Macrozamia fearnsidei est une cycadale endémique de l’intérieur du Queensland central, en Australie, où elle pousse en forêt claire d’eucalyptus sur les escarpements de grès de la chaîne Expedition et des reliefs voisins, au nord et à l’est d’Injune. Cette espèce du genre Macrozamia forme, sur un tronc souterrain, une couronne buissonnante de feuilles dressées, tordues en spirale, aux très longues folioles vert foncé et brillantes. Décrite en 1991 par le botaniste David Jones, elle porte le nom de l’éleveur qui protégeait les cycadales de sa propriété, Wallaroo Station. Elle a figuré sur la liste fédérale australienne des espèces vulnérables de 2000 à 2013.
L’essentiel sur Macrozamia fearnsidei
- Nom accepté : Macrozamia fearnsidei D.L.Jones (1991), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : aucun
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom français attesté ; « Fearnside’s cycad » en anglais (Flora of Australia)
- Répartition naturelle : Australie, Queensland central : chaîne Expedition et reliefs au nord et à l’est d’Injune, district de Taroom
- Statut UICN : préoccupation mineure (LC), évaluation publiée en 2022 ; « Special least concern » au Queensland
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (tout le genre) ; annexe B dans l’Union européenne ; inscrit comme vulnérable sur la liste fédérale australienne (loi EPBC) de 2000 à 2013
- Rusticité documentée : aucun retour de culture (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, forêt claire d’eucalyptus, ravines et pentes rocheuses, sol sableux sur grès ; en culture, non documenté
- Port et dimensions adultes : tronc souterrain de 15 à 35 cm de diamètre ; 2 à 20 feuilles de 70 à 140 cm selon les sources
- Toxicité : feuilles toxiques pour le bétail, surtout les repousses après incendie, selon le propriétaire de Wallaroo Station (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Macrozamia fearnsidei ?
On le reconnaît à sa couronne buissonnante de feuilles dressées, à l’axe tordu une à cinq fois, et à ses folioles très longues, jusqu’à 60 cm, vert foncé et brillantes dessus, creusées en gouttière et retombantes dans leur dernier tiers. La description originale de David Jones (1991) donne les caractères suivants :
- Tronc : souterrain, à peu près ovoïde, de 15 à 35 cm de diamètre ;
- Feuilles : 5 à 20 en couronne dressée et très buissonnante, rarement presque couchées, de 70 à 140 cm, vert foncé et luisantes ; pétiole de 15 à 40 cm ; axe tordu en spirale une à cinq fois, marqué de taches crème entre les bases des folioles du sommet ;
- Folioles : 55 à 120 par feuille, linéaires, de 20 à 60 cm sur 6 à 11 mm, vert foncé brillant dessus, plus pâles dessous avec 9 à 12 nervures saillantes, fortement creusées, elles-mêmes tordues une à quatre fois ; pointe légèrement piquante ; cal de la base crème à jaune pâle ; les folioles inférieures sont à peine réduites ;
- Cônes mâles : à peu près cylindriques, de 15 à 27 cm sur 4,5 à 6,5 cm, souvent arqués avec l’âge, sur un pédoncule de 18 à 30 cm ; la plupart des écailles n’ont qu’une épine rudimentaire ;
- Cônes femelles : à peu près ovoïdes, dressés, de 12 à 18 cm sur 8 à 10 cm, sur un pédoncule de 18 à 27 cm ; épines jusqu’à 2 cm vers le sommet ;
- Graines : de 2,3 à 2,7 cm sur 1,9 à 2,3 cm, à chair orange à écarlate.
La Flora of Australia (Hill, 1998) donne des valeurs un peu différentes : 2 à 12 feuilles, de 70 à 140 cm, vert moyen à foncé, et des folioles de 20 à 60 cm sur 5 à 9 mm, aux bords enroulés vers le haut. Les deux sources s’accordent sur l’axe fortement tordu en spirale.
Hybrides
Un hybride naturel avec Macrozamia moorei est enregistré dans WildNet, la base de données sur la faune et la flore du gouvernement du Queensland, sous le nom Macrozamia fearnsidei × Macrozamia moorei, avec une seule localité. David Jones signalait déjà en 1991 que l’espèce pousse parfois avec Macrozamia moorei. Aucune description publiée de cet hybride n’a été trouvée.
