Encephalartos lehmannii

Encephalartos lehmannii est une cycadale d’Afrique du Sud, endémique de l’intérieur semi-aride du Cap-Oriental, où elle pousse surtout sur des collines et des montagnes de grès, de Willowmore et Steytlerville jusqu’à Uitenhage et Pearston. Cette espèce du genre Encephalartos, décrite en 1834 par Johann Georg Christian Lehmann d’après un nom proposé par le collecteur Christian Ecklon, forme des touffes de troncs dressés, d’un à deux mètres, coiffés de feuilles raides, presque droites, d’un bleu argenté, aux folioles généralement entières. PlantZAfrica la présente comme la plus rustique et la plus résistante à la sécheresse des cycadales sud-africaines. Longtemps prélevée dans la nature pour les jardins, elle est classée vulnérable par l’UICN. En France, elle compte parmi les rares Encephalartos suivis en pleine terre depuis une quinzaine d’années au moins sur le littoral méditerranéen.

L’essentiel sur Encephalartos lehmannii

  • Nom accepté : Encephalartos lehmannii Lehm. (1834), nom accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+
  • Anciens noms et synonymes : Zamia lehmanniana Eckl. & Zeyh. (nom cité par Lehmann, 1834) ; Encephalartos elongatus Lehm. (1838) ; Encephalartos lehmannii f. dentatus Regel ex J.Schust. (1932)
  • Famille : Zamiaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais « Karoo cycad » (PlantZAfrica, Species+)
  • Répartition naturelle : Afrique du Sud, intérieur du Cap-Oriental (bassins des rivières Groot et Sundays, Klein Winterberg)
  • Statut UICN : vulnérable (VU, critères A2acd+4acd), évaluation de J.D. Bösenberg datée de mai 2020, publiée en 2022
  • CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne, avec un avis favorable de l’UE (2011) pour les plantes reproduites artificiellement d’Afrique du Sud dont le caudex ne dépasse pas 15 cm de diamètre
  • Rusticité documentée : supporte des gelées modérées à fortes (PlantZAfrica) ; en Roussillon, plante adulte en pleine terre presque intacte à −7 °C pendant l’hiver 2009-2010 ; n’a pas survécu à −13 à −16 °C en Caroline du Nord (hiver 2013-2014) (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : plein soleil, sol neutre à alcalin très drainant, peu d’eau (PlantZAfrica)
  • Port et dimensions adultes : touffes de tiges de 1 à 2 m, rarement plus, de 25 à 45 cm de diamètre ; jusqu’à dix tiges ; feuilles de 1 à 1,5 m
  • Toxicité : graines et tissus à considérer comme toxiques, comme chez les autres Encephalartos (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Encephalartos lehmannii ?

C’est un Encephalartos bleu de taille moyenne, aux feuilles raides et presque droites, dont les folioles, régulièrement espacées, sont entières ou ne portent qu’une ou deux petites dents. Dyer (1965) le décrit ainsi, complété par PlantZAfrica et par la diagnose de Lehmann (1834) :

  • Tiges : simples ou, plus souvent, ramifiées depuis la base, de 1 à 2 m de haut, rarement plus, et de 25 à 45 cm de diamètre ; PlantZAfrica décrit des touffes de dix tiges au plus, avec des rejets à la base, et une écorce sèche, papyracée, marquée d’anneaux par les anciennes bases de feuilles ;
  • Feuilles : de 1 à 1,5 m, raides et presque droites, parfois un peu recourbées dans leur moitié supérieure, couvertes d’une pruine bleutée ou argentée durable ; la base du pétiole est renflée, avec un collet brun-rouge ; sur les vieilles plantes, les couronnes s’enchevêtrent et ne se distinguent plus (PlantZAfrica) ;
  • Folioles : espacées, rapprochées mais rarement chevauchantes dans la moitié supérieure, insérées en V ; celles du milieu de la feuille mesurent 12 à 18 cm sur 1,7 à 1,9 cm, à pointe piquante, entières ou portant parfois une ou deux petites dents sur la marge inférieure ; vers la base, elles diminuent jusqu’à une seule épine. Lehmann les disait déjà « pruineuses, glauques » et « très entières » ;
  • Cônes : un seul par tige, rouge noirâtre sur fond vert à cause d’un fin duvet sur les écailles ; cônes mâles subcylindriques, de 25 à 35 cm sur 8 à 10 cm, à écailles prolongées en bec d’environ 1,5 cm, portés selon PlantZAfrica par un court pédoncule de 5 à 12 cm ; cônes femelles plus ou moins ovoïdes ou en tonneau, de 45 à 50 cm sur environ 24 cm, dont les écailles saillent d’environ 2 cm. Dyer décrit leur face presque lisse, à l’exception d’une arête centrale et d’une facette terminale ; PlantZAfrica y voit des arêtes légèrement verruqueuses séparant des facettes lisses ;
  • Graines : rouges (Dyer, 1965), rouge foncé selon PlantZAfrica, d’environ 2 cm de diamètre.

