Zamia katzeriana

Zamia katzeriana est une cycadale du sud-est du Mexique, connue du Chiapas, où elle pousse sur des rochers calcaires en forêt tropicale humide sempervirente. Longtemps connue sous le nom de Ceratozamia katzeriana, sous lequel Eduard Regel l’a décrite en 1876, elle a été transférée dans le genre Zamia en 1896. On l’a crue hybride entre Zamia splendens et Zamia loddigesii, mais une étude génétique de 2023 a conclu qu’elle est une espèce à part entière. L’UICN la classe en danger critique d’extinction (évaluation de 2022).

L’essentiel sur Zamia katzeriana

  • Nom accepté : Zamia katzeriana (Regel) E.Rettig (1896), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO l’écrit « Zamia × katzeriana », comme un hybride, d’après un extrait de recherche (voir Taxonomie)
  • Anciens noms et synonymes : Ceratozamia katzeriana Regel (1876), nom d’origine
  • Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom attesté, en français ou dans une autre langue
  • Répartition naturelle : Mexique, Chiapas (The World List of Cycads) ; aussi signalée au Tabasco par d’autres auteurs
  • Statut UICN : en danger critique (CR), critères B1ab(iii,v), évaluation de 2022
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, rochers karstiques (calcaires) en forêt tropicale sempervirente ; aucune recommandation de culture publiée
  • Port et dimensions adultes : non documentés dans les sources consultées
  • Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Zamia katzeriana

Les descriptions détaillées de Zamia katzeriana (révision de Nicolalde-Morejón et al., 2009) n’ont pas pu être consultées. Les sources lues donnent les repères suivants :

  • Folioles : oblongues à oblancéolées, rose rougeâtre et brillantes à leur sortie, selon la révision de 2009 citée par Nicolalde-Morejón et al. (2024) ; c’est le caractère qui permet de la reconnaître facilement parmi les Zamia du Tabasco.
  • Variabilité : dans l’étude de Pérez-Farrera et al. (2016), qui a mesuré douze caractères végétatifs et la structure interne des folioles, les plantes de Zamia katzeriana se placent entre Zamia splendens et Zamia loddigesii ; certaines ont des folioles proches de celles de Zamia loddigesii, d’autres de celles de Zamia splendens.
  • Tige, feuilles, cônes et graines : dimensions non documentées dans les sources consultées.

Hybrides

Zamia katzeriana a lui-même été tenu pour un hybride. En 2016, Pérez-Farrera et ses collègues, constatant que ses caractères sont intermédiaires entre ceux de Zamia splendens et de Zamia loddigesii, deux espèces qui poussent dans la même région, ont avancé l’hypothèse d’une origine hybride entre elles. En 2023, Gutiérrez-Ortega et ses collègues ont testé cette hypothèse avec douze marqueurs génétiques (microsatellites), douze caractères morphologiques et des modèles de niche écologique, sur dix populations des trois espèces. Ils concluent que Zamia katzeriana s’est séparé de Zamia splendens sans mélange avec les espèces voisines : il n’est donc pas issu d’une hybridation.

La même étude montre en revanche que Zamia splendens et Zamia loddigesii se sont croisés dans une localité : leurs niches se recouvrent depuis le dernier maximum glaciaire, époque probable du mélange. Mais les populations métissées ne ressemblent pas à Zamia katzeriana. Aucun hybride horticole n’est documenté.

Confusions possibles

Les confusions viennent surtout de l’histoire du nom et des espèces voisines du Chiapas et du Tabasco :

  • Zamia splendens : longtemps confondue avec lui, et même placée en synonymie sous Zamia katzeriana en 2008 ; rétablie en 2016 ;
  • Zamia loddigesii : folioles plus étroites ; certaines plantes de Zamia katzeriana lui ressemblent ;
  • Zamia cremnophila : pousse aussi sur des rochers calcaires en forêt sempervirente, mais ses folioles sont lancéolées et ses jeunes feuilles brun rougeâtre ;
  • Zamia lawsoniana : folioles linéaires, coriaces, vert clair à leur sortie, pédoncules des cônes très longs ;
  • Zamia prasina : folioles oblongues à oblancéolées de plus de 4 cm de large, forêts subcaducifoliées de basse altitude.

Taxonomie

Zamia katzeriana est un nom accepté par The World List of Cycads. L’espèce a été décrite en 1876 par Eduard Regel, directeur du jardin botanique impérial de Saint-Pétersbourg, sous le nom de Ceratozamia katzeriana, dans les Trudy Imperatorskago S.-Peterburgskago Botaniceskago Sada (volume 4, page 298). En 1896, E. Rettig l’a transférée dans le genre Zamia, dans la revue Gartenflora (volume 45, pages 148-149, figure 31). Le protologue et le texte de 1896 n’ont pas pu être consultés : nous ne savons pas sur quels caractères Regel l’avait placée dans Ceratozamia.

