Macrozamia riedlei

Macrozamia riedlei est une cycadale du sud-ouest de l’Australie-Occidentale, où elle forme le sous-bois des forêts de jarrah (Eucalyptus marginata), de Dwellingup à Albany. C’est une espèce du genre Macrozamia, le plus souvent sans tronc visible, aux grandes feuilles plates et luisantes, longtemps connue sous le nom de Cycas riedlei et parfois sous celui de Macrozamia fraseri, avec lequel elle a été confondue. Appelée simplement « zamia » en Australie-Occidentale, elle est célèbre à double titre : ses graines ont empoisonné les premiers navigateurs européens qui y ont goûté et sont responsables d’intoxications du bétail, mais les Noongar en consommaient la chair rouge, après un long traitement qui la rendait comestible.

L’essentiel sur Macrozamia riedlei

  • Nom accepté : Macrozamia riedlei (Fisch. ex Gaudich.) C.A.Gardner (1930), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
  • Anciens noms et synonymes : Cycas riedlei Fisch. ex Gaudich. (1829), le basionyme ; Macrozamia preissii Lehm. (1844) ; Encephalartos preissii (Lehm.) F.Muell. ; Encephalartos oldfieldii Miq. (1863) ; Macrozamia oldfieldii (Miq.) A.DC. (1868)
  • Famille : Zamiaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; « zamia » en anglais d’Australie-Occidentale ; « by-yu », chez les Noongar, pour la graine entourée de sa chair
  • Répartition naturelle : endémique du sud-ouest de l’Australie-Occidentale, de Dwellingup à Albany et jusqu’à la côte ouest
  • Statut UICN : préoccupation mineure (LC), évaluation de 2022
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES ; annexe B dans l’Union européenne ; « non menacée » selon l’herbier d’Australie-Occidentale
  • Rusticité documentée : aucune valeur mesurée ; un petit sujet testé dehors en banlieue parisienne est mort pendant l’hiver 2011-2012 ; cultivé au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var), sans valeur de froid publiée (voir Culture et Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, sous-bois de forêt de jarrah, sur sols latéritiques
  • Port et dimensions adultes : le plus souvent sans tronc aérien (tige de 0 à 0,3 m de haut, 25 à 40 cm de diamètre) ; 12 à 30 feuilles de 1,2 à 2,2 m
  • Toxicité : graines très toxiques pour l’homme et le bétail ; la chair rouge est la partie la plus riche en macrozamine (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Macrozamia riedlei ?

Macrozamia riedlei se reconnaît à sa touffe de grandes feuilles plates ou à peine carénées, vert moyen à vert foncé et souvent très luisantes, qui sortent d’une tige presque toujours enterrée. La Flora of Australia (Hill, 1998), reprise en ligne par l’ABRS, en donne la description suivante :

  • Tige : souterraine, rarement aérienne, de 0 à 0,3 m de haut et 25 à 40 cm de diamètre ;
  • Feuilles : 12 à 30 par couronne, de 1,21 à 2,2 m de long, plates ou légèrement carénées, semi-luisantes à très luisantes ; pétiole de 18 à 50 cm ;
  • Folioles : 92 à 150 par feuille, simples, de 23 à 48 cm sur 7,5 à 11 mm, à bords plats et pointe piquante ; les folioles de la base de la feuille se réduisent en épines ;
  • Cônes mâles : fusiformes, de 29 à 41 cm sur 11 à 15 cm, aux écailles terminées par une épine de 8 à 75 mm ;
  • Cônes femelles : ovoïdes, de 25 à 35 cm sur 14 à 18 cm ;
  • Graines : ovoïdes, de 35 à 45 mm sur 25 à 35 mm, à chair (sarcotesta) rouge.

L’herbier d’Australie-Occidentale (FloraBase) résume l’espèce en quelques mots : une cycadale de 0,5 à 3 m de haut, généralement sans tronc, aux feuilles peu nombreuses, luisantes, plates ou ouvertement carénées, à folioles étroites et à cônes courts. Selon L.A.S. Johnson (1959), qui s’appuyait sur les observations d’A. Baird, la partie aérienne du tronc se développe surtout sur les sols peu profonds, où les racines contractiles ne peuvent pas tirer la tige vers le bas.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole de Macrozamia riedlei n’a été signalé dans les sources consultées. L’espèce est très isolée des Macrozamia de l’est de l’Australie.

