Zamia elegantissima est une cycadale arborescente du centre du Panama, connue sur le versant caraïbe, dans la province de Colón et le territoire guna de Kuna Yala, où elle pousse dans les forêts pluviales de basse altitude. Cette espèce du genre Zamia forme un tronc pouvant atteindre 3 m et porte de nombreuses feuilles dressées, vert vif et luisantes, plus de 30 chez les grands sujets cultivés, d’où son nom, « la plus élégante ». Longtemps confondue avec Zamia fairchildiana, du Costa Rica et de l’ouest du Panama, elle a été décrite par Bart Schutzman, Andrew Vovides et Russell Adams en 1998, mais son nom n’est valide que depuis 2003. L’UICN la classe en danger d’extinction.
L’essentiel sur Zamia elegantissima
- Nom accepté : Zamia elegantissima Schutzman, Vovides & R.S.Adams (2003), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; avant 1998, ces plantes étaient rapportées à Zamia fairchildiana ; Robert Dressler les appelait de façon informelle « Zamia pseudo-pseudoparasitica »
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom attesté, ni en français ni dans une autre langue
- Répartition naturelle : Panama, versant caraïbe : provinces de Colón et de Kuna Yala ; forêts de basse altitude
- Statut UICN : en danger (EN, 2022), critères B1ab(iii,v)
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (inscription de la famille des Zamiaceae, graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; quota d’exportation nul fixé par le Panama pour les spécimens prélevés dans la nature
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, forêt pluviale de plaine primaire et milieux secondaires ou perturbés ; les plantes forment plus souvent des cônes au bord des ruisseaux, plus éclairés, qu’en sous-bois
- Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 3 m, base de plus de 8 cm et jusqu’à 21 cm de diamètre ; feuilles nombreuses, dressées, jusqu’à 170 cm
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Zamia elegantissima
Un tronc épais, de nombreuses feuilles dressées et luisantes, et des folioles planes, dentées dans leur moitié supérieure, la caractérisent. Les données qui suivent viennent de la description originale (Schutzman, Vovides et Adams, 1998) et de la comparaison publiée par Taylor Blake et Holzman (2012) lors de la description de Zamia stevensonii.
Tronc
La plante est grande et arborescente, avec un tronc qui atteint 3 m. Sa base mesure plus de 8 cm, et jusqu’à 21 cm, de diamètre chez les plantes adultes ou en cônes (Taylor Blake et Holzman, 2012). Même quand il s’élève hors du sol, le tronc garde toujours au moins 15 cm sous terre, si le sol est assez profond (A. Taylor, cité par la description originale). Sa taille varie beaucoup d’une population à l’autre, et des femelles en cônes ont parfois une tige de 5 à 10 cm de tour seulement.
Feuilles et folioles
Les feuilles sont nombreuses, souvent plus de 30 en culture, dressées, longues jusqu’à 170 cm. Le pétiole, de 43 à 44 cm dans la description, est presque inerme : armé chez les plantules, il perd peu à peu ses petits aiguillons cylindriques avec l’âge, et il sort glabre et vert vif. Les folioles, lancéolées et un peu falquées, mesurent 20 à 22 cm sur 2,5 à 4 cm ; leur pointe est courte, leur base atténuée, et leur marge porte de petites dents de 0,5 à 1,5 mm à partir du sommet jusqu’au milieu environ, parfois presque pas. D’un vert vif, glabres et luisantes, elles n’ont pas le pli longitudinal des folioles de Zamia fairchildiana.
Les sources ne s’accordent pas sur la couleur des feuilles nouvelles : « vert pomme » selon la description originale, vert clair à vert jaunâtre selon la clé de Taylor Blake et Holzman (2012), mais « couleur crème » dans le chapitre de Taylor et collaborateurs paru la même année. Elles divergent aussi sur les plantules : premières feuilles à trois ou quatre folioles selon la description de 1998, le plus souvent à six (assez souvent quatre) selon Taylor Blake et Holzman (2012).
