Zamia splendens

Zamia splendens est une cycadale mexicaine du genre Zamia, originaire des forêts pluvieuses du sud du Mexique, dans l’État du Chiapas. Son nom, du latin splendens (« brillant »), salue ses folioles luisantes, qui en font, avec ses jeunes feuilles aux teintes vives, l’une des Zamia les plus décoratives. Décrite en 1984, elle a connu une histoire taxonomique mouvementée, mise en synonymie sous deux autres espèces avant d’être rétablie en 2016. Elle appartient au clade « Purpurea », groupe d’espèces mexicaines auquel se rattachent également Zamia cremnophila et Zamia grijalvensis, et joue un rôle dans l’origine supposée hybride de Zamia katzeriana. Classée en danger d’extinction, elle reste prisée des collectionneurs pour son feuillage.

Comment reconnaître Zamia splendens ?

Le trait distinctif de Zamia splendens est son feuillage : ses folioles, larges et coriaces, sont remarquablement luisantes, d’où son nom. Les jeunes feuilles émergent teintées de couleurs vives qui persistent plusieurs semaines avant de virer au vert, caractère qui fait toute la valeur ornementale de l’espèce.

Comme les autres membres du groupe mexicain auquel elle appartient, Zamia splendens présente une tige souterraine et un pétiole armé d’aiguillons ; les marges des folioles sont denticulées. L’espèce est dioïque, les cônes mâles et femelles étant portés par des pieds distincts.

L’identification fiable repose ainsi avant tout sur la combinaison du feuillage luisant, des jeunes feuilles colorées et de l’origine géographique (Chiapas).

Hybrides connus

Zamia splendens est l’une des rares Zamia directement impliquées dans des phénomènes d’hybridation documentés. Les travaux de Pérez-Farrera et de ses collaborateurs (2016) concluent que Zamia katzeriana est très probablement d’origine hybride, Zamia splendens figurant parmi ses parents présumés aux côtés de Zamia loddigesii. Des populations de morphologie intermédiaire entre Zamia splendens et Zamia loddigesii ont par ailleurs été signalées. Aucun cultivar horticole nommé n’est en revanche rattaché à l’espèce.

Confusion

L’histoire de Zamia splendens est, pour l’essentiel, une histoire de confusions taxonomiques. Décrite en 1984, l’espèce a d’abord été placée en synonymie sous Zamia verschaffeltii en 1998, puis sous Zamia katzeriana en 2008, avant d’être rétablie comme espèce valide en 2016.

Sur le plan morphologique, Zamia splendens est surtout proche de Zamia purpurea, avec laquelle elle partage des feuilles luisantes et un feuillage juvénile coloré. Elle appartient au clade « Purpurea », groupe d’espèces mexicaines réunissant également Zamia cremnophila, Zamia lacandona, Zamia purpurea et Zamia grijalvensis, toutes à tige souterraine, pétiole armé et folioles denticulées, et toutes susceptibles de prêter à confusion. La distinction d’avec Zamia katzeriana, espèce d’origine hybride, est particulièrement délicate, ce qui explique leur longue confusion.

Taxonomie

Zamia splendens a été décrite en 1984 par Bart Schutzman, dans la revue Phytologia (volume 55, fascicule 5, pages 299 à 303). L’holotype provient d’une plante cultivée au Fairchild Tropical Garden, issue d’une récolte de Merrill Rogers au Chiapas, à 18 km sur la route reliant la grand-route mexicaine 190 à Malpaso, vers 500 m d’altitude ; il est conservé à l’herbier du New York Botanical Garden (NY), avec des isotypes à FLAS, FTG et MEXU. L’épithète splendens, « brillant » en latin, fait référence aux folioles luisantes.

