Cycas conferta

Cycas conferta est un cycas au feuillage vert d’eau, aux folioles serrées et chevauchantes, qui forme de petits peuplements isolés sur les granites et les grès de la région de Pine Creek et du parc national de Kakadu, dans le Territoire du Nord, en Australie. Espèce du genre Cycas, il a été décrit en 1993 par Sharon Chirgwin et David Wigston, de l’université du Territoire du Nord ; on le connaissait auparavant chez les horticulteurs sous le nom de Cycas sp. ‘Pine Creek’. Son nom, du latin confertus, « serré », décrit ses folioles tassées sur l’axe de la feuille. The World List of Cycads le classe vulnérable.

L’essentiel sur Cycas conferta

  • Nom accepté : Cycas conferta Chirgwin (1993), selon The World List of Cycads ; Species+ l’écrit Cycas conferta Chirgwin ex Chirgwin & Wigston ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : nom horticole antérieur Cycas sp. ‘Pine Creek’ ; traité comme synonyme de Cycas lane-poolei par de Laubenfels et Adema (1998), opinion non suivie
  • Famille : Cycadaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté
  • Répartition naturelle : Australie, Territoire du Nord, du parc national de Kakadu (Twin Falls, Goodparla) à l’ouest de Pine Creek
  • Statut UICN : vulnérable (VU, critères B1ab(i,ii,iv,v)) selon The World List of Cycads, qui cite l’évaluation de H. Ottley (2010) ; une réévaluation publiée en 2023 n’a pas pu être lue (voir Statut de conservation)
  • CITES : annexe II (inscription de toute la famille) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée ; à cultiver hors gel en France (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, sols sableux sur granite ou grès grossier, affleurements rocheux près des cours d’eau
  • Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 4 m, rarement 7 m, de 9 à 13 cm de diamètre ; feuilles de 60 à 110 cm
  • Toxicité : non étudiée pour l’espèce ; toutes les parties des Cycas sont toxiques (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas conferta ?

Cycas conferta se reconnaît à ses feuilles vert pâle mat, légèrement bleutées, à ses folioles courtes, larges, serrées au point de se chevaucher, de la même couleur sur les deux faces, et à son pétiole long et le plus souvent sans épines. D’après la révision de K.D. Hill (1996), qui complète la description originale :

  • Tronc : jusqu’à 4 m, rarement 7 m, de 9 à 13 cm de diamètre.
  • Feuilles : de 70 à 110 cm, plates ou un peu carénées, avec 160 à 240 folioles, toujours terminées par une épine parfois dentée ; pétiole de 20 à 45 cm, à duvet blanc lâche, en général sans épines.
  • Folioles : de 70 à 120 mm sur 6 à 8 mm, glabres, bleu-vert à la sortie puis vert moyen mat à semi-brillant, presque de la même couleur sur les deux faces, plates, espacées de 5 à 8 mm et souvent chevauchantes ; nervure médiane aussi saillante dessus que dessous ; quelques stomates parfois présents sur la face supérieure.
  • Jeunes pousses : duvet dense blanc et quelques poils orange ; cataphylles de 6 à 9 cm, à duvet orange dense.
  • Cônes mâles : brun orangé, ovoïdes, de 11 à 18 cm sur 8 à 12 cm.
  • Mégasporophylles : de 17 à 22 cm, à duvet gris et orange, portant de 2 à 4 ovules ; extrémité stérile étroitement triangulaire, de 45 à 75 mm, régulièrement dentée.
  • Graines : ovoïdes étroites, vertes puis orange, pruineuses, d’environ 40 mm sur 30 mm.

