Encephalartos manikensis est une cycadale à feuilles vertes et à tronc de taille moyenne, originaire des confins de l’est du Zimbabwe et de l’ouest du Mozambique, dans la région de Manica. Espèce du genre Encephalartos, il a d’abord été décrit en 1938 comme une variété d’une autre espèce, sous le nom d’Encephalartos gratus var. manikensis, avant d’être élevé au rang d’espèce dès 1939. Il a donné son nom au « complexe manikensis », un groupe de cycadales voisines que deux botanistes sud-africains ont séparé en plusieurs espèces en 1969. Il est classé vulnérable par l’UICN (évaluation de 2022), surtout à cause des prélèvements pour les collections.
L’essentiel sur Encephalartos manikensis
- Nom accepté : Encephalartos manikensis (Gilliland) Gilliland (1939), selon The World List of Cycads et IPNI ; POWO n’a pas pu être consulté
- Anciens noms et synonymes : Encephalartos gratus var. manikensis Gilliland (1938), nom d’origine
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en chimanyika, « muTete » (Gilliland, 1938) ; en anglais, « Gorongowe cycad » et « Manica cycad » (Flora of Zimbabwe)
- Répartition naturelle : Mozambique (province de Manica) et Zimbabwe (nord et est du pays)
- Statut UICN : vulnérable (VU, critère A2acd), évaluation de 2022 (Bösenberg), d’après The World List of Cycads
- CITES : annexe I (inscription de tout le genre, 1977) ; annexe A dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : un seul retour, incomplet : feuillage abîmé après une nuit à −1 °C dans les Pouilles, en Italie, en décembre 2009 (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : au mont Gorongowe, forêt claire à Uapaca et Brachystegia sur les basses pentes, puis pentes rocheuses où l’espèce domine, vers 4 500 pieds (environ 1 370 m) (Gilliland, 1938) ; les compilations parlent de collines granitiques, souvent en plein soleil
- Port et dimensions adultes : troncs jusqu’à 1,5 m de haut et 30 cm de diamètre, ramifiés à la base avec l’âge ; feuilles de 1 à 1,9 m portant une soixantaine de paires de folioles ; cônes mâles de 25 à 60 cm, cône femelle de 30 à 45 cm (Dyer et Verdoorn, 1969, repris par la Flora of Zimbabwe)
- Toxicité : non étudiée pour l’espèce ; risque documenté pour le genre (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Encephalartos manikensis ?
On le reconnaît à ses grandes feuilles vertes, droites, portant une soixantaine de paires de folioles larges et dentées, sur un tronc qui dépasse rarement 1,5 m. La description suivante est celle de Dyer et Verdoorn (1969), que reprend mot pour mot la Flora of Zimbabwe, base en ligne fondée sur la Flora Zambesiaca et les ouvrages régionaux. La plante se ramifie à la base avec l’âge ; ses troncs atteignent 1,5 m de haut et environ 30 cm de diamètre, protégés par des séries alternées de bases de feuilles et d’écailles. Les feuilles, de contour étroitement ovale à oblong, mesurent 100 à 190 cm et portent environ 60 paires de folioles ; les paires de la base sont réduites à des piquants. Les plus grandes folioles mesurent 12 à 15 cm sur 2 à 2,5 cm ; elles sont lancéolées, terminées par une épine dirigée vers l’avant et portent une ou deux épines sur chaque bord.
Le pétiole et le rachis, laineux quand ils sont jeunes, deviennent glabres. Les cônes mâles, groupés par un à quatre, mesurent 25 à 60 cm de haut et 8 à 15 cm de diamètre, sur un pédoncule d’environ 15 cm au plus et 5 cm d’épaisseur ; leurs écailles, presque rectangulaires, de 4 à 6 cm de long et 3,5 à 5,8 cm de large, s’écartent un peu à maturité. Le cône femelle mesure environ 30 à 45 cm sur 20 à 25 cm, sur un pédoncule d’environ 6 cm à laine lâche ; ses écailles mesurent environ 5,5 cm sur 4. Les graines, plus ou moins ovoïdes, mesurent 2,5 à 3,5 cm de long et 1,5 à 2 cm de diamètre.
