Cycas candida

Cycas candida est un cycas à feuillage vert foncé et à graines blanches de cire, qui pousse sur les pentes granitiques de la région de Rollingstone, au nord de Townsville, dans le Queensland, en Australie. Espèce du genre Cycas, il n’a été reconnu comme espèce distincte qu’en 2001 et décrit en 2004 par K.D. Hill. Au premier coup d’œil, il ressemble à Cycas media, mais ses graines pruineuses blanches, qui lui valent son nom, le rattachent au groupe des cycas bleus du Queensland. Son aire est très réduite, et l’UICN le classe en danger.

L’essentiel sur Cycas candida

  • Nom accepté : Cycas candida K.D.Hill (2004), selon The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : aucun ; des récoltes anciennes de la même région avaient été rapportées à Cycas media
  • Famille : Cycadaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté
  • Répartition naturelle : Australie, Queensland, région de Rollingstone au nord de Townsville, sur quelques kilomètres
  • Statut UICN : en danger (EN, critères B1ab(iii,v)+2ab(iii,v)), évaluation de J.D. Bösenberg (2022), d’après The World List of Cycads
  • CITES : annexe II (inscription de toute la famille) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée ; à cultiver hors gel en France (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : plein soleil ; dans la nature, sols sableux graveleux squelettiques sur pentes raides de blocs de granite
  • Port et dimensions adultes : tronc de 1 à 3 m, à écorce épaisse et liégeuse ; feuilles de 80 à 145 cm
  • Toxicité : non étudiée pour l’espèce ; toutes les parties des Cycas sont toxiques (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas candida ?

Cycas candida se reconnaît à ses feuilles vert foncé modérément carénées, à ses folioles épaisses, elles aussi en carène, aux bords légèrement recourbés, à ses cataphylles mous couverts d’un épais duvet orange, et surtout à ses graines blanches, couvertes d’une pruine cireuse. D’après la description originale (Hill, 2004) :

  • Tronc : de 1 à 3 m, à base peu renflée et à écorce épaisse et liégeuse.
  • Feuilles : vert foncé, semi-brillantes, de 80 à 145 cm, modérément carénées (folioles opposées formant un angle de 90 à 130°), avec 180 à 300 folioles ; duvet orange qui tombe quand la feuille s’étale ; axe terminé en général par une épine de 3 à 30 mm.
  • Pétiole : de 17 à 40 cm, glabre, épineux sur 5 à 90 % de sa longueur ; folioles basses non réduites en épines.
  • Folioles : de 180 à 230 mm, nettement plus pâles dessous, insérées à 55-65°, rétrécies à 3-4 mm à la base, légèrement en carène, à bords un peu recourbés ; nervure médiane plate dessus, saillante et large dessous.
  • Cataphylles : linéaires, mous, couverts de poils ou d’un duvet floconneux, persistants.
  • Cônes mâles : ovoïdes, orange, d’environ 40 cm sur 14 cm.
  • Mégasporophylles : de 22 à 32 cm, à duvet gris ou brun qui tombe ; de 2 à 6 ovules glabres ; limbe lancéolé de 60 à 90 mm sur 24 à 35 mm, régulièrement denté, avec 36 à 44 petites épines latérales de 1 à 3 mm et une épine terminale de 15 à 29 mm.
  • Graines : ovoïdes aplaties, de 36 à 39 mm sur 29 à 33 mm ; enveloppe charnue brun orangé, très pruineuse, de 3 à 5 mm d’épaisseur, sans couche fibreuse ni tissu spongieux.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole n’est documenté dans les sources consultées.

Confusions possibles

Hill (2004) note que Cycas candida ressemble au premier abord à Cycas media, le grand cycas de la côte du Queensland. Ses cataphylles mous et floconneux, ses folioles étroites, en carène, à bords recourbés, et ses ovules et graines blancs l’en distinguent. Ces caractères le rapprochent de Cycas cairnsiana et de son groupe ; à l’intérieur de celui-ci, il forme avec Cycas ophiolitica et Cycas megacarpa un petit ensemble d’espèces aux cataphylles semblables et aux feuilles carénées mais souvent vertes. Cycas cairnsiana se reconnaît immédiatement à ses folioles de 2 à 3 mm, enroulées et bleu clair.

Taxonomie

Cycas candida est accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté (site protégé). K.D. Hill l’a décrit en 2004 dans « Cycas candida (Cycadaceae), a new species from Queensland together with an extension of range and amended description of Cycas yorkiana », Telopea 10(2) : 607-611. Le type a été récolté à Rollingstone le 15 octobre 2001 par Hill, Stanberg et Liu (numéro 5671) ; l’holotype est à Sydney (NSW), des isotypes à Brisbane, Canberra, Canton (IBSC), Kew, New York et Pékin (PE).

Hill rattache l’espèce au groupe de Cycas cairnsiana, qu’il nomme alors « sous-section Cairnsianosae » (Hill, 1998) et qu’il avait décrit en 1996 comme une série de la sous-section Endemicae. Il remarque que Cycas megacarpa, auparavant placé avec Cycas media pour ses feuilles vertes et ses folioles larges et plates, appartient plutôt à ce même ensemble. Aucun changement de nom n’a affecté l’espèce depuis sa description.

Étymologie et histoire

L’épithète candida signifie « blanche » et fait référence aux graines blanches de l’espèce (Hill, 2004 ; Haynes, 2022). Des plantes de Rollingstone avaient été récoltées dès 1981 par J.R. Maconochie, puis en 1996 par Hill sur la route de Paluma, mais leur identité est restée incertaine : la population n’a été reconnue comme espèce distincte qu’en 2001. Hill précise qu’il l’a décrite pour fixer le nom et donner aux autorités de conservation un nom légitime pour l’octroi des permis.

