Cycas fairylakea

Cycas fairylakea est le nom donné en 1996 à un cycas du Guangdong, dans le sud de la Chine, où il pousse dans les forêts humides de plaine et de basses collines. Ce nom du genre Cycas n’est plus accepté comme espèce : The World List of Cycads le traite en synonyme de Cycas szechuanensis, à la suite de l’étude moléculaire de Feng et collègues (2021), alors que Ken Hill en faisait en 2008 une sous-espèce, Cycas szechuanensis subsp. fairylakea. Le nom reste pourtant très employé en Chine, où il désigne une plante protégée au plus haut niveau et en danger critique d’extinction. Cette page présente le nom fairylakea en signalant clairement son statut.

L’essentiel sur Cycas fairylakea

  • Statut du nom : synonyme de Cycas szechuanensis W.C.Cheng & L.K.Fu (1975) selon The World List of Cycads (version 2026.08.15) et Species+ ; sous-espèce pour Hill (2008) ; encore nom accepté dans GBIF ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Auteur du nom : Cycas fairylakea D.Yue Wang (1996) ; combinaison Cycas szechuanensis subsp. fairylakea (D.Yue Wang) N.Liu (2004)
  • Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; l’épithète renvoie au jardin botanique du Lac des fées (仙湖, Xianhu) de Shenzhen
  • Répartition naturelle : Chine, surtout le Guangdong (Shenzhen, Taishan, Yangjiang et d’autres localités) ; populations résiduelles signalées dans le Fujian et le Guangxi
  • Statut UICN : pas d’évaluation séparée ; Cycas szechuanensis, qui l’inclut, est en danger critique (CR), évaluation de M. Calonje publiée en 2024, après celle de K.D. Hill (2010, CR A2acd)
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (toute la famille, graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; en Chine, plante sauvage protégée de première classe (liste nationale de 2021)
  • Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, sous-bois et lisières de forêts sempervirentes humides, souvent au bord des ruisseaux, sur des sols plutôt riches, entre 25 et 300 m d’altitude
  • Port et dimensions adultes : tronc de 0,5 à 1,8 m sur 22 à 33 cm de diamètre ; couronne de 20 à 40 feuilles de 2,1 à 2,7 m (Hill, 2008)
  • Toxicité : aucune étude propre à cette plante ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)

Une mise au point taxonomique

En bref, Cycas fairylakea désigne aujourd’hui une forme du Guangdong de Cycas szechuanensis, mais certains botanistes chinois continuent à l’employer comme nom d’espèce. Wang Dingyue l’a publié en 1996 dans l’ouvrage Cycads in China. En 2008, dans sa révision des Cycas de Chine (Telopea), Ken Hill le rangeait comme sous-espèce de Cycas szechuanensis, reprenant une combinaison publiée par N. Liu en 2004. En 2021, Feng et collègues ont étudié les six taxons du « complexe de Cycas taiwaniana » avec trois méthodes de délimitation des espèces fondées sur l’ADN chloroplastique, des gènes nucléaires et des microsatellites ; d’après le résumé de leur article, ils n’y reconnaissent que deux espèces, Cycas taiwaniana et Cycas szechuanensis, et font de Cycas fairylakea un synonyme de la seconde. The World List of Cycads et Species+, la base officielle de la CITES, suivent ce traitement.

Le nom n’a pas disparu pour autant. En 2024, Liang et collègues, dans une étude écologique publiée dans Frontiers in Ecology and Evolution, ont délibérément choisi de le garder, pour trois raisons : il figure sur la liste officielle chinoise des plantes sauvages protégées ; les travaux antérieurs manquaient de spécimens de référence et d’échantillonnages complets ; et leurs observations de terrain montrent des différences dans la forme des mégasporophylles et des cônes femelles. Le lecteur rencontrera donc ce nom tantôt comme synonyme de Cycas szechuanensis, tantôt comme nom d’espèce dans la littérature chinoise de conservation. Les caractères décrits ci-dessous sont ceux que Hill attribue à la sous-espèce fairylakea.

