Encephalartos bubalinus

Encephalartos bubalinus est une cycadale d’Afrique de l’Est qui vit de part et d’autre de la frontière entre la Tanzanie et le Kenya, sur les collines de quartzite situées à l’ouest du lac Natron, entre Loliondo et l’Ol Doinyo Sambu. Cette espèce du genre Encephalartos forme un tronc court, dressé ou couché, et des feuilles vert foncé de 0,6 à 1,65 m. Son nom, « couleur chamois », vient du feutre brun clair, semblable à un cuir suédé, qui couvre les écailles du tronc et la base des feuilles. Découverte en 1944 et décrite en 1957 par Ronald Melville, elle est classée vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN en raison de son aire très réduite.

L’essentiel sur Encephalartos bubalinus

  • Nom accepté : Encephalartos bubalinus Melville (1957), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pu être consulté que par un extrait de recherche
  • Anciens noms et synonymes : aucun synonyme
  • Famille : Zamiaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; « Lake Natron cycad » en anglais (Species+)
  • Répartition naturelle : Tanzanie (région d’Arusha, entre Loliondo et le lac Natron) et Kenya (comté de Narok)
  • Statut UICN : vulnérable (VU), critère D2, Liste rouge 2010 (évaluation datée de 2009)
  • CITES et autres protections : annexe I de la CITES ; annexe A dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune valeur mesurée ; pas de retour de culture au froid (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : dans la nature, brousse ouverte et prairies sur des collines de quartzite, vers 1 200 à 1 500 m (Melville, 1957) ; soleil ou mi-ombre et sol drainant conseillés en culture
  • Port et dimensions adultes : tronc dressé ou couché, jusqu’à 1,37 m de haut et 33 cm de diamètre (description originale) ; feuilles de 60 à 165 cm
  • Toxicité : non documentée pour l’espèce ; toxines connues dans le genre (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Encephalartos bubalinus ?

Encephalartos bubalinus se reconnaît au feutre serré brun chamois qui couvre les écailles du tronc et la base renflée des pétioles, et à ses feuilles assez courtes, aux nombreuses folioles rigides. La description originale de Melville (1957) donne les caractères suivants :

  • Tronc : dressé ou couché, jusqu’à 137 cm de haut et 33 cm de diamètre ;
  • Écailles du tronc (cataphylles) : chez les plantes femelles, triangulaires à ovales et acuminées, de 10 à 14 cm sur 4 à 4,5 cm, carénées et épaisses de 10 à 15 mm, à face externe couverte d’un feutre dense chamois ; chez les plantes mâles, linéaires à lancéolées, de 6 à 12 cm ;
  • Feuilles : oblancéolées, de 60 à 165 cm de long et 20 à 30 cm de large, avec 50 à 90 paires de folioles, arrondies au sommet et rétrécies progressivement vers la base ; rachis peu velu, blanchâtre ; base renflée du pétiole densément feutrée de brun chamois ;
  • Folioles : les médianes linéaires, rigides et coriaces, de 10 à 20 cm sur 11 à 20 mm, à pointe piquante ; 2 à 4 dents épineuses dirigées vers l’avant sur la marge supérieure près de la base, 0 ou 1 sur la marge inférieure ; 24 à 35 nervures parallèles ; les folioles inférieures se réduisent à de petites épines ;
  • Cônes mâles : ellipsoïdes à presque cylindriques, de 11 à 22 cm de long et 5,5 à 6 cm de diamètre, arrondis aux deux bouts, sur un pédoncule lisse de 1,5 à 2 cm d’épaisseur ;
  • Cônes femelles : non vus par Melville, qui ne disposait que d’écailles isolées, à face exposée d’environ 6 cm de large ;
  • Graines : ellipsoïdes à largement ovoïdes, de 34 à 42 mm sur 21 à 26 mm, ou presque rondes (30 mm sur 30 mm).

Les dimensions plus grandes que l’on trouve en ligne pour les cônes (jusqu’à 55 cm pour les mâles) n’ont pas été retrouvées dans une source primaire. La pépinière Jungle Music décrit des cônes femelles vert bleuté et des cônes mâles verts à reflet bleuté, et des plantes qui produisent souvent de nombreux rejets.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole d’Encephalartos bubalinus n’a été signalé dans les sources consultées.

