Encephalartos eugene-maraisii

Encephalartos eugene-maraisii est une cycadale d’Afrique du Sud endémique du Waterberg, dans la province du Limpopo, où elle pousse sur des collines de grès et des crêtes rocheuses, dans la prairie et la savane. Cette espèce du genre Encephalartos, aux feuilles bleu-vert clair, a été décrite en 1945 par la botaniste Inez Verdoorn, qui l’a dédiée à son oncle, l’écrivain et naturaliste Eugène Marais, à l’origine de sa découverte. Classée en danger par l’UICN, elle compte moins de 700 plantes adultes dans la nature, et ses effectifs ont diminué de plus de moitié en trente ans à cause du braconnage.

L’essentiel sur Encephalartos eugene-maraisii

  • Nom accepté : Encephalartos eugene-maraisii I.Verd. (1945), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO non consulté (accès bloqué)
  • Anciens noms et synonymes : Encephalartos eugene-maraisii subsp. eugene-maraisii (1988), synonyme ; les plantes de Middelburg et de Mica, autrefois rattachées à l’espèce, forment aujourd’hui Encephalartos middelburgensis et Encephalartos dyerianus
  • Famille : Zamiaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais, Waterberg cycad ; en afrikaans, Waterbergse broodboom, bergpalm, Eugène Marais-bergpalm, wilde dadel
  • Répartition naturelle : Afrique du Sud, Limpopo, Waterberg ; au moins deux sous-populations distantes d’environ 100 km, sur une zone d’occurrence d’environ 1 290 km²
  • Statut UICN : en danger (EN), critères A2ad+4ad ; B1ab(v), Liste rouge 2022
  • CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne ; avis défavorable de l’UE pour les importations de plantes reproduites artificiellement depuis l’Afrique du Sud ; récolte dans la nature interdite en Afrique du Sud
  • Rusticité documentée : un jeune plant en pleine terre à Concarneau a gardé un caudex sain durant l’hiver 2011-2012, avec −5 °C au plus bas ; aucune valeur plus basse documentée (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, prairie et savane sur collines de grès et crêtes rocheuses ; en culture, non documenté par une source fiable
  • Port et dimensions adultes : tiges aériennes jusqu’à 2 m de long, souvent couchées, de 30 à 45 cm de diamètre, ramifiées à la base (SANBI) ; jusqu’à 4 m de long selon PlantZAfrica ; feuilles rigides de 0,7 à 1,5 m ; la description originale donnait un tronc d’environ 1,3 m sur 30 cm, des feuilles d’environ 75 cm, des cônes mâles de 22 à 42 cm et un cône femelle d’environ 30 cm
  • Toxicité : selon la description originale, les amandes grillées et mangées donnaient des vertiges (note d’Eugène Marais), et des enfants de la ferme Kafferkraal ont été gravement malades après avoir mangé les graines ; toxines connues chez les autres Encephalartos (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Encephalartos eugene-maraisii ?

On le reconnaît à ses feuilles rigides bleu-vert clair, légèrement arquées vers le bas mais à la pointe un peu relevée, et à ses tiges souvent couchées et ramifiées à la base. La description originale (Verdoorn, 1945) le distingue d’Encephalartos lehmannii, son plus proche parent, par le sommet des tiges couronné d’écailles laineuses étroitement acuminées, la pointe des feuilles recourbée vers l’intérieur, les folioles imbriquées, insérées très obliquement, et les graines couleur d’ambre. Elle en donne les caractères suivants :

  • Tronc : cylindrique, d’environ 1,3 m de haut et jusqu’à 30 cm de diamètre, rejetant un peu de la base, couronné d’écailles laineuses gris blanchâtre, étroitement ovales et acuminées, qui cachent les bases des pétioles, elles-mêmes couvertes de laine blanche.
  • Feuilles : glabres, légèrement pruineuses (floconneuses quand elles sont jeunes), d’environ 75 cm de long, à pointe recourbée vers l’intérieur ; pétiole de 16 à 18 cm, laineux à la base.
  • Folioles : raides, coriaces, linéaires, d’environ 16 cm de long et 1,5 cm de large, à base en coin, insérées très obliquement sur le rachis, si bien que leur face supérieure regarde vers le pétiole ; pointe acuminée et piquante ; bords entiers ou bord inférieur portant une dent ; nervures longitudinales peu marquées mais visibles.
  • Cônes mâles : pédonculés, plus ou moins fusiformes, de 22 à 42 cm de long et 5 à 8 cm de large (sur le sec) ; écailles de 2,75 à 3,25 cm.
  • Cône femelle : d’environ 30 cm de long et 18 cm de diamètre ; face externe des écailles brun foncé, d’environ 4,5 cm sur 2,5 cm, finement duveteuse et un peu ridée.
  • Graines : couleur d’ambre, à peine teintées de rouge au sommet, presque quadrangulaires, de 3,5 cm de long et 2 à 3 cm de diamètre, peu charnues.

