Cycas silvestris

Cycas silvestris est un cycas arborescent de l’extrême nord-est du cap York, dans le Queensland (Australie), où il pousse en forêt dense sur d’anciennes dunes de sable blanc. Décrit en 1992 par Ken Hill, ce membre du genre Cycas est le seul cycas australien de forêt fermée : son nom signifie « des forêts » en latin. Il se reconnaît à ses larges folioles brillantes et à son tronc lisse, qui perd ses vieilles bases de feuilles. Son statut UICN diffère selon les sources : quasi menacé pour The World List of Cycads, vulnérable pour la flore australienne.

L’essentiel sur Cycas silvestris

  • Nom accepté : Cycas silvestris K.D.Hill (1992), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; signalé avant 1992 sous le nom de Cycas rumphii (Bailey 1913, d’après Hill 1996)
  • Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom attesté, en français ou dans une autre langue
  • Répartition naturelle : Australie, Queensland : nord-est de la péninsule du cap York (baie de Temple, estuaire de l’Olive River)
  • Statut UICN : quasi menacé (NT, critères B1a ; D2) selon The World List of Cycads, évaluation de K.D. Hill publiée en 2010 ; la Flora of Australia indique « vulnérable, 2022 » (voir Statut de conservation)
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; espèce vulnérable au Queensland (Nature Conservation (Plants) Regulation 2020)
  • Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : forêts denses (forêt sèche à Araucaria, forêts à Melaleuca) sur sables siliceux blancs d’anciennes dunes ; supporte l’ombre comme le plein soleil en nature
  • Port et dimensions adultes : tronc de 3 à 4 m selon la flore, jusqu’à 7 m observés sur le terrain ; feuilles de 1 à 2 m
  • Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas silvestris

Parmi les cycas australiens, Cycas silvestris se distingue par ses folioles adultes plus larges et plus minces que chez toutes les autres espèces, et par son tronc lisse : les bases de feuilles et les cataphylles de plus de quatre ans environ tombent, alors que les espèces voisines les conservent (Hill 1996). Description d’après la Flora of Australia (version en ligne) et le protologue (Hill 1992) :

  • Tronc : jusqu’à 3 m, rarement 4 m, de 10 à 15 cm de diamètre ; des sujets de 7 m, souvent à une seule tête, parfois couchés, sont observés sur le terrain (Forster 1996).
  • Feuilles : 100 à 200 cm, plates en coupe, vert pâle à vert moyen, très brillantes, avec 90 à 200 folioles ; pétiole de 30 à 50 cm, épineux sur 10 à 90 % de sa longueur.
  • Folioles médianes : 15 à 37 cm sur 9 à 15 mm, rétrécies à 3,5-5 mm à la base, espacées de 11 à 17 mm, glabres, aux bords légèrement recourbés ; nervure plate dessus, saillante dessous.
  • Cataphylles : linéaires, piquants, d’environ 13 cm.
  • Cônes mâles : inconnus de Hill en 1992 ; décrits ensuite comme très petits pour le Queensland, de 11 à 13 cm sur environ 5 cm, avec des microsporophylles de 20 à 22 mm (Forster 1996).
  • Mégasporophylles : 25 à 38 cm, portant 2 à 10 ovules ; limbe étroitement triangulaire, de 30 à 85 mm sur 15 à 45 mm, régulièrement denté de 20 à 36 épines latérales de 2 à 4 mm ; épine terminale de 8 à 26 mm.
  • Graines : ovoïdes, vertes puis jaunâtres, de 30 à 35 mm sur 25 à 30 mm selon la flore ; de 30 à 39 mm sur 25 à 32 mm sur environ deux cents graines mesurées sur le terrain (Forster 1996). Elles n’ont pas de couche spongieuse.

Hybrides

Aucun hybride n’est décrit. Hill (1992) signale toutefois, près de Cooktown, des plantes de Cycas media aux folioles plus larges et plus nettement falquées, qui indiquent peut-être une introgression venue de Cycas silvestris.

Confusions possibles

  • Cycas media et Cycas megacarpa, de la même série : folioles plus étroites et tronc couvert des bases de feuilles persistantes ;
  • le complexe de Cycas rumphii, cycas des côtes de Nouvelle-Guinée et du Pacifique occidental : même port, mêmes folioles larges et falquées, même mégasporophylle à épine terminale nette, mais graines plus grosses, munies d’une couche spongieuse (Hill 1992, 1996) ;
  • Cycas seemannii, des îles du Pacifique Sud : pétiole sans épines ou presque, graines bien plus grosses (Hill 1992).

