Dioon salas-moralesiae

Dioon salas-moralesiae est une cycadale du sud-est de l’État d’Oaxaca, au Mexique, décrite en 2021 à partir de populations que l’on rattachait jusque-là à Dioon merolae. Cette espèce du genre Dioon vit à l’ouest de l’isthme de Tehuantepec, notamment à San Miguel Tenango, sa localité type, et à Santiago Lachiguiri. Elle se distingue de Dioon merolae, présent de l’autre côté de l’isthme, par des folioles larges, moins imbriquées et seulement un peu recourbées vers le bas à leur extrémité. Publiée sous l’orthographe Dioon salas-moralesae, encore fréquente dans la littérature, elle honore la botaniste mexicaine Silvia H. Salas-Morales. C’est l’une des espèces les plus récentes du genre : elle n’a pas encore été évaluée par l’UICN et aucune donnée de culture n’a été trouvée à son sujet.

L’essentiel sur Dioon salas-moralesiae

  • Nom accepté : Dioon salas-moralesiae Gut.Ortega & Pérez-Farr. (2021), selon The World List of Cycads et IPNI ; la fiche de POWO n’a pas pu être consultée
  • Anciens noms et synonymes : publié sous l’orthographe Dioon salas-moralesae ; les populations étaient auparavant rattachées à Dioon merolae
  • Famille : Zamiaceae
  • Noms communs : aucun nom attesté, en français comme en espagnol
  • Répartition naturelle : Mexique, sud-est de l’Oaxaca, à l’ouest de l’isthme de Tehuantepec (San Miguel Tenango, Santiago Lachiguiri)
  • Statut UICN : non évalué (NE)
  • CITES : annexe II par l’inscription de toutes les cycadales (annotation #4 : graines exemptées), sans fiche propre dans Species+ ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : non documentée
  • Exposition et substrat : non documentés
  • Port et dimensions adultes : tronc dressé ; mesures publiées dans la description originale, non consultée
  • Toxicité : aucune analyse propre à l’espèce ; toxines documentées chez les autres cycadales (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Dioon salas-moralesiae ?

On reconnaît Dioon salas-moralesiae surtout à ses folioles : larges, peu imbriquées et à peine recourbées vers le bas à leur extrémité. Le texte intégral de la description n’a pas pu être consulté ; les caractères suivants viennent du résumé de l’article, de la clé d’identification et des légendes de ses figures (Gutiérrez-Ortega et al., 2021) :

  • Tronc : dressé ; la couronne de feuilles est ascendante sur les plantes adultes photographiées dans la localité type ;
  • Folioles : larges, légèrement imbriquées et légèrement infléchies vers le bas dans leur partie apicale ; elles ne sont pas insérées obliquement sur le rachis ;
  • Cônes : la couleur des écailles basales du cône femelle permet, selon les auteurs, de séparer l’espèce de ses deux plus proches parentes ; la couleur elle-même n’est pas donnée dans les légendes consultées ;
  • Graines : leur taille diffère significativement de celle des espèces voisines, selon une comparaison statistique publiée dans l’article ; les mesures n’ont pas pu être lues.

Les dimensions précises du tronc, des feuilles et des cônes figurent dans la description originale. Elles ne sont pas reprises ici faute d’avoir pu les vérifier.

Hybrides

Aucun hybride de Dioon salas-moralesiae n’a été signalé dans les sources consultées.

Confusions possibles

La confusion la plus probable se fait avec Dioon merolae, dont l’espèce a été séparée. D’après la clé publiée en 2021, Dioon merolae a des folioles fortement recourbées vers le bas dans leur partie apicale et fortement imbriquées, alors que Dioon salas-moralesiae a des folioles larges, à peine recourbées et moins imbriquées. Les populations de Dioon merolae photographiées par les auteurs viennent du Chiapas, à l’est de l’isthme de Tehuantepec, notamment de Tonalá, sa localité type.

