Macrozamia fawcettii est une petite cycadale du nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, qui pousse en forêt d’eucalyptus sur des sols sableux pauvres, des vallées de la Richmond et de la Clarence jusqu’aux environs de Coffs Harbour. Cette espèce du genre Macrozamia porte sur un tronc souterrain quelques feuilles vert foncé et très brillantes, tordues en spirale, dont les folioles, remarquablement larges pour le genre, portent souvent quelques dents vers la pointe. Décrite en 1884 par Charles Moore, elle a parfois été traitée comme une variété de Macrozamia spiralis, sous le nom de Macrozamia spiralis var. fawcettii.
L’essentiel sur Macrozamia fawcettii
- Nom accepté : Macrozamia fawcettii C.Moore (1884), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : Macrozamia spiralis var. fawcettii (C.Moore) Maiden & Betche (1916), selon Johnson (1959)
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom attesté, ni en français ni en anglais, dans les sources consultées
- Répartition naturelle : Australie, nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud : de la Richmond River à Coffs Harbour, côte et chaînons côtiers
- Statut UICN : quasi menacé (NT), évaluation publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (tout le genre) ; annexe B dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucun retour de culture chiffré (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, forêt sèche ou humide d’eucalyptus sur sols sableux pauvres ; en culture, situation abritée et sol frais mais bien drainé selon l’Australian Native Plants Society
- Port et dimensions adultes : tronc souterrain de 10 à 20 cm de diamètre ; 2 à 12 feuilles de 50 à 120 cm selon les sources
- Toxicité : graines toxiques, comme chez toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Macrozamia fawcettii ?
On le reconnaît à ses feuilles vert foncé très brillantes, à l’axe fortement tordu en spirale, et surtout à ses folioles longues et larges, de 8 à 20 mm, qui portent souvent deux à sept petites dents vers la pointe. La Flora of Australia (Hill, 1998) et la flore de Nouvelle-Galles du Sud en ligne (PlantNET) donnent les caractères suivants :
- Tronc : souterrain pour l’essentiel, de 10 à 20 cm de diamètre ;
- Feuilles : 2 à 10 (jusqu’à 12 selon PlantNET) dans la couronne, de 50 à 120 cm, vert foncé et très brillantes ; pétiole de 15 à 30 cm ; axe fortement tordu en spirale ;
- Folioles : 50 à 120 par feuille, simples, de 18 à 30 cm sur 8 à 20 mm (9 à 17 mm selon PlantNET), plus pâles dessous, avec 10 à 13 nervures saillantes à la face inférieure, entières ou dentées vers la pointe, non piquantes ; les folioles inférieures ne sont pas transformées en épines ;
- Cônes mâles : fusiformes, de 10 à 25 cm sur 4 à 6 cm ; épines des écailles jusqu’à 1,8 cm ;
- Cônes femelles : ovoïdes, de 12 à 23 cm sur 7 à 11 cm (12 à 18 cm sur 7 à 9 cm selon PlantNET) ;
- Graines : ovoïdes, de 2,5 à 3 cm sur 2 à 2,5 cm, à chair rouge écarlate.
Le nombre de chromosomes est 2n = 18 (Marchant, 1968, cité par la Flora of Australia).
Hybrides
Aucun hybride n’a été signalé dans les sources consultées.
Confusions possibles
L’espèce la plus proche est Macrozamia pauli-guilielmi, l’autre espèce à feuilles tordues de son groupe selon Lawrie Johnson (1959), qui associait aussi à cette dernière les espèces aujourd’hui nommées Macrozamia plurinervia et Macrozamia flexuosa. Macrozamia fawcettii se reconnaît à ses folioles très larges, en général dentées, alors que celles du groupe de Macrozamia pauli-guilielmi sont étroites ; l’isolement géographique des deux espèces complète la distinction.
Son aire chevauche celle de Macrozamia lucida, mais Johnson n’avait observé aucun contact entre les deux. La combinaison des folioles larges et dentées et de la provenance reste le meilleur critère d’identification.
