Genre Chusquea 

Le genre Chusquea Kunth regroupe les seuls bambous ligneux à chaumes pleins du continent américain. Avec 205 espèces acceptées par POWO, il constitue le genre de bambous néotropicaux le plus diversifié, représentant à lui seul près de la moitié des bambous ligneux du Nouveau Monde. Du Mexique central jusqu’à la Patagonie chilienne et argentine, les Chusquea colonisent des habitats remarquablement variés — des forêts de nuages andines aux páramos d’altitude, des forêts d’Araucaria du sud du Brésil aux bois de Nothofagus de Patagonie — à des altitudes allant du niveau de la mer à plus de 4 000 m.

Pour le jardinier européen, le genre Chusquea représente une alternative fascinante aux bambous asiatiques traçants du genre Phyllostachys. Leur port cespiteux (non traçant), leurs chaumes solides et leur feuillage dense en font des plantes ornementales de premier plan, sans le risque d’envahissement qui accompagne tant de bambous. Chusquea culeou, le bambou le plus austral de la planète, a prouvé sa rusticité dans les jardins européens depuis son introduction au Royaume-Uni en 1890.

Classification et taxonomie

Position systématique

Le genre Chusquea appartient à la famille des Poaceae (graminées), sous-famille des Bambusoideae, tribu des Bambuseae, et constitue à lui seul la sous-tribu des Chusqueinae Soderstr. & Ellis. Il a été décrit par le botaniste allemand Carl Sigismund Kunth en 1822. Le nom générique dérive de « chusque », nom vernaculaire donné à Chusquea scandens en Amérique du Sud.

La monophylie du genre est solidement établie par les données moléculaires (Kelchner & Clark, 1997 ; Clark et al., 2007 ; Fisher et al., 2009). Les caractères diagnostiques du genre sont : des épillets portant quatre glumes et un unique fleuron fertile terminal sans extension de la rachéole, ainsi que la présence de deux papilles sur les cellules subsidiaires du complexe stomatique foliaire.

Organisation infragenérique

Les analyses phylogénétiques les plus récentes reconnaissent cinq sous-genres au sein de Chusquea, dont la délimitation repose sur des données moléculaires chloroplastiques et, pour certains, des synapomorphies morphologiques identifiables :

Sous-genreCaractéristiques principalesEspèces représentatives
Chusquea subg. Chusquea (Euchusquea)Le clade le plus vaste et le moins résolu ; ramification aérienne développée ; un bourgeon par nœud. Radiation récente probable.Chusquea culeouChusquea quilaChusquea ramosissima
Chusquea subg. RettbergiaSeul sous-genre monophylétique soutenu à la fois par les données moléculaires et morphologiques ; chaumes souvent grimpants ou scandents.Chusquea oligophyllaChusquea capituliflora
Chusquea subg. SwallenochloaEspèces de haute altitude ; feuilles souvent coriaces et de petite taille.Chusquea tessellataChusquea subtessellata
Chusquea subg. PlatoniaAnciennement classé dans le genre Neurolepis ; grandes feuilles ; absence de ramification aérienne ; ligules fortement nervées.Chusquea acuminatissima
Chusquea subg. MagnifoliaeÉgalement issu de l’ancien genre Neurolepis ; feuilles très grandes ; espèces de páramos et sous-páramos.Chusquea angustaChusquea mollis

Les anciens genres DendragrostisRettbergiaSwallenochloa et Neurolepis sont désormais inclus dans Chusquea. Les sous-genres Platonia et Magnifoliae ont été formellement nommés par Fisher et al. (2014) à la suite de leur submersion dans Chusquea.

Remarque taxonomique : les relations phylogénétiques au sein du clade Euchusquea (sous-genre Chusquea) restent largement non résolues. La faible résolution de la phylogénie chloroplastique et la composition des clades moléculaires, en conflit avec la taxonomie morphologique traditionnelle, suggèrent une radiation évolutive récente et rapide. En conséquence, la taxonomie infragenérique basée sur la morphologie (sections et séries de Clark, 1989) reste recommandée comme outil pratique en attendant de meilleures résolutions moléculaires.

Morphologie

Chaumes

La caractéristique la plus distinctive du genre Chusquea est sans conteste le chaume plein, ou solide. Contrairement à la grande majorité des bambous — et des graminées en général — dont les entre-nœuds sont creux, les Chusquea possèdent des chaumes intégralement solides. Cette particularité leur confère une résistance mécanique supérieure et les rend particulièrement aptes à l’artisanat, à la fabrication de meubles et à la construction légère en Amérique latine.

La taille des chaumes varie considérablement selon les espèces : de quelques dizaines de centimètres pour certaines espèces de páramo à plus de 15 m de hauteur pour les espèces forestières les plus vigoureuses, avec des diamètres allant de quelques millimètres à environ 3–4 cm. On est loin des dimensions des bambous-bois asiatiques des genres Dendrocalamus ou Guadua, mais la solidité des chaumes compense cette modestie en termes de résistance structurelle par rapport au diamètre.

