Zamia nana

Zamia nana est une petite cycadale à tige souterraine endémique du centre du Panama, connue seulement dans le cratère du volcan éteint d’El Valle de Antón et sur le cerro Turega voisin, dans la province de Coclé, où elle pousse dans le sous-bois sombre de forêts basses, entre 625 et 1 020 m d’altitude. Cette espèce du genre Zamia porte d’ordinaire une à cinq feuilles de 40 cm à 1 m, aux folioles longuement acuminées. Ses plantes ont circulé pendant plus de trente ans sous le nom de Zamia acuminata, avant d’être décrites comme espèce distincte en 2013 par Anders Lindström, Michael Calonje, Dennis Stevenson et Alberto Taylor. L’UICN la classe en danger d’extinction : son aire ne dépasse pas 40 km².

L’essentiel sur Zamia nana

  • Nom accepté : Zamia nana A.Lindstr., Calonje, D.W.Stev. & A.S.Taylor (2013), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; de 1976 à 2013, ces plantes étaient rapportées par erreur à Zamia acuminata
  • Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom attesté, ni en français ni dans une autre langue
  • Répartition naturelle : Panama, province de Coclé : cratère d’El Valle de Antón et cerro Turega, de 625 à 1 020 m
  • Statut UICN : en danger (EN, 2022), critères A2cd+4cd ; B1ab(i,iii,v)
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (inscription de la famille des Zamiaceae, graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; quota d’exportation nul fixé par le Panama pour les spécimens prélevés dans la nature
  • Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, sous-bois très ombragé (14 à 400 lux mesurés) de forêt sempervirente basse, sur argile et limon volcanique couverts d’humus et de litière, sol acide (pH 5,5)
  • Port et dimensions adultes : tige souterraine de 10 à 20 cm sur 7 à 8 cm ; 1 à 5 feuilles (rarement jusqu’à 11) de 40 à 100 cm
  • Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Zamia nana

Une petite taille, une tige enterrée, des folioles longuement acuminées et des cônes brun foncé la caractérisent. Les données qui suivent viennent de la description originale (Lindström et collaborateurs, 2013), établie sur des plantes du cratère d’El Valle de Antón.

Tige

La tige est souterraine, subglobuleuse à cylindrique, longue de 10 à 20 cm pour 7 à 8 cm de diamètre, à surface lisse et beige ; elle se ramifie parfois par dichotomie. Les cataphylles, petites feuilles écailleuses qui protègent le bourgeon, sont largement triangulaires et papyracées, avec une pointe étirée. Taylor et collaborateurs (2012) notent que, dans la nature, la plante n’a jamais de tige aérienne, mais que des plantes en pot peuvent en montrer une.

Feuilles et folioles

La plante porte 1 à 5 feuilles, rarement jusqu’à 11, longues de 40 cm à 1 m. Le pétiole, de 19,5 à 60 cm, porte quelques aiguillons et un duvet brun qui tombe ; le rachis, triangulaire en coupe, n’a que quelques aiguillons dans son tiers inférieur. Chaque feuille porte 9 à 34 folioles, opposées à alternes, très variables en longueur, en largeur et en forme sur une même feuille. Les folioles médianes, presque coriaces, vert moyen à vert clair, elliptiques-lancéolées, en coin à la base et longuement acuminées au sommet, mesurent 10,5 à 25 cm sur 1,6 à 4,1 cm ; leur marge est entière, avec une bordure nette et tranchante. Les jeunes feuilles sortent vert clair, légèrement duveteuses. Les premières feuilles des plantules portent 2 paires de folioles sur un pétiole sans aiguillons.

Le tableau comparatif du même article donne des valeurs un peu différentes pour Zamia nana : pétiole de 15 à 60 cm, rachis de 27 à 36 cm, folioles de 13,5 à 23,2 cm sur 2 à 3,3 cm. Les auteurs n’expliquent pas cet écart.