Verdoorn jugeait elle-même que l’aspect moins argenté des feuilles, leurs nervures visibles et la couleur des graines n’étaient peut-être pas de vrais caractères diagnostiques. La même année, dans le même volume, Henderson (1945) retenait comme caractère le plus sûr le rachis recourbé, qui donne au profil de la feuille la forme d’une barque. Il signalait aussi qu’un jeune plant de Kirstenbosch portait trois cônes femelles, hauts d’environ 27 cm après cinq semaines, aux écailles brun rouge foncé sur fond vert. Les sources plus récentes donnent des plantes plus grandes : les caractères suivants viennent du document du SANBI de 2023, qui cite Osborne (1989), et de la fiche PlantZAfrica, lue seulement par extraits de recherche :

  • Tiges : entièrement aériennes, à croissance lente, jusqu’à 2 m de long, souvent couchées, de 30 à 45 cm de diamètre, souvent ramifiées à la base en touffes de plusieurs tiges (SANBI) ; PlantZAfrica parle de tiges dressées, parfois couchées avec l’âge, jusqu’à 4 m de long et 45 cm de diamètre, avec des écailles blanchâtres et souples au sommet ;
  • Feuilles : rigides, de 0,7 à 1,5 m, bleu-vert clair, légèrement arquées vers le bas, la pointe un peu relevée (PlantZAfrica) ;
  • Folioles : celles du milieu de la feuille mesurent de 15 à 20 cm de long et de 13 à 18 mm de large (PlantZAfrica) ;
  • Cônes : de un à quatre à la fois, parfois jusqu’à six, avec une production tous les trois ans en moyenne (SANBI, d’après plusieurs auteurs).

La longueur des tiges diverge donc selon les sources (2 m ou 4 m). La description originale, faite d’après les deux plantes de Vlakfontein et quelques échantillons d’herbier, donne des valeurs plus petites (tronc d’environ 1,3 m, feuilles d’environ 75 cm) ; elle ne dit rien de la variation au sein de l’espèce.

Hybrides

Aucun hybride naturel n’est documenté. En 2011, sur le forum des Fous de palmiers, un membre qui avait travaillé dans une pépinière sud-africaine affirmait que des vendeurs peu scrupuleux pollinisaient des femelles d’Encephalartos eugene-maraisii avec du pollen d’Encephalartos natalensis, faute de pollen de la même espèce, et vendaient ensuite les graines sous le nom d’Encephalartos eugene-maraisii. Ce témoignage n’est pas vérifié, mais il invite à se méfier des graines sans origine contrôlée.

Confusions possibles

Les confusions viennent surtout de l’histoire de l’espèce. D’après Giddy (1989), cité dans une étude de 2019, des « formes » d’Encephalartos eugene-maraisii étaient alors connues à Middelburg, dans le Waterberg, dans le Wolkberg et dans le district de Mica. Les plantes de Middelburg sont aujourd’hui Encephalartos middelburgensis, d’abord décrit comme sous-espèce par Lavranos et Goode (1988), et celles de Mica Encephalartos dyerianus. Les plantes typiques viennent du Waterberg. En culture, une plante bleue sans provenance documentée ne peut pas être attribuée sûrement à l’une de ces espèces.

Taxonomie

Encephalartos eugene-maraisii est un nom accepté. Inez Clare Verdoorn l’a publié en 1945 dans le Journal of South African Botany (11(1) : 1-3, pl. 1), sous le titre « A new species of Encephalartos from the Waterberg ». Le type, conservé à l’herbier national de Pretoria, est un échantillon de l’herbier de Rudolf Marloth (n° 13368), récolté par Eugène Marais sur le plateau de la Palala, dans le district du Waterberg ; The World List of Cycads le date de décembre 1926 et indique une altitude de 750 m. La description originale ne donne ni date ni altitude pour le type ; elle cite d’autres récoltes de la même région, dont Kafferkraal, sur le plateau central du Waterberg, vers 5 000 pieds (environ 1 500 m), et le sommet du mont Hangklip, vers 5 900 pieds (environ 1 800 m).