La description originale de Chirgwin et Wigston (1993) diffère sur plusieurs points : elle décrit un arbuste de 3,5 m au plus, des feuilles « vert d’eau » de 60 à 105 cm, des folioles de 3 à 8,5 mm de large dont la nervure porte un sillon central, une extrémité de mégasporophylle à dents peu développées ou entière, et des ovules en forme de poire, à pointe marquée, brun violacé à maturité. Elle souligne aussi la présence de stomates sur les deux faces des folioles, un caractère rare chez les Cycas du Territoire du Nord. De Laubenfels et Adema (1998) estimaient que cette variabilité pouvait trahir le mélange de plusieurs taxons dans la description de 1993.

Hybrides

Hill (1996) signale des hybrides naturels apparents avec Cycas calcicola. Les populations du mont Bundey et de Hayes Creek sont intermédiaires entre Cycas conferta et Cycas armstrongii, et celles de Goodparla montrent une légère influence de ce dernier. Aucun hybride horticole n’est documenté.

Confusions possibles

La confusion la plus fréquente se fait avec Cycas armstrongii. Selon Hill (1996), celui-ci a des pétioles plus courts, plus souvent épineux, et des folioles brillantes, plus pâles dessous et plus espacées ; il est aussi plus petit. Hill a observé que les pétioles sont entièrement sans épines chez environ 90 % des plantes de Cycas conferta, contre 10 à 15 % chez Cycas armstrongii. Cycas papuana, de l’ouest de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, partage les longs pétioles et les folioles serrées, mais a des cônes mâles plus robustes. Cycas canalis, plus à l’ouest, a des folioles bien plus longues (100 à 205 mm) et non chevauchantes.

Taxonomie

Cycas conferta est accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté (site protégé). L’espèce a été publiée en 1993 par S.K. Chirgwin et D. Wigston dans « A new species of Cycas from the Northern Territory », Journal of the Adelaide Botanic Gardens 15(2) : 147-148, avec Chirgwin pour seule autrice du nom ; Species+ écrit l’autorité « Chirgwin ex Chirgwin & Wigston ». Le type est une plante femelle récoltée par G. Brown le 21 avril 1987 ; l’holotype est à Darwin (DNA 29214), un isotype à Sydney.

K.D. Hill (1996) le classe dans la série Armstrongianosae (section Cycas, sous-section Endemicae), avec Cycas armstrongii, Cycas canalis, Cycas orientis, Cycas lane-poolei et Cycas xipholepis, des espèces à folioles plates, sans couche protectrice sous l’épiderme et à cuticule très fine. De Laubenfels et Adema (1998) l’ont rangé, avec Cycas canalis, en synonymie de Cycas lane-poolei, d’Australie-Occidentale ; The World List of Cycads ne suit pas cette opinion.

Étymologie et histoire

L’épithète vient du latin confertus, « serré, tassé », et désigne les folioles serrées sur l’axe de la feuille (Chirgwin et Wigston, 1993 ; Haynes, 2022). Les auteurs rappellent que la plante était reconnue comme différente par les botanistes locaux plusieurs années avant sa description, qui prolongeait la révision des cycas du Territoire du Nord entreprise par J.R. Maconochie, mort accidentellement avant de l’achever. Avant 1993, elle circulait dans les ouvrages horticoles sous le nom de Cycas sp. ‘Pine Creek’ (de Laubenfels et Adema, 1998 ; PACSOA).

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé, et aucun nom vernaculaire anglais ou aborigène n’a pu être vérifié. Le seul autre nom rencontré est le nom horticole ‘Pine Creek’.

Dans la nature

Cycas conferta est endémique du Territoire du Nord. Selon Hill (1996), il pousse surtout sur des sols sableux sur granite ou grès grossier, en peuplements isolés, petits mais denses, du parc national de Kakadu (près de Twin Falls et de la station de Goodparla) jusqu’à l’ouest de Pine Creek. Chirgwin et Wigston (1993) le décrivent en petits groupes autour des cours d’eau de la région de Pine Creek, isolés des autres Cycas. Une fiche de terrain reprise par la Palm and Cycad Society of Australia (PACSOA) le situe au nord-est de Pine Creek, sur des collines boisées et des affleurements de granite, sous environ 1 000 mm de pluie par an, avec des troncs de 1,25 m en moyenne et jusqu’à 4,30 m, certains ramifiés ou produisant des rejets, et 40 à 60 feuilles par couronne.