Confusions possibles

Dans les clés de Melville (1957), Encephalartos bubalinus se distingue des autres Encephalartos d’Afrique de l’Est par ses écailles de tronc triangulaires à ovales, épaisses, carénées et couvertes, comme la base des pétioles, d’un feutre serré brun chamois. Les espèces les plus proches dans ses clés sont :

  • Encephalartos hildebrandtii, de la côte du Kenya et de la Tanzanie : feuilles de 2 à 3 m, vertes, base des pétioles glabre à maturité, écailles de tronc linéaires ;
  • Encephalartos tegulaneus, des montagnes du Kenya : écailles de tronc lancéolées à linéaires couvertes d’un tomentum laineux souple brun chamois, cônes mâles aux écailles rabattues et imbriquées comme des tuiles ;
  • Encephalartos manikensis : écailles de tronc couvertes d’un tomentum laineux dense de couleur fauve pâle.

Plus à l’est, Encephalartos kisambo, du Kenya et du nord de la Tanzanie, est souvent cité comme espèce voisine ; ses caractères distinctifs n’ont pas été vérifiés dans sa description originale pour cette fiche.

Taxonomie

Encephalartos bubalinus est un nom accepté, sans synonyme. Ronald Melville l’a décrit dans son article « Encephalartos in Central Africa », paru dans le Kew Bulletin en 1957 (12(2) : 252, figure 4), une révision préparée pour la Flora of Tropical East Africa, dans laquelle il décrit aussi Encephalartos tegulaneus. Le type, Bally 10600, a été récolté à Moluvane, près de l’Ol Doinyo Sambu, entre Loliondo et le lac Natron (2° 11′ S, 35° 40′ E), dans l’ancien Tanganyika ; l’holotype est conservé à Kew (K), un isotype à Berlin (B).

The World List of Cycads accepte l’espèce dans sa version du 15 août 2026 et la signale au Kenya (Narok) et en Tanzanie (Arusha). Aucun changement de nom ne la concerne.

Étymologie et histoire

Le nom vient du latin bubalinus, « couleur chamois », en référence au tomentum brun chamois des écailles et des bases de feuilles (Haynes, 2022, cité par The World List of Cycads). Melville précise que ce feutre serré a l’aspect d’un cuir suédé chamois.

L’histoire de sa découverte est racontée par Melville. Le botaniste Peter R.O. Bally l’a trouvée le 17 septembre 1944 entre Loliondo et l’extrémité nord du lac Natron, à une douzaine de kilomètres de la frontière kényane, près d’un lieu nommé Gwara sur les cartes, que les Sonjo, la population locale, appellent Moluvane. Sa récolte (Bally 3829) comprenait un cône mâle et des feuilles. Revenu le 5 juillet 1956 pour chercher des cônes femelles, il n’a trouvé que de vieux cônes mâles : les plantes n’avaient pas formé de cônes cette année-là, et il ne restait des cônes femelles que quelques écailles et des coques de graines abandonnées par des babouins. Il a rapporté à Nairobi deux plantes adultes et quatre semis pour tenter de les cultiver.

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté. Species+ donne le nom anglais « Lake Natron cycad », d’après le lac voisin. Aucun nom en maa, en sonjo ou en swahili propre à l’espèce n’a été trouvé ; Melville ne cite que le nom local du lieu de récolte, Moluvane.

Dans la nature

Encephalartos bubalinus vit dans les collines de Nguruman, une série de collines de quartzite qui s’élèvent à 4 000 à 5 000 pieds (1 200 à 1 500 m), à l’ouest du lac Natron. D’après les habitants interrogés par Bally en 1956, l’espèce s’étend sur environ 24 km (15 milles), entre Loliondo et Loiyogaz à l’ouest et l’Ol Doinyo Sambu à l’est. Elle pousse dans une brousse ouverte et des prairies, avec des Acacia, des Ziziphus, des Dombeya, des Dolichos et Aloe volkensii. Des extraits de recherche, sans doute tirés de l’évaluation de l’UICN, donnent une altitude de 1 300 à 2 150 m et mentionnent aussi des forêts de montagne claires sur des sols minces sur grès ; ils n’ont pas pu être vérifiés.