Le parcours nomenclatural de l’espèce est sinueux. Mise en synonymie sous Zamia verschaffeltii en 1998, puis sous Zamia katzeriana par Nicolalde-Morejón et ses collaborateurs en 2008, Zamia splendens a été rétablie comme espèce valide par Pérez-Farrera et ses collaborateurs en 2016 : ces derniers ont traité Zamia splendens comme une espèce à part entière et conclu que Zamia katzeriana était vraisemblablement d’origine hybride. L’espèce affiche un nombre chromosomique diploïde de 2n = 16. Elle est aujourd’hui acceptée par la World List of Cycads, la World Flora Online et Tropicos.

Sur le plan phylogénétique, Zamia splendens se rattache au sous-clade « Purpurea », lui-même inclus dans le sous-clade « mexicain » des Zamia, caractérisé par des tiges souterraines, des pétioles armés et des marges de folioles denticulées. Le genre Zamia, le plus diversifié des cycadales avec environ 80 espèces néotropicales, est le plus largement réparti du Nouveau Monde, de la Floride à la Bolivie, et le Mexique en constitue l’un des principaux foyers de diversité et d’endémisme.

Dans la nature

Zamia splendens est originaire du sud du Mexique, dans l’État du Chiapas, où elle pousse en forêt pluvieuse tropicale ; la localité-type se situe vers 500 m d’altitude, dans la région de Malpaso. Comme toutes les Zamiaceae, elle développe des racines coralloïdes hébergeant des cyanobactéries fixatrices d’azote.

Sur le plan de la conservation, Zamia splendens est classée en danger d’extinction sur la liste rouge mondiale de l’UICN, en raison de la perte et de la dégradation de son habitat forestier. Comme l’ensemble des cycadales, l’espèce est inscrite à l’Annexe II de la CITES.

Culture

Zamia splendens est l’une des Zamia les plus appréciées en culture ornementale, pour son feuillage luisant et ses jeunes feuilles colorées. Plante de sous-bois pluvieux, elle réclame chaleur, humidité et ombrage.

Culture en pleine terre. La culture extérieure permanente n’est envisageable que sous climat chaud, humide et sans gelée. Elle demande une exposition ombragée à lumineuse sans soleil direct, une humidité atmosphérique élevée et un sol riche et bien drainé. La tige souterraine est sensible à l’humidité stagnante au niveau du collet.

Culture en pot. Hors des régions tropicales et subtropicales chaudes, la culture en pot sous serre ou véranda est la règle. On privilégiera un substrat drainant et riche, des arrosages réguliers en saison de croissance, une bonne hygrométrie, de la chaleur et une lumière tamisée qui met en valeur le brillant du feuillage. Le feuillage juvénile coloré récompense une culture soignée.

Multiplication

La multiplication se fait par semis. Zamia splendens étant dioïque, l’obtention de graines suppose la présence de pieds mâles et femelles et, en culture, une pollinisation manuelle. Les graines se nettoient de leur sarcotesta charnue avant d’être semées sur un substrat drainant maintenu chaud et humide ; comme chez toutes les cycadales, la germination est lente. Sa relative disponibilité en culture, par rapport à d’autres espèces du groupe, en fait l’une des plus accessibles du clade « Purpurea ».

Maladies et ravageurs

En culture, Zamia splendens est exposée, comme les autres cycadales, aux cochenilles et tout particulièrement à la cochenille asiatique des cycas (Aulacaspis yasumatsui), ravageur redoutable en collection et sous serre. Le second risque est la pourriture de la tige souterraine et des racines, favorisée par un substrat trop humide, mal drainé ou maintenu trop frais. Une atmosphère chaude et aérée, associée à un arrosage mesuré, limite ces problèmes.

Rusticité

Zamia splendens n’est pas rustique : comme la plupart des Zamia, elle compte parmi les cycadales les moins tolérantes au froid. Elle ne supporte pas le gel. Des amateurs rapportent toutefois l’avoir cultivée en pleine terre sous des climats méditerranéens doux et quasiment sans gelée, comme sur le littoral du sud de la Californie (Geoff Stein, Dave’s Garden) ; il s’agit là d’une tolérance au frais, et non au gel. En l’absence de données chiffrées fiables, on se gardera d’avancer un seuil de température précis. Comme pour les autres cycadales, l’humidité froide stagnante est particulièrement dommageable. Hors climat doux et sans gel, sa culture relève de la serre ou de la véranda chaude, lumineuse et humide.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre à Zamia splendens n’est documenté de façon fiable dans la littérature accessible. Longtemps confondue avec d’autres espèces, elle n’a fait l’objet d’aucun emploi rapporté qui lui soit directement attribuable.

