Cycas szechuanensis

Cycas szechuanensis est un cycas à tronc du sud-est de la Chine, présent dans les provinces du Guangdong et du Fujian, où il pousse dans les forêts humides de plaine et de basses collines, souvent au bord des ruisseaux. Cette espèce du genre Cycas porte un nom trompeur : elle a été décrite en 1975 à partir de plantes cultivées dans un temple du mont Emei, au Sichuan, alors qu’elle n’est pas originaire de cette province. Depuis 2021, elle englobe aussi les plantes du Guangdong décrites en 1996 sous le nom de Cycas fairylakea, nom encore très employé en Chine. C’est l’un des cycas les plus menacés du pays : l’UICN le classe en danger critique d’extinction.

L’essentiel sur Cycas szechuanensis

  • Nom accepté : Cycas szechuanensis W.C.Cheng & L.K.Fu (1975), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : Cycas fairylakea D.Yue Wang (1996) et Cycas szechuanensis subsp. fairylakea (D.Yue Wang) N.Liu (2004), synonymes selon The World List of Cycads et Species+ ; dans la Flora of China (1999), le nom couvrait au contraire des plantes rattachées aujourd’hui à Cycas guizhouensis
  • Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales ; section Stangerioides (Hill, 2008)
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; en chinois 四川苏铁 (si chuan su tie, « cycas du Sichuan »), dans la Flora of China
  • Répartition naturelle : Chine, provinces du Fujian et du Guangdong selon The World List of Cycads ; populations résiduelles signalées jusqu’à Wuzhou, dans le Guangxi (Liang et collègues, 2024)
  • Statut UICN : en danger critique (CR), évaluation de M. Calonje publiée en 2024, après celle de K.D. Hill (2010, CR A2acd)
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; en Chine, plante sauvage protégée de première classe sous le nom de Cycas fairylakea (liste nationale de 2021)
  • Rusticité documentée : aucune donnée publiée vérifiable (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, forêts fermées et bois humides, sous-bois et lisières, souvent au bord des ruisseaux, sur des sols plutôt fertiles, entre 25 et 300 m d’altitude dans les populations étudiées
  • Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 2 m, de 15 à 33 cm de diamètre ; 6 à 40 feuilles de 1,2 à 3,8 m (Hill, 2008)
  • Toxicité : aucune analyse propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas szechuanensis

Par ses mégasporophylles à limbe rond, profondément pectiné, sans large épine terminale, et par ses grosses graines. Selon Hill (2008), ce sont les caractères qui le séparent de Cycas taiwaniana, l’espèce la plus proche, dont l’épine terminale mesure 7 à 30 mm de large à la base et dont les graines sont plus petites. La description qui suit est celle de Hill pour l’ensemble de l’espèce :

  • Tronc : arborescent, jusqu’à 2 m de haut, de 15 à 33 cm de diamètre au point le plus étroit ; couronne de 6 à 40 feuilles.
  • Feuilles : vert foncé, très brillantes, de 120 à 380 cm, planes ou à peine carénées, portant 90 à 220 folioles et couvertes à l’émergence d’un duvet brun foncé qui tombe quand elles s’étalent ; rachis terminé par une paire de folioles ou par une épine de 8 à 25 mm ; pétiole de 50 à 130 cm (25 à 40 % de la feuille), glabre, épineux presque sur toute sa longueur.
  • Folioles médianes : de 230 à 440 mm sur 14 à 21 mm, nettement bicolores, espacées de 10 à 24 mm et un peu tournées sur le rachis ; planes, à bords plats, sommet aigu non piquant et nervure saillante dessus.
  • Cataphylles : étroitement triangulaires, souples, de 50 à 60 mm et velus dans la forme type ; linéaires, de 80 à 100 mm et presque glabres dans la forme fairylakea.
  • Cônes mâles : non vus par Hill.
  • Mégasporophylles : de 16 à 24 cm, à tomentum brun, portant 4 à 8 ovules glabres ; limbe orbiculaire de 70 à 100 mm sur 60 à 110 mm, profondément pectiné, avec 28 à 42 épines latérales souples de 30 à 50 mm ; épine terminale non distincte des latérales, ou distincte mais étroite (12 à 40 mm de long, 2 à 8 mm de large à la base).
  • Graines : ovoïdes, jusqu’à 45 mm de long et 35 mm de large, sans couche fibreuse, à coque verruqueuse.