Cônes et graines

L’espèce est dioïque, avec des pieds mâles et des pieds femelles. Les cônes mâles, 1 à 3 par tige, apparaissent successivement ; coniques, couverts d’un épais duvet crème à brun, ils mesurent 4 à 7 cm sur 1,5 à 2,3 cm à l’émission du pollen, sur un pédoncule de 2,5 à 3,5 cm. Leurs écailles fertiles ont une face terminale nettement saillante et ne portent de sacs polliniques que sur la face inférieure. Les cônes femelles, 1 ou 2 par tige, cylindriques à ovoïdes, couverts d’un duvet beige à brun foncé, mesurent 6 à 10 cm sur 3 à 6 cm à maturité, sur un pédoncule vert foncé de 4 à 5 cm ; leur axe est rose clair. La graine, ovoïde, a une enveloppe charnue rouge à maturité ; sa coque dure mesure 14 à 15 mm sur 9 à 10 mm. Le nombre chromosomique est 2n = 24 (Norstog et Nicholls, 1997, sous le nom de Zamia acuminata).

Taylor et collaborateurs (2012), qui désignaient encore ces plantes sous le nom de Zamia acuminata, donnaient pour leurs graines 1,6 à 1,9 cm de long sur 0,4 à 0,5 cm de large, les plus petites des Zamia de l’isthme ; ces mesures, en particulier la largeur, ne concordent pas avec celles de la description de 2013.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole impliquant Zamia nana n’est documenté. Selon sa description, l’espèce semble pollinisée par un seul coléoptère, un Pharaxonotha non identifié.

Confusions possibles

La confusion principale, à l’origine même de la description de l’espèce, concerne Zamia acuminata, aujourd’hui considéré comme endémique du versant pacifique du Costa Rica (province de San José). Les deux espèces ont des folioles de forme voisine, mais Lindström et collaborateurs (2013) les séparent ainsi :

  • taille : Zamia nana est plus petite en tout (pétiole de 15 à 60 cm contre 60 à 89 cm, folioles de 13,5 à 23,2 cm sur 2 à 3,3 cm contre 17,7 à 34 cm sur 2,45 à 5,5 cm, d’après leur tableau) ;
  • tige : souterraine chez Zamia nana, en partie aérienne et longue jusqu’à 50 cm chez Zamia acuminata ;
  • cônes : brun foncé chez Zamia nana, gris-beige chez Zamia acuminata ;
  • écailles des cônes : face terminale saillante, ornée et nettement creusée chez Zamia nana, plus ou moins plate et lisse chez Zamia acuminata.

La répartition suffit souvent : les aires des deux espèces sont nettement disjointes (Lindström et collaborateurs, 2013). Au Panama même, d’autres petits Zamia à tige souterraine vivent loin de Coclé : Zamia cunaria et Zamia ipetiensis dans l’est du pays, Zamia dressleri, à folioles plissées, dans la province de Colón (Taylor et collaborateurs, 2012).

Taxonomie

Zamia nana A.Lindstr., Calonje, D.W.Stev. & A.S.Taylor est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. L’espèce a été publiée en mai 2013 dans Phytotaxa (volume 98, fascicule 2, pages 27 à 42, figures 6 et 7), dans un article intitulé « Clarification of Zamia acuminata and a new Zamia species from Coclé Province, Panama ». L’holotype (D. Stevenson et I. Valdespinos 1147), récolté le 9 janvier 1989 à 1 020 m d’altitude à El Valle, dans la municipalité d’Antón, est conservé à l’herbier de l’université de Panama (PMA, sur cinq planches), avec des isotypes à Chicago (F), au Fairchild Tropical Botanic Garden (FTG), à Kew (K), au Missouri Botanical Garden (MO), au jardin botanique de New York (NY) et à Utrecht (U).

L’Index international des noms de plantes (IPNI) enregistre un nom plus ancien, « Zamia nana hort. ex Miq. » (1844), cité seulement comme synonyme d’un Encephalartos et donc non validement publié (nom. inval., art. 36.1(c)) ; la World Checklist of Vascular Plants le range sous Encephalartos horridus. Il n’a aucun rapport avec la plante panaméenne et n’empêche pas l’emploi du nom de 2013.