Statut de conservation et réglementation

The World List of Cycads affiche pour Cycas conferta la catégorie vulnérable (VU, critères B1ab(i,ii,iv,v)), en citant l’évaluation de H. Ottley pour la Liste rouge de 2010. Une réévaluation signée par N.S. Nagalingum a été publiée dans la version 2023-1 de la Liste rouge ; des sources secondaires attribuent désormais à l’espèce la catégorie quasi menacé (NT), ce qui n’a pas pu être vérifié, le site de l’UICN n’étant pas consultable. Le statut est donc à confirmer.

Les auteurs de l’espèce estimaient en 1993 la population totale à 200 à 300 plantes, menacées par les mines, la construction de routes et les collectionneurs. Hill (1996) décrit des populations petites et localisées, menacées par les collectionneurs, et dont la régénération souffre des feux trop fréquents et, dans une moindre mesure, du ramassage des graines, même si certains peuplements sont protégés dans le parc national de Kakadu.

Comme toutes les espèces de la famille des Cycadaceae, Cycas conferta est inscrit à l’annexe II de la CITES. Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, présente cette inscription au niveau de la famille, avec l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen et les plantules ou cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles sont exemptés, mais les plantes vivantes restent soumises aux permis. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383 de la Commission du 22 juin 2026. Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’a été trouvée. Species+ a été consulté le 3 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat, import ou vente, et demandez la preuve que la plante est issue de culture. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels.

Culture

Aucune donnée publiée sur la culture de Cycas conferta n’a été trouvée. La PACSOA le décrit comme « le rêve d’un horticulteur » pour son feuillage doux et vert d’eau, sans donner de conseil de culture. Un cultivateur de Ravenne (Italie) le cite en 2012 sur le forum Tropicamente parmi les cycas bleus australiens intéressants, tout en craignant qu’ils n’aiment pas l’humidité de sa région. Son habitat suggère une culture en serre chaude ou en véranda, au soleil, en substrat sableux très drainant ; ce n’est pas documenté pour l’espèce.

Multiplication

La multiplication se fait par semis ; certaines plantes de la nature produisent aussi des rejets selon la fiche reprise par la PACSOA. Aucune donnée publiée sur la germination ou le bouturage des rejets n’a été trouvée.

Maladies et ravageurs

Aucune donnée propre à l’espèce n’a été trouvée. Comme tous les Cycas, elle est exposée à la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, et à la pourriture des racines en substrat détrempé.

Rusticité

En France

Aucun retour de culture en France n’a été trouvé, et aucune température supportée n’est documentée. Sur le forum des Fous de palmiers, l’espèce n’apparaît qu’en photo, dans un compte rendu de visite du jardin botanique de Darwin. Aucune zone française ne peut être conseillée pour la pleine terre : la culture se fait en pot, hors gel.

Repères internationaux

Aucune valeur de résistance au froid n’a été publiée, et aucun retour daté de culture en extérieur n’a été trouvé.

Toxicité et précautions

Aucune donnée de toxicité propre à Cycas conferta n’a été trouvée, mais le risque est documenté pour le genre : chez les Cycas, toutes les parties de la plante sont toxiques, et les graines le sont le plus. Le principal composé en cause est la cycasine (Université d’État de Caroline du Nord ; ASPCA). Chez le chien, le chat et le cheval, l’ASPCA signale des vomissements, des diarrhées parfois sanglantes, une jaunisse et des lésions du foie pouvant être mortelles.

Portez des gants pour manipuler les graines et leur enveloppe charnue, ramassez celles qui tombent et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre à Cycas conferta n’a été trouvé dans les sources consultées.

Questions fréquentes

Que signifie « conferta » ?

Le mot vient du latin confertus, « serré » : il décrit les folioles tassées, qui se chevauchent sur l’axe de la feuille.

