Encephalartos latifrons

Encephalartos latifrons est une cycadale arborescente d’Afrique du Sud, endémique de la province du Cap-Oriental, où elle pousse sur des affleurements rocheux de quartzite des anciens districts d’Albany et de Bathurst. Cette espèce du genre Encephalartos se reconnaît à ses folioles très larges, vert foncé et brillantes, armées de lobes triangulaires piquants, et à ses feuilles dont l’extrémité se recourbe vers l’arrière. Décrite par Lehmann en 1837 (fascicule paru en 1838), elle a été rangée un temps comme variété d’Encephalartos horridus, sous le nom d’Encephalartos horridus var. latifrons. C’est l’une des cycadales les plus menacées d’Afrique : elle est classée en danger critique d’extinction et il n’en restait qu’environ 45 pieds sauvages en 2015 selon l’autorité scientifique sud-africaine.

L’essentiel sur Encephalartos latifrons

  • Nom accepté : Encephalartos latifrons Lehm. (1837, paru en 1838), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : Encephalartos horridus var. latifrons (Lehm.) Miq. (1842)
  • Famille : Zamiaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; « Albany cycad » en anglais
  • Répartition naturelle : Afrique du Sud, Cap-Oriental (anciens districts d’Albany, de Bathurst et d’Uitenhage), entre environ 115 et 725 m d’altitude
  • Statut UICN : en danger critique d’extinction (CR A2acd; C1+2a(i)), Liste rouge 2022
  • CITES et autres protections : annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 ; annexe A dans l’Union européenne ; avis défavorable de l’UE aux importations depuis l’Afrique du Sud depuis le 7 février 2013 ; récolte dans la nature interdite en Afrique du Sud
  • Rusticité documentée : aucune observation datée en culture ; l’habitat ne connaît qu’environ 5 jours de gel par an (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, affleurements rocheux de quartzite, en situation ouverte, dans le fynbos
  • Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à environ 3 m, souvent ramifié à la base ; feuilles de 90 à 100 cm ; folioles médianes jusqu’à environ 14 cm sur 6 cm
  • Toxicité : non étudiée pour l’espèce ; graines toxiques chez les autres Encephalartos (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Encephalartos latifrons ?

On reconnaît Encephalartos latifrons à ses folioles exceptionnellement larges pour le genre, ovales, vert foncé et luisantes, dont le bord inférieur porte quelques lobes triangulaires profonds et piquants, souvent tordus hors du plan de la foliole. La révision de M. P. Henderson (1945), établie sur la collection vivante du jardin botanique de Kirstenbosch, en donne la description la plus détaillée :

  • Tronc : dressé, le plus haut des plants de Kirstenbosch mesurait 8 à 9 pieds (environ 2,5 à 2,7 m) en 1945 ; Palmer et Pitman (1972) parlent de troncs de plus de 3 m, parfois ramifiés à la base ;
  • Feuilles : finement pubescentes quand elles sont jeunes, puis glabres, vert foncé, raides, jusqu’à 90 à 100 cm de long, l’extrémité plus ou moins recourbée, parfois complètement enroulée vers l’arrière ; pétiole jusqu’à 20 cm, au renflement basal épais entouré d’un collier blanchâtre bien visible ;
  • Folioles : chevauchantes, ovales à ovales-lancéolées, les médianes jusqu’à environ 14 cm de long et 6 cm de large, terminées par une courte épine brun foncé ; bord inférieur portant en général au plus 4 lobes triangulaires profonds et piquants, bord supérieur entier ou muni d’un ou deux lobes ; les folioles de la base de la feuille sont réduites, mais pas jusqu’à devenir des épines ;
  • Cône mâle : le seul observé en 1945 était solitaire, oblong-cylindrique, d’environ 50 cm de haut et 16 à 17 cm de diamètre, presque sessile, vert bleuté ;
  • Cône femelle : solitaire, oblong, sessile, d’environ 60 cm de haut et 23 cm de diamètre, vert ;
  • Graines : rouges, d’environ 5 cm de long et 2 à 2,5 cm de diamètre.