Confusions possibles

En Australie-Occidentale, Macrozamia riedlei peut être confondu avec les deux autres espèces de l’État, Macrozamia fraseri et Macrozamia dyeri. Selon la Flora of Australia, il est plus petit que ces deux espèces, avec des feuilles moins nombreuses mais plus luisantes et plates, des cônes plus petits et, rarement, un tronc aérien. Pendant une bonne partie du XXe siècle, ces trois plantes ont été réunies sous le seul nom de Macrozamia riedlei (voir Taxonomie) : les anciennes mentions de l’espèce, notamment dans la plaine côtière de Perth ou vers Esperance, peuvent donc concerner l’une des deux autres.

Hors d’Australie, les feuilles de Macrozamia riedlei ressemblent beaucoup à celles de Macrozamia communis. Johnson (1959) notait que ses folioles sont en général encore plus rigides et qu’elles portent des stomates sur la face supérieure, ce qui permet de les distinguer au microscope. Sur le forum des Fous de palmiers, des cultivateurs soulignent qu’une jeune plante cultivée en pot, dont on a coupé des feuilles, est très difficile à identifier : achetez de préférence des plantes issues de semis dont l’origine est connue.

Taxonomie

Macrozamia riedlei est un nom accepté par The World List of Cycads. L’espèce a été publiée en 1829 par Charles Gaudichaud-Beaupré, sous le nom de Cycas riedlei, dans la partie botanique du récit du voyage de l’Uranie, en reprenant un nom d’herbier de Fischer. Le type venait du port du Roi-George, l’actuel King George Sound, près d’Albany ; il est conservé à Paris. Gaudichaud soupçonnait déjà que la plante était plus proche des Zamia que des Cycas.

Le botaniste Charles A. Gardner l’a transférée dans le genre Macrozamia en 1930, dans son Enumeratio Plantarum Australiae Occidentalis, en écrivant « reidlei ». The World List of Cycads précise que Gardner n’a pas cité directement le basionyme, mais que sa combinaison s’y rattache indirectement. Un autre problème a été réglé récemment : il existait un homonyme plus ancien, Cycas riedlei Dum.Cours. En 2022, Michael Calonje et James Clugston ont proposé de conserver le nom de Gaudichaud (Taxon 71 : 1113-1115) ; le comité de nomenclature des plantes vasculaires a approuvé cette conservation en 2024 par 16 voix contre 1, puis le comité général par 25 voix contre 2. Pour le lecteur, cela signifie que le nom Macrozamia riedlei et son auteur restent inchangés.

L’histoire de l’espèce est liée à celle du genre. Selon Johnson (1959), la description du genre Macrozamia par Miquel en 1842 reposait presque entièrement sur des planches de Ferdinand Bauer qui représentaient en réalité Macrozamia riedlei, publiées sous le nom de Macrozamia spiralis ; Miquel l’a lui-même reconnu en 1863. Johnson en concluait que l’espèce type du genre était, biologiquement, celle de ces planches. Johnson suivait aussi Gardner en réunissant toutes les populations d’Australie-Occidentale sous Macrozamia riedlei, avec Macrozamia fraseri et Encephalartos dyeri en synonymie, tout en exprimant des réserves faute d’expérience de terrain. La Flora of Australia (Hill, 1998) a de nouveau séparé ces trois espèces, et The World List of Cycads accepte aujourd’hui Macrozamia fraseri et Macrozamia dyeri comme espèces distinctes. Macrozamia riedlei appartient à la section Macrozamia, celle des grandes espèces aux folioles inférieures réduites en épines.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Anselme Riedlé (1775-1801), jardinier en chef au Jardin des plantes de Paris, qui accompagna l’expédition de Nicolas Baudin vers l’Australie (1800-1804) et récolta le type de l’espèce, selon le compendium étymologique de Haynes (2022) cité par The World List of Cycads. L’orthographe du nom a beaucoup varié : Gardner écrivait « reidlei », Miquel et Schuster « riedleyi », Regel « riedeli » ; Johnson (1959) rappelle que Gaudichaud l’avait correctement orthographié « riedlei ».

