Encephalartos horridus est une petite cycadale d’Afrique du Sud, endémique des environs de Port Elizabeth (aujourd’hui Gqeberha) et d’Uitenhage (Kariega), dans le Cap-Oriental. Cette espèce du genre Encephalartos, décrite en 1801 par Nikolaus Joseph von Jacquin sous le nom de Zamia horrida, se reconnaît à ses feuilles raides d’un bleu intense, recourbées vers l’extérieur, dont les folioles portent un à trois lobes épineux tordus hors de leur plan. Son tronc reste le plus souvent enterré, et la plante forme volontiers des touffes de plusieurs têtes. Très recherchée par les collectionneurs, elle a disparu d’une partie de son aire, détruite par l’urbanisation ou pillée ; elle est classée en danger par l’UICN. Son habitat est presque sans gel, et les retours de culture en France restent rares.
L’essentiel sur Encephalartos horridus
- Nom accepté : Encephalartos horridus (Jacq.) Lehm. (1834), nom accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+
- Anciens noms et synonymes : Zamia horrida Jacq. (1801, basionyme) ; Encephalartos nanus Lehm. (1838), Encephalartos van-hallii de Vriese (1838), Encephalartos altensteinii var. eriocephalus de Vriese (1846)
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais « Eastern Cape blue cycad » ou « blue cycad » (PlantZAfrica, Species+)
- Répartition naturelle : Afrique du Sud, districts de Port Elizabeth et d’Uitenhage (Cap-Oriental) ; zone d’occurrence d’environ 431 km² (SANBI, 2023)
- Statut UICN : en danger (EN, critères A2acd+4acd), évaluation de J.D. Bösenberg datée de juin 2020, publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne, avec un avis défavorable de l’UE pour les plantes reproduites artificiellement d’Afrique du Sud depuis 2013
- Rusticité documentée : habitat presque sans gel (PlantZAfrica) ; en Roussillon, plante en patio sans dégât foliaire à −4 °C au minimum absolu (2011) ; à Ravenne, en serre froide, pointes des feuilles brûlées à −7 °C (hiver 2009-2010) (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : plein soleil, drainage excellent, peu d’eau, sol légèrement acide (PlantZAfrica)
- Port et dimensions adultes : tiges le plus souvent souterraines ou dépassant d’environ 30 cm, exceptionnellement 1 m ; 4 à 8 têtes en touffe ; feuilles de 0,5 à 1 m
- Toxicité : toxicité démontrée dès 1944 (Van der Walt) ; graines et tissus toxiques (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Encephalartos horridus ?
C’est l’une des cycadales les plus faciles à reconnaître : une touffe basse de feuilles raides d’un bleu argenté intense, fortement recourbées vers l’extérieur dans leur tiers supérieur, aux folioles larges munies de lobes épineux tordus. Dyer (1965) le décrit ainsi, complété par PlantZAfrica :
- Tiges : simples ou plus souvent ramifiées depuis la base, souterraines ou dépassant d’environ 30 cm, exceptionnellement jusqu’à 1 m ; couronne peu laineuse. PlantZAfrica décrit des touffes serrées de 4 à 8 tiges, aux feuillages enchevêtrés ;
- Feuilles : raides, de 0,5 à 1 m, recourbées dans leur tiers supérieur, couvertes d’une pruine bleutée ou argentée intense, qui tranche sur les feuilles plus anciennes ; elles ne retombent pas pendant la formation des cônes (PlantZAfrica) ;
- Folioles : celles du milieu de la feuille mesurent jusqu’à environ 10 cm de long et 2,5 cm de large, à pointe piquante, avec un à trois lobes épineux, longs jusqu’à 4 cm, sur la marge inférieure, tordus hors du plan de la foliole ; vers la base de la feuille, elles deviennent plus petites et entières ;
- Cônes : un seul par tige, parfois deux chez les mâles (PlantZAfrica), vert foncé avec un fin duvet noirâtre ou brun-rouge ; cônes mâles subcylindriques, de 20 à 40 cm sur 6 à 12 cm ; cônes femelles plus ou moins ovoïdes, de 20 à 40 cm sur 15 à 20 cm, dont les écailles portent des côtes vers leur extrémité. PlantZAfrica les décrit vert bleuté à maturité ; M.J. Wells a observé, à Grahamstown, qu’ils viraient au jaune orangé terne sous leur surface vert-gris (cité par Dyer, 1965) ;
- Graines : rouge pâle à carmin, de 3 à 3,5 cm sur environ 2,5 cm.