La seconde espèce proche est Dioon oaxacensis, des vallées centrales arides de l’Oaxaca. Elle a des feuilles plus larges et des folioles plates, raides et droites, insérées selon un angle plus aigu sur le rachis ; ses cônes sont plus grands (Gutiérrez-Ortega et al., 2020b). La clé signale aussi Dioon califanoi, dont les folioles sont insérées obliquement sur un rachis fortement caréné. Selon le résumé de 2021, Dioon salas-moralesiae ressemble par ses caractères qualitatifs à Dioon merolae, mais les mesures la placent souvent entre les deux espèces.

En pratique, la provenance est l’indice le plus sûr : une plante vendue sous le nom de Dioon merolae sans origine connue ne peut pas être rattachée avec certitude à l’une ou l’autre espèce.

Taxonomie

Dioon salas-moralesiae est un nom accepté par The World List of Cycads et par IPNI ; la fiche de POWO, autorité nomenclaturale du site, n’a pas pu être lue (accès bloqué). L’espèce a été décrite par José Said Gutiérrez-Ortega et Miguel Ángel Pérez-Farrera, dans un article cosigné avec Jeffrey Chemnick et Timothy J. Gregory, paru le 14 décembre 2021 dans Phytotaxa (volume 528, numéro 2, pages 93 à 110 ; nom publié page 103). Le type est une plante femelle récoltée le 8 novembre 2016 à San Miguel Tenango (Oaxaca) par Pérez-Farrera et Gutiérrez-Ortega (numéro 3466) ; l’holotype est conservé à l’herbier HEM, avec des doubles à MEXU et XAL.

L’épithète a été publiée sous la forme salas-moralesae. IPNI et The World List of Cycads l’ont corrigée en salas-moralesiae, forme régulière d’une épithète dédiée à une femme dont le nom se termine par une consonne. Les deux orthographes désignent la même plante, et la forme d’origine reste courante dans les publications.

La séparation de l’espèce est l’aboutissement de plusieurs études. En 2020, une analyse de l’ADN chloroplastique, de marqueurs répartis sur tout le génome, de la morphologie et du climat (Gutiérrez-Ortega et al., 2020a, New Phytologist) a montré que Dioon merolae, tel qu’on le concevait, regroupait trois lignées séparées par des zones défavorables aux cycadales. L’une a été décrite la même année sous le nom de Dioon oaxacensis. Les deux autres se répartissaient de part et d’autre de l’isthme de Tehuantepec ; en 2021, les observations morphologiques et les tests statistiques ont montré que les populations du sud-est de l’Oaxaca formaient une espèce distincte, Dioon salas-moralesiae. Pour le lecteur, cela signifie que le nom Dioon merolae désigne désormais les seules populations situées à l’est de l’isthme.

L’espèce appartient au clade Purpusii, avec Dioon merolae, Dioon oaxacensis, Dioon argenteum, Dioon califanoi, Dioon caputoi, Dioon holmgrenii, Dioon planifolium et Dioon purpusii (Gutiérrez-Ortega et al., 2021). Au moment de sa description, le résumé de l’article comptait 17 espèces dans le genre ; The World List of Cycads en accepte aujourd’hui 19.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Silvia Hortensia Salas-Morales, cofondatrice de la Sociedad para el Estudio de los Recursos Bióticos de Oaxaca (SERBO), pour sa contribution à la connaissance de la flore et des forêts de l’Oaxaca, et en particulier pour la découverte de nombreuses populations de cycadales (The World List of Cycads, d’après Haynes, 2022). Elle est coautrice de plusieurs autres noms du genre, dont Dioon argenteum (2003), Dioon planifolium (2016) et Dioon oaxacensis (2020), et de l’élévation de Dioon sonorense au rang d’espèce (1998). Le nom du genre vient du grec dis, « deux », et ôon, « œuf », pour les deux graines de chaque écaille du cône femelle.

Aucune information n’a été trouvée sur l’introduction de l’espèce en culture.

Noms communs

Aucun nom commun n’est attesté pour Dioon salas-moralesiae, ni en français ni dans une autre langue. Les noms d’espadaña et de nimalari, donnés à Dioon merolae par la norme mexicaine NOM-059-SEMARNAT-2010, sont rattachés au Chiapas et ne peuvent pas être transposés à cette espèce.