Cônes et graines
L’espèce est dioïque, avec des pieds mâles et des pieds femelles. Les cônes mâles, dressés et cylindriques, sont beige-jaune à brun clair avec des reflets verts, sur un pédoncule finement duveteux ; leurs écailles fertiles se terminent par une petite face hexagonale saillante et ne portent de sacs polliniques que sur la face inférieure. Les cônes femelles, cylindriques, à grosse pointe aiguë ou arrondie, sont beige à brun clair avec des reflets verts ; ils comptent 14 à 20 rangées verticales d’écailles, dont la face est creusée d’une fente étroite et dont le bord se replie vers l’axe du cône. Les graines, rouge vif, mesurent 2,8 à 3 cm sur 1,6 à 1,8 cm ; elles restent cachées entre les écailles jusqu’à la désagrégation du cône. Le nombre chromosomique, 2n = 20, était le premier signalé avec cette valeur dans le genre (Schutzman et collaborateurs, 1998).
Hybrides
Aucun hybride naturel ou horticole impliquant Zamia elegantissima n’est documenté. Selon Taylor Blake et Holzman (2012), les quatre Zamia panaméens à tronc de son groupe ont des aires séparées, sans chevauchement connu.
Confusions possibles
Les confusions documentées concernent d’autres Zamia à tronc de l’isthme :
- Zamia fairchildiana (sud-est du Costa Rica, extrême ouest du Panama, versant pacifique) : 20 feuilles ou moins, arquées ; folioles sigmoïdes, à pli longitudinal, dentées seulement au sommet ; pétiole couvert d’un duvet brun foncé à la sortie ; cônes femelles à 5 à 12 rangées d’écailles plates, laissant voir les graines mûres ; sacs polliniques sur les deux faces des écailles mâles ; plantules à deux ou trois folioles (Schutzman et collaborateurs, 1998) ;
- Zamia stevensonii (région du canal de Panama) : l’espèce la plus proche, mais à jeunes feuilles blanches, à base de tige de moins de 8 cm, à feuilles et folioles moins nombreuses, à cônes et graines bien plus petits (Taylor Blake et Holzman, 2012) ;
- Zamia pseudomonticola (nord-ouest de la province de Chiriquí, au-dessus de 1 000 m) : folioles à pli longitudinal et à pointe acuminée, sacs polliniques sur les deux faces des écailles mâles ;
- Zamia tuerckheimii (Guatemala, Honduras) : feuilles nombreuses mais largement arquées, écailles mâles pointues comme chez Zamia elegantissima, mais graines visibles dans le cône mûr et tige souvent couchée (Schutzman et collaborateurs, 1998) ;
- Zamia pseudoparasitica : selon la description originale, Robert Dressler appelait l’espèce « pseudo-pseudoparasitica », car elle était confondue avec cette cycadale épiphyte ; elle pousse pourtant au sol.
Taxonomie
Zamia elegantissima Schutzman, Vovides & R.S.Adams est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. L’espèce a été décrite dans Phytologia 85(3) : 137-145, un fascicule daté de septembre 1998 mais paru, selon The World List of Cycads, en 2000. Les auteurs avaient cité deux planches comme type sans désigner laquelle était l’holotype, ce que le Code de nomenclature exige ; le nom était donc invalide. Ils l’ont validé par une courte note dans le fascicule 85(6) de la même revue, daté de décembre 1998 mais paru le 21 août 2003, qui devient la date de publication valide. Le type est la récolte de Robert Dressler n° 4897, faite dans la province de Colón vers 300 m d’altitude le 19 décembre 1974 ; l’holotype est au Missouri Botanical Garden (MO), l’isotype à l’herbier de l’université de Panama (PMA).
Séparée de Zamia fairchildiana
Stevenson (1993) rangeait encore ces plantes dans Zamia fairchildiana, dont il donnait une aire discontinue du sud-est du Costa Rica jusqu’au territoire guna, dans l’est du Panama. Schutzman et ses collaborateurs (1998) ont montré que les populations du centre du Panama, sur le versant atlantique, diffèrent de celles du Costa Rica et de l’ouest du Panama, sur le versant pacifique de la cordillère de Talamanca, par les feuilles, les cônes, les graines et les plantules, et qu’aucune population n’est connue entre les deux. Pour le lecteur, la conséquence est que les grands Zamia à tronc du centre du Panama étiquetés « Zamia fairchildiana » avant 1998 correspondent à cette espèce.