La description originale de Cheng et Fu (1975), très brève, rapproche l’espèce de Cycas siamensis et de Cycas rumphii, et l’en sépare par des feuilles de texture épaisse, des folioles longues de 30 cm au plus et larges de 1,2 à 1,3 cm, à base asymétrique, et par des mégasporophylles de 19 à 23 cm, à limbe arrondi au sommet et découpé en peigne sur les bords, portant en général 3 à 4 paires d’ovules ; sous les 1 à 3 ovules supérieurs, le bord externe porte souvent des lobes en alène. Elle ne donne ni la taille du tronc, ni la longueur des feuilles, ni celle des cônes.

Liang et collègues (2024) ajoutent une observation de terrain : chez les plantes du Guangdong (la forme fairylakea), les mégasporophylles sont serrés en une structure globuleuse compacte et ont un lobe terminal bien visible ; chez Cycas szechuanensis au sens strict, ils sont plus lâches et épineux, de forme ovale, avec un lobe terminal peu visible ou déjeté sur le côté. La valeur taxonomique de ces différences reste discutée.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole n’est décrit. Une étude génomique de six cycas du sud de la Chine (Tao et collègues, 2021) a toutefois mis en évidence d’anciens flux de gènes entre Cycas szechuanensis et Cycas dolichophylla, une espèce du nord du Vietnam et de l’extrême sud de la Chine.

Confusions possibles

La confusion la plus fréquente concerne les noms plus que les plantes : Cycas szechuanensis a été tour à tour mélangé avec Cycas guizhouensis et séparé de Cycas fairylakea. Les comparaisons utiles :

  • Cycas taiwaniana : l’espèce la plus proche, avec laquelle il forme le « complexe de Cycas taiwaniana » ; large épine terminale des mégasporophylles et graines plus petites (Hill, 2008). Les plantes du jardin du Lac des fées de Shenzhen, décrites ensuite sous le nom de Cycas fairylakea, avaient d’abord été identifiées à tort comme Cycas taiwaniana (Liang et collègues, 2024).
  • Les cycas de Hainan du même complexe, comme Cycas changjiangensis et Cycas hainanensis : dans l’étude génomique de Tao et collègues (2021), Cycas szechuanensis forme un groupe à part, frère de celui qui réunit Cycas changjiangensis et Cycas taiwaniana.
  • Cycas guizhouensis, des vallées sèches du Nanpan Jiang : la Flora of China (1999) l’incluait dans Cycas szechuanensis, et les deux espèces ont parfois été confondues avant la redécouverte de cette dernière dans la nature (Hill, 2008). Une plante cultivée sous le nom de Cycas szechuanensis peut donc appartenir à l’une ou à l’autre.
  • Le cycas du Japon, Cycas revoluta : feuilles plus courtes, folioles étroites, raides et à bords enroulés, contre des folioles planes de 14 à 21 mm de large.

Taxonomie

Cycas szechuanensis est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO, protégé contre les accès automatiques, n’a pas pu être consulté. W.C. Cheng et L.K. Fu l’ont décrit en 1975 dans Acta Phytotaxonomica Sinica (13(4) : 81-82, pl. 1, fig. 7-8), à partir de plantes cultivées au temple de Fuhu (伏虎寺) sur le mont Emei, au Sichuan. Le type est la récolte n° 33221 de Xiong Jihua, Zhang Xiushi et Jiang Xinglin, conservée à l’Institut de botanique de l’Académie chinoise des sciences (PE). La description originale cite aussi des plantes cultivées au temple Chunyang (纯阳殿) du mont Emei (Xing Gongxia et Lang Kaiyong 1573) et à Leshan (E.H. Wilson 5420), ainsi qu’une récolte de Ya’an (Wang Zuobin 8344), sans mention de culture pour cette dernière.