Confusions possibles
Selon David Jones (1991), Macrozamia fearnsidei appartient au groupe d’espèces qui gravite autour de Macrozamia pauli-guilielmi, une espèce de la côte du Queensland, dont il se distingue par des plantes bien plus robustes, jusqu’à 20 feuilles (2 à 5 chez Macrozamia pauli-guilielmi), des folioles bien plus longues et larges, fortement creusées et brillantes, et des cônes plus gros. Dans sa clé des espèces du Queensland, il le sépare de Macrozamia plurinervia par ses folioles plus longues (jusqu’à 60 cm, contre 25 cm), brillantes et fines, et par ses cônes verts, ceux de Macrozamia plurinervia étant glauques. Macrozamia platyrhachis, l’espèce voisine la plus proche géographiquement, s’en distingue par ses feuilles presque couchées, à l’axe à peine tordu.
La Flora of Australia le rapproche plutôt de Macrozamia crassifolia, dont les folioles sont plus courtes et plus étroites. Les deux sources ne citent donc pas la même espèce comme la plus proche.
Macrozamia moorei, qui partage parfois son habitat, ne peut guère être confondu avec lui à l’âge adulte : c’est une grande espèce à tronc aérien, dont les folioles réduites en épines descendent presque jusqu’à la base de la feuille (Jones, 1991).
Taxonomie
Macrozamia fearnsidei D.L.Jones a été publié en 1991 dans la revue Austrobaileya (vol. 3, n° 3, p. 481), dans un article qui décrivait aussi Macrozamia lomandroides, élevait Macrozamia plurinervia au rang d’espèce et rétablissait Macrozamia mountperriensis. C’est une espèce acceptée par The World List of Cycads, sans synonyme, de la famille des Zamiaceae.
Jones l’a placé dans la section Parazamia, qui réunit les espèces à tronc souterrain et à folioles inférieures non réduites en épines. Il explique avoir étudié sur le terrain le groupe de Macrozamia pauli-guilielmi, que L.A.S. Johnson avait divisé en 1959 en trois sous-espèces, et avoir constaté que ses populations sont isolées, liées à des milieux particuliers et dotées de caractères propres. Cette révision a conduit à reconnaître plusieurs espèces distinctes, dont Macrozamia fearnsidei. The World List of Cycads n’emploie pas les sections.
Étymologie et histoire
L’épithète honore Geoff Fearnside, propriétaire de Wallaroo Station, au Queensland. David Jones l’a nommé « en reconnaissance de sa réussite à associer l’élevage bovin et des pratiques de conservation » sur sa propriété (Jones, 1991) ; The World List of Cycads, d’après Haynes (2022), parle de ses efforts pour préserver les cycadales qui y poussent. Jones remercie aussi Geoff Fearnside de lui avoir permis d’étudier ces plantes. Le nom de genre, Macrozamia, associe le grec makros, « grand », au nom de genre Zamia.
Le spécimen type a été récolté le 26 août 1990 par David et Barbara Jones à Wallaroo Station, à environ 64 km au nord d’Injune, dans le district de Leichhardt ; l’holotype est conservé à Canberra, avec des doubles à Brisbane, Canberra et Sydney. L’espèce était connue avant sa description : la Flora of Australia cite des récoltes de 1978 près de Taroom et d’Injune.
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. La Flora of Australia donne le nom anglais « Fearnside’s cycad », formé sur le nom de l’éleveur. Aucun nom aborigène n’a été trouvé dans les sources consultées.
Dans la nature
Macrozamia fearnsidei vit dans les reliefs de grès de l’intérieur du Queensland central. David Jones (1991) le décrit comme localement commun sur les escarpements de la chaîne Expedition, au nord d’Injune, et probablement aussi dans les chaînes voisines. Il pousse en sol sableux, en forêt claire d’eucalyptus de grande taille, soit dans des ravines près de cours d’eau temporaires, soit sur des pentes rocheuses, parfois avec Macrozamia moorei. La Flora of Australia le présente comme une espèce largement dispersée dans les reliefs au nord et à l’est d’Injune, sur sol sableux reposant sur du grès. Les localités enregistrées dans WildNet s’étendent sur environ 55 km du nord au sud et 135 km d’ouest en est.
Les cônes arrivent à maturité en septembre et octobre, et les graines mûrissent de février à avril (Jones, 1991). Aucune étude de pollinisation propre à l’espèce n’a été trouvée ; chez les Macrozamia, la pollinisation est assurée par des insectes spécialisés (voir la page du genre).