Taxonomie
Macrozamia fawcettii C.Moore a été publié en 1884 dans le Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales (vol. 17, p. 120). Le type est une récolte de Charles Fawcett, « sur les hauteurs du cours supérieur de la Richmond » : quelques feuilles fraîches et de vieux cônes mâles, les seuls éléments que Moore avait vus. Johnson (1959) a reconnu cette récolte, conservée à l’herbier de Sydney, comme holotype. L’espèce appartient à la section Parazamia, qui réunit les espèces à tronc souterrain sans folioles inférieures réduites en épines ; The World List of Cycads l’accepte et n’emploie pas les sections.
Le nom a eu une histoire embrouillée. Quand Ferdinand von Mueller décrivit Encephalartos miquelii en 1862, l’une de ses trois récoltes, venue de l’embouchure de la Richmond par Charles Moore, appartenait en réalité à Macrozamia fawcettii, et sa description mélangeait les deux espèces. Johnson a levé l’ambiguïté en 1959 en choisissant comme type de Macrozamia miquelii une récolte de Rockhampton. Joseph Maiden et Ernst Betche ont par ailleurs rabaissé l’espèce en 1916 au rang de variété de Macrozamia spiralis ; Johnson la traite de nouveau comme une espèce. The World List of Cycads ne cite pas cette variété parmi les synonymes.
Étymologie et histoire
L’épithète honore le collecteur du type, un magistrat de police de Nouvelle-Galles du Sud. Les sources ne s’accordent pas sur son prénom : Charles Fawcett (1812-1890) pour la Flora of Australia, Hugh Charles Fawcett (1812-1890) pour The World List of Cycads d’après Haynes (2022) ; Moore et Johnson écrivent « C. Fawcett ». Le nom de genre, Macrozamia, associe le grec makros, « grand », au nom de genre Zamia.
L’espèce reste peu cultivée. Le site de la Virtual Cycad Encyclopedia, tenu par les sociétés de palmiers et cycadales de Floride, la montrait en 1999 dans un jardin privé de Los Angeles, seul indice trouvé d’une culture hors d’Australie.
Noms communs
Aucun nom commun n’est attesté, ni en français ni en anglais : la Virtual Cycad Encyclopedia indique « Unknown », et la Flora of Australia n’en donne pas. On emploie le nom scientifique.
Dans la nature
L’espèce vit dans le nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud, sur la côte nord et dans les chaînons côtiers, de la Richmond River à Coffs Harbour (Johnson, 1959 ; Flora of Australia). PlantNET la situe dans les vallées de la Richmond supérieure et de la Clarence. Elle pousse en pieds dispersés dans les forêts sèches ou humides d’eucalyptus, sur des sols sableux, siliceux et pauvres. Les spécimens de référence de la Flora of Australia viennent notamment du chaînon de Dirty Creek, du mont Neville et des environs de Tabulam et de Woodburn.
Selon l’Australian Native Plants Society, les cônes apparaissent de façon irrégulière, peut-être tous les trois à cinq ans. Aucune étude de pollinisation propre à l’espèce n’a été trouvée.
Statut de conservation et réglementation
Macrozamia fawcettii est classé quasi menacé (NT) sur la Liste rouge de l’UICN, selon le critère B1ab(v) (aire réduite et déclin du nombre de plantes adultes), d’après l’évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022, telle que l’affiche The World List of Cycads (Liste rouge non consultée directement). Nous n’avons pas vérifié s’il figure sur une liste d’espèces menacées de Nouvelle-Galles du Sud.
Comme toutes les cycadales du genre, il relève de l’annexe II de la CITES et, dans l’Union européenne, de l’annexe B du règlement sur le commerce des espèces sauvages (Species+, consulté le 2 octobre 2026). N’achetez que des plantes issues de culture, avec leurs documents, et vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou importation.