Taxonomie

Cycas silvestris est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. Ken Hill l’a décrit en 1992 dans son compte rendu préliminaire des cycas du Queensland (Telopea 5(1) : 181-182, fig. 1). Dans sa révision des cycas australiens (Hill 1996), il le range dans la sous-section Endemicae, qui regroupe toutes les espèces australiennes, et dans la série typifiée par Cycas media, une série de trois espèces de la côte est du Queensland, avec Cycas megacarpa.

Le nom a connu un épisode de confusion. Dans leur révision du genre, de Laubenfels et Adema (1998) ont donné à Cycas silvestris une conception très large, qui englobait des plantes des Philippines rattachées aujourd’hui à Cycas curranii, à Cycas riuminiana et à Cycas edentata, ainsi que la récolte type de Cycas lacrimans. Lindström, Hill et Stanberg (2008) ont rejeté ce traitement : pour eux, comme pour The World List of Cycads, Cycas silvestris est endémique d’Australie.

Étymologie et histoire

L’épithète vient du latin silvestris, « des forêts », par allusion à l’habitat de forêt fermée de l’espèce (Hill 1992 ; Haynes 2022).

Les premiers spécimens ont été récoltés le 12 septembre 1974, près de l’embouchure de l’Olive River, par des botanistes du CSIRO (B.P.M. Hyland, puis L.J. Webb et J.G. Tracey). Le type a été récolté le 14 juillet 1990 à environ 0,75 km au nord-ouest de Bolt Head par J.R. Clarkson et V.J. Neldner, du Queensland Herbarium (Clarkson & Neldner 8813 ; holotype à Sydney, isotypes à Brisbane et à Mareeba). Les premières mentions de Cycas rumphii au Queensland (Bailey 1913) se rapportent en réalité à cette espèce (Hill 1996).

Noms communs

Aucun nom commun n’est attesté pour cette espèce, en français ou en anglais, dans les sources consultées.

Dans la nature

Cycas silvestris n’est connu que de l’extrême nord-est de la péninsule du cap York : près de la baie de Temple et au nord et au sud de l’estuaire de l’Olive River (Flora of Australia). Il pousse dans des forêts denses et riches, forêts humides et forêts à Melaleuca, établies sur des sables siliceux blancs d’anciennes dunes ; Hill le tient pour lié à ce substrat.

Paul Forster (1996) précise le tableau : les plantes forment de petits groupes, avec quelques vieux sujets, des plantes plus jeunes et d’innombrables plantules, presque toujours sous le couvert d’une forêt sèche à Araucaria cunninghamii, sur les dunes situées juste derrière le cordon littoral et jusqu’à 2 km à l’intérieur. Il signale aussi une population disjointe, plus au sud, près de la Nesbit River, qui élargirait l’aire. La pollinisation et la dispersion des graines ne sont pas documentées.

Statut de conservation et réglementation

Les sources divergent. The World List of Cycads classe Cycas silvestris comme quasi menacé (NT, critères B1a ; D2), d’après l’évaluation de K.D. Hill publiée en 2010. La Flora of Australia en ligne indique au contraire « vulnérable » à la fois pour la Liste rouge (2022) et pour la réglementation du Queensland (Nature Conservation (Plants) Regulation 2020, liste de novembre 2022). La Liste rouge n’a pas pu être consultée directement pour trancher ; la fiche donne les deux statuts.

La menace principale est la cueillette : en 1996, l’espèce ne se trouvait dans aucune réserve et des traces de prélèvement illégal avaient été relevées en 1991 et en 1996, malgré la difficulté d’accès (Forster 1996).

Comme toutes les espèces du genre à l’exception de Cycas beddomei, Cycas silvestris relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+, la base officielle de la CITES, nomme l’espèce et confirme ce statut (consultation du 3 octobre 2026).

Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Selon Paul Forster (1996), la culture de Cycas silvestris devrait être simple, comparable à celle des cycas d’Asie et du Pacifique occidental. En nature, la plante pousse dans du sable blanc enrichi de matière organique, au drainage parfait ; elle tolère l’ombre, mais beaucoup de sujets vivent en plein soleil. Les racines et le caudex se développent beaucoup : il faut donner aux jeunes plants un pot spacieux. Contrairement à nombre de cycas australiens des milieux secs, l’espèce ne perd pas nettement ses feuilles avant de produire une nouvelle couronne. Un sujet cultivé à Katherine, dans le Territoire du Nord, est photographié sur le wiki de la PACSOA.

