Encephalartos friderici-guilielmi est une cycadale à gros tronc laineux d’Afrique du Sud, qui pousse sur les montagnes et les pentes rocheuses de l’intérieur du Cap-Oriental, autour de Queenstown et de Cathcart, jusqu’aux environs de Kokstad. Cette espèce du genre Encephalartos, décrite en 1834 par Johann Georg Christian Lehmann, porte des feuilles raides gris-bleu aux folioles étroites et serrées, une couronne couverte de laine brune et de nombreux cônes laineux. Pendant une grande partie du XXᵉ siècle, elle a été confondue avec Encephalartos cycadifolius, sous le nom duquel on la trouve encore dans des ouvrages anciens. Son habitat, sec en hiver, connaît le gel et parfois la neige ; en France, plusieurs cultivateurs la jugent parmi les plus rustiques du genre, à condition d’un drainage parfait. Elle est classée quasi menacée par l’UICN.
L’essentiel sur Encephalartos friderici-guilielmi
- Nom accepté : Encephalartos friderici-guilielmi Lehm. (1834), nom accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+
- Anciens noms et synonymes : Encephalartos cycadifolius var. friderici-guilielmi (Lehm.) Regel (1874), Encephalartos acanthus Mast. (1878) ; longtemps appelée à tort Encephalartos cycadifolius
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais « white-haired cycad » (PlantZAfrica, Species+)
- Répartition naturelle : Afrique du Sud, intérieur du Cap-Oriental (districts de Queenstown et de Cathcart, Transkei), jusqu’aux environs de Kokstad (KwaZulu-Natal)
- Statut UICN : quasi menacé (NT, critères A2ac+4ac), évaluation de J.D. Bösenberg datée de mai 2020, publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : en France, jeunes plantes en pleine terre sans dégâts à −8 °C (pays nantais), −9,5 °C et −10 °C (février 2012, pays nantais et Béarn) ; pertes par excès d’humidité ou après de longues gelées ; morte à −13/−16 °C en Caroline du Nord pendant l’hiver 2013-2014 (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : plein soleil, sol très drainant, peu d’eau (PlantZAfrica)
- Port et dimensions adultes : tronc de 35 à 60 cm de diamètre, rarement jusqu’à 4 m, finissant par se coucher ; jusqu’à six troncs ; feuilles de 1 à 1,5 m
- Toxicité : graines et tissus à considérer comme toxiques, comme chez les autres Encephalartos (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Encephalartos friderici-guilielmi ?
On le reconnaît à sa couronne ouverte couverte de laine brune, à ses troncs massifs et à ses feuilles raides, aux folioles étroites, entières et très serrées, souvent bleutées ou argentées dans leur jeunesse. Dyer (1965) en donne la description suivante, que complète PlantZAfrica :
- Tronc : simple ou ramifié à la base (jusqu’à six troncs chez les vieux sujets, qui drageonnent volontiers), robuste, de 35 à 60 cm de diamètre, rarement jusqu’à 4 m de haut, finissant par pencher puis se coucher, la couronne se redressant ;
- Feuilles : de 1 à 1,5 m (Dyer : 1 à 1,2 m), assez raides, droites ou arquées, s’étalant plus bas que la couronne quand la plante porte des cônes ;
- Folioles : bleutées ou argentées dans leur jeunesse, jaunissant avec l’âge, serrées et se chevauchant dans la moitié supérieure de la feuille ; les médianes de 10 à 17 cm de long et d’environ 7 mm de large, avec sept à neuf nervures saillantes en dessous, sans dents, terminées par une pointe ;
- Cônes : trois à plusieurs ensemble, jusqu’à dix sur les gros pieds mâles (douze selon PlantZAfrica, et jusqu’à six cônes femelles), couverts d’une laine gris-jaune à brunâtre ; cônes mâles de 20 à 30 cm sur 6 à 7 cm (20 à 40 cm selon PlantZAfrica) ; cônes femelles en forme de tonneau, de 25 à 30 cm sur 15 à 17 cm, qui restent plus de six mois sur la plante avant de se désagréger ;
- Graines : jaune pâle à jaune orangé, d’environ 3 cm sur 2 cm.