Dyer et Verdoorn soulignent un trait inhabituel : les cônes mâles et femelles se ressemblent tant de l’extérieur qu’on prend facilement un cône mâle pour un cône femelle ; les plantes mâles en portent un à quatre, les femelles assez souvent deux. Dans leur clé des cônes mâles, l’espèce se reconnaît à ses écailles aussi larges que longues, de 4 à 5 cm à la hauteur des épaules, étalées presque à angle droit, à limbe tronqué ou en cœur à la base et à bord dépourvu de sacs polliniques sur 2 à 3 mm. La description originale de Gilliland (1938) donnait des dimensions plus petites, d’après les seules plantes du mont Gorongowe : plantes de 0,9 à 2,4 m, tronc de 0,9 à 1,2 m chez les mâles, de 10 à 25 cm seulement chez les femelles, pour 30 cm de diamètre ; feuilles de 0,9 à 1,2 m ; folioles médianes de 12,5 à 15 cm sur 2 à 2,5 cm ; cônes mâles presque sessiles (pédoncule de 2,5 à 4 cm), glabres, de 23 à 30 cm sur 7,5 à 10 cm ; cône femelle alors inconnu.
La compilation en ligne LLIFLE ajoute que la plante drageonne volontiers et forme des touffes, que les cônes femelles atteignent parfois près d’un mètre et que les cônes mâles sont si gros qu’on les distingue mal des cônes femelles. La ressemblance des cônes et la ramification à la base sont confirmées par Dyer et Verdoorn ; les cônes femelles de près d’un mètre ne le sont pas (45 cm au plus selon eux).
Hybrides
Aucun hybride d’Encephalartos manikensis n’est décrit dans les sources consultées.
Confusions possibles
La confusion la plus ancienne est celle avec Encephalartos gratus, du Malawi et du Mozambique, dont il a d’abord été considéré comme une variété. D’après LLIFLE, le caractère le plus simple pour les séparer est l’absence de fins poils sur les écailles mûres des cônes de manikensis ; Dyer et Verdoorn (1969) le confirment : Encephalartos gratus, plus robuste, a des folioles médianes plus longues et plus larges (jusqu’à 26 cm sur 2,3 à 3,5 cm), avec deux à sept épines sur le bord supérieur, et des écailles de cônes relativement petites, à duvet sombre caractéristique sur la face externe. Gilliland (1938) distinguait déjà sa variété par des folioles plus courtes, un cône mâle presque sessile et l’absence de duvet floconneux. Sur le forum des Fous de palmiers, un cultivateur de Nîmes rapporte en juillet 2010 avoir fait identifier deux jeunes plants issus de graines : celui aux plus petites feuilles était un manikensis, l’autre un gratus, ce qui montre que les plantules se distinguent mal sans comparaison.
Encephalartos manikensis se confond aussi avec les autres membres de son complexe, en particulier Encephalartos pterogonus et Encephalartos munchii, dont les feuilles sont semblables ; ces espèces se séparent d’abord par les écailles des cônes mâles (voir Taxonomie). Sur le forum des Fous de palmiers, un amateur trouvait en 2011 que les feuilles d’un jeune plant ramené de La Réunion évoquaient à la fois Encephalartos longifolius et manikensis : sans cônes, l’identification reste souvent incertaine.
Taxonomie
Encephalartos manikensis est accepté par The World List of Cycads et IPNI ; POWO n’a pas pu être consulté (site bloqué). La plante a d’abord été publiée par H.B. Gilliland en 1938, dans le Journal of South African Botany (4 : 153), comme variété d’Encephalartos gratus. Gilliland l’a élevée au rang d’espèce dès l’année suivante, dans les Proceedings of the Rhodesia Scientific Association (37 : 133-134), dans une note intitulée « A note on the Rhodesian Cycad » ; IPNI précise que cette publication s’accompagne d’une description corrigée. The World List of Cycads ne cite aucun spécimen type distinct de celui de la variété. Le type de 1938 est la récolte Gilliland 2016, faite en juillet 1937 sur le mont Gorongowe, au-dessus de la vallée de la Nyamkwarara (« Numkwarara » dans le texte), où la plante dominait la végétation des rochers vers 4 500 pieds ; Dyer et Verdoorn (1969) précisent que cette localité se trouve dans la réserve forestière de Stapleford, en Rhodésie, et que Gilliland, qui n’avait d’abord qu’un cône mâle, n’a pu décrire le cône femelle, en 1939, que d’après un cône abîmé. Pour le lecteur, une étiquette « Encephalartos gratus var. manikensis » désigne donc cette espèce.