Ramification

Les Chusquea présentent un mode de ramification très caractéristique : chaque nœud porte typiquement un bourgeon central dominant entouré de multiples bourgeons subsidiaires, ce qui produit un verticille dense de branches rayonnant autour du chaume. Ce patron de ramification confère à beaucoup d’espèces — notamment Chusquea culeou — un aspect « queue de renard » (foxtail bamboo en anglais) ou de plumeau très reconnaissable.

Port et habitus

Le port varie considérablement au sein du genre : on trouve des espèces strictement érigées formant des touffes denses (comme Chusquea culeou), des espèces scandentes ou grimpantes pouvant atteindre la canopée forestière (sous-genre Rettbergia), et des espèces acaules ou subacaules de haute altitude (sous-genres Platonia et Magnifoliae). Le rhizome est de type pachymorphe (cespiteux), ce qui signifie que les Chusquea forment des touffes compactes et ne sont pas traçants — un avantage majeur en culture par rapport aux Phyllostachys.

Feuillage

Les feuilles sont généralement petites à moyennes (2–12 cm de long selon les espèces), lancéolées, de couleur vert foncé, persistantes. Les espèces du sous-genre Chusquea et du sous-genre Swallenochloa possèdent un feuillage dense et fin. En revanche, les espèces des sous-genres Platonia et Magnifoliae (anciennement Neurolepis) se distinguent par des feuilles beaucoup plus grandes, pouvant atteindre plusieurs décimètres de longueur.

Distribution et écologie

Aire de répartition

Le genre Chusquea est strictement néotropical, avec une aire de répartition s’étendant d’environ 21°N (Mexique central) à 47°S (Patagonie australe). Il présente ainsi la distribution latitudinale la plus étendue de tous les genres de bambous au monde. Selon les analyses biogéographiques les plus récentes (McMurchie et al., 2022 ; Pianissola et al., 2023), l’ancêtre commun le plus récent de la sous-tribu Chusqueinae serait originaire des Andes septentrionales (Venezuela, Colombie, Équateur, Pérou), d’où plusieurs événements de dispersion majeurs — vers le nord (Amérique centrale, Caraïbes) et vers le sud (Bolivie, Argentine, forêt atlantique brésilienne) — ont conduit à la diversification observée aujourd’hui.

Les centres de diversité du genre se situent au Mexique et en Amérique centrale, dans les Andes septentrionales (Colombie, Équateur) et dans le sud-est du Brésil (forêt atlantique). L’espèce la plus australe est Chusquea culeou, qui atteint les forêts de Nothofagus de Patagonie jusqu’à environ 47°S.

Habitats

Les Chusquea occupent une remarquable diversité d’habitats montagnards et tempérés, parmi lesquels : les forêts de nuages andines, les páramos et sous-páramos d’altitude (au-dessus de 3 000 m), les campos de altitude du sud-est brésilien, les forêts d’Araucaria angustifolia, les forêts tempérées de Nothofagus de Patagonie et les forêts de chênes et de pins du Mexique. De nombreuses espèces dominent le sous-bois forestier et peuvent former des fourrés impénétrables, jouant un rôle écologique considérable dans la dynamique des trouées forestières.

Rôle écologique

Les Chusquea constituent un élément structurant majeur de nombreux écosystèmes néotropicaux. En sous-bois, ils modifient profondément les conditions microclimatiques et influencent la régénération des arbres de canopée. Certaines espèces animales dépendent étroitement des peuplements de Chusquea : le troglodyte de l’Inca (Pheugopedius eisenmanni), le monito del monte (Dromiciops gliroides) et le plushcap (Catamblyrhynchus diadema) sont des exemples de cette association écologique.

Floraison grégaire et monocarpie

Comme la majorité des bambous ligneux, les espèces de Chusquea sont monocarpiques : elles ne fleurissent qu’une seule fois dans leur vie, produisent des graines, puis meurent. Ce phénomène est rendu spectaculaire par la floraison grégaire (ou synchrone), au cours de laquelle des populations entières d’une même espèce — parfois réparties sur des milliers de kilomètres carrés — fleurissent simultanément, puis sénescent et meurent en l’espace de deux à trois ans.

Les cycles de floraison varient considérablement selon les espèces, allant de 12 à environ 70 ans au sein du genre ChusqueaChusquea culeou, par exemple, combine des épisodes de floraison grégaire massive (le dernier événement majeur, en 2001, a affecté plus de 200 000 ha de forêts en Patagonie argentine) et des floraisons sporadiques de moindre ampleur. Chusquea abietifolia, endémique de la Jamaïque, présente un cycle d’environ 33 ans.

Ces événements de floraison ont des conséquences écologiques profondes : mort massive du sous-bois, ouverture de la canopée, modification des cycles biogéochimiques (ralentissement de la décomposition de la litière, perturbation du cycle de l’azote), et fenêtre temporaire de régénération pour les arbres de canopée. La biomasse aérienne morte de Chusquea culeou en Patagonie a été estimée à environ 3,5 kg/m².

Conséquence pratique en culture : la floraison grégaire constitue un risque majeur pour le jardinier. Les plants issus de division végétative d’un même clone fleuriront et mourront simultanément, où qu’ils se trouvent dans le monde. Les plants issus de semis, en revanche, constituent des individus génétiquement distincts avec leur propre horloge de floraison. C’est pourquoi les pépinières proposant des plants de semis offrent une garantie de longévité supérieure. Plusieurs cultivars de Chusquea culeou sont actuellement indisponibles dans le commerce à la suite d’épisodes de floraison grégaire récents.