En 1988, Lavranos et Goode ont rangé les plantes de Middelburg comme sous-espèce d’Encephalartos eugene-maraisii, ce qui a créé automatiquement le nom Encephalartos eugene-maraisii subsp. eugene-maraisii, aujourd’hui synonyme. La même année, la population de Mica a été décrite comme Encephalartos dyerianus. Depuis la description d’Encephalartos middelburgensis comme espèce (Robbertse, Vorster et van der Westhuizen, 1989), Encephalartos eugene-maraisii est réservé aux plantes du Waterberg.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Eugène Nielen Marais (1872-1936 selon Haynes, 2022 ; 1871-1936 selon une étude de 2019), naturaliste, poète et écrivain sud-africain, qui a vécu dans le Waterberg et a signalé cette plante à sa nièce, Inez Verdoorn. L’histoire de sa découverte est racontée par Johann Lodewyk Marais (2019), à partir d’un entretien enregistré avec Verdoorn :

  • Eugène Marais a vécu dans le Waterberg entre 1907 et 1916 ; il y a connu la plante sur les hauteurs de la Palala ;
  • il en avait envoyé une feuille et des graines au botaniste Rudolf Marloth, au Cap ; l’étiquette de Marloth indiquait « Nelspruit » et le nom d’Encephalartos paucidentatus, une espèce déjà connue ;
  • quelques années avant sa mort, Marais demanda à Verdoorn le nom de « la cycadale du Waterberg » ; on pensait alors qu’aucune cycadale ne poussait dans l’ouest du pays ; Verdoorn retrouva l’échantillon dans l’herbier de Marloth, acquis par l’herbier national, et corrigea l’étiquette devant lui ;
  • Marais mourut le 29 mars 1936 avant de pouvoir la conduire sur place ; un agent agricole, P.S. Toerien, retrouva ensuite la plante, et Verdoorn s’y rendit avec R.A. Dyer, sur la ferme Vlakfontein, où deux plantes poussaient sur une petite colline ; d’après la description originale, la visite eut lieu en octobre 1944, et les deux plantes, distantes de quelques centaines de mètres sur le versant sud-est d’une crête pierreuse, portaient chacune trois ou quatre rejets nés sous terre, le plus grand haut d’environ 60 cm ;
  • d’autres botanistes, dont Pole Evans et Galpin, avaient entre-temps envoyé des échantillons du Waterberg à l’herbier de Pretoria.

Les dates divergent : The World List of Cycads date le type de décembre 1926, la correction de l’étiquette porte « décembre 1927 », et la publication de 1945 situe l’envoi à Marloth en 1925. Selon cette publication, l’échantillon comprenait des fragments de feuille et quelques amandes, et c’était la première mention d’une cycadale dans l’ouest du Transvaal. Verdoorn tenait à un nom composé : « eugene-maraisii », sur le modèle de friderici-guilielmi. Lors de ses recherches, elle trouva aussi dans un cône un petit coléoptère à rostre, nouveau pour la science, décrit par Jordan en 1945 sous le nom d’Apinotropis verdoornae ; son rôle de pollinisateur n’est pas établi par les sources consultées.

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté. L’étude de 2019 relève plusieurs noms afrikaans : « Waterbergse broodboom » (cycadale du Waterberg, d’après Goode, 1989), « bergpalm » (palmier de montagne), « Eugène Marais-bergpalm » (dans le journal Die Volkstem en 1945) et « wilde dadel » (datte sauvage, d’après Steyn et ses coauteurs, 1948). Le SANBI emploie en anglais « Waterberg cycad ». Le nom en sepedi cité par certains sites n’a pas été vérifié.