Selon PlantZAfrica, les plantes portent des cônes tous les deux ans quand les pluies suffisent, et cessent d’en produire pendant les longues sécheresses.

Encephalartos lehmannii
Encephalartos lehmannii cultivé au Jardin botanique de la Ville de Nice

Hybrides

Aucun hybride naturel n’est décrit pour Encephalartos lehmannii. Dyer (1965) note qu’il côtoie parfois Encephalartos longifolius, par exemple à Paardepoort, sur le Klein Winterberg, sans qu’aucune hybridation ait été signalée entre les deux. Une analyse ADN récente, présentée par la Cycad Society of South Africa en septembre 2026, montre en revanche qu’Encephalartos horridus est étroitement apparenté à Encephalartos lehmannii, avec un flux de gènes élevé entre les deux espèces ; l’article lui-même est réservé aux membres et n’a pas été lu. En culture, des croisements se produisent dès que plusieurs espèces portent des cônes en même temps : un cultivateur avertit sur le forum Fous de palmiers (2011) que de nombreuses plantes vendues comme Encephalartos horridus sont issues de pollinisations croisées avec Encephalartos lehmannii. Une plante issue de graines de collection n’est donc pas forcément pure.

Confusions possibles

La confusion la plus fréquente se fait avec Encephalartos princeps, que la plupart des auteurs rangeaient dans Encephalartos lehmannii avant que Dyer ne le décrive en 1965. Selon Dyer, Encephalartos lehmannii a un renflement de la base des feuilles (pulvinus) et des cicatrices foliaires plus grands, des troncs plus courts et des folioles plus espacées ; Encephalartos princeps devient plus haut (jusqu’à 3 m, ou 5 m quand le tronc se couche), ses jeunes feuilles sont souvent poilues, ses folioles plus serrées, se chevauchant dans le tiers supérieur de la feuille, ses cônes sont groupés par deux ou plus, et la face des écailles de ses cônes femelles est verruqueuse. Les deux espèces ne poussent pas sur les mêmes roches : grès pour Encephalartos lehmannii, dolérite pour Encephalartos princeps, qui vit plus à l’est, dans le bassin de la Great Kei. Dyer ajoute que l’une comme l’autre peut porter quelques dents sur la marge inférieure des folioles : ce caractère ne suffit pas à les séparer.

Avec Encephalartos horridus, la différence tient surtout aux folioles : celles d’Encephalartos horridus portent un à trois lobes épineux tordus, ses feuilles sont fortement recourbées et sa taille plus petite ; la face des écailles de ses cônes femelles porte des côtes, alors qu’elle est presque lisse chez Encephalartos lehmannii (Dyer, 1965). Les deux espèces se rencontrent dans le district d’Uitenhage, Encephalartos horridus surtout dans la partie centrale, vallonnée, de la vallée de la Zwartkops, Encephalartos lehmannii dans les montagnes du Klein Winterberg ; selon la Cycad Society of South Africa (2026), Encephalartos horridus pousse plus près de la côte et Encephalartos lehmannii dans l’intérieur, plus aride.