La description de Zamia stevensonii, en 2012, a ensuite séparé les plantes à jeunes feuilles blanches de la région du canal, que Taylor (2002) avait rapportées à Zamia elegantissima. Les spécimens cités en 1998 comprenaient d’ailleurs des récoltes de l’ancienne zone du canal et de la province de Panamá ; The World List of Cycads ne cite plus aujourd’hui que Colón et Kuna Yala. Aucune source publiée ne réattribue nommément ces spécimens.
Place dans le genre
En 1998, Schutzman et ses collaborateurs rangeaient l’espèce dans un « groupe de Zamia fairchildiana » supposé, avec Zamia acuminata, Zamia fairchildiana, Zamia inermis, Zamia obliqua, Zamia soconuscensis et Zamia tuerckheimii. Les analyses moléculaires récentes donnent une autre image : l’étude de transcriptomes de Lindstrom et collaborateurs (2024), qui a séquencé une plante de Colón, réunit Zamia elegantissima, Zamia obliqua et Zamia stevensonii dans un même sous-clade, groupe frère de celui de Zamia dressleri et Zamia pseudoparasitica.
Étymologie et histoire
L’épithète vient du latin elegans, au superlatif : « la plus élégante ». Les auteurs l’ont choisie pour l’allure de la plante, dont les grands sujets cultivés portent 40 feuilles ou plus, grandes, luisantes et assez dressées, et rappellent que cette beauté en a fait une plante recherchée des collections de cycadales (Schutzman et collaborateurs, 1998 ; Haynes, 2022, repris par The World List of Cycads).
Son histoire commence avec le botaniste Robert Dressler, spécialiste des orchidées, qui avait retrouvé à la fin des années 1970 Zamia pseudoparasitica dans la province de Veraguas. Il appelait de façon informelle « pseudo-pseudoparasitica » une autre plante du centre du Panama, assez commune, terrestre et arborescente, au tronc atteignant souvent 3 m, confondue avec l’espèce épiphyte. Sachant qu’elle n’était pas décrite, il voulait la dédier à l’entomologiste A.G.B. « Sandy » Fairchild, fils de l’explorateur botaniste David Fairchild, dans le jardin duquel il avait observé plusieurs cycadales panaméennes, mais il évitait d’écrire le nom avant de publier. Le nom s’est pourtant diffusé : Robert Wilson, du jardin botanique de Las Cruces, au Costa Rica, a distribué des graines de plantes costariciennes sous l’étiquette « Zamia fairchildii », et L.D. Gómez a publié en 1982 Zamia fairchildiana d’après une population de la péninsule d’Osa, au Costa Rica. Le nom voulu par Dressler s’est ainsi retrouvé attaché à une autre espèce, et les plantes du centre du Panama sont restées sans nom jusqu’en 1998.
Des graines récoltées en 1983 et 1984 le long du río Iguanita, dans la province de Colón, ont donné des plantes qui ont formé leurs premiers cônes mâles en 1996 et femelles en 1997 ; les différences avec Zamia fairchildiana étaient visibles dès les premières feuilles des plantules (Schutzman et collaborateurs, 1998). En 2013, la Cycad Society a consacré à l’espèce deux articles de sa lettre d’information, sur son histoire taxonomique et sur sa culture en Floride, qui n’ont pas pu être consultés.
Noms communs
Aucun nom français n’existe, et aucun nom vernaculaire n’est attesté dans une autre langue ; Species+ n’en cite aucun. « Pseudo-pseudoparasitica » était un surnom de travail de Robert Dressler ; selon Gómez (1982), il a été imprimé sans description (nomen nudum) dans un bulletin des Marie Selby Botanical Gardens, et Gómez le rangeait parmi les synonymes de son Zamia fairchildiana.