En 1969, R.A. Dyer et I.C. Verdoorn ont publié dans la revue Kirkia (7 : 147-158) un article intitulé « Encephalartos manikensis and its near allies ». Ils y ont décrit plusieurs espèces nouvelles, jusque-là incluses dans un manikensis au sens large : Encephalartos chimanimaniensis, Encephalartos concinnus, Encephalartos munchii et Encephalartos pterogonus, toutes acceptées aujourd’hui par The World List of Cycads. Selon la compilation LLIFLE, ces espèces se distinguent surtout par leurs cônes mâles : écailles épaisses chez manikensis, cônes plus petits chez concinnus, écailles recourbées chez chimanimaniensis, cônes bleu-vert chez munchii et écailles prolongées en ailes chez pterogonus.
Ce découpage reste discuté. La fiche de Kew sur la zone importante pour les plantes du mont Muruwere rapporte que certains auteurs, dont P. Capela (2006), considèrent Encephalartos pterogonus comme une simple forme du complexe manikensis ; Kew retient néanmoins l’espèce, acceptée par la plupart des autorités. Aucune étude génétique publiée sur ce complexe n’a été trouvée.
Étymologie et histoire
L’épithète manikensis renvoie à la région de Manica. Selon Haynes (2022), repris par The World List of Cycads, elle désigne la province de Manica, au Mozambique, où l’espèce a été découverte ; la Flora of Zimbabwe parle plus largement des districts de Manica de l’est du Zimbabwe et de l’ouest du Mozambique, où elle pousse. Le titre de la note de Gilliland, « la cycadale de Rhodésie », rappelle que l’espèce a été décrite dans l’ancienne Rhodésie, aujourd’hui le Zimbabwe.
La description de 1938 raconte la découverte. Des rumeurs d’une cycadale à la frontière orientale de la Rhodésie parviennent à Gilliland au début de 1934 ; un an plus tard, alors qu’il dirige la lutte contre les criquets dans la vallée de la Nyamkwarara, les descriptions du « muTete » que lui font ses hommes le convainquent qu’elle pousse sur les pentes du mont Gorongowe. En juillet 1937, il traverse la vallée avec l’expédition botanique de l’université du Witwatersrand et envoie deux étudiants, H. Janse van Rensburg et I. L. Johnston, gravir la montagne : ils reviennent le soir avec des feuilles, des cônes mâles, de jeunes plantes, des graines et des photographies. La version anglaise de cette fiche, qui situait la découverte en 1937 dans la vallée de la Nyamkwarara, est donc confirmée. Un article consacré à l’espèce a paru dans la revue de la société sud-africaine des cycadales (Osborne, 1994, Encephalartos 38) ; il n’a pas pu être consulté.
Noms communs
Aucun nom français attesté n’a été trouvé. Gilliland (1938) donne le nom local « muTete », en chimanyika, la langue des Manyika, que ses hommes employaient pour désigner la plante. La Flora of Zimbabwe et la Flora of Mozambique donnent deux noms anglais : « Gorongowe cycad » et « Manica cycad ». Une archive de l’encyclopédie des sociétés de palmiers et de cycadales de Floride (1998-2000) emploie aussi « Gorongowe cycad ». Les noms « Gorongo cycad » et « Rhodesian cycad » n’apparaissent que dans des compilations (Wikipédia, LLIFLE).