Comment reconnaître Cycas fairylakea

C’est un cycas arborescent de taille moyenne, au tronc court et aux grandes feuilles vert foncé très brillantes. Selon Hill (2008), les plantes rapportées à ce nom se distinguent de la forme type de Cycas szechuanensis par l’épine terminale des mégasporophylles, étroite mais bien distincte, et par des cataphylles plus longs et moins velus. Le détail, d’après la description de Hill :

  • Tronc : arborescent, de 0,5 à 1,8 m de haut, de 22 à 33 cm de diamètre au point le plus étroit.
  • Feuilles : 20 à 40 par couronne, vert foncé, très brillantes, de 210 à 270 cm, planes ou à peine carénées, portant 126 à 162 folioles ; rachis souvent terminé par une épine de 8 à 25 mm ; pétiole de 49 à 80 cm (20 à 35 % de la feuille), glabre, épineux presque sur toute sa longueur.
  • Folioles médianes : simples, de 305 à 360 mm sur 12 à 19 mm, rétrécies à 5-7 mm à la base, espacées de 20 à 22 mm sur le rachis, planes, à sommet aigu non piquant et nervure médiane saillante dessus.
  • Jeunes feuilles : couvertes d’un duvet brun foncé qui tombe quand la feuille s’étale (caractère donné par Hill pour l’ensemble de l’espèce).
  • Cataphylles : linéaires, souples, finement soyeux ou glabres, de 80 à 100 mm.
  • Cônes mâles : non vus par Hill.
  • Mégasporophylles : de 18 à 20 cm, à tomentum brun, portant 4 à 6 ovules glabres ; limbe orbiculaire de 80 à 90 mm sur 60 à 70 mm, profondément pectiné, avec 32 à 42 épines latérales souples de 38 à 42 mm ; épine terminale le plus souvent distincte, de 12 à 40 mm de long et de 2 à 8 mm de large à la base.
  • Graines : non vues par Hill pour la sous-espèce ; pour l’espèce entière, il indique des graines ovoïdes jusqu’à 45 mm, sans couche fibreuse.

Liang et collègues (2024) ajoutent une observation de terrain : dans les plantes du Guangdong, les mégasporophylles sont serrés en une structure globuleuse compacte ; chacun a une forme de losange ou de triangle, large à la base et étroit au sommet, avec des lobes latéraux qui raccourcissent progressivement vers le haut et une face externe lisse. Chez Cycas szechuanensis au sens strict, les mégasporophylles sont au contraire lâches et épineux, de forme ovale, avec un lobe terminal peu visible ou déjeté sur le côté. La valeur taxonomique de ces différences reste discutée.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole n’est décrit sous le nom de Cycas fairylakea. Une étude génomique de six cycas du sud de la Chine (Tao et collègues, 2021) détecte toutefois, d’après son résumé, des signaux d’hybridation relativement forts entre Cycas dolichophylla et Cycas szechuanensis ; elle ne précise pas si les échantillons analysés appartenaient à la forme fairylakea.

Confusions possibles

La confusion la plus évidente est avec Cycas szechuanensis lui-même, dont fairylakea est aujourd’hui considéré comme une forme. Les autres concernent les espèces voisines du sud de la Chine :

  • Cycas szechuanensis au sens strict, de l’est du Fujian : cataphylles plus courts (50 à 60 mm) et velus, mégasporophylles sans épine terminale distincte (Hill, 2008), disposés de façon plus lâche selon Liang et collègues (2024) ;
  • Cycas taiwaniana : selon Hill, il se distingue de Cycas szechuanensis par la large épine terminale de ses mégasporophylles (7 à 30 mm à la base, contre 2 à 8 mm chez la forme fairylakea) et par des graines plus petites ; les plantes du jardin du Lac des fées avaient d’abord été identifiées à tort comme Cycas taiwaniana (Liang et collègues, 2024), et Chen et Stevenson (1999) les rattachaient encore à cette espèce, selon Hill ;
  • les cycas de Hainan du complexe, Cycas hainanensis, Cycas changjiangensis et Cycas lingshuigensis : Feng et collègues (2021) les rangent avec Cycas taiwaniana, tandis que fairylakea rejoint Cycas szechuanensis ;
  • Cycas guizhouensis : selon Hill, Cycas szechuanensis a parfois été confondu avec lui avant sa redécouverte dans la nature ;
  • le cycas du Japon, Cycas revoluta, de loin le plus cultivé : folioles bien plus étroites, raides et à bords enroulés, contre des folioles planes de 12 à 19 mm de large.

