Encephalartos longifolius

Encephalartos longifolius est une grande cycadale d’Afrique du Sud, endémique du sud-ouest du Cap-Oriental, où elle pousse sur les montagnes, des monts Kouga, à l’ouest de Joubertina, jusqu’au Zuurberg et au district de Grahamstown (Makhanda). Cette espèce du genre Encephalartos, décrite en 1801 par Nikolaus Joseph von Jacquin sous le nom de Zamia longifolia, forme un tronc massif qui peut dépasser 4 m, coiffé d’une couronne de feuilles vert foncé recourbées en parasol. Ses cônes femelles, qui peuvent peser 36 kg, sont parmi les plus lourds des cycadales sud-africaines. Avec Encephalartos caffer, c’est l’une des deux premières cycadales d’Afrique australe récoltées par un botaniste, Carl Peter Thunberg, en 1772. Classée quasi menacée par l’UICN, elle est encore bien représentée dans la nature, en partie dans des aires protégées. En France, elle est cultivée en pleine terre à la villa Thuret, à Antibes, mais aucun relevé de froid n’a été publié.

L’essentiel sur Encephalartos longifolius

  • Nom accepté : Encephalartos longifolius (Jacq.) Lehm. (1834), nom accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+
  • Anciens noms et synonymes : Zamia longifolia Jacq. (1801, basionyme) ; Zamia lanuginosa Jacq. (1801) et Encephalartos lanuginosus (Jacq.) Lehm. (1834) ; Encephalartos mauritianus Miq. (1842) ; plusieurs variétés de Miquel et de Regel (1842, 1874)
  • Famille : Zamiaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais « Thunberg’s cycad » et « Suurberg cycad », en afrikaans « Suurbergbroodboom » (PlantZAfrica)
  • Répartition naturelle : Afrique du Sud, sud-ouest du Cap-Oriental (monts Kouga, Baviaanskloof, Groot Winterhoek, Zuurberg, district de Grahamstown), de 200 à 1 500 m d’altitude
  • Statut UICN : quasi menacé (NT), évaluation de J.D. Bösenberg datée de mai 2020, publiée en 2022
  • CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne, avec un avis favorable de l’UE (2011) pour les plantes reproduites artificiellement d’Afrique du Sud dont le caudex ne dépasse pas 15 cm de diamètre
  • Rusticité documentée : les plantes adultes peuvent supporter de légères gelées (PlantZAfrica) ; une forme bleue issue de semis n’a pas survécu à −13 à −16 °C en Caroline du Nord (hiver 2013-2014) ; aucun relevé publié en France (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : plein soleil pour les adultes, sol sablo-limoneux modérément acide et bien drainé (PlantZAfrica)
  • Port et dimensions adultes : tiges dressées jusqu’à environ 4,5 m, de 30 à 45 cm de diamètre, souvent solitaires mais parfois jusqu’à dix depuis la base ; feuilles de 1 à 2 m
  • Toxicité : graines toxiques, empoisonnement d’un commando boer documenté au Zuurberg (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Encephalartos longifolius ?

C’est un grand Encephalartos arborescent, au tronc massif, dont la couronne de feuilles vert foncé brillant se recourbe fortement dans son dernier tiers, ce qui lui donne une forme de parasol assez compacte. Dyer (1965) et PlantZAfrica le décrivent ainsi :

  • Tiges : le plus souvent dressées, jusqu’à environ 3 m (Dyer), rarement 4 à 5 m, ou jusqu’à 4,5 m (PlantZAfrica), de 30 à 45 cm de diamètre ; souvent simples, mais jusqu’à dix tiges peuvent partir de la base ; selon Dyer, une ramification au-dessus du sol est anormale, sans doute due à une blessure ;
  • Feuilles : de 1 à 2 m, parfois presque droites mais le plus souvent étalées et recourbées vers l’extrémité ; finement poilues quand elles sont jeunes, puis glabres ;
  • Folioles : généralement vert foncé, parfois avec un reflet ou une pruine bleutée, se chevauchant dans la moitié supérieure de la feuille ; celles du milieu mesurent jusqu’à 20 cm sur 4 cm, à pointe piquante ou arrondie, presque toujours entières ou portant une à trois petites dents sur la marge inférieure ; vers la base, elles diminuent sans se réduire à plus d’une ou deux épines. Lehmann les disait « lancéolées, aiguës, inermes, très entières, vertes » ;
  • Cônes : un ou deux par tige selon Dyer, vert brunâtre à poils roussâtres appliqués ; jusqu’à trois cônes mâles par plante selon PlantZAfrica, de 40 à 60 cm sur 14 à 20 cm, à écailles prolongées en bec d’environ 2 cm ; un cône femelle, rarement deux, vert olive, ovoïde, jusqu’à 60 cm sur 40 cm, à écailles grossièrement ridées. Ce sont parmi les plus lourds des cycadales sud-africaines : jusqu’à 36 kg pour un cône femelle (PlantZAfrica) ;
  • Graines : rouges, d’environ 5 cm sur 2,5 cm (Dyer, 1965).