Encephalartos trispinosus, longtemps rattaché lui aussi à Encephalartos lehmannii (Hutchinson et Rattray, Henderson), a des folioles munies d’un ou deux lobes épineux, des feuilles recourbées et tordues, et des écailles de cônes femelles ridées et pustuleuses ; il vit plus à l’est, dans les vallées des rivières Bushmans et Great Fish, surtout sur des schistes. Dyer le juge plus proche d’Encephalartos horridus que d’Encephalartos lehmannii. Enfin, Encephalartos longifolius, qui partage parfois ses stations, est un Encephalartos à tronc massif, jusqu’à 3 m, aux feuilles le plus souvent recourbées et aux folioles généralement vert foncé, plus longues et plus larges (jusqu’à 20 cm sur 4 cm), qui se chevauchent dans la moitié supérieure de la feuille ; certaines formes ont toutefois un reflet bleuté ou argenté (Dyer, 1965).

Taxonomie

Encephalartos lehmannii est un nom accepté par The World List of Cycads, GBIF et Species+. Lehmann l’a publié le 15 mars 1834 dans l’Allgemeine Gartenzeitung (vol. 2, n° 11, p. 86), puis dans le sixième fascicule de ses Novarum et minus cognitarum stirpium pugillus, où il crée le genre Encephalartos. Il y explique que les collecteurs Christian Ecklon et Carl Zeyher avaient découvert en 1832, à plus de 800 milles du Cap, près du pays des Thembu, trois nouvelles cycadales, dont l’une avait déjà été nommée Zamia lehmanniana par Ecklon en 1833 ; sa diagnose cite ce nom (« Ecklon in literis »). Le lieu de récolte du type n’est pas connu (The World List of Cycads).

Deux noms sont rangés en synonymie par The World List of Cycads : Encephalartos elongatus Lehm. (1838) et Encephalartos lehmannii f. dentatus Regel ex J.Schust. (1932), forme à folioles dentées. Species+ cite aussi Encephalartos spinulosus. Pendant plus d’un siècle, l’espèce a été comprise au sens large : Hutchinson et Rattray (1933), puis Henderson (1945), y incluaient les plantes que Dyer a nommées Encephalartos trispinosus en 1965, et la plupart des auteurs y rangeaient aussi celles qu’il a décrites la même année sous le nom d’Encephalartos princeps. Dyer a séparé ces espèces en s’appuyant surtout sur la face des écailles des cônes femelles : presque lisse chez Encephalartos lehmannii, côtelée chez Encephalartos horridus, ridée chez Encephalartos trispinosus, verruqueuse chez Encephalartos princeps. Pour le lecteur, cela signifie que les mentions anciennes d’Encephalartos lehmannii, dans la littérature comme sur les étiquettes, peuvent concerner l’une de ces espèces.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Johann Georg Christian Lehmann (1792-1860), botaniste allemand, directeur du jardin botanique de Hambourg, qui a créé le genre Encephalartos (Haynes, 2022, via The World List of Cycads ; PlantZAfrica). Contrairement à ce que l’on lit parfois, Lehmann ne s’est pas dédié l’espèce à lui-même : il a repris le nom choisi par Ecklon, qui l’avait appelée Zamia lehmanniana. Le nom de genre signifie « pain dans la tête », parce que l’on préparait du pain avec la moelle de ces plantes dans leur pays d’origine (Lehmann, 1834).

L’espèce a été cultivée très tôt en Europe : le catalogue de 1897 des plantes cultivées en plein air dans le jardin de Thomas Hanbury, à La Mortola, près de Vintimille, la mentionne déjà, comme l’Hortus Mortolensis de 1912. PlantZAfrica rappelle qu’autrefois de nombreuses plantes ont été prélevées dans la nature pour la culture.

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté pour Encephalartos lehmannii. PlantZAfrica et Species+ donnent en anglais « Karoo cycad », d’après le Karoo, la région semi-aride où il pousse. Aucun nom afrikaans ou xhosa propre à l’espèce n’est attesté dans une source vérifiable.