Taxonomie

Cycas fairylakea D.Yue Wang est aujourd’hui un synonyme de Cycas szechuanensis W.C.Cheng & L.K.Fu pour The World List of Cycads, qui cite aussi la combinaison Cycas szechuanensis subsp. fairylakea (D.Yue Wang) N.Liu parmi les synonymes ; POWO, protégé contre les accès automatiques, n’a pas pu être consulté. Le nom a été publié en 1996, à la page 54 de Cycads in China, dirigé par F.X. Wang et H.B. Liang (IPNI 993110-1). Selon Hill (2008), l’holotype est un spécimen récolté le 16 mai 1994 sur des plantes cultivées (Wang et Peng 2978) et conservé à l’herbier du jardin botanique de Shenzhen (SZG). Hill indique dans la citation du type une culture au jardin botanique de Chine du Sud, mais dans l’étymologie le jardin du Lac des fées : cette incohérence de la source n’a pas pu être levée.

L’histoire du nom tient en trois étapes. La Flora of China (Chen et Stevenson, 1999) réunissait ces plantes à Cycas taiwaniana. Hill (2008) reconnaissait dans Cycas szechuanensis deux sous-espèces : la forme type, connue alors seulement de l’est du Fujian, et la sous-espèce fairylakea de l’est du Guangdong. Feng et collègues (2021, Taxon) n’ont plus reconnu dans tout le complexe que deux espèces, Cycas szechuanensis, qui absorbe fairylakea, et Cycas taiwaniana ; leur article n’a pu être lu qu’en résumé. GBIF traite encore Cycas fairylakea comme un nom accepté, signe que les bases de données ne sont pas toutes alignées.

En pratique, une plante étiquetée Cycas fairylakea est à traiter comme un Cycas szechuanensis originaire du Guangdong.

Étymologie et histoire

L’épithète fairylakea vient du jardin botanique Fairy Lake (仙湖植物园, Xianhu, « lac des fées ») de Shenzhen, où étaient cultivées les plantes qui ont servi à la description (Hill, 2008). L’épithète szechuanensis renvoie au Sichuan : le type de Cycas szechuanensis venait d’une plante cultivée au temple de Fuhu, sur le mont Emei, dans l’idée erronée que l’espèce était originaire de cette région.

La plante n’a longtemps été connue qu’en culture. Les populations sauvages ont été découvertes en novembre 1999 dans la municipalité de Shenzhen, au réservoir de Meilin et dans le parc de Tanglangshan, selon Liang et collègues (2024) ; Hill (2008) date cette redécouverte de 2000. À la suite de cette découverte, la ville de Shenzhen a créé une aire protégée consacrée à l’espèce au réservoir de Meilin.

Noms communs

Aucun nom commun français n’est attesté. Les sources publiées ne donnent pas non plus de nom anglais ou chinois vérifié pour cette plante ; l’épithète reprend, latinisé, le nom anglais du jardin de Shenzhen (Fairy Lake, en chinois Xianhu, « lac des fées »).

