Zamia paucifoliolata est une cycadale de la côte pacifique de Colombie, connue seulement de deux localités de la municipalité de Buenaventura (Valle del Cauca), dans des forêts parmi les plus pluvieuses du monde. Décrite en 2018, cette espèce du genre Zamia a une tige souterraine qui ne porte le plus souvent qu’une grande feuille, avec très peu de folioles, d’où son nom. Elle n’a pas encore été évaluée par l’UICN ; ses auteurs proposent de la classer en danger.
L’essentiel sur Zamia paucifoliolata
- Nom accepté : Zamia paucifoliolata Calonje (2018), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : aucun
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom attesté, en français ou dans une autre langue
- Répartition naturelle : Colombie, Valle del Cauca (municipalité de Buenaventura), basses terres côtières, 15 à 50 m pour le type
- Statut UICN : non évalué (NE) ; en danger (EN) proposé par les auteurs en 2018
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (inscription du genre ; graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : sous-bois de forêt pluviale, pentes et bords de ruisseaux ; argiles acides pauvres
- Port et dimensions adultes : tige souterraine de 8 à 21 cm ; une feuille, rarement deux, de 20 à 285 cm, portant 2 à 18 folioles
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Zamia paucifoliolata
Zamia paucifoliolata se reconnaît à sa feuille souvent unique, qui peut dépasser 2,8 m, ne portant que 10 à 18 très larges folioles chez l’adulte. Le protologue de Michael Calonje, Cristina López-Gallego et Jonatan Castro (2018) le décrit ainsi :
- Tige : souterraine, non ramifiée, globuleuse à cylindrique, de 8 à 21 cm de long.
- Feuilles : en général solitaires, rarement par deux, dressées, de 20 à 285 cm ; pétiole jusqu’à 176 cm, moyennement à densément couvert d’aiguillons robustes, parfois ramifiés, jusqu’à 5 mm.
- Folioles : 2 à 18 (10 à 18 chez l’adulte, 11,6 en moyenne sur 135 feuilles mesurées), cartacées à coriaces, opposées, espacées jusqu’à 17 cm, lancéolées chez les jeunes plantes puis obovales à pointe brusquement acuminée ; marge entière ; celles du milieu mesurent 28 à 61 cm sur 6 à 11,5 cm.
- Jeunes feuilles : vert clair uni, puis vert foncé.
- Cônes mâles : 4 à 6, coniques-cylindriques, de 6,5 à 6,8 cm sur 1,8 à 2 cm, sur un long pédoncule de 17,5 à 20 cm ; axe couvert de poils blancs ; écailles crème à pointe tachetée de brun rougeâtre, portant des sacs polliniques sur les deux faces.
- Cônes femelles : solitaires, cylindriques, de 10 à 13 cm sur 5 à 6 cm, brun rougeâtre puis noirs à maturité, sur un pédoncule de 20 à 29 cm ; seulement 6 rangées de 3 à 5 écailles, fortement saillantes.
- Graines : ovoïdes, à enveloppe charnue rouge, de 20 à 24 mm ; coque de 18 à 22 mm, les plus grandes de son groupe.
Hybrides
Aucun hybride n’est connu. Des pieds isolés de Zamia chigua et de Zamia roezlii poussent parmi Zamia paucifoliolata sans trace d’hybridation, selon le protologue.
Confusions possibles
Zamia paucifoliolata appartient à un petit groupe d’espèces à tige souterraine non ramifiée, à feuille souvent solitaire, à axes de cônes velus et à sacs polliniques sur les deux faces des écailles mâles. La clé de 2018 le sépare de ses voisins :
- Zamia pyrophylla, du Chocó : jeunes feuilles mêlant orange, jaune et rouge ; 4 à 32 folioles plus étroites (4 à 7,1 cm) ; écailles mâles à pointe brun uni ; graines plus petites (coque de 10 à 15,6 mm selon le tableau des auteurs, « moins de 12 mm » selon leur clé) ;
- Zamia ipetiensis et Zamia cunaria, de l’est du Panama : folioles finement denticulées au bout et écailles femelles plates ou à peine saillantes.