Espèces remarquables pour la culture

Chusquea culeou É.Desv. — Bambou-colihue, bambou-plumeau

Chusquea culeou est de loin l’espèce la plus cultivée hors de son aire d’origine. Endémique du centre et du sud du Chili ainsi que du sud-ouest de l’Argentine, c’est le bambou sauvage le plus austral de la planète. Son port érigé, cespiteux, atteignant 4 à 8 m de hauteur en culture européenne (jusqu’à 15 m dans son habitat naturel), ses chaumes jaune-vert à nœuds bien marqués et son feuillage dense en « queue de renard » en font un spécimen ornemental de premier plan.

ParamètreValeur
RusticitéUSDA 7b à 10b (environ –15 °C)
Hauteur en culture4 à 8 m (Europe), jusqu’à 15 m dans l’habitat naturel
Diamètre des chaumes1,5 à 3 cm
ExpositionSoleil à mi-ombre ; protéger des vents froids du nord et de l’est
SolFertile, humifère, frais mais bien drainé ; tolère un large éventail de pH
Tolérance à la sécheresseBonne une fois établi (après 2–3 ans)
Tolérance maritimeTrès bonne
RhizomePachymorphe (cespiteux, non traçant)

Cultivée avec succès aux jardins botaniques royaux de Kew et d’Édimbourg depuis la fin du XIXe siècle, Chusquea culeou a reçu l’Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society en 1993. Elle est résistante à l’armillaire (Armillaria), un atout notable. Plusieurs cultivars et formes sont reconnus, dont ‘Tenuis’ (port plus gracile), ‘Hillier’ (forme compacte, très bonne rusticité) et ‘Caña Prieta’ (anciennement Chusquea nigricans, chaumes rougeâtres, parmi les plus rustiques du genre).

Avertissement : Chusquea culeou ne convient pas aux régions à étés très chauds et humides. Elle préfère des nuits fraîches (inférieures à 20 °C) et des températures estivales modérées. Dans les zones à climat méditerranéen chaud (USDA 9a–9b), la chaleur estivale constitue souvent un facteur limitant plus contraignant que le froid hivernal. Un emplacement mi-ombragé, protégé des vents desséchants, avec un arrosage d’appoint en été, est alors indispensable.

Chusquea gigantea Munro

Originaire du centre-sud du Chili, Chusquea gigantea est l’une des plus grandes espèces du genre, pouvant atteindre 15 à 20 m dans son habitat. Ses chaumes épais et solides sont particulièrement prisés en construction. Sa rusticité est légèrement inférieure à celle de Chusquea culeou, et elle nécessite des conditions fraîches et humides en été.

Chusquea coronalis Soderstr. & C.E.Calderón

Espèce d’Amérique centrale (Costa Rica, Panama), Chusquea coronalis est une espèce de taille modeste (2–4 m) appréciée pour son port compact et ses petites feuilles. Moins rustique que Chusquea culeou (USDA 9 minimum), elle convient à la culture en véranda ou en pot dans les régions à hivers frais.

Chusquea quila Kunth

Espèce scandente endémique du centre-sud du Chili, Chusquea quila peut former des fourrés denses et impénétrables. En culture, elle est surtout intéressante comme curiosité botanique. Sa rusticité est comparable à celle de Chusquea culeou, mais son port scandent la rend moins adaptée à un usage ornemental classique.

Chusquea montana Phil.

Originaire du sud du Chili et du sud-ouest de l’Argentine, Chusquea montana est un bambou de montagne de taille modeste. POWO reconnaît deux formes : Chusquea montana f. montana et Chusquea montana f. nigricans (Phil.) Matthei. C’est une espèce intéressante pour les jardins en altitude ou les climats frais et humides.

Culture en Europe occidentale

Choix de l’espèce

Chusquea culeou est la seule espèce du genre véritablement fiable en pleine terre sous les climats d’Europe occidentale. Sa rusticité (–15 °C) la rend cultivable dans une grande partie de la France, de la Belgique, de la Suisse romande et des zones côtières des îles Britanniques. Le facteur limitant principal n’est généralement pas le froid hivernal mais la chaleur estivale : les Chusquea sont des plantes de montagnes et de climats océaniques frais, mal adaptées aux canicules prolongées. C’est pourquoi la côte atlantique (Bretagne, Pays basque, Normandie, Cornwall, Écosse occidentale), les Préalpes et le plateau suisse offrent des conditions souvent plus favorables que le pourtour méditerranéen ou les plaines continentales soumises à des étés brûlants.

Conditions de culture

Sol : les Chusquea préfèrent un sol fertile, humifère, profond, frais mais bien drainé. Ils ne tolèrent pas les sols gorgés d’eau ni les sols calcaires très secs. Un sol de type forestier (type terre de sous-bois) est idéal. En terrain argileux lourd, un drainage efficace et un apport de matière organique sont indispensables.