Dans la nature

Encephalartos lehmannii est endémique d’Afrique du Sud. Dyer (1965) le situe surtout sur les collines et les montagnes de grès du Cap, depuis les environs de Willowmore et de Steytlerville jusqu’à Uitenhage et Pearston : dans le district d’Uitenhage, il occupe les montagnes du Klein Winterberg, et, pour le reste, les bassins des rivières Groot et Sundays. The World List of Cycads indique le Cap-Oriental ; PlantZAfrica parle de l’intérieur du Cap-Oriental, dans les bassins de plusieurs rivières.

Son habitat est semi-aride, avec 250 à 350 mm de pluie par an, surtout en été, très irrégulière ; la plante supporte de longues sécheresses. Les étés y sont très chauds, les hivers froids, avec des gelées fréquentes. Elle pousse en plein soleil, sur des collines de grès et des pentes montagneuses, parfois en petits groupes sur sol dur et nu au bord de cours d’eau à sec, souvent entourée de buissons épineux, d’aloès et d’euphorbes ; cette végétation brûle moins souvent que certaines prairies (PlantZAfrica). Selon PlantZAfrica, ses graines peuvent germer même quand seules de légères brumes leur apportent de l’humidité.

Statut de conservation et réglementation

Encephalartos lehmannii est classé vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, selon les critères A2acd+4acd, qui portent sur une réduction de la population passée et en cours. L’évaluation, due à J.D. Bösenberg, est datée du 29 mai 2020 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads, GBIF, Crossref).

Le plan d’action de l’UICN pour les cycadales (Donaldson, 2003) le classait alors quasi menacé (NT), avec 5 000 à 7 000 plantes, un déclin faible, la surcollecte comme menace principale et une réduction mineure de l’habitat ; l’espèce était présente dans des aires protégées. Elle était considérée comme rare en 1997. Aucun document d’avis de commerce non préjudiciable de la SANBI n’a été publié pour cette espèce (liste consultée le 20 octobre 2026) ; celui qui concerne Encephalartos horridus (2023) rappelle que la récolte de cycadales sauvages est interdite dans toute l’Afrique du Sud, sauf à des fins de conservation ou de contrôle.

Comme toutes les espèces du genre, Encephalartos lehmannii est inscrit à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages (liste en vigueur : règlement (UE) 2026/1383), selon Species+. Pour les plantes reproduites artificiellement provenant d’Afrique du Sud, l’Union européenne a émis le 20 juin 2011 un avis favorable, limité aux plantes dont le caudex ne dépasse pas 15 cm de diamètre ; une nouvelle consultation sur l’ensemble du genre est ouverte depuis le 16 septembre 2026. En France, une plante proposée à la vente doit être issue de culture et accompagnée des documents CITES et européens exigés. Bases consultées le 20 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat.

Culture

PlantZAfrica décrit Encephalartos lehmannii comme une cycadale facile à cultiver, extrêmement robuste, adaptée aux régions tempérées, y compris semi-arides. Elle demande un sol neutre à alcalin, très bien drainé, peu d’eau et le plein soleil : à l’ombre et avec trop d’humidité, les feuilles perdent leur bleu métallique et verdissent.

En Roussillon, un cultivateur décrit sur le forum Fous de palmiers (2011-2014) une plante mise en pleine terre en plein soleil vers 1999-2000, alors qu’elle n’avait qu’un caudex de semis de 3 à 4 cm. Sa croissance a été soutenue dès le début : six ou sept feuilles en 2010, huit en juin 2012, une couronne d’un bon mètre de diamètre en 2012 et un caudex de 24 à 25 cm de diamètre en août 2014. Il l’arrose un peu l’été, un arrosage moyen tous les quinze jours, ou par des arrosages profonds et espacés dès que la chaleur est installée, fin mai ; la plante pousse vers la mi-juin ou en juillet, et n’a jamais fait deux pousses dans l’année. Les pluies d’automne, parfois 300 à 400 mm en quelques jours, ne lui ont jamais posé de problème, le drainage étant bon. En août 2026, il la juge plus robuste que son Encephalartos horridus.