Deux formes existent dans la nature : une forme typique, plus robuste, et une forme naine, aux tiges, feuilles et cônes plus petits (PlantZAfrica). Selon le document de la SANBI de 2023, la forme courante a des tiges de 0,5 à 1 m de haut sur 20 à 30 cm de large, entièrement aériennes dans les rochers et surtout souterraines en sol profond, tandis que la forme naine, moins fréquente, a des tiges d’environ 20 cm de haut et de 15 cm de diamètre au plus (d’après Kemp, 1986). En culture, la forme naine peut perdre son caractère nain (PlantZAfrica).

Hybrides
Des hybrides naturels sont signalés avec Encephalartos longifolius : Guy Wrinkle, dans un portrait de l’espèce publié en 1983 par The Cycad Society (États-Unis), dit avoir vu dans le Cap-Oriental de « très beaux hybrides » entre les deux espèces, là où elles poussent ensemble. Une analyse ADN récente, présentée par la Cycad Society of South Africa en septembre 2026, montre qu’Encephalartos horridus est étroitement apparenté à Encephalartos lehmannii, avec un flux de gènes élevé entre les deux espèces ; l’article lui-même est réservé aux membres. En culture, un cultivateur avertit sur le forum Fous de palmiers (2011) que de nombreuses plantes vendues sous ce nom sont issues de pollinisations croisées avec Encephalartos lehmannii : une plante issue de graines de collection n’est pas forcément pure.
Confusions possibles
La confusion la plus fréquente se fait avec Encephalartos trispinosus, d’abord traité comme une variété d’Encephalartos horridus (Hooker, 1863). Selon Dyer (1965), Encephalartos trispinosus a des tiges plus souvent aériennes, jusqu’à 1 m, des folioles généralement plus étroites (1,5 à 2,5 cm) aux lobes moins régulièrement tordus, et surtout des cônes différents : les écailles des cônes femelles y sont très ridées et pustuleuses, vert bleuté ou jaunâtres, alors que celles d’Encephalartos horridus sont assez lisses, avec des côtes vers l’extrémité, et brun-rouge foncé avant maturité. Faute de cônes, l’origine aide : Encephalartos trispinosus vit plus à l’est, dans les vallées des rivières Bushmans et Great Fish, et Dyer note qu’aucune espèce apparentée ne pousse dans l’aire d’Encephalartos horridus.
Encephalartos lehmannii partage le même feuillage bleu, mais ses folioles sont presque toujours entières, ses feuilles plutôt droites, et la face des écailles de ses cônes femelles presque lisse ; il est aussi plus robuste (Dyer, 1965). Les deux espèces se rencontrent dans le district d’Uitenhage, Encephalartos horridus surtout dans la partie centrale, vallonnée, de la vallée de la Zwartkops, Encephalartos lehmannii dans les montagnes du Klein Winterberg et les bassins des rivières Groot et Sundays ; selon la Cycad Society of South Africa (2026), Encephalartos horridus pousse plus près de la côte et Encephalartos lehmannii dans l’intérieur, plus aride.
Dyer s’étonnait enfin que certains auteurs l’aient confondu avec Encephalartos latifrons, une espèce à tronc massif de plus de 3 m et à larges feuilles vert foncé, qui ne partage avec lui que les lobes des folioles. Encephalartos arenarius a des feuilles vert clair à moyen, à peine glauques, et des folioles de plus de 2,5 cm de large portant trois ou quatre lobes.
