Ceratozamia leptoceras est une cycadale de la Sierra Madre del Sur, dans l’État de Guerrero, au Mexique, où elle pousse sur des rochers calcaires en forêt de nuages, entre 1 170 et 1 400 m d’altitude. Décrite en 2020, c’est la seule espèce du genre Ceratozamia connue au Guerrero. Son nom, « à cornes fines », vient des cornes minces et courtes qui terminent les écailles de ses cônes mâles. On ne connaît que trois populations, et ses descripteurs la jugent en danger ; elle n’a pas encore été évaluée par l’UICN et elle est pratiquement absente des collections.
L’essentiel sur Ceratozamia leptoceras
- Nom accepté : Ceratozamia leptoceras Mart.-Domínguez, Nic.-Mor., D.W.Stev. & Lorea-Hern. (2020), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : aucun
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom français attesté ; « shalukaá » chez les Mixtèques du Guerrero
- Répartition naturelle : Mexique, Guerrero, Sierra Madre del Sur (municipalités de Tlacoachistlahuaca et de Cochoapa El Grande), de 1 170 à 1 400 m d’altitude
- Statut UICN : non évalué ; « en danger » (EN) proposé par les auteurs de la description
- CITES et autres protections : annexe I de la CITES (inscription de tout le genre, depuis 1985) ; annexe A dans l’Union européenne, graines comprises
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, rochers karstiques en forêt de nuages, climat tempéré chaud à pluies d’été ; aucune recommandation de culture publiée
- Port et dimensions adultes : tronc aérien de 30 à 150 cm ; 7 à 37 feuilles (jusqu’à 55) de 0,9 à 2,8 m, retombantes
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Ceratozamia leptoceras
Ceratozamia leptoceras est un Ceratozamia de bonne taille, à tronc aérien, avec une couronne de nombreuses feuilles retombantes portant des folioles linéaires, minces et plates, et un pétiole hérissé de nombreux aiguillons. Description d’après le protologue (2020) et la monographie du genre (2022) :
- Tronc : aérien, de 30 à 150 cm de long et de 11 à 35 cm de diamètre, dressé puis couché ; cataphylles persistantes, triangulaires, brun rougeâtre, laineuses à leur sortie.
- Feuilles : 7 à 37, parfois jusqu’à 55, retombantes, de 93,5 à 281 cm ; vertes à leur sortie avec un léger duvet brun rougeâtre, puis glabres. Elles sortent par groupes de 9 à 15, qui mûrissent presque en même temps. Le pétiole, de 45 à 85 cm, vert cuivré, porte 50 à 75 aiguillons fins de 4,8 à 6,8 mm.
- Folioles : 22 à 61 paires, linéaires, membraneuses, plates, vertes et glabres ; celles du milieu mesurent 28 à 43,5 cm sur 1,9 à 2,8 cm.
- Cônes mâles : en général solitaires, rarement par deux, cylindriques, dressés, de 40 à 45 cm sur 6 à 7,8 cm ; leurs écailles portent deux cornes droites, minces et courtes, de 1 à 2,3 mm, caractère qui a donné son nom à l’espèce.
- Cônes femelles : solitaires, dressés, de 23,5 à 28 cm sur 9,5 à 11 cm, vert cuivré à poils noir grisâtre ; écailles à cornes droites et robustes de 6 à 8 mm.
- Graines : ovoïdes, de 2,4 à 2,7 cm, à enveloppe charnue rose blanchâtre avant maturité, brun clair à maturité.
Hybrides
Aucun hybride, naturel ou obtenu en culture, n’est documenté.
Confusions possibles
Aucun autre Ceratozamia ne pousse au Guerrero, ce qui limite le risque de confusion dans la nature. En collection, la monographie de 2022 la distingue surtout de Ceratozamia oliversacksii, de l’ouest de l’Oaxaca :
- Ceratozamia leptoceras : folioles linéaires et membraneuses ; partie stérile des écailles mâles linéaire, à cornes très fines ; cône femelle couvert d’un abondant duvet à la base des écailles ;
- Ceratozamia oliversacksii : folioles linéaires mais papyracées, plus fermes ; les différences principales portent sur les cônes.
Dans la clé du protologue, l’espèce se sépare des autres Ceratozamia à feuilles retombantes et à folioles minces, comme Ceratozamia whitelockiana, Ceratozamia mixeorum ou Ceratozamia delucana, par ses folioles linéaires et membraneuses et par ses jeunes feuilles vertes au pétiole et à l’axe vert cuivré ; ces espèces ont des folioles lancéolées.