En Corse-du-Sud, un autre cultivateur indique sur le même forum (août 2014) que ses deux Encephalartos lehmannii, de jeunes semis transplantés une quinzaine d’années plus tôt, ont mis quatre à cinq ans à redémarrer, puis ont produit chaque année des feuilles de plus en plus nombreuses ; leurs caudex mesuraient environ 18 cm de diamètre, et l’un d’eux a porté son premier cône, mâle, cette année-là. Dans le Var, un cultivateur qui garde en pot un rejet prélevé sur un pied mère, sorti d’avril à l’automne et rentré en serre l’hiver, a obtenu trois feuilles au printemps et deux à l’automne 2012, puis cinq en 2013 et cinq en 2014 ; ses jeunes feuilles sortent orangées puis virent au vert glauque. Dans le Tarn, un cultivateur le cultive en pot, à mi-ombre, protégé l’hiver, et le trouve parmi les plus rapides de ses Encephalartos (trois feuilles en 2013, quatre en 2014).

Encephalartos lehmannii
Encephalartos lehmannii cultivé dans un jardin du Var

La villa Thuret, à Antibes, en cultive un exemplaire en pleine terre (photo ci-dessous) ; aucun relevé de température n’a été publié pour cette plante.

Encephalartos lehmannii
Encephalartos lehmannii cultivé à la Villa Thuret à Antibes

Multiplication

Encephalartos lehmannii se multiplie par graines et par rejets, qui se transplantent facilement (PlantZAfrica). Pour obtenir des graines, il faut féconder un cône femelle avec le pollen d’un mâle de la même espèce, au bon stade ; les graines, rouges, sont toxiques : portez des gants pour retirer leur enveloppe charnue.

Les retours de culture montrent qu’un rejet ou une plante importée met du temps à repartir. Dans le Var, un rejet d’environ 5 à 6 cm de diamètre n’a fait qu’une feuille la première année, puis aucune la suivante, avant de pousser normalement (forum Fous de palmiers, 2011-2013). En Roussillon, la seconde tête apparue après un gel a été sciée sur deux ans, avec une partie des racines, puis mise en serre, où elle n’a fait aucune feuille l’année suivante ; deux grosses racines sectionnées à cette occasion, replantées, n’ont rien donné (forum Fous de palmiers, 2011). Les graines, les plantes et les rejets relèvent de l’annexe I de la CITES.

Maladies et ravageurs

PlantZAfrica cite, pour cette espèce en Afrique australe, des chenilles et des pucerons sur les feuilles, des coléoptères et des charançons sur les cônes, des larves de coléoptères qui creusent les tiges et provoquent des pourritures, et des fourmis et des termites qui attaquent les racines et la partie souterraine du tronc ; les infections bactériennes sont les plus difficiles à traiter. Il conseille de vérifier que les insectes présents sur les cônes sont bien des ravageurs et non des pollinisateurs avant tout traitement. En culture en Europe, le principal risque reste la pourriture des racines et du tronc dans un sol froid et détrempé.

Rusticité

PlantZAfrica indique qu’Encephalartos lehmannii supporte des gelées modérées à fortes ; son habitat connaît des hivers froids aux gelées fréquentes. Le document de la SANBI consacré à Encephalartos horridus (2023) note de plus que les cycadales « bleues » sont plus tolérantes au gel que les espèces vertes. Les retours de culture confirment une bonne tenue au froid sec, avec des limites nettes. Comme pour tous les Encephalartos, les survies au froid concernent souvent de jeunes plants dont le caudex est encore enterré, protégé par l’inertie thermique du sol ; une plante adulte à tronc aérien ne bénéficie pas de cette protection.

