Cycas debaoensis est un petit cycas presque sans tronc des collines calcaires de l’ouest du Guangxi, dans le sud de la Chine, où l’on ne connaît que quelques populations. Découvert en 1996 et décrit en 1997, ce membre du genre Cycas est célèbre pour ses feuilles divisées deux ou trois fois, qui lui donnent l’allure légère d’une fougère plutôt que celle d’un cycas ordinaire. Classé en danger critique d’extinction par l’UICN et protégé en Chine, il est pourtant devenu une plante de collection recherchée, aujourd’hui présente dans des jardins botaniques de plusieurs pays. En culture, les retours européens restent rares et concernent surtout des plantes en pot.
L’essentiel sur Cycas debaoensis
- Nom accepté : Cycas debaoensis Y.C.Zhong & C.J.Chen (1997), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Synonymes : Cycas panshuiensis Y.Yang (2017), selon The World List of Cycads
- Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales ; section Stangerioides (Hill 2008)
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en chinois 德保苏铁 (de bao su tie, « cycas de Debao ») ; en anglais « Debao cycad » et « multipinnate cycad » (voir Noms communs)
- Répartition naturelle : Chine, ouest du Guangxi (districts de Debao et de Napo) ; des populations du Yunnan sont signalées depuis 2017, mais The World List of Cycads ne retient que le Guangxi
- Statut UICN : en danger critique d’extinction (CR), réévaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2023 (critère A4cd selon The World List of Cycads, d’après l’évaluation de 2010)
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; protection d’État de première classe en Chine
- Rusticité documentée : aucune donnée datée en pleine terre en France ; en pot, survie dans un local non chauffé descendu à −4 °C (Oise) ; en Californie, plante de jardin indemne lors de brèves gelées vers −4 °C (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, pentes calcaires sèches et ensoleillées, en fourrés ou bois clairs, et aussi sur sables ; en culture, soleil tamisé l’après-midi et drainage parfait
- Port et dimensions adultes : tronc presque souterrain, dépassant le sol de 40 cm au plus (rarement 70 cm) ; 3 à 15 feuilles de 1,3 à 3 m
- Toxicité : aucune analyse propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Cycas debaoensis
Ses feuilles divisées le trahissent au premier coup d’œil : chez presque tous les Cycas, les folioles sont simples, alors qu’ici chaque foliole primaire se divise en folioles secondaires, elles-mêmes fourchues en segments étroits. Seul Cycas multipinnata partage cette structure (Hill 2008). Les deux descriptions de référence, la révision de Ken Hill (2008) et la Flora of China (1999), divergent sur plusieurs mesures : les deux sont données ci-dessous.
- Tronc : presque souterrain, de 15 à 20 cm de diamètre à sa partie la plus étroite (Hill) ; il ne dépasse le sol que de 40 cm, rarement 70 cm, pour 25 à 40 cm de large, parfois en touffe, avec une écorce brun-gris, écailleuse vers le sommet et presque lisse à la base (Flora of China).
- Feuilles : 3 à 15 dans la couronne, vert foncé et semi-brillantes ; 250 à 300 cm de long selon Hill, 1,3 à 2,7 m selon la Flora of China, qui les décrit trois fois pennées, couvertes d’un duvet blanc qui tombe quand la feuille s’étale.
- Pétiole : 80 à 150 cm, soit 30 à 50 % de la feuille, épineux sur toute sa longueur (Hill) ; 0,6 à 1,3 m, avec 20 à 55 courtes épines de chaque côté, sauf à la base (Flora of China).
- Folioles : Hill compte 30 à 50 folioles par feuille ; les médianes, longues de 500 à 560 mm, sont divisées de façon pennée puis fourchues vers l’extrémité, plus larges sous le milieu. La Flora of China décrit 6 à 14 paires de folioles primaires, les médianes de 40 à 70 cm, portant chacune 3 à 5 paires de folioles secondaires deux ou trois fois fourchues ; les segments, linéaires, mesurent 10 à 22 cm (jusqu’à 28) sur 0,8 à 1,5 cm, vert brillant dessus, plus clairs dessous, à pointe longuement effilée.
- Cataphylles : étroitement triangulaires, souples, velues, de 70 à 90 mm (Hill).
- Cônes mâles : fusiformes, crème, mous, de 20 à 30 cm sur 5 à 7 cm, sans épine au bout des microsporophylles (Hill) ; 13 à 25 cm sur 4 à 9 cm selon la Flora of China.
