Les bambous comptent parmi les plantes les plus fascinantes et les plus utiles du règne végétal. Graminées ligneuses de la sous-famille des Bambusoideae, ils regroupent environ 1 500 espèces réparties dans quelque 120 genres, présents sur tous les continents à l’exception de l’Europe et de l’Antarctique à l’état naturel. Du minuscule bambou nain tapissant de quelques centimètres aux géants de 30 mètres et plus, du sous-bois tropical humide aux versants andins balayés par le vent à plus de 4 000 mètres d’altitude, les bambous occupent une diversité de niches écologiques remarquable.
Leur importance pour l’humanité est considérable. Plus d’un milliard de personnes vivent dans des habitations construites en bambou. Les pousses nourrissent des centaines de millions de consommateurs en Asie. Les fibres fournissent du papier, des textiles, du mobilier. Et depuis quelques décennies, le bambou s’impose comme un matériau d’avenir pour la construction durable, la séquestration de carbone et les alternatives au plastique.
Pourquoi une section bambous sur un site consacré aux succulentes et aux plantes ornementales architecturales ? Parce que les bambous partagent avec les agaves, les palmiers et les yuccas cette qualité qui fait le jardin exotique et méditerranéen : une présence architecturale forte, un pouvoir structurant dans le paysage, et une capacité à transformer radicalement l’atmosphère d’un jardin. Pour le jardinier de Provence, d’Andalousie, de Californie, de Ligurie ou de Sardaigne, les bambous sont le complément naturel des collections de succulentes — le feuillage souple et bruissant qui dialogue avec la rigidité sculpturale des agaves.
Qu’est-ce qu’un bambou ?
Définition botanique
Les bambous sont des graminées (famille des Poaceae) ligneuses appartenant à la sous-famille des Bambusoideae. Ils se distinguent des autres graminées par trois caractères fondamentaux : un chaume lignifié (tige aérienne rigide et persistante, pouvant atteindre la dureté du bois), un système rhizomateux souterrain assurant la propagation végétative et le stockage des réserves, et une croissance par élongation rapide des entre-nœuds — le record étant détenu par certains bambous géants tropicaux capables de croître d’un mètre en 24 heures.
Comme toutes les graminées, les bambous sont des monocotylédones. Leur chaume, contrairement au tronc des arbres dicotylédones, ne s’épaissit pas avec l’âge : un chaume sort de terre avec son diamètre définitif et n’augmente plus jamais en épaisseur. Seule la hauteur s’accroît, par élongation télescopique des entre-nœuds préformés dans le bourgeon initial.
Ce que les bambous ne sont pas
Plusieurs plantes ornementales courantes portent le nom de « bambou » sans en être : le « bambou sacré » (Nandina domestica, Berberidaceae), le « bambou d’intérieur » (Dracaena sanderiana, Asparagaceae), le « bambou à papier » (Cyperus papyrus, Cyperaceae), les restios (Famille des Restionaceae) ou encore les prêles (Equisetum, Equisetaceae). Aucune de ces plantes n’appartient à la famille des Poaceae ni à la sous-famille des Bambusoideae. Le critère le plus simple pour identifier un vrai bambou : c’est une graminée à chaume ligneux, avec des nœuds et des entre-nœuds bien marqués, et un système de ramification latérale aux nœuds.
Le cycle de vie singulier des bambous
Les bambous présentent un cycle de vie sans équivalent dans le monde végétal. La phase végétative — pendant laquelle la plante produit des chaumes, des feuilles et se propage par ses rhizomes — dure de quelques années à plus d’un siècle selon les espèces. Puis survient la floraison, un événement souvent spectaculaire et dramatique.
Chez de nombreuses espèces, la floraison est grégaire : tous les individus d’un même clone (parfois répartis sur plusieurs continents, car issus de divisions végétatives successives) fleurissent simultanément, quels que soient les conditions climatiques locales ou l’âge des plants individuels. Ce synchronisme suggère l’existence d’une horloge biologique interne, génétiquement programmée, dont le mécanisme reste mal compris. Le cycle de floraison varie de 3 ans chez certaines espèces herbacées à 120 ans chez certains Phyllostachys. Après la floraison et la production de graines, la plante meurt partiellement ou totalement — un comportement monocarpique qui rappelle celui des agaves.
Entre 2020 et 2025, des variétés de Phyllostachys nigra se sont mises à fleurir : Phyllostachys nigra v. boryana et Phyllostachys nigra v. henonis notamment. Ce phénomène de floraison s’est poursuivi sur plusieurs années, jusqu’à épuisement total et mort des plantes. Phyllostachys humilis a commencé à fleurir en 2025. Il a été de même pour Otatea acuminata quelques années avant.
Classification et diversité
Les trois tribus de Bambusoideae
La sous-famille des Bambusoideae est divisée en trois tribus, correspondant à trois grands groupes écologiques et morphologiques :
| Tribu | Nom commun | Genres | Espèces | Caractéristiques |
|---|---|---|---|---|
| Bambuseae | Bambous ligneux tropicaux | ≈ 66 | ≈ 800 | Rhizomes pachymorphes (cespiteux). Tropiques et subtropiques. Bambusa, Dendrocalamus, Guadua, Chusquea. |
| Arundinarieae | Bambous ligneux tempérés | ≈ 30 | ≈ 550 | Rhizomes leptomorphes (traçants) ou mixtes. Zones tempérées, surtout Asie orientale. Phyllostachys, Fargesia, Sasa, Pleioblastus, Pseudosasa. |
| Olyreae | Bambous herbacés | ≈ 21 | ≈ 120 | Chaumes non lignifiés, petite taille. Sous-bois tropicaux humides d’Amérique, Afrique. Olyra, Pariana. |
Pour le jardinier et l’amateur de plantes ornementales, les deux premières tribus sont de loin les plus importantes. Les bambous herbacés (Olyreae), de petite taille et strictement tropicaux, ne sont quasiment jamais cultivés en dehors de leur aire naturelle.