Dans la nature

Dioon salas-moralesiae est endémique du sud-est de l’Oaxaca, à l’ouest de l’isthme de Tehuantepec, la partie la plus étroite du Mexique entre le Pacifique et le golfe du Mexique. Les deux localités nommées dans l’article sont San Miguel Tenango, localité type, et Santiago Lachiguiri ; les coordonnées des populations ne sont pas publiées.

L’altitude, la végétation et le climat de ses stations ne sont pas décrits dans les parties de l’article consultées. L’étude de 2020 indique seulement que les trois lignées de l’ancien Dioon merolae sont isolées par des milieux qui ne conviennent pas aux cycadales, et qu’elles ont conservé la même niche écologique malgré des conditions locales différentes : c’est ce que les auteurs appellent le conservatisme de niche.

Statut de conservation et réglementation

Dioon salas-moralesiae n’a pas encore été évalué par l’UICN (non évalué, NE). Avant 2021, ses populations relevaient de Dioon merolae, classé vulnérable (VU) en 2022 ; la séparation réduit mécaniquement l’aire de chacune des deux espèces, mais aucune nouvelle évaluation n’a été publiée.

L’espèce n’a pas de fiche propre dans Species+, mais elle est couverte par l’inscription de l’ensemble des cycadales (Cycadales spp.), qui inclut toute la famille des Zamiaceae, à l’annexe II de la CITES depuis 1977. L’annotation #4, dans sa version du 5 mars 2026, exempte les graines, le pollen, les cultures in vitro en conteneurs stériles et les fleurs coupées. Dans l’Union européenne, ces plantes figurent à l’annexe B (règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026).

Au Mexique, la liste de 2010 de la norme NOM-059-SEMARNAT-2010 ne cite pas l’espèce, décrite plus tard ; elle classe Dioon merolae, dont relevaient alors ces populations, « en danger d’extinction » (P). La mise à jour de 2019 n’a pas été consultée. Species+ a été consulté le 2 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou import.

Culture

Aucune donnée de culture n’a été trouvée pour Dioon salas-moralesiae, en France ou ailleurs. L’espèce, décrite récemment, n’apparaît dans aucun retour de forum consulté ni dans les catalogues de pépinières spécialisées consultés. Pour les principes généraux de culture des Dioon, reportez-vous à la page du genre.

Multiplication

Aucune donnée de multiplication propre à Dioon salas-moralesiae n’a été trouvée. Comme pour les autres cycadales, le semis de graines fraîches est la voie normale ; les graines sont exemptées de permis CITES.

Maladies et ravageurs

Aucune maladie ni aucun ravageur n’est documenté pour Dioon salas-moralesiae.

Rusticité

La rusticité de Dioon salas-moralesiae n’est pas connue : aucune mesure, aucun retour de culture ni aucune estimation de pépinière n’a été trouvé.

En France

Aucun retour de culture en France n’a été trouvé, ni sur le forum des Fous de palmiers, ni dans les autres sources consultées.

Repères internationaux

Aucun retour n’a été trouvé hors de France non plus, ni sur Tropicamente ni dans les extraits de recherche consultés. Les valeurs de rusticité affichées par certaines fiches en ligne pour cette espèce ne reposent sur aucune observation publiée.

Toxicité et précautions

Aucune analyse de toxicité n’a été publiée pour Dioon salas-moralesiae, mais il faut le considérer comme toxique. Les cycadales contiennent de la cycasine, transformée dans l’organisme en méthylazoxyméthanol (MAM), une toxine du foie et du système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. Le risque est surtout documenté chez d’autres cycadales, pour les chiens qui mâchent les graines et pour le bétail. Portez des gants pour manipuler les graines et gardez-les hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel de Dioon salas-moralesiae n’a été trouvé dans les sources consultées.

Questions fréquentes

Faut-il écrire salas-moralesiae ou salas-moralesae ?

Les deux désignent la même espèce. Le nom a été publié en 2021 sous la forme salas-moralesae ; IPNI et The World List of Cycads retiennent la forme corrigée salas-moralesiae, utilisée sur cette page.

Quelle différence avec Dioon merolae ?

Surtout les folioles et la provenance. Dioon salas-moralesiae a des folioles larges, peu imbriquées et à peine recourbées à leur extrémité ; Dioon merolae a des folioles fortement imbriquées et fortement recourbées vers le bas. Le premier vit à l’ouest de l’isthme de Tehuantepec, dans l’Oaxaca, le second à l’est, notamment au Chiapas.