Exposition : soleil à mi-ombre. En climat océanique frais (Bretagne, Normandie, Belgique côtière, Écosse), le plein soleil est bien toléré. En climat continental ou méditerranéen, où les étés sont chauds, la mi-ombre est préférable pour limiter le stress hydrique et thermique. Protéger impérativement des vents froids et desséchants (mistral, tramontane, bise) et des vents d’est.

Arrosage : arroser moins, c’est mieux… mais pas pour les Chusquea. Contrairement aux plantes succulentes, les bambous du genre Chusquea apprécient un sol constamment frais pendant la période de croissance (printemps-été). Une fois bien établis (après 2 à 3 ans), ils développent une tolérance notable à la sécheresse, mais un arrosage d’appoint en période de canicule reste bénéfique, particulièrement dans les régions à étés chauds et secs (Midi de la France, vallée du Rhône, plaines continentales). Un paillage épais (10–15 cm d’écorce de pin ou de feuilles mortes) aide à maintenir la fraîcheur et l’humidité du sol.

Plantation : la meilleure période de plantation est le printemps (avril-mai), après les dernières gelées, pour permettre un bon enracinement avant l’été. Les plants mettent généralement 2 à 3 ans à s’établir correctement, période pendant laquelle la croissance peut sembler lente. Patience : une fois installés, les Chusquea produisent de nouvelles pousses vigoureuses à partir de fin avril, capables de croître de 15 cm en une nuit.

Entretien

L’entretien courant est minimal : supprimer les chaumes morts, faibles ou endommagés au printemps. Si des pousses florales apparaissent, les couper promptement pour décourager la floraison et préserver la vigueur de la plante — bien que cette mesure ne puisse empêcher une floraison grégaire programmée génétiquement.

Multiplication

La multiplication se fait principalement par division de touffe au printemps, en prélevant des sections de rhizome portant au moins un chaume et des racines. Le semis est possible lorsque des graines sont disponibles (rarement, compte tenu des cycles de floraison longs) : semer en surface à environ 20 °C en serre, dans un substrat humide et bien drainé. Les graines de bambou perdent rapidement leur viabilité et doivent être semées dès leur récolte.

Comparaison avec les bambous asiatiques

CritèreChusqueaPhyllostachys (bambous traçants asiatiques)Fargesia (bambous cespiteux asiatiques)
OrigineNéotropical (Amériques)Chine tempéréeChine, Himalaya
RhizomePachymorphe (cespiteux)Leptomorphe (traçant)Pachymorphe (cespiteux)
EnvahissementNon invasifTrès envahissant (barrière anti-rhizome indispensable)Non invasif
ChaumesPleins (solides)CreuxCreux (paroi épaisse)
Taille maximale en culture4 à 8 m (en Europe)Jusqu’à 15–20 m3 à 6 m
Tolérance chaleur estivaleFaible à modéréeBonne à très bonneFaible (préfère les étés frais)
Disponibilité en pépinièreRare et coûteuxTrès couranteCourante

Ravageurs et maladies

Les Chusquea sont des plantes globalement robustes et peu sensibles aux ravageurs en culture européenne. Chusquea culeou est notamment résistante à l’armillaire (Armillaria mellea), un champignon pathogène redouté des bambous et des arbres fruitiers. Les principaux problèmes rencontrés sont :

Acariens (araignées rouges) : en conditions de sécheresse estivale et de faible hygrométrie, des attaques d’acariens (Tetranychidae) peuvent provoquer un jaunissement du feuillage. Une brumisation régulière et un arrosage adapté préviennent généralement le problème.

Pucerons : les pucerons du bambou peuvent coloniser les jeunes pousses au printemps. Leur impact est rarement significatif et les prédateurs naturels (coccinelles, syrphes) assurent généralement une régulation efficace.

Stress hydrique et thermique : le principal « ennemi » des Chusquea dans les régions à étés chauds n’est pas un organisme pathogène mais le climat lui-même. Un stress hydrique sévère combiné à des températures estivales élevées peut provoquer un dessèchement des feuilles, voire une défoliation partielle. Les régions méditerranéennes, la vallée du Rhône, le Languedoc et les plaines continentales soumises à des canicules récurrentes sont les plus concernées.

Utilisations

Ornemental

Chusquea culeou est un bambou ornemental remarquable en isolé, en haie informelle ou en écran végétal. Son port cespiteux élimine le besoin de barrière anti-rhizome. La densité de son feuillage en fait un excellent brise-vent, y compris en conditions maritimes.

Artisanat et construction

En Amérique du Sud, les chaumes pleins des Chusquea sont traditionnellement utilisés pour la fabrication de meubles, de manches d’outils, de structures légères (serres à arceaux), d’instruments de musique et de lances. Le peuple Mapuche du Chili utilisait les chaumes de Chusquea culeou (colihue) comme lances pendant la guerre d’Arauco et pour la fabrication d’instruments traditionnels.

Alimentaire

Les jeunes pousses de Chusquea culeou sont comestibles après cuisson, comme celles de la plupart des bambous.