Les deux types de rhizomes : traçants et cespiteux
La distinction la plus importante pour le jardinier est celle entre les deux grands types de systèmes rhizomateux :
Rhizomes leptomorphes (traçants, monopodiaux) : longs, minces, horizontaux, ils s’étendent latéralement sur de grandes distances et émettent des bourgeons qui donnent naissance à de nouveaux chaumes éloignés de la touffe mère. C’est le système typique des bambous tempérés (Phyllostachys, Pleioblastus, Sasa). Ces bambous peuvent devenir envahissants si l’on ne prend pas de précautions (barrière anti-rhizome).
Rhizomes pachymorphes (cespiteux, sympodiaux) : courts, épais, en forme de U, ils restent groupés autour de la base de la plante, formant une touffe compacte qui s’élargit lentement. C’est le système racinaire typique des bambous subtropicaux et tropicaux (Bambusa, Dendrocalamus, Chusquea, Fargesia). Ces bambous ne sont pas envahissants. Mais les espèces de grand développement peuvent occuper une grande surface pour une seule plante.
Un troisième type intermédiaire, dit amphimorphe, combine des caractères des deux systèmes et se rencontre chez quelques genres.
Répartition mondiale
Les bambous occupent une aire de répartition naturelle vaste mais discontinue, principalement centrée sur les régions tropicales et tempérées chaudes :
Asie : épicentre de la diversité
L’Asie est de loin le continent le plus riche en bambous, tant en nombre de genres qu’en espèces. La Chine abrite à elle seule plus de 500 espèces dans quelque 40 genres, suivie par l’Inde, le Myanmar, le Japon, le Vietnam et l’Indonésie. Les forêts de bambous couvrent des millions d’hectares en Chine méridionale et centrale, où le Moso (Phyllostachys edulis) domine les paysages. Au Japon, les bambouseraies (chikurin) sont des éléments emblématiques du paysage culturel. L’Himalaya, de l’Inde au Yunnan, constitue un second centre de diversité majeur, notamment pour les genres Fargesia, Drepanostachyum et Himalayacalamus.
Amériques : la diversité néotropicale
Les Amériques abritent une diversité considérable et originale. Le genre Chusquea, avec plus de 150 espèces, est le plus riche de tous les genres de bambous au monde. Présent du Mexique central au sud du Chili (47° S — la distribution la plus australe de tous les bambous), il domine les étages montagnards des Andes. Guadua, le bambou géant néotropical, est fondamental pour la construction en Colombie et en Équateur. Au Brésil, la forêt atlantique et l’Amazonie abritent de nombreux genres endémiques. Aux États-Unis, seule Arundinaria est indigène, présente dans le sud-est.
Afrique et Madagascar
L’Afrique possède une diversité de bambous plus limitée mais non négligeable. Oxytenanthera abyssinica, le bambou africain, est largement distribué en Afrique subsaharienne. Madagascar abrite quelques genres endémiques. L’Éthiopie possède d’importantes bambouseraies naturelles, les plus étendues du continent.
Océanie
L’Australie possède quelques espèces indigènes de Bambusa et de genres apparentés, principalement dans les forêts tropicales du Queensland. La Papouasie-Nouvelle-Guinée est plus riche en espèces.
Europe : une absence naturelle
Aucune espèce de bambou n’est indigène en Europe. Cependant, de nombreuses espèces y ont été introduites depuis le milieu du XIXe siècle et certaines se sont naturalisées localement, notamment Phyllostachys spp. dans le sud de la France, au Portugal et en Espagne. La Bambouseraie de Prafrance (Gard), fondée en 1856, témoigne de cette longue histoire d’acclimatation et du fort intérêt pour les bambous.
Morphologie générale
Le chaume
Le chaume est la tige aérienne du bambou — l’équivalent fonctionnel du tronc chez les arbres, mais de nature fondamentalement différente. C’est une structure cylindrique segmentée, composée d’une alternance de nœuds (anneaux solides, sièges de la ramification et des racines adventives) et d’entre-nœuds (segments creux ou pleins selon les genres). Chez la majorité des bambous, les entre-nœuds sont creux — c’est cette cavité qui confère au chaume son extraordinaire rapport résistance/poids. Cependant, le genre Chusquea et quelques autres possèdent des chaumes entièrement pleins (solides), ce qui les rend particulièrement robustes.
Les dimensions des chaumes varient considérablement : de quelques millimètres de diamètre et quelques centimètres de hauteur chez les bambous herbacés et les espèces naines, à plus de 30 mètres de hauteur et 30 cm de diamètre chez les géants du genre Dendrocalamus. Le Moso (Phyllostachys edulis), espèce la plus cultivée au monde, produit couramment des chaumes de 15 à 20 mètres.