Dans la nature
Zamia elegantissima est endémique du versant caraïbe du centre du Panama. The World List of Cycads la cite dans les provinces de Colón et de Kuna Yala ; Taylor Blake et Holzman (2012) la situent au nord de la région du canal, dans le nord et l’ouest de la province de Colón, et plus à l’est jusqu’à une partie du territoire guna. Taylor et collaborateurs (2012) la décrivent comme un petit arbuste à un très grand arbre de l’est et du nord de Colón, en sympatrie avec Zamia cunaria, où son tronc atteint presque 3 m, et la rangent parmi les espèces de la forêt sempervirente de plaine, sous 700 m. Pour Jay Vannini (2019), son aire est fragmentée, à basse altitude, dans la forêt pluviale tropicale ; il a vu sur la côte nord du Panama, en sols rocheux, des plantes sans tronc apparent à caudex massif et à très grandes feuilles.
Selon la description originale, l’espèce pousse en forêt pluviale de plaine primaire comme dans des milieux secondaires ou perturbés. Les cônes semblent plus fréquents sur les plantes du bord des ruisseaux, mieux éclairées, et presque absents en sous-bois, sauf dans les trouées laissées par la chute d’un arbre. Toutes les plantes en cônes alors observées étaient des femelles, et Alberto Taylor signalait une mortalité très élevée des plantules dans la nature ; les auteurs opposaient cette faible reproduction à celle des populations de Zamia fairchildiana, qui produisent beaucoup de cônes des deux sexes, même à l’ombre.
Reproduction
Alberto Taylor a présenté en 2002 une « preuve irréfutable » de pollinisation par les insectes chez Zamia elegantissima, dans une communication citée par Taylor et collaborateurs (2012) mais non consultée ; elle pourrait concerner en partie les plantes décrites ensuite sous le nom de Zamia stevensonii, que Taylor rapportait alors à Zamia elegantissima (Taylor Blake et Holzman, 2012). Dans l’isthme, ces auteurs citent comme pollinisateurs des coléoptères Pharaxonotha et des charançons proches de Rhopalotria. Les chenilles du papillon Eumaeus godarti, principal herbivore des cycadales au Panama, détruisent les cônes mâles de Zamia elegantissima (Taylor et collaborateurs, 2012). Les graines ont une particularité : elles semblent dépourvues des substances qui, chez beaucoup de cycadales, empêchent la germination tant que l’enveloppe charnue n’a pas disparu. La racine perce cette enveloppe quelques jours après la mise en eau, et parfois avant même que la graine ne tombe du cône (Schutzman et collaborateurs, 1998).
Statut de conservation et réglementation
Zamia elegantissima est classée en danger d’extinction (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, au titre des critères B1ab(iii,v), selon l’évaluation de J.D. Bösenberg datée du 5 juin 2020 et publiée en 2022 (catégorie confirmée par GBIF le 18 octobre 2026 ; page de la Liste rouge non consultée, accès bloqué). Ces critères traduisent une aire réduite, avec un déclin de la qualité de l’habitat et du nombre d’individus adultes. Une évaluation antérieure, d’A. Taylor, avait été publiée en 2010 ; sa catégorie n’a pas pu être vérifiée.
Taylor et collaborateurs (2012) indiquaient des populations très petites, de moins de 50 plantes, et constataient, pour l’ensemble des cycadales du Panama, des destructions et des prélèvements illégaux dans presque toutes les populations visitées, ainsi que la menace que représente la déforestation pour ces plantes de sous-bois. La faible production de cônes à l’ombre et la forte mortalité des plantules relevées en 1998 rendent la régénération naturelle fragile.
Sur le plan réglementaire, Zamia elegantissima relève de l’annexe II de la CITES au titre de l’inscription de la famille des Zamiaceae (sauf les espèces de l’annexe I), en vigueur depuis le 4 février 1977 selon Species+. L’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) exempte notamment les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement ; le commerce international des plantes elles-mêmes exige un permis. Dans l’Union européenne, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026 ; Species+ indique l’annexe A jusqu’en février 2017. Le Panama applique en outre, depuis le 19 juin 2025, un quota d’exportation nul pour les spécimens sauvages prélevés dans la nature (notification CITES n° 2025/079), sauf usages scientifiques, personnels, médicaux, éducatifs ou judiciaires.
