. Aucune étude de pollinisation n’a été faite, mais des charançons ont été trouvés dans des cônes mâles ouverts, ce qui suggère une pollinisation par les insectes comme chez les autres cycadales ; chez les Dioon, les graines tombent surtout au pied de la plante (González-Astorga et al., 2005). Les flux de gènes mesurés entre les trois populations sont faibles, comparables à ceux d’espèces à graines dispersées par gravité, et l’étude détecte un goulet d’étranglement génétique récent, sans perte importante de diversité.
Statut de conservation et réglementation
Dioon angustifolium est classé vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, au titre des critères A2cd+4cd : réduction de la population d’au moins 30 % sur trois générations, passée et en cours, liée à la dégradation de l’habitat et à l’exploitation. L’évaluation, de J. Chemnick et T. Gregory, est datée du 2 juillet 2020 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads ; Crossref) ; une évaluation précédente avait été publiée en 2010. González-Astorga et ses collègues (2005) citent comme principales menaces la destruction de l’habitat et l’élimination des cycadales par les éleveurs, à cause de leur toxicité pour le bétail, et recommandaient l’inscription de l’espèce sur la Liste rouge.
L’espèce relève de l’annexe II de la CITES, comme tout le genre depuis le 4 février 1977, avec l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026), qui exempte notamment les graines et le pollen ; le commerce international des plantes vivantes exige un permis. Dans l’Union européenne, elle relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Au Mexique, la norme NOM-059-SEMARNAT-2010 la classe « en danger d’extinction » (catégorie P), selon le texte du Diario Oficial de la Federación consulté le 19 octobre 2026.
Bases consultées le 19 octobre 2026 (Species+, GBIF, The World List of Cycads, Crossref). Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Dioon angustifolium se cultive comme Dioon edule : plein soleil, chaleur en été et sol très drainant. Les indications publiées viennent de pépinières :
- Jungle Music (Californie) le recommande en plein soleil chaud et le juge adapté aux climats plus froids et aux petits jardins, car il reste bas ;
- Cycadales.eu le dit de culture facile « du moment qu’on lui apporte de la chaleur et de l’eau en été », avec un engrais de préférence à libération lente, à condition de le protéger du froid, et signale une croissance très lente et une forte tolérance à la sécheresse.
Dans la nature, il pousse sur des sols de canyon très minces et rocailleux (Rubio-Méndez et al., 2020) : un substrat minéral et bien drainé, sans eau stagnante en hiver, va dans le même sens. Une plante cultivée à La Londe-les-Maures, dans le Var, illustre cette page (photo publiée sur le site en décembre 2022) ; aucune donnée de froid ou de croissance n’est publiée pour cette plante.
Multiplication
Dioon angustifolium se multiplie par semis ; la pépinière Jungle Music signale aussi des plantes qui forment des rejets à la base. Comme toutes les cycadales, l’espèce est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines fertiles. La fraîcheur des graines compte : un cultivateur français indique sur le forum des Fous de palmiers, en décembre 2009, n’avoir obtenu qu’environ 20 % de germination sur 50 graines achetées, qu’il attribue à des graines anciennes. Les graines étant exemptées de la CITES, le semis de graines de provenance connue est le meilleur moyen d’éviter les confusions avec Dioon edule.
Maladies et ravageurs
Aucune maladie ni aucun ravageur propre à l’espèce n’est documenté. Comme chez les autres Dioon, le principal danger en culture est la pourriture des racines et du tronc en sol froid et détrempé, et les cochenilles peuvent s’installer sur les plantes rentrées l’hiver.
Rusticité
Dioon angustifolium passe souvent pour plus rustique que Dioon edule, mais aucune mesure publiée ne le démontre, et les rares retours de culture concernent de jeunes plantes. Les pépinières donnent des valeurs prudentes : zone 9a, avec des dégâts possibles sur les feuilles à des températures plus douces, pour Cycadales.eu ; une tolérance « certaine » jusque vers −5 à −7 °C (« low 20’s °F ») et peut-être jusqu’à −8 °C environ (« upper teens °F ») pour Jungle Music.
En France
Les retours ci-dessous viennent du forum des Fous de palmiers ; ce sont des observations d’amateurs, à valeur indicative.
- Île-de-France : un cultivateur de la banlieue parisienne indique avoir perdu un jeune Dioon angustifolium, plus petit que ses Dioon edule, planté dans une rocaille noire très exposée et très drainante, sous protection passive, pendant l’hiver 2008-2009, « particulièrement froid et long », avec −12 °C au minimum ; la plante était pourtant restée viable plus longtemps que son Dioon edule, mort lui aussi (messages de décembre 2009, avril et novembre 2010).