- Parmi les Zamia à grandes folioles nervurées, seuls Zamia wallisii (11 folioles au plus), Zamia dressleri (14 au plus) et Zamia imperialis (18 au plus) en portent aussi peu ; ils n’appartiennent pas au même groupe.
Taxonomie
Zamia paucifoliolata est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. Il a été publié le 27 décembre 2018 dans Phytotaxa (volume 385, pages 85 à 93). The World List of Cycads attribue le nom au seul Michael Calonje, alors que l’article est signé avec Cristina López-Gallego et Jonatan Castro, de l’université d’Antioquia.
L’histoire commence en 2009, quand Michael Calonje remarque à l’herbier de l’université du Valle (CUVC, Cali) un cône femelle récolté en 2002 près de Buenaventura, sans feuille, au pédoncule extrêmement long et aux graines bien plus grosses que celles de Zamia pyrophylla, l’espèce la plus proche. Des expéditions récentes ont permis de trouver les plantes et de décrire l’espèce. Dans le même article, les auteurs traitent Zamia cunaria et Zamia ipetiensis comme une seule entité, faute de caractère pour les séparer ; The World List of Cycads garde toutefois les deux noms.
Étymologie et histoire
L’épithète paucifoliolata vient du latin pauci-, « peu », et foliolata, « à folioles » : elle renvoie au petit nombre de folioles, l’un des plus faibles du genre.
Le type a été récolté le 25 juin 2018 dans la municipalité de Buenaventura (Valle del Cauca), entre 15 et 50 m, par Jonatan Castro et ses collègues (n° 1289). L’holotype est conservé à l’herbier de l’université d’Antioquia (HUA), avec des isotypes dans cinq autres herbiers colombiens. La plus grande feuille observée mesurait 285 cm et portait 18 folioles.
Noms communs
Aucun nom commun n’est attesté pour cette espèce, en français comme en espagnol.
Dans la nature
Zamia paucifoliolata n’est connu que de deux localités distantes d’environ 5 km, dans la municipalité de Buenaventura, sur la côte pacifique colombienne. Il pousse dans des forêts côtières de transition entre forêt tropicale humide et forêt pluviale, aux arbres de petit diamètre, sur des argiles grises et jaunes et des alluvions grossières acides, très riches en aluminium et très pauvres en nutriments. Les plantes forment des taches denses dans le sous-bois, sur des pentes assez raides et près de petits ruisseaux.
Le climat est l’un des plus humides de la planète : 7 000 à 7 700 mm de pluie par an, les mois les plus pluvieux étant octobre et novembre, les plus secs février et mars ; la température va de 24 à 28 °C, pour une moyenne de 25,8 à 26 °C. La péninsule entre les baies de Buenaventura et de Málaga, d’environ 400 km², abrite cinq espèces de Zamia (Zamia amplifolia, Zamia chigua, Zamia obliqua, Zamia paucifoliolata et Zamia roezlii), peut-être la plus forte concentration du genre au monde.
Les populations semblent viables, avec plus de juvéniles que d’adultes. Des cônes femelles aux graines mûres ont été vus en février et en mai, des cônes mâles seulement fin août. Ni pollinisateur ni disperseur ne sont connus ; les chenilles d’Eumaeus n’ont pas été vues, mais des mines de larves ont été observées dans les feuilles. Une parcelle permanente a été installée pour suivre une population.
Statut de conservation et réglementation
Zamia paucifoliolata n’a pas encore été évalué par l’UICN (NE dans The World List of Cycads). Ses auteurs recommandent de le classer en danger (EN), selon les critères B1ab(i-v)+2ab(i-v) : aire totale connue de 3 km², surface occupée de 0,5 km², environ 300 adultes. Une localité se trouve dans une réserve naturelle privée ; l’autre jouxte une station balnéaire en plein développement, où la construction et les coupes sélectives menacent l’habitat. L’espèce doit être intégrée au plan d’action national colombien pour la conservation des zamias.