L’espèce appartient à la section Stangerioides, le grand groupe des cycas chinois et indochinois à cônes mâles souples, ovules glabres et graines jaunes à coque verruqueuse (Hill, 2008 ; Zheng et collègues, 2017).

Le contenu de l’espèce a beaucoup varié :

  • la Flora of China (Chen et Stevenson, 1999) en faisait une espèce large des vallées du Nanpan Jiang (nord-ouest du Guangxi, sud-ouest du Guizhou, est du Yunnan), incluant Cycas guizhouensis, et pensait que le type provenait de plantes stériles introduites au Sichuan depuis cette région ;
  • Hill (2008) a de nouveau séparé Cycas guizhouensis et reconnu dans Cycas szechuanensis deux sous-espèces : la forme type, connue alors seulement de l’est du Fujian, et la sous-espèce fairylakea de l’est du Guangdong, distinguée par l’épine terminale étroite mais nette des mégasporophylles et par des cataphylles plus longs et moins velus ;
  • Feng et collègues (2021, Taxon) ont étudié les six taxons du complexe avec trois méthodes de délimitation des espèces fondées sur des données moléculaires ; d’après le résumé de leur article, ils ne reconnaissent que deux espèces, Cycas taiwaniana et Cycas szechuanensis, qui absorbe fairylakea sans la distinguer. The World List of Cycads et Species+ suivent ce traitement.

Le nom Cycas fairylakea reste pourtant en usage : en 2024, Liang et collègues ont choisi de le garder, parce qu’il figure sur la liste officielle chinoise des plantes protégées, que les travaux antérieurs reposaient sur des échantillonnages incomplets et que leurs observations de terrain montrent des différences de mégasporophylles. La page consacrée à ce nom décrit en détail la forme du Guangdong.

Étymologie et histoire

L’épithète renvoie au Szechuan, aujourd’hui Sichuan, d’où venait la plante cultivée qui a servi de type (Haynes, 2022, repris par The World List of Cycads) ; Hill (2008) précise que le nom a été donné dans l’idée erronée que l’espèce était originaire de cette région.

L’histoire de l’espèce est marquée par cette origine en culture. Selon Hill (2008), la forme type n’a été retrouvée dans la nature qu’en 1999, dans l’est du Fujian, après avoir été considérée comme éteinte : la Liste rouge de 1997 la classait même éteinte (Ex), dans un traitement confus qui l’incluait aussi, en synonyme, dans Cycas guizhouensis. Les plantes du Guangdong ont été découvertes à l’état sauvage en novembre 1999 à Shenzhen, au réservoir de Meilin et dans le parc de Tanglangshan (Liang et collègues, 2024 ; Hill date cette découverte de 2000).

D’autres sources chinoises sont plus pessimistes pour la forme type : Zheng et collègues (2017) ne signalent aucune population sauvage, seulement des pieds femelles cultivés (au Sichuan, au Guizhou, au Fujian et au Yunnan), et Tao et collègues (2021), qui les citent, parlent d’environ 300 plantes cultivées dans le Guangdong, le Fujian et le Sichuan. La divergence tient sans doute au concept d’espèce adopté, mais aucune source ne l’explique clairement.

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté. La Flora of China donne le nom chinois 四川苏铁 (si chuan su tie, « cycas du Sichuan »), mais pour l’espèce prise au sens large de 1999.

Dans la nature

Selon The World List of Cycads, Cycas szechuanensis vit en Chine dans les provinces du Fujian et du Guangdong. Hill (2008) le décrit dans les forêts fermées humides ou les bois humides. Les populations les mieux connues sont celles du Guangdong, étudiées sous le nom de Cycas fairylakea : à Shenzhen, plus de 2 000 plantes au réservoir de Meilin et moins de 700 à Tanglangshan ; près de 450 à Taishan et plus de 2 000 à Yangjiang (Liang et collègues, 2024). Les mêmes auteurs citent d’autres localités dans le Guangdong (Shaoguan, Meizhou, Zhaoqing avec la réserve de Dinghushan, Yangchun), et hors de la province à Zhao’an (Fujian) et à Wuzhou (Guangxi) ; la plupart de ces populations ne comptent que des pieds femelles du même âge, sans régénération, et les auteurs y voient des reliques plutôt que des populations viables.