Dans la nature
Encephalartos manikensis vit de part et d’autre de la frontière entre le Zimbabwe et le Mozambique. The World List of Cycads le signale dans la province de Manica, au Mozambique, et au Zimbabwe ; la Flora of Zimbabwe le note dans les divisions nord et est du pays, où elle le dit rare, et la Flora of Mozambique dans la division Manica-Sofala, où il est qualifié de local. Les observations illustrées par The World List of Cycads proviennent de la province de Manica.
Gilliland (1938) décrit l’habitat de la localité type : sur les basses pentes du mont Gorongowe, la plante pousse en forêt claire à Uapaca et Brachystegia ; plus haut, elle devient dominante sur les pentes rocheuses. Selon les habitants, elle fructifie pendant la saison des pluies (décembre-janvier) ; les mâles semblaient plus nombreux que les femelles, et les jeunes plants étaient dispersés. Dyer et Verdoorn (1969) rattachent aussi à l’espèce des plantes de plusieurs localités du Mozambique (Bandula, Garuso, Vanduzi, Nhaungue, Chinyazange), en signalant que H. B. Christian y voyait au moins deux autres espèces. La compilation LLIFLE, qui cite l’évaluation de l’UICN de 2010, indique des altitudes de 600 à 1 400 m, des pentes herbeuses de collines granitiques, souvent en plein soleil parmi de gros rochers, et des vallées boisées ; elle cite aussi une longue liste de localités, du mont Selinda au mont Darwin au Zimbabwe, et de Garuso au mont Chinhazanza au Mozambique, la majorité des plantes se trouvant dans la chaîne de Mapande. Ces données n’ont pas pu être vérifiées à la source.
Statut de conservation et réglementation
Encephalartos manikensis est classé vulnérable (VU, critère A2acd) sur la Liste rouge de l’UICN, d’après l’évaluation de Bösenberg (2022) citée par The World List of Cycads. Ce critère traduit un déclin passé de la population. La Liste rouge n’a pas pu être consultée directement. Les statuts nationaux repris par les flores en ligne divergent : la Flora of Zimbabwe indique « en danger » (liste rouge du Zimbabwe, 2002) et la Flora of Mozambique « faible risque, quasi menacé ».
La Flora of Zimbabwe précise qu’en 1995 on estimait à 5 000 le nombre de plantes dans la nature, que plusieurs disparitions locales sont connues et que l’espèce est fortement menacée par les collectionneurs, mais aussi par les plantations forestières et l’agriculture. La compilation LLIFLE parle de moins de 10 000 individus adultes, avec des sous-populations encore importantes au Mozambique ; ce chiffre n’a pas été vérifié.
Comme toutes les espèces du genre, Encephalartos manikensis est inscrit à l’annexe I de la CITES, par une inscription de l’ensemble du genre Encephalartos en vigueur depuis le 4 février 1977 : le commerce international de plantes prélevées dans la nature à des fins commerciales est interdit. Dans l’Union européenne, l’espèce figure à l’annexe A du règlement (CE) n° 338/97, dans la liste fixée par le règlement (UE) 2026/1383, en vigueur depuis le 29 juin 2026. Pour les importations de plantes reproduites artificiellement depuis l’Afrique du Sud (codes de source A et D), le groupe d’examen scientifique de l’Union européenne a émis un avis favorable pour les plantes dont le caudex ne dépasse pas 7 cm de diamètre (20 juin 2011) et un avis négatif au-delà (7 février 2013), tous deux en vigueur selon Species+. Species+ signale aussi des suspensions passées du commerce avec le Mozambique, qui ne sont plus en vigueur. Les plantes reproduites artificiellement peuvent être commercialisées sous conditions, avec les permis requis. Aucune protection nationale française propre à l’espèce n’a été trouvée. Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, a été consultée le 2 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat, import ou vente, et demandez la preuve que la plante est issue de culture. Ces informations ne remplacent pas les textes officiels.