Taxonomie
Encephalartos horridus est un nom accepté par The World List of Cycads, GBIF et Species+. L’espèce a d’abord été décrite par Jacquin en 1801 sous le nom de Zamia horrida, dans ses Fragmenta botanica (p. 27-28, planches 27 et 28), d’après des plantes cultivées au jardin impérial de Schönbrunn, à Vienne. Lehmann l’a transférée dans le genre Encephalartos, qu’il venait de créer, le 15 mars 1834, dans l’Allgemeine Gartenzeitung (vol. 2, n° 11, p. 86), puis dans le sixième fascicule de ses Novarum et minus cognitarum stirpium pugillus. Sa diagnose y insiste déjà sur le tronc glabre, le rachis à quatre angles, les folioles pruineuses et glauques, et les folioles supérieures « presque trifides ».
Plusieurs noms ont ensuite été créés pour des plantes de culture, aujourd’hui rangés en synonymie par The World List of Cycads : Encephalartos nanus Lehm. (1838), devenu Encephalartos horridus var. nanus (Lehm.) J.Schust. (1932), Encephalartos van-hallii de Vriese (1838), devenu Encephalartos horridus var. hallianus (de Vriese) Miq. (1842), et Encephalartos altensteinii var. eriocephalus de Vriese (1846). Species+ cite aussi les noms horticoles Zamia aurea et Zamia tricuspidata. Dyer (1965) jugeait que la forme naine de Port Elizabeth méritait peut-être le rang de variété, mais l’a maintenue dans l’espèce faute de pouvoir comparer les deux formes en culture ; aucune variété n’est reconnue aujourd’hui.
Étymologie et histoire
L’épithète vient du latin horridus, « hérissé, horrible », en référence aux folioles raides et piquantes (Haynes, 2022, via The World List of Cycads ; PlantZAfrica). Le nom de genre, choisi par Lehmann, signifie « pain dans la tête », parce que l’on préparait du pain avec la moelle de ces plantes dans leur pays d’origine (Lehmann, 1834).
L’espèce fait partie des premières cycadales sud-africaines cultivées en Europe. Selon Dyer (1965), le jardinier-collecteur viennois Scholl en rapporta des plantes, avec celles d’Encephalartos longifolius et d’Encephalartos cycadifolius, pour le jardin impérial de Schönbrunn, où Jacquin les décrivit et les illustra. Abondante localement autrefois, à en juger par le nombre de plantes en culture, elle a ensuite été massivement collectée : selon Dyer (1965), on en voyait encore çà et là au bord de la route d’Uitenhage à Steytlerville.
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté pour Encephalartos horridus. PlantZAfrica donne en anglais « Eastern Cape blue cycad » et « blue cycad », Species+ « Eastern Cape blue cycad », d’après la couleur de son feuillage. Aucun nom afrikaans ou xhosa propre à l’espèce n’est attesté dans une source vérifiable.
Dans la nature
Encephalartos horridus est endémique d’Afrique du Sud, limité aux districts de Port Elizabeth et d’Uitenhage, dans le Cap-Oriental (Dyer, 1965 ; PlantZAfrica). Le document d’avis de commerce non préjudiciable de la SANBI (approuvé en 2023, mis à jour en juin 2025) estime sa zone d’occurrence à environ 431 km². La forme typique pousse près d’Uitenhage dans un fourré karroïde riche en plantes succulentes ; la forme naine, à quelques kilomètres à l’ouest de Port Elizabeth, sur une colline de quartzite à végétation clairsemée (Dyer, 1965). Dyer illustre aussi une forme à tronc aérien, près d’Uitenhage, sur des schistes.
L’espèce appartient au biome du fourré d’Albany, où elle pousse dans des fourrés humides ou secs, souvent sur des affleurements et des crêtes de quartzite pauvres, mais aussi en sol profond et fertile (SANBI, 2023). PlantZAfrica cite le fourré karroïde, la prairie acide (« sourveld »), les sols profonds et les crêtes rocheuses, toujours en plein soleil. Les précipitations annuelles vont de 250 à 650 mm ; les étés sont chauds, les hivers frais à doux, et la zone est presque sans gel, les gelées y étant rares (PlantZAfrica).