Trente-six ans sous un autre nom

Zamia acuminata avait été décrit en 1884 par Thiselton-Dyer d’après une seule feuille stérile récoltée par Anders Ørsted, dont l’étiquette indique les bords du río San Juan, entre le Nicaragua et le Costa Rica. En 1976, Robert Dressler a récolté à El Valle de Antón un petit Zamia qu’il a rapporté à cette espèce, en jugeant que les plantes panaméennes concordaient avec les photographies du spécimen d’Ørsted. Stevenson (1993), puis d’autres auteurs, ont suivi cette identification, si bien que les plantes d’El Valle sont entrées dans les herbiers et les collections vivantes sous le nom de Zamia acuminata, alors qu’elles avaient des feuilles et des folioles bien plus petites que le type et poussaient à quelque 480 km de sa localité supposée. Whitelock (2002) et Schutzman (2004) soupçonnaient déjà une espèce non décrite.

En 2004, des recherches de Michael Calonje sur le versant pacifique du Costa Rica ont fait apparaître, dans la province de San José, des plantes dont les folioles correspondaient au type de Zamia acuminata mieux que celles d’El Valle. Une analyse statistique des dimensions des folioles a toujours classé le type avec les plantes costariciennes, et jamais une plante d’El Valle avec elles. Lindström et ses collaborateurs (2013) ont donc restreint Zamia acuminata au Costa Rica et décrit les plantes d’El Valle sous un nom nouveau, Zamia nana. Pour le lecteur, la conséquence est simple : les plantes panaméennes vendues ou étiquetées « Zamia acuminata » avant 2013 sont en général des Zamia nana. Michael Calonje le résumait ainsi lors de l’annonce de l’étude : Zamia nana « est bien connu en culture et dans les collections des jardins botaniques depuis des décennies sous le nom mal appliqué de Zamia acuminata, tandis que le vrai Zamia acuminata du Costa Rica est resté mal connu » (Bramblett, 2013).

Place dans le genre

En 2012, sous le nom de Zamia acuminata, Taylor et collaborateurs rangeaient ces plantes dans le « clade du Panama », qui réunit selon eux l’un des plus petits Zamia connus, la seule cycadale épiphyte (Zamia pseudoparasitica) et la plupart des grands Zamia à tronc. Lindstrom et collaborateurs (2024) l’ont échantillonnée dans leur phylogénie fondée sur le transcriptome, à partir d’une plante d’origine sauvage de Coclé cultivée au jardin botanique tropical de Nong Nooch (Thaïlande), sans commenter sa position dans le texte.

Étymologie et histoire

L’épithète vient du latin nanus, « nain » ou « petit » : les auteurs l’ont choisie pour la petite taille de l’espèce (description originale ; Haynes, 2022, repris par The World List of Cycads). L’histoire du nom se confond avec celle de la clarification de Zamia acuminata (voir Taxonomie). Les premières récoltes citées par la description originale sont celles de Robert Dressler, en 1976 ; les plantes étaient ensuite largement répandues dans les collections sous le nom de Zamia acuminata, à une date qui n’est pas documentée.

Noms communs

Aucun nom français n’existe, et aucun nom vernaculaire n’est attesté dans une autre langue ; Species+ n’en cite aucun. Dans le commerce et sur les forums, l’espèce apparaît encore sous l’ancien nom de « Zamia acuminata ».

Dans la nature

Zamia nana ne vit que dans le centre du Panama, dans la province de Coclé : à l’intérieur du cratère du volcan éteint d’El Valle de Antón et sur le cerro Turega, à environ 3 km à l’ouest de la crête du cratère. La description originale rappelle que la caldeira s’est effondrée il y a environ 56 000 ans, puis s’est remplie d’un lac, vidé il y a environ 12 000 ans par une brèche du rempart sud-ouest ; la ville d’El Valle de Antón occupe aujourd’hui le fond de la vallée.