Dans la nature, les feuilles mortes restent longtemps accrochées au tronc et forment une « jupe » caractéristique sous la couronne, selon Swart et ses coauteurs (2019). Les mêmes auteurs comptent l’espèce parmi les cycadales à la croissance la plus lente et à l’intervalle le plus long entre deux floraisons, d’après Kemp (1986).

Hybrides

Aucun hybride naturel de Encephalartos latifrons n’est signalé dans les sources consultées. En culture, des plantes sont vendues sous des noms d’hybrides : un membre du forum italien Tropicamente a fait germer en 2013 des graines vendues comme Encephalartos arenarius × Encephalartos latifrons, et des membres du forum des Fous de palmiers cultivent des plants vendus comme Encephalartos latifrons × Encephalartos transvenosus. L’origine de ces plantes n’est pas vérifiable : seule la provenance d’une pépinière sérieuse et, à terme, l’aspect de la plante adulte permettent de juger.

Confusions possibles

La confusion la plus ancienne est celle avec Encephalartos horridus, autre espèce du Cap-Oriental aux folioles lobées : plusieurs des anciens synonymes de Encephalartos latifrons viennent de là. Henderson (1945) souligne pourtant que les deux espèces diffèrent nettement par l’aspect général, par les feuilles et par les cônes. Encephalartos horridus a un feuillage très glauque et reste beaucoup plus petit, alors que Encephalartos latifrons forme un tronc et garde des feuilles vert foncé et brillantes.

La seconde confusion concerne Encephalartos arenarius, dont les folioles sont aussi larges et lobées. Palmer et Pitman (1972) rappellent que cette espèce pousse dans les fourrés des dunes de sable du district d’Alexandria et n’atteint pas la taille d’un arbre. Swart et ses coauteurs (2019) notent eux aussi que les larges folioles de Encephalartos latifrons le font souvent confondre avec Encephalartos arenarius. Chez les jeunes plants, la distinction est encore plus difficile : un membre du forum Tropicamente rappelle en 2012 qu’un semis acheté sous ce nom peut ressembler à d’autres espèces et qu’il faut plusieurs années pour s’assurer de son identité.

Taxonomie

Encephalartos latifrons est un nom accepté par The World List of Cycads. Il a été publié par Lehmann dans le Tijdschrift voor Natuurlijke Geschiedenis en Physiologie (volume 4, fascicule 4, p. 424, planche 9), daté de 1837 mais paru en 1838 ; aucun spécimen type n’est cité, et la planche 9 est indiquée comme lectotype probable. L’IPNI cite la même publication (« iv. (1837-38) 424 »). En 1842, Miquel l’a ramené au rang de variété d’Encephalartos horridus dans sa Monographia Cycadearum ; ce nom est aujourd’hui un synonyme. Aucune étude récente n’a remis en cause le rang d’espèce.

La variabilité de l’espèce reste mal connue. Henderson (1945) décrit, à côté du « Encephalartos latifrons typique » de Bathurst, deux plantes de Kirstenbosch qu’il nomme « Encephalartos sp. aff. latifrons » : leurs feuilles sont plus longues et glauques, leurs folioles plus étroites, plus espacées et moins lobées, et le cône mâle de l’une diffère légèrement. Il conclut que l’espèce est sans doute variable et qu’il faudrait davantage de récoltes pour trancher. Ces plantes n’ont pas reçu de nom propre.

Étymologie et histoire

L’épithète latifrons vient du latin latus, « large », et frons, « fronde » ou « feuille », par allusion aux larges folioles (Haynes, 2022, cité par The World List of Cycads). Le nom de genre Encephalartos, créé par le même Lehmann, est expliqué sur la page du genre.