Les populations comptent surtout des adultes, très âgés (durée de génération estimée à plus de 200 ans), qui forment de nombreux rejets ; les jeunes plants sont peu nombreux. Chaque tige ne porte qu’un cône, rarement deux, en moyenne tous les six ans, et les graines, dispersées par des animaux, tombent en général à moins de 20 m de la plante mère (SANBI, 2023). La pollinisation est assurée par des insectes (PlantZAfrica).
Statut de conservation et réglementation
Encephalartos horridus est classé en danger (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, selon les critères A2acd+4acd, qui portent sur une réduction de la population de plus de 50 % sur trois générations, passée et en cours. L’évaluation, due à J.D. Bösenberg, est datée du 1er juin 2020 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads, GBIF, Crossref) ; la Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée directement, pas plus que la Liste rouge des plantes d’Afrique du Sud (SANBI), dont PlantZAfrica reprend le classement en danger.
Le plan d’action de l’UICN pour les cycadales (Donaldson, 2003) le classait déjà en danger, avec 3 000 à 7 000 plantes, un déclin élevé, la surcollecte et la destruction de l’habitat comme menaces ; il cite l’expansion urbaine et les aménagements côtiers parmi les causes de disparition de populations. Le document de la SANBI de 2023 estime la population sauvage à plus de 2 000 plantes, mais très probablement à moins de 5 000 adultes. L’espèce a disparu de plusieurs secteurs, notamment avec l’urbanisation et les routes et voies ferrées entre Uitenhage et Despatch. Selon ce document, près de 300 plantes sauvages ont été arrachées illégalement dans le Cap-Oriental en 2008-2009, et 36 ont été récupérées près d’Uitenhage en 2016 ; une sous-population a perdu la moitié de ses plantes, puis est tombée depuis 2014 à moins de 20, et une autre, d’environ 150 plantes, a entièrement disparu. Des plantes ont aussi été volées dans les jardins botaniques nationaux. La demande internationale reste forte : le même document la range parmi les espèces les plus recherchées par les collectionneurs.
En Afrique du Sud, la récolte de cycadales sauvages (plantes et graines) est interdite depuis 2012 (avis gouvernemental n° 371), et l’espèce fait l’objet d’un plan national de gestion depuis 2017, qui prévoit le marquage des plantes sauvages par microdots. Comme toutes les espèces du genre, elle est inscrite à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages (liste en vigueur : règlement (UE) 2026/1383), selon Species+. Pour les plantes reproduites artificiellement provenant d’Afrique du Sud, l’Union européenne maintient depuis le 7 février 2013 un avis défavorable ; une nouvelle consultation sur l’ensemble du genre est ouverte depuis le 16 septembre 2026. En France, une plante proposée à la vente doit être issue de culture et accompagnée des documents CITES et européens exigés. Bases consultées le 20 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat.
Culture
PlantZAfrica décrit Encephalartos horridus comme une cycadale très robuste, adaptable et à croissance assez lente, qui convient aux régions tempérées et subtropicales. Elle demande le plein soleil, un drainage excellent, peu d’eau et un sol légèrement acide ; mieux vaut ne pas la planter au bord d’une allée, à cause de ses folioles piquantes. En culture, les plantes mâles peuvent produire plusieurs cônes successifs dans l’année. En Californie du Sud, à pluies d’hiver, l’espèce pousse dehors sans problème, alors qu’elle vient d’une région à pluies d’été (Wrinkle, 1983).