L’espèce figure parmi les premières plantes australiennes connues des Européens, à cause de sa toxicité. En janvier 1697, lors de l’expédition néerlandaise de Willem de Vlamingh, près de l’actuelle Perth, le chirurgien de l’expédition et cinq hommes mangèrent des amandes de zamia ; environ trois heures plus tard, ils furent pris de vomissements si violents qu’il n’y avait, selon le journal de bord, « presque plus de différence entre la mort et nous » (Grose et Panegyres, 2021).

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté : on emploie le nom scientifique. En Australie-Occidentale, l’herbier de l’État (FloraBase) donne simplement « Zamia », et les publications agricoles parlent de « zamia palm ». Ce nom désigne aussi d’autres cycadales en Australie et prête à confusion avec le genre américain Zamia. Chez les Noongar, d’après les vocabulaires du XIXe siècle réunis par Asmussen (2011), « by-yu » désignait la graine de zamia entourée de sa chair, et février-mars était la saison du « by-yu ». D’autres noms noongar circulent en ligne, mais ils n’ont pas été vérifiés dans une source fiable.

Dans la nature

Macrozamia riedlei est endémique du sud-ouest de l’Australie-Occidentale. Selon la Flora of Australia, il va de Dwellingup jusqu’à Albany et, vers l’ouest, jusqu’à la côte ; il y est répandu et abondant en sous-bois des forêts de jarrah. FloraBase le signale dans quatre régions biogéographiques (Esperance Plains, Jarrah Forest, Swan Coastal Plain et Warren) et dans plus de trente communes, dont certaines au nord et à l’est de Perth, ce qui suggère une aire un peu plus large que celle de la Flora of Australia ; les deux sources n’ont pas été mises à jour à la même date. L’espèce pousse sur des sols latéritiques.

Le cycle de reproduction a été décrit par A. Baird en 1939, d’après le tableau d’Asmussen (2011) : la pollinisation a lieu en septembre, la fécondation vers février, et les graines tombent en mars-avril. FloraBase indique de son côté des cônes en septembre-octobre. Les graines sont activement consommées et dispersées par la faune, ce qui obligeait les cueilleurs à ramasser les cônes rapidement (Burbidge et Whelan, 1982, cités par Asmussen). Aucune étude sur les pollinisateurs propres à l’espèce n’a été consultée.

Statut de conservation et réglementation

Macrozamia riedlei est classé en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l’UICN, selon l’évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022, d’après The World List of Cycads ; la Liste rouge n’a pas pu être consultée directement. FloraBase le classe « non menacé » en Australie-Occidentale. L’espèce est assez commune pour qu’on cherche à la réimplanter après l’exploitation minière, sujet d’un article de Douglas, Korcynskyj et Koch (2011) cité par la Flora of Australia.

Comme toutes les cycadales du genre, Macrozamia riedlei est inscrit à l’annexe II de la CITES depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 : les graines et le pollen ne sont pas soumis à la CITES, mais les plantes le sont. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Ces statuts ont été relus sur Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, le 2 octobre 2026. Ils ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou import, et préférez des plantes issues de semis.

Culture

Macrozamia riedlei est rare en culture en France, où il est cultivé au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var), et les données publiées sont maigres : aucune source fiable ne donne de conseils de culture propres à l’espèce. On peut seulement partir de son milieu, un sous-bois de forêt claire sur sol latéritique pauvre et bien drainé, sous un climat à pluies d’hiver.

Macrozamia riedlei est cultivé au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var). L’expérience de ce jardin sur les Macrozamia donne deux repères : en été, s’il ne pleut pas, un arrosage par semaine est un minimum et deux arrosages par semaine sont l’optimum ; en hiver, un gel sec est moins dangereux que le même gel survenant après une période de pluie.