L’histoire récente est mouvementée. En 2008, Nicolalde-Morejón et ses collègues ont placé Zamia splendens en synonymie sous Zamia katzeriana (Brittonia 60 : 38-48). En 2016, Pérez-Farrera et ses collègues ont rétabli Zamia splendens et proposé une origine hybride pour Zamia katzeriana (Phytotaxa 270 : 161-181). En 2023, l’étude démographique et génétique de Gutiérrez-Ortega et al. (Botanical Journal of the Linnean Society 202 : 110-133) a rejeté cette hypothèse. The World List of Cycads accepte aujourd’hui les deux espèces, sans signe d’hybride.

POWO, référence nomenclaturale du site, n’a pas pu être consulté directement ; d’après un extrait de recherche, il écrit encore « Zamia × katzeriana », c’est-à-dire qu’il le traite comme un hybride. Cette notation reflète l’hypothèse de 2016, contredite par l’étude de 2023. Nous gardons ici le nom d’espèce, en signalant la divergence.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Franz Katzer (1830-1912), « maître jardinier » du jardin impérial de Pavlovsk, résidence de l’empereur de Russie près de Saint-Pétersbourg, et membre fondateur de la Société impériale russe d’horticulture (The World List of Cycads, d’après Haynes, 2022, qui cite la société tchèque Cykasy, 2022).

Le type est le matériel du nom de Regel ; The World List of Cycads n’indique ni récolteur ni localité, et l’origine exacte des plantes décrites n’est pas documentée dans les sources consultées.

Noms communs

Aucun nom commun n’est attesté pour cette espèce, en français comme en espagnol.

Dans la nature

The World List of Cycads limite Zamia katzeriana au Chiapas. D’autres sources le citent aussi au Tabasco : Nicolalde-Morejón et al. (2024) le mentionnent parmi les Zamia recensés dans cet État (d’après un inventaire de 2014), et Wikipédia le dit endémique du Tabasco et du Chiapas. Nous signalons la divergence sans la trancher.

Selon la révision de 2009, citée en 2024, il pousse sur des rochers karstiques, en forêt tropicale sempervirente, comme Zamia cremnophila. Ses populations côtoient celles de Zamia splendens et de Zamia loddigesii ; l’étude de 2023 a porté sur dix populations des trois espèces. Ses pollinisateurs et sa phénologie ne sont pas documentés dans les sources consultées.

Statut de conservation et réglementation

Zamia katzeriana est classé en danger critique d’extinction (CR) par l’UICN, selon les critères B1ab(iii,v), dans une évaluation de Miguel Ángel Pérez-Farrera et Andrew P. Vovides publiée en 2022 (The World List of Cycads). Ces critères signifient une zone d’occurrence très réduite, avec un déclin de la qualité de l’habitat et du nombre de plantes adultes. La Liste rouge n’a pas pu être consultée directement : le détail des menaces n’est pas connu ici.

Comme tous les Zamia à l’exception de Zamia restrepoi, Zamia katzeriana relève de l’annexe II de la CITES, où le genre figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur au 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+, la base officielle de la CITES, nomme l’espèce et confirme ce statut (consultation du 3 octobre 2026). Species+ enregistre aussi l’ancien nom Ceratozamia katzeriana comme synonyme.

Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Aucune recommandation de culture propre à Zamia katzeriana n’a été publiée, et aucun retour de culture n’a été trouvé sur les forums consultés.

Son milieu, des rochers calcaires en forêt tropicale humide, suggère un substrat très drainant, éventuellement calcaire, la mi-ombre et la chaleur toute l’année ; ces conditions n’ont pas été validées par des essais publiés.

Multiplication

Aucune donnée propre à l’espèce. Comme tous les Zamia, elle a des plantes mâles et des plantes femelles, et se multiplie par semis de graines fraîches. Vu son statut, seules des graines issues de plantes cultivées sont acceptables.

Maladies et ravageurs

Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté. En culture, les Zamia craignent surtout la pourriture en sol froid et détrempé, et les cochenilles.

Rusticité

Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Zamia katzeriana. Il vit en forêt tropicale sempervirente du sud du Mexique ; aucune observation ne dit s’il supporte le gel.

En France

Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Zamia katzeriana, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun retour de culture pour cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne. En attendant des essais, gardez-le hors gel, en serre chaude ou tempérée chaude.

Repères internationaux

Aucun relevé de froid n’a été trouvé hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques.

Toxicité et précautions

Aucune étude de toxicité propre à Zamia katzeriana n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté chez les cycadales : leurs tissus, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine et de la macrozamine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. Dans le genre Zamia, l’ASPCA classe Zamia furfuracea parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage n’est documenté pour cette espèce.

FAQ

Zamia katzeriana est-il un hybride ?

Non, selon l’étude la plus récente. L’hypothèse d’un hybride entre Zamia splendens et Zamia loddigesii, proposée en 2016, a été rejetée en 2023 par une étude génétique ; POWO l’écrit pourtant encore avec le signe ×.

D’où vient-il ?