Chaque chaume émerge du sol avec son diamètre définitif et atteint sa hauteur finale en une seule saison de croissance (quelques semaines à quelques mois). Il ne grossit plus jamais par la suite — contrairement aux troncs d’arbres qui s’épaississent chaque année par ajout de cernes de croissance. Le chaume se lignifie ensuite progressivement sur 2 à 5 ans, atteignant sa résistance mécanique maximale vers la troisième ou quatrième année.
Le système racinaire et les rhizomes
Le système souterrain des bambous se compose de rhizomes (tiges souterraines modifiées) et de racines adventives. C’est l’organe central de la biologie du bambou : il stocke les réserves nutritives, assure la propagation végétative et détermine le port de la plante (touffe compacte ou colonisation étendue). Les deux grands types de rhizomes — leptomorphes (traçants) et pachymorphes (cespiteux) — ont été présentés en section 3. En pratique, cette distinction conditionne tous les choix du jardinier en termes d’espace, de contention et de gestion à long terme.
Les feuilles
Les bambous portent deux types de feuilles, souvent très différents. Les feuilles caulinaires (ou gaines) engainent le chaume pendant sa croissance, le protégeant et l’aidant à se redresser. Elles tombent généralement après le déploiement complet du chaume. Les feuilles de branchage, portées par les rameaux latéraux, assurent la photosynthèse. Elles sont typiquement lancéolées, souvent petites (2 à 15 cm), et peuvent présenter des panachures spectaculaires chez certains cultivars ornementaux. La plupart des bambous sont sempervirents, mais renouvellent une partie de leur feuillage au printemps.
La floraison
La floraison des bambous est l’un des phénomènes les plus énigmatiques du monde végétal. Comme évoqué en section 2, elle est souvent grégaire et synchronisée à l’échelle de populations entières, parfois séparées par des milliers de kilomètres. Les fleurs sont des épillets typiques de graminées, généralement peu spectaculaires visuellement. Le fruit est un caryopse (grain), souvent comestible et ressemblant à un grain de riz ou de blé.
Les cycles de floraison documentés varient énormément : 3 ans chez certaines espèces herbacées, 15 à 20 ans chez certains Bambusa, 48 ans chez Phyllostachys bambusoides, 60 ans chez Chusquea culeou, et possiblement 120 ans chez Phyllostachys edulis — bien que ce dernier chiffre reste discuté. Après la floraison, la plante meurt partiellement ou totalement : un événement catastrophique pour les populations dépendantes du bambou (pandas, communautés humaines), mais aussi une occasion de régénération génétique par reproduction sexuée et brassage des gènes.
Usages des bambous dans le monde
Construction et habitat
Le bambou est le matériau de construction le plus ancien et le plus utilisé des régions tropicales. Plus d’un milliard de personnes habitent dans des structures partiellement ou entièrement construites en bambou. En Asie du Sud-Est, en Amérique latine (Colombie, Équateur) et en Afrique, les chaumes servent de poutres, de piliers, d’échafaudages, de planchers et de toitures. Le bambou Guadua angustifolia, en Colombie, est reconnu comme matériau de construction sismique grâce à sa flexibilité et sa résistance exceptionnelles. Plus récemment, l’architecture contemporaine s’est emparée du bambou pour des réalisations spectaculaires (Green School à Bali, ponts, pavillons).
Alimentation
Les pousses de bambou (takenoko en japonais) sont un aliment important en Asie orientale et du Sud-Est. Récoltées lorsqu’elles émergent à peine du sol, elles sont consommées fraîches, cuites, fermentées ou en conserve.
Les espèces les plus appréciées pour leurs pousses appartiennent aux genres Phyllostachys (notamment Phyllostachys edulis), Dendrocalamus et Bambusa. Les graines de bambou, produites lors des rares floraisons, sont également comestibles et ont historiquement servi de nourriture de famine dans plusieurs cultures.
Artisanat et industrie
Les fibres de bambou alimentent la papeterie (premier producteur : la Chine), la fabrication de textiles (viscose de bambou), la vannerie, la lutherie (flûtes, dont le shakuhachi japonais et le bansuri indien), le mobilier et la décoration. Le bambou laminé (lamellé-collé) est devenu un matériau de parquet et de plan de travail prisé pour sa dureté et sa beauté. Le charbon de bambou est utilisé comme agent de purification, combustible et composant de biochar pour l’amendement des sols.
Usages environnementaux
Le bambou est de plus en plus reconnu pour ses services écosystémiques : lutte contre l’érosion (système racinaire dense), phytoremédiation des sols contaminés, séquestration du carbone (un hectare de bambouseraie peut fixer 60 à 100 tonnes de CO₂ par an selon les estimations), et restauration de terres dégradées. Sa croissance extrêmement rapide et sa capacité à produire de la biomasse sans replantation (les chaumes se renouvellent continuellement à partir du système rhizomateux) en font une ressource renouvelable par excellence.
Médecine traditionnelle
Le tabashir (ou tabasheer) est une substance siliceuse opaline qui se dépose naturellement dans les cavités des entre-nœuds de certains bambous (notamment Bambusa arundinacea). Utilisé en médecine ayurvédique et en médecine traditionnelle chinoise depuis des millénaires, le tabashir est l’une des sources naturelles les plus riches en silicium organique biodisponible. Les feuilles de bambou sont également utilisées en phytothérapie asiatique comme diurétique, antipyrétique et anti-inflammatoire.