Nous n’avons pas trouvé de données climatiques publiées pour l’habitat de l’espèce.
Statut de conservation et réglementation
Macrozamia fearnsidei n’est pas menacé à l’échelle mondiale : la Liste rouge de l’UICN le classe en préoccupation mineure (LC), selon l’évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022, telle que l’affiche The World List of Cycads (Liste rouge non consultée directement).
Son statut australien a évolué. D’après WildNet, il a été inscrit comme vulnérable au titre de la loi fédérale sur les espèces menacées de 1992 (de 1997 à 2000), puis de la loi fédérale EPBC de 1999 (du 16 juillet 2000 au 15 mai 2013), date à laquelle il a été retiré de la liste. Au Queensland, il est aujourd’hui classé « Special least concern » au titre de la loi sur la conservation de la nature (Nature Conservation Act 1992), et WildNet le signale comme espèce sensible, ce qui limite la diffusion de ses localités. En 1991, Jones notait que l’espèce, localement commune, ne bénéficiait d’aucune protection foncière.
Comme toutes les cycadales du genre, il est inscrit à l’annexe II de la CITES et, dans l’Union européenne, à l’annexe B du règlement sur le commerce des espèces sauvages (Species+, consulté le 2 octobre 2026). Le commerce international des plantes et des graines exige des permis. Achetez uniquement des plantes de culture, avec leurs documents, et vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou importation.
Culture
Aucune source consultée ne décrit la culture de Macrozamia fearnsidei, ni en Australie ni en Europe, et aucun cultivateur français n’en parle sur les forums consultés. Son milieu naturel donne seulement quelques repères :
- Sol : sable sur grès dans la nature ; un substrat très drainant, sableux, paraît indispensable.
- Lumière : forêt claire d’eucalyptus ; une exposition lumineuse avec un peu d’ombre aux heures chaudes semble la plus proche de son milieu.
- Eau : non documentée pour l’espèce. L’habitat comprend des ravines près de cours d’eau temporaires et des pentes rocheuses plus sèches.
- Place : les feuilles atteignent 1,4 m et les folioles 60 cm ; la plante est plus encombrante que la plupart des Macrozamia à tronc souterrain.
Multiplication
La multiplication se fait par semis. Les plantes étant mâles ou femelles, il faut les deux sexes et, en culture, une pollinisation à la main pour obtenir des graines fertiles. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été trouvée, et aucune source ne signale de rejets.
Maladies et ravageurs
Aucun problème propre à l’espèce n’est documenté dans les sources fiables. Chez les Macrozamia cultivés en Europe, les forums citent surtout les cochenilles et la pourriture en sol froid et mouillé (voir la page du genre).
Rusticité
Aucun retour de culture n’a été trouvé pour Macrozamia fearnsidei, ni en France ni ailleurs. La recherche de son nom sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente ne donne aucun résultat.
En France
Aucune donnée n’existe, quelle que soit la région. En 2014, sur le forum des Fous de palmiers, un cultivateur de l’Ain et de l’Hérault rapportait l’avis d’un pépiniériste australien spécialisé dans les cycadales, qui classait Macrozamia fearnsidei dans le groupe des espèces « moins rustiques » de l’intérieur du Queensland, après les espèces de l’intérieur et de la côte de Nouvelle-Galles du Sud. Ce classement ne donne aucune température.
Repères internationaux
Aucun résultat de culture n’a été trouvé, et nous n’avons pas trouvé de données de gel pour son habitat. Toute valeur de rusticité serait une estimation : nous n’en donnons pas.
Toxicité et précautions
Macrozamia fearnsidei est toxique pour le bétail. David Jones (1991) rapporte, d’après Geoff Fearnside, que ses feuilles, surtout les jeunes pousses qui repartent après un incendie, sont très toxiques pour les bovins, comme celles de la plupart des espèces du genre. Chez les Macrozamia, la consommation des feuilles provoque chez les bovins une paralysie irréversible de l’arrière-train, et les graines contiennent de la macrozamine, qui libère dans l’intestin une toxine du foie (voir la page du genre). Aucune analyse chimique propre à l’espèce n’a été trouvée. Portez des gants pour manipuler les graines, gardez-les hors de portée des enfants, des chiens et du bétail, et contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire en cas d’ingestion.