Taxonomie
Ceratozamia leptoceras est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. L’espèce n’a pas de synonyme. Elle a été décrite en 2020 dans la revue PhytoKeys (volume 156, pages 1 à 25) par Lilí Martínez-Domínguez, Fernando Nicolalde-Morejón, Francisco Lorea-Hernández, Francisco Vergara-Silva et Dennis Stevenson, dans un article intitulé « A novelty in Ceratozamia (Zamiaceae, Cycadales) from the Sierra Madre del Sur, Mexico ».
La description repose sur une approche dite intégrative : elle combine la répartition géographique, la morphologie détaillée des cônes, le code-barres ADN (deux marqueurs, matK et ITS) et la phénologie, c’est-à-dire le calendrier de formation des cônes. Les auteurs soulignent que les deux marqueurs ADN ne permettent d’identifier que 61 % des espèces du genre, et que le calendrier de maturation des cônes femelles de Ceratozamia leptoceras, différent de celui des espèces voisines, pourrait constituer une barrière reproductive.
Étymologie et histoire
L’épithète leptoceras vient du grec leptos, « fin, mince », et keras, « corne » : elle décrit les cornes minces et courtes des écailles des cônes mâles (protologue ; The World List of Cycads).
La découverte s’est faite en deux temps. Lors d’un examen des collections de l’herbier de la faculté des sciences de l’UNAM (FCME), les auteurs ont trouvé un spécimen récolté en février 1984 par Francisco Lorea-Hernández dans la municipalité de Cochoapa El Grande, alors que le genre n’avait jamais été signalé au Guerrero ; faute de cônes, ce spécimen ne pouvait pas être identifié avec certitude. Selon les auteurs, sa localité est la plus septentrionale connue pour le genre sur le versant pacifique du Mexique. Des recherches sur le terrain en 2019 ont permis de retrouver l’espèce. L’holotype, une plante femelle, a été récolté le 26 juin 2019 à 3 km au nord-ouest de San Pedro Cuitlapan (municipalité de Tlacoachistlahuaca), à 1 400 m d’altitude ; il est conservé à l’herbier CIB de l’université Veracruzana, avec des isotypes à MEXU et NY.
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. Les Mixtèques de la région appellent la plante « shalukaá » (protologue, 2020 ; monographie de 2022). Aucun autre nom n’a été trouvé.
Dans la nature
Ceratozamia leptoceras n’est connu que du Guerrero, dans la Sierra Madre del Sur. Selon le protologue, il pousse sur des rochers karstiques, en forêt de nuages, entre 1 170 et 1 400 m d’altitude, sous un climat tempéré chaud et subhumide à pluies d’été, avec 2 000 à 2 500 mm de pluie par an. Les forêts de nuages de cette région sont encore peu touchées par l’homme, mais ce type de forêt est l’un des plus menacés du Mexique.
Le protologue décrit aussi son calendrier : les cônes femelles arrivent à maturité en juin et juillet, les graines en août et septembre, et les cônes mâles de janvier à mai. Aucune étude des pollinisateurs n’a été trouvée.
Statut de conservation et réglementation
Ceratozamia leptoceras n’a pas encore été évalué par l’UICN (The World List of Cycads, version 2026.08.15). Dans le protologue, puis dans la monographie de 2022, les auteurs proposent de le classer en danger (EN) : seules trois populations sont connues, dont l’une compte une trentaine de plantes adultes seulement. Cette évaluation préliminaire n’a pas de valeur officielle.
Sur le plan réglementaire, Ceratozamia leptoceras relève de l’annexe I de la CITES, comme tout le genre Ceratozamia, inscrit en entier depuis le 1er août 1985. Dans l’Union européenne, il figure à l’annexe A du règlement (CE) n° 338/97 (liste actualisée par le règlement (UE) 2026/1383, en vigueur depuis le 29 juin 2026), graines comprises : achat, vente et importation exigent des documents prouvant une reproduction artificielle.
Species+ ne nomme pas encore cette espèce, décrite après la liste de référence de la CITES, mais l’inscription vise le genre entier (« Ceratozamia spp. ») et la couvre donc. Statut relu sur Species+ le 2 octobre 2026. Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange.
Culture
Aucune recommandation de culture propre à Ceratozamia leptoceras n’a été publiée, et aucun retour de culture n’a été trouvé sur les forums consultés : l’espèce, décrite en 2020, ne semble pas encore cultivée en Europe.
Son milieu naturel donne quelques repères : une forêt de nuages de moyenne montagne, très arrosée en été, sur calcaire. Une culture à mi-ombre, dans un substrat drainant, avec des arrosages abondants en saison chaude et plus rares en hiver, est la piste la plus cohérente ; elle n’a pas été validée par des essais publiés.