En France

Le retour le plus complet vient du Roussillon (forum Fous de palmiers, 2010-2012), pour la plante en pleine terre décrite plus haut :

  • les trois ou quatre premiers hivers, la plante était couverte de journaux puis d’un conteneur pendant les vagues de froid ; les premières années, la moitié extérieure des feuilles était fortement abîmée en dessous de −4 °C, dégâts qui ont disparu à mesure que la plante grossissait ;
  • vers 2005-2006, un gel à −7 °C avec dégel en journée a abîmé le feuillage (le cultivateur parle selon les messages de quelques feuilles violacées, dont une ou deux ont séché, ou d’une défoliation presque complète) ; surtout, la tête a démarré tard et s’est divisée en deux, signe, selon lui, que le point de croissance avait été touché ;
  • pendant l’hiver 2009-2010, 25 à 27 jours de gel, un minimum de −7 °C puis 40 cm de neige : feuilles un peu violacées, une seule grillée, qui n’ont pas séché, et reprise normale, avec six ou sept feuilles l’été suivant ;
  • pendant l’hiver 2010-2011, une dizaine de jours de gel et un minimum de −5 °C : certaines feuilles qui avaient subi les deux hivers ont partiellement roussi ;
  • en février 2012, −5 °C et douze à quinze jours de gel, caudex protégé par de l’écorce de pin : feuillage intact.

Le cultivateur en conclut que −7 °C semble la limite de résistance du feuillage en hiver sec, et que des températures inférieures à −8 °C peuvent atteindre le cœur. Dans le Var, un cultivateur rentre en serre son jeune plant en pot dès l’approche des gelées blanches. Sur la façade atlantique, à Concarneau (Finistère), des essais d’Encephalartos lehmannii et d’Encephalartos natalensis ont échoué en 2008, les plantes ayant pourri après l’hiver 2007-2008 (forum Fous de palmiers, janvier 2009) ; le mode de culture n’est pas précisé. Aucun retour n’est documenté pour l’intérieur des terres, en dehors de plantes en pot hivernées à l’abri (Tarn).

Repères internationaux

  • Italie : à Ravenne, un cultivateur rapporte sur le forum Tropicamente qu’un jeune Encephalartos lehmannii en pot, dehors à l’abri de la pluie et du vent, a supporté −3 °C pendant l’hiver 2008-2009 ; en janvier 2010, après la neige, les feuilles des deux dernières années étaient abîmées ; en février 2010, en serre froide, après une nuit à −7 °C puis une à −5 °C avec des journées sous zéro, la plante était entièrement défoliée, et il indique en 2012 qu’elle est morte. Un autre cultivateur italien, qui ne précise ni le lieu ni le mode de culture, écrit en avril 2011 qu’une seule nuit à −4 °C, l’hiver précédent, a « grillé » tous ses Encephalartos lehmannii. Sur l’île d’Elbe, une plante est en pleine terre depuis longtemps (photo de 2012). À Rome, l’Orto Botanico garde un exemplaire en pot dehors toute l’année (2012), qui avait trois rejets en 2013.
  • Angleterre : dans le sud-est de l’Essex, un cultivateur indique sur le forum Pushing the Borders (août 2025) que son Encephalartos lehmannii, en pleine terre, fait de nouvelles feuilles chaque année, contrairement à la plupart de ses autres cycadales ; les minimums y sont en général de −4 à −5 °C, le plus bas relevé dans ce jardin étant −8 °C (date non précisée).
  • États-Unis : au Juniper Level Botanic Garden, en Caroline du Nord, Encephalartos lehmannii n’a pas survécu en pleine terre, sans protection, à l’hiver 2013-2014, avec des minimums de −13 à −16 °C (9 à 4 °F) selon les emplacements ; Encephalartos longifolius, Encephalartos princeps et Encephalartos friderici-guilielmi non plus.
Encephalartos lehmannii
Encephalartos lehmannii cultivé aux Giardini botanici Hanbury, Italie
Encephalartos lehmannii
Encephalartos lehmannii cultivé sous serre au Palmengarten de Francfort, Allemagne

Toxicité et précautions

Aucune étude propre à Encephalartos lehmannii n’est documentée, mais le risque est documenté chez les autres cycadales : elles contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Portez des gants pour manipuler les graines et les folioles piquantes, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucune source publiée ne décrit d’usage traditionnel propre à Encephalartos lehmannii. Lehmann (1834) rapporte, pour l’ensemble des Encephalartos d’Afrique australe, que l’on préparait du pain avec leur moelle.