Culture industrielle du bambou
Les grandes filières mondiales
La Chine domine la production mondiale de bambou, avec environ 6 millions d’hectares de bambouseraies cultivées, dont la majorité est plantée en Moso (Phyllostachys edulis). L’Inde est le second producteur mondial, avec une surface estimée à 15 millions d’hectares de bambouseraies naturelles et cultivées (principalement Bambusa et Dendrocalamus). Le Brésil, l’Éthiopie, le Vietnam, le Myanmar, l’Indonésie et la Colombie sont d’autres producteurs importants.
Espèces clés de la production
Quelques espèces dominent la production industrielle mondiale : Phyllostachys edulis (Moso) pour les pousses alimentaires, le parquet, le papier et le textile en Chine ; Dendrocalamus asper et Bambusa vulgaris pour la construction et la papeterie en Asie du Sud-Est et en Afrique ; Guadua angustifolia pour la construction en Amérique latine ; Dendrocalamus strictus (Iron Bamboo) pour la pâte à papier et la construction en Inde.
Gestion et récolte
Les bambouseraies industrielles sont gérées par récolte sélective : on ne coupe que les chaumes matures (âgés de 3 à 5 ans), en laissant en place les chaumes plus jeunes et en préservant un nombre suffisant de chaumes par hectare pour maintenir la vigueur de la plantation. Ce mode de gestion, quand il est bien conduit, permet une production continue et pérenne sans replantation, le système rhizomateux émettant de nouveaux chaumes chaque année. Les rendements varient de 5 à 20 tonnes de biomasse sèche par hectare et par an selon les espèces et les conditions.
Le bambou au jardin : culture ornementale
Pourquoi planter des bambous ?
Le bambou offre au jardinier une palette d’usages ornementaux exceptionnellement large : brise-vue et haie haute (les bambous sont les plantes les plus efficaces pour créer un écran dense en quelques années), spécimen isolé (port architectural spectaculaire), couvre-sol (espèces naines des genres Pleioblastus et Sasa), plante de bac pour terrasses et balcons, fond de massif tropical, et même art topiaire vivant. Le bruissement caractéristique du feuillage dans le vent, l’ombrage frais sous la canopée et les jeux de lumière à travers les chaumes constituent des qualités sensorielles que peu d’autres plantes peuvent offrir.
Bambous traçants vs bambous cespiteux : quel choix ?
Le choix entre bambous traçants et cespiteux est la première décision à prendre.
Les bambous traçants, comme les genres Phyllostachys, Pleioblastus, Sasa, Pseudosasa, Semiarundinaria offrent les plus grands chaumes, les meilleurs résultats en haie, et les espèces les plus rustiques — mais ils nécessitent parfois une barrière anti-rhizome ou une contention régulière, si on souhaite restreindre leur développement à des surfaces réduites.
Les bambous cespiteux (Fargesia, Chusquea, Bambusa en zone douce) ne posent aucun problème d’envahissement, mais sont souvent moins grands et parfois moins rustiques.
Exigences générales de culture
Sol : la plupart des bambous apprécient un sol profond, riche en humus, frais mais bien drainé. Les sols lourds, argileux et engorgés en hiver posent problème (pourriture des rhizomes). Les sols calcaires peuvent provoquer des chloroses chez certaines espèces sensibles, mais la majorité des Phyllostachys tolèrent un pH légèrement alcalin.
Exposition : plein soleil à mi-ombre pour la plupart des espèces. Les Fargesia préfèrent la mi-ombre, surtout en climat chaud. Les Phyllostachys se développent mieux au soleil. Les Chusquea tolèrent le plein soleil mais préfèrent des nuits fraîches.
Arrosage : régulier et copieux les premières années, surtout en été. Les bambous établis sont nettement plus tolérants à la sécheresse qu’on ne le croit, en particulier les espèces à enracinement profond.
Fertilisation : les bambous sont gourmands en azote. Un apport d’engrais riche en azote au printemps (mars-avril) stimule la production de nouvelles pousses. Le compost, le fumier bien décomposé et le paillis organique sont les meilleurs amendements.
Les bambous en pot
La culture en pot ou en grand bac est une solution idéale pour les balcons, terrasses et petits jardins, et permet aussi de contenir naturellement les espèces traçantes. Le substrat doit être riche et drainant (mélange terreau/terre végétale/compost). L’arrosage doit être très régulier en été (le substrat en pot se dessèche rapidement). Un rempotage ou une division tous les 2 à 3 ans est nécessaire pour éviter que la touffe ne devienne trop à l’étroit. Le paillage de surface limite l’évaporation.
Bambous et climat méditerranéen
Le paradoxe du bambou en Méditerranée
Les bambous sont généralement associés aux forêts tropicales humides d’Asie, aux sous-bois pluvieux du Japon ou aux versants brumeux des Andes. Le climat méditerranéen, avec ses étés chauds et secs, ses hivers doux mais parfois rigoureux, ses vents desséchants (mistral, tramontane) et ses sols souvent calcaires et superficiels, semble a priori peu hospitalier. Pourtant, les bambous peuvent non seulement survivre en Méditerranée — ils peuvent y prospérer spectaculairement, comme le démontrent trois jardins de référence dans le sud de la France.
La Bambouseraie en Cévennes (Prafrance, Gard) : 170 ans d’acclimatation
La Bambouseraie en Cévennes, créée en 1856 par Eugène Mazel à Générargues (Gard), à 2 km d’Anduze, est la plus ancienne et la plus grande bambouseraie d’Europe. Mazel, cévenol orphelin élevé par un oncle armateur marseillais, hérita d’une fortune considérable qu’il mit au service de sa passion pour la botanique exotique. Après un voyage en Extrême-Orient pour étudier les mûriers à soie, il revint avec de nombreuses plantes tropicales — des bambous en premier lieu — qu’il entreprit d’acclimater sur le domaine de Prafrance.