Usages traditionnels
Aucun usage propre à cette espèce n’a été trouvé. D’autres Macrozamia fournissaient aux peuples aborigènes des graines comestibles après de longs traitements (voir la page du genre).
FAQ
Qui était Fearnside ?
Geoff Fearnside, propriétaire de Wallaroo Station, au Queensland. David Jones lui a dédié l’espèce en 1991 pour avoir associé l’élevage bovin et la conservation des cycadales sur sa propriété.
Est-il menacé ?
Non, plus aujourd’hui. Il a été inscrit comme vulnérable sur la liste fédérale australienne de 1997 à 2013, puis retiré ; l’UICN le classe en préoccupation mineure (2022).
Qu’est-ce qui le distingue des autres petits Macrozamia ?
Ses folioles. Elles mesurent jusqu’à 60 cm, sont vert foncé, brillantes, fortement creusées et retombent dans leur dernier tiers, sur des feuilles dressées à l’axe tordu en spirale.
S’hybride-t-il avec Macrozamia moorei ?
Oui, un hybride naturel est enregistré au Queensland. Les deux espèces poussent parfois ensemble, mais l’hybride n’a pas été décrit en détail.
Est-il toxique pour le bétail ?
Oui. Selon le propriétaire de Wallaroo Station, cité par David Jones, ses feuilles sont très toxiques pour les bovins, surtout les repousses après un incendie.
Peut-on le cultiver en France ?
On ne sait pas. Aucun cultivateur n’a publié d’expérience, et un avis d’expert le range parmi les Macrozamia les moins rustiques ; une culture en pot, hivernée à l’abri du gel, est la seule option prudente.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Macrozamia fearnsidei : https://cycadlist.org/scientific_name/389 — auteur, protologue, type, répartition, statut UICN de 2022, étymologie. Liste de référence des spécialistes des cycadales ; consultée directement le 2 octobre 2026.
- Flora of Australia (ABRS), Macrozamia fearnsidei : https://profiles.ala.org.au/opus/foa/profile/Macrozamia%20fearnsidei — description, répartition, habitat, nom anglais, affinité avec Macrozamia crassifolia, spécimens de référence (texte de K.D. Hill, d’après le volume 48 de 1998). Flore nationale, fiable ; consultée directement.
- WildNet (gouvernement du Queensland), Macrozamia fearnsidei : https://apps.des.qld.gov.au/species-search/details/?id=8851 — statuts successifs (loi de 1992 sur les espèces menacées, loi EPBC de 2000 à 2013, Nature Conservation Act), espèce sensible, étendue des localités. Base officielle ; données lues par le service de données de la base le 2 octobre 2026.
- WildNet (gouvernement du Queensland), Macrozamia fearnsidei x Macrozamia moorei : https://apps.des.qld.gov.au/species-search/details/?id=5850 — existence de l’hybride naturel, une localité. Base officielle ; données lues le 2 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Macrozamia fearnsidei : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/14411/legal — annexe II de la CITES, annexe B de l’Union européenne. Base officielle ; consultée le 2 octobre 2026.
- Forum des Fous de palmiers, fil « Notes concernant la rusticité des Macrozamia » (2014) : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=17538 — classement de rusticité rapporté (#p323061). Forum de cultivateurs, à valeur indicative ; fil lu en entier.
Bibliographie
- Jones, D.L. (1991). Notes on Macrozamia Miq. (Zamiaceae) in Queensland with the description of two new species in section Parazamia (Miq.) Miq. Austrobaileya 3(3) : 481-487. [Protologue : diagnose, description, type, habitat, phénologie, affinités, toxicité, étymologie ; texte intégral consulté (copie BioStor).]
- Hill, K.D. (1998). Zamiaceae. In : Flora of Australia 48. ABRS/CSIRO, Melbourne. [Description et répartition ; consultées dans la version en ligne de la flore.]
- Johnson, L.A.S. (1959). The families of cycads and the Zamiaceae of Australia. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 84 : 64-117. [Traitement de Macrozamia pauli-guilielmi en trois sous-espèces ; non consulté.]
- Bösenberg, J.D. (2022). Macrozamia fearnsidei. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T42004A48778570. [Catégorie LC ; référence relevée sur The World List of Cycads et Crossref, page de la Liste rouge non consultée.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie de l’épithète, citée par The World List of Cycads ; non consulté.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]