PlantZAfrica note que c’est l’espèce du genre qui porte le plus grand nombre de cônes. La description originale de Lehmann (1834) insiste déjà sur la laine couleur de blé qui couvre le tronc, la base des feuilles et les cônes, et sur les cent à cent vingt paires de folioles, velues en dessous dans leur jeunesse.

Hybrides
Aucun hybride naturel d’Encephalartos friderici-guilielmi n’est décrit. Dyer (1965) signale qu’aux altitudes les plus basses, près du confluent des rivières White Kei et Black Kei, Galpin l’avait trouvé avec Encephalartos princeps, et cite Chamberlain (1919), qui insistait sur sa forte variation selon les localités et sur le risque de la confondre avec une espèce voisine poussant parfois avec elle. En culture, comme chez les autres Encephalartos, des croisements sont possibles quand plusieurs espèces conent ensemble : une plante issue de graines de collection n’est pas forcément pure.
Confusions possibles
La confusion historique est celle avec Encephalartos cycadifolius, espèce plus petite des montagnes de Bedford et de Cradock, plus à l’ouest. Selon Dyer (1965), Encephalartos cycadifolius a un tronc presque sans laine au sommet, des folioles médianes plus courtes (9 à 13 cm) et plus étroites (4 à 5 mm), à cinq ou six nervures et à marge un peu enroulée, et ne porte qu’un ou deux cônes par tronc, contre trois à dix chez Encephalartos friderici-guilielmi.
Encephalartos ghellinckii, du Drakensberg, appartient au même groupe d’espèces à cônes laineux, mais ses folioles très étroites (2 à 4 mm) ont les marges nettement enroulées. Encephalartos lanatus, décrit dans la flore du Transvaal, a lui aussi des folioles fines et des cônes laineux, mais vit beaucoup plus au nord. En jardin, des débutants comparent parfois Encephalartos friderici-guilielmi au Cycas revoluta : le second porte ses graines en grappe lâche et non en cônes compacts et laineux, comme le rappelle Dyer (1965) à propos d’Encephalartos ghellinckii.
Taxonomie
Encephalartos friderici-guilielmi est un nom accepté par The World List of Cycads, GBIF et Species+. Lehmann l’a publié le 15 mars 1834 dans l’Allgemeine Gartenzeitung (volume 2, n° 11, p. 84), puis dans le sixième fascicule de ses Novarum et minus cognitarum stirpium pugillus (p. 8, planches 1 à 3), où il créait le genre Encephalartos ; le type est désigné par The World List of Cycads comme un lectotype probable constitué par ces planches. Selon PlantZAfrica, la description reposait sur du matériel récolté par Ecklon et Zeyher.
Le nom a ensuite été éclipsé. Regel en a fait en 1874 une variété d’Encephalartos cycadifolius, et Masters a décrit en 1878 un Encephalartos acanthus aujourd’hui en synonymie (The World List of Cycads). Pendant un demi-siècle, les plantes de Queenstown et de Cathcart ont été appelées Encephalartos cycadifolius, par exemple dans la Flora Capensis de 1933. En 1965, R. Allen Dyer a rétabli le nom Encephalartos friderici-guilielmi pour ces populations (Journal of South African Botany 31 : 116) ; par contrecoup, le nom Encephalartos eximius, créé entre-temps pour les vrais Encephalartos cycadifolius, est devenu superflu. Une note de typification de P.J. Vorster (2004, Bothalia 34) est citée par The World List of Cycads.
Étymologie et histoire
L’épithète rend hommage à Frédéric-Guillaume III (1770-1840), roi de Prusse et protecteur des sciences, dont la serre à palmiers de l’île aux Paons, près de Potsdam, n’avait pas d’égale à l’époque (Haynes, 2022, via The World List of Cycads). Lehmann l’écrit lui-même : jugeant l’espèce la plus belle de toutes les cycadales, il voulait l’orner du nom du souverain qui avait bâti « pour les palmiers la plus belle des demeures » sur l’île aux Paons.