La clé de sa réussite résidait dans la construction d’un ingénieux réseau de canaux d’irrigation alimenté par le Gardon, qui compensait la sécheresse estivale méditerranéenne. Les sols alluviaux profonds du fond de vallée assuraient une réserve hydrique naturelle. Malgré la faillite de Mazel en 1890 et sa mort peu après, le domaine fut racheté en 1902 par la famille Nègre, qui poursuivit son développement sur quatre générations.
Aujourd’hui, la Bambouseraie s’étend sur 34 hectares (dont 14 ouverts au public), abrite plus de 200 espèces de bambous, avec des spécimens géants dépassant 20 mètres de hauteur. Classée Jardin Remarquable et inscrite aux Monuments Historiques, elle a reçu le label « Esprit Parc national » des Cévennes (réserve de biosphère UNESCO). Plus d’un million et demi de visiteurs l’ont parcourue. Parmi les espèces remarquables présentes, on note Phyllostachys bambusoides ‘Holochrysa’ (chaumes dorés spectaculaires) et Sasa tessellata (feuilles immenses de 50 cm, résistant à −18 °C et à la sécheresse).
La Bambouseraie démontre que, sous climat méditerranéen, le bambou prospère à condition de disposer d’un apport d’eau régulier pendant la saison de croissance et d’un sol profond. Elle a aussi subi les aléas du climat méditerranéen : les inondations catastrophiques du Gardon (notamment en 1958 et 2002, épisodes cévenols) ont ravagé le parc, mais les bambous ont montré une résilience remarquable.
Bambous en Provence (Eyragues, Bouches-du-Rhône) : le défi du mistral
Le jardin Bambous en Provence, situé à Eyragues (Bouches-du-Rhône), à 10 km d’Avignon et de Saint-Rémy-de-Provence, pousse l’expérimentation plus loin que Prafrance. Labellisé Jardin Remarquable, ce parc de 4 à 5,5 hectares abrite plus de 250 variétés de bambous et 250 variétés d’autres plantes et graminées — le tout sous un climat provençal franc, nettement plus aride et venté que les vallées cévenoles.
Vingt ans après le début de sa création, les résultats sont remarquables : les bambous les plus gros atteignent environ 16 mètres de haut et 10 cm de diamètre. Mais l’ambition la plus intéressante du projet est l’objectif d’autonomie hydrique : entre 4 et 10 ans après la plantation, les bambous doivent devenir autonomes en allant chercher l’eau à 2 mètres de profondeur, réduisant drastiquement voire supprimant l’irrigation estivale. Ce jardin constitue un véritable laboratoire vivant de la culture du bambou en conditions méditerranéennes sèches.
Pour en savoir plus : bambous-en-provence.com
Les Bambous du Mandarin (Montauroux, Var) : un microclimat de gorge
Installée sur le site d’un ancien moulin à farine restauré, au cœur des gorges de la Haute-Siagne, à Montauroux (Var) entre Grasse et Draguignan, cette bambouseraie de 2 hectares créée par Benoît Béraud abrite environ 80 à 100 variétés de bambous, accompagnées de fougères arborescentes, de parterres d’iris et de lotus.
L’intérêt de ce jardin pour l’étude de la culture du bambou en Méditerranée tient à sa situation : un fond de gorge calcaire en climat varois franc (étés caniculaires, sécheresse prolongée), mais bénéficiant de la proximité immédiate de la Siagne (humidité ambiante, nappe phréatique accessible aux racines) et d’un encaissement naturel qui protège du vent. C’est un exemple parfait de l’exploitation d’un microclimat naturel favorable : le fond de gorge ombragé et humide crée des conditions nettement plus clémentes que le plateau environnant, permettant la culture de bambous qui ne survivraient pas dans un jardin provençal ordinaire exposé au plein soleil et au vent.
L’effet bambouseraie : quand le bambou crée son propre climat
Concept clé : l’auto-génération de microclimatUne plantation dense de bambous ne se contente pas de tolérer les conditions méditerranéennes — elle les modifie activement en sa faveur, créant un cercle vertueux qui s’amplifie avec le temps. Ce phénomène, que l’on pourrait appeler « l’effet bambouseraie », est l’une des clés de la réussite du bambou en climat sec.
Effet brise-vent. Une bambouseraie dense constitue un filtre à vent remarquablement efficace. Contrairement à un mur rigide qui crée des turbulences en aval, le feuillage souple des bambous réduit progressivement la vitesse du vent. En Provence, cet effet est crucial : le mistral, vent du nord desséchant et persistant, est le principal ennemi des plantations ornementales. Une bambouseraie établie peut réduire la vitesse du vent de 50 à 80 % dans sa zone d’influence, protégeant les chaumes intérieurs, les nouvelles pousses et les plantes compagnes cultivées en aval. Le jardin Bambous en Provence, en pleine zone de mistral, en est la démonstration vivante : les bambous de périphérie, les plus exposés et les plus éprouvés, protègent les spécimens intérieurs qui atteignent des dimensions spectaculaires.