Dyer note que la stature, la couleur vert métallique et les poils écailleux des folioles permettent en général de reconnaître l’espèce, mais que la pruine varie au point de donner à certaines plantes un éclat argenté. Ces formes bleues ou argentées sont recherchées en culture.

Encephalartos longifolius
Encephalartos longifolius cultivé à la Villa Thuret à Antibes

Hybrides

Des hybrides naturels avec Encephalartos horridus sont signalés là où les deux espèces poussent ensemble : Guy Wrinkle écrit en 1983, dans un portrait publié par The Cycad Society (États-Unis), en avoir vu de « très beaux » dans le Cap-Oriental. Le wiki de la PACSOA (Palm and Cycad Societies of Australia) décrit au Suurberg des plantes à folioles lobées, aux lobes arrondis, qu’il interprète comme la trace d’une hybridation ancienne avec Encephalartos horridus, en renvoyant à l’ouvrage de Cynthia Giddy. En revanche, Dyer (1965) précise qu’aucune hybridation n’a été signalée avec Encephalartos lehmannii, qu’il côtoie pourtant à Paardepoort. En culture, des hybrides avec Encephalartos latifrons sont proposés par au moins une pépinière spécialisée (Exclusive Cycads, 2026) ; comme pour toutes les cycadales, une plante issue de graines de collection n’est pas forcément pure.

Confusions possibles

La confusion la plus fréquente se fait avec Encephalartos altensteinii, son plus proche parent selon Dyer (1965). Ses folioles portent une ou deux dents, parfois trois à cinq, sur l’une ou les deux marges, alors que celles d’Encephalartos longifolius sont presque toujours entières ; mais une plante d’Encephalartos altensteinii cultivée en plein soleil peut semer le doute. Dans la nature, les deux aires ne se recouvrent pas : Encephalartos longifolius occupe les collines de l’intérieur, sur le grès de la Montagne de la Table, Encephalartos altensteinii surtout le bush côtier et les falaises, plus à l’est. La célèbre plante en pot de Kew, rapportée en 1775 par Francis Masson, qui accompagnait Thunberg, a longtemps été prise pour un Encephalartos longifolius ; elle est aujourd’hui identifiée comme Encephalartos altensteinii (wiki de la PACSOA).

Thunberg lui-même avait confondu l’espèce avec un petit Encephalartos à tronc souterrain récolté sur le même trajet, Encephalartos caffer, qu’il prenait pour sa forme jeune (Dyer, 1965 ; PlantZAfrica). Sa couronne en parasol rappelle parfois celle d’Encephalartos woodii : Dyer conseille alors de vérifier l’absence de petites épines à la base des feuilles. Chez Encephalartos natalensis, autre grande espèce verte souvent cultivée, les folioles de la base du pétiole sont au contraire réduites à une série d’épines ; il pousse plus au nord-est, au KwaZulu-Natal. Enfin, Encephalartos lehmannii, qui partage parfois ses stations, est plus petit, à feuilles raides presque droites, nettement bleues, et à folioles plus étroites et espacées.

Taxonomie

Encephalartos longifolius est un nom accepté par The World List of Cycads, GBIF et Species+. Son histoire commence par une confusion : en 1772, Carl Peter Thunberg, qui descendait la vallée du Langkloof avec Francis Masson, récolta une espèce arborescente et une espèce naine qu’il prit pour deux formes d’une même plante ; il les décrivit en 1775 sous le nom de Cycas caffra, devenu Zamia caffra en 1800 (PlantZAfrica ; Dyer, 1965). En 1801, Jacquin, qui disposait de plantes cultivées à Schönbrunn, distingua la grande espèce sous le nom de Zamia longifolia (Fragmenta botanica : 28, planche 29). Lehmann l’a transférée dans le genre Encephalartos le 15 mars 1834, dans l’Allgemeine Gartenzeitung (vol. 2, n° 11, p. 86), puis dans le sixième fascicule de ses Novarum et minus cognitarum stirpium pugillus. Le nom Encephalartos caffer a finalement été réservé à l’espèce naine (Dyer, 1965).