Lehmann (1834) raconte que les troncs importés en Europe avaient perdu presque toute leur laine dans un incendie qui avait parcouru, quelques années plus tôt, les fourrés où on les avait déterrés. Il donne les mesures relevées par Ecklon et Zeyher : des troncs de quatre à cinq pieds, d’un pied à un pied et quart de diamètre, portant chaque année vingt à vingt-cinq feuilles. Un siècle plus tard, la confusion avec Encephalartos cycadifolius a obscurci l’histoire de l’espèce jusqu’à la révision de Dyer (1965), qui la jugeait aussi plus robuste et plus facile à cultiver qu’Encephalartos cycadifolius.
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté pour Encephalartos friderici-guilielmi. PlantZAfrica et Species+ donnent le nom anglais « white-haired cycad », qui évoque la laine claire de la couronne et des cônes. Aucun nom xhosa ou afrikaans propre à l’espèce n’est attesté dans une source vérifiable.
Dans la nature
Encephalartos friderici-guilielmi pousse en grand nombre sur les montagnes et les pentes rocheuses des districts de Queenstown et de Cathcart, dans l’intérieur du Cap-Oriental, et s’étend par places vers l’est jusqu’aux environs de Kokstad (Dyer, 1965 ; PlantZAfrica). Dyer juge « presque certainement erronées » les mentions plus occidentales de la littérature ; il figure aussi des plantes près de Tsolo, dans l’ancien Transkei. The World List of Cycads indique le Cap-Oriental et le KwaZulu-Natal.
L’espèce vit dans la prairie et parmi d’autres végétaux bas, sous un climat très chaud l’été et très froid l’hiver, avec du gel et de la neige ; les pluies, estivales, vont de 375 à 500 mm par an (PlantZAfrica). Le feu parcourt régulièrement ces prairies : les plantes adultes résistent à un fort roussissement et seuls les pétioles brûlent, mais les jeunes plantes non abritées par les rochers sont vulnérables ; les adultes poussent d’ailleurs surtout parmi les rochers, qui les ont protégées dans leur jeunesse. Comme chez les autres cycadales, la pollinisation fait intervenir le vent et les insectes (PlantZAfrica).
Statut de conservation et réglementation
Encephalartos friderici-guilielmi est classé quasi menacé (NT) sur la Liste rouge de l’UICN, selon les critères A2ac+4ac, qui portent sur une réduction passée et en cours de la population. L’évaluation, due à J.D. Bösenberg, est datée du 26 mai 2020 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads, GBIF, Crossref) ; la Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée directement.
Le plan d’action de l’UICN pour les cycadales (Donaldson, 2003) le classait déjà quasi menacé, avec 5 000 à 10 000 plantes, un déclin faible, la surcollecte comme menace principale et une faible réduction de l’habitat ; il cite la population de Tsolo, dans le Cap-Oriental, comme exemple de déclin important dû au prélèvement d’écorce pour la médecine traditionnelle.
Comme toutes les espèces du genre, il est inscrit à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages (liste en vigueur : règlement (UE) 2026/1383), selon Species+. Pour les plantes reproduites artificiellement provenant d’Afrique du Sud, l’Union européenne a émis un avis favorable en vigueur depuis le 20 juin 2011, limité aux plantes dont le caudex ne dépasse pas 15 cm de diamètre ; une nouvelle consultation sur l’ensemble du genre est ouverte depuis le 16 septembre 2026. En France, une plante proposée à la vente doit être issue de culture et accompagnée des documents CITES et européens exigés. Bases consultées le 20 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat.
Culture
Encephalartos friderici-guilielmi demande le plein soleil et un excellent drainage ; il ne réussit pas à l’ombre et convient bien à une rocaille entourée de succulentes basses (PlantZAfrica). C’est une espèce économe en eau, qui n’a pas besoin de gros arrosages ; les arrosages sous forte pression abîment feuilles et troncs. PlantZAfrica conseille un apport de compost bien mûr à l’automne et, au début du printemps, deux poignées d’un mélange de farine d’os, d’engrais organique et d’engrais minéral équilibré par plante. Elle souligne que l’espèce s’adapte bien : elle prospère même à Kirstenbosch, au Cap, dans une région sans gel et très arrosée. Dyer (1965) la jugeait plus robuste et plus facile à cultiver qu’Encephalartos cycadifolius.