La plante recherche les milieux humides, les bords de ruisseaux et de fossés et les sols plutôt fertiles, et elle est rare dans les endroits secs et pauvres (études chinoises citées par Liang et collègues, 2024). À Taishan, elle poussait autrefois en sous-bois et en lisière de forêt au-dessous de 100 m, avant les plantations d’eucalyptus ; elle survit aujourd’hui surtout sur des pentes raides entre 150 et 300 m. À Yangjiang, elle occupe des pentes douces entre 25 et 300 m. Le Guangdong a un climat subtropical humide, avec une température moyenne annuelle de 18 à 24 °C et 1 300 à 2 500 mm de pluie, exposé aux typhons.

Dans les deux populations de Taishan et de Yangjiang, le rapport entre les sexes, déterminé par un marqueur génétique, est proche de 1:1 (165 femelles pour 157 mâles à Taishan, 667 pour 570 à Yangjiang). La structure par âge révèle en revanche une forte mortalité des jeunes plantes et une faible régénération naturelle.

Statut de conservation et réglementation

L’UICN classe Cycas szechuanensis en danger critique (CR). L’évaluation de K.D. Hill publiée en 2010 reposait sur le critère A2acd, c’est-à-dire un fort déclin observé ou estimé de la population (The World List of Cycads) ; une nouvelle évaluation de M. Calonje a été publiée dans la version 2024-2 de la Liste rouge (référence vérifiée sur Crossref), et GBIF relaie toujours la catégorie CR (consultation du 13 octobre 2026). La Liste rouge n’a pas pu être consultée directement. Selon Liang et collègues (2024), l’UICN accepte désormais l’inclusion de fairylakea dans l’espèce.

Les menaces citées sont la fragmentation de l’habitat, les perturbations humaines, les plantes invasives et la sylviculture (plantations de Cunninghamia lanceolata, de pins et d’eucalyptus) ; le braconnage aurait diminué depuis que le public la connaît comme plante protégée (Liang et collègues, 2024). L’étude génomique de Tao et collègues (2021) a trouvé chez Cycas szechuanensis la diversité génétique la plus faible des six espèces étudiées et un fort taux de consanguinité, signe d’un long déclin des populations. En Chine, le nom Cycas fairylakea figure en première classe sur la liste nationale des plantes sauvages protégées de 2021, et la ville de Shenzhen a créé une aire protégée au réservoir de Meilin.

Comme toutes les espèces du genre sauf Cycas beddomei, Cycas szechuanensis relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : graines, pollen, plantules et cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, sont exemptés, tandis que le commerce international des plantes vivantes exige un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, donc en France, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+ enregistre l’espèce, avec Cycas fairylakea en synonyme, et confirme ce statut (consultation du 13 octobre 2026). Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’est documentée.

Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez les documents de provenance et préférez des plantes nées de graines en culture, a fortiori pour une espèce en danger critique.

Culture

L’espèce est cultivée depuis longtemps : son type vient d’un temple du Sichuan, et Liang et collègues (2024) rapportent que les habitants de Yangjiang la plantent comme ornementale dans leurs cours. Aucune institution n’a pourtant publié de conseils de culture propres à l’espèce. Son milieu naturel, humide et sur sol fertile, suggère un substrat drainant mais pas aride et des arrosages réguliers pendant la croissance, sans eau stagnante : c’est une déduction tirée de l’habitat, non un résultat d’essais.

En France, des amateurs ont semé des graines vendues sous ce nom : sur le forum Fous de palmiers, en 2010, plusieurs messages décrivent leur germination (voir Multiplication), et, en 2012, un participant qui repérait un jeune plant chez un vendeur en ligne se demandait si l’espèce pourrait résister au gel. Aucun de ces messages ne donne de résultat de culture à l’extérieur. Le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a publié aucune observation sur cette espèce.