L’espèce est commune sur les crêtes intérieures basses du cratère, de 625 à 1 020 m, en terrain plat sous forêt claire ou sur des pentes rocheuses raides. Le sol, argileux et fait de limon volcanique, est couvert d’un humus brun et d’une litière de 12 cm ; il est très humide et acide (pH 5,5). Zamia nana domine souvent le sous-bois d’une forêt sempervirente basse, de 8 à 10 m de haut, où poussent surtout des Erythrina, des Inga et le palmier Phytelephas. L’éclairement mesuré au niveau des plantes varie de 14 à 400 lux, en général 30 à 100, pour une humidité de 85 % : c’est un sous-bois très sombre. Les plantes voisines sont des bégonias, Pitcairnia heterophylla, des Philodendron, des Anthurium, des fougères Pteris, des Clusia, des Costus, des Monstera, Heliconia latispatha et, par endroits, le palmier Chamaedorea tepejilote.

Sur le forum des Fous de palmiers, un amateur qui a visité le cratère en janvier 2013 décrit une espèce localement très abondante, poussant souvent en petites colonies de 5 à 30 plantes, et montre une plante dont la tige a été mise à nu dans le lit d’un ruisseau ; il estimait alors la population hors de danger, une grande partie se trouvant dans une réserve. Les spécialistes ne partagent pas cet avis (voir Statut de conservation).

Reproduction

Selon la description originale, le pollinisateur semble être un seul coléoptère de la famille des Erotylidae, du genre Pharaxonotha, non identifié à l’espèce. Dans la nature, les cônes femelles réceptifs et les cônes mâles qui libèrent leur pollen s’observent fin janvier et en février, et il n’y a plus de cônes mâles à la mi-avril ; les graines mûres se voient d’octobre à fin janvier. Les cônes femelles réceptifs s’ouvrent au sommet et souvent par des fentes verticales.

Taylor et collaborateurs (2012) ont suivi une population de plus de 400 plantes pendant quatre saisons, de 1999 à 2002 : sur 170 plantes observées, 138 ont porté des cônes (65 femelles et 73 mâles), soit 81 %, mais seulement 46 (27 %) en 2002 ; le rapport des sexes est voisin de 1. Ils indiquaient aussi que les graines mûrissent en huit mois environ après la pollinisation, une exception parmi les Zamia du Panama, qui demandent en général un à deux ans. Des œufs, des chenilles et des adultes de papillons du genre Eumaeus ont été observés sur les jeunes feuilles et sur les cônes dans deux populations (Lindström et collaborateurs, 2013).

Statut de conservation et réglementation

Zamia nana est classée en danger d’extinction (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, au titre des critères A2cd+4cd ; B1ab(i,iii,v), selon l’évaluation d’A. Lindstrom datée du 6 janvier 2020 et publiée en 2022 (catégorie confirmée par GBIF le 18 octobre 2026 ; page de la Liste rouge non consultée, accès bloqué). Ces critères traduisent un déclin passé et attendu des effectifs, lié à la perte d’habitat et aux prélèvements, et une aire très réduite en déclin.

Avant 2013, ces plantes figuraient sur la Liste rouge sous le nom de Zamia acuminata, classé vulnérable (VU B2ab(v) ; C1) ; les descripteurs jugeaient cette évaluation peu fiable, puisqu’elle mêlait deux espèces. En 2013, ils estimaient l’aire totale à 40 km², connaissaient moins de six populations et entre 500 et 1 000 plantes adultes. Ils citaient comme principales menaces la destruction de l’habitat pour la construction de résidences et d’autres usages, et l’arrachage de plantes vendues sur les marchés locaux ; au moins la moitié de l’habitat d’origine aurait été déboisée. Jay Vannini (2019) signale de son côté que les plus grandes plantes subissent un braconnage continu de la part des visiteurs et que les vieux sujets sont nettement moins nombreux sur les sites connus qu’une dizaine d’années plus tôt.