L’histoire de l’espèce est liée au jardin botanique national de Kirstenbosch, au Cap. En 1945, Henderson y décrit « une très belle collection de cette espèce rare », issue de plantes de Bathurst et de Grahamstown, et décrit le développement d’un cône femelle : sorti à la fin de février 1944, il atteint sa taille définitive en septembre et commence à se désagréger à la fin de novembre. D’après un extrait de la fiche PlantZAfrica du SANBI (site non consulté directement), cette collection remonte à Harold Pearson, premier directeur de Kirstenbosch, qui rassembla plus de 300 cycadales, et le botaniste Charles Joseph Chamberlain jugea l’espèce très lente lors d’une visite dans la vallée de Trappes, près de Grahamstown, en 1912.

Cette collection est devenue une cible. Selon la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (2021), des voleurs ont emporté 24 Encephalartos latifrons du jardin de Kirstenbosch en août 2014, au cours de deux nuits de pluie, pour une valeur de plus de 65 000 dollars américains ; le spécimen le plus précieux du jardin est depuis protégé par une cage.

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté pour Encephalartos latifrons. En anglais, l’espèce s’appelle « Albany cycad », d’après l’ancien district d’Albany ; ce nom figure dans Species+ et dans les documents du SANBI. Palmer et Pitman (1972) donnent un ancien nom anglais formé sur un terme aujourd’hui considéré comme injurieux en Afrique du Sud, qui n’est plus employé.

Dans la nature

Encephalartos latifrons ne vit qu’au Cap-Oriental. Henderson (1945) ne connaissait la forme typique que des divisions d’Uitenhage et de Bathurst (près de Paardepoort et dans la vallée de Trappes) ; Palmer et Pitman (1972) la situent dans les districts de Bathurst et d’Albany, dans les fourrés des pentes rocheuses. Selon Swart et ses coauteurs (2019), les plantes forment des groupes sur des affleurements de quartzite, dans le fynbos à quartzite du Suurberg, en compagnie d’arbres comme Oldenburgia grandis et Loxostylis alata, parfois en lisière de forêt. La région se trouve à la rencontre de deux points chauds de biodiversité, la région floristique du Cap et le point chaud de Maputaland-Pondoland-Albany.

Le climat est doux : pluies réparties sur l’année, avec des pointes au printemps (septembre à novembre) et en automne (mars-avril), environ 720 à 770 mm par an sur les deux sites étudiés, et seulement 5 jours de gel par an en moyenne dans ce type de végétation. Les populations étudiées se trouvent entre 115 et 176 m d’altitude près de la côte, et entre 480 et 725 m plus à l’intérieur. Le feu passe régulièrement : tous les deux ans environ sur le site intérieur, plus de quinze ans sur le site côtier (Swart et al., 2019).

Les cônes mâles libèrent leur pollen de juin à août, et le cône femelle se désagrège en décembre-janvier en libérant de 275 à 790 ovules (Swart et al., 2019). De 2013 à 2017, une population découverte en 2013 a montré une vraie régénération naturelle : 97 plantes, dont 55 % de plantules, deux femelles pour un mâle et une année de forte floraison en 2014-2015, où 80 % des mâles et 56 % des femelles ont porté des cônes. Aucune plante juvénile ou adulte n’y est morte pendant l’étude, mais 21 % des plantules ont disparu, dont un tiers à cause du feu ; les autres stades ont repoussé environ trois mois après les incendies.

Statut de conservation et réglementation

Encephalartos latifrons est en danger critique d’extinction. The World List of Cycads cite l’évaluation de la Liste rouge de l’UICN de 2022 (Bösenberg), avec les critères A2acd; C1+2a(i). L’évaluation précédente (Donaldson, 2010), reprise par le SANBI, retenait aussi le critère B2ab(ii,iii,v).

Les chiffres disponibles montrent un effondrement ancien. D’après les comparaisons de photographies et les plantes en collection, les populations sauvages ont perdu plus de 80 % de leurs effectifs en un siècle (SANBI, 2015). Swart et ses coauteurs (2019) attribuent ce déclin d’abord à la culture de l’ananas dans le district de Bathurst, qui a consommé des terres vierges jusqu’en 1957, puis aux prélèvements pour les jardins à partir des années 1960 : les archives des permis montrent la disparition de nombreux adultes entre 1960 et 1990. Le premier inventaire, en 1991, ne recensait que 63 adultes dans cinq populations, dont trois réduites à une seule plante. En 2015, le SANBI comptait environ 45 plantes sauvages, réparties à peu près également entre les deux localités principales, plus 17 plantes confisquées et replantées, dont 14 avaient survécu. Seules trois populations de plus de deux plantes sont connues (Swart et al., 2019).