Autres espèces du genre Chusquea

Le genre Chusquea compte 205 espèces acceptées selon POWO (2026). La diversité morphologique du genre est considérable : on y trouve des bambous érigés de forêts tempérées, des lianes grimpant jusqu’à la canopée, des arbustes nains de páramos d’altitude et des plantes à feuilles géantes dépourvues de ramification aérienne. La liste ci-dessous organise les espèces (hors les cinq traitées en détail plus haut) en quatre grandes catégories d’habitus, suivies d’une dernière section regroupant les espèces dont le port reste insuffisamment documenté dans la littérature accessible.

Avertissement : le placement de certaines espèces dans une catégorie d’habitus repose sur la littérature taxonomique disponible (Clark 1989, 1992 ; Fisher et al. 2014 ; Ruiz-Sanchez et al. 2023). Pour de nombreuses espèces décrites à partir de matériel fragmentaire ou stérile, le port en conditions naturelles n’est pas connu avec certitude. Les espèces dont l’habitus n’a pas pu être établi de manière fiable sont rassemblées dans la dernière section.

Bambous érigés de forêts et de zones tempérées

Ce groupe rassemble les espèces à port érigé, formant des touffes denses dans les forêts tempérées, les forêts d’Araucaria, les forêts atlantiques et les bois de Nothofagus. Les chaumes sont dressés et autoportants, atteignant 2 à 15 m de hauteur selon les espèces. Ce sont les Chusquea les plus proches dans leur allure des bambous classiques que le jardinier européen connaît. La plupart appartiennent au sous-genre Chusquea (clade Euchusquea), notamment aux sections Chusquea et Longifoliae. Ce groupe inclut aussi quelques espèces à port semi-érigé pouvant devenir partiellement scandentes en conditions très ombragées.

  • Chusquea andina Phil.
  • Chusquea argentina Parodi
  • Chusquea ciliata Phil.
  • Chusquea cumingii Nees
  • Chusquea deficiens Parodi
  • Chusquea dombeyana Kunth
  • Chusquea egluma Guerreiro & Rúgolo
  • Chusquea fernandeziana Phil.
  • Chusquea floribunda Guerreiro & Rúgolo
  • Chusquea juergensii Hack.
  • Chusquea lenta Demoly
  • Chusquea longipendula Kuntze
  • Chusquea lorentziana Griseb.
  • Chusquea macrostachya Phil.
  • Chusquea mira Demoly
  • Chusquea parodii A.S.Vega & Rúgolo
  • Chusquea paucispiculata A.S.Vega & Rúgolo
  • Chusquea picardiana Demoly
  • Chusquea ramosissima Lindm.
  • Chusquea rugoloana Alegría & A.S.Vega
  • Chusquea tenella Nees
  • Chusquea tenuiglumis Döll
  • Chusquea uliginosa Phil.
  • Chusquea uniflora Steud.
  • Chusquea valdiviensis É.Desv.

Bambous scandents et grimpants

Ce groupe réunit les espèces à chaumes scandents, grimpants ou volubiles, qui s’appuient sur la végétation environnante pour s’élever dans la canopée. Les chaumes, généralement fins (0,3 à 2 cm de diamètre), peuvent atteindre 5 à 15 m de longueur en s’enroulant ou en s’accrochant aux arbres. Deux lignées principales présentent cet habitus :

Le sous-genre Rettbergia, seul sous-genre dont la monophylie est soutenue à la fois par les données moléculaires et morphologiques, est exclusivement composé d’espèces scandentes des forêts atlantiques brésiliennes et, plus marginalement, de Bolivie. Elles se distinguent par l’absence de ramification aérienne, un seul bourgeon par nœud et des ligules fortement nervées.

La section Serpentes (sous-genre Chusquea) regroupe des espèces à chaumes étroits et à port scandent ou rampant, avec une ramification infravaginale et des feuilles relativement larges. Certaines espèces du sous-genre Chusquea peuvent également présenter un port scandent dans la nature tout en relevant d’autres sections.

Sous-genre Rettbergia :

  • Chusquea anelythra Nees
  • Chusquea anelythroides Rupr. ex Döll
  • Chusquea attenuata (Döll) L.G.Clark
  • Chusquea bahiana L.G.Clark
  • Chusquea bambusoides (Raddi) Hack.
  • Chusquea barbata L.G.Clark
  • Chusquea capituliflora Trin.
  • Chusquea ciliatifolia A.C.Mota, Judz. & L.G.Clark
  • Chusquea clemirae A.C.Mota, R.P.Oliveira & L.G.Clark
  • Chusquea ibiramae McClure & L.B.Sm.
  • Chusquea kleinii A.C.Mota, R.P.Oliveira & L.G.Clark
  • Chusquea meyeriana Rupr. ex Döll
  • Chusquea mirabilis A.C.Mota, R.P.Oliveira & L.G.Clark
  • Chusquea oligophylla Rupr.
  • Chusquea oxylepis (Hack.) Ekman
  • Chusquea pallida Munro
  • Chusquea sclerophylla Döll
  • Chusquea sellowii Rupr.
  • Chusquea urelytra Hack.
  • Chusquea wilkesii Munro
  • Chusquea yungasensis L.G.Clark & A.C.Mota

Section Serpentes (sous-genre Chusquea) :

  • Chusquea acutigluma L.G.Clark & McMurchie
  • Chusquea aspera L.G.Clark
  • Chusquea glauca L.G.Clark
  • Chusquea latifolia L.G.Clark
  • Chusquea pohlii L.G.Clark
  • Chusquea recurvata L.G.Clark, McMurchie & B.J.Peterson
  • Chusquea serpens L.G.Clark
  • Chusquea virgata Hack.