- Provence : le même cultivateur, installé ensuite sur la Côte Bleue (Bouches-du-Rhône), indique en octobre 2015 avoir planté toute sa collection de Dioon, dont Dioon angustifolium, et que toutes ses plantes ont passé un hiver sans protection et sans dommage ; il précise en 2018 que la température n’y est pas descendue sous −1 ou −2 °C en cinq ans.
Aucun retour daté n’est documenté pour la façade atlantique, la Bretagne ou la montagne. Le seul échec connu concerne une petite plante soumise à −12 °C ; aucune source ne permet de dire quel froid supporte une plante adulte. Les annonces de −12 °C et plus que l’on trouve chez certains vendeurs pour « Dioon edule angustifolium » ne reposent sur aucun essai publié.
Repères internationaux
- Italie : l’espèce est cultivée à l’Orto Botanico de Palerme, en Sicile (photo datée de février 2023 sur Wikimedia Commons) ; sur le forum Tropicamente, en 2009, des cultivateurs italiens discutaient de l’identité de jeunes plantes vendues sous ce nom, sans donner de retour de froid.
- États-Unis : une plante étiquetée Dioon edule var. angustifolium est photographiée au Fairchild Tropical Botanic Garden de Miami en 2007 (Wikimedia Commons) ; en Californie, la pépinière Jungle Music la recommande pour les climats plus froids, en plein soleil.
- Mexique : dans la nature, les populations vivent entre environ 500 et 1 300 m d’altitude ; aucune donnée de température de leurs stations n’est documentée dans une source vérifiable.
Toxicité et précautions
Oui, Dioon angustifolium est à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales. Les cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Aucune analyse n’est documentée pour cette espèce, mais González-Astorga et ses collègues (2005) rapportent que les éleveurs éliminent les cycadales du nord-est du Mexique à cause de leur toxicité pour le bétail, et les graines du « chamal » ne sont consommées qu’après une longue détoxification.
Portez des gants pour manipuler les graines, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Les graines de chamal sont consommées depuis des millénaires dans le nord-est du Mexique, après détoxification. Les restes retrouvés dans les abris rocheux du Tamaulipas, attribués à Dioon angustifolium, montrent que ses graines étaient un aliment important dès 3000 av. J.-C. (Bonta et al., 2019). Bonta et ses collègues signalent aussi, à une époque récente, des tortillas faites d’une farine d’enveloppes charnues séchées dans le sud-est du Nuevo León, sans préciser l’espèce. Ces préparations reposent sur un savoir-faire traditionnel : ne tentez jamais de consommer les graines.
FAQ
Est-ce une espèce ou une variété de Dioon edule ?
C’est une espèce. Décrite comme espèce par Miquel en 1847, elle a été traitée comme variété de Dioon edule pendant plus d’un siècle, puis de nouveau reconnue comme espèce en 2003 par González-Astorga et ses collègues. The World List of Cycads, l’UICN et la norme mexicaine NOM-059 l’acceptent sous le nom de Dioon angustifolium.
Comment le distinguer de Dioon edule ?
Surtout par les folioles et l’origine. Dioon angustifolium a des folioles larges de moins de 6 mm, plates et espacées, et un rachis qui tend à vriller ; celles de Dioon edule dépassent généralement 7 mm. Sur une jeune plante sans provenance, l’identification reste incertaine.
Est-il plus rustique que Dioon edule ?
Rien ne le prouve. Il vit plus au nord, d’où sa réputation, mais aucune mesure n’a été publiée. En banlieue parisienne, un jeune plant est mort pendant l’hiver 2008-2009, avec −12 °C, en même temps qu’un Dioon edule. Les pépinières l’estiment entre −5 et −8 °C environ.
Pourquoi est-il si difficile à trouver ?
Parce que l’espèce est rare dans la nature et que beaucoup de plantes vendues sous ce nom sont des Dioon edule. Demandez l’origine géographique des graines ou des plantes ; c’est le seul moyen d’être sûr de l’identité.
Peut-on le cultiver en pleine terre en France ?
Oui, dans les régions douces, sur sol très drainant. Des plantes vivent sans protection sur la Côte Bleue lors d’hivers doux. Ailleurs, protégez-le de la pluie et du froid en hiver, ou gardez-le en pot.
Est-il toxique ?
Oui, comme toutes les cycadales, surtout ses graines. Il est dangereux pour les enfants, les chiens et le bétail ; appelez un centre antipoison en cas d’ingestion.
Est-il menacé ?
Oui. Il est classé vulnérable par l’UICN (évaluation publiée en 2022) et en danger d’extinction au Mexique. Ses trois populations connues en 2005 ne comptaient chacune que 50 à 150 plantes adultes.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Dioon angustifolium : https://cycadlist.org/scientific_name/244 — publication (1847), lectotype (K), synonymes et combinaisons de 1861, 1868 et 1983, répartition, statut UICN (VU A2cd+4cd), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée le 19 octobre 2026.