Les quelques retours d’amateurs portent sur les jeunes plants. Un cultivateur italien du forum Tropicamente note en 2010 que, sur deux plantules achetées en Allemagne, l’une est morte au bout d’un mois et l’autre végète ; un autre membre observe que les graines en cours de germination pourrissent facilement. Sur le forum des Fous de palmiers, un cultivateur signale de petits plants dont le tubercule ne dépassait pas la taille d’une noisette. En pratique, un substrat très drainant et une jeune plante protégée de l’excès d’eau semblent indispensables.

Multiplication

Macrozamia riedlei se multiplie par semis. Il faut des graines fraîches et fécondées ; hors d’Australie, la pollinisation manuelle est le plus souvent nécessaire. La germination paraît délicate : un cultivateur de Tropicamente n’a obtenu en 2010 que 3 plantules sur 10 graines, et un autre aucune sur 10, avec des pourritures au moment de la germination. Portez des gants pour retirer la chair rouge, très toxique.

Maladies et ravageurs

Aucune maladie ni aucun ravageur propre à Macrozamia riedlei n’est documenté dans les sources consultées. Les retours de culture évoquent surtout la pourriture des racines et des graines en germination quand le substrat reste humide.

Rusticité

La rusticité de Macrozamia riedlei est mal connue : aucune valeur mesurée n’a été trouvée, ni en France ni ailleurs, et les deux seuls retours publiés sont des échecs. L’espèce est pourtant cultivée au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var).

En France

Un seul retour publié a été trouvé. Un cultivateur de la banlieue parisienne (Île-de-France, France) indique sur le forum des Fous de palmiers que sa plante de l’espèce Macrozamia riedlei, un petit sujet de quelques centimètres de diamètre testé dehors depuis l’hiver précédent, est morte pendant l’hiver 2011-2012, marqué par la vague de froid de février 2012 ; il ne précise ni la température ni le type de protection. Sur le littoral méditerranéen, l’espèce est cultivée au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var), mais aucune donnée de froid n’en a été publiée ; l’expérience de ce jardin sur les Macrozamia indique qu’un gel sec est moins dangereux que le même gel survenant après une période de pluie. Aucun retour n’a été trouvé pour la façade atlantique, la Bretagne ou la montagne. Faute de données, la culture en pot, hivernée à l’abri du gel et de la pluie, reste la solution prudente.

Repères internationaux

Sur le forum américain PalmTalk, un participant dont le lieu n’apparaît pas dans l’extrait consulté indique avoir planté Macrozamia riedlei en pleine terre et l’avoir perdu à cause d’une nappe phréatique trop haute, et non du froid. Ce fil n’a pas pu être lu en entier (site bloqué). Aucune autre donnée chiffrée n’a été trouvée.

Toxicité et précautions

Oui, Macrozamia riedlei est très toxique, en particulier ses graines. Le récit de l’expédition de Vlamingh (1697) montre que l’amande provoque des vomissements violents chez l’homme. En Australie-Occidentale, le « zamia palm » est, selon un article du service de l’agriculture de l’État (Wilkinson, 1960), l’une des plus anciennes plantes vénéneuses connues d’Australie ; il est commun dans les forêts de jarrah et de karri et dans les plaines côtières. Dès 1894, une publication agricole d’Australie-Occidentale consacrait un article à la maladie du bétail appelée « rickets » ou « wobbles » (Edwards, 1894, cité par Asmussen, 2011).

Les services vétérinaires australiens décrivent deux formes d’intoxication par les Macrozamia. Chez les bovins qui mangent les feuilles, surtout les jeunes pousses, apparaît une paralysie progressive et irréversible de l’arrière-train ; les éleveurs parlent de « wobbles », de « zamia staggers » ou, à tort, de « rickets », et les signes peuvent apparaître dès deux semaines de consommation (services de l’agriculture du Territoire du Nord et du Queensland, relevés par extrait de recherche). Les graines contiennent par ailleurs des azoxyglycosides, dont la macrozamine, qui libèrent dans l’intestin le méthylazoxyméthanol (MAM), toxique pour le foie (Healy, 1967).