Culture
Les sources de référence consultées ne décrivent pas la culture de l’espèce. La compilation LLIFLE la présente comme l’une des cycadales à croissance la plus rapide : en quatre à cinq ans, un semis donnerait une plante aux feuilles d’un mètre, et les premiers cônes viendraient vers huit à dix ans, avec un sol bien drainé, sans gel et un arrosage régulier en saison sèche. Elle affirme aussi que c’est la cycadale la plus cultivée au Zimbabwe, jusque dans les rues de Harare. Ces informations n’ont pas pu être confirmées par une source indépendante.
En France, l’espèce est cultivée en collection, à l’abri. Un cultivateur d’Agen (Lot-et-Garonne) indique sur le forum des Fous de palmiers que ses manikensis faisaient de nouvelles feuilles en mars et avril 2010, sous une véranda maintenue à 20 °C. Un cultivateur des Deux-Sèvres rapporte en octobre 2010 la sortie de nouvelles feuilles sur un jeune manikensis cultivé en intérieur, après avoir augmenté les arrosages. Sur le même forum, manikensis est cité en 2009 parmi les Encephalartos les plus courants à la vente en Europe, surtout sous forme de graines, avec Encephalartos ituriensis, Encephalartos whitelockii et gratus.
En Italie, un cultivateur se demandait en 2013 sur le forum Tropicamente si manikensis demande davantage d’eau que les espèces bleues comme Encephalartos lehmannii ; aucune réponse chiffrée n’a été donnée.
Multiplication
La multiplication se fait par semis ; les graines de l’espèce circulent dans le commerce européen, selon les messages du forum des Fous de palmiers (2009-2013). Les rejets de la base, s’ils se forment, permettent aussi une multiplication végétative. Aucun protocole propre à l’espèce n’a été vérifié ; les méthodes générales de semis des cycadales s’appliquent.
Maladies et ravageurs
Aucune donnée propre à Encephalartos manikensis n’a été trouvée dans les sources consultées. Comme les autres cycadales, il craint surtout la pourriture des racines et du tronc en substrat détrempé.
Rusticité
En France
Aucun retour de culture en pleine terre en France n’a été trouvé. Les messages du forum des Fous de palmiers qui citent l’espèce portent sur des plantes cultivées sous véranda, en serre ou en intérieur, sans valeur de froid. Aucune zone française ne peut donc être conseillée sur la base de données.
Repères internationaux
Un cultivateur de Nardò (Pouilles, Italie) indique sur le forum Tropicamente que ses plantes de l’espèce Encephalartos manikensis ont eu le feuillage abîmé en décembre 2009 après une seule nuit à −1 °C, survenue entre deux journées proches de 20 °C. Le même épisode a touché Encephalartos pterogonus, Encephalartos concinnus, Encephalartos chimanimaniensis et Encephalartos munchii, alors que Encephalartos sclavoi, Encephalartos kisambo et Encephalartos hildebrandtii sont passés indemnes ; l’auteur attribue les dégâts à la chute brutale de température et parle d’un « simple rhume ». La culture en pot ou en pleine terre et la protection ne sont pas précisées.
Aucune autre valeur publiée n’a été trouvée. La compilation LLIFLE recommande des conditions sans gel. La fourchette « −1 à −4 °C pour les formes d’altitude » donnée par la version anglaise de cette fiche n’est pas sourcée. Chez les Encephalartos, les survies en zone froide concernent souvent de jeunes plants à caudex enterré, protégés par l’inertie thermique du sol ; une plante adulte à tronc aérien ne bénéficie pas de cette protection.
Toxicité et précautions
Aucune donnée de toxicité propre à Encephalartos manikensis n’a été trouvée, mais le risque est documenté pour le genre : les Encephalartos sont toxiques, et leurs graines le sont particulièrement. La toxicité d’une espèce du genre, Encephalartos horridus, a été démontrée dès 1944 par Van der Walt ; chez les cycadales, les graines contiennent des glycosides propres au groupe, dont la cycasine, qui touchent le foie, l’appareil digestif et le système nerveux. Pour une autre cycadale, le cycas du Japon (Cycas revoluta), l’ASPCA signale chez le chien, le chat et le cheval des vomissements, des selles noires, une jaunisse, des gastro-entérites hémorragiques, des atteintes du foie et des cas mortels, dus à la cycasine.