Sur le plan réglementaire, Zamia nana relève de l’annexe II de la CITES au titre de l’inscription de la famille des Zamiaceae (sauf les espèces de l’annexe I), en vigueur depuis le 4 février 1977 selon Species+. L’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) exempte notamment les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement ; le commerce international des plantes elles-mêmes exige un permis. Dans l’Union européenne, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026 ; Species+ indique l’annexe A jusqu’en février 2017. Le Panama applique en outre, depuis le 19 juin 2025, un quota d’exportation nul pour les spécimens sauvages prélevés dans la nature (notification CITES n° 2025/079), sauf usages scientifiques, personnels, médicaux, éducatifs ou judiciaires.

Ces informations générales, relevées le 18 octobre 2026, ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture ; l’arrachage pour la vente est l’une des menaces de l’espèce.

Culture

Par sa petite taille, Zamia nana est l’un des Zamia tropicaux les plus faciles à loger, mais il lui faut de la chaleur toute l’année : en France, il se cultive en pot, en serre chaude ou en intérieur chauffé. Aucun jardin botanique n’a publié de guide de culture ; les indications disponibles viennent de praticiens et de la description originale.

  • Taille et pot : Cycadales.eu, pépinière spécialisée de Montpellier, la juge « idéale pour la culture en pot » (Lavaud, 2023) ; Jay Vannini (2019) la recommande aux cultivateurs qui ont peu de place au chaud, en précisant qu’elle porte peu de feuilles jeune mais peut former une belle couronne adulte.
  • Température : selon Cycadales.eu, elle préfère des températures moyennes de l’ordre de 25 °C ; pour l’ensemble de son groupe (Zamia d’Amérique centrale et des forêts de basse altitude), la même source conseille environ 22 °C la nuit, avec de brefs passages tolérés vers 15 °C, et 28 à 30 °C le jour, et juge ce groupe « difficile » hors des tropiques.
  • Lumière : dans la nature, l’éclairement ne dépasse guère 100 lux ; un amateur qui a visité son habitat la voyait en 2013 comme une bonne plante d’intérieur pour cette raison. On peut en déduire qu’elle demande une lumière filtrée, sans soleil direct ; un amateur conseillait d’ailleurs en 2013 de protéger du soleil les semis de Zamia panaméens qu’il avait distribués, faute de quoi leurs feuilles jaunissent.
  • Substrat et arrosage : Cycadales.eu conseille pour son groupe un substrat drainant et une eau neutres à acides ; le sol naturel, acide (pH 5,5), riche en humus et constamment humide, va dans le même sens. Une humidité de l’air élevée, de 70 à 90 %, est conseillée pour une croissance optimale.

Des plantes cultivées existent hors du Panama : en Thaïlande, où travaillait le premier auteur de la description (jardin botanique tropical de Nong Nooch), des plantes en culture forment leurs cônes au même rythme que dans la nature (Lindström et collaborateurs, 2013), et Vannini (2019) montre un sujet adulte cultivé dans une collection privée du nord-est du Queensland, en Australie. Sur le forum des Fous de palmiers, un amateur montre en février 2014 des semis de Zamia nana qui poussent « assez bien », sans préciser les conditions. Sur le même forum, le visiteur de 2013 note qu’une plante cultivée dans un jardin d’orchidées d’El Valle était nettement plus grande que les plantes sauvages.

Multiplication

L’espèce se multiplie par graines, après pollinisation d’une plante femelle par une plante mâle en cônes au même moment ; en culture, la pollinisation est en général manuelle. En Thaïlande, sur des plantes cultivées, les cônes femelles sont réceptifs en janvier et février, les graines mettent 9 à 11 mois à mûrir, en général en novembre et décembre, et germent en 15 à 20 jours (Lindström et collaborateurs, 2013). Taylor et collaborateurs (2012) indiquent que, dans une expérience menée à l’université de Panama, le taux de germination de ces graines baissait au fil de l’année et devenait négligeable au bout d’un an : il faut donc semer des graines fraîches, débarrassées de leur enveloppe charnue avec des gants. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4, mais elles doivent provenir de plantes cultivées d’origine légale. La tige se ramifie parfois ; aucune source ne décrit la division des souches en culture.