Chez Macrozamia riedlei, la répartition de la toxine dans la graine est originale. D’après Ladd et al. (1993), cités par Asmussen (2011), la chair rouge contient environ 3,88 % de macrozamine (poids frais), l’une des teneurs les plus élevées mesurées chez les cycadales, alors que l’amande n’en contient qu’environ 0,4 %, la plus faible des espèces de Macrozamia analysées. Aucune donnée propre aux chiens et aux chats n’a été trouvée pour l’espèce, mais les intoxications des animaux de compagnie par les cycadales sont bien connues. Portez des gants pour manipuler les graines, ramassez celles qui tombent et tenez-les hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Malgré sa toxicité, Macrozamia riedlei était un aliment apprécié des Noongar du sud-ouest de l’Australie. La synthèse d’Asmussen (2011), fondée sur des témoignages écrits du XIXe et du début du XXe siècle, montre un usage unique en Australie : alors que, dans l’est du continent, on mangeait l’amande des graines de Macrozamia, en Australie-Occidentale on consommait la chair rouge (sarcotesta) et l’on jetait l’amande. C’est pourtant la partie la plus riche en macrozamine.

Trois méthodes de détoxification sont décrites. La première est un long trempage, parfois dans l’eau de mer : on trouvait des graines suspendues à un piquet sur la plage ou plongées dans un ruisseau peu profond, de quelques jours à deux semaines (Edwards, 1894 ; Hammond, 1933). La deuxième est un vieillissement : les graines étaient enterrées environ un mois, selon Drummond (1862). La troisième, décrite par George Grey (1841), combine les deux : les femmes ramassaient les graines en mars, les laissaient tremper quelques jours dans une mare, puis les enterraient deux semaines dans des fosses appelées « mordak », de la profondeur d’un bras, tapissées de joncs, recouvertes de sable et de touffes d’arbres à herbe (Xanthorrhoea). La chair se mangeait ensuite crue ou grillée.

Les Européens qui y ont goûté l’ont trouvée agréable : Salvado la jugeait « très à [son] goût », Mme Hassell la comparait à des dattes au goût d’olive, Hammond à une tomate après le trempage dans l’eau de mer ; seul Drummond la trouvait rance, comme de l’huile de baleine. La chair faisait l’objet d’échanges : Mme Hassell, installée à Jerramungup de 1878 à 1886, rapporte qu’elle était enfilée sur des joncs et apportée de l’intérieur des terres. Grey note aussi que certaines familles avaient le droit de venir récolter le « by-yu » sur les terres de leurs voisins pendant la saison. Ces savoirs ne sont pas des recettes : une préparation incomplète provoque des intoxications graves. Ne consommez jamais de graines de cycadales.

Questions fréquentes

Macrozamia riedlei et Macrozamia fraseri sont-ils la même plante ?

Non. Ce sont deux espèces acceptées par The World List of Cycads, longtemps réunies sous le nom de Macrozamia riedlei. Selon la Flora of Australia, Macrozamia riedlei est plus petit, avec des feuilles moins nombreuses mais plus luisantes et plates, et des cônes plus petits.

Peut-on manger les graines de Macrozamia riedlei ?

Non. Les graines crues provoquent des vomissements violents, comme l’a vécu l’équipage de Vlamingh en 1697. Les Noongar n’en mangeaient que la chair, après des semaines de trempage et d’enfouissement, une technique qui ne doit jamais être improvisée.

Macrozamia riedlei est-il dangereux pour le bétail et les animaux ?

Oui. En Australie, les feuilles provoquent chez les bovins une paralysie irréversible de l’arrière-train, et les graines atteignent le foie. Gardez graines et plantes hors de portée des chiens et des autres animaux.

Supporte-t-il le froid en France ?

On le sait mal. Aucune valeur mesurée n’a été publiée ; l’espèce est cultivée au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures (Var), mais le seul petit sujet testé en banlieue parisienne est mort pendant l’hiver 2011-2012. Cultivez-le en pot et hivernez-le à l’abri du gel et de la pluie.

Pourquoi l’appelle-t-on « zamia » ?

Par habitude locale. En Australie-Occidentale, « zamia » ou « zamia palm » désigne couramment cette cycadale, alors qu’elle n’appartient pas au genre Zamia, qui est américain.

Pourquoi le nom s’écrit-il parfois « reidlei » ?

À cause d’une faute d’orthographe. Gardner a publié la combinaison en 1930 sous la forme « reidlei », mais l’espèce honore le jardinier Anselme Riedlé, et Gaudichaud l’avait correctement orthographiée « riedlei ».