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé, et aucun nom vernaculaire anglais ou aborigène n’a pu être vérifié.

Dans la nature

Cycas candida est connu de la région de Rollingstone, au nord de Townsville, et de quelques kilomètres au nord et au sud. Hill (2004) le dit localement abondant dans des bois clairs herbeux ou des prairies à arbres épars, sur des sols sableux et graveleux squelettiques, sur des pentes raides couvertes de blocs de granite. Une partie importante de la population se trouve dans le parc national de Mount Spec.

Statut de conservation et réglementation

Cycas candida est classé en danger (EN, critères B1ab(iii,v)+2ab(iii,v)) d’après l’évaluation de J.D. Bösenberg (2022) citée par The World List of Cycads. Ces critères traduisent une aire de répartition et une surface occupée très réduites, avec un déclin de la qualité de l’habitat et du nombre d’adultes. Hill (2004) soulignait déjà que l’aire était petite et que des feux trop fréquents pouvaient perturber la reproduction, même dans la partie protégée par le parc national. L’ancienne évaluation de 1994 le classait « à faible risque, dépendant de mesures de conservation » (LR/cd).

Comme toutes les espèces de la famille des Cycadaceae, Cycas candida est inscrit à l’annexe II de la CITES. Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, présente cette inscription au niveau de la famille, avec l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen et les plantules ou cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles sont exemptés, mais les plantes vivantes restent soumises aux permis. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission du 22 juin 2026. Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’a été trouvée. Species+ a été consulté le 3 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat, import ou vente, et demandez la preuve que la plante est issue de culture. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels.

Culture

Aucune donnée publiée sur la culture de Cycas candida n’a été trouvée. Les rares témoignages de cultivateurs portent sur des semis. Un cultivateur de Belley (Ain) et de Montpellier (Hérault) signale en 2011 sur le forum des Fous de palmiers avoir commandé des graines, rarement proposées à la vente, sans donner de résultat. Un cultivateur de Ravenne (Italie) indique en 2015 sur le forum Tropicamente qu’il ne lui reste que trois plantes de son semis, en ajoutant que « les cycas australiens sont difficiles ». Par analogie avec les autres espèces de son groupe et avec son habitat granitique, un substrat très drainant, le plein soleil et un hiver au sec sont recommandables ; ce n’est pas documenté pour l’espèce.

Multiplication

La multiplication se fait par semis. Aucune donnée publiée sur la germination propre à l’espèce n’a été trouvée.

Maladies et ravageurs

Aucune donnée propre à l’espèce n’a été trouvée. Comme tous les Cycas, elle est exposée à la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, et à la pourriture des racines en substrat détrempé.

Rusticité

En France

Aucun retour de culture en France n’a été trouvé, et aucune température supportée n’est documentée. Aucune zone française ne peut être conseillée pour la pleine terre : la culture se fait en pot, hors gel.

Repères internationaux

Aucune valeur de résistance au froid n’a été publiée, et aucun retour daté de culture en extérieur n’a été trouvé, en Italie comme ailleurs.

Toxicité et précautions

Aucune donnée de toxicité propre à Cycas candida n’a été trouvée, mais le risque est documenté pour le genre : chez les Cycas, toutes les parties de la plante sont toxiques, et les graines le sont le plus. Le principal composé en cause est la cycasine (Université d’État de Caroline du Nord ; ASPCA), que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux ; les Cycas contiennent aussi un acide aminé neurotoxique, la BMAA. Chez le chien, le chat et le cheval, l’ASPCA signale des vomissements, des diarrhées parfois sanglantes, une jaunisse et des lésions du foie pouvant être mortelles.

Portez des gants pour manipuler les graines et leur enveloppe charnue, ramassez celles qui tombent et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre à Cycas candida n’a été trouvé dans les sources consultées.

Questions fréquentes

Pourquoi « candida » ?

Parce que ses graines sont blanches. L’épithète signifie « blanche » et fait référence à la pruine cireuse qui couvre les graines.

Cycas candida est-il un cycas bleu ?

Pas vraiment. Son feuillage est vert foncé ; seuls ses ovules et ses graines sont blancs de cire, ce qui le rattache pourtant au groupe des cycas bleus du Queensland.

Comment le distinguer de Cycas media ?

Par ses cataphylles mous et floconneux, ses folioles plus étroites, en carène et à bords recourbés, et ses graines blanches et pruineuses.

Est-il menacé ?

Oui. Il est classé en danger par l’UICN (évaluation de 2022), car il n’occupe qu’une très petite région autour de Rollingstone.

Est-il rustique ?

On ne sait pas. Aucune donnée n’existe ; en France, il se cultive en pot, hors gel.

Est-il toxique ?

Oui, très probablement. Il n’a pas été étudié, mais toutes les parties des Cycas sont toxiques, surtout les graines.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Hill, K.D. (2004). Cycas candida (Cycadaceae), a new species from Queensland together with an extension of range and amended description of Cycas yorkiana. Telopea 10(2) : 607-611. [Protologue : description, affinités, répartition, habitat, conservation ; texte intégral lu (archive.org).]
  • Hill, K.D. (1996). A taxonomic revision of the genus Cycas (Cycadaceae) in Australia. Telopea 7(1) : 1-64. doi:10.7751/telopea19963040 [Séries de la sous-section Endemicae ; révision des espèces australiennes, séries, anatomie foliaire, répartition ; texte intégral lu.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie de l’épithète ; citée par The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence : nom accepté, protologue, type, répartition, synonymes, statut UICN ; consultée directement.]