Dans la nature

Les plantes nommées Cycas fairylakea vivent surtout dans le Guangdong, dans le sud de la Chine. Selon Liang et collègues (2024), le réservoir de Meilin abritait à lui seul plus de 2 000 plantes et le parc de Tanglangshan moins de 700. D’autres populations ont été trouvées ensuite dans le district de Qujiang (ville de Shaoguan) et à Heshan (ville de Jiangmen), mais elles ont décliné faute de protection, jusqu’à quelques individus cultivés et deux groupes de pieds femelles. Les mêmes auteurs citent d’autres localités dans le Guangdong (Lechang et Danxia, ville de Shaoguan ; Pingyuan et Dabu, ville de Meizhou ; réserve de Dinghushan et Huaji, ville de Zhaoqing ; réserve d’Ehuangzhang, ville de Yangchun), ainsi qu’à Makeng, dans le comté de Zhao’an (Fujian), et à Wuzhou (Guangxi) ; la plupart de ces populations ne comptent que des pieds femelles du même âge, sans régénération, et les auteurs y voient des reliques plutôt que des populations viables.

En 2024, la même équipe a étudié deux populations découvertes récemment à Taishan et à Yangjiang, sur la côte du Guangdong, qu’elle estime à près de 450 individus à Taishan et plus de 2 000 à Yangjiang. À Taishan, les plantes poussaient autrefois en sous-bois et en lisière de forêt au-dessous de 100 m d’altitude, avant l’arrivée des plantations d’eucalyptus ; elles survivent aujourd’hui surtout sur des pentes raides entre 150 et 300 m. À Yangjiang, elles occupent des pentes douces entre 25 et 300 m. Les communautés végétales sont des forêts de mousson sempervirentes subtropicales ; d’après des travaux antérieurs cités par les auteurs, la plante recherche les milieux humides, les bords de ruisseaux et de fossés et des sols plutôt fertiles. Le climat de la province est chaud et pluvieux (température moyenne annuelle de 18 à 24 °C, 1 300 à 2 500 mm de pluie), exposé aux typhons.

Le sexe de 322 individus a été déterminé par un marqueur génétique à Taishan (165 femelles et 157 mâles), et de 1 237 à Yangjiang (667 femelles et 570 mâles) : le rapport entre les sexes est proche de 1:1. La structure par âge, avec beaucoup de jeunes plantes et peu d’adultes, révèle cependant une forte mortalité aux premiers stades et une faible régénération naturelle. Selon des études antérieures, seule la population de Shenzhen produit des embryons normalement développés.

Statut de conservation et réglementation

La Liste rouge de l’UICN n’évalue pas Cycas fairylakea séparément : le nom est inclus dans Cycas szechuanensis, classé en danger critique (CR). L’évaluation de Ken Hill publiée en 2010 (critère A2acd), que cite The World List of Cycads, a été suivie d’une nouvelle évaluation de M. Calonje publiée dans la version 2024-2 de la Liste rouge (référence vérifiée sur Crossref), et GBIF relaie toujours la catégorie CR (consultation du 13 octobre 2026) ; la Liste rouge n’a pas pu être consultée directement. Hill (2008) donnait déjà le statut CR pour la sous-espèce fairylakea. Liang et collègues (2024) citent comme menaces la fragmentation de l’habitat, les perturbations humaines, les plantes invasives et la sylviculture (plantations de Cunninghamia lanceolata, de pins et d’eucalyptus) ; le braconnage aurait diminué depuis que le public la connaît comme plante protégée. En Chine, le nom Cycas fairylakea figure en première classe sur la liste nationale des plantes sauvages protégées de 2021.

Comme toutes les espèces du genre sauf Cycas beddomei, Cycas szechuanensis, et avec lui Cycas fairylakea, relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) : graines, pollen, plantules et cultures de tissus obtenues in vitro en conteneurs stériles sont exemptés, tandis que le commerce international des plantes vivantes exige un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, donc en France, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+ classe Cycas fairylakea en synonyme de Cycas szechuanensis, présent en Chine (consultation du 12 octobre 2026). Aucune protection nationale française propre à la plante n’est documentée. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, et demandez la preuve que la plante est issue de culture.