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Sites de référence

  • The World List of Cycads (version 2026.08.15), Macrozamia riedlei : https://cycadlist.org/scientific_name/420 — nom accepté, auteurs, publication, basionyme, synonymes, conservation du nom (2022-2024), répartition, étymologie (Haynes 2022), statut UICN. Liste de référence des spécialistes des cycadales, fiable ; consultée directement le 2 octobre 2026.
  • Flora of Australia (ABRS), Macrozamia riedlei : https://profiles.ala.org.au/opus/foa/profile/Macrozamia%20riedlei — description, répartition, habitat, distinction avec les autres espèces d’Australie-Occidentale. Flore nationale de référence (Hill, 1998), fiable ; consultée directement.
  • FloraBase (Western Australian Herbarium), Macrozamia riedlei : https://florabase.dbca.wa.gov.au/browse/profile/85 — nom commun, statut « non menacé », régions et communes de présence, sols latéritiques, période des cônes. Herbier officiel de l’État, fiable ; consulté directement le 2 octobre 2026.
  • Species+ (PNUE-WCMC), Macrozamia riedlei : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/22475/legal — annexe II de la CITES, annexe B de l’Union européenne (règlement 2026/1383). Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée le 2 octobre 2026.
  • Journal of the Department of Agriculture, Western Australia, « Zamia palm poisoning » (F.C. Wilkinson, 1960) : https://library.dpird.wa.gov.au/journal_agriculture4/vol1/iss2/11 — toxicité, habitat (forêts de jarrah et de karri, plaines côtières), ancienneté des intoxications connues. Publication officielle ; seule la notice et le résumé ont été lus.
  • Flock & Herd, « Macrozamia poisoning » (P.J. Healy, 1967) : https://flockandherd.net.au/archive/transcribed/1967/reader/macrozamia-poisoning.html — les deux formes d’intoxication du bétail, azoxyglycosides et MAM, données de niveau genre. Texte d’un vétérinaire de recherche, fiable ; consulté directement.
  • Northern Territory Department of Agriculture and Fisheries, « Zamia (cycad) poisoning: information for livestock owners » : https://daf.nt.gov.au/__data/assets/pdf_file/0003/256053/zamia-cycad-poisoning-information-for-livestock-owners.pdf — noms « wobbles » et « zamia staggers », délai d’apparition et irréversibilité. Source officielle, données de niveau genre ; relevée par extrait de recherche, document non lu.
  • Forum des Fous de palmiers, fil « Conférence sur les Cycadacées acclimatables. » : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=11385&start=15 — mort d’un petit sujet en banlieue parisienne pendant l’hiver 2011-2012 (#p178237, #p178410). Forum de cultivateurs, valeur indicative ; messages lus directement.
  • Forum des Fous de palmiers, fils « ID Macrozamia » et « Macrozamia communis » : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=23081 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=7523&start=15 — difficulté d’identification des jeunes plantes, petits plants en culture (#p457513, #p125327). Forum de cultivateurs, valeur indicative ; messages lus directement.
  • Tropicamente, fil « Macrozamia riedlei » : https://www.tropicamente.it/forums/topic/macrozamia-riedlei/ — difficultés de germination et de reprise des plantules (2010). Forum italien de cultivateurs, valeur indicative ; fil lu en entier.
  • PalmTalk, fil « Macrozamia » : https://www.palmtalk.org/forum/topic/27537-macrozamia — perte d’une plante en pleine terre à cause d’une nappe phréatique haute. Forum de cultivateurs, valeur indicative ; relevé par extrait de recherche, fil non lu (site bloqué).

Bibliographie

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  • Asmussen, B. (2011). « There is likewise a nut… » a comparative ethnobotany of Aboriginal processing methods and consumption of Australian Bowenia, Cycas, Macrozamia and Lepidozamia species. Technical Reports of the Australian Museum, Online 23(10) : 147-163. doi:10.3853/j.1835-4211.23.2011.1575 [Usages noongar, teneurs en macrozamine (d’après Ladd et al., 1993), cycle de Baird (1939) ; article lu en entier.]
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