Culture
Macrozamia fawcettii est peu cultivé, mais l’Australian Native Plants Society le juge très décoratif en jardin comme en pot. Ses recommandations, à prendre comme des avis d’amateurs éclairés :
- Exposition : une situation abritée ;
- Sol : frais mais bien drainé ; dans la nature, sable pauvre ;
- Croissance : très lente ; il faut compter cinq ans ou plus avant que la plante fasse de l’effet, et plus de dix ans avant les premiers cônes ;
- Exigences : peu exigeant selon la même source.
Aucun cultivateur français n’en parle sur les forums consultés.
Multiplication
La multiplication se fait par semis. Selon l’Australian Native Plants Society, les graines germent facilement, sans traitement préalable. Les plantes étant mâles ou femelles, il faut les deux sexes et, en culture, une pollinisation à la main pour obtenir des graines fertiles. Aucune source ne signale de rejets.
Maladies et ravageurs
Aucun problème propre à l’espèce n’est documenté. Chez les Macrozamia cultivés en Europe, les forums citent surtout les cochenilles et la pourriture en sol froid et mouillé (voir la page du genre).
Rusticité
Aucun retour de culture chiffré n’a été trouvé pour Macrozamia fawcettii, ni en France ni ailleurs. La recherche de son nom sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente ne donne aucun retour de culture. La Virtual Cycad Encyclopedia renvoyait vers une base de données de rusticité aujourd’hui disparue, que nous n’avons pas pu consulter.
En France
Aucune donnée n’existe, quelle que soit la région. En 2014, sur le forum des Fous de palmiers, un cultivateur de l’Ain et de l’Hérault rapportait l’avis d’un pépiniériste australien spécialisé dans les cycadales, qui rangeait Macrozamia fawcetti (sic) parmi les espèces « relativement rustiques », celles de la côte de Nouvelle-Galles du Sud, le deuxième de ses quatre groupes. Ce classement ne donne aucune température.
Repères internationaux
Aucun résultat de culture chiffré n’a été trouvé, et nous n’avons pas trouvé de données de gel pour son habitat. Toute valeur de rusticité serait une estimation : nous n’en donnons pas.
Toxicité et précautions
Les graines de Macrozamia fawcettii contiennent, comme celles de toutes les cycadales, des composés très toxiques, rappelle l’Australian Native Plants Society. Chez les Macrozamia, la consommation des feuilles provoque chez les bovins une paralysie irréversible de l’arrière-train, et les graines contiennent de la macrozamine, qui libère dans l’intestin une toxine du foie (voir la page du genre). Aucune analyse propre à l’espèce n’a été trouvée. Portez des gants pour manipuler les graines, gardez-les hors de portée des enfants, des chiens et du bétail, et contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire en cas d’ingestion.
Usages traditionnels
Aucun usage propre à cette espèce n’a été trouvé. D’autres Macrozamia fournissaient aux peuples aborigènes des graines comestibles après de longs traitements (voir la page du genre).
FAQ
Comment reconnaître Macrozamia fawcettii ?
À ses folioles larges et dentées. Elles mesurent 8 à 20 mm de large et portent souvent deux à sept dents vers la pointe, sur des feuilles très brillantes à l’axe tordu en spirale.
Où pousse-t-il ?
Dans le nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud. On le trouve de la Richmond River à Coffs Harbour, en forêt d’eucalyptus sur sols sableux pauvres.
Est-il menacé ?
Il est quasi menacé. L’UICN l’a classé dans cette catégorie en 2022 en raison de son aire réduite et d’un déclin du nombre de plantes adultes.
Pourquoi a-t-il été confondu avec Macrozamia miquelii ?
À cause d’une erreur ancienne. Mueller avait mêlé en 1862 une récolte de cette espèce à la description d’Encephalartos miquelii ; Johnson a clarifié la situation en 1959.
Est-il facile à cultiver ?