The World List of Cycads range en synonymie Zamia lanuginosa Jacq. (1801), que Lehmann avait transférée en 1834, dans le même ouvrage, sous le nom d’Encephalartos lanuginosus en la distinguant par son tronc laineux et ses folioles à deux dents épineuses, ainsi qu’Encephalartos mauritianus Miq. (1842) et trois variétés décrites par Miquel (angustifolius et revolutus, 1842) et par Regel (latifolius, 1874). Aucune variété n’est reconnue aujourd’hui. Pour le lecteur, cela signifie que des plantes anciennes de collection peuvent porter l’un de ces noms.

Étymologie et histoire

L’épithète vient du latin longus, « long », et folium, « feuille » : les feuilles sont longues par rapport à celles d’Encephalartos caffer, décrit dans le même ouvrage (Haynes, 2022, via The World List of Cycads). Le nom de genre signifie « pain dans la tête », parce que l’on préparait du pain avec la moelle de ces plantes dans leur pays d’origine (Lehmann, 1834).

L’espèce a été cultivée très tôt en Europe : selon Dyer (1965), le jardinier-collecteur viennois Scholl en rapporta des plantes, avec celles d’Encephalartos horridus et d’Encephalartos cycadifolius, pour le jardin impérial de Schönbrunn, où Jacquin les décrivit. Pour les voyageurs qui arrivaient dans le Cap-Oriental par le Langkloof, c’était le premier Encephalartos visible (Dyer, 1965).

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté pour Encephalartos longifolius. PlantZAfrica donne en anglais « Thunberg’s cycad », en hommage au botaniste qui l’a récolté le premier, et « Suurberg cycad », d’après le massif du Zuurberg, ainsi qu’« Suurbergbroodboom » en afrikaans ; Species+ cite les deux noms anglais.

Dans la nature

Encephalartos longifolius est endémique du sud-ouest du Cap-Oriental, en Afrique du Sud. Son aire commence à l’ouest de Joubertina, dans les monts Kouga, se poursuit sur les monts Kouga et Suuranys, la partie est des monts Baviaanskloof, l’Elandsberg et une partie des monts Groot Winterhoek, puis, après une interruption, sur les monts Klein Winterhoek, le Zuurberg et, plus à l’est, le district de Grahamstown (PlantZAfrica). Dyer (1965) le décrit comme un élément imposant des montagnes à prairie acide (« sourveld »), des districts d’Uniondale à celui d’Albany. Avec Encephalartos lehmannii, c’est la cycadale la plus occidentale d’Afrique du Sud, et les aires des deux espèces se recouvrent un peu (PlantZAfrica).

L’espèce occupe des milieux très variés, entre 200 et 1 500 m d’altitude, avec 300 à 1 250 mm de pluie par an : sables acides du fynbos à l’ouest de Port Elizabeth, prairies au Zuurberg, fourré à plantes succulentes près de Kirkwood et à Paardepoort (PlantZAfrica, qui situe Paardepoort dans les monts Klein Winterhoek, Dyer sur le Klein Winterberg). Ses troncs résistent longtemps aux violents incendies du fynbos ; Dyer se demandait si le feu n’avait pas fixé la limite ouest de l’espèce. Le wiki de la PACSOA décrit, au Suurberg, des plantes en plein soleil sur des versants nord, dans les hautes herbes, sur un sol argileux mais bien drainé par la pente.

Les cônes apparaissent d’avril à juin et les graines tombent d’octobre à décembre ; des coléoptères pollinisateurs ont été trouvés sur des cônes sauvages, sans que leur rôle ait été démontré pour cette espèce. Les graines sont dispersées par les babouins, les calaos et de petits rongeurs, qui consomment leur enveloppe charnue (PlantZAfrica).

Statut de conservation et réglementation

Encephalartos longifolius est classé quasi menacé (NT) sur la Liste rouge de l’UICN : il est proche des seuils des critères A2ad (réduction de la population) et B1ab(v) (aire restreinte, déclin du nombre d’individus matures). L’évaluation, due à J.D. Bösenberg, est datée du 29 mai 2020 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads, GBIF, Crossref).

Le plan d’action de l’UICN pour les cycadales (Donaldson, 2003) le classait déjà quasi menacé, avec 7 000 à 15 000 plantes, un déclin faible, la surcollecte comme menace et une réduction mineure de l’habitat ; il était considéré comme vulnérable en 1997. Selon PlantZAfrica, la principale menace est la récolte illégale, mais de nombreuses populations se trouvent dans des aires protégées : la réserve du Baviaanskloof, la zone de nature sauvage de Groendal, la forêt d’État de Longmore et le parc national des éléphants d’Addo (Zuurberg). L’espèce reste bien représentée dans la nature, et des pépinières proposent des plantes cultivées. Aucun document d’avis de commerce non préjudiciable de la SANBI n’a été publié pour elle (liste consultée le 20 octobre 2026).