Melville décrit, pour l’ensemble des Encephalartos d’Afrique centrale et orientale, deux grands facteurs de mortalité. Le feu détruit facilement les semis, alors que les adultes résistent à presque tous les incendies. Les babouins, eux, démontent les cônes souvent avant maturité, abîment les plantes et arrachent les jeunes semis pour manger les restes de la graine ; dans certaines régions, ils seraient plus destructeurs que le feu. C’est précisément ce que Bally a constaté chez cette espèce en 1956.

Statut de conservation et réglementation

Encephalartos bubalinus est classé vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, selon le critère D2 : une aire d’occupation ou un nombre de localités très réduits, qui exposent l’espèce à une menace rapide (évaluation de J.D. Bösenberg, datée d’octobre 2009 et publiée en 2010, d’après The World List of Cycads ; la Liste rouge n’a pas pu être consultée directement). Certains sites l’indiquent « quasi menacé » (NT) : ce n’est pas la catégorie retenue par The World List of Cycads. Aucune évaluation plus récente n’a été trouvée.

Aucune donnée chiffrée sur la population n’a été trouvée. La pépinière Jungle Music, qui cite cette évaluation de 2010, écrit que les populations semblent stables mais mal connues, faute d’accès facile au terrain, et que les habitants mangeraient les graines en période de famine ; ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées dans le texte de l’UICN.

Encephalartos bubalinus est inscrit, comme tout le genre, à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977, sans annotation : les plantes, les graines et le pollen sont couverts. Le commerce international de plantes prélevées dans la nature est interdit à des fins commerciales ; seules les plantes reproduites artificiellement peuvent être exportées, depuis des pépinières enregistrées, avec les permis requis. Dans l’Union européenne, l’espèce figure à l’annexe A du règlement (CE) n° 338/97, dans la version fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Pour les plantes reproduites artificiellement importées d’Afrique du Sud, l’Union européenne a émis en 2011 un avis favorable jusqu’à 7 cm de diamètre de caudex, puis, depuis le 7 février 2013, un avis défavorable au-delà. Ces informations viennent de Species+, la base officielle de la CITES et de l’Union européenne, consultée le 2 octobre 2026 : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou import, et exigez la preuve que la plante est issue de culture. Elles ne remplacent pas les textes officiels.

Culture

Encephalartos bubalinus est cultivé par les collectionneurs, surtout dans les climats chauds, mais les données de culture publiées se limitent à des avis de pépiniéristes. C’est une plante de soleil ou de mi-ombre, qui demande un sol drainant.

La pépinière Jungle Music, à San Diego, le décrit comme une espèce assez rapide, cultivée par de nombreux amateurs de Californie du Sud. Elle le conseille au soleil ou à mi-ombre sur la côte et à l’intérieur, et en lumière filtrée dans les régions désertiques, dans un sol bien drainé ; elle le juge tolérant à l’eau. Ses longues feuilles peuvent s’étaler : prévoyez de la place.

Sur le forum des Fous de palmiers, l’espèce apparaît dans quelques collections, en France et en République tchèque, sans observation de culture détaillée. Aucun retour de culture n’a été trouvé sur Tropicamente.

Multiplication

Encephalartos bubalinus se multiplie par semis et par séparation des rejets, que l’espèce produit souvent selon Jungle Music. Les graines, grandes (34 à 42 mm), doivent être fraîches et fécondées ; dans la nature, les babouins en détruisent une grande partie. Seules des plantes et des graines issues de culture, accompagnées de leurs documents CITES, peuvent être achetées.

Maladies et ravageurs

Aucune maladie ni aucun ravageur propre à Encephalartos bubalinus n’est documenté en culture. Melville signale que les écailles des cônes femelles d’Encephalartos peuvent être attaquées par des champignons ou des insectes, qui les déforment. Une étude de 2025 a isolé de l’espèce un champignon endophyte, Amesia nigricolor, sans effet décrit sur la plante.

Rusticité

La rusticité d’Encephalartos bubalinus n’est pas documentée : aucune température limite n’a été mesurée, ni dans la nature, ni en culture.

En France

Aucun retour de culture en pleine terre n’a été trouvé en France, pour aucune zone climatique. Les plantes signalées sur le forum des Fous de palmiers sont jeunes et cultivées à l’abri. Faute de données, cultivez l’espèce en pot et rentrez-la hors gel en hiver.

Repères internationaux

L’aire naturelle est tropicale d’altitude, vers 1 200 à 1 500 m selon Melville. Aucun retour daté et chiffré n’a été trouvé, ni sur Tropicamente, ni dans les extraits de PalmTalk consultés.