Régulation de l’humidité atmosphérique. La transpiration foliaire d’une bambouseraie dense libère des quantités considérables de vapeur d’eau, créant un microclimat nettement plus humide sous la canopée que dans l’environnement immédiat. Cette humidité ambiante réduit le stress hydrique des plantes, limite l’évapotranspiration et abaisse les températures de plusieurs degrés en été. Les visiteurs de toutes les bambouseraies méditerranéennes décrivent unanimement une sensation de fraîcheur saisissante en pénétrant sous les bambous — une différence perceptible avec le paysage environnant desséché par la chaleur.
Effet litière. Les bambous perdent des feuilles en continu (et massivement au printemps, lors du renouvellement du feuillage). Cette chute constante constitue un paillis naturel dense et permanent au sol, qui joue un triple rôle : réduction drastique de l’évaporation de l’eau du sol ; maintien d’une température du sol plus stable et plus fraîche ; et enrichissement progressif de l’humus en matière organique. Ce tapis de feuilles peut atteindre 10 à 20 cm d’épaisseur dans une bambouseraie établie, fonctionnant comme une véritable éponge organique qui retient l’humidité.
Ombrage et protection du sol. La canopée dense des bambous intercepte une part majeure du rayonnement solaire direct, réduisant la température du sol de 5 à 10 °C par rapport à une surface exposée. Cet ombrage est particulièrement bénéfique pour les rhizomes et les racines, dont l’activité est inhibée par les sols surchauffés — un problème bien documenté chez les Chusquea, dont les racines sont réputées thermosensibles.
Cercle vertueux. Ces quatre mécanismes se renforcent mutuellement : les premiers bambous installés (phase pionnière, souvent difficile, nécessitant irrigation, paillage et protection contre le vent) créent progressivement les conditions favorables à leur propre expansion et à l’installation de spécimens plus exigeants. Au bout de quelques années, la bambouseraie fonctionne comme un écosystème semi-autonome, nécessitant beaucoup moins d’eau et de soins qu’au début. C’est exactement l’objectif poursuivi par le jardin Bambous en Provence, qui vise l’autonomie hydrique des bambous en 4 à 10 ans grâce à un enracinement profond combiné à cet effet de microclimat auto-entretenu.
Implication pratique pour le jardinier méditerranéen : la réussite d’une plantation de bambous en climat sec est souvent une question de patience et de masse critique. Un bambou isolé en plein soleil et plein vent subira un stress hydrique et thermique sévère et pourra péricliter. Un groupe dense de bambous, protégé les premières années, finira par créer son propre environnement favorable. C’est pourquoi les trois bambouseraies de référence du sud de la France sont toutes des plantations denses et étendues, et non des spécimens isolés.
La tolérance à la sécheresse chez les bambous
Contrairement aux idées reçues, certaines espèces de bambous présentent une réelle tolérance à la sécheresse une fois établies. Le tableau suivant présente les espèces les mieux adaptées aux conditions méditerranéennes.
| Espèce | Type | Hauteur | Rusticité | Tolérance sécheresse |
|---|---|---|---|---|
| Phyllostachys edulis (Moso) | Traçant | 15–20 m | −18 °C | Moyenne (enracinement profond) |
| Phyllostachys nigra | Traçant | 6–10 m | −20 °C | Moyenne |
| Phyllostachys viridis | Traçant | 12–15 m | −18 °C | Bonne |
| Semiarundinaria fastuosa | Traçant | 6–10 m | −22 °C | Moyenne |
| Sasa tessellata | Traçant (couvre-sol) | 1–2 m | −18 °C | Bonne |
| Chusquea culeou | Cespiteux | 5–8 m | −15 à −18 °C | Bonne une fois établi |
| Chusquea gigantea | Cespiteux | 8–15 m | −18 °C | Bonne une fois établi |
| Dendrocalamus strictus | Cespiteux | 10–18 m | −2 °C | Très bonne (espèce xérophyte) |
Le genre Chusquea : des bambous naturellement adaptés au climat méditerranéen
Le genre Chusquea mérite une attention particulière de la part du jardinier méditerranéen. Avec plus de 150 espèces, c’est le genre de bambous le plus riche au monde. Toutes ses espèces sont natives d’Amérique latine, du Mexique au sud du Chili. Elles possèdent des caractéristiques uniques qui les distinguent de tous les autres bambous : des chaumes pleins (solides, non creux), des rhizomes cespiteux (non envahissants) et une ramification verticillée dense donnant un aspect de « goupillon » très décoratif.
Surtout, le genre Chusquea détient le record de la distribution latitudinale et altitudinale la plus large de tous les bambous (47°S au Chili à 24°N au Mexique ; du niveau de la mer à plus de 4 000 m d’altitude). Plusieurs espèces sont originaires de zones à climat de type méditerranéen, notamment le Chili central, dont le matorral est l’exact équivalent austral du maquis méditerranéen.
Chusquea cumingii Nees est sans doute l’espèce la plus pertinente pour les jardins méditerranéens, bien qu’elle soit encore très rare en culture. Endémique du Chili central, elle pousse dans le biome tempéré sec — le matorral chilien, caractérisé par des étés chauds et secs et des hivers doux et humides, un régime climatique quasi identique à celui de la Provence ou de la Ligurie. C’est un bambou de petite taille (chaumes grêles et solides de 2 à 3 m de hauteur), à feuilles lancéolées-linéaires de 2,5 à 5 cm, introduit en Angleterre dès 1927 par le collecteur Clarence Elliott. Cette espèce mériterait d’être beaucoup plus expérimentée dans les jardins du littoral méditerranéen.