Comme toutes les espèces du genre, Encephalartos longifolius est inscrit à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages (liste en vigueur : règlement (UE) 2026/1383), selon Species+. Pour les plantes reproduites artificiellement provenant d’Afrique du Sud, l’Union européenne a émis le 20 juin 2011 un avis favorable, limité aux plantes dont le caudex ne dépasse pas 15 cm de diamètre ; une nouvelle consultation sur l’ensemble du genre est ouverte depuis le 16 septembre 2026. En France, une plante proposée à la vente doit être issue de culture et accompagnée des documents CITES et européens exigés. Bases consultées le 20 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat.

Culture

PlantZAfrica présente Encephalartos longifolius comme une belle plante isolée de jardin, qui convient aussi à la culture en bac, adaptée aux régions tempérées et subtropicales fraîches. Les plantes adultes préfèrent le plein soleil. Le sol doit être sablo-limoneux, modérément acide et bien drainé ; l’excès d’eau favorise la pourriture des racines, qui peut gagner toute la plante si elle n’est pas arrêtée à temps. PlantZAfrica conseille un engrais minéral équilibré à intervalles réguliers et un paillis de compost ou de fumier, et donne pour le pot un mélange de quatre pelletées de sable de rivière grossier et propre, quatre d’écorce de pin broyée et deux et demie de terre franche, avec 40 g de dolomie, 3 g de sulfate de fer et un engrais à libération lente.

En France, la villa Thuret, à Antibes, en cultive au moins quatre en pleine terre (forum Fous de palmiers, 2009-2013 ; photo ci-dessous) ; la fiche de l’espèce rédigée par l’INRA de la villa Thuret pour les jardins Hanbury indique qu’elle est visible dans ces deux jardins. Aucun retour de culture daté avec relevé de température n’est documenté en France : les autres messages du forum Fous de palmiers concernent des plantes en pot (Lot-et-Garonne, 2010) ou des semis en serre, sans date de plantation ni donnée de froid.

Multiplication

Encephalartos longifolius se multiplie surtout par graines. PlantZAfrica conseille de semer au printemps, dans des plateaux de sable de rivière propre, à 25-28 °C ; la germination s’étale sur trois à six mois, puis les plantules sont repiquées en sachets dans un substrat bien drainé, et plantées en grand pot ou au jardin vers deux ans. Avant le semis, faites tremper les graines quelques jours pour ôter leur enveloppe charnue, avec des gants car elle est toxique, puis laissez-les sécher. Les rejets de la base peuvent aussi être séparés. Les graines, les plantes et les rejets relèvent de l’annexe I de la CITES.

Maladies et ravageurs

En culture, les principaux ravageurs sont les cochenilles farineuses et les cochenilles à bouclier, contre lesquelles PlantZAfrica cite des insecticides systémiques. Des charançons s’attaquent aux cônes et détruisent souvent les graines, et une petite cécidomyie pond sur les jeunes feuilles en formation, qu’elle peut détruire ; PlantZAfrica conseille un traitement de contact à l’apparition des nouvelles feuilles. Le principal risque en Europe reste la pourriture des racines dans un sol froid et détrempé.

Rusticité

Selon PlantZAfrica, les plantes adultes peuvent supporter de légères gelées. Les retours datés sont très rares, et le seul résultat chiffré publié est un échec. Comme pour tous les Encephalartos, les survies au froid concernent souvent de jeunes plants dont le caudex est encore enterré, protégé par l’inertie thermique du sol ; une plante adulte à tronc aérien, comme celle-ci, ne bénéficie pas de cette protection.

En France

Aucun relevé de température n’est publié pour les plantes de la villa Thuret, ni ailleurs en France. Aucun retour n’est documenté pour la façade atlantique ni pour l’intérieur des terres.

Repères internationaux

  • États-Unis : au Juniper Level Botanic Garden, en Caroline du Nord, une forme bleue issue de semis n’a pas survécu en pleine terre, sans protection, à l’hiver 2013-2014, avec des minimums de −13 à −16 °C (9 à 4 °F) selon les emplacements ; Encephalartos lehmannii et Encephalartos princeps non plus.
  • Italie : l’espèce est cultivée en pleine terre au giardino dell’Ottone, sur l’île d’Elbe (photos de mai 2012, forum Tropicamente), et en plein air à l’Orto Botanico de Palerme, qui en signale « plusieurs spécimens remarquables » ; aucun relevé de froid n’accompagne ces mentions.