En France, aucun retour de culture n’a été trouvé. Plante de forêt tropicale, elle relève du pot rentré en serre ou en véranda chauffée l’hiver.

Multiplication

La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été publiée ; les cycas se sèment d’ordinaire frais, en substrat drainant et au chaud. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 ; demandez qu’elles proviennent de plantes cultivées.

Maladies et ravageurs

Aucune maladie ni aucun ravageur propre à l’espèce n’est documenté.

Rusticité

Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Cycas silvestris. Le nord du cap York a un climat tropical de mousson, sans gel : rien ne permet d’affirmer que la plante supporte le gel.

En France

Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Cycas silvestris, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun retour de résistance au froid pour cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne. Le seul message du forum des Fous de palmiers qui cite ce nom pour un cycas porte sur une plante de Thaïlande dont l’identification n’est pas établie ; il n’a pas été retenu.

Repères internationaux

Aucun relevé de froid ni aucun retour de culture daté n’a été trouvé hors de France. La culture réussie à Katherine (Territoire du Nord), au climat tropical, ne renseigne pas sur la tolérance au froid.

Toxicité et précautions

Aucune analyse de toxicité propre à Cycas silvestris n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté dans le genre : les tissus des Cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA classe le sagou du Japon (Cycas revoluta) parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage n’est documenté pour cette espèce dans les sources consultées.

FAQ

Que signifie silvestris ?

« Des forêts » en latin : c’est le seul cycas australien qui vive en forêt fermée.

Où pousse Cycas silvestris ?

Uniquement dans l’extrême nord-est du cap York, au Queensland, sur d’anciennes dunes de sable blanc couvertes de forêt.

Comment le reconnaître ?

Par ses folioles larges, minces et brillantes et par son tronc lisse, qui perd ses vieilles bases de feuilles.

Pousse-t-il aux Philippines ?

Non, selon The World List of Cycads. Les plantes des Philippines rangées sous ce nom en 1998 appartiennent à d’autres espèces.

Est-il menacé ?

Oui, à un degré discuté : quasi menacé pour The World List of Cycads, vulnérable pour la flore australienne ; des prélèvements illégaux ont été constatés.

Est-il rustique en France ?

Non, selon toute vraisemblance. Aucune donnée de froid n’existe ; c’est une plante de forêt tropicale.

Est-il toxique ?

Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.

À lire aussi sur Succulentes

Sites de référence

Bibliographie

  • Hill, K.D. (1992). A preliminary account of Cycas (Cycadaceae) in Queensland. Telopea 5(1) : 177-206. doi:10.7751/telopea19924964 [Protologue (p. 181-183), habitat ; texte intégral consulté.]
  • Hill, K.D. (1996). A taxonomic revision of the genus Cycas (Cycadaceae) in Australia. Telopea 7(1) : 1-64. doi:10.7751/telopea19963040 [Révision de référence pour l’Australie ; texte intégral consulté.]
  • Hill, K.D. (1998). Cycadaceae. In : McCarthy, P.M. (éd.), Flora of Australia 48 : 597-635. CSIRO Publishing, Melbourne. [Consulté dans sa version en ligne mise à jour (profiles.ala.org.au).]
  • Forster, P.I. (1996). [Note sur Cycas silvestris, sans titre relevé]. Palms & Cycads 52-53 (juillet-décembre 1996). [Lu dans sa reprise sur le wiki de la PACSOA ; titre original non relevé.]
  • Forster, P.I. (1996). A preliminary assessment of cycad conservation and diversity in Queensland, Australia. Encephalartos 46 : 8-18. [Non consulté ; cité d’après Forster (1996, PACSOA).]
  • Laubenfels, D.J. de & Adema, F. (1998). A taxonomic revision of the genera Cycas and Epicycas gen. nov. (Cycadaceae). Blumea 43(2) : 351-400. [Conception très large des espèces ; texte intégral consulté.]
  • Lindström, A.J., Hill, K.D. & Stanberg, L.C. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in The Philippines. Telopea 12(1) : 119-145. doi:10.7751/telopea20085805 [Rejet de la conception large de de Laubenfels ; texte intégral consulté.]
  • Hill, K.D. (2010). Cycas silvestris. The IUCN Red List of Threatened Species 2010 : e.T41960A10585196. [Référence relevée sur The World List of Cycads ; page de la Liste rouge non consultée (accès bloqué).]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]