Autres espèces scandentes du sous-genre Chusquea :

  • Chusquea gouveiensis K.V.A.Vidal & L.G.Clark
  • Chusquea gracilis McClure & L.B.Sm.
  • Chusquea mayrae A.E.Fisher, C.D.Tyrrell & L.G.Clark
  • Chusquea purdieana Munro
  • Chusquea scandens Kunth

Bambous nains et arbustifs de haute altitude

Le sous-genre Swallenochloa rassemble environ 52 espèces (Ruiz-Sanchez et al., 2023) caractéristiques des prairies d’altitude du Néotropique : páramos andins, punas, campos de altitude du sud-est brésilien et forêts de pins-chênes du Mexique. Ces bambous présentent un port érigé mais nain ou arbustif, avec des chaumes fins et courts (généralement moins de 2 m, rarement jusqu’à 4 m), un feuillage souvent coriace et de petite taille, et une ramification dense et compacte. Leur adaptation au froid, au vent et aux conditions d’exposition en altitude en fait un groupe écologiquement remarquable, mais quasiment absent de la culture ornementale en Europe.

  • Chusquea amistadensis L.G.Clark, Davidse & R.P.Ellis
  • Chusquea bilimekii E.Fourn.
  • Chusquea caparaoensis L.G.Clark
  • Chusquea contrerasii Ruiz-Sanchez & L.G.Clark
  • Chusquea cortesii L.G.Clark & Ruiz-Sanchez
  • Chusquea costaricensis L.G.Clark & March
  • Chusquea dasyozota Demoly
  • Chusquea deflexa L.G.Clark
  • Chusquea delicatula Hitchc.
  • Chusquea depauperata Pilg.
  • Chusquea enigmatica Ruiz-Sanchez, Mejía-Saulés & L.G.Clark
  • Chusquea erecta L.G.Clark
  • Chusquea falcata L.G.Clark
  • Chusquea foliosa L.G.Clark
  • Chusquea fruticosa Pianiss., Santos-Gonç. & L.G.Clark
  • Chusquea gamarrae Fadrique & L.G.Clark
  • Chusquea gibcooperi Ruiz-Sanchez, Mejía-Saulés, G.Cortés & L.G.Clark
  • Chusquea guzmanii Ruiz-Sanchez & L.G.Clark
  • Chusquea hatschbachii L.G.Clark & Blong
  • Chusquea heterophylla Nees
  • Chusquea huantensis Pilg.
  • Chusquea imbricata Pianiss., L.G.Clark & Santos-Gonç.
  • Chusquea intipaqariy Fadrique & L.G.Clark
  • Chusquea kochii Ruiz-Sanchez, Mejía-Saulés & L.G.Clark
  • Chusquea lanceolata Hitchc.
  • Chusquea lehmannii Pilg.
  • Chusquea microphylla (Döll) L.G.Clark
  • Chusquea mimosa McClure & L.B.Sm.
  • Chusquea matlatzinca L.G.Clark & Ruiz-Sanchez
  • Chusquea nedjaquithii Ruiz-Sanchez, Mejía-Saulés & L.G.Clark
  • Chusquea nelsonii Scribn. & J.G.Sm.
  • Chusquea nudiramea L.G.Clark
  • Chusquea nutans L.G.Clark
  • Chusquea perotensis L.G.Clark, G.Cortes & Cházaro
  • Chusquea peruviana E.G.Camus
  • Chusquea picta Pilg.
  • Chusquea pinifolia (Nees) Nees
  • Chusquea pittieri Hack.
  • Chusquea riosaltensis L.G.Clark
  • Chusquea septentrionalis Ruiz-Sanchez, Art.Castro & L.G.Clark
  • Chusquea serrulata Pilg.
  • Chusquea simplicissima Pilg.
  • Chusquea spicata Munro
  • Chusquea subtessellata Hitchc.
  • Chusquea subtilis Widmer & L.G.Clark
  • Chusquea talamancensis Widmer & L.G.Clark
  • Chusquea tarmensis Pilg.
  • Chusquea tessellata Munro
  • Chusquea tomentosa Widmer & L.G.Clark
  • Chusquea tonduzii Hack.
  • Chusquea weberbaueri Pilg.
  • Chusquea windischii L.G.Clark

Bambous à grandes feuilles des páramos et sous-páramos (ex-Neurolepis)

Les sous-genres Platonia et Magnifoliae, autrefois classés dans le genre distinct Neurolepis Meisn., rassemblent des espèces à morphologie très inhabituelle pour des bambous : feuilles de très grande taille (parfois plusieurs décimètres, jusqu’à plus d’un mètre chez certaines espèces), absence de ramification aérienne, un seul bourgeon par nœud, et ligules fortement nervées. Ces caractères, considérés comme plésiomorphiques dans le genre, rappellent davantage une plante herbacée géante qu’un bambou classique. Ces espèces dominent souvent les prairies de haute altitude des Andes (páramos, sous-páramos, jalcas), entre 2 500 et 4 200 m d’altitude, où elles forment des peuplements denses et structurants. Aucune espèce ne semble être cultivée en dehors de son aire d’origine.