Les menaces actuelles relevées par le SANBI (2015) sont le braconnage des plantes, le prélèvement des rejets, du pollen, des graines et des cônes sur les plantes restantes, un prélèvement limité d’écorce, et les projets de parcs éoliens et de carrière de chaux, qui faciliteraient l’accès aux plantes. En 2009, une affaire portait sur la détention et le transport illégaux de 25 adultes et 151 jeunes plants. Les puces électroniques posées sur toutes les plantes sauvages n’ont pas dissuadé les voleurs.

Réglementation, d’après Species+ (consulté le 2 octobre 2026) et le SANBI :

  • CITES : annexe I depuis le 4 février 1977, comme tout le genre ; le commerce international de plantes sauvages à des fins commerciales est interdit, les plantes reproduites artificiellement étant traitées comme des spécimens de l’annexe II (article VII de la Convention) ;
  • Union européenne : annexe A du règlement (CE) n° 338/97, liste en vigueur fixée par le règlement (UE) 2026/1383 ; le groupe d’examen scientifique de l’UE a émis un avis défavorable aux importations depuis l’Afrique du Sud, pour les plantes reproduites artificiellement (codes de source A et D), d’abord le 3 décembre 2010, puis de nouveau le 20 juin 2011 et le 7 février 2013 ; ce dernier avis est en vigueur ;
  • Afrique du Sud : récolte de cycadales sauvages interdite depuis février 2007 (réglementation TOPS, remplacée par l’avis gouvernemental n° 371 de mai 2012) ; espèce inscrite à l’annexe 3 (flore en danger) de l’ordonnance n° 19 de 1974 du Cap ; plan de gestion de la biodiversité propre à l’espèce publié en juin 2011 (avis gouvernemental n° 416 de 2011) ;
  • exportations : 1 125 spécimens exportés d’Afrique du Sud entre 1980 et fin 2011, dont 83 % après 1995 ; le SANBI juge ce commerce préjudiciable et n’admet l’exportation de semis que depuis des pépinières enregistrées auprès de la CITES.

Pour un amateur européen, cela signifie qu’un Encephalartos latifrons ne peut être acquis qu’avec les documents CITES et européens prouvant qu’il est issu de culture. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la situation sur Species+ et EUR-Lex avant tout achat ou toute importation.

Culture

Encephalartos latifrons est une plante de collection, rare et très lente, pour laquelle il n’existe presque pas de retours de culture publiés. Les seules indications fiables viennent de son habitat : une plante de rocailles de quartzite, bien drainées et ensoleillées, sous un climat doux sans véritable saison sèche.

  • Exposition : plein soleil pour un sujet adulte ; un membre du forum des Fous de palmiers conseille en 2013 de ne pas trop exposer un jeune semis, puis de le passer au plein soleil pour que la couronne reste compacte ;
  • Substrat : très drainant, minéral, comme les affleurements rocheux où pousse l’espèce ;
  • Arrosage et engrais : un membre du forum Tropicamente estime en 2012 qu’une bonne fertilisation et un bon drainage aident la plante, qui n’aime pas les climats humides ; c’est un avis de cultivateur, sans essai publié ;
  • Floraison : rare ; d’après un extrait de la fiche PlantZAfrica, les plantes de Kirstenbosch ont porté entre une et sept fois des cônes en vingt-cinq ans.

Multiplication

Encephalartos latifrons se multiplie surtout par graines, en pollinisant à la main, car les pollinisateurs naturels ne sont pas présents en culture. Les plantes de la population côtière sont pollinisées artificiellement depuis les années 1980 (Swart et al., 2019). Les graines doivent attendre plusieurs mois que l’embryon achève son développement avant de germer (Giddy, 1974). Selon le SANBI (2015), il est presque impossible de trouver des semis en Afrique du Sud, les négociants préférant attendre que les plantes grandissent pour les vendre cher ; environ 3 000 semis issus de graines récoltées sans permis depuis 2006 attendaient leur régularisation dans le cadre du plan de gestion, et 20 % étaient morts faute de soins.