- Mégasporophylles : 12 à 14 cm (Hill) ou 15 à 20 cm (Flora of China), couverts d’un duvet brun ou brun-jaune, portant 2 à 6 ovules glabres ; leur lame, arrondie à presque en éventail, est profondément découpée en 26 à 28 (Hill) ou 39 à 51 (Flora of China) lanières souples et filiformes de 3 à 6 cm.
- Graines : ovoïdes, de 25 à 27 mm sur 20 à 22 mm, à enveloppe charnue jaune de 2 mm, sans couche fibreuse, et coque verruqueuse (Hill) ; 3 à 3,5 cm sur 2,5 à 3 cm, vertes puis jaunâtres à brunes, selon la Flora of China.
Hybrides
Aucun hybride naturel n’est documenté. En culture circulent des hybrides vendus sous les noms Cycas revoluta × Cycas debaoensis et Cycas panzhihuaensis × Cycas debaoensis : la pépinière américaine Jungle Music proposait le second en 2023, et des graines du premier étaient proposées par des vendeurs spécialisés au début des années 2010, selon des cultivateurs des forums Tropicamente et Fous de palmiers. Leur filiation repose sur la parole des vendeurs.
Quelques retours de culture concernent ces hybrides, pas l’espèce pure. Un cultivateur de Ravenne (Émilie-Romagne, Italie) indique sur le forum Tropicamente qu’un semis de Cycas revoluta × Cycas debaoensis a passé l’hiver 2009-2010 sans dommage en serre froide, alors qu’il relevait jusqu’à −7 °C et plusieurs jours sans dégel, que la plante a doublé de volume pendant l’été 2010 et qu’elle était en 2012 sa cycadale la plus rapide. En Île-de-France, un cultivateur indique sur le forum des Fous de palmiers qu’un jeune Cycas revoluta × Cycas debaoensis planté en pleine terre au printemps 2010 a supporté −5 °C sous protection pendant l’hiver 2010-2011, mais n’a guère poussé l’été suivant, faute de chaleur. Ces résultats ne disent rien de la rusticité de Cycas debaoensis lui-même.
Confusions possibles
La seule espèce avec laquelle on peut vraiment le confondre est Cycas multipinnata, l’autre cycas à feuilles divisées, présent dans l’est du Yunnan, le nord du Vietnam et l’ouest du Guangxi (Hill 2008). Selon Hill, Cycas debaoensis s’en distingue par des feuilles plus courtes et plus nombreuses (3 à 15, contre 1 ou 2 feuilles pouvant atteindre 6 m), des folioles plus étroites et plus épaisses, plus larges sous le milieu, et des mégasporophylles en général plus longs, à lame plus grande. La Flora of China ajoute ses segments longuement effilés, la lame plus large de ses mégasporophylles, découpée en 39 à 51 lanières, et son habitat plus sec et plus ensoleillé. Cycas bifida, dont les folioles sont seulement fourchues et non divisées de façon pennée, complète le groupe dans la clé de Hill.
En culture, les deux espèces sont mélangées : le Ruth Bancroft Garden, en Californie, écrit en 2023 qu’il n’est pas tout à fait certain que sa plante, reçue en don, soit un vrai Cycas debaoensis, justement à cause de cette confusion. Sur les jeunes plants, les caractères distinctifs sont difficiles à voir ; un cultivateur italien note toutefois sur le forum Tropicamente (2010) que les plantules de Cycas debaoensis ont des feuilles divisées dès la première feuille. Des graines d’origine documentée restent le choix le plus sûr.
Taxonomie
Cycas debaoensis est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO, protégé par une page de vérification, n’a pas pu être consulté. Y.C. Zhong et C.J. Chen l’ont décrit en 1997 dans Acta Phytotaxonomica Sinica 35(6) : 571, d’après la récolte Y.C. Zhong 8762, faite le 27 août 1997 dans les montagnes rocheuses du district de Debao, à 850 m d’altitude, sur sol calcaire brun près de gros rochers. Le seul synonyme retenu par la liste mondiale est Cycas panshuiensis Y.Yang, publié en 2017 ; les sources publiées n’expliquent pas les raisons de cette mise en synonymie.