Comment distinguer Cycas conferta de Cycas armstrongii ?

Surtout par le pétiole et les folioles. Cycas conferta a un long pétiole presque toujours sans épines et des folioles serrées, mates, de même couleur sur les deux faces ; Cycas armstrongii a un pétiole plus court et souvent épineux, et des folioles brillantes et espacées.

Où le voir dans la nature ?

Dans le Territoire du Nord, en Australie, autour de Pine Creek et dans le parc national de Kakadu, où certains peuplements sont protégés.

Est-il menacé ?

Oui, au moins modérément. The World List of Cycads le classe vulnérable ; une réévaluation de 2023 l’aurait reclassé quasi menacé, ce qui reste à vérifier.

Est-il rustique ?

On ne sait pas. Aucune donnée n’existe ; c’est une espèce tropicale, à cultiver hors gel en France.

Est-il toxique ?

Oui, très probablement. Il n’a pas été étudié, mais toutes les parties des Cycas sont toxiques, surtout les graines.

À lire aussi sur Succulentes

Sites de référence

  • The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas conferta : https://cycadlist.org/scientific_name/111 — auteur, protologue (J. Adelaide Bot. Gard. 15(2) : 147), type (G. Brown, 1987 ; HT DNA), répartition, statut UICN VU (Ottley, 2010), étymologie, synonymie de de Laubenfels et Adema. Liste de référence des cycadales, éditée pour le Montgomery Botanical Center, fiable ; consultée directement le 3 octobre 2026.
  • Species+ (UNEP-WCMC), Cycas conferta : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/24753/legal — annexe II de la CITES (inscription de la famille Cycadaceae, annotation #4) et annexe B de l’Union européenne (règlement (UE) 2026/1383). Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée directement le 3 octobre 2026.
  • Palm and Cycad Society of Australia (PACSOA), Cycas conferta : https://pacsoa.org.au/wiki/index.php?title=Cycas_conferta — nom ‘Pine Creek’, fiche de terrain (hauteurs, ramification, nombre de feuilles, pluviométrie). Société spécialisée ; données de terrain non datées, de seconde main.
  • Forum Tropicamente, fil « Cycas cairnsiana » : https://www.tropicamente.it/forums/topic/cycas-cairnsiana-2/ — mention de l’espèce parmi les cycas bleus australiens (2012). Forum de cultivateurs ; avis sans retour de culture.
  • ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité des cycadales pour les chiens, les chats et les chevaux. Centre antipoison vétérinaire, fiable ; donnée de niveau genre.
  • NC State Extension Plant Toolbox, Cycas revoluta : https://plants.ces.ncsu.edu/plants/cycas-revoluta/ — cycasine présente dans toutes les parties de la plante. Service de vulgarisation universitaire, fiable ; donnée de niveau genre.

Bibliographie

  • Chirgwin, S.K. & Wigston, D. (1993). A new species of Cycas from the Northern Territory. Journal of the Adelaide Botanic Gardens 15(2) : 147-148. [Protologue : description, répartition, effectif, conservation ; texte intégral lu (archive.org).]
  • Hill, K.D. (1996). A taxonomic revision of the genus Cycas (Cycadaceae) in Australia. Telopea 7(1) : 1-64. doi:10.7751/telopea19963040 [Description amendée, répartition, hybrides et intermédiaires, conservation ; révision des espèces australiennes, séries, anatomie foliaire, répartition ; texte intégral lu.]
  • de Laubenfels, D.J. & Adema, F. (1998). A taxonomic revision of the genera Cycas and Epicycas gen. nov. (Cycadaceae). Blumea 43(2) : 351-400. [Mise en synonymie avec Cycas lane-poolei, page 365 ; révision à concept large des espèces ; texte intégral lu (archive.org).]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie de l’épithète ; citée par The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence : nom accepté, protologue, type, répartition, synonymes, statut UICN ; consultée directement.]