L’espèce produit aussi des rejets à la base du tronc. Le SANBI rappelle que les rejets jouent un rôle mineur dans la régénération des cycadales et que ceux laissés en place après l’arrachage d’une plante survivent parfois. En culture, un rejet ne peut être prélevé que sur une plante détenue légalement.

Maladies et ravageurs

Peu de données existent pour Encephalartos latifrons. Swart et ses coauteurs (2019) ont observé une femelle dont les trois cônes ont été envahis par un champignon non identifié : ils ont noirci sans se désagréger et leurs graines étaient malformées et stériles, mais la plante a survécu. Dans la nature, le feu tue une partie des jeunes plantules. Aucune source consultée ne décrit de ravageur propre à l’espèce.

Rusticité

La rusticité de Encephalartos latifrons n’est pas documentée : aucun essai daté en pleine terre n’a été trouvé, ni en France, ni ailleurs. Son habitat, presque sans gel, laisse penser qu’il ne supporte pas les hivers froids, mais aucune valeur mesurée ne permet de le chiffrer.

En France

Aucun retour de culture de Encephalartos latifrons n’a été trouvé sur le forum des Fous de palmiers, ni pour le littoral méditerranéen, ni pour la façade atlantique, ni pour l’intérieur. Les seules mentions concernent des plants vendus comme hybrides avec Encephalartos transvenosus : un cultivateur de la région toulousaine indique en août 2026 qu’il n’envisage pas de les laisser dehors l’hiver. Ce n’est pas un essai.

Repères internationaux

Dans son habitat, l’espèce ne connaît en moyenne que 5 jours de gel par an (Rebelo et al., cités par Swart et al., 2019), à basse et moyenne altitude. Sur le forum Tropicamente, un cultivateur de Ravenne classe en 2012 Encephalartos latifrons parmi les Encephalartos à larges folioles vertes, jugés moins résistants au froid ; c’est une opinion, sans observation. Comme chez les autres Encephalartos, un jeune plant dont le caudex est enterré profite de l’inertie thermique du sol, alors qu’un sujet adulte à tronc aérien n’en bénéficie pas ; une éventuelle tolérance juvénile ne vaut donc pas pour une plante adulte. Faute de données, la culture en pot, à l’abri du gel et de la pluie en hiver, reste la seule option prudente sous climat tempéré.

Toxicité et précautions

Aucune étude n’a porté sur la toxicité de Encephalartos latifrons, mais il ne faut pas le considérer comme sans danger : la toxicité des Encephalartos est démontrée depuis 1944 pour Encephalartos horridus, et les graines des cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine) qui atteignent le foie, l’appareil digestif et le système nerveux. Les chiens qui mâchent les graines sont les plus exposés. Portez des gants pour nettoyer les graines, gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux, et en cas d’ingestion, contactez un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre à Encephalartos latifrons n’est décrit dans les sources consultées. Le SANBI (2015) signale seulement un prélèvement limité d’écorce sur les plantes sauvages, sans en préciser la destination ; à l’échelle du genre, les écorces de cycadales sont vendues pour la médecine traditionnelle sud-africaine (muthi), selon la Global Initiative (2021).

Questions fréquentes

Combien reste-t-il de Encephalartos latifrons dans la nature ?

Quelques dizaines de plantes adultes. Le SANBI en comptait environ 45 en 2015, répartis entre deux localités, plus 14 plantes confisquées replantées. Une population découverte en 2013 compte 97 plantes, dont une majorité de plantules, et se régénère naturellement (Swart et al., 2019).

Pourquoi Encephalartos latifrons est-il si menacé ?