En Roussillon, un cultivateur indique sur le forum Fous de palmiers (janvier 2011) que sa plante, achetée jeune et plantée une douzaine d’années plus tôt dans un patio, ne reçoit que les pluies de la saison froide et fait environ trois feuilles par pousse, contre six pour son Encephalartos lehmannii ; en juin 2012, il montre cinq nouvelles feuilles et un rejet en formation, et précise qu’il l’arrose désormais, comme son Encephalartos lehmannii, une fois la chaleur installée, jusqu’au développement complet des feuilles. Elle a porté un cône mâle en janvier 2014. La photo ci-dessous montre une plante cultivée à la villa Thuret, à Antibes, où l’espèce est plantée avec Encephalartos lehmannii et Encephalartos longifolius.

Multiplication
Encephalartos horridus se multiplie par graines ou par rejets, qu’il produit en abondance (PlantZAfrica ; SANBI, 2023). Les rejets se transplantent facilement, mais leur prélèvement demande de l’expérience ; pour une première cycadale, PlantZAfrica conseille d’acheter un semis de pépinière, qui pousse plus facilement et plus vite. Dans le Var, un cultivateur décrit sur le forum Fous de palmiers (avril 2022) un rejet de la taille d’une orange, prélevé avec un début de racine, dont il a laissé sécher la plaie trois jours avant de le rempoter dans un pot profond rempli de pumice à 80 % et de terreau bien décomposé à 20 %, au sec, en serre. Les rejets ont normalement le même sexe que la plante mère (SANBI, 2023).
Pour obtenir des graines, il faut féconder un cône femelle avec le pollen d’un mâle de la même espèce, au bon stade. Les graines, rouges, sont toxiques : portez des gants pour retirer leur enveloppe charnue. Elles relèvent aussi de l’annexe I de la CITES.
Maladies et ravageurs
PlantZAfrica cite, pour les cycadales en Afrique australe, des chenilles de papillons et des pucerons sur les feuilles, des charançons sur les cônes, des larves de coléoptères qui creusent les tiges et provoquent des pourritures, et des fourmis et termites qui attaquent les racines et la partie souterraine du tronc. En culture en Europe, le risque principal reste la pourriture des racines et du tronc dans un sol froid et humide.

Rusticité
L’habitat d’Encephalartos horridus est presque sans gel (PlantZAfrica), mais l’espèce supporte des gelées légères à modérées, et le document de la SANBI de 2023 note que les cycadales « bleues » sont plus tolérantes au gel que les espèces vertes, ce qui les rend populaires sur le Highveld, le plateau intérieur, où les gelées d’hiver sont courantes. Les retours datés restent rares et portent surtout sur des plantes au sec ou abritées. Comme pour tous les Encephalartos, les survies au froid concernent souvent de jeunes plants dont le caudex est encore enterré, protégé par l’inertie thermique du sol ; chez cette espèce, le tronc reste d’ailleurs souvent souterrain.
En France
En Roussillon, le cultivateur cité plus haut indique que sa plante, plantée dans un patio où il fait −3 à −4 °C quand le jardin descend à −7 °C, n’a jamais eu de dégâts foliaires, avec un minimum absolu de −4 °C (janvier 2011) ; elle était intacte après quatre nuits de gel et un minimum de −5 °C, en décembre 2009. En août 2026, il résume : elle « résiste intacte vers −3 °C, à la rigueur −4 °C au sec ». Dans le Var, un membre du forum Fous de palmiers signale en novembre 2008 avoir vu des Encephalartos horridus en pleine terre au Jardin d’oiseaux tropicaux, aujourd’hui Jardin zoologique tropical, de La Londe-les-Maures ; aucune donnée de froid n’est publiée. Sur la Côte d’Azur, la villa Thuret, à Antibes, cultive l’espèce (photos de 2009 à 2014 sur le même forum), sans relevé de température publié. Aucun retour n’est documenté pour la façade atlantique ni pour l’intérieur des terres.