Comme tous les Zamia à l’exception de Zamia restrepoi, Zamia paucifoliolata relève de l’annexe II de la CITES, où le genre figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur au 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+ ne nomme pas encore l’espèce, mais l’inscription vise le genre entier (« Zamia spp. ») et la couvre donc (consultation du 3 octobre 2026).
Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Aucune recommandation de culture propre à Zamia paucifoliolata n’a été publiée, et aucune plante cultivée n’est citée. Son habitat indique une plante de sous-bois tropical constamment chaud et détrempé, sur sol acide et pauvre ; aucun essai n’a été publié.
Multiplication
La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. Les plantules ont une première feuille à deux à quatre folioles, mais aucune donnée de germination n’a été publiée. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 ; il faut s’assurer qu’elles viennent de plantes cultivées.
Maladies et ravageurs
Des mines de larves ont été observées dans les feuilles en milieu naturel. Aucune maladie n’est documentée.
Rusticité
Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Zamia paucifoliolata. La température de son aire ne descend pas sous 24 °C environ : rien ne permet de supposer qu’il supporte le gel, ni même une fraîcheur prolongée.
En France
Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Zamia paucifoliolata, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun retour de culture pour cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne. La plante relève de la serre chaude et humide.
Repères internationaux
Aucun relevé de froid ni retour de culture n’a été trouvé hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Zamia paucifoliolata n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté chez les cycadales : leurs tissus, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine et de la macrozamine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. Dans le genre Zamia, l’ASPCA classe Zamia furfuracea parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage n’est documenté pour cette espèce.
FAQ
Où pousse Zamia paucifoliolata ?
Uniquement dans la municipalité de Buenaventura (Valle del Cauca, Colombie), dans deux localités de forêt pluviale côtière à environ 5 km l’une de l’autre.
Pourquoi ce nom ?
Parce que ses feuilles portent très peu de folioles : 10 à 18 chez l’adulte, souvent 10, ce qui est l’un des nombres les plus faibles du genre.
Comment le distinguer de Zamia pyrophylla ?
À ses jeunes feuilles vert clair (orange, jaune et rouge chez Zamia pyrophylla), à ses folioles moins nombreuses et plus larges (6 à 11,5 cm) et à ses graines plus grosses (plus de 18 mm).
Est-il menacé ?
Il n’a pas été évalué par l’UICN. Ses auteurs le jugent en danger : environ 300 adultes sur 0,5 km², dont une localité voisine d’une station balnéaire en expansion.
Est-il rustique ?
Non, selon toute vraisemblance. Aucune donnée de froid n’existe ; il vit sous 24 à 28 °C et plus de 7 000 mm de pluie par an.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais les cycadales étudiées contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Zamia paucifoliolata : https://cycadlist.org/scientific_name/830 — auteurs, protologue, type, répartition, statut UICN (non évalué), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 3 octobre 2026.
- Phytotaxa, Zamia paucifoliolata, a new species of Zamia (Zamiaceae, Cycadales) from Valle del Cauca, Colombia (2018) : https://doi.org/10.11646/phytotaxa.385.2.4 — description, type, habitat, sols, climat, écologie, statut proposé, tableau comparatif et clé. Article à comité de lecture (CC BY) ; texte intégral consulté.
- Species+ (PNUE-WCMC), Zamia : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/13387/legal — annexe II de la CITES pour tout le genre depuis le 4 février 1977, annotation #4, annexe B de l’Union européenne. Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée le 3 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
Bibliographie
- Calonje, M., López-Gallego, C. & Castro, J. (2018). Zamia paucifoliolata, a new species of Zamia (Zamiaceae, Cycadales) from Valle del Cauca, Colombia. Phytotaxa 385(2) : 85-93. doi:10.11646/phytotaxa.385.2.4 [Protologue ; texte intégral consulté.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]