Sous-genre Platonia :

  • Chusquea acuminatissima (Munro) L.G.Clark
  • Chusquea elata (Kunth) L.G.Clark
  • Chusquea nobilis (Munro) L.G.Clark
  • Chusquea petiolata (Davidse & L.G.Clark) L.G.Clark
  • Chusquea silverstonei (Davidse & L.G.Clark) L.G.Clark

Sous-genre Magnifoliae :

  • Chusquea angusta (Swallen) L.G.Clark
  • Chusquea angustifolia (Soderstr. & C.E.Calderón) L.G.Clark
  • Chusquea asymmetrica (L.G.Clark) L.G.Clark
  • Chusquea aurea L.G.Clark & Ely
  • Chusquea cylindrica L.G.Clark
  • Chusquea diversiglumis (Soderstr.) L.G.Clark
  • Chusquea fimbriligulata (L.G.Clark) L.G.Clark
  • Chusquea glomerata (Swallen) Dorr
  • Chusquea guirigayensis S.M.Niño, L.G.Clark & Dorr
  • Chusquea laegaardii (L.G.Clark) L.G.Clark
  • Chusquea longiligulata (Soderstr. & C.E.Calderón) L.G.Clark
  • Chusquea magnifolia L.G.Clark
  • Chusquea mollis (Swallen) L.G.Clark
  • Chusquea multiramea L.G.Clark & Ely
  • Chusquea nana (L.G.Clark) L.G.Clark
  • Chusquea rigida (L.G.Clark) L.G.Clark
  • Chusquea spectabilis L.G.Clark
  • Chusquea spencei Ernst
  • Chusquea stuebelii (Pilg.) L.G.Clark
  • Chusquea tovarii L.G.Clark
  • Chusquea villosa (L.G.Clark) L.G.Clark
  • Chusquea vulcanalis (Soderstr. & C.E.Calderón) L.G.Clark

Espèces dont le port est insuffisamment documenté

Pour les espèces suivantes, la littérature accessible ne permet pas d’attribuer un habitus avec certitude. Beaucoup sont connues uniquement par un matériel d’herbier limité, ont été décrites récemment à partir de spécimens stériles, ou présentent un port variable selon les conditions écologiques locales. Des travaux de terrain supplémentaires sont nécessaires pour les caractériser pleinement.

  • Chusquea abietifolia Griseb.
  • Chusquea acuminata Döll
  • Chusquea albilanata L.G.Clark & Londoño
  • Chusquea annagardneriae L.G.Clark, C.D.Tyrrell, Triplett & A.E.Fisher
  • Chusquea antioquensis L.G.Clark & Londoño
  • Chusquea arachniformis L.G.Clark & Londoño
  • Chusquea aristata Munro
  • Chusquea baculifera Silveira
  • Chusquea bradei L.G.Clark
  • Chusquea calderoniae K.V.A.Vidal & L.G.Clark
  • Chusquea capitata Nees
  • Chusquea circinata Soderstr. & C.E.Calderón
  • Chusquea clarkiae Londoño & Judz.
  • Chusquea cordata L.G.Clark
  • Chusquea decolorata Munro ex L.G.Clark
  • Chusquea echaratensis Reátegui & Alegría
  • Chusquea exasperata L.G.Clark
  • Chusquea fasciculata Döll
  • Chusquea fendleri Munro
  • Chusquea galeottiana Rupr. ex Munro
  • Chusquea grandiflora L.G.Clark
  • Chusquea inamoena Pilg.
  • Chusquea jorgemoranii L.G.Clark & J.J.Mason
  • Chusquea leonardiorum L.G.Clark
  • Chusquea leptophylla Nees
  • Chusquea liebmannii E.Fourn.
  • Chusquea ligulata Munro
  • Chusquea limensis Alegría, A.Granda & Guerreiro
  • Chusquea linearis N.E.Br.
  • Chusquea londoniae L.G.Clark
  • Chusquea longifolia Swallen
  • Chusquea longipedicellata Alegría & Guerreiro
  • Chusquea longiprophylla L.G.Clark
  • Chusquea longispiculata L.G.Clark
  • Chusquea loxensis L.G.Clark
  • Chusquea maclurei L.G.Clark
  • Chusquea maculata L.G.Clark
  • Chusquea montisylvicola L.G.Clark & A.D.Kaul
  • Chusquea mulleri Munro
  • Chusquea neurophylla L.G.Clark
  • Chusquea ovatifolia Attigala, A.Fuentes & L.G.Clark
  • Chusquea paludicola L.G.Clark
  • Chusquea parviligulata R.S.Andrade, Pianiss. & L.G.Clark
  • Chusquea patens L.G.Clark
  • Chusquea perligulata (Pilg.) McClure
  • Chusquea polyclados Pilg.
  • Chusquea pulchella L.G.Clark
  • Chusquea renvoizei L.G.Clark
  • Chusquea repens L.G.Clark & Londoño
  • Chusquea riparia Pianiss. & L.G.Clark
  • Chusquea robusta L.G.Clark & Losure
  • Chusquea scabra Soderstr. & C.E.Calderón
  • Chusquea simpliciflora Munro
  • Chusquea smithii L.G.Clark
  • Chusquea sneidernii Aspl.
  • Chusquea spadicea Pilg.
  • Chusquea spathacea L.G.Clark
  • Chusquea straminea Pilg.
  • Chusquea subulata L.G.Clark
  • Chusquea sulcata Swallen
  • Chusquea tuberculosa Swallen