Plutôt, selon l’Australian Native Plants Society. Il est peu exigeant et ses graines germent facilement, mais sa croissance est très lente et les cônes n’apparaissent qu’après dix ans ou plus.
Peut-on le cultiver en France ?
On ne sait pas. Aucun cultivateur n’a publié d’expérience ; un avis d’expert le range parmi les Macrozamia relativement rustiques de la côte de Nouvelle-Galles du Sud, mais sans température. Un essai prudent commencerait en pot, hiverné à l’abri du gel.
À lire aussi sur Succulentes
- Le cycas est-il toxique ? Dangers réels pour les chiens, les chats et les enfants
- Les cycadales produisent-elles des fleurs ou des cônes ? Mâles, femelles et reproduction
Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Macrozamia fawcettii : https://cycadlist.org/scientific_name/388 — auteur, protologue, type, répartition, statut et critère UICN de 2022, étymologie. Liste de référence des spécialistes des cycadales ; consultée directement le 2 octobre 2026.
- Flora of Australia (ABRS), Macrozamia fawcettii : https://profiles.ala.org.au/opus/foa/profile/Macrozamia%20fawcettii — description, chromosomes, répartition, habitat, spécimens de référence (texte d’après le volume 48 de 1998). Flore nationale, fiable ; consultée directement.
- PlantNET, New South Wales Flora Online (Royal Botanic Gardens Sydney), Macrozamia fawcettii : https://plantnet.rbgsyd.nsw.gov.au/cgi-bin/NSWfl.pl?page=nswfl&lvl=sp&name=Macrozamia~fawcettii — description et habitat (texte de L. Murray). Flore régionale officielle, fiable ; consultée directement.
- Australian Native Plants Society (Australia), Macrozamia fawcettii : https://anpsa.org.au/plant_profiles/macrozamia-fawcettii/ — culture, croissance, germination, fréquence des cônes. Société d’amateurs spécialisés, à valeur indicative ; consultée directement (la page affiche par ailleurs des liens publicitaires sans rapport, probablement injectés).
- Virtual Cycad Encyclopedia (Palm & Cycad Societies of Florida), Macrozamia fawcettii : https://www-archiv.fdm.uni-hamburg.de/b-online/library/cycads/macrozamia_fawcettii.htm — photographie de 1999 d’une plante cultivée à Los Angeles, absence de nom commun. Copie d’archive d’un site de société spécialisée ; consultée directement.
- Species+ (PNUE-WCMC), Macrozamia fawcettii : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/20100/legal — annexe II de la CITES, annexe B de l’Union européenne. Base officielle ; consultée le 2 octobre 2026.
- Forum des Fous de palmiers, fil « Notes concernant la rusticité des Macrozamia » (2014) : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=17538 — classement de rusticité rapporté (#p323061). Forum de cultivateurs, à valeur indicative ; fil lu en entier.
Bibliographie
- Moore, C. (1884). [Description de Macrozamia fawcettii]. Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales 17 : 120. [Protologue ; non consulté directement (bibliothèque BHL inaccessible), cité d’après Johnson (1959) et The World List of Cycads.]
- Johnson, L.A.S. (1959). The families of cycads and the Zamiaceae of Australia. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 84(1) : 64-117. [Typification, répartition, affinités, confusion avec Macrozamia miquelii, synonymie ; texte intégral consulté (PDF diffusé par The World List of Cycads).]
- Hill, K.D. (1998). Zamiaceae. In : Flora of Australia 48. ABRS/CSIRO, Melbourne. [Description et répartition ; consultées dans la version en ligne de la flore.]
- Harden, G.J. (éd.) (1990). Flora of New South Wales 1. [Illustration citée par la Flora of Australia ; non consulté.]
- Bösenberg, J.D. (2022). Macrozamia fawcettii. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T42003A48778374. [Catégorie NT B1ab(v) ; référence relevée sur The World List of Cycads, page de la Liste rouge non consultée.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie, citée par The World List of Cycads ; non consulté.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]