Ces informations générales, relevées le 18 octobre 2026, ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Zamia elegantissima est une plante de collection pour serre chaude : Jay Vannini (2019) la dit encore peu cultivée et précise qu’elle exige des conditions pleinement tropicales pour prospérer. Aucun jardin botanique n’a publié de guide de culture ; un article sur sa culture en Floride (Broome, 2013) existe mais n’a pas pu être consulté.
Les indications disponibles sont indirectes. Cycadales.eu, pépinière spécialisée de Montpellier, range l’espèce dans le groupe des Zamia d’Amérique centrale et des forêts de basse altitude d’Amérique du Sud, jugé « difficile » hors des tropiques (Lavaud, 2023). Pour ce groupe, elle conseille :
- un substrat drainant, neutre à acide, et une eau neutre à acide ;
- la nuit, environ 22 °C, avec de brefs passages tolérés vers 15 °C ;
- le jour, 28 à 30 °C, jusqu’à 34-35 °C pour la plupart des espèces, avec des dégâts possibles sur les jeunes feuilles lors des pics de chaleur ;
- une humidité de l’air élevée, de 70 à 90 %, pour une croissance optimale.
Ce sont des conseils d’expérience pour un groupe d’espèces, non des mesures faites sur Zamia elegantissima. La description originale apporte deux repères concrets : les grands sujets cultivés portent souvent plus de 30 feuilles, jusqu’à 40 ou plus, et des plantes issues de graines récoltées en 1983-1984 ont produit leurs premiers cônes en 1996-1997, soit après douze à quatorze ans. Dans la nature, les cônes sont plus fréquents sur les plantes mieux éclairées du bord des ruisseaux ; on peut en déduire qu’une lumière vive mais filtrée favorise la formation des cônes en culture, sans qu’aucune source ne le confirme. Avec un tronc qui peut dépasser 2 m et des feuilles de 1,70 m, l’espèce demande à terme beaucoup de place.
Multiplication
L’espèce se multiplie par graines, après pollinisation d’une plante femelle par une plante mâle en cônes au même moment ; en culture, la pollinisation est en général manuelle. Les graines germent vite : selon la description originale, la racine sort quelques jours après la mise en eau, sans qu’il faille attendre la disparition de l’enveloppe charnue. Il vaut donc mieux semer des graines fraîches, en retirant cette enveloppe avec des gants. Les premières feuilles des plantules portent trois à six folioles selon les sources (voir Comment reconnaître). Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4, mais elles doivent provenir de plantes cultivées d’origine légale.
Maladies et ravageurs
Aucune maladie propre à l’espèce n’est documentée. Dans la nature, les chenilles d’Eumaeus godarti détruisent ses cônes mâles (Taylor et collaborateurs, 2012). En culture, les Zamia craignent surtout la pourriture des racines et de la tige dans un substrat froid et détrempé, ainsi que les cochenilles. Parmi elles, Aulacaspis yasumatsui (« Asian cycad scale » en anglais), capable de tuer un cycas adulte en quelques mois (voir l’article lié plus bas), compte le genre Zamia parmi ses plantes hôtes selon la base de données de l’OEPP, d’après Marler, Lindström et Watson (2021) ; aucune attaque n’a été signalée sur Zamia elegantissima en particulier.
Rusticité
Zamia elegantissima n’est pas rustique : c’est une espèce des forêts tropicales humides de plaine, et aucune donnée de résistance au froid n’est documentée, ni dans la nature ni en culture. Dans les forêts sempervirentes de plaine du Panama, Taylor et collaborateurs (2012) donnent des températures de 24 à 30 °C. Les températures de Cycadales.eu pour son groupe décrivent les conditions d’une croissance saine, non une limite de survie.
En France
Aucune culture en pleine terre ni en pot n’a été signalée en France, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne), et aucun épisode de gel daté ne concerne l’espèce. En France, la seule culture raisonnable reste la serre chaude.
