Le genre Dendrocalamus

Le genre Dendrocalamus regroupe quelques-uns des plus grands bambous cespiteux du monde. Selon Plants of the World Online, il s’agit d’un genre accepté, publié en 1835, dont l’aire d’origine se situe en Asie tropicale et subtropicale. La base de Kew recense actuellement 73 espèces valides, et World Flora Online traite également Dendrocalamus comme un genre accepté.

Dans l’esprit des jardiniers, Dendrocalamus évoque avant tout le bambou géant en touffe : des plantes ligneuses, persistantes, puissantes, souvent impressionnantes par la hauteur et surtout par le diamètre de leurs chaumes. C’est un genre proche de Bambusa par son comportement cespiteux, mais généralement plus associé à des gabarits très importants et à une ambiance franchement tropicale ou subtropicale. L’exemple le plus célèbre reste Dendrocalamus giganteus, dont la Flora of China sur eFloras et World Flora Online décrivent des chaumes de 20 à 30 m de haut pour 20 à 30 cm de diamètre.

Comment reconnaître un Dendrocalamus ?

Le genre se reconnaît d’abord à sa croissance en touffe dense, liée à des rhizomes pachymorphes à col court. La Flora of China décrit Dendrocalamus comme un groupe de bambous arborescents de grande taille, à touffes denses, avec des chaumes dressés ou parfois retombants à l’extrémité. Les nœuds portent plusieurs branches, ce que confirment aussi les fiches de World Flora Online pour Dendrocalamus giganteus et de World Flora Online pour Dendrocalamus latiflorus.

À l’échelle horticole, cela donne des bambous massifs, souvent plus denses et plus “architecturaux” que les grands bambous traçants. Là où un Phyllostachys s’étend par longs rhizomes, un Dendrocalamus reste groupé autour de sa base, mais prend de l’ampleur en largeur et en hauteur. Certaines espèces ont en plus des caractères très marqués : Dendrocalamus strictus présente souvent des chaumes épais et fréquemment pleins ou presque pleins, ce qui le distingue bien dans le genre.

Pourquoi ce genre est-il populaire ?

Le genre Dendrocalamus plaît d’abord parce qu’il combine trois qualités rarement réunies : effet tropical, port en touffe et chaumes géants. Pour les jardins aux hivers hors gel (à partir de zone USDA 10, ou 9b si l’exposition est très protégée), les collections de bambous, les jardins botaniques ou les projets paysagers spectaculaires, c’est l’un des meilleurs genres pour créer immédiatement une impression de puissance végétale. Le fait qu’il soit cespiteux le rend aussi plus rassurant que les bambous traçants lorsque l’espace est grand mais que l’on ne veut pas gérer des rhizomes fugitifs.

Le genre a aussi un intérêt économique réel. Les données de PROSEA sur Dendrocalamus giganteus indiquent des usages pour la construction, les échafaudages, l’habitat rural, divers objets tressés, le papier et même certains aménagements intérieurs. Le CABI Compendium pour Dendrocalamus strictus le présente lui aussi comme un bambou polyvalent utilisé pour la pâte à papier, la construction légère, le mobilier, les instruments et divers usages agricoles. Enfin, une revue sur Dendrocalamus asper dans PMC souligne l’intérêt de cette espèce pour la production de jeunes pousses comestibles.

Un bambou cespiteux, mais souvent gigantesque

C’est le point le plus important à rappeler. Dendrocalamus n’est pas un genre traçant, mais il ne faut surtout pas le confondre avec un bambou compact de petit jardin, comme certaines espèces du genre Bambusa.

Plusieurs espèces appartiennent clairement à la catégorie des bambous géants. Dendrocalamus giganteus atteint, d’après la Flora of China, 20 à 30 m de haut pour 20 à 30 cm de diamètre. Dendrocalamus sinicus, selon World Flora Online, se situe dans le même ordre de grandeur. Même une espèce comme Dendrocalamus latiflorus reste un très grand bambou, avec des chaumes de 20 à 25 m et 15 à 30 cm de diamètre dans la Flora of China.

Le vrai risque, avec Dendrocalamus, n’est donc pas l’invasion souterraine, mais plutôt le volume final, le poids visuel et la sensibilité au froid de nombreuses espèces. Le genre étant originaire d’Asie tropicale et subtropicale, il est surtout pertinent dans les climats très doux, les jardins littoraux abrités, les serres chaudes et hautes de quelques jardins botaniques ou les grands patios protégés.

Il existe bien des espèces plus intéressantes pour des conditions un peu moins favorable, comme Dendrocalamus strictus et Dendrocalamus minor, mais le genre dans son ensemble reste très éloigné des bambous tempérés les plus rustiques. Cette lecture est une déduction horticole cohérente avec son aire d’origine et avec les espèces géantes qui dominent le genre.

Conditions de culture

Dans l’ensemble, Dendrocalamus préfère les situations chaudes, lumineuses, abritées, avec un sol profond, fertile et bien arrosé pendant la saison de croissance.

Les données de PROSEA sur Dendrocalamus asper précisent que les jeunes plants demandent un arrosage régulier et un désherbage soigné pendant la phase d’installation, et recommandent le paillage pour améliorer la production de jeunes pousses.