Le type s’est révélé compliqué. En 2022, Yong Yang et David Ferguson (PhytoKeys 211) ont retrouvé à l’herbier de l’Institut de botanique de Pékin (PE) neuf parts de la récolte Zhong 8762, sept étiquetées holotype et deux isotype, dont une portant aussi des graines récoltées en octobre 1998, donc une récolte distincte. Ils ont donc désigné un lectotype, la part PE00047578, qui porte l’écriture des auteurs et à la fois des feuilles et des mégasporophylles avec de jeunes graines ; les autres parts, à PE et au GXMI, sont des isolectotypes.
Hill (2008) place l’espèce dans la section Stangerioides : cônes mâles mous, enveloppe charnue de la graine lâche et sans couche fibreuse, coque verruqueuse, des caractères partagés avec Cycas multipinnata et un groupe plus large d’espèces chinoises et indochinoises.
Étymologie et histoire
L’épithète renvoie au district de Debao, dans l’ouest du Guangxi, avec la terminaison latine -ensis, « originaire de » (Hill 2008 ; Haynes 2022, d’après The World List of Cycads). Selon Hill (2008), cette espèce remarquable n’a été découverte qu’en 1996, puis décrite l’année suivante.
Son entrée en culture a été rapide. Les premières accessions du Montgomery Botanical Center, en Floride, datent de 2003 d’après leurs numéros, et la revue de The Cycad Society publiait dès 2006 des articles sur sa culture en Floride et à Hawaï (non consultés, réservés aux membres). En Europe, des membres des forums Fous de palmiers et Tropicamente en faisaient germer ou en achetaient de jeunes plants dès 2008-2010. En Chine, un programme de réintroduction lancé par l’administration forestière d’État et le jardin botanique de Fairy Lake, à Shenzhen, a été mis en œuvre en 2007 (voir Statut de conservation).
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. La Flora of China donne le nom chinois 德保苏铁, de bao su tie, « cycas de Debao ». En anglais, « Debao cycad » figure dans le catalogue du Royal Botanic Garden de Sydney, et « multipinnate cycad » est employé par la pépinière britannique Trebrown et par le service de vulgarisation de l’université d’État du Mississippi ; ce nom descriptif, commercial, pourrait aussi bien désigner Cycas multipinnata.
Dans la nature
Cycas debaoensis occupe une très petite aire dans l’ouest du Guangxi. Hill (2008) cite deux populations, dans les districts de Debao et de Napo, dans des bois mixtes de feuillus persistants et caducs sur des pentes calcaires, et note que l’essentiel de cet habitat forestier a été défriché ou fortement dégradé. La Flora of China décrit des fourrés et des bois clairs de petits arbres sur des pentes sèches, ensoleillées et dégagées de collines calcaires, entre 700 et 1 000 m, et situait la population connue sur une surface d’environ 20 hectares, dans un village.
L’espèce n’est pas strictement liée au calcaire. Selon Zheng et ses collègues (2017), d’après Zhan et al. (2011), elle pousse sur plusieurs types de sols : la population de la rivière Gula occupe des zones sableuses, les autres sont dispersées sur des collines calcaires isolées. Les mêmes auteurs signalent trois nouvelles localités dans le district de Funing, au Yunnan, et Yang et Ferguson (2022) mentionnent aussi des populations au Yunnan, d’après une étude de 2022 non consultée ; The World List of Cycads ne cite que le Guangxi.
Selon la Flora of China, la pollinisation a lieu en mars et avril et les graines mûrissent en novembre. Aucun pollinisateur ni disperseur des graines n’est documenté pour l’espèce. Avec des marqueurs microsatellites, l’hétérozygotie attendue de l’espèce (0,484) est proche de la moyenne des Cycas chinois étudiés (0,44), selon la synthèse de Zheng et ses collègues (2017).
Le Ruth Bancroft Garden décrit des falaises et des corniches calcaires vers 900 m, souvent baignées de brume pendant la saison chaude, mais sans citer de source ; la Flora of China décrit au contraire un habitat sec et ensoleillé. Aucune publication ne porte sur une présence dans le district de Jingxi.
Statut de conservation et réglementation
L’UICN classe Cycas debaoensis en danger critique d’extinction (CR). The World List of Cycads donne le critère A4cd, tiré de l’évaluation de W. Tang (Liste rouge 2010) : il correspond à un déclin des effectifs sur une période englobant le passé et l’avenir, attribué ici à l’exploitation et à la perte d’habitat. La réévaluation de J.D. Bösenberg, publiée dans la version 2023-1 de la Liste rouge, a remplacé celle de 2010 ; la catégorie CR est confirmée par les données de l’UICN relayées par GBIF (consultées le 21 octobre 2026). L’évaluation de Donaldson (2003), citée par Hill, la classait déjà CR. La page de la Liste rouge n’a pas pu être consultée directement.