Toxicité et précautions

Les graines d’Encephalartos longifolius sont toxiques, et PlantZAfrica rapporte un empoisonnement célèbre : pendant la guerre anglo-boer (1899-1902), des hommes du commando du général Jan Smuts, assiégés au Zuurberg et à court de vivres, goûtèrent ses graines ; ils souffrirent beaucoup, mais la plupart s’étaient remis le lendemain matin. Comme les autres cycadales, l’espèce contient des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Portez des gants pour manipuler les graines, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Selon PlantZAfrica, les habitants de la région utilisaient autrefois les tiges des cycadales comme aliment : la moelle était extraite, enterrée pour fermenter, ce qui détruisait peut-être les toxines, puis séchée et moulue en farine, dont on faisait des galettes cuites au feu. La fiche de l’INRA de la villa Thuret décrit pour cette espèce une préparation proche (moelle roulée dans des peaux pendant deux mois, puis pétrie et cuite sous la cendre). La demande de grandes plantes pour les jardins a entraîné des prélèvements dans la nature (PlantZAfrica).

Questions fréquentes

Encephalartos longifolius est-il rustique en France ?

On ne sait pas précisément. Il pousse en pleine terre à la villa Thuret, à Antibes, mais aucun relevé de froid n’a été publié ; PlantZAfrica indique seulement qu’il supporte de légères gelées. En dehors du littoral méditerranéen, la culture en grand pot, hivernée à l’abri, est plus sûre.

Comment le distinguer d’Encephalartos altensteinii ?

Surtout par les folioles : presque toujours entières chez Encephalartos longifolius, dentées sur les deux bords chez Encephalartos altensteinii. La couronne d’Encephalartos longifolius, très recourbée en parasol, aide aussi, mais une plante d’Encephalartos altensteinii en plein soleil peut lui ressembler.

Existe-t-il une forme bleue ?

Oui. La pruine des folioles varie, et certaines plantes ont un éclat bleuté ou argenté (Dyer, 1965). Ces formes sont vendues sous le nom de « blue » ; ce n’est pas une variété botanique.

Pourquoi ses cônes sont-ils si lourds ?

C’est une particularité de l’espèce : un cône femelle peut atteindre 60 cm sur 40 cm et peser jusqu’à 36 kg, l’un des plus lourds des cycadales sud-africaines.

Peut-on le cultiver en pot ?

Oui. PlantZAfrica le recommande pour la culture en bac, dans un mélange de sable grossier, d’écorce de pin et de terre franche, très drainant. Le pot permet de le rentrer à l’abri pendant les hivers froids.

Est-il toxique ?

Oui, surtout ses graines. Un empoisonnement d’un commando boer au Zuurberg, pendant la guerre anglo-boer, est resté célèbre en Afrique du Sud.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Thunberg, C.P. (1775). Cycas caffra. Nova Acta Regiae Societatis Scientiarum Upsaliensis 2. [Description mêlant Encephalartos longifolius et Encephalartos caffer ; citée par Lehmann (1834), Dyer (1965) et PlantZAfrica.]
  • Jacquin, N.J. (1801). Zamia longifolia. Fragmenta botanica : 28, planche 29. Vienne. [Basionyme ; cité par The World List of Cycads et Dyer (1965).]
  • Lehmann, J.G.C. (1834). Encephalartos longifolius. Allgemeine Gartenzeitung 2(11) : 86 ; et Novarum et minus cognitarum stirpium pugillus 6. Hambourg. [Combinaison nouvelle ; texte du Pugillus (diagnoses n° 8, lanuginosus, et n° 11).]
  • Dyer, R.A. (1965). The cycads of southern Africa. Bothalia 8 : 405-515. [Clé, description, répartition, histoire, distinction d’avec Encephalartos altensteinii, Encephalartos woodii et Encephalartos caffer.]
  • Wrinkle, G. (1983). Portrait of a species: Encephalartos horridus ; Encephalartos altensteinii. The Cycad Newsletter, juillet 1983.
  • Kemp, M. (1985). Focus on Encephalartos longifolius. Encephalartos 1 : 6-13. [Revue de la Cycad Society of South Africa, réservée aux membres ; citée par PlantZAfrica.]
  • Donaldson, J.S. (éd.) (2003). Cycads. Status Survey and Conservation Action Plan. IUCN/SSC Cycad Specialist Group, Gland et Cambridge. [Tableau des statuts.]
  • Bösenberg, J.D. (2022). Encephalartos longifolius. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41935A51047890. [Évaluation citée par The World List of Cycads et Crossref.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie, via The World List of Cycads.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence.]