Chusquea culeou (colihue, bambou plume du Chili) est la plus connue en culture hors du continent américain. Native des forêts tempérées valdivianaises du Chili et d’Argentine, elle est tolérante à la sécheresse une fois établie et rustique jusqu’à −15 à −18 °C. Ses chaumes solides de 5 à 8 m, sa ramification dense en « goupillon » et son port non envahissant en font une plante ornementale de premier plan.
Cependant, Chusquea culeou n’apprécie guère les fortes chaleurs avec humidité et préfère les nuits fraîches — ce qui la destine plutôt aux zones méditerranéennes d’altitude, au littoral venté ou aux jardins du nord de la zone méditerranéenne plutôt qu’à l’arrière-pays caniculaire. Mais surtout au littoral atlantique et notamment à la Bretagne.
Chusquea gigantea (= Chusquea breviglumis) est la plus grande du genre, atteignant 8 à 15 m (voire davantage dans son habitat chilien). Tolérante à la sécheresse une fois établie, formant une touffe ouverte à étalement lent, elle produit des chaumes solides utilisés en construction au Chili. Sa rusticité au froid est excellente (−18 °C). L’enracinement profond de cette espèce la rend particulièrement intéressante pour les plantations méditerranéennes visant l’autonomie hydrique.
Défis spécifiques du climat méditerranéen
Sécheresse estivale : le facteur limitant principal. L’irrigation est indispensable les premières années d’installation. Un paillage épais (10 à 15 cm) est crucial pour maintenir l’humidité du sol. Le choix d’espèces à enracinement profond (Phyllostachys edulis, Chusquea gigantea) favorise l’autonomie à long terme.
Chaleur : les Fargesia (bambous de montagne à mi-ombre) souffrent terriblement en plein soleil méditerranéen et ne sont pas recommandés sauf en situation ombragée et fraîche. Préférer les Phyllostachys et les Semiarundinaria pour les expositions chaudes.
Vent (mistral, tramontane) : effet desséchant majeur sur le feuillage et les nouvelles pousses. Prévoir un brise-vent initial (haie, claustra, filet) en attendant que les bambous soient assez grands pour se protéger mutuellement (effet bambouseraie). Les Chusquea à chaumes solides résistent mécaniquement mieux au vent que les espèces à chaumes creux. Ne pas oublier d’arroser les plantations récentes (moins d’un an) et les plantes en pot, les jours de Mistral.
Sols calcaires : certains bambous sont sujets à la chlorose ferrique en sol très calcaire (pH > 7,5). Les Phyllostachys tolèrent généralement un pH légèrement alcalin. Amender avec du fer séquestré (chélate EDDHA) si nécessaire. Privilégier les espèces tolérantes.
Épisodes cévenols et inondations : paradoxalement, les bambous résistent généralement très bien aux inondations temporaires, comme l’a démontré la Bambouseraie de Prafrance après les crues catastrophiques du Gardon.
Associations paysagères en jardin méditerranéen
Les bambous s’intègrent remarquablement dans les jardins exotiques et méditerranéens, en dialogue avec les plantes architecturales qui font l’identité de ces espaces. L’effet de contraste entre le feuillage léger, souple et bruissant des bambous et la silhouette rigide et sculpturale des succulentes est l’un des plus réussis du design paysager contemporain.
Maladies, ravageurs et problèmes courants
Cochenilles
Les cochenilles constituent le fléau principal des bambous en culture. Les cochenilles farineuses (Pseudococcidae) et les cochenilles à carapace (Asterolecanium spp., spécifiques aux bambous) colonisent les nœuds, les gaines et la face inférieure des feuilles, provoquant un affaiblissement général, un jaunissement foliaire et la production de miellat favorisant la fumagine. Le traitement repose sur l’huile blanche (huile de paraffine) ou le savon noir en pulvérisation, complété si nécessaire par un insecticide systémique. La taille et l’éclaircissage réguliers des touffes, améliorant la circulation de l’air, sont les meilleures mesures préventives.
Acariens
Les tétranyques tisserands (Tetranychus spp.) provoquent un dessèchement et un brunissement foliaire caractéristique, surtout par temps chaud et sec. Le feuillage prend une teinte grisâtre et perd son éclat. Les bassinages réguliers du feuillage (les acariens détestent l’humidité) et le maintien d’une bonne hygrométrie sont les meilleures préventions. En cas d’attaque sévère, un acaricide spécifique peut être nécessaire.
Pucerons du bambou
Plusieurs espèces de pucerons colonisent spécifiquement les bambous, notamment Takecallis arundinariae et Takecallis taiwana. Les populations sont généralement régulées par les auxiliaires naturels (coccinelles, syrphes, chrysopes). Les attaques sévères se traitent au savon noir ou à l’huile de neem.
Champignons
La rouille du bambou (Puccinia spp.) provoque l’apparition de pustules orangées sur les feuilles et les gaines. La fumagine (croûte noire de champignons saprophytes) se développe sur le miellat produit par les cochenilles et les pucerons : c’est un symptôme secondaire qu’il faut traiter en éliminant les insectes responsables. La pourriture des rhizomes (Fusarium, Pythium) survient en sol engorgé et mal drainé — d’où l’importance absolue du drainage.
Problèmes physiologiques
Jaunissement foliaire : peut indiquer un stress hydrique (trop ou trop peu d’eau), une carence en azote, une chlorose ferrique (sol trop calcaire) ou simplement le renouvellement naturel du feuillage au printemps. Enroulement foliaire : signe de stress hydrique aigu ; les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes pour limiter la transpiration. Un arrosage copieux suffit généralement à rétablir la situation. Dégâts de gel : les espèces sensibles présentent un brunissement et un dessèchement foliaire après un gel sévère. Les rhizomes, protégés dans le sol, survivent généralement et produisent de nouvelles pousses au printemps.