Les menaces sont bien identifiées : Hill (2008) décrit une espèce déjà fortement réduite et exposée aux collectionneurs, et la Flora of China avertissait en 1999 que, sans mesures de conservation, elle disparaîtrait de la nature dans les dix ans. Zheng et ses collègues (2017) citent la surexploitation, avec une structure d’âges déséquilibrée, et recensent quatre réserves où elle est présente : les réserves provinciales des monts Huanglian et Laohutiao, et les réserves de district du mont Gulong et de Defu, au Guangxi. Le programme de réintroduction de 2007 a donné des résultats : les plants réintroduits dans la réserve du mont Huanglian, dans le district de Debao, ont commencé à produire des cônes et des graines (Gan et al. 2013, cités par Zheng et al. 2017). Aucune source publiée ne chiffre l’ampleur du déclin.
En Chine, toutes les espèces de Cycas figurent en première classe sur la liste nationale des plantes sauvages protégées de 2021 ; Yang et Ferguson (2022) le rappellent pour Cycas debaoensis. Comme toutes les espèces du genre sauf Cycas beddomei, il est inscrit à l’annexe II de la CITES, où figure la famille des Cycadaceae depuis le 4 février 1977, avec l’annotation #4 (version de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines ne sont pas soumises à la CITES, mais les plantes vivantes demandent un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+ confirme ces inscriptions et ne cite que la Chine comme pays d’origine (bases consultées le 21 octobre 2026). Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
En bref : Cycas debaoensis se cultive en pleine terre en Californie et en Floride, sous abri ailleurs ; il demande un drainage parfait, une fertilisation généreuse et un peu d’ombre l’après-midi, et la pourriture est l’échec le plus souvent rapporté.
Le retour le plus détaillé vient du Ruth Bancroft Garden, à Walnut Creek (Californie), dont la plante a produit son premier cône mâle en 2023. Le jardin constate qu’elle supporte le plein soleil et des arrosages assez réduits, mais qu’elle est plus belle et plus vigoureuse avec un peu d’ombre l’après-midi et des arrosages plus généreux ; comme presque tous les cycas, elle y exige un drainage parfait, et elle répond bien à de bonnes doses d’azote. Le jardin rapporte aussi, à titre anecdotique, que la croissance serait la plus rapide sous brumisation en Floride.
En Europe, les retours concernent surtout des plantes en pot. Un cultivateur de Ravenne (Émilie-Romagne, Italie) indique sur le forum Tropicamente qu’il a gardé ses jeunes plantes à l’intérieur pendant leurs premiers hivers (2010), puis en serre froide, où la plante n’a pas souffert du froid (2012) ; cultivée à mi-ombre, elle a toutefois des feuilles qui jaunissent et sèchent sur les bords, malgré un engrais avec oligo-éléments et un terreau acide (2012), puis s’abîment rapidement (2014) ; en 2018, elle poussait bien en pot profond. Un cultivateur de Raguse (Sicile) en est en 2018 à son troisième essai, les plantes précédentes ayant pourri sans cause apparente, dans un mélange de gravillons et de sable grossier peu arrosé. En France, un cultivateur de l’Oise indique sur le forum des Fous de palmiers (2011) que les feuilles de ses plantes en pot « se parcheminent » beaucoup, surtout sur les sujets les plus âgés.
En pratique, et par déduction de ces retours plutôt que d’un protocole éprouvé : un grand pot profond, un mélange minéral très drainant, de la chaleur en été, des arrosages réguliers pendant la pousse et réduits par temps frais, et un abri lumineux hors gel en hiver hors des régions les plus douces.
Multiplication
Comme tous les Cycas, Cycas debaoensis est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines fertiles. Il se multiplie par semis ; un cultivateur italien remarque sur le forum Tropicamente (2010) que les plantules montrent des feuilles divisées dès la première feuille, ce qui aide à vérifier les jeunes plants. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été publiée et aucune source fiable ne confirme la formation de rejets ni la reprise de boutures de tronc. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 : achetez seulement des graines ou des plantes de culture.
Maladies et ravageurs
Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté. Comme tous les cycas, il peut être attaqué par la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, une cochenille diaspine. Le principal problème rapporté en culture est la pourriture du tronc souterrain et des racines, signalée par des cultivateurs italiens (Tropicamente, 2018), ainsi que le dessèchement du bord des feuilles en pot (Ravenne, 2012-2014), dont la cause n’est pas établie.