Dans la nature

Encephalartos eugene-maraisii est limité au massif du Waterberg. D’après le document du SANBI (2023, mis à jour en 2025), il pousse dans la prairie d’altitude du Highveld et la savane du Bushveld, sur des collines de grès et des crêtes rocheuses, parmi une végétation bien établie. En 1945, Verdoorn décrivait des plantes fermement coincées dans les rochers, en individus dispersés, qu’elle voyait comme les reliques d’une espèce désormais localisée et presque éteinte ; toutes les localités connues, sur le plateau de la Palala et dans les monts Hangklip, étaient proches les unes des autres. Les plantes restantes forment au moins deux sous-populations, distantes d’environ 100 km, sur une zone d’occurrence d’environ 1 290 km². Autrefois, entre 2 000 et 3 000 plantes étaient dispersées sur plusieurs fermes et réserves ; la plupart de ces petites sous-populations ont disparu.

La reproduction semble compromise. Selon le SANBI, aucune graine viable n’a été trouvée là où mâles et femelles coexistent, et aucune jeune plante n’a été vue en seize ans d’observation, ce qui laisse penser à un problème de pollinisation ; en 2008, sur la plus grande sous-population, les plantes dont le sexe a pu être déterminé (28 % seulement) étaient surtout des mâles. Comme chez les autres cycadales, les graines se dispersent rarement à plus de 20 m. Une sous-population souffrirait d’un coléoptère foreur et d’un papillon de nuit (« leopard moth » dans le texte, espèce non précisée), et les feux violents aggravent leurs dégâts ; des recherches sont en cours selon le SANBI.

Statut de conservation et réglementation

Encephalartos eugene-maraisii est classé en danger (EN) sur la Liste rouge de l’UICN (évaluation de Bösenberg, 2022), selon les critères A2ad+4ad et B1ab(v) : un déclin passé et à venir des effectifs dû à l’exploitation, et une aire de répartition restreinte avec un déclin continu du nombre d’adultes. La page de l’UICN n’a pas pu être lue ; les données suivantes viennent du document d’avis de commerce non préjudiciable du SANBI (approuvé le 8 février 2023, mis à jour en juin 2025) :

  • moins de 700 plantes adultes restent dans la nature, et un déclin de plus de 50 % est suspecté sur trente ans ;
  • dans la sous-population la plus dense, les survols en hélicoptère de 2004 et de 2020 sont passés de 456 à 289 plantes adultes, soit une perte de plus de 35 % ;
  • plus de 2 000 tiges avaient été comptées en 2008 ; sur 22 % des sites recontrôlés après des signalements de braconnage, 47 % des plantes avaient disparu et 20 % de plus avaient été déracinées ;
  • une vague de vols en 2010-2012 a fait disparaître plus de la moitié des plantes connues de la réserve la plus riche ; des braconniers arrêtés auraient reconnu avoir prélevé près de 1 000 tiges ;
  • entre 2009 et 2011, 12 affaires ont été ouvertes et 28 suspects arrêtés ; en 2021, deux braconniers ont été condamnés à de la prison.

Les principales sous-populations se trouvent aujourd’hui dans deux aires protégées ; d’autres plantes poussent sur des terres privées, où des propriétaires et des associations financent la surveillance. Un plan national de gestion de la biodiversité, en vigueur depuis 2017 pour onze espèces en danger critique et quatre espèces en danger, dont celle-ci, prévoit notamment de replanter des graines et des plantules dans les secteurs pillés et de marquer les plantes sauvages par microdots, un essai financé par la Botanical Society of South Africa. La récolte de cycadales sauvages est interdite dans tout le pays depuis 2007 (avis gouvernemental n° 371 de 2012 pour le texte actuel).

Le commerce légal porte sur des plantes cultivées : 3 274 spécimens ont été exportés d’Afrique du Sud entre 1979 et 2020, et sept pépinières sont enregistrées auprès de la CITES pour cette espèce. Comme tout le genre, elle figure à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen (règlement (UE) 2026/1383 pour la liste en vigueur). D’après Species+, le groupe d’examen scientifique de l’Union européenne a émis un avis défavorable, en vigueur depuis le 7 février 2013, sur les importations depuis l’Afrique du Sud de plantes reproduites artificiellement de cette espèce. Bases consultées le 2 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur et exigez les documents d’origine avant tout achat.