Peut-on acheter Dioon salas-moralesiae ?

Pas à notre connaissance. Aucune offre identifiée sous ce nom n’a été trouvée. Une plante étiquetée Dioon merolae sans provenance pourrait appartenir à l’une ou l’autre espèce, sans qu’on puisse le vérifier.

Est-il rustique ?

On ne le sait pas. Aucun essai de culture au froid n’a été publié, et aucune valeur fiable ne peut être donnée.

Est-il protégé ?

Oui. Il est couvert par l’annexe II de la CITES et par l’annexe B de l’Union européenne, comme toutes les cycadales non inscrites à l’annexe I. Il n’a pas encore de catégorie UICN propre.

Est-il toxique ?

Oui, par précaution. Aucune analyse n’existe pour l’espèce, mais les cycadales étudiées contiennent des toxines dangereuses, surtout dans les graines. En cas d’ingestion, appelez un centre antipoison ou un vétérinaire.

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Sites de référence

  • The World List of Cycads (version 2026.08.15), Dioon salas-moralesiae : https://cycadlist.org/scientific_name/895 — nom accepté, orthographe d’origine, type (Pérez-Farrera et Gutiérrez-Ortega 3466, San Miguel Tenango, 8 novembre 2016), répartition, statut UICN, étymologie d’après Haynes (2022). Liste du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN, fiable ; consultée directement le 2 octobre 2026.
  • IPNI, Dioon salas-moralesiae : https://www.ipni.org/n/77234435-1 — date de publication (14 décembre 2021), page 103, orthographe d’origine « salas-moralesae ». Base nomenclaturale de référence, fiable ; consultée directement.
  • Zenodo (Plazi), figures et clé de l’article de 2021 : https://zenodo.org/records/5778682 — légendes des figures (localités, caractères des folioles, cônes, graines) et clé des espèces du clade Purpusii. Dépôt des éléments de l’article à comité de lecture, fiable ; consulté directement.
  • Species+ (UNEP-WCMC), Cycadales : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/12405/legal — inscription de l’ordre à l’annexe II de la CITES, annotation #4, annexe B de l’Union européenne ; pas de fiche propre pour l’espèce. Base officielle, fiable ; consultée le 2 octobre 2026.
  • Diario Oficial de la Federación, NOM-059-SEMARNAT-2010 : https://dof.gob.mx/normasOficiales/4254/semarnat/semarnat.htm — catégorie de Dioon merolae en 2010. Texte officiel mexicain, fiable ; version de 2010 consultée directement, mise à jour de 2019 non lue.

Bibliographie

  • Gutiérrez-Ortega, J.S., Pérez-Farrera, M.A., Chemnick, J. & Gregory, T.J. (2021). A reassessment of Dioon merolae (Zamiaceae) leads to the description of Dioon salas-moralesae, a new cycad species from Southeastern Oaxaca, Mexico. Phytotaxa 528(2) : 93-110. doi:10.11646/phytotaxa.528.2.3 [Protologue ; article à comité de lecture, consulté par son résumé, sa clé et les légendes de ses figures.]
  • Gutiérrez-Ortega, J.S., Salinas-Rodríguez, M.M., Ito, T. et al. (2020a). Niche conservatism promotes speciation in cycads: the case of Dioon merolae (Zamiaceae) in Mexico. New Phytologist 227(6) : 1872-1884. doi:10.1111/nph.16647 [Trois lignées dans l’ancien Dioon merolae, conservatisme de niche ; article à comité de lecture, consulté par son résumé.]
  • Gutiérrez-Ortega, J.S., Pérez-Farrera, M.A., Vovides, A.P., Salas-Morales, S.H. & Chemnick, J. (2020b). Dioon oaxacensis (Zamiaceae): a new cycad species from the arid central valleys of Oaxaca (Mexico). Phytotaxa 474(1). doi:10.11646/phytotaxa.474.1.5 [Caractères de l’espèce voisine ; article à comité de lecture, consulté par son résumé.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie de l’épithète ; citée par The World List of Cycads, texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]