Rusticité
On sait peu de chose de sa rusticité réelle : aucune donnée datée n’existe en pleine terre en France, et les seuls chiffres publiés viennent des États-Unis. Le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a publié aucune observation sur cette espèce.
En France
Aucun résultat de culture en pleine terre n’est documenté, ni sur le littoral méditerranéen, ni sur la façade atlantique, ni en Bretagne. Le seul retour daté concerne l’intérieur continental : un cultivateur de Crépy-en-Valois (Oise) indique en septembre 2013 sur le forum des Fous de palmiers que ses Cycas debaoensis, en pot, ont résisté à −4 °C dans la pièce non chauffée où il hiverne ses plantes ; en 2014, il les hivernait toujours ainsi, quelle que soit leur taille, dans une pièce éclairée par une seule fenêtre. Le résultat obtenu en Île-de-France avec un hybride (voir Hybrides) ne s’applique pas à l’espèce pure. Aucun épisode hivernal majeur n’est documenté pour l’espèce en France.
Repères internationaux
Le Ruth Bancroft Garden indique que sa plante, en pleine terre à Walnut Creek (Californie), n’a pas souffert de brèves baisses de température « into the mid-twenties » °F, soit environ −4 °C, en précisant que sa limite réelle est inconnue. Le service de vulgarisation de l’université d’État du Mississippi le classe en zone USDA 9b et le dit « réputé rustique » jusqu’à 17 °F (−8,3 °C), tout en signalant que d’autres sources ne lui accordent que la zone 10a ; la pépinière britannique Trebrown le place aussi en zone 9b, un classement commercial. Aucune de ces valeurs ne s’appuie sur un essai publié.
En Pologne, un cultivateur indique sur le forum des Fous de palmiers (avril 2014) que quatre Cycas debaoensis ont passé l’hiver 2013-2014 dans une véranda non chauffée, avec au moins −3 °C pendant deux ou trois jours, sans dommage aux feuilles ni aux racines. Plantés ensuite en pleine terre sous des abris chauffés, ils ont bien passé l’hiver 2014-2015, mais un printemps froid a fait sécher une partie des feuilles sans nouvelle pousse à la mi-juillet 2015, et il envisageait de les rempoter : un échec instructif sur le besoin de chaleur de l’espèce. En Italie, les cultivateurs de Ravenne et de Raguse cités plus haut gardaient leurs plantes en pot, à l’abri en hiver.
Les valeurs plus basses qui circulent en ligne (−5 à −8 °C) n’ont pas pu être rattachées à un retour daté et vérifiable.
Toxicité et précautions
Aucune analyse de toxicité propre à Cycas debaoensis n’est documentée, mais le risque est bien documenté dans le genre : les tissus des cycas, et surtout les graines, contiennent de la cycasine, transformée lors de la digestion en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA classe le cycas du Japon (Cycas revoluta) parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines et, en cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Les sources publiées ne décrivent aucun usage traditionnel de Cycas debaoensis. Son seul usage documenté est ornemental, et c’est précisément la collecte pour l’horticulture que Hill (2008) désigne comme une menace pour les populations sauvages.
FAQ
Pourquoi Cycas debaoensis ressemble-t-il à une fougère ?
Parce que ses feuilles sont divisées deux ou trois fois : chaque foliole se partage en folioles secondaires, puis en segments étroits. Parmi les cycas, seul Cycas multipinnata partage ce caractère.
Comment le distinguer de Cycas multipinnata ?
Par ses feuilles plus nombreuses et plus courtes (3 à 15, contre 1 ou 2 très longues), ses folioles plus étroites et plus épaisses et ses mégasporophylles plus grands. Sur les jeunes plants, la différence est difficile à voir, et des plantes cultivées sont parfois mal étiquetées.
Est-il rustique ?
Modérément, d’après le peu qu’on en sait. Un jardin californien rapporte de brèves gelées vers −4 °C sans dommage, et des plantes en pot ont supporté −4 °C dans un local non chauffé de l’Oise. Aucun résultat en pleine terre n’est documenté en France : un hivernage hors gel reste la solution prudente.
A-t-il besoin de calcaire ?
Non, pas d’après les sources. Il pousse sur des collines calcaires, mais aussi sur des sables, et rien ne montre qu’il exige un substrat calcaire en culture ; ce qui compte, selon les cultivateurs, c’est un drainage parfait.