Culture

Les données publiées sur la culture sont rares ; les retours viennent surtout de cultivateurs français, avec de jeunes plants. Ils montrent une croissance très lente et une sensibilité des petits sujets aux erreurs d’arrosage et aux transplantations :

  • un cultivateur de la Côte Bleue (Bouches-du-Rhône) écrit en 2011 que c’est « de loin le plus lent » de ses Encephalartos ; il l’avait gardé trois ans dans son petit godet d’origine, dans du gravier pur, arrosé deux fois par semaine avec une soucoupe, avant de le rempoter, après quoi il a produit deux feuilles ;
  • un cultivateur du Tarn a perdu en 2012 un petit sujet en pot, au caudex de 3 cm, qui s’était desséché après un déménagement, malgré un traitement fongicide ; il conseille depuis de n’acheter que des plantes d’au moins 3 cm de caudex ;
  • à Concarneau, un jeune plant mis en pleine terre au printemps 2011 a produit deux feuilles en 2012, après l’hiver (voir Rusticité).

Un membre du forum ayant travaillé dans une pépinière sud-africaine rapporte avoir vu, dans une plantation d’Encephalartos eugene-maraisii du même âge, des plantes deux fois plus grosses près de l’arroseur automatique qu’à 3 m de lui. Ce témoignage isolé suggère que l’espèce profite d’arrosages en été, la saison des pluies dans son aire d’origine, sans le démontrer.

Multiplication

L’espèce se multiplie par semis et par rejets. Elle se ramifie souvent à la base, et les rejets peuvent aider la plante à se maintenir quand la tige principale meurt (SANBI). Comme chez les autres cycadales, selon le SANBI, les graines n’ont pas de dormance et germent quelques mois après leur dispersion. Achetez de préférence des graines d’origine contrôlée, en raison du risque d’hybridation signalé plus haut.

Maladies et ravageurs

Dans la nature, une sous-population serait attaquée par un coléoptère foreur et par un papillon de nuit non identifié (SANBI). En culture, aucune maladie propre à l’espèce n’est documentée ; le cultivateur du Tarn soupçonnait une maladie fongique sur son plant en déclin, sans confirmation.

Rusticité

Aucune valeur de rusticité mesurée n’a été publiée pour Encephalartos eugene-maraisii. Le seul retour français chiffré concerne un jeune plant, à −5 °C.

En France

  • Un cultivateur de Concarneau (Finistère, France) indique sur le forum des Fous de palmiers que sa plante de l’espèce Encephalartos eugene-maraisii, jeune, en pleine terre depuis le printemps 2011, a gardé un caudex « très sain » durant l’hiver 2011-2012, avec −5 °C au plus bas ; ses feuilles, produites avant la plantation, avaient été lacérées par une tempête en décembre ; la protection éventuelle n’est pas précisée. La plante a produit deux nouvelles feuilles en 2012.

Aucun retour n’a été trouvé pour le littoral méditerranéen en pleine terre, l’intérieur ou la montagne ; sur le forum italien Tropicamente, l’espèce n’est citée que dans des listes d’espèces « rustiques », sans essai daté. Les survies au froid des Encephalartos concernent souvent de jeunes plants au caudex enterré, protégés par l’inertie du sol ; les sujets adultes à tige aérienne n’ont pas cette protection, et le retour de Concarneau ne dit rien de leur tenue.

Repères internationaux

Giddy (1989), cité dans l’étude de 2019, écrivait que toutes les formes alors rattachées à l’espèce, dont celle du Waterberg, connaissent des hivers très froids, avec des pluies de 625 à 750 mm par an à Middelburg et dans le Waterberg. Aucune température minimale mesurée dans l’habitat n’a été trouvée. Les zones USDA données par des sites commerciaux (8b ou 9a) ne s’appuient sur aucune mesure citée.

Toxicité et précautions

Oui, les graines sont toxiques, et l’histoire même de l’espèce le rappelle. D’après l’étude de 2019, l’étiquette de l’échantillon envoyé par Marais portait la mention que ces graines, grillées et mangées par des enfants, avaient provoqué des vertiges ; la description originale de 1945 sépare les deux faits : la note de Marais indiquait que les amandes, grillées et mangées, donnaient des vertiges, et des enfants de la ferme Kafferkraal, selon d’autres témoignages, avaient été dangereusement malades après avoir mangé ces « dattes » ; Verdoorn notait que la chair des graines, peu abondante, devait être toxique ; un article du journal Die Volkstem (1945) rapporte que des enfants étaient tombés gravement malades en 1926 après avoir mangé ces « dattes sauvages », et Steyn, Van der Walt et Verdoorn (1948) citent ce témoignage dans leur rapport sur la toxicité des graines d’Encephalartos. Les graines du genre contiennent des glycosides propres aux cycadales, comme la cycasine et la macrozamine. Portez des gants pour manipuler les graines, et gardez-les hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre à l’espèce n’est documenté. Le SANBI rappelle que toutes les cycadales d’Afrique du Sud sont exposées aux prélèvements pour la médecine traditionnelle, les récolteurs ne distinguant pas les espèces.