Sa croissance est lente, mais variable : un cultivateur de Ravenne indique sur le forum italien Tropicamente que sa plante en pot produisait trois à quatre feuilles par an et que son caudex avait presque doublé en trois ans (2008) ; un cultivateur du pays nantais voyait la sienne, en pleine terre depuis 2004, émettre chaque année en mai-juin des feuilles de plus en plus grandes, y compris pendant l’été frais de 2007. Plusieurs membres du forum Fous de palmiers insistent sur le drainage et sur le risque de pourriture des plantes reçues à racines nues ou dans un substrat trop lourd. Dans le Tarn, un cultivateur a constaté en 2012 que le caudex d’une plante mise en terre au soleil avait brûlé, et conseille de l’enterrer légèrement. La photo ci-dessus montre une plante cultivée au jardin botanique de Nice.
Multiplication
Encephalartos friderici-guilielmi se multiplie par graines ou en prélevant des rejets bien formés (PlantZAfrica). Pour obtenir des graines de l’espèce, il faut polliniser à la main le cône femelle avec du pollen d’un mâle de la même espèce. Les graines se sèment au printemps sur sable propre et grossier, avec une chaleur de fond de 25 à 28 °C ; la germination est lente et peut s’étaler sur un an. La radicule sort la première, puis les feuilles ; après une dizaine de mois, les plantules sont repiquées en conteneurs de 3 litres et arrosées avec parcimonie jusqu’aux premiers signes de croissance. Les rejets prélevés mesurent environ 25 cm de diamètre ; on les détache au début du printemps après avoir retiré toutes leurs feuilles, on laisse sécher la plaie, puis on les enracine dans du sable propre avant de les planter (PlantZAfrica). Graines et plantes relèvent de l’annexe I de la CITES.
Maladies et ravageurs
PlantZAfrica cite les cochenilles et cochenilles farineuses, sous les folioles, les chenilles et les charançons, qui détruisent les graines. Une minuscule cécidomyie peut abîmer les jeunes feuilles au moment de leur sortie : elles noircissent. En culture, le risque principal reste la pourriture du tronc et des racines dans un sol trop humide : un cultivateur d’Agen indique sur le forum Fous de palmiers avoir perdu deux plantes en pleine terre « par trop d’humidité » (2011), et un autre en a perdu une en serre maintenue à 4 ou 5 °C.
Rusticité
Encephalartos friderici-guilielmi est réputé parmi les plus rustiques du genre : son habitat connaît le gel et la neige (PlantZAfrica), et les retours datés de France vont dans ce sens, à condition d’un sol sec en hiver. Il n’est pas pour autant invulnérable : de longues gelées et l’humidité ont tué des plantes, et l’espèce n’a pas survécu à l’hiver 2013-2014 en Caroline du Nord. Comme pour tous les Encephalartos, les survies au froid concernent souvent de jeunes plants dont le caudex est encore enterré, protégé par l’inertie thermique du sol, voire par la neige ; la plupart des retours ci-dessous portent sur de petites plantes, et un sujet adulte à tronc aérien n’a pas cette protection.
En France
Dans le vignoble nantais (Vallet, Loire-Atlantique), un cultivateur indique sur le forum Fous de palmiers, en janvier 2007, que sa plante en pleine terre a supporté −8 °C sans protection et sans dégâts ; il la cultive en pleine terre depuis 2004. En février 2012, il relève −9,5 °C sans dégâts, et confirme en octobre 2012 qu’elle n’a gardé aucune séquelle de la vague de froid, la jugeant « plus rustique que Cycas revoluta » chez lui.
En Béarn, un cultivateur rapporte sur le même forum qu’une petite plante (caudex de 4 cm, trois feuilles), en pleine terre sans protection, a passé intacte son premier hiver et le début de l’hiver 2010-2011, avec des pointes de −6 à −7 °C ; en février 2012, elle a encaissé des gelées répétées jusqu’à −10 °C sans dégât apparent, et ne montrait aucune séquelle en octobre 2012.
Sur la Côte Bleue (Bouches-du-Rhône), un cultivateur indique qu’une plante en pleine terre depuis un an était en bonne forme en février 2010, malgré −7 °C sous abri et un hiver long et neigeux. Après la vague de froid de février 2012, près d’une semaine de gel presque continu, la plus grosse de ses plantes, au sec, avait la couronne grillée, tandis que la plus ancienne gardait quelques folioles vertes ; il compare leur comportement à celui de Cycas revoluta. Le même cultivateur précise en novembre 2012 que, dans son ancien jardin de la région parisienne, après plusieurs années en pleine terre, cette vague de froid a tué une petite plante (caudex de 3 à 4 cm) et défolié une grosse (13 à 15 cm), qu’il a remise en pot.