Est-il menacé ?
Oui. L’UICN le classe en danger critique d’extinction, il est protégé en première classe en Chine, et ses populations sauvages ont été fortement réduites par la collecte et la perte d’habitat. Une réintroduction est en cours au Guangxi.
Peut-on l’acheter légalement ?
Oui, si la plante ou la graine provient de culture et que les règles de la CITES et de l’Union européenne sont respectées. Refusez toute plante d’origine sauvage.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse n’existe pour l’espèce, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines dangereuses pour l’homme et les animaux, surtout dans les graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas debaoensis : https://cycadlist.org/scientific_name/116 — auteurs, protologue, type (Zhong 8762, district de Debao, 850 m, 1997), synonyme Cycas panshuiensis, répartition (Guangxi), statut UICN (CR A4cd), étymologie, références. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN, fiable ; consultée le 21 octobre 2026.
- Flora of China (eFloras), Cycas debaoensis : http://www.efloras.org/florataxon.aspx?flora_id=2&taxon_id=210000341 — description, nom chinois, habitat, altitude, phénologie, comparaison avec Cycas multipinnata, alerte sur la conservation. Flore de référence, fiable ; consultée le 21 octobre 2026.
- GBIF (API), Cycas debaoensis : https://api.gbif.org/v1/species/2683265/iucnRedListCategory — catégorie actuelle de la Liste rouge de l’UICN (CR). Infrastructure de données de référence ; consultée le 21 octobre 2026.
- Species+ (UNEP-WCMC), Cycas debaoensis : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/15241/legal — annexe II de la CITES, annexe B de l’UE, Chine seule. Base officielle ; consultée le 21 octobre 2026.
- Gouvernement chinois, liste nationale des plantes sauvages protégées (annonce n° 15 de 2021) : https://www.gov.cn/zhengce/zhengceku/2021-09/09/content_5636409.htm — Cycas spp. en première classe. Texte officiel.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- The Ruth Bancroft Garden, « Plant Highlight: Cycas debaoensis » (août 2023) : https://www.ruthbancroftgarden.org/plants/cycas-debaoensis/ — premier cône mâle, doute sur l’identité, lumière, arrosage, fertilisation, brèves gelées vers −4 °C. Jardin public californien, observations de première main ; consulté le 21 octobre 2026.
- Mississippi State University Extension, Palms & Cycads for the Midsouth Landscape (P2948) : https://extension.msstate.edu/publications/palms-cycads-for-the-midsouth-landscape — nom « multipinnate cycad », zone USDA 9b, « reportedly hardy to 17°F ». Publication universitaire de vulgarisation ; rusticité rapportée de seconde main.
- Trebrown Nurseries, Cycas debaoensis : https://www.trebrown.com/plant_info.php?species=Cycas+debaoensis — nom « Multipinnate Cycad », zone USDA 9b. Pépinière spécialisée ; classement commercial.
- Royal Botanic Garden Sydney, Garden Explorer, Cycas debaoensis : https://rbgsydney.gardenexplorer.org/taxon-61772.aspx — nom « Debao Cycad ». Catalogue du jardin, fiable pour la présence.
- Montgomery Botanical Center, catalogue des collections vivantes : https://www.montgomerybotanical.org/research/living-collection/ — huit accessions, dont quatre de 2003. Catalogue du jardin, fiable pour la présence.
- Jungle Music, « Cycas panzhihuaensis x Cycas debaoensis » (mars 2023) : https://junglemusic.com/2023/03/cycas-panzhihuaensix-x-cycas-debaoensis/ — hybride proposé à la vente. Pépinière californienne ; source commerciale, utilisée seulement pour montrer que l’hybride est vendu.
- Forum Tropicamente : https://www.tropicamente.it/forums/topic/cycas-bifida-e-cycas-debaoensis/ (Ravenne 2010-2018, Raguse 2018), https://www.tropicamente.it/forums/topic/cycas-multifrondis/ (hybride, hiver 2009-2010). Retours datés de cultivateurs italiens, cités sans nom.
- Forum des Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=291570 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=340443 (Oise, 2013-2014), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=133068 (Oise, 2011), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=325391 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=374970 (Pologne, 2014-2015), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=114097 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=147134 (hybride, Île-de-France, 2010-2011). Retours datés, cités sans nom.
- ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité de Cycas revoluta pour les chiens, les chats et les chevaux. Centre antipoison vétérinaire ; information au niveau du genre.
Bibliographie
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- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]