Du Chiapas, au Mexique, où il pousse sur des rochers calcaires en forêt tropicale humide. Certaines sources le citent aussi au Tabasco. Il ne pousse pas au Costa Rica, contrairement à ce qu’indiquent certaines listes.

Pourquoi a-t-il été appelé Ceratozamia katzeriana ?

C’est le nom sous lequel Eduard Regel l’a décrit en 1876, à Saint-Pétersbourg. Il a été transféré dans Zamia en 1896 ; les raisons du premier classement ne sont pas documentées dans les sources consultées.

Qui était Katzer ?

Franz Katzer (1830-1912), maître jardinier du jardin impérial de Pavlovsk, près de Saint-Pétersbourg, et membre fondateur de la Société impériale russe d’horticulture.

Est-il menacé ?

Oui, gravement. L’UICN le classe en danger critique d’extinction (évaluation de 2022), en raison d’une aire très réduite et d’un déclin de l’habitat et du nombre de plantes adultes.

Est-il rustique ?

On ne sait pas. Aucune donnée de froid n’existe ; il vient d’une forêt tropicale et doit être cultivé hors gel.

Est-il toxique ?

Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais les cycadales étudiées contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.

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Sites de référence

  • The World List of Cycads (version 2026.08.15), Zamia katzeriana : https://cycadlist.org/scientific_name/488 — auteurs, protologue, type, répartition, statut UICN (CR, évaluation de 2022), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 3 octobre 2026.
  • Botanical Journal of the Linnean Society, Demographic history and species delimitation of three Zamia species (Zamiaceae) in south-eastern Mexico: Z. katzeriana is not a product of hybridization (2023) : https://doi.org/10.1093/botlinnean/boac062 — rejet de l’origine hybride, méthodes et résultats. Article à comité de lecture ; consulté par son résumé.
  • Phytotaxa, Anatomy and morphology suggest a hybrid origin of Zamia katzeriana (Zamiaceae) (2016) : https://doi.org/10.11646/phytotaxa.270.3.1 — position intermédiaire de l’espèce, rétablissement de Zamia splendens, hypothèse hybride. Article à comité de lecture ; consulté par son résumé.
  • Acta Botanica Mexicana, Reestablishment of Zamia lawsoniana (2024) : https://doi.org/10.21829/abm131.2024.2262 — caractères des folioles, habitat karstique et présence au Tabasco, d’après la révision de 2009. Article à comité de lecture en accès libre ; texte intégral consulté.
  • Wikipédia (anglais), Zamia katzeriana : https://en.wikipedia.org/wiki/Zamia_katzeriana — mention du Tabasco et notation « Zamia × katzeriana ». Source secondaire ; citée pour signaler une divergence.
  • Species+ (PNUE-WCMC), Zamia katzeriana : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/67961/legal — annexe II de la CITES (inscription du genre depuis le 4 février 1977, annotation #4), annexe B de l’Union européenne. Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée le 3 octobre 2026.
  • Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.

Bibliographie

  • Gutiérrez-Ortega, J.S., Pérez-Farrera, M.A., López, S. & Vovides, A.P. (2023). Demographic history and species delimitation of three Zamia species (Zamiaceae) in south-eastern Mexico: Z. katzeriana is not a product of hybridization. Botanical Journal of the Linnean Society 202(1) : 110-133. doi:10.1093/botlinnean/boac062 [Article à comité de lecture ; résumé consulté.]
  • Pérez-Farrera, M.A., Vovides, A.P., Ruiz-Castillejos, C., Galicia, S., Cibrián-Jaramillo, A. & López, S. (2016). Anatomy and morphology suggest a hybrid origin of Zamia katzeriana (Zamiaceae). Phytotaxa 270(3) : 161-181. doi:10.11646/phytotaxa.270.3.1 [Article à comité de lecture ; résumé consulté.]
  • Nicolalde-Morejón, F., Vovides, A.P. & Stevenson, D.W. (2009). Taxonomic revision of Zamia in Mega-Mexico. Brittonia 61(4) : 301-335. doi:10.1007/s12228-009-9077-9 [Révision du genre au Mexique ; non consultée (accès payant), citée d’après Nicolalde-Morejón et al. 2024.]
  • Nicolalde-Morejón, F., Martínez-Domínguez, L., González-Aguilar, M.A. & Stevenson, D.W. (2024). Reestablishment of Zamia lawsoniana (Zamiaceae, Cycadales), an endemic species of Mexico, with first description of the ovulate strobilus. Acta Botanica Mexicana 131 : e2262. doi:10.21829/abm131.2024.2262 [Texte intégral consulté.]
  • Pérez-Farrera, M.A. & Vovides, A.P. (2022). Zamia katzeriana. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T213252921A69833888. doi:10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T213252921A69833888.en [Évaluation de la Liste rouge ; référence relevée sur The World List of Cycads et vérifiée sur Crossref, page de la Liste rouge non consultée (accès bloqué).]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]