Parce que ses populations, déjà petites, ont été détruites par l’agriculture puis pillées par les collectionneurs. La culture de l’ananas a fait disparaître une partie de l’habitat au XXe siècle, et les prélèvements de plantes, de rejets, de cônes et de graines continuent. L’espèce fleurit rarement, ce qui limite la régénération.

Quelle différence entre Encephalartos latifrons et Encephalartos horridus ?

Elle tient surtout au port et à la couleur. Encephalartos horridus reste petit et a des feuilles très glauques, bleu-gris ; Encephalartos latifrons forme un tronc et porte des feuilles vert foncé et brillantes, aux folioles plus larges. Les deux espèces ont des folioles lobées et piquantes, d’où les confusions anciennes.

Peut-on confondre Encephalartos latifrons et Encephalartos arenarius ?

Oui, surtout chez les jeunes plantes. Les deux espèces ont des folioles larges et lobées. Encephalartos arenarius pousse dans les dunes d’Alexandria et n’atteint pas la taille d’un arbre ; Encephalartos latifrons pousse sur des rochers de quartzite et forme un tronc de 2 à 3 m. Un semis vendu sans origine sûre reste difficile à identifier pendant des années.

Encephalartos latifrons est-il rustique en France ?

On ne sait pas, et c’est peu probable. Aucun essai n’a été publié et son habitat ne connaît que quelques jours de gel par an. Cultivez-le en pot, dans un substrat très drainant, et rentrez-le à l’abri du gel et de la pluie en hiver.

Peut-on acheter légalement un Encephalartos latifrons ?

Oui, mais seulement une plante issue de culture, avec ses documents. L’espèce est à l’annexe I de la CITES et à l’annexe A dans l’Union européenne, et l’UE a émis un avis défavorable aux importations de plantes reproduites artificiellement depuis l’Afrique du Sud. Avant tout achat, exigez les certificats et vérifiez la réglementation en vigueur.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Lehmann, J. G. C. (1837, paru en 1838). Encephalartos latifrons. Tijdschrift voor Natuurlijke Geschiedenis en Physiologie 4(4) : 424, pl. 9. [Description originale ; non consultée, référence vérifiée sur WLoC et l’IPNI.]
  • Miquel, F. A. W. (1842). Monographia Cycadearum. Utrecht, p. 59. [Combinaison Encephalartos horridus var. latifrons ; non consulté, référence d’après WLoC.]
  • Henderson, M. P. (1945). Materials for a revision of the South African species of Encephalartos. Journal of South African Botany 11 : 3-65 (p. 22-27). [Description, répartition, collection de Kirstenbosch ; consulté directement.]
  • Palmer, E. et Pitman, N. (1972). Trees of Southern Africa. Balkema, Le Cap. [Description et habitat ; lu par les citations de The Gymnosperm Database.]
  • Kemp, M. (1986). Focus on Encephalartos latifrons. Encephalartos 8 : 8-15. [Croissance et floraison ; non consulté, cité par Swart et al. 2019.]
  • Swart, C., Rowswell, R., Donaldson, J. et Barker, N. (2019). Population structure and survival of the critically endangered cycad Encephalartos latifrons in South Africa. South African Journal of Botany 127 : 80-90. doi:10.1016/j.sajb.2019.08.034 [Démographie, feu, climat, biologie de la reproduction ; consulté directement.]
  • South African National Biodiversity Institute (2015). NDF assessment for Encephalartos latifrons. Scientific Authority of South Africa. [Effectifs, menaces, réglementation ; consulté directement.]
  • Department of Environmental Affairs (2011). Biodiversity Management Plan for Albany cycad (Encephalartos latifrons). Avis gouvernemental n° 416 de 2011. [Cité par le SANBI ; non consulté.]
  • Bösenberg, J. D. (2022). Encephalartos latifrons. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41892A51052295. [Statut CR ; non consulté (site bloqué), d’après WLoC.]
  • Haynes, J. L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie ; d’après WLoC.]
  • Global Initiative Against Transnational Organized Crime (2021). « Loved to death » : poaching for the horticultural market threatens cycads in South Africa. Risk Bulletin 22. [Vol de Kirstenbosch ; consulté directement.]
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