Toxicité et précautions

Aucune donnée de toxicité propre à Encephalartos bubalinus n’a été publiée, mais le risque est documenté pour le genre : la toxicité d’Encephalartos horridus a été démontrée dès 1944 par Van der Walt, et les graines de cycadales contiennent des glycosides toxiques, dont la cycasine, présents en moindre quantité dans les autres parties de la plante. Chez le chien, le chat et le cheval, l’ASPCA signale pour les cycadales des vomissements, des diarrhées, des lésions du foie et des cas mortels. La pépinière Jungle Music rapporte, d’après l’UICN, que les habitants mangent les graines en période de famine ; ce fait n’a pas été vérifié, et il ne signifie pas que les graines soient sans danger : chez d’autres cycadales, seules des préparations traditionnelles longues éliminent une partie des toxines.

Considérez donc la plante comme toxique : portez des gants pour nettoyer les graines, ramassez celles qui tombent et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Le seul usage signalé d’Encephalartos bubalinus est alimentaire et non vérifié : selon Jungle Music, qui cite l’évaluation de l’UICN de 2010, les graines seraient consommées en période de famine. Aucune source ethnobotanique n’a été trouvée pour le confirmer ou pour préciser la préparation.

Questions fréquentes

Que signifie le nom bubalinus ?

« Couleur chamois ». L’épithète latine fait référence au feutre serré brun clair qui couvre les écailles du tronc et la base des feuilles, et que Melville comparait à un cuir suédé. Elle n’a rien à voir avec le buffle.

Où pousse Encephalartos bubalinus ?

Sur les collines de quartzite de Nguruman, à l’ouest du lac Natron, entre la Tanzanie et le Kenya. Son aire, d’environ 24 km selon les informations recueillies en 1956, est l’une des plus petites du genre en Afrique de l’Est.

Encephalartos bubalinus est-il rustique ?

On ne le sait pas. Aucune température limite n’a été publiée. Cultivez-le en pot et abritez-le hors gel en hiver.

Est-il menacé ?

Oui, il est classé vulnérable par l’UICN depuis 2010, en raison de son aire très réduite. Il est inscrit à l’annexe I de la CITES et à l’annexe A dans l’Union européenne ; seules des plantes reproduites en culture peuvent être achetées légalement.

Comment le distinguer d’Encephalartos hildebrandtii ?

Par la taille des feuilles et le feutre. Encephalartos hildebrandtii a des feuilles de 2 à 3 m et une base de pétiole glabre à maturité ; Encephalartos bubalinus a des feuilles de 60 à 165 cm et une base de pétiole couverte d’un feutre dense brun chamois.

Pousse-t-il vite ?

Assez vite pour un Encephalartos, selon une pépinière californienne qui le cultive depuis longtemps. Aucune mesure publiée ne permet de préciser le délai avant les premiers cônes.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Melville, R. (1957). Encephalartos in Central Africa. Kew Bulletin 12(2) : 237-257. jstor.org/stable/4114417 [Protologue (p. 252, fig. 4), clés, écologie ; texte intégral consulté (copie de la Cycad Society).]
  • Bösenberg, J.D. (2010). Encephalartos bubalinus. The IUCN Red List of Threatened Species 2010 : e.T41941A10606598. doi:10.2305/IUCN.UK.2010-3.RLTS.T41941A10606598.en [Évaluation VU D2, datée du 31 octobre 2009 ; citée par The World List of Cycads, page de la Liste rouge non consultée (site bloqué).]
  • Gamal, A. et al. (2025). Amesia nigricolor, a novel endophyte of Encephalartos bubalinus, exhibiting a robust taxol biosynthetic stability. Microbial Cell Factories. doi:10.1186/s12934-025-02827-5 [Référence vérifiée par Crossref ; non consulté.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie de l’épithète, citée par The World List of Cycads ; texte non consulté.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Nom accepté, auteurs, protologue, type, répartition, statut UICN ; consultée directement.]
  • Van der Walt, S.J. (1944). Recent investigations into the toxicity of plants, etc., in the Union of South Africa. Onderstepoort Journal of Veterinary Science and Animal Industry 20(1). repository.up.ac.za/handle/2263/59542 [Toxicité d’Encephalartos horridus ; notice consultée.]