Le bambou comme plante envahissante
Attention : responsabilité du jardinierLes bambous à rhizomes traçants (Phyllostachys, Pleioblastus, Sasa, Pseudosasa) peuvent devenir extrêmement envahissants s’ils ne sont pas contenus. Les rhizomes progressent de 1 à 5 mètres par an selon les espèces et colonisent rapidement les propriétés voisines. L’installation d’une barrière anti-rhizome (plaque de PEHD de 70 cm de profondeur minimum, avec les bords inclinés vers l’extérieur) est impérative. Le jardinier est juridiquement responsable des dégâts causés par ses bambous aux propriétés mitoyennes.
Index des genres traités
Les fiches détaillées des genres seront progressivement publiées sur succulentes.net. Chaque page de genre comprendra la description botanique, la liste des espèces principales en culture, les conseils de culture détaillés et un tableau comparatif des espèces et cultivars.
Bambusa
Bambous ligneux tropicaux cespiteux. ≈ 150 espèces · Rhizome pachymorphe · Rusticité −2 à −5°C · Asie tropicale.
Pour en savoir davantage sur le genre Bambusa.
Chimonobambusa
Bambous à pousses d’automne. ≈ 35 espèces · Rhizome leptomorphe · Rusticité −15°C · Asie orientale.
Chusquea
Bambous à chaumes pleins des Amériques. ≈ 150 espèces · Rhizome pachymorphe · Rusticité -2 à −18°C · Amérique latine.
Pour en savoir davantage, visitez la page du genre Chusquea.
Dendrocalamus
Bambous géants tropicaux. ≈ 50 espèces · Rhizome pachymorphe · Rusticité 0 à −3°C · Asie du Sud-Est.
Pour en savoir plus sur le genre Dendrocalamus.
Fargesia
Bambous cespiteux de montagne. ≈ 90 espèces · Rhizome pachymorphe · Rusticité -15 à -25°C · Himalaya, Chine
Guadua
Bambous géants néotropicaux. ≈ 30 espèces · Rhizome pachymorphe · Rusticité 0°C · Amérique latine
x Hibanobambusa
Bambou hybride intergénérique. Une unique espèce · Rhizome leptomorphe · Rusticité −20°C · Japon
Otatea
Bambous pleureurs mexicains, tolérants à la sécheresse. ≈ 12 espèces · Rhizome pachymorphe · Rusticité -5 °C · Mexique, Amérique centrale
Phyllostachys
Bambous traçants tempérés — le genre le plus cultivé. ≈ 75 espèces · Rhizome leptomorphe · Rusticité −25°C · Chine
Pour en savoir plus sur le genre Phyllostachys.
Pleioblastus
Bambous nains et couvre-sol. ≈ 40 espèces · Rhizome leptomorphe · Rusticité −25°C · Japon
Pseudosasa
Bambou flèche. ≈ 20 espèces · Rhizome leptomorphe · Rusticité −20°C · Japon, Chine
Sasa
Bambous à grandes feuilles. ≈ 40 espèces · Rhizome leptomorphe · Rusticité −25°C · Japon, Corée
Semiarundinaria
Bambous à port colonnaire. ≈ 10 espèces · Rhizome leptomorphe · Rusticité −22°C · Japon
Bibliographie et ressources
Clark, L.G., Londoño, X. & Ruiz-Sanchez, E. (2015). Bamboo Taxonomy and Habitat. In : Liese, W. & Köhl, M. (éd.), Bamboo — The Plant and its Uses, pp. 1–30. Springer.
Kelchner, S.A. & BPG (Bamboo Phylogeny Group) (2013). Higher level phylogenetic relationships within the bamboos (Poaceae: Bambusoideae) based on five plastid markers. Molecular Phylogenetics and Evolution, 67(2), 404–413.
Liese, W. & Köhl, M. (éd.) (2015). Bamboo — The Plant and its Uses. Springer, Berlin.
McClure, F.A. (1966). The Bamboos: A Fresh Perspective. Harvard University Press, Cambridge.
Ohrnberger, D. (1999). The Bamboos of the World. Elsevier, Amsterdam.
Soreng, R.J., Peterson, P.M., Romaschenko, K. et al. (2017). A worldwide phylogenetic classification of the Poaceae (Gramineae) II. Journal of Systematics and Evolution, 55(4), 259–290.
Stapleton, C.M.A. (1994). Bamboos of Bhutan. Royal Botanic Gardens, Kew.
Vorontsova, M.S., Clark, L.G., Dransfield, J., Govaerts, R. & Baker, W.J. (2016). World Checklist of Bamboos and Rattans. INBAR Technical Report, 37.
Ressources en ligne
Jardins de bambous en France, sous climat méditerranéen :
- La Bambouseraie en Cévennes (Générargues, Gard) — plus de 200 espèces, 170 ans d’histoire
- Bambous en Provence (Eyragues, Bouches-du-Rhône) — 250 variétés, Jardin Remarquable
- Les Bambous du Mandarin (Montauroux, Var) — 80 à 100 variétés en fond de gorge
Sociétés de bambou :
- European Bamboo Society (EBS)
- American Bamboo Society (ABS)
- Société Française du Bambou