Dans le Tarn, près de Toulouse, un cultivateur indique en août 2026 garder en pleine terre un Encephalartos friderici-guilielmi qui a supporté −9 °C l’hiver précédent. À Agen, en revanche, deux essais en pleine terre se sont soldés par la mort des plantes, attribuée à l’humidité (2011). Aucun retour n’est documenté pour la Bretagne ni pour la montagne.
Repères internationaux
En Caroline du Nord (États-Unis), le Juniper Level Botanic Garden range Encephalartos friderici-guilielmi parmi les cycadales qui n’ont pas survécu en pleine terre, sans protection ni paillage, à l’hiver 2013-2014, avec des minimums de −13 à −16 °C (9 à 4 °F) selon les emplacements (article d’août 2014). En Italie, à Ravenne, un cultivateur rapporte sur le forum Tropicamente que sa plante en pot, un peu abritée de la pluie, n’avait subi aucune brûlure les hivers précédents, avec des minimums de −3 °C (décembre 2008), mais qu’elle a pris neige et givre en décembre 2009, à −7 °C sous une terrasse près d’un mur (−10 °C en plein air) : elle a perdu ses feuilles, son tronc semblait intact en avril 2010, et il confirme en 2013 qu’elle est morte de ce gel.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Encephalartos friderici-guilielmi n’est documentée. Le risque est documenté dans le genre : la toxicité d’Encephalartos horridus a été démontrée dès 1944 (Van der Walt), et les cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Il faut donc considérer cette espèce comme toxique : portez des gants pour manipuler les graines et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Le principal usage documenté est le prélèvement d’écorce sur les troncs pour la médecine et la magie traditionnelles, qui a fait fortement décliner la population de Tsolo, dans le Cap-Oriental (Donaldson, 2003). Lehmann (1834) rapporte, pour l’ensemble des Encephalartos d’Afrique australe, que les habitants faisaient griller la moelle des troncs pour la manger ; aucune source publiée ne décrit cet usage pour cette espèce en particulier.
Questions fréquentes
Encephalartos friderici-guilielmi est-il rustique en France ?
Oui, c’est l’un des Encephalartos les plus rustiques, mais avec des réserves. De jeunes plantes en pleine terre ont supporté −8 à −10 °C sans dégâts dans le pays nantais et en Béarn ; d’autres sont mortes après de longues gelées ou par excès d’humidité. Un sol parfaitement drainé et sec en hiver est indispensable.
Est-il plus rustique que Cycas revoluta ?
Cela dépend des jardins. Un cultivateur du pays nantais le juge plus rustique que Cycas revoluta après la vague de froid de 2012, un autre, sur la Côte Bleue, lui trouve un comportement proche. Aucune comparaison mesurée n’a été publiée.
Comment le distinguer d’Encephalartos cycadifolius ?
Par la couronne et les cônes. Encephalartos friderici-guilielmi a une couronne très laineuse, des folioles plus longues et plus larges, et porte trois à dix cônes par tronc ; Encephalartos cycadifolius a un sommet presque nu et ne porte qu’un ou deux cônes.
Pourquoi ce nom si long ?
Il honore Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, dont la serre à palmiers de Potsdam était la plus belle de son temps. Lehmann lui a dédié en 1834 ce qu’il considérait comme la plus belle des cycadales.
Pousse-t-il vite ?
Lentement, mais régulièrement s’il est au soleil et bien drainé. Des cultivateurs observent une à trois feuilles par an sur de jeunes plantes, parfois davantage en pot bien nourri.
Peut-on le cultiver en pot ?
Oui, PlantZAfrica le recommande comme plante de bac. Le pot permet de le garder au sec en hiver, mais ses racines y sont plus exposées au froid : une plante en pot est morte à Ravenne après le gel de décembre 2009.
Est-il menacé ?
Il est quasi menacé. Ses populations reculent surtout à cause des prélèvements, y compris le prélèvement d’écorce pour la médecine traditionnelle.
