Hercinothrips dimidiatus est le nom scientifique du thrips de l’aloès. Ce minuscule insecte, originaire d’Afrique, s’est installé en zone méditerranéenne française au cours des dernières années, avec des foyers bien documentés en Corse dès 2018, puis des observations dans d’autres secteurs du sud. Il peut provoquer un dépérissement progressif des aloès en affaiblissant les feuilles sur la durée.
En Europe, il montre une nette préférence pour Aloe arborescens et Aloe striatula (mais d’autres aloès peuvent être touchés). Les dégâts sont souvent d’abord esthétiques, puis deviennent réellement problématiques quand l’infestation s’installe : feuillage dégradé, croissance ralentie, plante qui s’épuise… et, dans les cas sévères, perte de touffes entières.
Qui sont les thrips ?
Les thrips sont de très petits insectes qui râpent/picotent l’épiderme des feuilles pour en aspirer le contenu. Les zones attaquées prennent alors un aspect argenté, puis brunâtre, comme “brûlé” ou “poussiéreux”, parfois accompagné de minuscules points noirs (déjections). Ils se cachent volontiers dans les replis, à la base des feuilles et dans les zones abritées, ce qui explique pourquoi une attaque peut passer inaperçue au début.

Comment lutter contre les thrips de l’aloès ?
Les thrips sont favorisés par les conditions chaudes et sèches, surtout quand l’air circule peu et que la plante est un peu stressée (substrat épuisé, pot trop serré, sécheresse prolongée). À l’inverse, l’eau sur le feuillage (sans détremper le cœur en permanence) peut aider à faire baisser la pression : un rinçage régulier déloge une partie des individus et gêne leur activité.
Dès les premiers symptômes, commencez par des mesures simples mais efficaces :
- Isoler la plante si possible (ou éloigner les aloès sains).
- Retirer les feuilles très marquées et les évacuer dans un sac fermé.
- Doucher le feuillage (jet doux) pour déloger les thrips cachés dans les replis.
Si l’attaque progresse, vous pouvez traiter en pulvérisant directement sur les feuilles pour toucher adultes et larves. En jardin, une solution souvent choisie est le savon noir (ou savon insecticide), car il est généralement moins toxique et plus compatible avec une approche “douce” que de nombreux insecticides classiques.
Le point clé, c’est la rigueur : une pulvérisation unique ne suffit presque jamais. Il faut répéter l’application à quelques jours d’intervalle afin d’interrompre les nouvelles émergences et éviter que la population ne reparte.

Mieux vaut utiliser une préparation à base de savon noir, car moins toxique pour les êtres vivants.
Lorsque les plantes sont très touchées, on peut aussi couper toutes les tiges. Il faut prendre soin de les écarter immédiatement des autres plantes d’aloès. Les plantes taillées vont produire de nouvelles tiges après quelques mois. Et retrouveront leur aspect esthétique la saison suivante.
Que faire quand la plante est très touchée ?
Quand un Aloe arborescens est fortement atteint, une solution radicale mais souvent efficace consiste à tailler sévèrement (voire couper les tiges très dégradées). Il faut alors :
- éloigner immédiatement les parties coupées des autres aloès,
- jeter les déchets (ne pas les laisser au pied de la plante),
- surveiller de près les nouvelles pousses.
Les plantes taillées peuvent produire de nouvelles tiges en quelques mois et retrouver un aspect esthétique si la pression du ravageur a été réellement réduite.
Bibliographie
- EPPO Global Database – fiche espèce (Hercinothrips dimidiatus) : https://gd.eppo.int/taxon/HERCDI
- EPPO Reporting Service (signalement en Corse, 2018) : https://gd.eppo.int/media/data/reporting/rs-2019-09-fr.pdf
- DRAAF Corse – BSV JEVI (dégâts sur Aloe arborescens attribués à H. dimidiatus) : https://draaf.corse.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/BSV_JEVI_4_sept2021_cle8f3191.pdf
- Thrips-iD – Hercinothrips dimidiatus (infos + références) : https://www.thrips-id.com/en/hercinothrips-dimidiatus/
- Bulletin (Corse, 2018 – contexte et symptômes) : https://www.sangavinuditenda.fr/wp-content/uploads/imported-media/documents/1540449445.pdf