Pour Dendrocalamus latiflorus, PROSEA indique une préférence pour des sols humides et fertiles, avec une bonne pluviométrie, et précise que les sols lourds, graveleux, très alcalins ou très acides ne conviennent pas bien à la production de pousses.

En pratique, cela signifie que les Dendrocalamus donnent le meilleur d’eux-mêmes là où l’été est long et chaud, avec une bonne disponibilité en eau. Sous climat méditerranéen, ils ne peuvent être envisagés sérieusement que dans les secteurs les plus doux, avec irrigation de soutien et emplacement soigneusement choisi.

Sous climat tempéré avec gel récurrent, la plupart des espèces relèvent davantage de la culture en collection, en serre ou en très grand bac hiverné que de la pleine terre classique. Cette conclusion est une extrapolation horticole à partir de leur aire d’origine et des exigences culturales rapportées pour les espèces les mieux documentées.

Floraison et graines

Comme chez beaucoup de bambous ligneux, la floraison de Dendrocalamus est peu fréquente et peut avoir des conséquences lourdes sur les plantes. PROSEA indique par exemple que Dendrocalamus giganteus fleurit de manière grégaire avec un cycle estimé à 30–40 ans, et qu’après floraison la touffe peut mourir. Pour Dendrocalamus strictus, PROSEA précise que la floraison peut être sporadique sur quelques chaumes ou grégaire à la fin de la vie de la touffe, avec mort des chaumes florifères et parfois de l’ensemble du clone à terme. Cette logique s’inscrit dans le cadre plus large décrit par une revue de synthèse sur la floraison des bambous ligneux dans PMC.

En pratique, le jardinier fait l’acquisition d’un Dendrocalamus sous forme de divisions, de boutures de chaumes ou de multiplication végétative. Les semis existent, mais restent beaucoup moins courants dans l’usage horticole quotidien, précisément parce que la floraison et la production de graines sont irrégulières. Néanmoins, les commerces spécialisés proposent des graines d’espèces peu communes et le semis en permet l’introduction dans les collections.

Les principales espèces de Dendrocalamus

La liste ci-dessous reprend des espèces acceptées par Plants of the World Online, dont des taxons que l’on retrouve dans la littérature horticole ou technique consacrée aux grands bambous.

  • Dendrocalamus asper,
  • Dendrocalamus atroviridis,
  • Dendrocalamus bambusoides,
  • Dendrocalamus barbatus,
  • Dendrocalamus bengkalisensis,
  • Dendrocalamus birmanicus,
  • Dendrocalamus brandisii,
  • Dendrocalamus buar,
  • Dendrocalamus calostachyus,
  • Dendrocalamus cauhaiensis,
  • Dendrocalamus cinctus,
  • Dendrocalamus collettianus,
  • Dendrocalamus concaviapiculus,
  • Dendrocalamus detinens,
  • Dendrocalamus dienbienensis,
  • Dendrocalamus dumosus,
  • Dendrocalamus elegans,
  • Dendrocalamus exauritus,
  • Dendrocalamus farinosus,
  • Dendrocalamus fugongensis.
  • Dendrocalamus giganteus,
  • Dendrocalamus hait,
  • Dendrocalamus hamiltonii,
  • Dendrocalamus hirtellus,
  • Dendrocalamus hookeri,
  • Dendrocalamus jianshuiensis,
  • Dendrocalamus jinghongensis,
  • Dendrocalamus khoonmengii,
  • Dendrocalamus latiflorus,
  • Dendrocalamus liboensis,
  • Dendrocalamus longiauritus,
  • Dendrocalamus longiligulatus,
  • Dendrocalamus longispathus,
  • Dendrocalamus longivaginatus,
  • Dendrocalamus luteus,
  • Dendrocalamus macroculmis,
  • Dendrocalamus manipureanus,
  • Dendrocalamus membranaceus,
  • Dendrocalamus menghanensis,
  • Dendrocalamus menglongensis.

Les cultivars les plus communs

À la différence de Phyllostachys ou même de certains Bambusa, le genre Dendrocalamus apparaît beaucoup moins structuré autour de cultivars largement diffusés dans le commerce européen.

Dans les sources consultées, on rencontre des espèces botaniques. Le cas le mieux documenté est celui de Dendrocalamus latiflorus : eFloras et PROSEA mentionnent en particulier Dendrocalamus latiflorus ‘Subconvex’ et Dendrocalamus latiflorus ‘Mei-nung’ à Taïwan. Le RHS Cultivar Registration Bulletin mentionne aussi Dendrocalamus latiflorus ‘Huarongma’ en Chine.

Autrement dit, pour Dendrocalamus, la logique horticole reste encore largement centrée sur le choix de l’espèce et du clone local, beaucoup plus que sur une vaste palette de cultivars stabilisés diffusés à grande échelle.

Sites de référence à consulter

Pour vérifier les noms botaniques, la base la plus utile reste Plants of the World Online, complétée par World Flora Online.

Pour les descriptions botaniques détaillées, la Flora of China sur eFloras est précieuse.

Pour les aspects agronomiques et les usages, PROSEA apporte de bonnes informations, notamment sur Dendrocalamus giganteus et Dendrocalamus latiflorus.

Pour la culture générale des bambous, vous pouvez aussi compléter avec l’American Bamboo Society et la Royal Horticultural Society.