Source : POWO – Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew (consulté en mars 2026). Classification par habitus d’après Clark (1989, 1992), Fisher et al. (2014), McMurchie et al. (2022) et Ruiz-Sanchez et al. (2023).

Questions fréquentes

Les Chusquea sont-ils envahissants comme les Phyllostachys ?

Non. Tous les Chusquea possèdent un rhizome pachymorphe (cespiteux) et forment des touffes compactes qui s’élargissent très lentement. Aucune barrière anti-rhizome n’est nécessaire.

Où cultiver Chusquea culeou en Europe ?

Les meilleurs résultats s’obtiennent sous climat océanique frais à étés modérés : façade atlantique française (Bretagne, Normandie, Pays basque), côte sud de l’Angleterre, Écosse occidentale, Irlande, Belgique côtière, nord-ouest de l’Espagne (Galice). En Suisse, le plateau et les zones riveraines des lacs offrent de bonnes conditions. En climat méditerranéen ou continental chaud, la culture reste possible mais plus exigeante : il faut alors un emplacement mi-ombragé, un sol frais, un paillage épais et un arrosage régulier en été. Les étés chauds et secs constituent le principal facteur limitant, plus que le froid hivernal.

Mon Chusquea commence à fleurir. Que faire ?

Si quelques pousses florales apparaissent de manière isolée, les couper immédiatement peut décourager la floraison sporadique. En revanche, si l’ensemble de la touffe fleurit, il s’agit probablement d’une floraison grégaire programmée et irréversible. La plante produira des graines puis mourra en 2–3 ans. Collectez les graines et semez-les sans tarder pour obtenir une nouvelle génération.

Quelle est la différence entre Chusquea et Fargesia ?

Les deux genres sont cespiteux et non envahissants, ce qui les rend populaires en jardinerie. Cependant, les Fargesia sont originaires d’Asie (Chine, Himalaya), possèdent des chaumes creux (comme tous les bambous asiatiques) et sont plus largement disponibles en pépinière. Les Chusquea sont américains, ont des chaumes pleins, et restent rares et coûteux dans le commerce horticole européen.

Les Chusquea sont-ils des plantes succulentes ?

Absolument pas. Les Chusquea sont des graminées ligneuses (bambous) de milieux montagnards frais et humides. Ils n’ont aucune adaptation à la xéricité et ne stockent pas d’eau dans leurs tissus. Leur présence sur succulentes.net s’inscrit dans la couverture élargie du site aux plantes exotiques d’intérêt botanique cultivables en Europe.

Bibliographie

  • Clark, L.G. (1989). Systematics of Chusquea section Swallenochloa, section Verticillatae, section Serpentes, and section Longifoliae (Poaceae: Bambusoideae). Systematic Botany Monographs, 27 : 1–127.
  • Clark, L.G., Londoño, X. & Ruiz-Sanchez, E. (2015). Bamboo taxonomy and habitat. In Liese, W. & Köhl, M. (Eds.), Bamboo, the Plant and its Uses. Springer, Tropical Forestry Series 10 : 1–30.
  • Fisher, A.E., Triplett, J.K., Ho, C.-S., Schiller, A.D., Oltrogge, K.A., Schroder, E.S., Kelchner, S.A. & Clark, L.G. (2009). Paraphyly in the bamboo subtribe Chusqueinae and a revised infrageneric classification for ChusqueaSystematic Botany, 34(4) : 631–643.
  • Fisher, A.E., Clark, L.G. & Kelchner, S.A. (2014). Molecular phylogeny estimation of the bamboo genus Chusquea (Poaceae: Bambusoideae: Bambuseae) and description of two new subgenera. Systematic Botany, 39(3) : 829–844.
  • Guerreiro, C. (2014). Flowering cycles of woody bamboos native to southern South America. Journal of Plant Research, 127(2) : 307–313.
  • Judziewicz, E.J., Clark, L.G., Londoño, X. & Stern, M.J. (1999). American Bamboos. Washington, Smithsonian Institution Press.
  • McMurchie, S.G., Tyrrell, C.D. & Clark, L.G. (2022). A trip of a bamboo lifetime: tracing the origin and evolution of Chusquea in Patagonia, southernmost South America. Botanical Journal of the Linnean Society, 207(4) : 308–328.
  • Pearson, A.K., Pearson, O.P. & Gómez, I. (1994). Biology of the bamboo Chusquea culeou (Poaceae: Bambusoideae) in southern Argentina. Vegetatio, 111 : 93–126.
  • POWO (2026). Plants of the World Online. Royal Botanic Gardens, Kew. Consulté sur : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:17754-1