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Sites de référence
- The World List of Cycads, Encephalartos friderici-guilielmi : https://cycadlist.org/scientific_name/295 — nom accepté, publication (15 mars 1834), type, synonymes, répartition, étymologie (Haynes 2022), statut UICN et critères, références. Liste de référence des cycadales (version 2026.08.15), fiable ; consultée directement le 20 octobre 2026.
- The World List of Cycads, description originale (PDF) : https://cycadlist.org/storage/proto/Encephalartos_friderici-guilielmi.pdf — Lehmann (1834), Nov. Stirp. Pug. 6 : dédicace, description, laine brûlée des troncs importés. Source primaire (latin) ; passages sur l’espèce lus.
- PlantZAfrica (SANBI), Encephalartos friderici-guilielmi : https://pza.sanbi.org/encephalartos-friderici-guilielmi — nom anglais, description, répartition, habitat, feu, culture, multiplication, ravageurs (J. Winter, Kirstenbosch, août 2006). Institution nationale sud-africaine, fiable ; consultée le 20 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Encephalartos friderici-guilielmi : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/21561/legal — annexe I de la CITES, annexe A de l’UE, avis de l’UE, nom anglais. Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée par son API publique le 20 octobre 2026.
- GBIF, Encephalartos friderici-guilielmi : https://www.gbif.org/species/2683743 — statut du nom et catégorie UICN (NT). Base de référence, fiable ; consultée par son API.
- Crossref, évaluation UICN : https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T41930A51054937.en — auteur et date de l’évaluation (26 mai 2020). Métadonnées officielles ; consultées par l’API.
- Juniper Level Botanic Garden, Winter Hardy Cycads (7 août 2014) : https://www.juniperlevelbotanicgarden.org/winter-hardy-cycads/ — l’espèce parmi les cycadales mortes en pleine terre pendant l’hiver 2013-2014. Jardin botanique, fiable pour le résultat brut ; lu le 20 octobre 2026.
- Forum Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=9568 — fil consacré aux essais de rusticité de l’espèce (2011-2015), et autres messages datés (pays nantais 2007-2012, Béarn 2010-2012, Côte Bleue 2010-2012, Tarn 2012-2026, Agen 2011). Forum de cultivateurs ; messages lus le 20 octobre 2026.
- Forum Tropicamente : https://www.tropicamente.it/forums/topic/piante-che-ce-lhanno-fatta-non-ce-lhanno-fatta/ — plante en pot à Ravenne pendant l’hiver 2009-2010 ; autres messages (Ravenne 2008 et 2013). Forum de cultivateurs ; lu le 20 octobre 2026.
Bibliographie
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- Dyer, R.A. (1965). The cycads of southern Africa. Bothalia 8 : 405-515. [Description, répartition, distinction d’avec Encephalartos cycadifolius et Encephalartos ghellinckii ; lu directement.]
- Dyer, R.A. (1965). [Rétablissement d’Encephalartos friderici-guilielmi]. Journal of South African Botany 31 : 116. [Cité par Dyer (1965, Bothalia) ; non consulté.]
- Kemp, M. (1989). Focus on Encephalartos friderici-guilielmi. Encephalartos 18 : 4-9. [Revue de la Cycad Society of South Africa, réservée aux membres ; non consultée.]
- Donaldson, J.S. (éd.) (2003). Cycads. Status Survey and Conservation Action Plan. IUCN/SSC Cycad Specialist Group, Gland et Cambridge. [Tableau des statuts, prélèvement d’écorce à Tsolo ; lu directement.]
- Vorster, P.J. (2004). Typification of Encephalartos. Bothalia 34(2) : 112-113. [Référence relevée par The World List of Cycads ; non consultée.]
- Van der Walt, S.J. (1944). Recent investigations into the toxicity of plants, etc., in the Union of South Africa. Onderstepoort Journal of Veterinary Science and Animal Industry 20(1). [Toxicité d’Encephalartos horridus ; notice consultée.]
- Bösenberg, J.D. (2022). Encephalartos friderici-guilielmi. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41930A51054937. [Évaluation citée par The World List of Cycads et Crossref ; non consultée directement.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie, via The World List of Cycads.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]