Multiplication

La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. Aucun protocole de germination propre à l’espèce n’a été publié. Les retours trouvés concernent des graines du commerce, dont l’identité n’est pas vérifiable. Sur le forum Fous de palmiers, en 2010, un amateur indique avoir fait germer ses graines dans une boîte en plastique fermée, puis avoir vu la graine à demi enterrée s’enfoncer dans le substrat, ce qu’un autre participant attribue aux racines contractiles des cycas ; un autre, qui avait semé début mai, avait fin août des plantules de 1 à 3 feuilles, tandis que quelques graines gonflées n’avaient pas encore germé, et d’autres graines restaient sans germe en novembre. Sur le forum italien Tropicamente, un cultivateur de Ravenne rapporte en 2009 que ses graines, restées inertes tout l’été, n’ont germé qu’après retrait de l’enveloppe charnue et une semaine sur une source de chaleur constante, qu’il estime à environ 35 °C. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 : pour une espèce en danger critique, exigez qu’elles proviennent de plantes cultivées.

Maladies et ravageurs

Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté. Comme tous les cycas, elle peut être attaquée en culture par les cochenilles, dont Aulacaspis yasumatsui, mais aucune sensibilité particulière ni aucun risque de Phytophthora ne sont documentés pour l’espèce.

Rusticité

Il n’existe aucune donnée publiée et vérifiable de résistance au froid pour Cycas szechuanensis. Il vit sous un climat subtropical humide aux hivers doux. L’idée qu’il serait plus rustique que d’autres cycas chinois, évoquée sur les forums en 2009 et 2012, n’a été confirmée par aucun résultat.

En France

Aucun résultat de culture en pleine terre ni en pot n’a été publié en France, que ce soit sur le littoral méditerranéen, sur la façade atlantique, en Bretagne ou à l’intérieur, et aucun épisode de gel daté ne concerne l’espèce. Sur le forum Fous de palmiers, l’espèce n’apparaît que dans des semis, des listes de collections et des questions, sans température ni résultat ; le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a rien publié à son sujet. Faute de données, la culture en pot, à l’abri du gel en hiver, reste le choix le plus prudent.

Repères internationaux

Aucune valeur de froid ni aucun retour de culture en extérieur daté n’est documenté hors d’Europe. En Italie, les seuls messages trouvés, sur le forum Tropicamente (Ravenne, 2009), concernent l’achat et le semis de graines commerciales, sans résultat ultérieur.

Toxicité et précautions

Il faut la considérer comme toxique, même si aucune analyse propre à Cycas szechuanensis n’existe. Le risque est bien documenté dans le genre : les tissus des cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA range le cycas du Japon parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, gardez graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, et portez des gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Selon les villageois interrogés par Liang et collègues (2024) à Taishan et à Yangjiang, le tronc était réduit en farine ou coupé en tranches pour être mangé en période de disette. Cet usage ne prouve pas que la plante soit sans danger et ne doit pas être imité (voir Toxicité et précautions). Aujourd’hui, l’espèce est surtout cultivée comme ornementale.

FAQ

Vient-il vraiment du Sichuan ?

Non. Le type a été récolté sur des plantes cultivées dans un temple du mont Emei, au Sichuan, mais l’espèce vit à l’état sauvage bien plus à l’est, dans le Guangdong et le Fujian.

Cycas szechuanensis et Cycas fairylakea sont-ils la même plante ?

Oui, selon la taxonomie actuelle (The World List of Cycads, à la suite de Feng et collègues, 2021) : Cycas fairylakea en est un synonyme. Certains botanistes chinois l’emploient pourtant encore comme nom d’espèce, et il figure sur la liste chinoise des plantes protégées.

Comment le distinguer de Cycas taiwaniana ?

Par le limbe rond des mégasporophylles, sans large épine terminale, et par des graines plus grosses, jusqu’à 45 mm (Hill, 2008). Sans cônes, la distinction est difficile.

Est-il menacé ?

Oui, gravement. L’UICN le classe en danger critique (évaluation de 2024), et il est protégé en première classe en Chine sous le nom de Cycas fairylakea.

A-t-il besoin de plus d’eau que Cycas revoluta ?

Probablement, mais c’est une déduction. Il vit en forêt humide, près des ruisseaux, sur des sols fertiles ; aucun essai de culture publié ne le confirme.

Est-il rustique en France ?