Questions fréquentes

Qui était Eugène Marais ?

Un écrivain et naturaliste sud-africain, mort en 1936. Il a vécu dans le Waterberg et a signalé la plante à sa nièce, la botaniste Inez Verdoorn, qui l’a décrite en 1945 et lui a dédiée. Il est aussi connu pour ses observations sur les termites et les babouins.

Encephalartos eugene-maraisii est-il rustique ?

On ne connaît pas sa limite. Le seul retour chiffré en France est celui d’un jeune plant en pleine terre à Concarneau, au caudex intact après −5 °C. Son habitat a des hivers très froids, mais aucune température minimale mesurée n’a été publiée.

Pousse-t-il vite ?

Non. Les cultivateurs le décrivent comme l’un des Encephalartos les plus lents, et les petits plants sont fragiles. Mieux vaut acheter une plante au caudex d’au moins quelques centimètres.

Quelle différence avec Encephalartos middelburgensis et Encephalartos dyerianus ?

D’abord la provenance. Les trois espèces ont des feuilles bleutées et ont été réunies autrefois, mais Encephalartos eugene-maraisii est réservé aux plantes du Waterberg, Encephalartos middelburgensis à la région de Middelburg et Encephalartos dyerianus à une colline près de Mica.

Pourquoi l’espèce est-elle menacée ?

À cause du braconnage. Ses effectifs ont diminué de plus de moitié en trente ans, et une vague de vols, en 2010-2012, a vidé de plus de la moitié de ses plantes la réserve la plus riche. Moins de 700 adultes restent dans la nature.

Est-il toxique ?

Oui. Des enfants de la ferme Kafferkraal, dans le Waterberg, ont été gravement malades après avoir mangé ses graines, que Marais disait aussi donner des vertiges une fois grillées, et les graines des Encephalartos contiennent des toxines dangereuses pour l’humain et les animaux.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Verdoorn, I.C. (1945). A new species of Encephalartos from the Waterberg. Journal of South African Botany 11(1) : 1-3, pl. 1. [Protologue ; texte intégral lu (numérisation de l’Internet Archive) : description latine, dimensions, récoltes, histoire de la découverte, toxicité, milieu. Littérature primaire.]
  • Henderson, M.R. (1945). Materials for a revision of the South African species of Encephalartos. Journal of South African Botany 11 (p. 39 pour l’espèce). [Rachis recourbé en barque, cônes femelles à Kirstenbosch ; texte intégral lu.]
  • Marais, J.L. (2019). Eugène N. Marais and the Waterberg Cycad (Encephalartos eugene-maraisii Verdoorn). Journal of Literary Studies 35(4) : 77-95. doi:10.1080/02564718.2019.1690813 [Histoire de la découverte, type, noms afrikaans, toxicité des graines ; texte intégral consulté.]
  • Osborne, R. (1989). Focus on Encephalartos eugene-maraisii. Encephalartos 17 : 9-13. [Description, citée par le SANBI ; non consultée.]
  • Lavranos, J.J. & Goode, D.L. (1988). Notes on Southern African Cycadales. Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 58(1-2) : 219-224. [Sous-espèces ; non consulté.]
  • Steyn, D.G., Van der Walt, S.J. & Verdoorn, I.C. (1948). The seeds of some species of Encephalartos (cycads): a report on their toxicity. South African Medical Journal 22 : 758-760. [Toxicité des graines ; cité par Marais (2019), non consulté.]
  • Bösenberg, J.D. (2022). Encephalartos eugene-maraisii. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41904A50906421. [Catégorie EN ; référence relevée sur The World List of Cycads, page non consultée.]
  • Scientific Authority of South Africa / SANBI (2023, mis à jour en 2025). NDF Assessment for Encephalartos eugene-maraisii. South African National Biodiversity Institute, Pretoria. [Population, menaces, commerce ; consulté directement.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie, citée par The World List of Cycads ; texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]