Repères internationaux
Aucun retour de froid n’est documenté. La Floride, où l’espèce est cultivée selon le titre de l’article de Broome (2013), est le seul lieu de culture hors des tropiques signalé ; faute d’avoir pu lire cet article, aucune donnée de froid n’en est tirée. La pleine terre n’est envisageable que sous un climat tropical humide, sans gel.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Zamia elegantissima n’est documentée. Le risque est en revanche documenté dans le genre et chez les autres cycadales : des études pharmacologiques citées par The Gymnosperm Database ont trouvé chez les Zamia des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol (voir aussi l’article du site sur la toxicité des cycadales, lié plus bas), et l’ASPCA cite pour Zamia furfuracea la cycasine et la BMAA, un acide aminé neurotoxique, avec chez le chien, le chat et le cheval des vomissements, des diarrhées sanglantes et une atteinte du foie ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel de Zamia elegantissima n’est documenté. Son seul usage connu est ornemental, dans les collections de cycadales.
FAQ
Pourquoi s’appelle-t-elle elegantissima ?
Pour son allure : « la plus élégante » en latin. Ses descripteurs ont choisi ce nom pour les grands sujets cultivés, qui portent 40 feuilles ou plus, grandes, luisantes et assez dressées.
Quelle différence avec Zamia fairchildiana ?
La répartition et plusieurs détails. Zamia elegantissima vit sur le versant caraïbe du centre du Panama, Zamia fairchildiana sur le versant pacifique du Costa Rica et de l’ouest du Panama. La première a plus de feuilles, dressées, des folioles planes dentées jusqu’au milieu et des graines cachées dans le cône ; la seconde a des feuilles arquées, des folioles à pli longitudinal et des graines visibles entre les écailles.
Et avec Zamia stevensonii ?
C’est surtout la couleur des jeunes feuilles et la taille. Zamia stevensonii, de la région du canal, a des jeunes feuilles blanches, une tige de moins de 8 cm de diamètre à la base et des cônes bien plus petits ; Zamia elegantissima a des jeunes feuilles vertes et une tige plus épaisse, jusqu’à 21 cm.
Pourquoi son nom date-t-il de 2003 et non de 1998 ?
Parce que la première publication était invalide. Les auteurs avaient cité deux planches d’herbier comme type sans préciser laquelle était l’holotype ; ils ont corrigé cet oubli dans une note parue en 2003, date retenue pour le nom.
Est-elle menacée ?
Oui. L’UICN la classe en danger d’extinction (EN, 2022) ; ses populations, petites et dispersées, se reproduisent mal à l’ombre et perdent beaucoup de plantules.
Peut-on la cultiver en France ?
Oui, mais seulement en serre chaude et humide. C’est une grande espèce tropicale, sans aucune résistance au froid connue ; la pleine terre n’est possible dans aucune région française, et les plantes doivent provenir de semis en culture.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Zamia elegantissima : https://cycadlist.org/scientific_name/462 — auteurs, publication invalide (Phytologia 85(3), parue en 2000) et validation (85(6), parue le 21 août 2003), type (Dressler 4897, Colón, 300 m, 19 décembre 1974, holotype MO), répartition, statut UICN et critères, étymologie (Haynes 2022), articles de 2013. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 18 octobre 2026.
- The Cycad Society, Schutzman, Vovides et Adams 1998 (PDF) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Zamia/Zamia-elegantissima.pdf — description originale : histoire (Dressler, Fairchild), diagnose, description, étymologie, écologie, germination, comparaison avec Zamia fairchildiana et Zamia tuerckheimii, chromosomes, plantules. Article de revue botanique ; texte intégral lu (scan, OCR) le 18 octobre 2026.
- The World List of Cycads, note de validation (Phytologia 85(6) : 389, PDF) : https://cycadlist.org/storage/proto/Zamia_elegantissima.pdf — désignation de l’holotype (MO) et de l’isotype (PMA), date de publication valide. Source primaire ; lue le 18 octobre 2026.