Maladies et ravageurs

Dans la nature, les chenilles de papillons du genre Eumaeus mangent les jeunes feuilles et les cônes (Lindström et collaborateurs, 2013) ; un amateur en a photographié les chenilles, la chrysalide et des feuilles rongées lors de sa visite de 2013. Aucune maladie propre à l’espèce n’est documentée. En culture, les Zamia craignent surtout la pourriture des racines et de la tige dans un substrat froid et détrempé, ainsi que les cochenilles. Parmi elles, Aulacaspis yasumatsui (« Asian cycad scale » en anglais), capable de tuer un cycas adulte en quelques mois (voir l’article lié plus bas), compte le genre Zamia parmi ses plantes hôtes selon la base de données de l’OEPP, d’après Marler, Lindström et Watson (2021) ; aucune attaque n’a été signalée sur Zamia nana en particulier.

Rusticité

Zamia nana n’est pas rustique : c’est une espèce tropicale de moyenne altitude, et aucune donnée de résistance au froid n’existe, ni dans la nature ni en culture. Les températures conseillées par Cycadales.eu (environ 25 °C en moyenne ; brefs passages vers 15 °C pour son groupe) décrivent les conditions d’une croissance saine, non une limite de survie.

En France

Aucune culture en pleine terre n’a été signalée en France, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne), et aucun épisode de gel daté ne concerne l’espèce. Les messages du forum des Fous de palmiers (2013-2014) concernent des semis ou des plantes en pot, sans valeur de température. En France, la seule culture raisonnable reste le pot en serre chaude ou en intérieur chauffé.

Repères internationaux

Aucun retour de froid n’a été publié, dans aucun pays. Les plantes cultivées connues poussent sous climat tropical (Thaïlande, nord-est du Queensland). La pleine terre n’est envisageable que sous un climat tropical humide, sans aucun gel.

Toxicité et précautions

Aucune étude de toxicité propre à Zamia nana n’a été publiée. Le risque est en revanche documenté dans le genre et chez les autres cycadales : des études pharmacologiques citées par The Gymnosperm Database ont trouvé chez les Zamia des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol (voir aussi l’article du site sur la toxicité des cycadales, lié plus bas), et l’ASPCA cite pour Zamia furfuracea la cycasine et la BMAA, un acide aminé neurotoxique, avec chez le chien, le chat et le cheval des vomissements, des diarrhées sanglantes et une atteinte du foie ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Petite et souvent cultivée en intérieur, la plante est facilement à portée des enfants et des animaux : faute de preuve contraire, considérez-la comme toxique, tenez graines et feuilles hors de leur portée et portez des gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel de Zamia nana n’est documenté. La seule utilisation signalée est commerciale : la description originale cite l’arrachage de plantes pour la vente sur les marchés locaux parmi les menaces.

FAQ

Zamia nana et Zamia acuminata, est-ce la même plante ?

Non, plus depuis 2013. Les plantes d’El Valle de Antón, au Panama, ont été appelées Zamia acuminata pendant des décennies, mais ce nom désigne aujourd’hui une espèce plus grande du Costa Rica. Une plante panaméenne étiquetée « Zamia acuminata » avant 2013 est en général un Zamia nana.

Pourquoi s’appelle-t-elle nana ?

Parce qu’elle est petite : nanus signifie « nain » en latin. Sa tige reste enterrée et ses feuilles dépassent rarement 1 m, alors que Zamia acuminata, avec lequel elle a été confondue, est nettement plus grand.

Est-ce une bonne plante d’intérieur ?

C’est l’un des Zamia les mieux adaptés au pot, d’après Cycadales.eu et Jay Vannini, et elle vit naturellement à l’ombre profonde. Elle demande toutefois de la chaleur toute l’année (autour de 25 °C selon Cycadales.eu) et une forte humidité de l’air, ce qui en fait plutôt une plante de serre chaude ou de vitrine que de salon ordinaire.

Où pousse-t-elle exactement ?