Repères internationaux
En Italie, à Ravenne, un cultivateur rapporte sur le forum Tropicamente qu’en serre froide, après une nuit à −7 °C puis une à −5 °C avec des journées sous zéro (hiver 2009-2010), toutes les feuilles de son Encephalartos horridus avaient les pointes brûlées mais restaient dressées, alors qu’Encephalartos lehmannii était complètement défolié ; il a repris ensuite et a même produit un rejet (2012). Un autre cultivateur italien, sans indication de lieu, signale qu’une seule nuit à −4 °C pendant l’hiver 2010-2011 a abîmé ses plantes. En Suisse, au nord des Alpes, un cultivateur montre en 2012 une plante en pot, hivernée en cave, qui a produit une nouvelle pousse. En Californie du Sud, l’espèce pousse dehors sans problème (Wrinkle, 1983).

Toxicité et précautions
Encephalartos horridus est l’une des premières cycadales dont la toxicité a été démontrée : en 1944, S.J. Van der Walt l’a rangé parmi les quatre plantes, sur seize étudiées, dont la toxicité était prouvée pour la première fois d’après la littérature dont il disposait. Comme les autres cycadales, il contient des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Portez des gants pour manipuler les graines et les folioles piquantes, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Le document de la SANBI de 2023 rappelle que les cycadales ont une importance culturelle en Afrique du Sud et que toutes les espèces sont exposées aux prélèvements pour la médecine traditionnelle et les usages spirituels, les récolteurs ne distinguant pas les espèces ; pour Encephalartos horridus, ces prélèvements, peut-être encore en cours, seraient limités mais destructeurs là où les plantes sont accessibles. Lehmann (1834) rapporte, pour l’ensemble des Encephalartos d’Afrique australe, que l’on préparait du pain avec leur moelle ; aucune source publiée ne décrit cet usage pour cette espèce en particulier.
Questions fréquentes
Encephalartos horridus est-il rustique en France ?
Peu de retours datés existent. En Roussillon, une plante abritée dans un patio résiste intacte à −3 °C, voire −4 °C au sec ; son habitat naturel est presque sans gel. En dehors du littoral méditerranéen, la culture en pot, rentrée l’hiver, reste la solution la plus sûre.
Comment le distinguer d’Encephalartos trispinosus ?
Par les cônes, surtout. Les écailles des cônes femelles d’Encephalartos trispinosus sont très ridées et pustuleuses, celles d’Encephalartos horridus assez lisses ; ses folioles sont aussi plus larges et ses lobes plus régulièrement tordus. L’origine aide : Encephalartos trispinosus vient de plus à l’est.
Et d’Encephalartos lehmannii ?
Encephalartos lehmannii a des folioles presque toujours entières, sans lobes épineux, des feuilles plus droites et un port plus robuste. Les deux espèces sont pourtant très proches génétiquement.
Pourquoi est-il si recherché ?
Pour son bleu intense et ses folioles armées, uniques dans le genre. Cette demande alimente le pillage des populations sauvages : n’achetez que des plantes issues de culture, avec leurs documents.
Pousse-t-il vite ?
Non, il est assez lent. En Roussillon, une plante en patio fait environ trois feuilles par pousse, deux fois moins qu’Encephalartos lehmannii dans le même jardin.
Peut-on le cultiver en pot ?
Oui, PlantZAfrica le recommande comme plante de bac. Le pot permet de le garder au sec et à l’abri du gel l’hiver ; un substrat très drainant est indispensable.
Est-il dangereux ?
Oui, à double titre. Ses folioles sont très piquantes, et la plante est toxique : sa toxicité a été démontrée dès 1944.
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Sites de référence
- The World List of Cycads, Encephalartos horridus : https://cycadlist.org/scientific_name/303 — nom accepté, publication (15 mars 1834), basionyme, synonymes, répartition, étymologie (Haynes 2022), statut UICN et critères, références. Liste de référence des cycadales (version 2026.08.15), fiable ; consultée directement le 20 octobre 2026.
- The World List of Cycads, description de Lehmann (PDF) : https://cycadlist.org/storage/proto/Encephalartos_horridus.pdf — Lehmann (1834), Nov. Stirp. Pug. 6 : création du genre, diagnose d’Encephalartos horridus. Source primaire (latin) ; passages sur l’espèce lus.