Culture

Aucune recommandation de culture n’a été publiée pour cette plante. Liang et collègues (2024) rapportent seulement que, dans les villages proches des populations étudiées, les habitants la cultivent comme plante ornementale dans leurs cours. Son milieu naturel (forêts sempervirentes humides, bords de ruisseaux, sols fertiles, climat subtropical chaud et pluvieux) suggère une plante qui aime la chaleur et l’humidité en été, à mi-ombre ou en lumière tamisée : c’est une déduction tirée de l’habitat, non un résultat de culture. Comme pour tous les cycas, un substrat bien drainé limite le risque de pourriture.

En France, aucune culture n’est documentée : sur le forum Fous de palmiers, le nom n’apparaît que dans des listes de graines recherchées ou achetées (2011-2013), sans aucun résultat de culture, et le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a rien publié sur cette plante.

Multiplication

La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. Aucun protocole de germination propre à cette plante n’a été publié. Liang et collègues rappellent des études selon lesquelles le taux de germination est faible et seule la population de Shenzhen produit des embryons bien développés. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4, mais toute récolte dans la nature irait à l’encontre de la protection de la plante en Chine.

Maladies et ravageurs

D’après des études chinoises citées par Liang et collègues (2024), les populations sauvages souffrent aussi de maladies et de ravageurs, sans autre précision. En culture, les cochenilles des cycas, dont Aulacaspis yasumatsui, peuvent toucher toutes les espèces.

Rusticité

Il n’existe aucune donnée de résistance au froid pour Cycas fairylakea, ni dans la nature ni en culture. Les populations sauvages vivent près de la côte du Guangdong, sous un climat subtropical à température moyenne annuelle de 18 à 24 °C, et rien ne permet d’affirmer que la plante supporte le gel. La pépinière britannique Trebrown classe Cycas fairylakea en zone USDA 9b (minimales moyennes annuelles de −3,9 à −1,1 °C) : c’est un classement commercial, sans observation de culture à l’appui.

En France

Aucun résultat de culture n’a été publié en France, ni en pleine terre ni en pot, ni sur le littoral méditerranéen, ni sur la façade atlantique, ni ailleurs, et aucun épisode de gel daté ne concerne cette plante. Faute de données, la culture en pot, à l’abri du gel en hiver, est la solution la plus prudente.

Repères internationaux

Aucun relevé de froid ni aucun retour de culture daté n’est documenté, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques. Sur le forum italien Tropicamente, le nom szechuanensis n’apparaît qu’à propos de l’achat et du semis de graines commerciales, en 2009, sans résultat de culture ni de froid.

Toxicité et précautions

Aucune analyse de toxicité propre à cette plante n’est documentée. Le risque est en revanche bien documenté dans le genre : les tissus des cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA range le cycas du Japon (Cycas revoluta) parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Un seul usage est documenté. Lors d’une enquête auprès des villageois de Taishan et de Yangjiang, Liang et collègues (2024) ont recueilli le témoignage qu’en période de disette, le tronc était réduit en farine ou coupé en tranches pour être mangé. Cet usage ne doit en aucun cas être imité : sans une longue détoxification, les tissus des cycas sont dangereux (voir Toxicité et précautions). Les habitants cultivent aussi la plante comme ornementale dans leurs cours.

FAQ

Cycas fairylakea est-il une espèce valide ?

Cela dépend de la source. The World List of Cycads et Species+ en font un synonyme de Cycas szechuanensis, Hill (2008) une sous-espèce ; certains botanistes chinois, comme Liang et collègues en 2024, l’emploient encore comme nom d’espèce, notamment parce qu’il figure sur la liste chinoise des plantes protégées.

D’où vient le nom fairylakea ?

Du jardin botanique Fairy Lake (« lac des fées », Xianhu) de Shenzhen, où étaient cultivées les plantes décrites en 1996.

Comment le distinguer de Cycas szechuanensis au sens strict ?

Surtout par les mégasporophylles. Hill (2008) indique une épine terminale étroite mais distincte et des cataphylles plus longs et moins velus ; Liang et collègues (2024) décrivent des mégasporophylles serrés en une structure globuleuse compacte. La valeur taxonomique de ces différences est discutée.