Uniquement dans la province de Coclé, au Panama : dans le cratère du volcan éteint d’El Valle de Antón et sur le cerro Turega voisin, entre 625 et 1 020 m, dans le sous-bois de forêts basses très ombragées.

Est-elle menacée ?

Oui. L’UICN la classe en danger d’extinction (EN, 2022) : son aire ne dépasse pas 40 km², elle compte moins de six populations et 500 à 1 000 adultes, et elle souffre de l’urbanisation du cratère et de l’arrachage de plantes pour la vente.

Combien de temps faut-il pour faire germer ses graines ?

Peu de temps si elles sont fraîches : en Thaïlande, les graines de plantes cultivées germent en 15 à 20 jours (Lindström et collaborateurs, 2013). Leur pouvoir germinatif baisse en revanche nettement en un an.

À lire aussi sur Succulentes

Sites de référence

Bibliographie

  • Lindström, A.J., Calonje, M., Stevenson, D., Husby, C. & Taylor, A. (2013). Clarification of Zamia acuminata and a new Zamia species from Coclé Province, Panama. Phytotaxa 98(2) : 27-42. doi:10.11646/phytotaxa.98.2.1 [Protologue de Zamia nana ; texte intégral lu.]
  • Taylor B., A.S., Haynes, J.L., Stevenson, D.W., Holzman, G. & Mendieta, J. (2012). Biogeographic insights in Central American cycad biology. In : Stevens, L. (éd.), Global Advances in Biogeography, p. 73-98. InTech. doi:10.5772/32253 [Données sur les plantes d’El Valle, alors nommées Zamia acuminata ; texte intégral lu.]
  • Lindstrom, A. (2022). Zamia nana. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T66910275A66910280. doi:10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T66910275A66910280.en [Évaluation en vigueur, EN A2cd+4cd ; B1ab(i,iii,v), datée du 6 janvier 2020 ; référence vérifiée sur Crossref, catégorie sur GBIF, critères sur The World List of Cycads, page non consultée (accès bloqué).]
  • Lindstrom, A., Habib, S., Dong, S., Gong, Y., Liu, J., Calonje, M., Stevenson, D. & Zhang, S. (2024). Transcriptome sequencing data provide a solid base to understand the phylogenetic relationships, biogeography and reticulated evolution of the genus Zamia L. (Cycadales: Zamiaceae). Annals of Botany 134(5) : 747-768. doi:10.1093/aob/mcae065 [Phylogénie du genre ; texte intégral lu (PubMed Central).]
  • Stevenson, D.W. (1993). The Zamiaceae in Panama with comments on phytogeography and species relationships. Brittonia 45(1) : 1-16. doi:10.2307/2806850 [Traitement des plantes d’El Valle sous le nom de Zamia acuminata, d’après Lindström et al. 2013 ; non consulté.]
  • Norstog, K.J. & Nicholls, T.J. (1997). The Biology of the Cycads. Cornell University Press, Ithaca. [Nombre chromosomique cité par Lindström et al. 2013 ; non consulté.]
  • Bramblett, T. (2013). Zamia Update: an Old Cycad Mystery and a New Discovery. Montgomery Botanical Center, 9 mai 2013. https://www.montgomerybotanical.org/research/zamia-update-an-old-cycad-mystery-and-a-new-discovery/ [Annonce de l’étude par le jardin, avec le commentaire de Michael Calonje ; lue.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie reprise par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
  • Vannini, J. (2019). Central American and Panamanian cycads in field and greenhouse. Exotica Esoterica, 17 février 2019. [Article en ligne d’un naturaliste et collectionneur ; lu.]
  • Lavaud, S. (2023). Comment cultiver les Zamia en climat tempéré. Cycadales.eu. [Notes de culture d’une pépinière spécialisée ; consultées en ligne.]
  • Marler, T.E., Lindström, A.J. & Watson, G.W. (2021). Aulacaspis yasumatsui delivers a blow to international cycad horticulture. Horticulturae 7(6) : 147. doi:10.3390/horticulturae7060147 [Plantes hôtes citées d’après l’OEPP ; texte intégral non consulté.]
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