- The Cycad Society, description originale de Miquel (1847) (copie PDF) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Dioon/Dioon-angustifolium.pdf — description latine, comparaison avec Dioon edule, plante cultivée à Amsterdam, Dioon aculeatum. Source primaire ; texte lu.
- Universitat de València, copie de González-Astorga et al. (2005) : https://www.uv.es/~aguilel/docencia/biol%20cons%20teoria/material/Conferencia%20Mexic/Dioon%20angustifolium%20Ann%20Bot%202005.pdf — trois populations, effectifs, altitudes, milieux, menaces, historique taxonomique. Article à comité de lecture ; texte intégral lu.
- SciELO, Rubio-Méndez et al. (2020) : https://www.scielo.org.mx/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S1870-34532020000100308 — mesures de trois populations, milieux, sols, formes de Whitelock. Article à comité de lecture ; texte intégral lu.
- Species+ (PNUE-WCMC), Dioon angustifolium : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/65531/legal — annexe II de la CITES, annexe B de l’Union européenne, synonymes. Base officielle ; consultée le 19 octobre 2026.
- Diario Oficial de la Federación, NOM-059-SEMARNAT-2010 : https://dof.gob.mx/normasOficiales/4254/semarnat/semarnat.htm — catégorie P, synonyme, nom commun. Texte officiel ; consulté le 19 octobre 2026.
- The Gymnosperm Database, Dioon edule : https://www.conifers.org/za/Dioon_edule.php — largeur des folioles d’après Jones (1993). Base de référence, données de seconde main.
- Cycadales.eu, Reconnaître les différences entre Dioon edule et Dioon angustifolium (2021) : https://cycadales.eu/2021/02/16/reconnaitre-les-differences-entre-dioon-edule-et-dioon-angustifolium/ ; fiche produit : https://cycadales.eu/produit/dioon-angustifolium/ — critères de distinction, erreurs d’étiquetage, culture, zone 9a. Pépinière spécialisée : avis d’expérience.
- Jungle Music, Dioon angustifolium (2024) : https://junglemusic.com/2024/03/dioon-angustifolium-thin-leaflet-greent-to-blue-green-cycad-like-sun-and-heat/ — port, exposition, tolérance au froid annoncée. Pépinière : appréciation commerciale.
- Wikimedia Commons, photos datées : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Dioon_angustifolium_2023-02-24_01.jpg (Orto Botanico de Palerme, 2023) et https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Dioon_edule_var._angustifolium_2zz.jpg (Fairchild Tropical Botanic Garden, 2007). Photos avec étiquettes de jardins botaniques.
- Forum des Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=74304, https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=87931 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=111421 (banlieue parisienne, 2009-2010) ; https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=385117 (Côte Bleue, 2015) ; https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=74326 (semis, 2009). Retours datés, cités sans nom.
- Forum Tropicamente (Italie) : https://www.tropicamente.it/forums/topic/dioon-edule-var-angustifolium/ — discussion de 2009 sur l’identification. Cité sans nom.
Bibliographie
- Miquel, F.A.W. (1847). Over eenige nieuwe of zeldzame Cycadeën in den Hortus Botanicus te Amsterdam. Eerste gedeelte. Tijdschrift voor de Wis- en Natuurkundige Wetenschappen, uitgegeven door de Eerste Klasse van het Koninklijk-Nederlandsche Instituut 1(1) : 33-43. [Description originale (p. 37-38) ; texte lu (copie de The Cycad Society).]
- De Luca, P., Sabato, S. & Vázquez Torres, M. (1982). Distribution and variation of Dion edule (Zamiaceae). Brittonia 34(3) : 355-362. doi:10.2307/2806710 [Traitement comme variété, lectotypification ; cité d’après The World List of Cycads et González-Astorga et al. (2005).]
- González-Astorga, J., Vovides, A.P., Ferrer, M.M. & Iglesias, C. (2003). Population genetics of Dioon edule Lindl. (Zamiaceae, Cycadales): biogeographical and evolutionary implications. Biological Journal of the Linnean Society 80 : 457-467. doi:10.1046/j.1095-8312.2003.00257.x [Reconnaissance de Dioon angustifolium comme espèce ; texte intégral lu.]
- González-Astorga, J., Vovides, A.P. & Iglesias, C. (2003). Morphological and geographical variation of the cycad Dioon edule Lindl. (Zamiaceae): ecological and evolutionary implications. Botanical Journal of the Linnean Society 141 : 465-470. [Étude morphologique associée ; citée d’après González-Astorga et al. (2003, 2005).]
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