Multiplication
Aucune donnée propre à l’espèce. Comme tous les Ceratozamia, elle a des plantes mâles et des plantes femelles ; dans la nature, les cônes mâles mûrissent de janvier à mai et les cônes femelles en juin et juillet, ce qui impose, en culture, de conserver le pollen ou de faire coïncider les floraisons. On la multiplierait par semis de graines fraîches, manipulées avec des gants.
Maladies et ravageurs
Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté. En culture, les cycadales craignent surtout la pourriture en sol froid et mouillé, et les cochenilles.
Rusticité
Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Ceratozamia leptoceras. Il vit en forêt de nuages entre 1 170 et 1 400 m, sous un climat tempéré chaud ; aucune observation ne dit s’il supporte le gel.
En France
Aucun résultat de culture n’a été publié en France pour Ceratozamia leptoceras, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun message sur cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne. En attendant des essais, gardez-le hors gel.
Repères internationaux
Aucun relevé de froid n’a été trouvé hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Ceratozamia leptoceras n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté chez les autres cycadales : leurs tissus, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine et de la macrozamine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. Chiens, bétail et êtres humains peuvent être gravement intoxiqués. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
La monographie de 2022 ne relève aucun usage. Seul son nom mixtèque, « shalukaá », témoigne de sa place dans la culture locale.
FAQ
Que signifie le nom Ceratozamia leptoceras ?
« À cornes fines ». L’épithète, tirée du grec, décrit les cornes minces et courtes qui terminent les écailles de ses cônes mâles.
Où pousse-t-il ?
Uniquement dans la Sierra Madre del Sur, au Guerrero (Mexique), sur des rochers calcaires en forêt de nuages, entre 1 170 et 1 400 m. C’est le seul Ceratozamia connu dans cet État.
Depuis quand le connaît-on ?
Un spécimen avait été récolté dès 1984, mais il est resté dans un herbier sans être identifié. L’espèce n’a été retrouvée sur le terrain et décrite qu’en 2019-2020.
Est-il menacé ?
Probablement. L’UICN ne l’a pas encore évalué, mais ses descripteurs le jugent en danger : trois populations seulement sont connues, dont une d’une trentaine d’adultes.
Est-il rustique ?
On ne sait pas. Aucune donnée de froid n’existe ; il est prudent de le cultiver hors gel.
Peut-on en acheter ?
Pas sans documents. Il est couvert par l’inscription de tout le genre à l’annexe I de la CITES et à l’annexe A du règlement européen, graines comprises ; il ne semble d’ailleurs pas encore proposé en Europe.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais les cycadales étudiées contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Ceratozamia leptoceras : https://cycadlist.org/scientific_name/889 — auteurs, protologue, type, répartition, statut UICN (non évalué), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 2 octobre 2026.
- PhytoKeys, A novelty in Ceratozamia (Zamiaceae, Cycadales) from the Sierra Madre del Sur, Mexico (2020) : https://doi.org/10.3897/phytokeys.156.53502 — protologue : description, type, habitat, climat, phénologie, nom mixtèque, statut préliminaire, clé d’identification. Article à comité de lecture en accès libre ; texte intégral consulté.
- PhytoKeys, Monograph of Ceratozamia (2022) : https://phytokeys.pensoft.net/article/80382/ — description détaillée, type, répartition, altitude, habitat, noms communs, usages, discussion de l’espèce. Article à comité de lecture en accès libre ; texte intégral consulté.
- Species+ (PNUE-WCMC), Ceratozamia : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/13147/legal — annexe I de la CITES pour tout le genre depuis le 1er août 1985, annexe A de l’Union européenne. Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée le 2 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
Bibliographie
- Martínez-Domínguez, L., Nicolalde-Morejón, F., Lorea-Hernández, F.G., Vergara-Silva, F. & Stevenson, D.W. (2020). A novelty in Ceratozamia (Zamiaceae, Cycadales) from the Sierra Madre del Sur, Mexico: biogeographic and morphological patterns, DNA barcoding and phenology. PhytoKeys 156 : 1-25. doi:10.3897/phytokeys.156.53502 [Protologue ; texte intégral consulté.]
- Martínez-Domínguez, L., Nicolalde-Morejón, F., Vergara-Silva, F. & Stevenson, D.W. (2022). Monograph of Ceratozamia (Zamiaceae, Cycadales): an endangered genus. PhytoKeys 208 : 1-102. doi:10.3897/phytokeys.208.80382 [Monographie du genre ; texte intégral consulté.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]