- The Cycad Society, Gómez 1982, « Plantae mesoamericanae novae II » (PDF) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Zamia/Zamia-pseudomonticola.pdf — « Zamia pseudo-pseudoparasitica Dressler », nomen nudum placé dans la synonymie de Zamia fairchildiana. Source primaire (Phytologia 50 : 401-404) ; lue le 18 octobre 2026.
- The Cycad Society, Taylor Blake et Holzman 2012 (PDF) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Zamia/Zamia-stevensonii.pdf — répartition des quatre Zamia panaméens à tronc, clé (jeunes feuilles, diamètre de la tige), plantules, confusion passée avec Zamia stevensonii. Article à comité de lecture (Botanical Review) ; texte intégral lu le 18 octobre 2026.
- IntechOpen, Taylor et al. 2012, « Biogeographic Insights in Central American Cycad Biology » : https://doi.org/10.5772/32253 — répartition dans la province de Colón, sympatrie avec Zamia cunaria, populations de moins de 50 plantes, jeunes feuilles crème, graines, Eumaeus godarti, type de forêt. Chapitre d’ouvrage scientifique en accès libre ; texte intégral lu le 18 octobre 2026.
- PubMed Central, Lindstrom et al. 2024 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11560380/ — échantillon de Colón, sous-clade réunissant Zamia obliqua, Zamia elegantissima et Zamia stevensonii. Article à comité de lecture ; passages relus le 18 octobre 2026.
- Exotica Esoterica, « Central American and Panamanian Cycads in Field and Greenhouse » (Jay Vannini, 17 février 2019) : https://www.exoticaesoterica.com/magazine/central-american-and-panamanian-cycads-in-field-and-greenhouse — aire fragmentée, tronc épais, plantes à caudex massif de la côte nord, culture encore rare et exigeante. Article de naturaliste et collectionneur ; valeur indicative ; lu le 18 octobre 2026.
- Cycadales.eu, « Comment cultiver les Zamia en climat tempéré » (Simon Lavaud, 6 janvier 2023, mis à jour le 27 mai 2023) : https://cycadales.eu/comment-cultiver-les-zamia-en-climat-tempere/ — Zamia elegantissima dans le groupe des forêts de basse altitude, conditions conseillées pour le groupe. Pépinière spécialisée française : conseils d’expérience par groupe d’espèces ; relue le 18 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Zamia elegantissima : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/27084/legal — annexe II de la CITES (inscription des Zamiaceae) depuis le 4 février 1977, annotation #4 ; annexe B de l’Union européenne ; quota d’exportation nul du Panama (2025) ; répartition (Panama). Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée par son API publique le 18 octobre 2026.
- EUR-Lex, règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- GBIF (API), Zamia elegantissima : https://api.gbif.org/v1/species/5284162/iucnRedListCategory — catégorie actuelle de la Liste rouge de l’UICN (EN), relayée depuis l’UICN. Infrastructure de données de référence ; consultée le 18 octobre 2026.
- The Gymnosperm Database (archive de l’université de Hambourg), Zamia : https://www-archiv.fdm.uni-hamburg.de/b-online/earle/za/za/index.htm — glycosides du méthylazoxyméthanol (cycasine, macrozamine) trouvés dans le genre par des études pharmacologiques. Page ancienne (1999), base spécialisée sérieuse ; donnée de niveau genre.
- Base de données mondiale de l’OEPP, Aulacaspis yasumatsui, plantes hôtes : https://gd.eppo.int/taxon/AULSYA/hosts — le genre Zamia figure parmi les plantes hôtes, d’après Marler, Lindström et Watson (2021). Organisation intergouvernementale, fiable.
- ASPCA, Cardboard Cycad : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/cardboard-cycad — toxicité de Zamia furfuracea pour les chiens, chats et chevaux (cycasine, BMAA), citée ici au niveau du genre. Centre antipoison vétérinaire, fiable.
Bibliographie
- Schutzman, B., Vovides, A.P. & Adams, R.S. (1998). A new Zamia (Zamiaceae, Cycadales) from central Panama. Phytologia 85(3) : 137-145 (paru en 2000). [Description originale, nom invalide faute de désignation de l’holotype ; texte intégral lu.]
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