- PlantZAfrica (SANBI), Encephalartos horridus : https://pza.sanbi.org/encephalartos-horridus — noms anglais, formes, description, statut, répartition, habitat, climat, culture, multiplication, ravageurs (L.-N. Le Roux, Lowveld National Botanical Garden, avril 2003). Institution nationale sud-africaine, fiable ; consultée le 20 octobre 2026.
- SANBI, NDF Assessment for Encephalartos horridus, document d’appui (approuvé le 8 février 2023, mis à jour en juin 2025) : https://www.sanbi.org/wp-content/uploads/2026/03/Encephalartos-horridus-NDF-supporting-document.pdf — aire, effectifs, biologie, menaces, saisies, protection en Afrique du Sud. Autorité scientifique sud-africaine, fiable ; lu le 20 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Encephalartos horridus : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/26492/legal — annexe I de la CITES, annexe A de l’UE, avis de l’UE, nom anglais, synonymes. Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée par son API publique le 20 octobre 2026.
- GBIF, Encephalartos horridus : https://www.gbif.org/species/2683807 — statut du nom et catégorie UICN (EN). Base de référence, fiable ; consultée par son API.
- Crossref, évaluation UICN : https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T41905A51056703.en — auteur et date de l’évaluation (1er juin 2020). Métadonnées officielles ; consultées par l’API.
- Cycad Society of South Africa, The Latest Issue of Encephalartos: Edition 142 (18 septembre 2026) : https://cycadsociety.org/2026/09/18/the-latest-issue-of-encephalartos-edition-142/ — parenté génétique avec Encephalartos lehmannii, répartition côtière. Page publique de la société ; lue le 20 octobre 2026.
- The Cycad Society, Portrait of a species, par Guy Wrinkle (juillet 1983) : http://www.cycad.org/documents/TCN-Focus-Jul-1983-Encephalartos-horridus-altensteinii.pdf — répartition, forme naine près d’Uitenhage, hybrides avec Encephalartos longifolius, culture en Californie. Bulletin de société spécialisée ; lu par reconnaissance de caractères.
- Forum Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=12339 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=8427 — plante en patio en Roussillon (2009-2026), rejet dans le Var (2022), Jardin d’oiseaux tropicaux (2008), villa Thuret (2009-2014), hybrides en culture (2011). Forum de cultivateurs ; messages lus le 20 octobre 2026.
- Forum Tropicamente : https://www.tropicamente.it/forums/topic/encephalrtos-quale-consigliereste/ et https://www.tropicamente.it/forums/topic/encephalartos-horridus/ — serre froide à Ravenne (2009-2012), autres messages (2011-2012). Forum de cultivateurs ; lus le 20 octobre 2026.
Bibliographie
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- Lehmann, J.G.C. (1834). Encephalartos horridus. Allgemeine Gartenzeitung 2(11) : 86 ; et Novarum et minus cognitarum stirpium pugillus 6. Hambourg. [Combinaison nouvelle ; texte du Pugillus lu.]
- Hooker, W.J. (1863). Encephalartos horridus var. trispinosus. Curtis’s Botanical Magazine, planche 5371. [Cité par Dyer (1965) ; non consulté.]
- Dyer, R.A. (1965). The cycads of southern Africa. Bothalia 8 : 405-515. [Description, répartition, formes, distinction d’avec Encephalartos trispinosus, Encephalartos lehmannii et Encephalartos latifrons, histoire ; lu directement.]
- Wrinkle, G. (1983). Portrait of a species: Encephalartos horridus ; Encephalartos altensteinii. The Cycad Newsletter, juillet 1983. [Lu.]
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- Donaldson, J.S. (éd.) (2003). Cycads. Status Survey and Conservation Action Plan. IUCN/SSC Cycad Specialist Group, Gland et Cambridge. [Tableau des statuts, menaces ; lu directement.]
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- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]