Portez des gants pour manipuler les graines et leur enveloppe charnue, ramassez celles qui tombent et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel propre à Encephalartos manikensis n’a été trouvé dans les sources consultées.
Questions fréquentes
Encephalartos manikensis est-il une variété d’Encephalartos gratus ?
Non, plus depuis 1939. Il a été décrit en 1938 comme Encephalartos gratus var. manikensis, puis élevé au rang d’espèce par le même auteur l’année suivante.
Qu’est-ce que le complexe manikensis ?
C’est un groupe d’espèces voisines de la frontière entre le Zimbabwe et le Mozambique. Dyer et Verdoorn en ont séparé quatre espèces en 1969 (chimanimaniensis, concinnus, munchii et pterogonus), surtout d’après les cônes mâles ; ce découpage est encore discuté.
D’où vient son nom ?
De la région de Manica. Elle s’étend de part et d’autre de la frontière entre le Mozambique et le Zimbabwe, là où l’espèce pousse.
Est-il menacé ?
Oui. Il est classé vulnérable par l’UICN (2022), menacé surtout par les prélèvements pour les collections, mais aussi par les plantations forestières et l’agriculture.
Est-il rustique en France ?
Non, d’après le seul retour disponible. Une nuit à −1 °C a abîmé son feuillage dans les Pouilles en 2009 ; en France, il se cultive à l’abri du gel.
Comment le distinguer d’Encephalartos gratus ?
Surtout par les cônes. Selon LLIFLE, les écailles mûres de manikensis sont dépourvues des fins poils présents chez gratus ; sur des plantules, la distinction est difficile.
Est-il toxique ?
Oui, très probablement. L’espèce n’a pas été étudiée, mais les Encephalartos sont toxiques, surtout leurs graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Encephalartos manikensis : https://cycadlist.org/scientific_name/324 — auteurs, publication (Proc. Rhodesia Sci. Assoc. 37 : 133-134, 1939), basionyme Encephalartos gratus var. manikensis (J. S. African Bot. 4 : 153, 1938), répartition, statut UICN VU A2acd (Bösenberg, 2022), étymologie, références (Gilliland 1939, Dyer et Verdoorn 1969, Osborne 1994). Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN, fiable ; consultée directement le 2 octobre 2026.
- IPNI, Encephalartos manikensis : https://www.ipni.org/n/297114-1 — publication de 1939 avec description corrigée ; basionyme (77274801-1). Index international des noms de plantes, fiable ; consulté directement.
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- Archive de la Virtual Cycad Encyclopedia (Palm & Cycad Societies of Florida, 1998-2000) : https://www-archiv.fdm.uni-hamburg.de/b-online/library/cycads/encephalartos_manikensis.htm — nom Gorongowe cycad. Société spécialisée, fiabilité moyenne ; consultée directement.
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- Forum des Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=6972 (Agen, 2010), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=8083 (Deux-Sèvres, 2010), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=7758 (Nîmes, 2010), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=60075#p60075 (2009). Forum de cultivateurs, à valeur indicative ; messages lus le 2 octobre 2026.
- Université de Pretoria, UPSpace, Van der Walt (1944) : https://repository.up.ac.za/handle/2263/59542 — première démonstration de la toxicité d’Encephalartos horridus. Archive universitaire, fiable ; notice consultée directement ; donnée de niveau genre.
- ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité de Cycas revoluta (cycasine) pour les chiens, les chats et les chevaux, symptômes. Centre antipoison vétérinaire, fiable ; donnée relative à une autre cycadale, consultée directement.
Bibliographie
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- Gilliland, H.B. (1939). A note on the Rhodesian Cycad. Proceedings and Transactions of the Rhodesia Scientific Association 37 : 133-134. [Élévation au rang d’espèce ; référence relevée via The World List of Cycads et IPNI, texte non consulté.]
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- Capela, P. (2006). Speculations on the Encephalartos species of Mozambique. Publié par l’auteur, Chimoio. [Position sur le complexe ; citée par Kew, non consultée.]
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