Où pousse-t-il ?

Surtout dans le Guangdong, en Chine : à Shenzhen (réservoir de Meilin, parc de Tanglangshan), à Taishan, à Yangjiang et dans quelques autres localités. Des populations résiduelles, presque uniquement femelles, sont signalées jusque dans le Fujian et le Guangxi.

Est-il menacé ?

Oui, gravement. Cycas szechuanensis, qui l’inclut, est en danger critique pour l’UICN (évaluation de 2024), et Cycas fairylakea est protégé en première classe en Chine.

Peut-on le cultiver en pleine terre en France ?

On ne le sait pas. Aucune donnée de froid ni aucun résultat de culture n’existe en France ; il vient d’une région subtropicale de Chine, et la culture en pot, à l’abri en hiver, est le choix le plus prudent.

Est-il toxique ?

Il faut le supposer. Aucune analyse n’existe pour cette plante, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Wang, D.Y. (1996). Cycas fairylakea D.Yue Wang. In : Wang, F.X. & Liang, H.B. (éds), Cycads in China : 54. [Description originale ; non consultée, citée d’après IPNI, Hill (2008) et The World List of Cycads.]
  • Cheng, W.C. & Fu, L.K. (1975). Cycas szechuanensis. Acta Phytotaxonomica Sinica 13(4) : 81. [Description originale de l’espèce qui inclut aujourd’hui le nom ; non consultée.]
  • Chen, C.J. & Stevenson, D.W. (1999). Cycadaceae. In : Wu, Z.Y. & Raven, P.H. (éds), Flora of China 4 : 1-7. Science Press, Pékin ; Missouri Botanical Garden Press, Saint-Louis. [Traitement réunissant ces plantes à Cycas taiwaniana ; cité d’après Hill (2008).]
  • Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea 12(1) : 71-118. doi:10.7751/telopea20085804 [Révision avec clé et description de la sous-espèce fairylakea (p. 94-96) ; texte intégral consulté.]
  • Hill, K.D. (2010). Cycas szechuanensis. The IUCN Red List of Threatened Species 2010 : e.T42041A10635911. [Évaluation CR A2acd ; référence relevée sur The World List of Cycads, page non consultée.]
  • Calonje, M. (2024). Cycas szechuanensis. The IUCN Red List of Threatened Species 2024 : e.T42041A260590101. doi:10.2305/IUCN.UK.2024-2.RLTS.T42041A260590101.en [Évaluation en vigueur ; référence vérifiée sur Crossref, catégorie CR relevée via GBIF, texte non consulté (accès bloqué).]
  • Feng, X.Y., Wang, X.H., Chiang, Y.C., Jian, S.G. & Gong, X. (2021). Species delimitation with distinct methods based on molecular data to elucidate species boundaries in the Cycas taiwaniana complex (Cycadaceae). Taxon 70(3) : 477-491. doi:10.1002/tax.12457 [Étude à l’origine de la mise en synonymie ; résumé lu sur Crossref, texte intégral non consulté.]
  • Tao, Y., Chen, B., Kang, M., Liu, Y. & Wang, J. (2021). Genome-wide evidence for complex hybridization and demographic history in a group of Cycas from China. Frontiers in Genetics 12 : 717200. doi:10.3389/fgene.2021.717200 [Signaux d’hybridation entre Cycas dolichophylla et Cycas szechuanensis ; résumé lu.]
  • Liang, D., Wei, Y., Wang, P., Liu, X., Wang, P., Liu, Y., Zeng, S. & Wang, R. (2024). Comparative ecological traits and environmental responses of two distinct populations of the critically endangered Cycas fairylakea in Guangdong, China. Frontiers in Ecology and Evolution 12 : 1490107. doi:10.3389/fevo.2024.1490107 [Histoire de la découverte, populations, écologie, usages locaux, choix du nom ; article à comité de lecture, texte intégral consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]