On ne le sait pas. Aucune donnée vérifiable de froid n’existe : faute de preuve, cultivez-le en pot, à l’abri du gel.

Où trouver des plantes ou des graines ?

Uniquement auprès de sources légales, pour des plantes ou des graines issues de culture. L’espèce est en danger critique et inscrite à la CITES ; de plus, des graines vendues sous ce nom peuvent correspondre à d’autres plantes, comme Cycas guizhouensis.

Est-il toxique ?

Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines dangereuses, surtout dans les graines.

À lire aussi sur Succulentes

Sites de référence

Bibliographie

  • Cheng, W.C. & Fu, L.K. (1975). [Cycas szechuanensis W.C.Cheng & L.K.Fu.] Acta Phytotaxonomica Sinica 13(4) : 81-82, pl. 1, fig. 7-8. [Description originale : diagnose latine, texte chinois et spécimens cités ; texte intégral lu le 10 octobre 2026.]
  • Wang, D.Y. (1996). Cycas fairylakea D.Yue Wang. In : Wang, F.X. & Liang, H.B. (éds), Cycads in China : 54. Guangdong Science and Technology Press. [Description du synonyme fairylakea ; non consultée, citée d’après IPNI et Hill (2008).]
  • Chen, C.J. & Stevenson, D.W. (1999). Cycadaceae. In : Wu, Z.Y. & Raven, P.H. (éds), Flora of China 4 : 1-7. Science Press, Pékin ; Missouri Botanical Garden Press, Saint-Louis. [Concept large de l’espèce ; version en ligne consultée.]
  • Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea 12(1) : 71-118. doi:10.7751/telopea20085804 [Description (p. 94-96), sous-espèces, distinction d’avec Cycas taiwaniana, histoire, section Stangerioides ; texte intégral consulté.]
  • Hill, K.D. (2010). Cycas szechuanensis. The IUCN Red List of Threatened Species 2010 : e.T42041A10635911. doi:10.2305/IUCN.UK.2010-3.RLTS.T42041A10635911.en [Évaluation CR A2acd ; référence relevée sur The World List of Cycads et Crossref, page non consultée.]
  • Calonje, M. (2024). Cycas szechuanensis. The IUCN Red List of Threatened Species 2024 : e.T42041A260590101. doi:10.2305/IUCN.UK.2024-2.RLTS.T42041A260590101.en [Évaluation en vigueur ; référence vérifiée sur Crossref, catégorie CR relevée via GBIF, page non consultée.]
  • Feng, X.Y., Wang, X.H., Chiang, Y.C., Jian, S.G. & Gong, X. (2021). Species delimitation with distinct methods based on molecular data to elucidate species boundaries in the Cycas taiwaniana complex (Cycadaceae). Taxon 70(3) : 477-491. doi:10.1002/tax.12457 [Inclusion de Cycas fairylakea dans Cycas szechuanensis ; résumé lu sur Crossref, texte intégral non consulté.]
  • Liang, D., Wei, Y., Wang, P., Liu, X., Wang, P., Liu, Y., Zeng, S. & Wang, R. (2024). Comparative ecological traits and environmental responses of two distinct populations of the critically endangered Cycas fairylakea in Guangdong, China. Frontiers in Ecology and Evolution 12 : 1490107. doi:10.3389/fevo.2024.1490107 [Populations, habitat, climat, rapport des sexes, menaces, usages, choix du nom ; article à comité de lecture, texte intégral consulté.]
  • Tao, Y., Chen, B., Kang, M., Liu, Y. & Wang, J. (2021). Genome-wide evidence for complex hybridization and demographic history in a group of Cycas from China. Frontiers in Genetics 12 : 717200. doi:10.3389/fgene.2021.717200 [Diversité génétique, flux de gènes, histoire démographique ; texte intégral consulté (PMC8435751).]
  • Zheng, Y., Liu, J., Feng, X. & Gong, X. (2017). The distribution, diversity, and conservation status of Cycas in China. Ecology and Evolution 7(9) : 3212-3224. doi:10.1002/ece3.2910 [Section, plantes cultivées connues, absence de population sauvage signalée ; texte intégral consulté (PMC5415521).]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie, reprise par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]