Questions fréquentes

Encephalartos lehmannii est-il rustique en France ?

Oui, sur le littoral méditerranéen et en sol bien drainé. En Roussillon, une plante en pleine terre depuis 1999 environ a supporté −7 °C avec des dégâts limités au feuillage ; en dessous de −8 °C, le cœur peut être touché. Ailleurs, la culture en pot, hivernée à l’abri, reste plus sûre.

Pourquoi mon Encephalartos lehmannii verdit-il ?

Le plus souvent par manque de lumière ou excès d’eau : PlantZAfrica précise qu’à l’ombre et avec trop d’humidité, ses feuilles perdent leur bleu métallique. Les jeunes feuilles sortent parfois orangées ou jaunâtres avant de prendre leur couleur, ce qui a été observé par plusieurs cultivateurs.

Comment le distinguer d’Encephalartos princeps ?

Par le port et les folioles. Encephalartos princeps a des troncs plus hauts, des folioles plus serrées qui se chevauchent dans le haut de la feuille, des cônes groupés et des écailles de cônes femelles verruqueuses ; Encephalartos lehmannii a des folioles plus espacées, des troncs plus courts et des cônes solitaires.

Et d’Encephalartos horridus ?

Encephalartos horridus a des folioles à lobes épineux tordus et des feuilles très recourbées ; celles d’Encephalartos lehmannii sont presque toujours entières, sur des feuilles presque droites. Les deux espèces sont pourtant très proches génétiquement.

Pousse-t-il vite ?

Pour un Encephalartos, assez. En Roussillon, une plante adulte fait six à huit feuilles par an, une fois la chaleur installée, mais jamais deux pousses dans l’année. Les plantes importées ou les rejets mettent souvent plusieurs années à repartir.

Faut-il l’arroser ?

Peu. Dans la nature, il reçoit 250 à 350 mm de pluie par an. En culture, quelques arrosages profonds en été, une fois la chaleur installée, déclenchent la pousse ; l’hiver, la plante doit rester au sec.

Est-il dangereux ?

Oui. Ses folioles sont piquantes, et, comme toutes les cycadales, il faut le considérer comme toxique, surtout ses graines.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Lehmann, J.G.C. (1834). Encephalartos lehmannii. Allgemeine Gartenzeitung 2(11) : 86 ; et Novarum et minus cognitarum stirpium pugillus 6. Hambourg. [Description originale ; texte du Pugillus lu (diagnose n° 9, découverte par Ecklon et Zeyher, nom Zamia lehmanniana).]
  • Hutchinson, J. & Rattray, G. (1933). Cycadaceae. Flora Capensis : 24-44. [Conception large de l’espèce ; cité par Dyer (1965) et The World List of Cycads, non consulté.]
  • Henderson, M.R. (1945). Materials for a revision of the South African species of Encephalartos. Journal of South African Botany 11 : 3-65. [Cité par Dyer (1965) et The World List of Cycads ; non consulté.]
  • Dyer, R.A. (1965). The cycads of southern Africa. Bothalia 8 : 405-515. [Description, répartition, distinction d’avec Encephalartos princeps, Encephalartos horridus, Encephalartos trispinosus et Encephalartos longifolius ; lu directement.]
  • Kemp, M. (1985). Focus on Encephalartos lehmannii. Encephalartos 4 : 12-17. [Revue de la Cycad Society of South Africa, réservée aux membres ; non consultée.]
  • Donaldson, J.S. (éd.) (2003). Cycads. Status Survey and Conservation Action Plan. IUCN/SSC Cycad Specialist Group, Gland et Cambridge. [Tableau des statuts ; lu directement.]
  • Bösenberg, J.D. (2022). Encephalartos lehmannii. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41934A51048152. [Évaluation citée par The World List of Cycads et Crossref ; non consultée directement.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie, via The World List of Cycads.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]