Une mise en garde s’impose en tout état de cause : comme toutes les cycadales, Zamia splendens contient de la cycasine et des composés apparentés, hautement toxiques pour l’humain comme pour les animaux. La plante doit être tenue hors de portée des enfants et des animaux domestiques.

FAQ

Est-ce un palmier ? Non. Malgré son feuillage, Zamia splendens est une cycadale (Zamiaceae), gymnosperme se reproduisant par cônes, sans lien de parenté étroit avec les palmiers.

D’où vient-elle ? Elle est originaire du sud du Mexique, dans l’État du Chiapas, en forêt pluvieuse tropicale.

Pourquoi ce nom ? Splendens signifie « brillant » en latin, en référence à ses folioles luisantes.

Qu’a-t-elle de particulier ? Son feuillage luisant et ses jeunes feuilles aux teintes vives, qui en font une espèce très ornementale, ainsi que son rôle dans l’origine hybride supposée de Zamia katzeriana.

Est-elle menacée ? Oui : elle est classée en danger d’extinction par l’UICN.

Est-elle toxique ? Oui. Toutes ses parties contiennent de la cycasine, toxique pour l’humain et les animaux.

Sites de référence

Plants of the World Online (POWO) — base taxonomique des Jardins botaniques royaux de Kew : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:270571-2

International Plant Names Index (IPNI) — données nomenclaturales : https://www.ipni.org/n/270571-2

World List of Cycads (WLoC) — liste mondiale de référence des cycadales : https://cycadlist.org/scientific_name/555

UICN — liste rouge mondiale des espèces menacées : https://www.iucnredlist.org/species/107486883/107486886

Dave’s Garden — article de Geoff Stein sur les Zamia, mentionnant la culture de l’espèce en climat méditerranéen doux : https://davesgarden.com/guides/articles/view/2422

Bibliographie

Schutzman, B. (1984). [Description originale de Zamia splendens.] Phytologia 55(5) : 299-303. [Protologue de l’espèce.]

Nicolalde-Morejón, F., Vovides, A.P., Stevenson, D.W. & Sosa, V. (2008). [Mise en synonymie de Zamia splendens sous Zamia katzeriana.] Brittonia 60(1) : 38-48. [Traitement nomenclatural ultérieurement infirmé.]

Pérez-Farrera, M.A., Vovides, A.P., Ruiz-Castillejos, C., Galicia, S., Cibrián-Jaramillo, A. & López, S. (2016). Anatomy and morphology suggest a hybrid origin of Zamia katzeriana (Zamiaceae). Phytotaxa 270(3) : 161-181. [Rétablissement de Zamia splendens comme espèce valide ; origine hybride de Zamia katzeriana.]

Calonje, M., Meerow, A.W., Griffith, M.P., Salas-Leiva, D., Vovides, A.P., Coiro, M. & Francisco-Ortega, J. (2019). A time-calibrated species tree phylogeny of the New World cycad genus Zamia L. (Zamiaceae, Cycadales). International Journal of Plant Sciences 180(4) : 286-314. [Cadre phylogénétique ; sous-clade « Purpurea ».]

Pérez-Farrera, M. & Vovides, A.P. (2022). Zamia splendens. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T107486883A107486886. [Évaluation En danger.]

Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Origine de l’épithète splendens.]

Osborne, R., Calonje, M.A., Hill, K.D., Stanberg, L. & Stevenson, D.W. (2012). The world list of Cycads. Memoirs of the New York Botanical Garden 106 : 480-510. [Référence taxonomique et répartition par pays.]